Skip to main content

Full text of "Cours d'hippiatrique, ou traité complet de la médecine des chevaux, orné de soixante & cinq planches gravées avec soin. Par M. Lafosse, Hippiatre"

See other formats


























































f 


' 
























































































































































































f- 


COURS 

DHIPPIATRIQUE, 

0 U 


TRAITÉ COMPLET 

DE LA MÉDECINE 

DES CHEVAUX. 







*ï:;- ' 


# 






■ -'/rV- 












































































































































































COURS 

DHIPPIATRIQUE, 

OU 

traite complet 

DE LA MÉDECINE 

DES CHEVAUX, 

Orné de foixante ù cinq planches gravées avec foin. 

Par M. LAFOSSE, Hippiatre. 

Ecguisverb futurumhipviatrumd.ocebk,Jî nulhis profejjbrejl? G. A. LANGGUTH, 

^ ex libro xj. COWMELLÆ. 



A PARIS, 

Chez E D M E , Libraire , rue des Carmes , au College de Prefle. 
Et chez l’Auteur , rue de PËperon. 

M. DCC LXXII: 

AVEC PRIVILÈGE DU ROI. 
















f 

f 

t . 


,*^"BER.TSailp 

A SON ALTESSE 

CHARLES-EUGENE DE LORRAINE, 

Prince de Lçimbefc, Pair & Grand-Ecuyer de France, Gouverneur 
& Lieutenant-Général pour Sa Majesté en la province d’Anjou, 
Gouverneur particulier des ville &C château d’Angers & du Pont-de-Cé, 
& Grand-Sénéchal héréditaire de Bourgogne, 8cc.... 


MONSEIGNEUR, 


I je me préfentots devant un prince , avenue par la grandeur 
de fa naijfance , & féduk par la flatterie, ma voix feroit peu propre 
a lui rendre le tribut qu’il amhitionnerok. Mais j’ai a parler à un 








jeune prince qui ni interdit toute efpèce d'éloge , & qui me défend 
même de remeure fous les yeux du public les qualités qu on admire 
£n lui , qui infpirent le refpeéî , qui gagnent les cœurs , & qui 
annoncent ce quil ef déjà ^ & ce qu il fera un jour. Ces ordres y 
di£îés par une ame ferrite y & qui rappellent l aujiere vertu des 
anciens François , feront pour moi facres s je my foumettrai , 
M O N S E l G N EUR/ puifque cefi à ce prix que vous me 
permettez de paroître devant VOTRE ALTESSE. Ce 
feul hommage y quil vous plaît d'agréer de ma part y efi un 
ouvrage y commencé fous les aufpices de f illufre prince auquel vous 
devez le jour ; continué fous ceux de cette refpeêlable princejfe qui 
a conduit les pas de votre enfance y Minerve conduifit 

ceux de Télémaque s & achevé dans iefpoir que je pourrois 
vous roffrir. Mes vœux font comblés y MONSEIGNEUR, 
puifque vous daignez le recevoir. Cette faveur infigne , en même 
temps quelle me pénètre de la reconnoiffance la plus vive y ni animera 
a redoublet mes efforts pour la perfeélion d'un art auquel je me fuis 
dévoué y & dont vous fentez tous les avantages : elle me rend plus 
hardi y elle me fait efpérer de VOTRE ALTESSE une 
proteélion qui éclairera mes nouvelles tentatives , foutiendra mon 
ardeur , anoblira mes travaux , confirmera mes fuccès. 

Je fuis y avec un profond refpedly 


MONSEIGNEUR, 

DE VOTRE ALTESSE, 


Ee très humble & très obéiflàril 
ferviceur , L A F O S S E. 


ÀC{KftiS3'€»gw 

.f 4.4- 4.4. .44.4.4.4.4.4.4.4.4.4,4.4.4.4. 

A .s^ Æ d& Æ 
^ ^ ^ 

4.4.4.4,4,4,4,4,4,4,4,4,4,4,4,41,4,4,4,4,4,4,4, 






liilil !ii» CfJa 

4.4.4.4.44.4.4.44* 4,4.4.4.4.4.4.4, J 
^ ^ ^ ^ 



P R E F A CE, 


UOIQUE rhippiatrique paroilTe prerque un art nouveau parmi 
nous, il eft certain cependant qu’elle fut cultivée avec foin, avant 
le commencement de 1 erc chrétienne. Comment ne 1 auroic-elle pas 
été , puifque dès les fiècles les plus reculés on voit que les hommes 
ont été amateurs des chevaux 3 Cette pafïîon , née du befoin qu on 
a toujours eu de ces animaux , de futilité qu on en retire pour les travaux 
domeftiques &: pour la guerre , a dû rendre attentif à leur confervation. Il paroît 
même par les poèmes d’HoMÈRE , que de fon temps il y avoir en Grèce des haras, 
qu’on y nourrilToit quantité de chevaux , qu’on les drelToit , qu’on les exerçoit , 
ôc qu’il y avoit des hommes deftinés à les dompter, & à les rendre fouples & dociles î 
ce dont on trouve encore la preuve dans Platon , dans Hérodote , &c fur-tout 
dans un traité de Xénophon , capitaine , philofophe & hiftorien , qui a écrit fur 
féquitation. Avant lui cette matière avoit été difcutée, car il cite en commençant 
Simon , athénien , lequel s’eft moqué d’un certain Micon , qui s’étoit occupé du 
même objet. 

Seroit-il raifonnable de croire qu’on te fût uniquement borné à élever des che^ 
vaux , à les nourrir , à les drelfer au combat ., ou à les monter ? Ne feroit-il pas 
étonnant au contraire que, la cavalerie faifant alors la principale force des armées , 
peiïbnne ne fe fut applique a connoître les maladies ÔC les accidents auxquels les 
chevaux font expofes , ÔC a chercher les moyens d’y rémédier ? Il eh: vrai qu’on 
na point d ouvrage de cette antiquité qui en fahè la defcription , qui en donne les 
lignes, ÔC qui indique le traitement a fui Vre. Cependant les Grecs ôc les Romains 
s en font occupes, au rapport de Végèce qui dit exprelfément que la vétérinaire 
tient le fécond rang apres la médecine .j qui fe plaint dans un autre endroit que 
déjà elle étoit négligée depuis long-temps. [ Fr^f, Uk ij.] 

Quoi qu il en foit, 1 hippiatrique exiftoit très certainement avant J. C. , puifqu’il 
y avoit alors des médecins de chevaux. C’eh: feulement lorfqu un art a commencé de 
prendie une elpcce de conlîftance qu’on lui donne un nom , & qu’on convient 

A 














il PRÉFACE. 

ànn terme qui défigne 1 artifte. Or , dès le quarantième fiècle du monde on voit 
les mots de medicus veterinarius , ou veterinarius feul, employés par les Latins. On 
le trouve dans Varron , mort i 8 ans avant la nailTance de J. C. Valere Maxime j 
qui écrivoit Ibus Tibère avant Fan 37 > parle dun Hérophile , médecin de 
chevaux [ equarius medicus ] , lequel fe vantoit faulTement d avoir pour aïeul 
C. Marius , ce fameux romain qui fut fept fois conful, & qui mourut ans 
avant lanailTance de J. C. Le terme, dont seft fervi Varron, fe lit dans Columelle 
qui, compofa fon ouvrage vers Tan jo. Ce dernier paroît avoir eu pour contem¬ 
porain un PelagoniuS qui a parlé des maladies des animaux. Galien , qui, comme 
on l^ait, pratiquoit la médecine à Rome vers 1 an 180 , fait mention d*un inftrument 
en ufage cliez les médecins de chevaux. Il y a apparence que ce fut vers la fin du 
deuxième fiècle , ou au plus tard avant la fin du troifième , que fut compofé un 
ouvrage latin intitulé : Vegetii artis njeterinarU, five mulo-medicina lihri quatuor. 
Qui pourroit nier que Fart exiflât alors bien réellement, après des preuves auflî 
fortes & aufil concluantes ? Mais quoique Végèce fe plaignît déjà que Fhippiatrique 
fût moins cultivée depuis long-temps, parce quon n’encourageoit point par des ré- 
compenfes ceux qui la profelToient, elle ne fut cependant pas totalement abandonnée 
dans les fiècles fuivants , ou au moins Fon fongea à la remettre en vigueur dans 
le dixième fiècle , par le foin que Fon prit d’extraire les ouvrages des Grecs. 
C^efl: à Constantin Porphyrogénète qu’on croit avoir cette obligation 5 mais il 
auroit fans doute rendu un plus grand fervice , s’il eût fait rechercher tous ces livres, 
qu’il les eût ramalfés tels que leurs auteurs les avoient faits , & que làns en rien 
retrancher, il en eût. donné une colledion complette. Faute de cette attention, ces 
ouvrages font perdus ; il ne nous en relie que des extraits , fragments précieux 
échappés à la fureur du temps ôi à la barbarie. On fçaura toujours gré au moins à 
Fabréviateur de nous avoir confervé les noms de plufieurs médecins vétérinaires 
ou hippiatres {a) 5 parmi lefquels la plulpart ont écrit & les autres feulement 
exercé. Il feroit peut-être impoflible de réulTir à fixer le temps où chacun d’eux a 
vécu 5 ce qui n’ell point douteux au moins, c’ell que Fhippiatrique exilloit, puifquils 
font tous nommés hippiatres ou médecins vétérinaires. On a donc fenti de bonne 
heure Futilité de la médecine des chevaux , on s’y ell donc livré avec zèle bC même 
avec fuccès , puifque ceux qui Font pratiquée , avoient pris foin d’écrire leurs 
obfervations , bc d’inllruire leurs contemporains de ce que l’expérience leur avoir 
appris. Nous fommes malheureufement privés de ces ouvrages , qui auroient pu 
favorifer bc accélérer les progrès de Fhippiatrique. 


(æ) Apsyrte , Anatole , Hippocrate , Himerius , Pamphile, Hiéroclrs , Tibère , Emile 
efpagnol , Theomneste , Eumèle , Didyme , Pelagonius , &c. 










PRÉFACE. H 


Mais puifquelle a mérité lattention bc les regards dun empereur , on peut croire 
I qu elle jouillbic encore alors de quelque conlidération qui a dû rejaillir fur ceux qui 

la profefToient. Elle neft certainement déchue de fon éclat qu’avec les autres arts 
& fciences j leur ruine a entraîné la lîenne : on ne voit pas au moins que juf- 
qu’au quinzième Tiède on s en Toit beaucoup occupé, en Europe. Il ne doit pas être 
furprenant qu ainfi abandonnée , elle Te Toit infenfiblement réfugiée entre les mains 
de ceux qui , voyant le plus fouvent des chevaux, furent cenfés les plus capables de 
les traiter dans leurs maladies. Ils faifirènt loccafion, &: à la faveur d’une opinion 
qui flattoit leur amour-propre, &: pouvoir augmenter leur fortune, ils s’ingérèrent 
en médecins de ces animaux. Ils travaillèrent fans principe , recueillirent ce que la 
tradition pouvoir avoir confervé, profitèrent des épreuves qu’ils ofèrent tenter, 
fuivirent avec avidité ce que l’empiriTme leur prefcrivit, ôc y joignirent bientôt ce 
que la crédulité & la fupcrftition apportèrent de nouveau dans leur code ignorant. 

Elle refta plongée dans l’oubli , & comme avilie dans les atteliers brûlants de 
ceux qui ferroient les chevaux , jufqu’au quinzième fîècle. On fentit dans le feizième 
que l’hippiatrique avoir befbin d’être éclairée j on fit imprimer les quatre livres de 
Végèce , en 1J2.8 , lefquels parurent en françois en 15 <5 3. François I chargea 
J. Ruel , médecin, de traduire du grec en latin la colleéiion faite par les ordres 
de Constantin, de laquelle nous avons parlé. Cette verfion parut en 1J30. Ces 
fragments d’auteurs vétérinaires furent mis en François par Jean Massé , aufli 
médecin , en 1563. Rien ne démontre que ces fecours aient été d’une grande 
utilité y il falloir des efprits préparés pour recevoir les inftruétions que renfermoient 
ces livres , il n’y en avoir point parmi cette portion d’ouvriers qui forgeoient même 
grolTièrement les fers des chevaux. L’émulation cependant fe répandit en Efpagne ; 

en France, en Italie, en Allemagne, &c. Plufieurs hommes de mérite , fans 

doute, crurent devoir écrire fur cet objet 5 mais leurs ouvrages ne furent répandus 
que parmi les amateurs, & s’ils le furent parmi les maréchaux d’alors , ils man- 
quoient de l’intelligence néceffaire pour en profiter , ou d’émulation pour aller au-delà. 
L’hippiatrique eft demeurée dans l’enfance durant le feizième ôC le dix-feptième fiècle, 
malgré les nombreux écrits {a) dont on a voulu l’enrichir : elle eft même reliée dans 


(a) On pourroic peut-être compter mille volumes en différentes langues , qui traitent de rhippiatrî- 
que , &dont les uns ont été compofés par des maréchaux ; mais la doélrine, qu’on y trouve en général, 
s’éloigne trop des vrais principes de la médecine pour faire autorité. Je me garderai bien de les paffer 
ici en revue , d’en donner l’analyfe , & d’en porter mon jugement. J’avoue de bonne-foi que je ne les 
ai pas tous lus , & que j’ai regretté le temps employé à en lire plufieurs. Ceux qui aiment la biblio* 
' graphie & la critique, pourront confulter un ouvrage imprimé l’année dernière, en trois volumes i/z-S®, 
à la fin duquel on a ajouté des notices fur un bon nombre de traités de vétérinaire. 








P R E F A € E. 


raviliiïement. Ce qu’a voit -dit Végêce ^ pour prouver qUe cet art méritoit de la 
conlîdératioH , ÔC n’étoit point abjed > ne toucha point. On ne fit guère plus dW 
tention a cette propofition du célébré Ingrâssias : ^uod ‘vetennarU medkina for- 
maliter una eadcTTK^ue mm nohüiars hominis medicina fit materi a duritaxat nohilitaie 
dij'erens J, ÔCc. Venet. ij 68 . Les preuves, qu’iL produit , ne paroifient pas avoir 
engagé beaucoup de gens inftruits à s’appliquer à cette branche réelle de la mé¬ 
decine. Il a fallu du temps pour s’accoutumer à croire qu’un médecin de chevaux 
pouvoir mériter l’eftime ôc la confîdération du public. Le fiècle de la philofophié 
a fait fecouer ce préjugé avec tant d autres il a vu naître , fe former , s’élever 
un de ces hommes précieux qui ne paroilfent que de loin en loin fur la terre, 
mais toujours pour l’avantage de l’humanité , M. Bertin , miniftre ÔC fecrétaire 
d’état. Il me permettra^ fans doute., de lui préfenter des hommages publics ôC 
relpeétueux 5 j’ofe elpérer qu’il ne .les rejettera point ^ ce ne fera pas au moins parce 
que l’art y auroit quelque part. 

Je fuis obligé de dire à riionneur de ce miniftre, que , dès Finftant que le Roi 
lui eut confié le foin des haras du royaume , il eft le premier qui ait fenti com¬ 
bien les hommes étoient nécelTaires pour la confervation de ces établiftemens. Il 
Faut avouer que dans cette partie il ne fufiîfoit pas de refîerrer les liens d’une police 
trop relâchée , il a fallu créer des hommes 5 & ce qui eft prefque au-delTus de 
Fefprit humain , il a fallu former une efpèce d’intelligence , ÔC la placer dans des 
fujets qui ne donnoient aucune prife à cet égard. Il en eft venu à bout .3 il a 
perfuadé que Tanatomie étoit néceftaire pour travailler avec sûreté fur le cheval, ÔC 
pour découvrir les fecrets de fa nature 5 il a déraciné le préjugé le plus opiniâtre , 
ÔC on peut dire que c eft lui qui a donné la première entrée à la philofophié de 
ce côté- là. Cet ouvrage étoit d’autant plus difficile , à entreprendre que le mal 
étoit general , ÔC que des peribnnes , qui par leur naiftance ont reçu une éduca¬ 
tion brillante d^illeurs , ne fe doutoient point du tout de la route qu’il falloit 
tenir. Cette noble extra^ion , qui eft cependant uéceffiaire pour leur confier le foin 
des ecuries les plus importantes & même le choix des chevaux , ne leur avoit procuré 
jufqu alors que des fuccès dûs au hazard ÔC à l’habitude de voir. Sans s’embarralTer 
de chercher les caufes , ils ne connoiftbient la belle conformation du cheval que 
par la manière plus ou moins agréable dont ils étoient affiedés. 

Ce miniftre a fenti la maxime que j’ai annoncée , wè futurum hippla- 

irum doeekt fi nulluè profeffor efi ? Il a nommé des profeffieurs , il a établi des 
concours afin de rendre le public juge des progrès & d’exciter l’émulation. Enfin, 
ri s eft efforce de former des hommes , 5. fi le fuccès répond à fes vues , perfonne 
ne feia pam daiuu loin que lui en pareille matière. . 

La 


1 




P R É F A C E. 


V 


La vétérinaire va donc reprendre une confîftance quon ne lui connoiffoit 
prefque plus j elle va donc mériter une confidération dont elle étoit privée 5 ÔC 
ceux qui la profelTent avec diftindion ^ jouiront de leftime &: de la confiance du 
public. 

Mon pere avoit fenti de bonne heure que pour obtenir l’un & l’autre , il falloit 
s’en rendre digne par fon zèle, par fes recherches , par fes expériences , par des ^ 
découvertes , ÔC par des fuccès multipliés. Il Ce livra donc tout entier à l’hippia- 
trique , & travailla long-temps par la feule force de fon génie ^ à remplir quelques 
endroits du vuide immenlè qu’il appercevoit dans fon art. Il devoir lui-même le 
jour à un homme habile &C expérimenté dans la vétérinaire qu’il avoit exercée avec 
là fatisfadion du Roi àc de Ion premier écuyer , ce qui lui mérita l’attention de 
la cour &C une penfion j récompenfe non-équivoque de fon zèle , de fon afiiduité 
& de fes fuccès. Mon aïeul efl: mort en 17/3. 

Inftruit à l’école d’un tel hippiatre , mon pere marcha fur fes traces , & ne 
tarda point à fe dillinguer , &c dans la maréchallerie &C dans l’hippiatrique j il 
reconnut bientôt le défaut des méthodes , S>C forma le dellein de les profcrire 
en en propofant de nouvelles , appuyées fur une théorie fimple 5 mais vraie &C 
reconnue bonne par des elfais réitérés. Ce fut après dix années de travail , de 
recherches & d’expériences fur la morve , qu’il parvint à reconnoître le véritable 
fiege de ce mal. Pour donner à cette découverte importante toute l’authenticité quelle 
devoit avoir , il préfenta , en 1749 , à l’académie des fciences , un mémoire dans 
lequel il démontre trois propofîtions. 

1°. Que les idées erronnées & bizarres, quon a eues jufqu’ici de la caufe ôc du 
fiege de la morve, ont été la fburce de différents traitements qui n’ont jamais guéri 
un feul cheval morveux. 

2. . Que le véritable ÔC feul fiege de cette maladie efl la membrane pituitaire qui 
tapiffe le dedans du nez. 

3 . Que la meilleure manière de la guérir eft l’injeétion faite au moyen du 
trépan. 

M. Bouvart & M. Hérissant , nommés par l’académie pour examiner ce mé¬ 
moire , attefterent que les obfervations faites par mon pere , tant pour détruire 
1 ancien préjugé, que pour trouver le vrai fiège de la morve , font très conformes 
a la vérité, &c qu ils ont vû par eux-mêmes dans l’ouverture de plufieurs chevaux 
morveux la juftification de tous les faits avancés. 


£ 




P R É F A C E. 


Ce mémoire fut imprimé cette meme annee in-^ . 

Qui auroit pu croire qu une erreur fi bien démontrée osât encore paroître ? Peu 
de maréchaux fe rendirent néanmoins à Févidence 5 mon pere eut ^ a la vérité , la 
fatisfadion de voir les perfonnes railbnnables fe ranger à Ton avis ; il eut encore celle 
d’apprendre qu’on y avoir applaudi en Angleterre j que M. BrACken ^ médecin 
unglois , avoir traduit fon mémoire. 

Ce fut en 17/1 que mon pere remit à l’académie un fécond mémoire qui con- 
tenoit une fuite d’expériences & d’obfervations fur la morve ; il y étend per- 
fedionne fa découverte j il y diftingue fept fortes d’écoulements qui peuvent fe 
faire par les narines du cheval 5 rapporte les lignes & les caulès de chaque elpèce, 
àc fait voir que c’eft à tort qu’on les a confondus fous une meme dénomination 5 
il prouve que la morve, proprement dite, porte un caradère qui la diftingue elfen- 
tiellement des autres maladies auxquelles on donne le même nom. M. MoRAND &: 
M. fiouvART en rendirent à l’academie un compte favorable. 

Mais avant celui-ci mon pere en avoir compiofé deux autres quil Ibumit éga¬ 
lement aux lumières de l’académie j le premier au mois de janvier lyj'o', contenant 
des obfervations fur les accidents qui arrivent fou vent aux pieds des chevaux, ôc 
qui les font boiter fubitement , fans qu’on puilTe diftinguer d’où vient le mal. Il fut 
approuve par l’académie & jugé digne d’être imprimé dans le recueil des mémoires 
communiqués par les étrangers. 

Dans le fécond , il propofoit un remède très prompt , très sûr & immanquable 
pour arrêter , fans ligature , le fang des groftes artères coupées. Ce moyen étoit 
le lycoperdon. L’eftai en fut fait devant MM. Bernard de Jussieu &: BouvART^ 
qui en ont donné un rapport honorable à l’académie , le 2.^ Décembre 17J0. 

Ces tiqis derniers mémoires furent imprimés en 17/4. 

En iy ^6 , il fit paroître là nouvelle pratique de ferrer les chevaux de felle & 
de 'carolfe ^ laquelle fut réimprimée en 17; 8. 

Ces diiférents écrits ne furent pas feulement bien reçus en Angleterre, ils le furent 
encore en Efjaagne , ou ils ont ete traduits Ibus ce titre : Islue'va ^radtica de herrar 
los cahallos de montar , y de coche , a fn de jrecaverlos de muchas defgracias y 
hacerlos firmes en todo tiemfo fiobre el emfedrado , aunque fie a de Icfias, &c... For 






P R É F A C E. 


vij 


D. Pedro Pablo Pomar, Madrid, M. D C C. L X. in-^\ Cette tradudion eft 
dédiée au roi d’Efpagne , Charles III. 

Le nom de mon pere eft afTez répandu 5 ^ les fervices, qull a rendus à rhippia- 
trique, lui ont alTuré une réputation qui lui a furvécu. Il termina fa carrière , le 
Z4 janvier 1765 , véritablement regretté de ceux qui l’ont connu. 

Comme il avoir remarqué de bonne heure combien il manquoit de chofes à 
l’hippiatrique &: qu’il reftoit beaucoup à faire, il défira que l’aîné de fes enfants 
embrafsât cette profelTion j mais pour le rendre plus capable de répondre à fes 
vœux , il voulut qu’il commençât par apprendre la langue latine , & qu’il fuivît 
le cours ordinaire des études 5 ce que je fis au collège d’Harcourt, où j’achevai 
mes humanités. Si j’entre aujourdhui dans ce detail, en parlant de moi, la vanité 
n’y a aucune part. La reconnoiifance, que je dois à mon pere pour les foins & les 
dépenfes de mon infirudion, l’exige d’un côté 5 jV fuis forcé de l’autre, pour dé¬ 
truire dans l’elprit de quelques perfonnes des impreffions défavorables qu on a voulu 
répandre fur mon compte. Je ne me préfère a qui que ce foit j mais je me pré¬ 
férerai toujours à ceux qui veulent s’élever au-deiTus des autres , en fe faifant 
élever fur les mains de la jaloufie. Quelque temps avant que mes études fufient 
finies , mon pere me prit en particulier , bc après m’avoir propofé différents états, 
bc montré l’honneur que je pouvois obtenir en exerçant le fien , j’embraffai fans hé- 
fiter celui de mes aïeux. J’avois alors treize ans. Pour me rendre habile dans toutes 
les parties de l’hippiatrique bc de la maréchallerie , il me fit pafTer par tous les 
grades , bC me mit d’abord à la forge où je procédai , comme je le marque à 
l’article de la ferrure. Quoiqu’il eût chez lui garçons bC domeftiques , il voulut 
que je couchafTe dans une écurie , afin que j’appriffe à connoître parfaitement les 
chevaux, en les fuivant la nuit bC le jour 5 il voulut encore que j’étrillaffe ceux qui 
lui appartenoient, bC même tous les éclopés qui étoient dans fa maifon. Il étoit 
meme défendu à qui que ce fût de m’aider , bien que j’euffe fouvent fept à huit 
chevaux à foigner tous les matins. Je vaquai à cet emploi , qui paroît vil bC abjeét, 
pendant plus d'un an , ÔC je devins bon palfrenier. De l’écurie , je paffai enfuite 
à la forge comme apprentif, où , durant deux ans, je m’appliquai à manier le fer, 
bc à le drefTer fous le marteau pour lui donner différentes formes. J’appris dans le 
même taups l’anatomie humaine fous M. Royer , prévôt du célèbre M. Ferrein. 
Mon pere voulut auffi que je fçuffe monter un cheval j je fus donc inftruit dans 
cet art par M. Dijgard. 

A ces connoiffances , il jugea à propos que j’en joigniffe d’autres , telles que 
l’exercice des armes , le deffein , l’étude de la langue angloife , la géographie , 







viij 


P R É F A C E. 

h mufique inftrumentale ÔC Fhiftoire naturelle. Quand mon pere crut appercevoir 
que j’avois alTez d’inftrudions préliminaires fur les caufes &C les fignes des maladies 
des chevaux dc pour le traitement des plaies , je laccompagnai par - tout, èC bien¬ 
tôt je hs moi-même; fous fes yeux,, toutes fortes de panfements ÔC d’opérations. 
Mais jé ne me bornai point-là j je fuivis les différents cours de M. Ferrein , & 
m’occupai férieufement de l’anatomie comparée. Ainfî je fréquentai les voiries , ou 
les écarrifléurs furent mes premiers démonftrateurs. pour celle du cheval. Déjà 
verfé dans l’anatomie humaine , je tirai peu de fecours de leurs leçons ^ mais je 
profitai fur les cadavres qu’ils laifToient fur les lieux , en diffequant tantôt une 
partie tantôt une autre 3 en examinant l’effet des maladies qui avoient caüfe la 
mort des animaux. C’eft-là que je me fuis inftruit fur-tout des maladies des os dC 
de celles du fabot 3 c’efl - là que j’ai pu amaffer un nombre de pièces curieufes, 
qui démontrent d’une manière précife la nature le fiege de differentes affeélions, 
de les délabrements quelles avoient occafionnés. C’efl par Tinfpeétion de ces pièces, 
que j’ai découvert un nombre d’erreurs qui défiguroient 1 hippiatrique. Toujours 
occupé de l’anatomie humaine , je me vis alors en état de préparer , pour les 
leçons de M. Ferrein , les fujets deflinés à fes démonflrations particulières 3 fonc¬ 
tion que j’ai remplie pendant cinq ans. Je fus également en état de repeter aux 
etudiants en chirurgie , pour M. Royer , l’anatomie 3 ÔC de leur montrer la manière 
de faire les bandages d’appliquer les appareils. 

Je nai rien négligé ni épargné pour acquérir toutes les connoiffances capables de 
me mettre à portée d’exercer la profeffion que j’avois embraffée, ÔC pour mériter en 
hippiatrique la confiance du public. 

J’avois environ dix- huit ans , , lorfque je fus chargé de démontrer Tanatomie du 
cheval aux chevaux-légers 3 Je me rendois pour cet effet tous les dimanches ôc 
fêtes à Verfailles. Je faifois en même temps cette démonftration , chez mon pere , à 
des maréchaux. 

Vers la fin de lyjS , jé reçus ordre du miniflre de me rendre à rarmée , pour 
y vifiter les régiments de cavalerie , dont les chevaux étoienft attaqués de la morve. 
Appellé à Douai au commencement de la campagne , par M. de PüibéRNeau , ca¬ 
pitaine de royal cavalerie , jehs tuer les chevaux de fa compagnie chez lefquels la 
morve écoit invétérée. Depuis long-temps on étoit dans l’ufage de brûler les felles, 
les brides, &c, qui avoient fervi aux chevaux morveux ^ parce que l’on croyoit que 
ia morve fe tranfmettoit par cette voie à ceux qui étoient fains. Je démontrai l’abus 
de cette coutume , èc je diminuai beaucoup de dépenfe. Je vifitai les chevaux qui 
fe trouvoient dans ce même quartier. M. le marquis de SeRan , alors colonel de 

royal 







P R È F A C E. 


ix 


royal cavalerie , m’engagea à faire la campagne attaché à fon régiment ; je me 
rendis à fes defirs. Durant cette campagne je fis tuer quelques chevaux du régiment 
de Séfel , qui étoit de la divifion de M. O’ArMentieres , lieutenant - général & au¬ 
jourd’hui maréchal de France ; ils furent ouverts en fa préfence & en préfence de 
M. DE VOYER d’Argenson, aufli lieutenant-général, lefquels étoient accompagnés 
de plufieurs officiers. Je leur montrai diftinéiement le fiege du mal, Sc le ravage qu’il 
avoit occafîonné. Ces meffieurs me témoignèrent combien ils étoient contents de la 
démonftration que j’avois faite devant eiK. 

Sur la fin de cette campagne, M. d’Armentieres me donna la divifion des éclopés, 
&C m’envoya à Vefel, où M. DE Castellane , gouverneur de cette ville , m’afligna 
pour département Calcar ; j’y demeurai environ deux mois Sc demi, ayant fous ma 
conduite plus de trente maréchaux. 

^ jg mandé aux carabiniers pour ie traitement des chevaux du corps j 
^e fis cette campagne avec eux. 

Je fis en la même qualité celle de , à la légion royale. 

Depuis ce temps, j’ai pris des inferiptions en médecine à Paris, &: j’ai travaille a 
me perfedionner dans la connoifiance exade du chevai 

J’ouvris en 17^7 » un cours gratuit dans un amphithéâtre conftruit a mes frais 5 
Malgré les traits lancés contre moi par quelques auteurs périodiques au fujet de ce 
cours , objet qui n’étoit guère de leur compétence , je continuai Imes leçons , lef- 
quelles furent néanmoins fuivies par un bon nombre de perfonnes. Je démontrois 
l’anatomie pendant l’hiver 5 j’enfeignois la pathologie , ou l’hiftoire des maladies 
pendant l’été. Ces leçons, faites dans k feule vue d’inftruire ceux qui, fe deftinant à 
l’hippiatrique , manquoient des facultés nécelTaires pour fe procurer les éléments de 
Part, nauroient pas été interrompues, en 1770 , fi je n’avois eu à cœur de mettre fin 
à rouvrage que je donne aujourd’hui , qui étoit annoncé depuis pTufieurs années. 
Obligé de préparer moi-même le fujet de mes démonftrations , jn’aurois pu trouver 
alTez de temps pour les écrire : plufieurs perfonnes le défiroient me prefibient 
fortement de tenir l’engagement que j’avois contradé avec le public , en l’annonçant 
dans mon guide du maréchal ^ qui parut en 1766, 

Un auteur, qui fe loue, eft fans doute méprifable à caufe de fon orgueil : mais 
il peut fans vanité jouir de la fatisfadion bien pure de fçavoir qu’on n a point dé¬ 
daigné fon ouvrage, il peut fe rappeller avec plaifir l’accueil qu’on lui a fait 5 il peut 

C 









X 


PRÉFACE, 


-en témoigner fa reconnoifTance au public : mais ne peut - il pas aulîî dire , celui 
<jue I on s’eft acharné à décrier , que Ton a cherché à déprimer, a vu cependant 
fon livre accueilli au point que depuis deux ans il n en relie aucun exemplaire ; 
<ju’il y en a eu deux contrefaélions , i’une à Avignon , & rautrc à Rouen; 
■<}ue les Anglois font traduit en leur langue , & que les Allemands lui ont fait le 
uiême honneur. 


J avoue que cet applaudilfement de la natiou ,, cette elpèce d’adoption de la 
part des étrangers , ont animé mon zèle : ce qui auroit pu me décourager , ma 
fervi d’aiguillon , ôc ma fait ramalfer tout ce que j’avois de forces , afin de réulfir 
dans une entreprife pour l’exécution de laquelle je n’ai rien épargne 5 je déclare 
meme ici, fans crainte d’être démenti , que toutes les delcriptions anatomiques ont 
été faites le fcalpel à la main 5 ôc lî en plulîeurs occafîons elles font différentes de 
celles qui ont écé décrites par les auteurs qui'm’ont précédé , c’ell que les diffeélions 
fouvent réitérées m’ont empêché de tomber dans les mêmes erreurs. Cette hippo- 
tomie , comme on voit , n’a pas été puifée dans les livres des autres, c’efl le fruit 
de vingt années paflées a difféquer avec rateention la plus fciupuleufe un nombre 
confiderable de chevaux , & à faire des démonilrations tant publiques que particu¬ 
lières. 


Mais il ne fuffifoit pas d’employer toute la fagacité du fcalpel pour démêler les 
refîbrts de l’animal 5 il ne fuffifoit pas de les décrire avec la plus fevère exaditudej 
plufîcuis lavoient déjà tente. Un projet plus hardi, bc dont le fuccès avoit paru 
impolfible , eft venu me fblîiciter au milieu de mes travaux. Convaincu que les 
difcoLirs & les figures fe prêtent un fecours mutuel, j’ai ofé former l’entreprife 
d expofèr aux yeux de mes; ledeurs des morceaux anatomiques d’un détail immenfè. 

Les planches de névrologie & d’angéiologie en font une preuve ; le nombre des . 
■obflacles qui fe font préfencés , n’a pas été capable de m’arrêter 5 les frais immenfes 
des deffins & des gravures , qui femblent furpaffer les forces d’un particulier , le 
choix difficile t-c incertain des graveurs, les dépenfes exceffives en tout genre , le tra¬ 
vail multiplie a 1 infini, les peines de toute efpèce , rien n’a pu me retenir. L’envie 
d’être utile , & la gloire dont jdfois me flatter , fi je rénlTiffois , l’ont emporté fur 
route autre confidération. ^ 


Quoique je naie pas cherché à multiplier les gravures, le nombre en efl confi- 
deiabiC , il ma etc impolfible de me modérer fur cet article 5 je ne crains point 
cependant qu on m accule d un luxe exceffif dans une occafîon où j’étois le premier 
terelTe a etre économe 5 mais 1 utilité m ayant paru le demander , je n’ai écouté 
quelle , oC négligé pour elle mon intérêt particulier. 





P R É F A C E. 


xj 

Outre lanatomie du cheval , morceau abfolument neuf > fai eu foin de revoir 
tout ce quon trouve dans le traité imprimé en 1^66. J’en ai changé l’ordre , 
reétifîé les négligences qui s y rencontroient , corrigé beaucoup d’articles , ajouté 
ce que ma pratique m’à fait appercevoir d’intérelfant, ou ce qui manquoit d’elfen- 
tiel. J’y ai joint plulîeurs obfervations importantes 5 on y verra même plulîeurs 
maladies dont je n’avois nullement parlé : en un mot, j’ai tâché que cet ouVrage 
contînt ce que les amateurs des chevaux & les vétérinaires ont le plus befoin de 
fçavoir. 

Je m’eftimerai heureux ôC très récompenfé de mes veilles , de mes foins , de 
mes travaux , lî les perfonnes éclairées , dont j’ambitionne les fulfrages, y donnent 
leur approbation. Le zèle que j’ai apporté pour l’exécuter , l’acceuil favorable qu’on 
a fait au guide du maréchal, tant en France que dans les pays étrangers , le delîr 
emprelTé avec lequel j’ai eu la fatisfadion de le voir attendu j tout favorile mon 
elpoir & a foutenu mon courage dans une entreprife à laquelle cent autres auroient 
renoncé par les obftacles de toute elpèce qui font venus fe préfenter , & contre lef- 
quels je me fuis roidi. 






ji P P RO B AT lO N. 

J.;, lu par .ordre de Monfeigneur le Chancelier, un imprirui qui a pour titre : Courr <f>iî;^iurn>ue. 
J AI lu, ,& l’crrpntion des amateurs de l’art vétérinaire. 

Ce livre nt’a paru contenir des .princpes propres a „.ik3 p„tlic. 

& être le fruit de l’étude d’une partie dont les conno.ffances ne peuvent q P 

A Taris, «ce 3 Février 1772. »o ^ r u 1 

FEBAS, Cenfeur RoyaL 


COURS 










EXPLICATION 

DES PLANCHES. 


PLANCHE PREMIÈRE, 

EJl le frontifpice repréfentant une 


PLANCHE II, 

EJl le portrait de l’Auteur. 

PLANCHE III, 

Servant h la dénomination des parties 
extérieures du cheval laquelle repré¬ 
fente un cheval Anglois dejjîné dé apres 
nature , aux haras du Roi en Norman¬ 
die , que l’on nomme /’Accompli, 
a Le fronc. 
b Le chanfrein, 
c Le toupet, 
d La nuque, 
e Le grand angle, 
f Le bout du nez. 
g La lèvre fupérieure. 
h La conque de la narine, 
i L’angle arrondi de la mâchoire. 

1 L’auge, 
k Le menton, 
m Le gozier. ~ 
n Le col , proprement dit. 

O L’encolure, 
p Le garot. 
q Le dos. 

r Le rognon ou rein, 
f Le tronçon de la queue, 
t Le fouet de la queue. 

U La fefle. 

V La cuifle. 

X La jambe , proprement dite, 
y La croupe. 

Z Le jarret. 

& Le graflet. 

A Le boulet. 

B Le paturon. 

C La couronne. 

D Les fabots. 

E L’endroit du fanon. 

F Les tendons appelles vulgairement les 
nerfs. 

G L’épaule. 

H Le bras. 

I L’avant-bras. 

K Le poitrail. 

L Les ars. 

M La châtaigne. 

N Le pli du genou. 

O Le coude. 

P La châtaigne. 

Sc Les canons. 


PLANCHE IV, 

EJl la vignette d’o/léologie repréfentânt 
la chirmgie enfeignant u des eîéves. 

PLANCHE V, 

Repréfentânt le fquéléte artificiel. 

a L’os frontal, 
b Les pariétaux. 

c La partie écailleufe des temporaux, 
d L’occipital. 

e L’auditif externe de la partie pîerreufe 
des temporaux, 
f L’os du nez. 
g L’os du grand angle, 
h L’os de la pommette, 
i L’os maxillaire poftérieur. 

1 L’os maxillaire antérieur, 
m La mâchoire inférieure, 
n Les dents de la pince, 
o Les crochets. 

P Les dents molaires, 
q Les fept vertèbres cervicales, 
r Les dix-duit vertèbres dorfales. 
f Les fix vertèbres lombaires, 
t Les apophyfes tranfverles« tant dorfales 
que lombaires, 
u L’os facrum, 

V Les dix-fept noeuds de la queue, 
y Le fternum. 

X Le cartilage xiphoïde. 

Z Les neuf vraies côtes. 

& Les neuf faulTes côtes. 

A L’omoplate ou paleron. 

B L’humérus ou le bras. 

C Le radius ou rayon. * 

D Le cubitus ou coude. 

E L’os crochu. 

F L’os irrégulier. 

G Le femilunaire. 

H Le triangulaire. 

I Le petit cunéiforme. 

L Le trapézoïde. 

M Le grand cunéiforme. 

N L’os du canon. 

O Les os ftiloïdes. 

P L’os du paturon. 

Q Les os féfamoïdes* 

R L’os coronaire. 

S L’os du pied. 

T L’t)s ilion. 

V L*os ifchion. 

V L’os pubis. 

X Le fémur. 


a Le tibia, 
b Le péronné. 

c L’os du jarretproprement dit. 
d L’os de la poulie, 
e Le grand fcaphoïde. 
f Le petit fcaphoïde. 
g L’os difforme 

h L’os inter-articulaire ou inter-ofleux. 
i L’os du canon, 
k Les os ftiloïdes. 

1 L’os du paturon, 
ra Les os féfamoïdes. 
n L’os coronaire. 

O Lk)S du pied. 

PLANCHE VI, 

Repréfentânt les os de la mâchoire 
fupérieure. 

Figure première, eft l’os frontal vu exté^ 
rieurement. 

a Apophyfe orbitaire, 
b & c Prolongement oflèux formant une 
échancrure pour réunir les petites 
ailes dé l’os fphénoïde. 
d Suture graineufe vers le grand angle où 
va fe joindre l’os du nez. 
f Apophyfes nafales. 
g Trou fourcillier. 

Fig. Z y eft le même os vu dans la face 
interne. 

a Foffe fervant à loger un des lobes infé¬ 
rieurs du cerveau, 
b Sinus frontaux. 

Fig. 3 , eft l’os pariétal vu dans fa par¬ 
tie convexe, 
a Suture lambdoïde.. 
b Suture fquammeufe ou écailleufe. 
c Suture frontale, 
d Suture fagittale. 
e Trou fagittal. 

Fig. 4 , eft le même os vu dans fa par¬ 
tie concave. 

a Différentes anfraéluofités produites par 
le cerveau. 

b Demie gouttière à loger la faux. 

Fig. 5 , eft la partie écailleufe des tem¬ 
poraux. 

a Apophyfe zigomatique. 
b Apophyfe maftoïde. 
c Arcade zygomatique, 
d Corps offeux triangulaire, donnant atta¬ 
che à un mufcle crotaphite, 
c Partie écailleufe du temporal. 
















E X P L I C A T I 0 N. 


f Partie de l’apophyfe zygomatique,s’unif- 
fant avec l’os de la pommette. 

6, efl: le même os vu dans fa face 
interne. 

a FoflTe temporale de la partie écailleufe 
fervantàloger le côté du lobe moyen 
du cerveau. 

b Engraînure du corps triangulaire,s’unif¬ 
iant avec l’occipical. 

c Suture par engraînure , s’üniflànc avec 
l’os frontal. 

ftg. 7 & 8 , repréfentant l’os pierreux 
du temporal vu de deux faces, 
a L’auditif externe. 

fig. 9 , efl: la partie antérieure de l’oc¬ 
cipital. 

a Ses futures par engraînures. 

Fig. lo, efl*le même os vu intérieure¬ 
ment. 

a Prolongement olTeux donnant attache à 
la tente du cervelet. 

Frg. Il, repréfentant la partie fupé^ 
rieure de l’occipital, 
a Suture lambdoïde. 
b La crête. 

Fig. i;i, efl le même os vu intérieure¬ 
ment. 

a Cavité recevant les anfraéluofités du cer¬ 
velet. 

Fig. 13 , efl la partie poflérieure de 
l’occipital. 

a L’apophyfe cunéiforme, 
b Les cornes, 
c Les condyles. 

d Trou occipital donnant paflage à la 
moelle allongée. 

Fig. IP, efl le même os vu intérieure¬ 
ment. 

Fig. 15 , repréfentant le fphénoïde vu 
en-dedans du crâne, 
a Apophyfe cryflagalli. 
b Les grandes ailes, 
c Les petites ailes, 
d Les trous optiques, 
f Trous ovales, 
g Apophyfes cunéiformes. 

Fig. 16, efl le même os vu dans fa face 
interne. 

a Apophyfe ptérigoide. 
b Corps du fphénoïde. 

Fig. 17 , efl le même os vu du même 
côté & eh avant, 
a Sinus Iphénoïdaux. 

Fig. 18 & 19 .repréfentant l’os ethmoï- 
de vu dans fes deux faces latérales, 
a Différentes duplicatures de cet os. 
b Cavité faifanc partie du cornet fupérieur 
du nez tenant à l’os de ce nom. 

Fig. 20 , efl l’os du nez vu extérieure¬ 
ment. 

Fig. 21 , efl le même os vu intérieure¬ 
ment. 

a Suture frontale. 

b Duplicature ofleufe formant le cornet 
lupérieur du nez. 
c Suture nafale. 

Fig. 22 , efl le grand angle vu exté¬ 
rieurement. 

a Partie s unifiant avec l’os de la pommette. 


b Surface faifant partie de la fofle orbitaire, 
c Le conduit lacrymal. 

Fig. 22, efl le même os vu intérieure¬ 
ment. 

Fig. 2p, efl l’os de la pommette, 
a Partie s’unilïânt avec 1 os maxillaire fu¬ 
périeur. 

b Face déprimée faifant partie de l’orbite, 
c Ligne faillante donnant attache au muf- 
cle maffeter. 

Fig. 25, efl le même os vu dans fa face 
interne. 

a Inégalité en forme de ligne faillante, 
pour s’unir avec le maxillaire fupé¬ 
rieur. 

Fig. 26 y repréfente le maxillaire fupé¬ 
rieur , vu extérieurement, 
a Suture s’unilfant avec les os de la pom¬ 
mette & du grand angle, 
b Bord filfonné & tranchant recevant le 
bord inférieur de l’os du nez. 
c Conduit maxillaire, 
d Inégalité donnant attache au mufcle 
maflèter. 

e Bord tranchant & fillonnés’uniflànt avec 
le maxillaire inférieur. 

Fig. 27, efl le même os vu intérieure¬ 
ment. 

a Bord palatin de l’os maxillaire, 
b Foffe faifant partie de la cavité nazale. 
Fig. 28, efl le maxillaire inférieur vu ex¬ 
térieurement garni des dents incifives. 
Fig. 29, efl le même os vu èn dedans, 
a Lame ou prolongation offeufe formant 
avec fon congénère, les fentes pala¬ 
tines antérieures. 

Fig. 30, efl l’os palatin vu extérieure¬ 
ment. 

a Bord 's’uniffant avec le fphénoïde & le 
vomer. 

b Bord s’uniffant avec les maxillaires fu- 
périeurs. 

c Commencement du finus palatin. 

Fig. 31, efl le même os vu intérieure¬ 
ment. 

Fig. 32 , efl le cornet du nez vu exté¬ 
rieurement, 
a Partie fupérieure. 
b Partie inférieure. - 

Fig. 3 3 , efl le même os vu intérieure- 
meix. 

Fig. 34, efl le ptérigoidien vu dans fa 
face externe. 

Fig. 3 5 , efl le même vu intérieurement, 
a Eminence arrondie où s’attache l’anneau 
par lequel paffe le tendon du ftilo- 
pterigo-velo-pa'latin. 

Fig. 36 , eflie vomervu extérieurement, 
a Partie échancrée allant fe joindre au 
fphénoïde. 

b Bord raboteux fe joignant avec le bord 
palatin des os maxillaires fupérieurs. 

37 y efl le même os vu dans fa face 
interne. 

a Goûtiere s’enchaffant fur le corps du 
fphénoïde. 

b Prolongement de cette goûtiere recevant 


la lame cartilagineufe formant la cloi- 

fon du nez. 

Fig. 38, efl la mâchoire fupérieure vue 
de face. 

a Les falières. 
b l’orbite. 

c Le trou fourcillier. 
d Eminence raboteufe du grand angle, 
e Conduit maxillaire, 
f Arcade zigomatique. 
g Crête de l’occipital, 
h Sortie du trou palatin antérieur. 

Fig. 39 , efl la mâchoire vue de côté, 
a Les cornes de l’occipital, 
b Les condiles de l’occipital, 
c Le conduit auditif externe. 

Fig. 40, vue de la baze du crfoie. 
a Sinus frontaux. ' 

b Trou olfadif. éjljk 
c Trou optique. 
d Trod déchiré, 
e Trou condiloïdien. 
f Tfou occipital. 

■g ‘ Corne de l’occipital, 
h Condile de l’occipital. 

Fig. 41, efl la mâchoire vue en-delTous 
& renverfée. 
a Les fentes palatines, 
b Trou irrégulier du palatin maxillaire, 
c Foffes nazales. 
d Les falières vues eh-deflbus. 
e Le fphénoïde. 
f La partie pierreufe du temporal, 
g Les trous condiloïdiens vus en - deïTous. 
h Les cornes vues pareillement, 
i Les condiles vus de même. 

1 Le Vomer. 
m Les dents incifives. 
n Les crochets. 

O Les machelières ou molaires. 

Fig. 42, Côté de mâchoire dont on a 
enlevé le bord alvéolaire, pour voir 
les plantations des dents molaires, 
a La dent de la pince, 
b La dent mitoïenne, 
c La dent du coin, 
d Le crochet. 

Fig. 43, efl la tete coupée verticale¬ 
ment. 

a Subflance cellulaire de l’occipital, 
b Diploé du pariétal, 
c Cavité cérébrale, 
d Sinus frontaux, 
e f Sinus fphénoïdaux. 
g Cloifon cartilagineufe du nez. 


PLANCHE VII. 

Repréfentant lès os'^de la tète f épar es 
comme d la Planche VI, mais plus 
dijiincis , (éf vus dans deux faces. 

Fig. i & 2, efl l’os frontal vu dans fes 
deux faces. 

Fig. 3 d" 4, Le pariétal. 

') '& 6 ', La partie écailleufe du tem¬ 
poral. 

7 é* 8, La partie pierreufe du tem¬ 
poral. 












des planches. 


Fig. 9 , lodf' II, Les trois parties de l’occipi¬ 
tal vues extérieurement. 

12,13 14, Les trois mêmes parties 

vues intérieurement. 

i^& 16, L’os ethmoïde vu dans fes 
deux faces. 

18 df" 19 , Le fphénoide vu dans trois 
faces. 

2odr2ï, L’os du nez. 

zzé’i). L’os du grand angle. 

jz^& 2^ , L’os de la pommette. 

2.6 &2J, L’os maxillaire fupérieur. 

2^&2(), L’os maxillaire inférieur. 

30^)- 31, L’os palatin. 

3 2 dr 3 3 , Le cornet du nez. 

35, Le pterigoïdien. 

■> Le Vomer. 


PLANCHE VIII. 

Repréfentant differentes mâchoires infé¬ 
rieures ornées de dents , & des dents 
JepArées de differens âges, 

Fig. I. Mâchoire vue en-delTous. 
a Angle arrondi de la mâchoire inférieure, 
b Trou mentonnier. 

Fig. 2. La mâchoire vue de profil, 
a Apophife coronoïde. 
b’ Condile. 

Fig. 3 , eft la mâchoire fupérieure cou¬ 
pée verticalement, pour voir l’arran¬ 
gement des cornets, 
a Cavité formant le crâne, 
b Sinus frontaux. 

Fig. 4 3 repréfente les dents dans leur 
fituation , & dont on a enlevé le bord 
alvéolaire externe. 

Fig. •) & 6 , repréfentant l’os hyoïde vu 
de deux faces, 
a Les grandes branches, 
b Les petites branches, 
c Le manche de la fourchette, 
d Les fourchons. 

Fig. 7 , repréfente une dent de lait des 
incifives, vue de deux côtés, du neu¬ 
vième mois dans le ventre de la mere. 
a Partie externe, 
b Partie interne. 

Fig. 8, Dent de lait , des pinces du 
douzième mois. 

Fig. 9, Dent de lait, des pinces du quin- 
. zieme mois. 

Fig. 10 , Troifieme dent molaire , du 
huitième mois dans le ventre de la 
mere. 

Fig. 11 ,'Première dent de lait molaire 
de deux ans.' 

Fig. 12,13, I q., Dents incifives de lait. 

Fig. i^. Dent de la pince du. premier 
mois après la nailfance, vue de trois 
faces. 

a Face externe, 
b Face interne, 
c Face en-deflus. 

Fig. 13 , Dents mitoyennes , du deu¬ 
xieme mois après la nailTance, vue de 
trois faces. 


Face externe. 

Face intérne. 

Face fupérieure. 

Fig. 12, Dent du coin , du troifieme 
mois après la naiffance, vue de trois 
. côtés 

Face interne. 

Face externe. 

Face fupérieure. 

Fig. 15, repréfente des crochets de cinq 
ans. 

Face externe. 

Face interne. 

Fig. 16, 17 CT-18, repréfentant les dents 
incifives du cheval. 

Fig. 18 , Dent de la pince dn cheval âgé 
de trois ans. 

Fate externe. 

Face interne. 

Face fupérienre. 

Fig. 17, Dents mitoyennes du cheval 
de trois ans & demi. 

Face externe. 

Face interne. 

Face fupérieure. 

Fig. 16. Dent du coin d’un cheval de 
quatre ans à quatre ans & demi, 
a Face interne, 
b Face externe, 
c Face fupérieure. 

Fig. 19, repréfente des crochets de fix 
ans. 

Face externe, 
b Face interne. 

Fig, 20 , repréfentant la fixieme dertt 
molaire d’un cheval de fix ans, de la 
mâchoire fupérieure. 
a Face externe. 

b Face latérale, & vue en-delTous. 
a Face interne , & vue pareillement en- 
delî’ous. 

Fig. 21 , la même dent de fept ans, 
vue dans le même ordre. 

Fig. 22, Les dents de la pince d’un che- 
chevaFde fept ans. 

Fig. 2-}, 2^, 25, repréfentant l’ordre 
des dents molaires de huit ans , de la 
mâchoire fupérieure. 

Fig. 23, Ces mêmes dents, vues dans 
la face interne. 

i La derniere , ainfi du refte, 

Fig. 2^, les mêmes, vues en-deflbus & 
dans leurs faces internes, 
a La première, ainfi du refte. 

Fig. 25, Les mêmes, vues extérieure¬ 
ment. 

a La première, ainfi du refte. ■ 

Fig. 26,27 é- 3 5 , repréfentant les dents 
de la mâchoire inférieure d’un cheval 
de huit ans, vues de trois côtés. 

Fig. 26, Les mêmes dents vues en-deflus. 

La première. 

La fécondé, ainfi du refte. 

Fig. 2j , Les mêmes dans leurs faces 
externes & renverfées. 

' 3 5 . Les ftiêmes, vues dans leurs 

faces internes. 

La première, ainfi du refte. 

Fig. 28,29 er 30, repréfentant de vieil¬ 


li 


les dents de lait prêtes à tomber, dont 
les racines font pleines & pointues. 

Fig.22, Les mêmes vues extérieurement!, 
a Dent dé la pince, 
b Dent mitoyenne, 
c Dent du coin. 

Fig. 29 , Les mêmes , vues intérieure¬ 
ment. 

a Dent de la pince, ainfi du refte. 

Fig. 30, Les mêmes, vues en-dedansi 
c La dent de la pince, 
b La mitoyenne, 
a La dent du coiil. 

Fig. 31 , repréfente des crochets de 
vingt-cinq à vingt-fix ans. 
a Face externe, 
b Face interne. 

Fig, -^2 (jr 33, repréfentant des dents 
incifives d’un cheval de fept ans. 
c La dent de la pince, 
b La mitoyenne, 
a La dent du coin. 

Fig, 3 3, Les mêmes, vues dans la face 
interne. 

c La dent de la pince, 
b La mitoyenne, 
a La dent du coin. 

Fig. 3^, repréfente des crochets de fepe 

an<-i 

a Partie fupérieure du crochet, vue dans 
fa face externe, 
b Face interne. 

-Fij- 36, 37 3 8, repréfentant les dents 

. molairesdelamâchoireinférieured’uu 
cheval de vingt-cinq à vingt-fix ans. 

Fig, 36 , Les mêmes, vues dans leurs 
faces externes, 
a La première, 
b La fécondé , ainfi du refte. 

-%• 37 > Les mêmes, vues en-delTus. 
a La première, ainfi du' refte. 

Fr^. 38, Les mêmes, vues dans la face 
interne. 

a La première, ainfi du refte. 

Fig. 39 , repréfente une mâchoire de 
poulain de fix mois, 
a Première dent de lait, 
b Seconde dent de lait, 
c Troifieme dent de lait, 
d c Dent de cheval qui ne tombe jamais. 

Fig. 40 , repréfente une mâchoire d’utl 
poulain de dix mois. 

a La troifieme dent de cheval commen¬ 
çant à fe former fous la troifieme de 
lait. 

b La première prête à tomber, 
c La cinquième plus poulfée qu’à la m⬠
choire ci-dcllus. 

Fig. 41 , repréfentant une mâchoire de 
poulain de deux ans , dont la pre¬ 
mière dent molaire de lait eft tombée, 
Ôc la fécondé déjà un peu formée, 
a Dent de cheval Ibrtant & ayant poulFé 
celle de lait. 

c La troifieme dent de cheval déjà un peu 
formée, la fécondé ne tenant plus que 
par fes racines. 

d La fixieme dent étant un peu formée, 









EXPLICATION 


iV 


... & repliée en forme de corner. 

Fig. ^2, repréfentanc une mâchoire de 
poulain âgé de trois ans, dont il y a 
deux dents de.lait de tombées, & les 
deux de cheval poulFées, dont la pre¬ 
mière eft plus avancée que la fécondé, 
a La fécondé dent de lait étant fortie ,mais 
moins avancée que la première, 
b La troifieme dent de lait ne tenant 
plus que par fes racines, 
d La fixieme dent déjà fort avancée. 

Fig. 24, repréfente, une mâchoire de 
poulain de quatre ans , dont la troi¬ 
fieme dent molaire eft tombée, 
a Troifieme dent de cheval débordant 
tant foit peu les alvéoles. L’on voit 
par-là que les trois dernieres dents font 
fort avancées & même forties, & cette 
derniere avant que les trois premières 
de cheval foient forties. 


P L A N C H E . I X, 

Repréfentmt les os du tronc 

Fig. 1,2 df 3, repréfentant la première 
vertebre cervicale vue de trois côtés. 

Fig. I , eft la première vertebre vue en 
arrière & en-deflbus. 
a Son bord fupérieur. 
b Les ailés. 

c Trou cervical donnant paflage à des vaif- 
feaux fanguins. 

d Trou épineux donnant paflage à la moè'le 
de l’épine. 

Fig. 2, eft la même, vue en avant & en- 
deflTus. 

a Cavité glénoïde recevant les condiles de 
l’occipital. 

b Les mêmes trous cervicaux, 
d Eminence antérieure donnant attache à 
un des fléchiflfeurs du col. 

Fig. 3 , La même vertebre vue de profil. 

Fig. 4 J 5 d’" 6, eft la fécondé vertebre 
cervicale vue de trois côtés. 

Fig. 4 , eft la fécondé vertebre vue en- 
dtflbus. 

a Apophife odontoïde, 
b Eminence arrondie recevant la première 
vertebre. 

c Ligne faillante donnant attache à des 
mufcles fléchiflcurs. 
d Apophifes tranfverfes. 
e Apophife oblique. 

Fig. 5 , eft la même, vue en-deflTus, éc 
un peu en-deflbus. 
a Apophife épineufe. 
b Partie de cette apophife donnant attache 
à un ligament particulier qui la joint 
avec la première vertebre. 
c Cavité recevant la troifieme vertebre. 

Fig. 6, eft la même vertebre vue de côté. 

Fig. 7 , 8 &ÿ, repréfentant la quatrième 
vertebre cervicale, vue de trois côtés. 

7 > ^fl^ L quatrième vue en-deflTus. 
a Ligne faillante donnant attache au liga¬ 
ment cervical. 


b Apophife oblique s’unilTant avec la troi¬ 
fieme vertebre d’un côté , Sc avec la 
quatrième de l’autre, 
c Apophife tranfverfe. 
d Eminence du corps de la vertebre , re¬ 
cevant la cavité de la troifieme. 
f Conduit cervical. 

Fig. 8 , eft la même, vue en-deflôus. 
a Le corps de la vertebre. 
c L'Apophife tranfverfe, vue dans toute 
fon étendue. 

Fig. P , eft la même vertebre vue de 
profil. 

Fig, 10, Il & 12, repréfentant la fep- 
tieme vertebre cervicale vue de trois 
faces, dont la première eft vue en- 
delTus, la fécondé en-deflôus , & la 
troifieme de côté, 
a Apophife épineufe. 

Fig. 13, 14 15, repréfentant la pre¬ 

mière vertebre dorfale, vue de trois 
côtés. 

a Apophife épineufe. 

Fig. 16,1/ ér 18, repréfentant la deu¬ 
xieme vertebre dorfale , vue de trois 
côtés. 

16. 

a Apophife épineufe. 

17.. 

a Apophife oblique, 
b Apophife tranfverfe. 
c Corps arrondi s’articulant avec la pre¬ 
mière vertebre dorfale- 
d Cavité s’articulant avec la troifieme. 

Fig, 18 , eft la même vue en-deffus. 

Fig. 19,20df 21, eft la neuvième ver¬ 
tebre vue de trois côtés. 

Fig, 22 df 23, repréfentant la première 
vertebre lombaire, 
a Apophife épineufe. 
b Apophife oblique, 
d Apophife tranfverfe. 
e Trou vertébral. ' 

f Corps arrondi s’articulant avec lâ fécondé 
lombaire. 

Fig. 24, 25 df- aé, repréfentant l’os fa- 
cru m vu de trois côtés. 

Fig. 24 , L’os facrum, vu fupérieure- 
ment. 

a Produdion oflèufe s’uniflânt avec les os 
innominés. 

b Apophife oblique, 
d Apophife épineufe. 

Fig. 25, eft l’os facrum vu en-deflôus 
& renverfé. 

a Ligne faillante faifant fondion d’apo- 
phife tranfverfe. 
b Les trous facrés. ^ 

Fig. 26 , L’os facrum va de côté, 

Fig. 27 , eft le premier nœud de la 
queue, vu fupérieurement. 
a Apophife épineufe, 
b Apophife tranfverfe. 
c Son corps. 

Fig. 28, eft le même os vu en-deflôus. J 
a Son corps. 


b Apophife tranfverfe. 
d Eminence arrondie s’articulant avec l’os 
facrum. 

Fig. 29 & 50, eft le huitième nœud de 
la queue, vu de deux faces, 
a Son corps. 

b Son apophife épineufe fépareé. 

Fig. 31 & ^2, Le dix-feptieme nœud 
de la queue vu de deux faces, auquel 
onn’yconfidére rien , & qui eft prgf. 
que cylindrique. 

33 & la première côte vue 
en-dehors & en-dedans, 
a Portion de fon , cartilage s’unifiant au 
fternum. 

Fig. 3^ & 36, repréfentant la cinquième 
des vraies côtes, 
a La tête. 

b Facette cartilagineufe s’unilTant avec l’a- 
pophife oblique de la vertebre voifine. 
c . Eminence donnant attache à des appen¬ 
dices tendineufes. 
d Bord interne & tranchant. 

Fig.^ 37 & 38, repréfentant la dixième 
côte, & la première des fauflôs. 
a Eminence plus éloignée de la tête que 
les autres, & donnant attache à des 
appendices tendineufes. 

Fig. 39 df 40, La dix-huitieme côte ' 
ou la derniere des faulTes. 
a Bord interne. 

b Même éminence encore plus éloignée 
que la précédente, & fervant de même. 
Fig. 41, repréfentant le balîin vu infé¬ 
rieurement, 
a L’os ilion. 
b L’angle antérieur, 
c Angle poftérieur. 

d Inégalité fe joignant avec celles de l’os 
facrum, 

e Cavité cotiloïdc. 
f Trou ovalaire. 

g Inégalité où s’inférent les tendons apo- 
névrotiques des mufcles du bas- 
ventre, 
h Os pubis, 
i Os ifehion. 

Fig. 42. eft le baflin vu en-deffus. 


PLANCHE X, 

Reprefentânt les os des extrémités. 

Fig. I , eft l’omoplate vue extérieure¬ 
ment. 

Epine de l’omoplate. 

Apophife coracoïde. 

Angle poftérieur de l’omoplate, d’où par¬ 
tent plufieurs fibres ligamenteufes qui 
forment le périchondre. 

Foffe poft-épineufe. 

FoflTe anti-épineufe. 

Inégalité donnant attaché au mufclepoft- 
épineux. 

Folfe glenoïde. 

Trou donnant entrée à un artere & à une 
veine. 


i Cartillag( 












DES PLANCHES, 


Ÿ 


i Cartilage très - large & arrondi. 

Fi^. Z , eft l’omoplate vue dans fa face 
interne. 

a FolTe fcapulaire. 

b Inégalité donnant attache au large den¬ 
telé. 

c Dépreflîon faite dans l’os par une artère 
& une veine. 

b Cavité glénoïde que l’on remarque à la 
partie inférieure de cet os. 

Fig. 3 , eft l’humérus Vu antérieurement, 
a Eminence donnant attache à l’anti-épi¬ 
neux. 

b Eminences confidérables donnant attache 
à quelques mufcles. 
c Le corps de l’os. 

d Dépreflion donnant attache à un liga¬ 
ment latéral, 
e Condile de l’humérus. 

4 J eft le même os vu en arrière, 
a Facette inégale donnant attache au liga¬ 
ment capfulaire, & logeant les glandes 
fynoviales. 

b La tête de cet os. 

c Enfoncement recevant une partie du 
cubitus. 

Fig. 5, eft le radius vu en avant, 
a Le corps. 

b Inégalité raboteufe donnant attache à un 
tendon fléchiflèur. 
c Facette articulaire, 
d Ligne faillante donnant attache à des li- 
gamens capfulaires. 

e Dépreflion pour donner attache à un li¬ 
gament latéral. 

f Extrémités garnies de cartilages , pour 
s’articuler avec les os du genou, 
g Le cubitus, 
h L’olécrane. 

Fig. 6, eft le même os vu poftérieure- 
ment. 

a Enfoncement fervant à loger des glandes 
fynoviales. 

Fig.y, § df 9, repréfentent les os de la 
première rangée du genou, vu en- 
devant. 

Fig. 7, eft le fémilunaire. 
a Facette antérieure, 
b Eminence donnant attache à un fort li¬ 
gament. 

c Dépreflion cartilagineufe, pour recevoir 
la partie inférieure du radius. 

Fig. 8, eft le triangulaire, 
a Face antérieure. 

b Face fupérîeure s’articulant avec le ra¬ 
dius. 

c Facette cartilagineufe portant fur le grand 
cunéiforme. 

d Facette portant fur le trapézoïde. 

Fig. 9 , eft l’os irrégulier, 
a Face antérieure. 

b Eminences donnant attache aux Jigamens 
latéraux. 

c Partie poftérieure de cet os. 
d Facette cartilagineufe fe joignant avec le 
radius, 

JO ,11(^12, font les mêmes os vus 
poftérieurement. 


Fig . lo . 

a Eminences donnant attache à plufieurs 
. troulTeaux de fibres ligamenteufes. 

J%. II. 

a Mêmes éminênces, & même ufage que 
le précédent. 

Fig. 13, df" 15 > font les mêmes os 
vu latéralement. 

Fig, 16 & ly, repréfente l’os crochu, vu 
en-dedans & en-dehors. 

■Fig. 16 , cet os vu extérieurement, 
a Facette s’articulant avec le radius, 
b Facette s’articulant avec l’os irrégulier. 
F/g. 18, IC) & zo , repréfentent les os de 
la fécondé rangée, vus antérieurement. 
Fig. 18 ,eft le grand cunéiforme. 

Fig. 19 , eft le trapézoide. 
a Face antérieure inégale & raboteufe don¬ 
nant attache à des ligamens capfulaires. 
b Eminence donnant pareillement attache 
à des ligamens de toute efpece. 
d Facette cartilagineufe .recevant la partie 
inférieure de l’os triangulaire. 

Fig. Zo , eft le petit cunéiforme. 

^ Fig. ZI, zz & z^ ^ font les mêmes os 
vus poftérieurement. 

Fig. zi, Le grand cunéiforme. 

Fig. zz , Le trapézoi'de. 

Fig. z^ , le petit cunéiforme. 

Fig. z^, z<i & z6, font les mêmes os 
vus de côté. 

Fig. zj., Le grand cunéiforme. 

Fig. 25 , Le trapézoide. 

Fig. z6 , Le petit cunéiforme. 

Fig. zy, eft l’os du canon vu antérieu¬ 
rement, 
i Tubérofité. 

) Styloides internes. 

: Styloides externes. 

Fig. 28 , eft le même os vu poftérieure¬ 
ment. 

a Inégalité raboteufe. 
b Inégalité donnant attache au ligament 
capfulaire de cette articulation, 
c Les os ftiloides. 

Ffg. 29 y l’os féfamoide vu extérieu¬ 
rement. 

Fig. 30, eft le même os vu dans fa partie 
interne. 

Fig. 31, eft 1 os du paturon vu antérieu¬ 
rement. 

a Eminence donnant attache à un tendon 
extenfeur. 

b Facette cartilagineufe. 
c Apophyfe maméloïde. 
d Dépreflion ligamenteufe. 

Fig. 32, eft le même os vu poftérieu¬ 
rement. 

a b Forte dépreflion ligamenteufe. 

c Eminence cartilagineufe arrondie, pour 

s’articuler avec l’os coronaire. 

3 3 , eft l’os coronaire, 
a Empreintes tendineufes. 
b Eroioences faillantes ou s’attache le ten¬ 
don extenfeur de l’os du pied, 
c Empreintes ligamenteufes latérales. 


d- Cavité articulaire. 

F/g. 34. Le même os vu poftérieure¬ 
ment. 

a I négalité oflèu fe donnant attache au ten¬ 
don fléchilTeur. 

b Eminence arrondie articulaire. 

Fig. 3 5 , repréfente l’os du pied vu dans 
fa partie convexe, 
a Eminence antérieure, 
b Les porofités de cet os. 
c Eminences latérales donnant attache au 
cartilage. 

Fig. 3 6, eft le même os vu dans fa partie 
concave. 

a Dépreflion faite pour loger les glandes 
fynoviales, & donnant attache au ten¬ 
don fléchilTeur. 
b Eminences latérales. 

' Fig. 37, eft Tos de la noix vu extérieu¬ 
rement. 

a Bord fupérieur. 
b Bord inférieur. 

Fig. 38, eft le même os vu du côté de 
l’os coronaire. 

a Ligne qui paroît le partager en deux. 

Fig- 39, eft le même os vu dans fon bord 
fupérieur. 

a Dépreflion ligamenteufe qui unit cet os 
au tendon par un large ligament. 

Fig. 40 , repréfente le fémur vu exté¬ 
rieurement.' 
a La tête. 

b Dépreflion oit s’attache le ligament fuL 
penfeur. 
c Le col. 

d Le grand trochanter, 
e Le moyen trochanter, 
f Le petit trochanter, 
g Le corps de Tos. 
h Dépreflion mufculaire» 
i Condile antérieur. 

k Inégalité donnant attache au ligament 
latéral. 

F/g.^J , eft le même os vu poftérieure¬ 
ment. 

a Les condiles. 

b Cavité recevant Téminence fupérieure 
du tibia, & logeant les glandes fyno¬ 
viales. 

c Empreintes tendineufes, 

Fig. 42, eft la rotule vue dans fa partie 
externe. 

Fig. 43 , La même .rotule vue dans fa 
partie interne. 

Fig. 4^j repréfente le tibia vu en-devant, 
a Eminence donnant attache au ligament 
croifé. 

b Eminences arrondies fur lefquelles por¬ 
tent les ligamens croifés. 
c Eminences antérieures donnant attache 
au ligament de la rotule, 
d Face interne, 
e Face externe. 

Fig. 45 ,eft lemême os pris par derrière; 
a Empreinte mufculaire. 

Fig. 46, 47, ^8 49, font Tos de la 

poulie vu de quatre côtés. 

b 

















V) 


E X P L I C A T I O N. 


Fig. 46, L’os de la poulie vu en.devanc. 
41 La gouttière, 
h Eminences arrondies. 

Fig. 47, eft le même os vu peftérieure- 
ment. 

Fig. 48 , Le même renverfé, & vu in¬ 
férieurement, 

a Surface cartilagineufe en forme de croif- 
fant. 

h Dépreffion pour loger les glandes fyno- 
viales, & donnant attache à des liga- 
mens particuliers.j 

Fig. 49, eft le même vu de côté. 

Fig. 50 , eft le grand feaphoïde vu anté¬ 
rieurement. 

a Eminence poftérieure donnant attache à 
des ligamens. 

b Ligne Taillante & arrondie, où s’attachent 
les ligamens capfulaires. 

Fig. 51 , eft le même os vu poftérieu- 
rement, 

Fig^ 52, ^ft le petit feaphoïde vu en- 
devant. 

a Ligne faillante donnant attache au liga¬ 
ment capfulaire. 

b Eminence pointue fituée poftérieure- 
tnent , d’où partent des fibres liga- 
menteufes , qui vont fe réunir à l’os 
précédent. 

Fig. 5 3, eft le même os vu en-deftbus. 
a Facette logeant les glandes fynoviales. 

Fig. 54, 5 5 dr” 56, eft l’os difforme vu 
de trois côtés. 

Fig. 54, Face antérieure. 

Fig. 5 5 , Face interne. 

Fig. 56, Face inférieure. 

Fig. S7 J 5 8 5 9, font l’os inter-articu¬ 

laire ou entre- offeux, vu de trois cô¬ 
tés , dans le n^ême ordre que le pré¬ 
cédent. 

Fig. 60, eft l’os du canon de derrière, 
vu en-devant. 

a Surface cartilagineufe uti peu cave, 
b Facetteoùfelogentlesglandesfynoviales 
c Eminences arrondies en forme de condile, 
s’articulant avec le coronaire. 

Fig. 61, eft le même os vu poftérieure- 
ment. 

Fig. 62 & 6^, eft le péronnèe, dont le 
premier préfente la face externe , & 
l’autre l’interne. 

Fig. 64 , eft l’os du jarret proprement 
dit, vu poftérieurement. 

Fig. 6 5, eft le même vu antérieurement, 
î^b Facette cartilagineufe s’articulant avec 
l’os de la poulie. 

Fig.66, eft l’os ftyloïde externe du canon 
de derrière, vu dans fa face externe. 

Fig. 6j, Le même os vu intérieurement, 
a Facette s’articulant avec l’os du canon. 

- b. Extrémité inférieure arrondie. 

Fig. 68 69, eft le ftyloïde interne , 

dont le premier préfente la face ex¬ 
terne , & l’autre l’interne. 

Fig. 70, eft l’os du paturon de derrière , 
vU en-avant. 


a Partie fupérieure. 

Fig- 71 > eft Je même os vu en arrière, 
a Eminence donnant attache au tendon 
fléchiflèur. 

b Les éminences cartilagineufes en forme 
de condile. 

Fig. 72,eft l’os coronaire vu antérieu¬ 
rement. 

a Partie antérieure, 
b Partie fupérieure. 

Fig. 73, eft le même os vu poftérieu- 
reraent. 
a Condile. 

Fig-. 74 7 5> eft l’os du pied de derrière, 

dont le premier eft vu en-avant, & 
l’autre en-deffous. 

PLANCHE XL 

Repréfentmt le f^uelette naturel â’un 
poulain. 

a Le ligament cervical, 
b Ligament intermédiaire des vertèbres, 
c Ligament capfulaire qui unit les apo- 
phifes obliques. 

d Ligament capfulaire qui unit les côtes 
avec les vertèbres, 

e Ligament capfulaire qui unit l’omoplate 
à l’humérus. 

f Cartilages de l’omoplate, 
g Ligament capfulaire du bras avec l’a¬ 
vant-bras. 

h Ligament latéral externe, 
i Ligament commun latéral. 

1 Ligament particulier & capfulaire du 
genou. 

m Ligament latéral externe du boulet, 
n Ligament de l’os du paturon à l’os co¬ 
ronaire. 

o Ligament latéral externe du fémur au 
tibia. 

P Ligamens croifés. 
q Ligament de la rotule au tibia, 
r Ligament comipun du jarret, 
s Ligament latéral du boulet, 
t Ligament latéral du paturon à l’ps co¬ 
ronaire. 

PLANCHE XII. 

Reprejèntant les cartilages ^ les ligamens, 

Fig. 1, font les cartilages de l’oreille, vus la¬ 
téralement, 
a La conque, 
b Le bouclier, 
c La cuiraffe. 

Fig. .2, eft la même partie vue poftérieu¬ 
rement. 
a La conque, 
b La cuiraffe. 
c Le bouclier. 

Fig. 3, eft l’onglé vu des deux côtés, 
Fig. 4, font les cartilages du nez. 
a La lame cartilagineufeidu nez. 
b Cartilage formant l’ouverture des narines. 


Fig. 5, repréfentant les cartilages du la- 
■ynx. 

a La grande branche de l’os hyoïde. 

F Les petites branches, 
c Le manche de la fourchette, 
d Les fourchons, 
e L’épiglote. 
f La gl'ote. 
g Le cartilage tyroïde. 
h Le cartilage crycoïde. 
i Les anneaux de la trachée-artère, 
k Efpace membraneux entre le tyroïde éc 
le crycoïde. 

Fig. 6, eft le cartilage crycoïde. 
a Facette fur laquelle s’articule le tyroïde. 

Fig. 7 i eft le tyroïde. 

a Facette fur laquelle s’articule un des 
fourchons. 

b Extrémités s’articulant avec le crycoïde. 

Fig. 8, eft le cartilage arétynoïde. 

Fig. 9, eft l’épiglote. 

Fig. IO, eft la mâchoire fupérieure vue 
en-deffous. 

a Cartilage formant l’arriére-bouche. 
b Ligament uniffant la grande branche de 
l’os hyoïde à l’os pierreux. 

Fig. 11, repréfentant l’articulation de? 
deux mâchoires, 
a Ligament intermédiaire, 
b Attache du ligament cervical, 
c Ligament latéral. 

Fig. \z , repréfente une partie du col 
vu de côté. 

a Ligament latéral uniffant l’occipital à 
la première vertèbre, 
b Ligament cervical, 
c Ligament particulier de la première à 
la fécondé vCrtèbre. 

d Expenfion du ligament cervical à la fé¬ 
condé vertèbre , & ainfi des autres, 
e Ligament capfulaire des apophifes obli¬ 
ques, 

f Ligament intermédiaire. 

Fig. 13 , eft la même pièce vue en def- 
fous. 

a Ligament particulier & capfulaire, unif¬ 
fant l’occipital à la première vertèbre, 
b Ligament particulier uniffant la première 
vertèbre à la fécondé, 
c Ligament intermédiaire uniffant la fé¬ 
condé à la troifieme. 

Fig. 14 , repréfentant une portioii de 
l’épine du dos & des côtes, 
a Ligament épineux, 
b Ligament intermédiaire, 
c Ligament fupérieur uniffant la côte avec 
l’apophife oblique de la vertèbre. 

Fig. 15, La même pièce vue en-deffbus. 
a Ligament inférieur uniffant la côte avec 
la vertèbre, & fervant de cap fuie à la 
tête de la côte. 

Fig. 16, eft le fternum vu de côté, 
a Portion de côtes. 

b Cartilage des eptes. ' • 

c Pièces offeufes du fternum. 
d Trouffeau de fibres tendineufes. 











J) E s P L A N C H E s. vij 


-c Cartilage zéphoide. 
f Partie antérieure du fternum. 

Fig. i7j même pièce vue en-dedans, 
a Bande ligamenteufe recouvrant le fter¬ 
num dans toute fon étendue. 

Fig, 18, eft une portion d’épaule, 
a Le cartilage de l’omoplate, 
b Plan de fibres ligamenteufes tenant le 
cartilage à l’os. 

Fig. 19, repréfente l'articulation de 1 é- 
paule avec le bras. 

a Ligament capfulaire de l’humérus avec 
l’omoplate. 

Fig. zo , repréfentant l’articniation du 
bras avec l’avant-bras, 
a Ligament capfulaire. 
b Ligament latéral. 

Fig. zi, zz,z-^ & 24, repréfentant l’u¬ 
nion des différens os du genou, par 
leurs ligamens. 

Fig. a I , Le genou vu de côté & en- 
dedans. 

■a Ligamenç capfulaire commun, 
b Ligament latéral commun. 

Fig. 22, cft le mênae vu dans fon autre 
face latérale. 

-a Ligament particulier tenant l’os crochu 
à l’os irrégulier & au radius, 
b Ligament latéral externe commun, 
c Autre ligament commun, 
d Autre ligament commun* 

Fig. 23, La même vue en-avant, 
a Portion des ligamens latéraux communs 
qui ont été coupés pour laill'er voir 
les autres. 

b Autre portion du latéral externe com¬ 
mun. 


a Ligament capfulaire détaché du col du 
fémur, 

b Ligaçnent tranfverfal fermant la cavité 
cotiloïde du baffin, 
c Ligament fufpenfeur. 

Fig. 28 , repréfentant l’articulation du 
graflèt vu antérieurement, 
a Ligament interne de la rotule au tibia, 
b Ligament moyen de ce même os au tibia, 
c Ligament externe du même os au tibia, 
d Ligament latéral, 
e Ligament çroilé, 
f Portion du ligament capfulaire. 
g Fibres rendineufes fe prolongeant fur le 
péronée. 

Fig. 29 > eft la même partie vue pofté- 
rieurement. 
a Ligament latéral, 
b Ligament externe de la rotule, 
c La partie poftérieure des ligamens croi- 
fés'. 

d Membrane capfulaire qui a été foulevée. 
e Portion du ligament croifé. 

Fig. 30, repréfentant l’articulation du 
jarret vu antérieurement, 
a Ligament latéral commun. 

Fig. 3 I, La même partie vue de côté, 
a Ligament latéral commun, 
b La capfule. 

c Ligament latéral particulier. 

Fig. 32, eft l’os du pied, 
a Les cartilages latéraux. 


PLANCHE XIII, 

Efi lit Vignette Miologique» 


c Ligament tranfverfal particulier, tenant 
l’os irrégulier au triangulaire, 
d Ligament tranfverfal particulier, tenant 
le fémilunaire à l’os irrégulier, 
e Ligament tranfverfal , tenant le grand 
cunéiforme au trapézoïde. 
f Ligament capfulaire particulier, tenant 
l’os trapézoïde à l’os du canon. 

Fig. 24, eft la même partie vue pofté- 
rieurement. 

a Ligament particulier, tenant les os de 
la première rangée au radius, 
b Ligament particulier, tenant les os de 
la fécondé rangée à la première, & à 
l’os du canon. 

c Ligament latéral commun interne , fe 
recourbant par derrière, 
e Ligament particulier latéral, 
f Ligament poftérieur, tenant l’os crochu 
à l’os du canon. 

g Seélion du ligament commun latéral 
externe. 

Fig. 25 dr 26, repréfentant l’articulation 
du boulet vu en-devant & en-arrière. 
Fig. 25 , La capfule ouverte. 

Fig. z6 , TroulPeau de fibres ligatnen- 
teufes, tenant les os féfamoïdes à l’os 
• • du paturon, 

Fig. 27, repréfentant la jonftion du fé¬ 
mur avec le balfin. 


TABLE 

D E MI O LO G I E. 
PLANCHE XIV, 

liepre'fentmt le cheval dénué de fa. peau.^ 
ér laifant appenevoir fmplement les 
mujcles péauciers. 

a Le grand peaucier , dont la diredion 
eft de devant-en-arrière. 
b Moyen peaucier ou peaucier brachial, 
dont la diredion des fibres eft de 
haut en bas. 

c Peaucier ligomatique. 
d Peaucier cervical, 
e Glandes parotides. 

PLANCHE X V, 

Repréfentant le cheval dont on a enlevé 
les mufcles de la peau. 

a Le pyramidal, 
b Le court dilatateur, 
c L’orbiculaire des lèvres. 

^d Le grand incifif. 
e Le petit incifif, 
f L’abdudeur des lèvres, 
g Le long releveur de la lèvre inferieure. 


h Abdudeur de la lèvre fupérieure. 
i Abdudeur de la lèvre inférieure, 
k Mufcle buccinateur. 

1 Releveur de la lèvre inférieure, 
m Mufcleabaifleurde la paupière inférieurê 
'dont on a enlevé l’orbiculaire. 
n Abaifleur. de l’œil, 
o Releveur de l’œil, 

P Addudeur de l’œil, 
q Abdudeur de l’œil, 
r Mufcie mafleter. 
f .Stefno-maxillaire, 
t Splénius. 

U Releveur de l’omoplate. 

V Appendices du large dentelé, 
y Mufcle commun de la tête & du bràSi 
Z La trachée-artère. 

X Sterno-hyoïdien. 

A Trapèze. 

B Le large dorfal. 

G Le fur-épineux. 

F Le releveur propre de l’omoplate. 

D Le fous-épineux. 

E Le long abdudeur de l’omoplare. 

F Le long extenfeur. 

G Le gros extenfeur. 

H Le moyen extenfeur. 

K Dentelures du large dentelé. 

L Partie des fibres charnues du grand 
oblique. 

M Attache fixe du grand pedoral. 

N Aponevrofe recouvrant l’avant-bras, ré- 
fultant des mufcles extenfeurs de l’a- 
yant-bras. 

O Extenfeur de l’os du pied. 

P Extenfeur de l’os du canon. 

Q Court fléchifteur du radius. 

R Le cubital. 

S Le fléchüTeur externe de l’os du piedi 
T Ligament commun du genou. 

V L’os du canon. 

U Tendon fléchüTeur du paturon. 

V Tendon des fléchifleurs de l’os du pied. 
Z Ligament commun du boulet. 

a Dégitation du long dentelé, 
b Dégitation du grand oblique, s’unÜTanÈ 
avec le'long dentelé, 
c Grand felCer. 

d Le long abdudeur de la jambe, 
e Le moyen abdudeur. 
f Partie du facia-lata. 
g Le crural, 
h Le vafte externe, 
i Le court abdudeur de la jambe, 
k FléchüTeur du jarret. 

1 Le grêle fléchiffeur de Tos du pied, 
m Les jumeaux. 

n Le gros fléchüTeur de l’os du pied. 

O Le grêle extenfeur du jarret. 

P Le fléchüTeur du jarret, 
q Ligament annulaire commun, 
r Ligament commun du jarret- 
f Le tendon extenfeur de l’os du pied, 
t Tendon fléchilTeur du paturon. 

U Tendon des fléchüTeurs de l’os du pied. 

V L’os du canon. 



















explication 


Vlîj 


y Mufcle releveur de la queue. 

Z Mufcles abailTeurs de la queue. 

PLANCHE XVI, 

lieprefentant le cheval miologi^ue ^ vu 
de côté. 

a Le releveur de la paupière, 
b L’abdudeur des lèvres, 
c Le grand incifif. 
d Le malTéter. 
f Le pyramidal. 

g Abdudeur de la lèvre inférieure, 
h Plan de fibres du buccinateur.' 
î Le buccinateur. 

1 L’orbiculaire des lèvres, 
m L’orbiculaire des paupières, 
n Abaiflèur de l’oreille. 

O Le mufcle commun de la tête , du col 
& d U bras, 

P Le cofto-hyoïdien. 
q Le même mufcle commun, 
f Le fterno-maxillaire, 
i Extenfeur de l’os du pied, 
i Extenfeur du genou ou du canon. 

U Le moyen extenfeur de l’avant-bras, 
y Le mufcle grand oblique. 

I Ligament annulaire commun. 

2. L’extenfeur de l’os du pied. 

3 Le large adduéleur de la jambe, 
q, Les deux cordons fpermatiques fortant 
par 1 anneau des mufcles du bas-ventre, 

5 Enveloppe ligamenteufe. 


a Le vafte externe. 

b Aponevrofe du long abduéleur. 
c Le large addudeur de la jambe, 
d Le même, 
e Le fphinder de l’anus, 
f Les releveurs de la queue, 
g Les abailTeurs. 

b Le bout du gland de la verge pendant, 
i Le grêle extenfeur du jarret, 
k Le fléchilîèur du jarret. 

1 L’extenfeur antérieur de l’os du pied. 


PLANCHE XVII, 

Rcpfejènt^nt un cheval miolo^h^ue vu un 
peupojlerieurement , & dont on a enlevé 
la jambe du montoir^pour mettre a dé¬ 
couvert les mufcles du dos. 

a Le génioglolTe détaché, 
b Le génioglolTe, avec le geni-hyoïdien en 
place. 

c Le miloioïdien. 

d Jondion du cartilage tyroïde avec Tos 
luoïde. 

e Partie charnue du bout de la langue, ré- 
fultant de tous Tes mufcles. 
f EU le même génioglolTe ci-delTus. 
g Le périllaphilin. 
h Le ftilo-palatiri. 
i La grande branche de Tos hioïde. 
k Partie du digallrique. 

I Le cofto-hyoïdien, 
m Le fterno-hyoïdien, 
n Partie inférieure du larinx. 
o Partie latérale du voile palatin , Te réu¬ 
nifiant à la bafe de la langue. 

P Le long extenfeur du col. 
r Le long dorfal. 
f Mufcle tranlverfe du bas-ventre, 
t Le fafcia-lata. 

U Le moyen feflîer, 

V Le grand feflîer. 
y Le long abdudeur de la jambe. 

Z Te long addudeur de la jambe. 


planche XVIII, 

Refrefemmt le tronc mitlogi^ue du 
chevaL 

a Le petit oblique, 
b Le mufcle tranfverfal. 

Le long dentelé poftérieur. 
d Le malTéter. 

e Autre plan du mufcle malTéter. 

f Le fplenius. 

g Le plan externe d’un des mufcles inter- 
coflaux. 

b Le plan interne du mufcle précédent. 


planche XIX, 

Detail Miologique, 

fig. I, efl: l’œil avec fes mufcles. 
a Le mufcle releveur. 
b L’abailîèur. 
c L’abdudeur, 
d L’addudeur. 
c Le grand oblique, 
d Le petit oblique. 

^«•^,eft„rœilv»decôié,doMo„a 

tire les niufcles précédons, 
a Le mufcle rétradeur. 
b Le nerf optique. 

Fig- 3 » repréfente les mufcles fléchif- 
feurs de la têtei 
a Le long fléchifleur. 
b Le moyen fléchilTeur. 
c Le court fléchilTeur. 
d Le ftyloma-xillaire abaiflèur de la m⬠
choire. 

Fig. q, repréfente en partie les mufcles 
extenfeurs de la tête, 
a Le petit complexes, 
b Lé grand droit, 
c Le petit droit 

d Mufcle crotaphite , releveur de la m⬠
choire inférieure. 

e Infertion du grand complexus. 

Fig' 5 , repréfente l’oreille vue polté- 
rieurement, avec fes mufcles. 
a Le long releveur. 
b Mufcle addudeur fupérieur. 
c Le long rotateur, 
d Mufcle commun, 
e Mufcle addudeur moyen, 
f Mufcle addudeur inférieur. 

Fig. 6, efl: la même oreille vue de côté, 
a Mufcle abailTeur. 


Fig. 7» efl la meme oreille vue en-dpr 
lous. 

a Le court rotateur, 
b Mufcle commun, 
c Le long abdudeur. 
e Le moyen releveur. 

^«.8 repréfemerostyoïdeaveefe, 

r n,ê«.e avec 

les mufcles. 

a Grande branche de Tos hyoïde, 
b Les petites branches, 
c Les fourchons, 
d La fourchette de Tos hyoïde, 
e Entrée du larinx. 
f Entrée du pharinx. 
g Extrén,i,é, de i'os hyoïde , 

avec Tos pierreux des temporaux 
b L’hyopharingien latéral, & l’inférieur, 
i Le crico-pharingien. 
k L’éfophagien. 

1 L’hyo-thiroïdien. 
m Le tyro-cricoïdien. 

Fig. 9, efl la même pièce vue poflérieu- 
rement. 

a Le flylo-io'ïdien. 
b Le pharingien, 

c La continuation de Téfophagien. 

Fig. IO, efl la même dépouillée des muf. 
des précédens. 
a Le crico-ariténoïdien. 

Fig. 11 , efl le flernum vu antérieure¬ 
ment. 

a Le mufcle du flernum. 
b Le cartilage xyphoïde. 

Fig.^ iz , repréfente une coupe de l’é¬ 
pine avec fes mufcles. 
a Ligament épineux, 
b c Les apophifes épineufes du dos. 
d Le long épineux, 
e Les mufcles intercoflaux. 
f Partie de la côte, 
g Le long intercoflal. 


PLANCHE XX, 

Repréfentant les mufcles de la jambe dè 
devant. 

a Partie du trapèze, 
b Le releveur de l’omoplate, 
c Autre partie du trapèze, 
d Le large dentelé, 
e Le large dorfal. 

f Pordon du commun delà tête & du bras, 
g Le petit peéloral. 
b Le grand pedoral. 
i Le large peétoral. 
k Le gros extenfeur de Tavant-bras, 

1 L’abaiffeur du bras, 
m Partie du fur-épineux, 
n Le fcapulaire. 

,0 Le long fléchifleur du bras. 

P Le releveur propre de l’humérus, 
q Le long fléchifleur de i’avant-bras. 
r Le petit extenfeur de Tavant-bras. 
f Aponevrofe du long fléchilTeur de Ta¬ 
vant-bras. 

t Infertion 






















DES PLANCHES. 


IX 


t Inferciondu long fléchiffeur de l’avant- 
bras. 

U Le radius, 

V Le fléchifleur externe du genou, 
y Le fléchifleur interne du genoui 

PLANCHE XXI. 

Repréfentant la jambe miologique de der¬ 
rière y njue en-dedans ^ & le refie dù 
détail de la jambe de devant. 

Fig. I. 

a Partie du fafcia-lata. 
b Le long addudeur de la jambe, 
c Partie du crural, 
d Le large addudeur de la jambe, 
é Partie du long abdudeur de la jambe, 
f Partie du moyen extenfeur de la jambe, 
g Le long abaifleur de la queue, 
hi Court abaiflTeur de la queue, 
k Aponevrofe réfultant des mufcles ad- 
dudeurs de la jambe. 

Fig. Z. 

a Partie de l’humérus, 
b Partie du long commun, 
c Partie du petit extenfeur de l’avant-bras, 
d Partie du gros extenfeur de l’avant bras, 
e Ligament latéral externe, 
f Le cubitus. 

g Le court fléchilTeur du radius, 
h Partie du fléchilTeur interne du genou, 
i Le fléchilTeur de l’os coronaire, 
k Le fléchilTeur externe de Tos du pied. 

1 Le fléchilTeur interne , ou le cubital, 
m FléchilTeur externe du genou, 
n Partie du fléchilTeur du pied. 

O Le fléchilTeur moyen de l’os du pied. 

P Partie du ligament commun du genou, 
q Ligament particulier, 
r Extenfeur de Tos du canon, 
f FléchilTeur de Tos du paturon, 
t Mufcle canonier. 

U Gaine ligamenteufe. 

V L’os du canon, 
y L’os ft'yloïde. 

Z Ligament capfulaire de l’articulation de 
Tos du paturon avec Tos coronaire. 

A Ligament particulier allant fe réunir au 
tendon extenfeur de Tos du pied. 

B Partie du ligament capfulaire commun. 
D Ligament particulier du tendon fléchif- 
feur de Tos du pied à Tos du paturon. 
E Tendon du fléchilTeur de Tos coronaire 
F Tendon fléchilTeur de Tos du pied. 

G Les cartilages latéraux de Tos du pied. 
FI La chair cannelée. 


PLANCHE XXII. 

Efi la même pièce miologique de derrière^ 
vue ci-dejfus, dont on a enlevé quelques 
mufcles. 

Fig. I. 

a Le pfoas des lombes, 
b L’iliaque, 


c Le pfoas de la cuilTe. 
d Le petit pfoas. 
e Le fafcia-lata. 
f Le crural, 
g h Le vafte interne, 
i Le peétineus. 

k Le large adduéleur de la jambe. 

1 Le gros addudteur de la jambe, 
m Le long addufteur de la jambe, 
n Le long abaiflTeur de la queue, 
o Les jumeaux. 

P Ligament latéral du gralTet. 
r Le grêle addudeur de la jambe» 
f Ligament de la rotule, 
t Le gros fléchilTeur du pied. 

U Le fléchilTeur du jarret. 

V Ligament, annulaire commun», 

X Ligament capfulaire du jarret. 

Fig. Z. 

a li’obturateur externe, 
b Partie de l’obturateur interne» 
c Les jumeaux, 
d Le fléchilTeur de la jambe, 
e Partie du tendoii du long abdudeur de 
la jambe. 

f Le gros & le grêle fléchilTeur du jarret, 
h Les jumeaux, 
i Le grêle extenfeur du jarrêt, 
k Partie du tendon des jumeaux qui font 
divifés. 

1 Ligament annulaire particulier, 
m Aponevrofe réfultant de la continuation 
du fafcia-lata. 

n Tendon des fléchilTeurs de Tos du pied. 
O Gros fléchifleur de Tos du paturon, 
p Le grêle fléchilTeur de Tos du paturon, 
q Portion de gaine des tendons, 
r L’os llyloide, 
f L’os du canon. 

£ Tendon extenfeur de Tos du pied. 

PLANCHE XXIII,’ 

Repréfentant le cheval miologicpue vu de 
trois faces. 

Fig. r. 

a Bande du grand mufcle cutané, 
b Pareille bande du mufcle cutané bra¬ 
chial. 

c Pareille bande du naufcle cutané cer¬ 
vical, 

e La veine jugulaire, 
f Bande de Taponevrofe du fafcia-lata. 
g Veine crurale externe ou du plat de la 
cuifle, 

h Veine brachiale externe, 
i Aponevrofe réfultant des extenfeurs de 
Tavant-bras. 

Fig. Z. 

a Le long commun, 
b Bandes du grand peaucier vu intérieu¬ 
rement. 

c Les anneaux de la trachée-artère, 
d Le fterno-maxillaire. 

Fig. 3. 

a Les fibres du fphinder de Tanus. 


b Le crémafter. 

c Ligament annulaire commun du boulet, 
d Autre ligament» 


PLANCHE XXI y, 

Repréfentant là Vignette Angiologigue. 

PLANCHE XXV, 

L’Angiologie f repréfentant l’Aorte é’ fes. 
divifions. 

^ Ag- ï* , 

a Le cœur. 

b Aorte proprement dite» 
c Aorte antérieure, 
d Aorte poftérieure. 
e Artère mammaire, 
f Branche droite de Tabrte produifant les 
carotides. 

g Branche gauche produifant les axillaires» 
h Branche fcapulaire. 
i L’axillaire, 
k La brachiale» 

1 Divifion de la brachiale eh radiale 
en cubitale. 

m Continuation & bifurcation de la fadiale 
en interne & en externe, 
n La carotide droite. 

O Lobe gauche du poumon. 

P Lobe gauche du foie qui efl: foulevé 
par une errhine. 
q Artère fplénique. 
r La rate, 
f Tronc céliaque, 
t Les méfentériques antérieures. 

Z Les iliaques» 

Fig. , repréfentant une feringue à iri- 
jeder, & en proportion avec le cheval» 
a Le corps de la feringue. 
b Son collier. 

c Les mains du collier donnant aifance à 
injeéter» 
d Le tube. 

f La clef fervant à de'ihonter les différentes 
pièces de la feringue. 
g Pifton de la feringue. 


PLANCHE XXVI, 

Reprefentant les têtes àngiologiques ^ dé^ 
montrant les artères. 

Fig. r. 

a Artère carotide, 
b Carotide oppofé. 
c Artère tyroïdienne. 
d La glande tyroïde» 
e Divifion de la tyroïdienne. 
f Artère parotide. 

g Branche de la maxillaire poftérieufei 
h Carotide interne fupérieure. 
i Carotide interne inférieure, 
k Artère auriculaire. 

1 Artère zigomarique. ' 
m Artère temporale. 


C 
















EXPLICATION. 


•X 


-n La maxillaire inférieure. 

O Branche de la précédente, allant aux 
lèvres & aux nazeaux. 

Fig. Z , efl: la même tête vue de profil, 
ç Maxillaire externe fupérieure. 

-q Autre ramification allant aux nazeaux. 
c Autre branche allant vers l’orbite, 
f Ramification allant aux lèvres fupé- 
rieures, 

T Branche de la carotide allant aux muf- 
cles du coi. 

Fig. 3 , ell la tête coupée verticalement, 
■a L’artère' carotide, 
b Artère palatine, 
a Artère fublinguale. 
ci Glande tyroïdienne. 
g Artère maxillaire allant dans la glande 
du même nom. 

'b Carotide interne fupérieure. 

•c Carotide interne fupérieure produilànt 
la maxillaire interne. 

U La cérébrale. 

V La même entrant dans le crâne, 
y Branche de la maxillaire externe fe re¬ 
courbant en-dedans. 

K Diûribution de la cérébrale dans la baze 
du crâne. 


PLANCHE XXVII, 

lie^éfeK'tdnt ["mgiologie du bàjjïn. 

Fig. I, efl: le baffin vu en-dedans, 
a Artère aorte poftérieure, 
b L’iliaque interne, 
c L’iliaque externe, 
d L’artère crurale, 
e Les artères honteaiès externes, 
f Les facrées. 
g La velfie. 

h Branche de l’artère honteufe externe, 
i Le mufcle crérnafter, 
k Le canal déférant. 

1 Partie du fémur, 
m Corps de la verge, 
n Le gland de la verge. 

Fig. 2, efl la même pièce vue de côté, 
a Artère fefliere fupérieure. 
b Artère fefliere inférieure. 


PLANCHE XXVIII, 

Exirémitès angiologiques^ tant de devant 
que de derrière, 

Fig. r , efl la jambe de devant, 
a Artère axillaire, 
b Artère brachiale. ^ 

c Nerf brachial, 
d Artère radiale, 
e Artère canoniere. 
f Artère paturoniere. 
g Veine axillaire, 
h Veine brachiale interne, 
i Veine brachiale externe , ou veine des 
ars , où l’on doit faigner. 
k Veine radiale cutanée , où les maré¬ 
chaux fâignenc. 


1 Veine radiale moyenne, 
m Veine radiale mufculaire. 
n Veine canoniere. 

O Veine paturoniere. 

Fig. i , efl la jambe de derrière, 
a Veine crurale externe où l’on faigne. 
b Artère tibiale, 
c Artère iliaque interne, 
d Artère iliaque externe. 


PLANCHE XXIX, 

Repréfentant fenfemble angiologique. 
a Aorte. 

b Aorte antérieure, 
c Aorte poftérieure. 
d Artère & veine brachiales, 
e La veine jugulaire & la carotide, 
f L’œfophage. 
g Bifurcation de la jugulaire, 
h Voile palatin, 
i Foffes nazales. 
k Entrée du larinx. 

I Portion de la bafe de la langue, 
m Artère & veine radiales. 

n Veiné radiale cutanée, ' 

O Artère 6c veine cubitales. 

P Veine radiale moyenne, 
q Artères canonieres. 
r Veines canonieres. 
f Artère 6c Veine paturonieres, 
t Artère 6c Veine coronaires'. 

1 Branches du poulmon. 

Z Ramification de l’Artére pulmonaire. 

3 Ramification des veines pulmonaires. 

4 Veine pulmonaire. 

5 Veine diaphragmatique. 

6 Œfophage. 

7 Orifice cardiaque. 

8 Le pylore. 

9 Principaux troncs des méfentériques an¬ 

térieures. 

lo Artère 6c veine lombaires. 

II Artère 6c veine émulgentes. 

\z Réfervoir de Pecquet. 

I 3 VaiiTeaux fpermatiques. 

14 L’uretère. 

IJ Veine honteufe externe. 

16 Canal déférent. 

17 Artère 6c veine fpermatiques, 

I 8 Artères 6c veine crurales. 

19 Nerf tibial. 

zo Artère 6c veine tibiales. , 

PLANCHE XXX. 

Repréfentant les principaux' troncs des 
veines. 

a Le péricarde, 
b Le cœur. 

c Portion du flernum qui a été coupé, 
d Partie du Diaphragme, 
e Lobe gauche du foie, 
f L’eftoinach vuide 6c fufpendu par des 
fils, pour donner aifance aux autres 
parties. 


, g Artère aorte poftérieure. 
b Canal thorachique. 
i Veine fans paire ou azygos, 

I Veine diaphragmatique, 
m Veine cave. 

n Veine jugulaire. 

O Veine axillaire, 
p Veine fcapulaire. 
q La brachiale interne, 
r La brachiale externe, 
f Veine radiale cutanée. 

c Veine radiale moyenne, 6c la muîculairè. 

y Divifion de la jugulaire en interne 6c en 
externe. 

Z Continuation de la veine cave. 

3 Veine coronaire ftomachique allant à la 

veine porte. 

4 Veine méfentérique allant à la veine 

porte. 

5 Veine fplénique allant à la veine porte. 

6 Veines petites méfentériques allant à la 

veine porte, 

7 Veine iliaque interne. 

8 Veine iliaque externe. 

9 La matrice. 

10 Veine crurale externe. 

II Veine honteufe externe. 
iz Veines émulgentes. 

13 Ovaires, 

14 Les reins. 

15 Partie de la rate. 


PLANCHEXXXI, 

Reprefentant les deux El anche s ci-deffusy 
ou les arteres & les veines enjemhle. 
a Artère aorte antérieure, 
b La veine cave antérieure, 
c Aorte poftérieure. 
d La veine cave, 
e La veine porte. 

f Artère6c veine pulmonaires du lobe gau¬ 
che., lefquels palfentpar-deiTous les 
principaux troncs. 

g Veine porte rapportant le fang des mé¬ 
fentériques, 

h Artères 6c veines méfentériques. 
i Mufcle crérnafter. 
k Artère 6c veine fpermatiques, 

1 Canal déférent. 

m La verge non injeiftée, 6c renverfée'fut 
la CLiifl'e. 

n Les tefticules dans leurs enveloppes, 
o La veine crurale externe. 

P La veine jugulaire, 
r Veine radiale cutanée, 
f Séparation du thorax, 
t Artères 6c veines mammaires ou thora- 
chiques, 

y Veines diaphragmatiques. 

Z Continuation du nerf intercoftal produi- 
fant le plexus méfentérique antérieur. 












DES PLANCHES. 


PL ANCHE XXXII, 

Repréfentànt uû cheval miologique, Atigio- 
logique , Nevrologique , &c. pour en 
démontrer l’enfemble, 
a L'artère aorte, 
b La veine cave, 
c L’œfophage. 
d Nerfs brachiaux-, 
e Glandes parotides, 
f • Canal falivaire. 
g Artères & veines maxillaires, 
h Véficules féminales. 
i Vailfeaux lymphatiques, 
k Epididimes. 

1 Canal déférent, 
m Te pancréas. 

fa Kéfervoir du chyle. * 

O Canal thorachique. 

P Apophyfe tranfverfe des vertèbres lom¬ 
baires. 

q Bafîinet des reins, 
f Mamelons des reins. 


PLANCHE XXXIII, 

Repréfentànt le cheval neürologique. 


PLANCHE XXXIV, 

Repréfentànt la difribution des di v paires 
de nerfs fortant de la bafe du crâne. 
a Portion de l’orbite, avec une partie de la 
bafe du crâne , couvrant les quatre 
premières paires de nerfs, 
b Cordon de la cinquième paire, 
c La fixieme paire, 
d La feptieme. 
e La huitième, 
f La neuvième, 
g La dixième, 
h La branche recouvrante, 
k Nerf cutané. 

1 Ganglion intercofial. 
m Branches de nerf fortant entre la fixieme 
& la feptième vertèbre cervicale , 
allant concourir à former le plexus 
pulmonaire. 

n Le nerf diaphragmatique. 

O L’artère aorte. 

P Le nerf long intercoftal ou commun, 
q Nerfs brachiaux, 
r Plexus méfentérique antérieur, 
f Branche venant de l’épine > concourant 
à former le plexus ci-defius. 
t Branche de nerf venant du même plexus, 
allant former le plexus méfentérique 
poftérieur. 

U Partie du plexus rénal. 

V Plexus méfentérique poftérieur. 
y Branche produite de la moelle épiniere 
lombai re, concourant à former le ple¬ 
xus ci-deflTus. 

Z Branche partant du plexus poftérieur, 
allant fe diftribuer dans le baffin. 

& Inteftin colon, où le nerf eft marqué. 


PLANCHE XXXV, 

Repréfentànt les nepfsprovenant de l'épine. 

a Le cerveau. 

b Le cervelet. 

c La i-noèlle allongée. 

d La moelle épiniere à découvert , dont 
on a fendu l’enveloppe de la dure- 
mere. 

e Les nerfs cervicaux, dont les trois der¬ 
niers produifent les brachiaux. 

f Moelle épiniere dorfale> produifant les 
intercoftaux. 

g Moelle épiniere 'lombaire , produifant 
les lombaires. 

h Les facrées, produifant les fciatiques. 

i Nerf crural divifé. 

I Les jambiers. 

m Les jambiers allant fe diftribuer au refte 
de la jambe. 


PLANCHE XXXVI, 

Repréfentànt la vignette de Splanchnologie 

PLANCHE XXXVII, 

Repréfentànt la fplanchnologie , ou l’en¬ 
femble des vifceres. 
a Le péricarde ouvert, 
b Le cœur, 
c Le médiaftin. 

d Le lobe antérieur’ gauche du poulmon , 
foutenu en l’air, & s’affailTaht. 
e Le lobe poftérieur. 
f Le diaphragme, 
g L’appendice du cæcum, 
h Le colon, 
i Les inteftins grêles. 


PLANCHE XXXVIII. 

iig. I , repré.^entant une tête coupée 
verticalement, fervant à démontrer 
la déglutition, 

a Langue coupée verticalement, 
b VoMe palatin, delTous & entre lequel & 
la langue glilTent les alimens, pour 
tomber dans le pharinx , d. 
d Le pharinx , ou le commencement de 
l’œfophage. 

Iig. 2,3 df- q. Différentes têtes, fervant 
à inftruire de la cavité nazale j &-au 
traitement de la morve, 
a Sinus frontaux, 
b Sinus maxillaires. 

Iig. y 

a Subftance de la cervelle, 
b Diploë du crâne, 
c Même fubftance de l’os fphénoide. 
d Apophyfe cunéiforme, 
e Sinus frontaux, 
f Diploë des os du nez. 
g Cornet fupérieur du nez. 
h Cornet inférieur du nez. 


.Xj 

i Sinus fphénoïdauxi 
k Os ptérigoïde. 

Iig. 4 j eft la cloifott cartilagineufe \ 
partageant la cavité nazale en deux, 
a Vaiffeaux répandus fur la membrane 
pituitaire. 

b Portion de l’os vomer. 

Iig. 5 , repréfente un cheval trépané, 
a Les endroits où l’on doit appliquer le 
trépan dans la morve. 

Iig. 6 df F, eft une boëte propre à fu¬ 
miger les chevaux morveux, 
a Le chapiteau, 
b Le récipient. 

c Calotte de fer dans laquelle l’on jette leâ 
médicaments propres à la fumigation -, 
après l’avoir fait rougir, 
e Petite foupape par laquelle on jette les 
médicaments, 
f Le couvercle. 


PLANCHE XXXIX, 

Ef le poulmon du inférieurement. 
a Lobe antérieur, 
b Lobe poftérieur. 

c Partie de l’œfophâge ratfapant derrière. 

PLANCHE XL, 

Repréfente le cœur fitué entre les lobes du 
pioulmon^ & les différentes coupes dti 
cœur. 

Iig. I. 

a Le cœ ur. 

, b k Les artères coronaires, 
c La veine cave, 
d L’oreille droite, 
f Ventricule droit, 
g Artère pulmonaire, 
h Oreillette gauche, 
k Branche de nerf. 

1 Les veines Coronaires, 
m Croffe de l’aorte, 
n Artère âorte antérieure. 

Iig. 2, eft le cœur détaché & vu inféa 
rieurement. 

a Portion de la veine cave, 
b L’oreillette droite, 
c Le ventricule droit, 
d L’artère pulmonaire, 
e Les veines pulmonaires, 
f L’oreillette gauche, 
g Le ventricule gauche, 
h Aorte poftérieure. 
i Aorte antérieure, 
k Aorte & veines coronaires. 

Iig. 3, eft la même, vue ftipérieuremeiiÈ. 
a Portion de la veine cave, 
b L’oreillette droite, 
c Ventricule droit, 
d L’aorte poftérieure. 
e Veine pulmonaire, 
fk Artère & veine coronaires., 
g Artère pulmonaire. 






















EXPLICATION 


âtij 

Mg. 4, eft le ventricule droit ouvert, 
a Paroi interne du ventricule, 
b Les anfraduofités. 
c Les valvules tricufpides. 
d Les valvules fygmoïdeî. 
e Kéunion de la coupe du ventricule. 

Fig. 5 , efl: le ventricule gauche ouvert, 
a Les valvules tricufpides. 
b Paroi où va fe réunir le ventricule gau¬ 
che. 

c Oreillette gauche ouverte. 

Fig. 6, eft la coupe du cœur faite ver¬ 
ticalement , & partageant fes deux 
ventricules. 

a Valvules tricufpides du ventricule gau¬ 
che. 

b Ouverture de l’artère pulmonnaire. 
t Ouverture de l’aorte, 
d Aorte antérieure. 


PLANCHE XLI, 

Rtfréfentmt les differentes tuniques de 
l'e^omAch. 

Fig. r. 

a L’œfophage & premier plan des fibres 
de l’eftomac. 
b L’orifice du pylore, 
c Fibres longitudinales de l’oefophage , 
allant fe répandre fur la grande cour¬ 
bure de l’eftomac. 

Autre plan de fibres. 

f Epartouilfement des fibres, c, fur la gran¬ 
de courbure, & formant le fécond plan, 
g Troifieme plan embraflànt depuis l’œfo- 
phage jufqu’à la grande courbure, 
h Plan circulaire. 

i Quatrième plan allant de la petite cour¬ 
bure à la grande. 


PLANCHE XLII, 

Repréfentant les membrams internes de 
1 ’ejloma.c^ & fes vaiffeaux. 

Fig. 1 & 2 ,e&le même eftomac. 
a La membrane veloutée de l’œfophage, 
b Celle de l’eftomac; 

Fig. 3. 

ac Les artères & reins coronaires ftoma- 
chiques. 

b L’eftomach revêtu du péritoine, 
c Artères & veines duodènales. 

Fig. 4, eft le même eftomac vu dans 
fa grande courbure, 
a Les artères é" veines épiploïques. 


PLANCHE XLIII, 


E/l l’ejlomxc vu de profil , avec l'épiploon 
& une portion d’intejlins grêles. 

Fig. I. 

a Le méfentere. 
b Partie d’inteftins grêles, 
c Vaifleaux ladés. 
d Artères méfentériques. 

» Veines méfentériques. 


Fig. Z, 

a L’orifice cardiaque, 
b Le pylore. 

c Epiploon , ou omentum. 

PLANCHE XLIV, 

Repréfentant différens vifceres. 

Fig. r, eft la cervelle dans la bafe du 
crâne. 

a Le terveau. 
b Le cervelet. 

Fig. Z, repréfente la coupe du cerveau, 
a Subftance corticale, 
b Subftance médullaire, 
c Voûte à trois piliers, 
d Couches des nerfs optiques» 
e Ventricule antérieur, 
f Glande pinéale. 
g Les teftes. 
h Les liâtes, 
i Infundibulum. 

‘k Subftance corticale. 

1 Arbre de vie. 
m Subftance médullaire, 
n Communication du troifieme au qua¬ 
trième ventricule. 

O Moelle épiniere. 

Fig. 3 , eft le cerveau vu inférieurement, 
du côté de la bafe du crâne, 
a Nerfs olfatftifs. 
b Nerfs optiques. 

Fig. 4, eft le foie &: fes dépendances, 
a Le lobe droit, 
b Le lobe gauche. 

c Appendice répondant au lobe de Spi- 
gellius. 

d Autre petit lobe, 
e Portion de la veine cave, 
f Veine porte, 
h Artère hépatique, 
i Çore biliaire. 

Fig. 5 , eft la rate, 
a Artère fplénique. 
b Veine fplénique. 

Fig. 6 , eft un rein vu inférieurement, 
a Veines émulgentes. 
b Artères émulgentes. ^ 

c U retere. 

Fig. 7, eft la même vue fupérieurement. 
a Artères & veines émulgentes. 
b L’uretere. 

S ,"Coupe du rein, 
a Uretere. 
b Subftance corticale, 
c Baflinet du rein. 

Fig. 9, eft la velîîe vue fupérieurement. 
a L’entrée des ureteres dans la veffie. 
b Les canaux déférens. 
c Portion du canal de l’uretre. 
d Véficules féminales qui font affailfées. 

Fig. 10, eft la veflie vu de profil. 

Fig. Il, eft le globe de l’œil vu anté¬ 
rieurement. 

Fig. 12, vu de côté avec le nerfoptique, 
Fig, 13, vu dans l’autre feus. 


Fig. 14, eft l’uvée vuè antérieurement. 
Fig. 15 , eft le fécond plan de l’uvée. * 
Fig. 16, eft l’uvée vue en-deflbus. 

Fig. 17 , eft le criftallinvu en faee. 

Fig. 18, eft le même vu de côté. 


PLANCHE XLV, 

RtfréfeMAnt la finies renferme'a dm 
le bafftn. 
a Le fphinéler de l’anus, 
b Le redum. 
c Le vagin. 

d Le corps de la matrice, 
e La veflie. 

g Les cornes de la matrice. 


PLANCHE XLVI, 

Smt Us f orties ci-dejpts vues de côté. 
a Le reéèum. 
b La veflie. 

c Le corps de la matrice, 
d Les cornes, 
e Les ovaires. 


PLANCHE XLVII, 

.E/? la vignette des maladies 


PLANCHE XLyill, 

Repréfente les défauts du cheval, 
a Cheval portant au vent, 
b Oreille longue & mal placée, 
c Les yeux petits, 
d Les narines peu fendues, 
e Silfleur. 
f Tiqueux. 

g Playe au palais, provenant du lampas 
ôté, produit de l’ignorance des chi¬ 
rurgiens vétérinaires, 
h Barres offenfées. 
i La langue petite, 
k Glande de morve. 

1 Fiftule aux avives, 
m Le col allongé, 
n Fiftule à la faignée du col. 

O Toupe au col. 

P Garot gros, 
q Dos de carpe, 
r Côte plate. 

f Portrait, ou flanc retroülTé. 
t Efflanqué. 

u Chevillé, ou ferré dans fon devant. 

V L’épaule attachée. 

X Bouton & corde de farcin, 
y Loupe au coude. 

Z Cheval montrant le chemin de S. Jac¬ 
ques, ou faifant des armes. 

A Loupe fur le bouler. 

B Seime en quartier. 

C Nerferrure. 

D Lor^g jointé. 

E Fourmilliere. 


F Faux 




















DES PLANCHES. 


F Faux quartier. 

G Croupe avalée. 

H Qu-eue de rat. 

I Fourreau petit. 

K Fiflule au fcrotum. 

L Varice provenant du barrement de veines. 
M Jambe menue. 

N Vefligon. 

O Solandre. 

P Epar vin , & devant être placé un peu 
plus haut. 

Q Canon menu. 

R Pinçart. 

5 Caplec, ou pafle-campagne. 

T lardon. 

U Mule traverfine. 

V Grappe. 

X Javart dans le paturon, 
y Seime en pied de bœuf. 

PLANCHE XLIX, 

Repréfentant un Autre cheVAl défectueux, 
a Cheval portant bat. 
b Oreillard, ou oreilles penchées. 

C Les faliéres creufes, 
d Les yeux larmoyans. 
e Fiftule lacrymale, 
f Dragon, 
g Chanfrein renfoncé, 
h Le bout du nez gros, 
i La lèvre fupérieure grolîe. 
k Ecoulement des narines. 

1 Langue coupée, 
m Langue pendante, 
n Fiftule aux barres. 

O Lèvre inférieure pendante, 
p Groflè ganache, 
q Joues charnues. 

r Gonflement des parotides ou avives, 
f Taupe, 
t Col court, 

U Col d’hache. 

V Fauflê encolure. 

X Gofier pendant, 
y Garot gros. 

Z Enfellé. 

6 Reins bas. 

A Flanc ferré. 

B Pouflîf. 

C Ventre de vache. 

D Hernies ventrales. 

E Les tefticules pendans. 

F PiflTant dans fon fourreali. 

G Epaule trop charnue. 

H Loupe au poitrail. 

1 Avant-bras menu. 

K Malandre. 

L Arqué. 

1 Nerf collé fur l’os. 

M Canon menu. 

N Droit fur fon devant. 

O Atteinte encornée. 

P Couronné. 

Q Fufée. 

R Molette. 

S Cercle ou cordon. 


T Cornu i ou la hanche haute. 

U Cuifle plate. 

V Jambe menue. 

X Vefligon. 
y Solandre. 

Z Molette. 

a Javard fimple dans le paturon, 
b Javard encorné, 
c Varice, tumeur du jarret, 
d Javard nerveux, 
e Poireau. 

•f Avalure. 

g Sous lui, ou les quatre jambes enfemble. 
h .Bouton de farcin. 
i Sifflet ou roflignol. 
k Fiftule à l’anus. 

PLANCHE L, 

Repréfefitant differentes pteces. 

Fig. I, repréfentant une pierre trouvée 
dans un rein^ de grandeur naturelle , 
& criftallifée. 

Fig. 2& Forme des criftaux crès-tranf- 
parehs. 

Fig. 4. Pierre trouvée dans la fubftance 
du cœur d’un cheval , lequel étoit 
prefque totalement pétrifié , ôc dont 
j’ai dans mon cabinet au moins cent 
livres pefant, fçavoirsune bande s’é¬ 
tendant depuis le poitrail jufqu’au 
baflin, portion de l’aorte, de la rate , 
du pancréas, des reins & du méfen- 
lere, & des pierres grolTes comme un 
petit œuf, trouvées dans les canaux 
falivaires. 

Fig. 5, repréfentant une portion de la 
membrane veloutée de l’eftoiriac -, où 
font agroupés des vers. 

Fig. 6. Les vers détachés. 

Fig. 7., Le même, ver vu à la loupe, 
a La tête où il y a deux grapins, 
b Poils répandus furie bord poftérieur de 
fes anneaux, 
c Sou anus. 

Fig. 8, repréfentant un ver blanc des 
inteftins, qui quelquefois a treize à 
quatorze pouce de long, 
a Sa bouche. 

b RétrécilTement, où fe trouve un petit 
orifice par où il s’accouple, 
d Son anus. 

Fig. 9, eft le même ver dilTéqué. 
a Sa bouche, 
b Son inteftin.. - 

c Vaiflêaux fpermatiques remplis d’une 
efpêce de lait. 

d Orifice du vailTeau perçant fa peau, par 
où il s’accouple. 

Fig. 10, Ver fe trouvant dans le pore 
biliere. 

a Premier trou , lui fervant de bouche, 
b Trou où fe trouvent les parties de la gé¬ 
nération, 
c Son anus. 

Fig. Il & 12 f Deux efpèces de vers fe 


xiij 


trouvant dans le canal pancréatique, 

Fig. 13. Vers fe trouvant dans la capa^ 
cité du bas ventre, hors des routes de 
la chylificatioh, errant çà & là fur la 
fuperficie des inteftins. 

Fig. 14, eft la. mufaraigne. 

Fig. 15, 16, 17, jS & i 9, eft fa tête 
groflie, & vue de differentes faces. 

Fig. 20, eft la même de grandeur na¬ 
turelle. 

Fig. 21 , eft le licoperdon, ou velTe de 
loup , dont la poudre fert à arrêter le 
fang des artères. 


PLANCHE LI, 

Fig. r, repréfentant l’os coronaire frac¬ 
turé en trois pièces, êc en fituation: 
a Partie fupérieure de l’os coronaire frac¬ 
turé & foulevé, 

Fig. 2 , repréfentant un autre os coro¬ 
naire fraduré de même en trois pièces, 
a L’os coronaire. 

Fig. 3, repréfentant la rupture du tendon.’ 
a Le tendon rompu , prés fon attache, 
b L’os coronaire. ■ 

Fig, 4, repréfentant l’os Coronaire frac¬ 
turé en deux, de même que l’os de 
la noix. 

a L’os de la noix. 

Fig. 5 , eft la même pièce vue antérieu¬ 
rement. 

a L’os coronaire fraduré. 

Fig. 6 & y, repréfentant l’os coronaire 
fraduré en'trois pièces , de la même 
manière que les deux premiers, & vu 
de deux faces. 

Fig. 8 &Ÿ- L’os coronaire fraduré irré¬ 
gulièrement. ■ '. 

Fig. iq. L’os coronaire cafle en deux. 

Fig. 1 1. Exoftofe de l’os coronaire, à lit 
fuite d’un effort. 

Fig. 12. L’os coronaire légèrement caffé 
vers fon bord fupérieur. 

i%. 13. Exoftofe de l’os de la noix , à 
la fuite d’un effort du tendon. 

Fig. 14. Carie de l’os de la noix, à la 
fuite d’une piquure. 

Fig. 15, 16 dî” 17. L’os de la noix vu 
de trois côtés, & totalement exoftofé 
à la fuite d’un effort du tendon. 

Fig. 18 j eft la fradure de l’os du pied 
vue inférieurement. 

Fig, 19 j eft le même os vu fupérieu- 
rement. 

a b Séparation de la ffadurê. 

Fig. 20, repréfentant une égagropile fe 
trouvant dans l’appendice du cæcum, 
ainfi que les précédentes. 

Fig. 21 & 22. Autres égagropiles de di- 
verfes formes. 

F^. 2^. Bézoard trouvé dans l’appen¬ 
dice du cœcum. 

Fig. 24, 2^, 26,27, 28 & 29. Autre 
forme de bézoard. 

Fig. 30 dr- 31, Bézoard coupé vertica¬ 
lement , repréfentant une cavité où fâ 
e 












xiv 


EXPLICATION. 


place le noyau de la pierre, & donc 
les couches font exentriques. 
a La cavité. 

jpig. 3'2. Bézoardcoupé de même,dont 
les couches font concentriques. 

-a Le noyau. 

•b Les différentes couches. 

Fi^. 3 3 , repréfente plufieurs petits bé- 
zoards trouvés de même dans l’appen¬ 
dice du cæcum. 

Fig. 3^},, repréfente une pierre trouvée 
dans le rein. 

■Fig. 3 5. Plufieurs petites pierres Tenfer- 
mées dé même dans un bocal, qui 
ont été trouvées dans un reim 

Fig. 3 6. Pierre renfermée dans une velîîe. 
a La veffie. 
b La pierre. 

Toutes ces pièces fe trouvent dans mon Cabinet. 


PLANCHE LU, 

Repréfentmt les maladies des os. 

Fig. I, repréfentant une tête cariée d’un 
cheval morveux. 

a Voûte du nez totalement cariée. 

-Nota. Ce cheval a vécu dix-fepc ans mor¬ 
veux , gros & gras, fans qu’il ait eu 
une pullule fur le corps. Il apparce- 
noic à M. Ducorneft, de la chambre 

■ des comptes, qui ne l’a fait tuer, que 
par la difformité & l’odeur fétide qu’il 
exhaloit. 

Fig. 2, repréfentant la face interne ou 
partie des os du grand angle, du nez, 
du maxillaire pofférieur qui eft carié, 
a La carie. Ces deux maladies arrivent 
après la deftrudion totale des cornets, 

Fig. 3, repréfente une exoftofe à la m⬠
choire inférieure. . 

a L’exoffofe, ce qui provient d’un coup, ou 
d’une carie à la mâchoire , dont les 
deux tables ont été levées. 

Fig. q, eû la première vertèbre du col 
cariée, à la fuite de la taupe- 
a La carie. 

Fig. 5, eft une vertèbre exoftofée. 
a L’exoffofe. 

Fig. 6 , répré fente les fix vertèbres lom¬ 
baires & les fix dernieres dorl'ales an- 
kilofées & exoffofées. 

Fig. 7, repréfente une côte exoffofée, à 
la fuite d’une frafture. 

Fig. 8,repréfente le ligament capfulaire 
commun du genou offifié. 

Fig. 9. La même piece vue pofférieu- 
remerit. 

Fig.^ IO, repréfente différentes exoftofes 
d’un genou. 

a O/fification des ligamens capfulaires par¬ 
ticuliers du genou. 

Fig. 11 , eff le genou totalement offifié 
& ankilofe avec l’os du canon, 
a L’exoffofe. 
b Suros. 

Fig. 12, Autre canon de devant exoftofé 

Ci. carié. 


a Exoftofe. 
b Suros. 

c Carie, à la fuite d’un javard nerveux. 

Fig. 13, eft un canon offifié avec les os 
fcaphoïdes & les ftyloides. 
a Exoftofe, ou furos. 

Fig. 14, eft la même pièce vue pofté- 
rieurement. 

Fig. 15, eft l’os de la poulie offifié avec 
les fcapoïdes. 

Fig. 16, eft l’os du paturon exoftofe. 
a L'exoftofe. 

Fig. 17, eft la même pièce vue pofté- 
rieuremenr. 
a Le Gorps de l’os, 
b L’exoftofe. 

Fig. 18, eft une oflificatioïi de l’os du 
paturon , de l’os coronaire, de l’os du 
pied, Bc de l’os de la noix, à la fuite 
d’un dépôt cirtique dans le paturon, 
a b L’exoftofe de l’os du paturon, 
c Celui de l’os coronaire, 
d Du corps de l’os du pied, 
e Celui du cartilage. 

■Pig. 19, eft la même pièce vue pofté- 
rieurement. 

Fig. 20 , eft une offification de l’os du 
paturon avec l’os coronaire, & femé 
d’exoftofes. 

• Fig. 21 , eft une offification Si exoftofe 
de l’os coronaire, de l’os du pied ôc 
de l’os de la noix, à la fuite d’un 
effort. 

Fig. 22, Autre pièce dont l’os du pied 
avec l’os de la noix font totalement 
fondés. 

Fig. 23 , Autre pièce totalement foudée 
& exoftofée. 

Fig. 2q, Tendon fléchiffeur de l’os du 
pied qui a été rompu , & qui s’eft re¬ 
pris , en formant un exoftofe à fon 
infertion. 

Fig. 25 & 2.6. Cartilage de l’os du pied 
offifié & exoftofé. 
a Epailfeur de l’exoftofe. 

Fig.z 7 ,ea un os convexe donnant cette 
forme au pied comble. 

Fig. 28. Os du pied plat, & donnant 
cette forme à la muraille , ce qu’on 
appelle pied plat. 


planche lui, 

Reprejentant un cheval dejjtne'd’après na¬ 
ture , au haras du Roi en Normandie , 
que Ton nomme le Satrape, & fur le-^ 
quel on a placé les bandages les plus 
szécejfaires. 

a Bandage en huit de chiffre , fervant de 
couvre-chef, & fous lequel on met 
des compreffes , foie pour la taupe , 
pour le trépan , pour les maladies des 
yeux , ou pour quelque fraélure de 
ces parties. 

b Bandage de corps, fervant à Contenir les 
compreffes dans telle maladie que ce 


foie ; quoiqu’à dire vrai, l’on puiffe 
S’en paffer , vu que dans les playes 
Ton doit paffer des attaches dans la 
peau ,& que les poils, par eux-mêmes 
dans les tumeurs, faffent fonffion de 
compreffe,en retenant les médicamens. 
c .Bandage croifé , pour les playes du ge¬ 
nou , bandage qui ne gêne en rien le 
mouvement. 

d Bandage propre aux maladies de la mu¬ 
raille , tel que pour la feime, le javard 
encorné, Scc. 

e Bandage ordinaire, dont on fe fert plus 
communément pour les maladies du 
paturon, tel que pour les eaux ou ja- 
vard fimple, lequel bandage confifte 
en une enveloppe & une petite liga¬ 
ture pour la contenir, 
f Bandage croifé , pour les maladies du 
jarret, ne gênant en rien , & facili- 
litant le mouvement de cette partie. 


PLANCHE LIV, 

Repréfentant les différentes compreffes que 

T on peut appliquer fous les bandages ch 

defus. 

Fig. i & 2 , repréfentent deux fortes de 
compreffes quarrées. 

Fig. 3. Compreffes rondes. 

Fig. q. Compreffes ovales. 

Fig. 5. Compreffe coupée en croix de 
malte, fervant aux tumeursTaillantes. 

Fig. 6, Compreffe découpée à jour, pour 
les playes de l’œil Sc de l’anus. 

■Tig. 7 ' Autre compreffe découpée pous 
des caplets, loupes au coude, ou au¬ 
tres tumeurs en pointe. 

Fig. 8. Compreffe pour les tumeurs ob- 

longues. 

Fig. 9. Compreffe au même ufage que 
celui de la Figure é. 

planche lv. 

Repréfentmt divers plumacemx. 

Fig. I é- 2. Différentes grandeurs de 
plumaceaux. 

3 > 4 > 5 8 , repréfentent diffé¬ 

rentes efpeces de tentes. 

Fig. 6 & 7. Differentes efpéces de bour- 
donnets. 

Fig. 9. Bandages pour le garot, dont 
on paffe les plus petits cordons en- 
devant du poitrail, Sc les deux autres 
par-deffous la poitrine. 


planche LVI, 

Fig I. Bandages pour les maladiés de 
la mâchoire inférieure, tels que dans 
la gourme , les deux plus petits cor¬ 
dons devant être paffés par-dèffus les 
os du nez, ôc les autres derrière les 
oreilles. 

Fig. 2. Bandage particulier pour la tau- 
















DES PLANCHES. 


pe OU playe quelconque dans cette 
partie. 

Fig. 3. Bande fimple ou à un chef. 

Fig. 4. Bande roulée, ou à deux chefs. 

PLANCHE LVII, 

lie^rèfentam les infirumens de chirurgie 
vétérimire. 

Fig, I. Sonde pleine. 

Fig. 2. Sonde cannelée. 

Fig. 3. Cifeaux. 

5 & 6 . Différentes efpèces de 
biftouris. 

Fig. 7 &^. Biftouri en forme de feuille 
de fauge j, fervant une à droite , & 
l’autre à gauche. 

Fig. 9. Biftouri recourbé propre à fca- 
rifier. 

Fig. 16.. Lancette à abcès. 

Fig. I r. Rênette coupant des deux côtés. 

Fig. 11& 1}. Rênette à droite & à gau¬ 
che. 

Fig. 14. Flammeordinaire,dans laquelle 
il y a une flamme, un biftouri, & une 
rênette, inftrument que l’on doit tou¬ 
jours porter avec foi. 

Fig. 15. Flamme allemande, à reflfort. 

Fig.16, 17. La même flamme démontée. 

Fig. 18. Flamme pour les vaclies, donc 
la lame doit être plus allongée que 
pour le cheval. 

Fig. 19. Pince à anneau. 

Fig. 20. Corne de chamois. 

Fig. 21 ,22 & 2^. Differentes efpèces 
d’aiguille fervant à pofer des attaches 
à la peau. 

Fig. 2^. Petite fcie à main. 

Fig. 25. Pinces à faifir des chairs ba- 
veufes. 

Fig. 26. Aiguille courbe, pour faire 
la ligature des vaifl'eaux qui font fitués 
profondément. 

Fig. 27. Trois-quarc fervant à la ponc¬ 
tion. 

Fig. 28, Cannule du trois-quarc. 

Fig. 29. Seringue à playes. 

Fig. 30 & 3 I. Aiguille à feton. 


PLANCHE LVIII, 

EJl la vignette de ferrure. 


PLANCHE LIX, 

liepréfentant l'anatomie du pied. 

Fig. I, repréfentant le faboc vu infé¬ 
rieurement. 

a La muraille de la pince, 
b La muraille des quartiers, 
c La muraille des talons, 
d Sole de la pince, 
e Sole des quartiers, 
f Sole des talons, 
g La fourchette. 

Fig. 2. Sole de corne enlevée de deflus 
le pied. 


Fig. 3 . . . 

a Sole charnue, 
b Sole cannelée des talons, 
c Partie de la foie recouvrant la fourchette 
charnue. 

Fig. 4 , eft la foie charnue enlevée de 
deflùs l’os du pied, 
a Sole charnue, 
b Fourchette charnue. 

Fig. 5 > eft l’os du pied à découvert, 
a L’os du pied, 
b Terminaifon du tendon, 
c Prolongation de muraille, 
d Partie poftérieure de l’os coronaire. 

Fig. 6. ' ' 

a L’os du canon, 
b. L’os du paturon, 
c L’os coronaire, 
d Ligament annulaire commun, 
e Tendon de l’os coronaire, 
f Tendon de l’os du paturon, 
g Tendon fléchiflêur de l’os du pied. 

■ Eig- 7 - 

a b L’os du canon. 

c Tendon fléchilfeur de l’os coronaire, 
d Tendon fléchiffeur de l’os du pied, 
e Sole charnue, 
f Chair de la couronne. 

Fig. 8. ‘ 

a Partie du tendon extenfeur de l’os du 
pied. 

b Tendon fléchiflfeur de l’os coronaire, 
c Tendon fléchilfeur de l’os du pied, 
d Moitié de la foie charnue enlevée de 
. delTus le tendon, 
e L’os du pied. 

Fig. 9. 

a L’os du canon, 
b L’os du paturon, 
c L’os coronaire, 
d L’os de la noix, 
f L’os du pied, 
g Les os féfamoïdes. 
h Divifion de l’artère canoniere. 
i Artère paturonniere. 
k Artère coronaire. 

1 Artère pédiale. 
m Veine canoniere. 
n Veine paturoniere. 

O Veine coronaire. 

P Veine pédiale. 
q Nerf canonier. 
r Nerf paturonier. 

f Nerf coronaire produifant le pédieu. 
Fig. 10. 

a L’os du canon, 
b Les os ftyloïdeSi 
c L’os du paturon, 
d L’os coronaire, 
f L’os de la noix, 
g L’os du pied. 

Fig. Il, 12& î ), repréfentant le pied 
vu antérieurement, 
a L’os du canon, 
b L’os.du paturon, 
c Tendon extenfeur de l’os du pied. 


XV 


d La muraille. 

e Chair cannelée , de delTus laquelle on a 
enlevé la moitié de la mqraille. 
f Ligament allant au tendon, 
g Nerf paturonier. 
h Veines coronaires. . 

Fig. 12. 

abc Artère, veine & nerfpaturoniers. 
d Branche du nerf coronaire, 
f Ramification dés veines coronaires, 
g Chair cannelée. 

h Os du pied dépourvu de la chair caii* 
nelée. 

■ 

a Os du canon, 
b L’os du paturon, 
c L’os coronaire, 
d L’os du pied. 

Fig. 14, font toutes fcs parties ci-deflûs 
réunies & vues de côté, 
a Cavité médullaire de l’os du canon, 
b Tendon extenfeur de l’os du paturon, 
c Tendon extenfeur de l’os du pied, 
d Tendon fléchiffeur de l’os du paturonn 
e Tendon fléchilFeur de l’os du pied, 
f Trouffeau des vailfeaux canoniers. 
g L’artère canoniere. 
h L’artère paturoniere^ 
i L’artère coronaire, 
k Veine canoniere. 

1 Veine paturoniere. * 

m Nerf canonier. 
n Nerf paturonier. 
o Nerf pédieu. 

P Ramification de differens vailfeaux de là 
couronne. 

Fig. 15 ’ 

a L’os coronaire, 
b L’os du pied, 
c Tendon extenfeur. 
de Cartilage latéral de l’os du pied. 


PLANCHE LX, 

Repréfentant divers infirumens fervant h 
la ferrure & aux opérations. 

Fig. I , repréfente un travail garni dû 
fesfoupentes & de fes mains, 
a Le travail, 
b ,Les foupentes. 

c La main de devant , fervant à lever le 
pied de devant, 
d Les mains de derrière, 
e Potence fervant à lever la tête, pour 
donner les breuvages, 
f Pate-longes à contenir les pieds dans le 
travail, 

g Bricole au même ufage. 
h Pate-longes à ferrer à la main, ou à jetter 
le cheval par terre. 

i Morailles, fervant à faire une dérivation 
de douleur. 

k Filet propre à donner les breuvages. 

1 Billot fur lequel on coupe la queue, à 
l’ordinaire. 












xvj 


E X P L IC A T I O N 


m MalTe fervanc à frapper defîus le coupret. 
H Le coupret. 

O Corne à donner des breuvages. 

Pas d’âne fervant à vifuer la bouche d’un 
cheval. 

q Entraves fervant à lever le pied, 
r f Deux efpèces de couteaux à mettre le 
feu fur la peau. 

t Bouton avec lequel on met le feu fur les 
chairs baveufes & ulcères profonds, 
où l’on ne fçauroit atteindre avec les 
kftfumens. 

U Pointe à mettre le feu fur les tégumens. 
V Brûie-queue fervant à arrêter l’hemor- 
ragie, 

y Cuiller à rémolade ou à amiellure. 

Z Seringue à lavemens. 

PLANCHE LXI, 

Repréfentant les outils de l a forge. 

a Tifonnier avec lequel on récure le feu. 
b Tifonnier avec lequel on ramafle -le char¬ 
bon dans le foyer. 

c Pèle à charbon, percée, pour égoûter l’eau 
d Ecouvette avec laquelle on balaye le-de¬ 
vant de la forge, pour ramaffèr le 
charbon dans le foyer, 
e Tenailles à mettre au feu. 
f IV^^rteau à rabattre, 
g Fertier à forger, 
h Marteau à devant, 
i Fertier à ajulier des fers. 

L Etampe. 

I Tenailles juftes. 
m Tenailles goulues, ou â forger, 
n Tranches à couper le fer. 

O Poinçon à contrep.ercer les fers. 

PLANCHE LXII, 

Repréfentnnt les inf rumens k ferrer. 

i%. I. Enclume à forger. 

Fig. Z. Enclume à ajufter des fers. 

Fig. 3 , eft le tablier à ferrer d’un Ma¬ 
réchal. 

a Poche à mettre le brochoir. 
b Poche à mettre les tricoifes. 
c Poche à mettre les faulTes pointes & le 
rogne-pied. 

d Poche à mettre les doux à filer, 
e Poche à mettre le boutoir, 
f Poche à mettre des faulTes pointes, ou 
caboches, & le repoulîbir. 

Fig. 4. Le brochoir. 

Fig. 5. Les tricoifes. 

Fig. 6. Le boutoir. 

Fig. 7. Le rogne-pied, 

Fig. 8. Le repoufibir. 

Fig. 9. Forme du clou dont la tête doit 
être en cône. 

Fig. 10. La râpe. 

Fig. 1 1. Pinces à arracher les faulTes 
pointes de dedans le pied. 


PLANCHE LXIII, 

Repréfèntant les fers Anciens & modernes, 
lefquels font à fupprimer, 
a Fer anglois. . 
b Fer efpagnol. 
c Fer allemand, 
d Fer turc. 

■e Fer de chef-d’œuvre, du règne de Char¬ 
les VII, en 1573. 

f Fer de chef-d’œuvre du règne de Phi- 
lippe-le-Bel, en 1300. 
g Fer du règne de François I.-en 15A2. 

•h Fer de chef-d’œuvre aétùel ; preuve de 
la vieille habitude, 
i Fer de devant ordinaire, 
k Fer de derrière à crampon. 

1 Fer à fortes éponges, pour les talonsbas. 
m Fer voûté & à fortes éponges, pour les 
pieds combles. 

n Fer échancré , pour les talons bas & 
leimes. 

o Fer à pantouffle , pour les pieds encaf- 
telés, dont la voûte fe jette en-dedans. 

P Fer à fortes branches, pour un cheval 
qui fe coupe. 

q Fer à fortes éponges , pour les bleimes 
& feimes quartes. 

r Fer à crampon , pour un cheval qui fe 
coupe. 

f Fer à bolTe, au même ufâge. 
t Fer à bec, pour déterminer le cheval à 
porter en avant & à appuyer de la 
pince. 

U vFer à patin, pour allonger la jambe boi- 
teufe d’un cheval, & pour l’obliger à ' 
porter fon pied à terre. 

X Fer à aller fur la glace, inventé par M. 

le comte de Charolois. 
y Fer de derrière, de mulet. 

Z Fer de devant de mulet, nommé Flo¬ 
rentine. 

a a Autre fer de devant de mulet nommé 
planche. 

PLANCHE LXly, 

Refrifintaxt ks fers 'n meme est ufxge. 
a Lopin. 

b Première branc he, fans être étampée. 
c Tremiere branche étempée. ; 

d Fer forgé, fans être étampé. 

e Fer de devant ordinaire. / 

f Pied ferre à éponges minces & courtes, 
pour une feime, une bleime, ou uiî t 

talon bas de dèvanc. j 

g Fer de devant à croilTant. 

h Fer de derrière ordinaire, 

i Fer pour une bleime ou feime. 
k Fer pour un cheval qui fe coupe du 
devant. g 

1 Pied ferré a croilTantpour aller sûre¬ 

ment fur le pavé plombé, 
ra Pied ferré à cercle , propre à un cheval 


de felle, pour aller fur toute forte de 
terrein. 

n Fer échancré , pour une encloüure au 
talon , & pour le panfer fans le dé¬ 
ferrer. 

O Fer échancré au quartier, pour le même 
ufage. 

P Fer échancré en pince , pour le même 
ufage. 

q Fer à demi-branche, pour un cheval qui 
fe coupe de derrière. 

r Fer à cercle. 

f Fer couvert, propre à aller à la chalTe 
& pour éviter les chicots. 

t Fer couvert, pour un cheval qui a été 
nouvellement delTolé, & que l’on 
veut faire travailler. 

U Fer à mettre lorfqu’on deflble un cheval. 

vx Fer à vis , pour des chevaux qui fç dé¬ 
ferrent en route. 

y Fer à tout pied, à mettre en route, quand 
le cheval fe déferre. 

Z Ferrure à demi-cercle , pour un cheval 
de çarrofle. 

A Fer de bœuf. 

b Fer de mulet , tant de devant que , de 
derrière. 

c Soulier inventé par M. le maréchal de 
Saxe. 


PLANCHE LXV, 

RepréfentAnt les mAhdies du fAbot. 

Vig. I, eft un pied plat, 
a La muraille. 

Fig-. 2, eft un pied comble, 
à Oignon & quartier ferré. 

Fig-. 3 , eft un autre pied comble, 
a Sole bombée, 
b Quartier ferré & renverfé. 

4 ’ eft une fourchette de mauvaife con- 
fiftance. 

a La fourchette filamenteufe , que l’on 
appelle pourrie. 

Fig-. 5 , repréfente un fabot qui a été 
rênetté, <Sc auquel on a mis lefeu après. 

Reprodudion de la nouvelle muraille , 
où Ton voit encore les marques de Tap- 
plication du feu, parce qu’on Ta mis 
trop avant. 

Fig. 6, eft un pied encaftelé, & foible 
en même tems. 

EpailTeur de la muraille. 

Fig. 7, eft un pied dont les talons font 
renverfés en huître à Técaille , & où 
la fourbure s’eft porté. 

Les talons renverfés. 

EpailTeur de la muraille dans laquelle on 
pourroit mettre des doux à bande , 
fans rifquer de blelTer le cheval. 

Fig. 8, eft un fabot dont la matière a 
foufflé au poil. 

Lavalure , laquelle eft defeendue avec 
Je tems. 

Fig. 9 , eft un pied, plat où il y a une 
feime. 

a La 
















DES PLANCHES. 




3 L La feime. 

Fig. lo, eft un pied dérobé, dont la 
muraille eft éclatée. a 

a La foie des talons furpaflant la muraille. 
Fig. 11 , repréfente un pied dont la 
.fourbure s’eft jettée fur la foie, & a 
^ formé un croiflant. 

(’ a La foie. 

I b L’os du pied. 

I c L’épaifleur de la muraille. Ces trois par- 

|| ties font féparées l’une de l’autre dans ^ 

\ le cheval vivant. 

i Fig. 12, eft un pied dont la fourbure 

? s’eft jettée fur la muraille, 

f a Cercle ou cordon. 

I Fig. 13 , eft un gonflement du fabot, 

I furvenu à la fuite d’une forme. ^ 

î. a La forme ou cavité recevant le cartilage 

offifié. 


Fr^. i^, repréfente un pied de derrière 
bouleté. 

Deftruétion de la muraille , qui vient 
de ce que le cheval a marché fur la 
pince, ce qu’on nomme aufli rampin. 
Fig. 15 , eft un fabot défectueux, ou 
reproduction de corne à la fuite du 
traitement du javard encorné, & dont 
la fubftance eft molle à ne pouvoir y 
brocher aucun clou. 

Muraille filamenteufe, fuite d’une mau^- 
vaife opération. 

Fig. 16, eft un fabot dont la muraille 
a été détruite , à la fuite d’un fie qui 
a gagné le quartier. 

Le quartier malade. 

Fig. 17, eft un pied dont on a enlevé 
la muraille & la foie, à la fuite d’une 


xvij. 

bleime ou d’une enclouûre dans cette 
partie. 

a La rhuraille du talon détruite. 

Fig. 18, repréfente un quartier coupée 
à la fuite d’une bleitne, qui a produit 
un javard encorné, 

a Nouvelle muraille repouffée depuis la 
coupe du javard. 
b L’ancienne muraille, 

Fig. 1 9, repréfente un fabot ou il y a 
une fourmilliere. 
a La foie, 
b La fourmilliere. 

Fig. 20 , repréfente un quartier ferré 
du pied de derrière, 
a Le quartier. 
















E R R A T A. 

'2 folides OU fluides , Ufez, & fluides. 

5 en deux parties, Ufez^ en trois parties. j i. -j » r . . 

7 les réguliers & impirs,, Ufez. les réguliers & pairs. Sont les os lefamoides , ethmoides, &c. Les impairs 
font l’occipital, 8cc. 

14 deux faces de chaque côté, U/ez deux foffes. 

Ibid, dans cette fofle » lifez dans cette face. 

1 6 fon apophife coronaire , liez coronoïde. 

25 & fix molaires,douze molaires. 

29 qu’à un an le poulain en a quatre de lait, Itjèz en a quatre, trois de lait. 
s I ^ois de poulain & un de cheval, ajoâfez de chaque côté de la mâchoire. 

42 à U note de M. Botirgeleit ^ compofé de neuf os, Ufez de fept os. 

49 de l’os inter-articulaire du entre-olTeux, Ufez ou entre-offeux, ou inter-ofleux. 

54 lofange , Ufez lozange. 

62 maillet, 07?^ maillier. 

<^4 comme donnant plus <le forme au paquet des mufcles, Ufez donnant plus de force aux paquets» 

Ô5 caphule, Ufez capfule. 

Ô9 calcanéum, Ufez l’os du jarret proprement dit. 

Ibid, les péronés, Ufez les os fliloïdes. r 

73 fur l’inftant, Ufez à. l’inflant. 

74 pois , Ufez poids. 

75 flerno-mafloïdien,fterno maxillaire. ^ . 

Ibid, de l’autre à i’apophife maftoïde, Ufez de l’autre à la mâchoire inférieure» 

S 6 les rotateurs des yeux , Ufez des oreilles. 

87 maxillaire inférieur , Ufez maxillaire fupérieur. 

95 connexité, Ufez convexité. 

103 comme dans d’autres endroits, de lever les côtes, Ufez d’éléver. 

109 le point mobile , Ufez le point fixe. 

Ibid, pathologie , Ufez hippopathologie. 

138 être très fin , Ufez très fain. 

153 le commencement de l’artère, Ufez de l’urethêre. 

157 afcaris vermicuUris ^ on lira lumbricus inteftinorum teres. 

159 dones, Ufez donnez. 

170 par les points lacrimaux , Ufez par les conduits. 

J 77 de la cuifle , Ufez de la cailfe. 

178 en deux ligamens , Ufez fegmerts. 

197 d’aurres , ajoutez rougeâtres. 

247 il faut delfoler le cheval, ajoutez fi l’enclouûre a fait ravage fous la foie, autrement la deflblure eft inutile. 
250 on appelle voûté, ajoutez après. 

278 en parlant de M. Bourgelat, fon confrère Ganfon , Ufez Genfon. 

28 2 il fe forme un défaut, Ufez un dépôt. 

285 ou fonde la veine, Ufez on fend la veine, 

Ibid, très difficile , ajoutez à arrêter. 

288 depuis le genou jufqu’en bas , ajoutez & de mênie depuis le jarret jufqu’en bas. 

298 l’on peut encore tirer du fang de la queue, ajoutez un , & Ufez enfuite ou en coupant une partie, &c. 
303 & 304 canal nafal, Ufez fimplement lacrimal. 

Ibid, bronchotonni,bronchotomie. 

300 il ne faut jamais defloler pour des enclouûres, comme le pratiquent pourtant des maréchaux en réputation, 
ajoutez à moins qu’il n’y ait complication. 

309 on n’eft pas obligé, Ufez on ne court pas rifque. 

310 quand le fer gagne la chair cannelée des talons, Ufez quand le fie gagne la chair cannelée des talons. 

311 ou elles font en mouvement, Ufez du mouvement. 



A C H A A LO NS, 

Chez s E N E U Z E , Imprimeur ordinaire du Roi. 













































































/ 

































































































COURS D’HIPPIATRIQUE. 


PREMIÈRE PARTIE. 


HI P P (^p MIE 

1 ? 

A NA T 0 MIE" DU CHEVAL. 

N entend par hippotomie Part de difTéquer le cheval. Ceft par l’hippotomie 
qu on parvint à fe rendre habile dans la connoilTance des parties qui le com- 
po ent ; c e par elle qu’on s’inftruit de leur ftrufture , de leur rapport, de 
eur jeu, de leurs différences : c’eft elle qui met à portée de raifonner fur leurs 
apprend à diffinguer les dérangemens qui peuvent furvenir dans 
individu. Le defordre, qui fe préfente fous mille formes différentes, étant bien connu 
mene au choix des moyens à employer pour le faire ceffer. C’eft l’objet principal de l’hio! 
piatrique , art dans lequel on ne fçauroit faire de progrès fans être verfé dans l’anatomie du 
c eva , e meme qu on ne peut être habile médecin fans fcavoir l’anatomie humaine 

A 





















1 


a HIPPOTOMIE. 

Les parties j qui conftituent tout animal , font défignées fous le nom de fluides ôc de 
folides. 

Les folides ont plus ou moins de confiftance ; ce qui les a fait-diftinguer en parties dures 
& en parties molles. 

Sous le nom de parties dures, font compris les os, 6c les cartilages moins durs cependant 
que les os. / 

On entend par parties molles , les mufcles, les tendons, les membranes, les ligamens, les 
produélions membraneufes 6c ligamenteufes, les nerfs & leurs gaines, les artères 6c les veines, 
les glandes 6 c leurs enveloppes , les vifcères 6 c tout ce qui en dépend. 

Toutes ces parties , défignées fous le nom commun de folides , 41 e font que le réfultat 
de fibres 6 c de paquets fibreux, formés de fibrilles ramaflees, unies, entrelacées. 

Les pbyficiens ont appellé fluides , toutes les liqueurs qui fe trouvent dans le corps de 
Panimal. On fçait qu’elles font en grand nombre 6 c qu’elles portent des noms différens ; telles 
font le fang, la lymphe, le chyle, la bile, le fuc gaftrique, la falive, la femence 6 cc.... 

La connoiflance de toutes ces parties efl: la bafe de l’hippiatrique. En vain on fe donneroit 
pour médecin vétérinaire, fi l’on n’en a fait une étude longue, fuivie, profonde, réfléchie, 
méthodique. Elle efl: d’autant plus nécefîàire que l’animal ne peut indiquer lui-même le 
dérangement arrivé dans fon individu. Le véritable hippotomifte le faifit, le juge, le voit 
6 c y porte le remede convenable. Quiconque ne connoît point l’intérieur du cheval, ni les 
diiférentes parties qui entrent dans fa compofition, efl: donc incapable de le traiter dans fes 
maladies ; il ne mérite aucune confiance, c’efl: un empirique groflier, un vil impofteur dont 
Tignorance 6 ç l’effronterie ne font dignes que de mépris. 

Puis donc que l’anatomie du cheval , ou l’hippotomie efl: la bafe de la fcience vétéri¬ 
naire , celui qui fe defline à l’exercer doit s’y rendre habile. C’efl: pour en faciliter l’étude 
que nous avons compofé ce traité. Il fera divifé fous les titres ordinaires 6 c connus de 
tous les anatoiiiifles. Nous ne devons rien changer à une méthode qui a fes avantages : ainfi 
nous parlerons, dans autant d’articles féparés, des os (izj, des cartilages (b)^ des ligamens (q), 
des mufcles (d)_^ des vaiffeaux (e) ^ des nerfs (f) , des vifcères (g) , des glandes (hy 

Mais avant que d’entrer en matière, nous allons dire un mot de la fibre. 

Les parties du corps de l’animal les plus fimples font folides ou fluides , comme on l’a 
déjà dit. La compofition des folides , ou pliiftot les principes qui les forment, font d’une 
ténuité fi grande qu’ils ne peuvent être apperçus même avec le meilleur microfcope ; il ne 
nous fait découvrir qu’une fuite de particules unies en longueur qu’en nomme fibrille. 
C’efl: de la réunion de ces fibrilles linéaires qu’efl for^née la fibre , laquelle fe diflingue affez 
aifement dans les os , dans les tendons , dans les ligamens , dans les mufcles qui ne font 
eux-memes autre chofe qu’un amas de fibres plus ou moins dures. Elles font longitudinales, 
cylindriques , tranfparentes , folides , capables de réfiftance 6 c d’élafticité. Les principes 
infiniment déliés , qui les conftituent, font liés entr’eux par un gluten formé d’huile 6 c 
d’eau. Ce compofé fe réduit en terre par l’analyfe. 

On obferve , dans tout corps animal, une autre efpèce de fibre , qui a plus de largeur 
6 c moins de longueur. Elles fe répandent en tous fens j elles font d’une texture plus lâche , 


{ 4 ) OsTÉOLOGiE , c’efl-à-dire , Difcours fur les os, 

( b ) Chondrologie , c. à d. Difcours fur les cartilages. 

( c ) SïNDESMOioGiE , C. à d. Difcours furies ligamens. 

{ d ) MyoEOGiE , c. à d. Difcours fur les mufcles. 

{ e ) Angeioeogie , c. à d. Difcours fur les vaiiïeaux. 
( f ) Neurologie , c. à d. Difcours furies nerfs. 
i S ) Splanchnologie , c. à. d, Difcours fur les vifcères. 
( h ) Adénoxügie , c, à d. Difcours fur les glandes. 





OSTÉOLOGIE. 


3 


ï 


& communiquent enfemble. De leur union réfulte ce qu’on appelle le tiflu cellulaire , ou 
corps grailTeux. La communication de ces fibres les unes avec les autres eft démontrée par 
l’effet que produit le foufflet des bouchers, lequel chaffe l’air dans toute l’habitude du corps 
de l’animal , & le rend comme un balon : elle eft encore prouvée par la métaftafe ou le 
tranfport d’une matière fluide , qui fe fait d’un endroit malade fur une partie faine , comme 
on l’expliquera dans la pathologie. 

Le tiffu cellulaire fe répand , fe prolonge , s’infinue dans tous les organes & dans les 
parties qui les compofent ; il donne même une enveloppe à chacune des libres élémentaires, 
après en avoir fourni aux paquets qu’elles forment. 

C’eft donc dans les p^joduélions ou prolongemens de ce tiffu que font enfermés, comme 

dans une gaine , les mufcles , les membranes ^ les vaiffeaux 6cc . En un mot il n’efl pas 

un feul endroit de l’animal dans lequel il ne trouve le moyen de pénétrer. 














SECTION PREMIÈRE. 

DEL'OSTÈOLOGIE. 


L ’Oftéologie eft la partie de l’anatomie qui traite des os. Relativement au cheval nous 
la nommons hippoftéologie, c’eft-à-dire, difcours fur les os du cheval. 

Elle peut fe divifer en oftéologie f èche , & en oftéologie fraîche. 

La première a pour objet les os dénués de la peau & des chairs ; la fécondé, les os frais 
dont on a confervé les ligamens, & fur lefquels on diftingue les--cartilages ; la partie qui 
traite des cartilages eft défignée fous le nom de chondrologie, ce fera le fujet de la deuxième 
feftion ; celle qui traite des ligamens eil: nommée fyndefmologie , elle fera l’objet de la troi- 
fiènie feélion. 

L’alTemblage l’arrangement des os frais ou fecs produifent le fquéléte , qui peut être 
naturel ou artificiel. On entend par fquéléte naturel, celui où les os tiennent encore par 
les ligamens frais ou delTéchés dont la nature s’eft fervie pour en faire la liaifon ; l’artificiel eft 

l’union des os au moyen de fil d’archal, de laiton, &c.il eft toujours formé d’os fecs & 

dépouillés de leurs ligamens. 

Les fquélétes diffèrent entr’eux en raifon de leur volume, de l’âge & du fexe de l’animal ; 
il y en a d’embryons de divers termes , de poulains , de chevaux, de jumens , plus ou 
moins âgés ; il y en a de complets auxquels il ne manque pas la plus petite partie , & d’in¬ 
complets qui fe trouvent dans les voiries & les campagnes. 

DIVISION DU SQUÉLÉTE. 


Le fquéléte artificiel fe divife en tête, en tronc, & en extrémités, (a) 
ï.° La tête fe divife en mâchoire fupérieure & en mâchoire inférieure. 

A proprement parler , on ne devroit entendre par mâchoire fupérieure , que les feules 
pièces dans lefquelles font enchaffées les dents d’en haut, & par mâchoire inférieure, que 
celle où l’on voit les dents d’en bas ; mais en anatomie, plus que dans toute autre fcience, 
on eft quelquefois obligé de prendre le tout pour la partie, afin de moins multiplier les termes, 
& d’être plus clair. On concevra donc que la mâchoire fupérieure fera généralement défi¬ 
gnée par le groupe d’os qui fe préfente d’abord à la tête du cheval. Il comprend le crâne 
& la face. 

Le crâne eft une boëte offeufe qui renferme le cerveau & le cervelet, fubftance connue 
vulgairement fous le nom de cervelle. Cette boëte eft compofée de douze os ; fçavoir, deux 
frontaux, deux pariétaux , un occipital, un fphénoïde, deux ethmoïdes , deux parties écail- 
leufes , & autant de pierreufes appartenantes aux deux os des tempes. 

La face eft compofée de dix-fept os, qui font les deux du nez, les deux du grand angle, 
les deux de la pommette , les deux maxillaires fupérieurs , les deux inférieurs, les deux du 
palais , les deux ptérygoïdiens , le vomer, & les cornets inférieurs des narines. 

Il eft facile de féparer la mâchoire inférieure en deux pièces dans les jeunes poulains ; 


(a ) Cette divifion eft fimp!e , naturelle , & par conféquent aifée à faifir : elle nous paroît préférable à l’ancienne qui pre- 
fentoit un avant-main, un corps & un arrière-main, & que nous n’avons pu, fans étonnement, voir adopter par M. Bourgelat, 
dans fes Elémens de tart vétérinaire. 


mais 













FT 


O? 'tj-* 

















































✓ 






l'I. K 























O s TÉ O L O GIE. 


5 


niais il n’eft pas poffible d’y réuflir, lorfque les chevaux ont atteint un certain âge ^ parce 
qu’elle eft alors formée d’une feule pièce. 

Châque mâchoire de cheval eft garnie de vingt dents. Les jlimens en ont trente-fix , 
tant à la fupérieure qu’à l’inférieure. On nomme brehaignes les jumens dans la bouche 
defquelles on trouve de petites dents appellées crochets. 

On trouve encore , entre les mâchoires , vers la racine de la langue , un os appellé hyoïde 
qui ne manque jamais d’être compofé de cinq pièces. 

IL” Le tronc fe divife en deux parties, l’épine, le thorax & le baffin. 

L’épine eft un aftèmblage de plufieurs pièces appellées vertèbres. Elles fe diftinguent en 
vraies & en fauftes. On en compte trente & une de vraies ; & pour l’ordinaire dix-huit ou 
dix-neuf de fauftes , en y comprenant l’os facrum. 

Parmi les vraies , il y en a fept qui appartiennent au col, elles fe nomment cervicales ; 
il y en a dix-huit pour le dos , elles font connues fous le nom de dorfales ; fix défignées foiis 
celui de lombaires, & enfin l’os facrum. 

Les trois ou quatre premières des fauftes vertèbres, qui fuivent l’os facrum , ont aftez de 
reftèmblance avec les vraies. Ces fauftes vertèbres font elles-mêmes fuivies de treize ou qua¬ 
torze autres moins régulières encore que les précédentes ; ce font elles qui forment la queue 
du cheval. 

Le thorax comprend le fternum , & les côtes lefquelles font au nombre de trente-fix -, 
dix-huit de chaque côté. Ainfi que les vertèbres, elles fe divifent en vraies & en fauftes. Ce 
qui diftingue les vraies , c’eft que leurs cartilages vont fe rendre immédiatement au fternum ; 
les cartilages, dans les fauftes , ne fe portent au fternum que par le moyen du cartilage de la 
dernière vraie côte avec lequel il s’allie. 

Le fternum eft formé d’une feule pièce dans les chevaux faits , & de cinq ou de fix dans les 
jeunes ; mais ces portions ofteufes fe trouvent intimement collées par un cartilage , ou bande 
cartilagineufe intermédiaire. 

Le baftin eft compofé de fix os , trois de chaque côté. On les apppelle iléon , ifchion & 
pubis ; ils font encore connus fous le nom d’os innominés. 

III.” Les extrémités font antérieures & poftérieures. 

Les extrémités antérieures ou les jambes de devant comprennent neuf parties ‘ fçavoir , 
l’épaule , le bras , l’avant - bras, le genou, le canon , le boulet, le paturon , la couronne 
le pied. 

L’épaule n’a pour pièce fondamentale qu’un feul os nomme omoplate ou paleron» 

Le bras n’a pareillement qu’une pièce , appellée l’humérus. 

Il s’en trouve deux à l’avant-bras qui font le radius & le cubitus. 

Le genou eft compofé de fept os , rangés par ordre 6c fur deux lignes : quatre dans la 
première y compris le feptième qui eft derrière &C hors de rang ; & trois dans la fécondé. 
Les trois os dont la première ligne eft formée font l’irrégulier, le triangulaire & le femilu- 
naire *, les trois de la fécondé fe nomment le grand cunéiforme , le trapézoïde , & le petit 
cunéiforme ; quant au feptième hors de'rang, on poUroit à la rigueur ne le confidérer que 
comme faifant partie du premier rang ou de la première ligne ; il eft inutile de lui donner 
d’autre nom que celui de crochu adopté par tous les auteurs qui ont traité de l’hippoftéo- 
logie. 

Le canon renferme trois os, le premier retient le nom de canon, les deux autres portent 
celui de ftyloïdes. 

Le boulet eft le réfultat de deux os appellés féfamoides, parce qu’ils ont la forme d’une 
graine de féfame. 

B 







6 


HIPPOTO MIE. 


La paturon n’a qu’un feul os nommé paturon. 

La couronne n’a aufli qu’un feul os appelle coronaire. 

Le pied eft formé de deux os , dont le premier eft connu fous le fimple nom d’os du 
du pied, & le fécond fous celui d’os de la noix, de la navette ou d’os articulaire. 

Les extrémités poftérieures comprennent aulïi huit parties de même que les antérieures ; 
ce font la CuilTe, le gralTet, la jambe, le jarret, le canon , le boulet, le paturon, la cou¬ 
ronne 6c le pied. Ces parties ralTemblées fe nomment la jambe, en prenant ici la partie pour 
le tout, fuivant l’ufage reçu. 

Un feul os appellé le fémur forme la cuifîe. 

Le graffet, ou la rotule , eft compofé par l’os qu’on nomme quarré. 

La jambe a deux os qui font le tibia 6c le péroné. 

Plufieurs picèes concourent à la formation du jarret ; fçavoir, l’os du jarret proprement 
dit, celui de la poulie , le grand 6c le petit feaphoïde, l’os difforme, 6c l’entrofleux ou 
interarticulaire. 

On compte trois os dans le canon ; celui qui retient le nom de canon, 6c deux autres 
appellés ftyloïdes de même qu’aux extrémités antérieures. 

On trouve dans le boulet deux os féfamoïdes ; dans le paturon , l’os du paturon; dans la 
couronne, l’os coronaire; dans le pied, l’os du pied proprement dit, 6c celui de la noix, ou 
de la navette, ou articulaire. 











O s T P. O T n n T c 



NOTIONS PRÉLIMINAIRES. 

GÉNÉRALITÈS SUR LES 0 5. 


A vant que d’entrer dans un plus grand detail fur les os, & d’en donner de chacun en 
particulier une defcription ample & exafte, il ell: ne'ceflàire de parler de plufieurs chofes 
qui les regardent tous, vus extérieurement, telles que leur volume , leur figure , leurs 
connexions, leurs cayirés, leur couleur , &c. 


CONFORMATION EXTERNE DES OS. 

nu VOLUME DES os. 

os font grands, moyens j ou petits. 

On confidère comme de grands os, ceux dont l’e'tendue, toute dimenfion prife, excède 
celle des autres ; comme moyens, ceux qui tiennent le milieu entre les premiers 6c les 
derniers ; les plus petits forment la troifième clalîè. 

Les os de l’avant-bras, de la cuifle, de la jambe , les côtes qui forment la partie moyenne 
du thorax, peuvent être regardes comme grands. 

L’os du canon, celui du paturon, les dernières côtes 6c quelques os du crâne, font mis 
âu nombre des moyens. 

. Les os du genou, du jarret, quelques-uns du crâne , 6c autres de même volume font 
rangés parmi les petits. 

DE L A F I G U R E DES OS. 

La figure des os dépend de leur forme , de leurs dimenfions, de leur étendue , de leur 
épaiffeur, de leur fymmétrie & de leurs irrégularités. C’eft pourquoi il y en a de ronds, de 
quarrés, de triangulaires , de cylindriques , de longs , d’épais , de minces, de plats ’ de 
réguliers 6c d’irréguliers , de pairs 6c d’impairs. 

On range dans la clafTe des os longs ceux de l’avant-bras , de la jambe 6c des côtes. 
L’omoplate eft du nombre des plats , minces 6c triangulaires. L’os féfamoïde eft placé parmi 
les réguliers 6c impairs , ainfi que l’occipital, l’ethmoïde, le vomer, la mâchoire inférieure, 
l’os hyoïde 6c les vertèbres , l’os facrum , les os de la queue 6c le fternum , en un mot 
tous ceux qui féparent verticalement le cheval en deux parties égales. Les irréguliers 6c 
pairs font la partie pierreufe des temporaux , quelques-uns des os du jarret 6c du genou. 
Les pairs font les frontaux , les pariétaux, les temporaux , les os du nez , ceux du grand 
angle 6c de la pommette , les maxillaires , les os du palais , les ptérygoidiens , les côtes, 
les os des îles , 6c ceux des extrémités tant antérieures que poftérieures. * 

Il y en a encore de propres 6c de communs. On donne le nom de propres à ceux qui 
forment une feule partie 6c lui font effentiels ; tels font l’occipital 6c les pariétaux. Les 
communs font ceux qui concourent avec d’autres à la formation d’une partie ; tels font les 
frontaux qui fervent avec d’autres â la charpente de la face. 

On remarque dans les os, principalement dans les longs, trois parties : i.° le corps 6c 
es deux extrémités qui peuvent fe trouver en devant, en arrière , en haut ou en bas ^ 6c 
qui par rapport à ces pohtions font appellées antérieures , poftérieures, fupérieures^ ou 









H I P P O T 0 M I E. 


inférieures; le corps comprend tout ce qui eft entre les deux extrémités : leurs faces qui 

p'euvent être en haut j en bas , devant, en arrière , fur les cotes , & qui prennent les noms 
de fupérieures , d’antérieures , de latérales: 3.^ leurs bords qui de meme que les faces font 
ou antérieurs ou poftérieurs, fupérieurs ou inférieurs , ou latéraux externes & internes : 
iorfque ces bords font traiichans , on leur donne le nom de cretes ; & celui d angles aigus ^ 
moulTes &c.s’ils fe terminent en pointes. 

Les os plats & larges ont auffi-bien leurs diftinaions que les longs. Leur milieu s’appelle 
arbitrairement centre ou partie moyenne ; le refte prend le nom de circonférence. On y 
obferve encore , i.'’ deux faces , une externe de une interne ; a.° des bords externes ou 
internes , fupérieurs ou inférieurs , antérieurs ou poftérieurs , ou latéraux ; 3.® des angles 
qui prennent ces mêmes dénominations. Les expreflions d’internes s’appliquent aux parties, 

aux faces , aux extrémités , aux bords, aux angles , &c.qui approchent le plus du 

point central du cheval ; les mots d’externes à ceux qui en font les plus éloignés. 

La même obfervation a lieu aufti-bien pour les parties que pour le tout : prenons pour 
exemple la tête ; ft l’on fait la diviflon du pariétal en deux faces ^ on fentira que 1 interne 
fera celle qui approchera le plus du cerveau , & que l’externe en fera la plus éloignée. Il 
eft inutile vouloir expliquer les termes fupérieurs , inférieurs , anterieurs , poftérieurs ; ils 
font entendus de tous ceux qui fçavent notre langue. 

DES ÉMINENCES DES OS. 

Parmi tous les os dont l’aftemblage forme la fquéléte, il n’y en a aucun qui ne préfente, 
fur fa furface ou à fes extrémités des inégalités plus ou moins fenfibles ; les anato- 
miftes les ont appellées éminences ; ils leur ont encore donné les noms d’apophyfes 6c 
d’épiphyfes. 

Uapophyfe eft une éminence ou prolongement de l’os ; comme elle en fait partie par 
continuité , elle ne fçaur^ eii*être réellement diftinguée. 

L’épiphyfe eft une partie féparée d’un os , mais qui lui eft unie 6c contiguë par le moyen 
d’un corps intermédiaire, nommé cartilage. On ne trouve guère d’épiphyfe qu’aux os des 
poulains 6c des jeunes chevaux : dans un âge plus avancé le cartilage intermédiaire s’oflîfie, 
6c ces trois parties n’en forment plus qu’une. S’il fe rencontre des épiphyfes dans les 
chevaux faits , ce n’eft , autant que j’ai pu l’obferver , qu’aux apophyfes épineufes des 
vertèbres du dos. On voit par-là que les épiphyfes deviennent infenftblement apophyfes, 
à mefiire que le cheval avance en âge. 

Les apophyfes tirent leurs noms différens de leur fituation , de leur figure , 6c de leur 
ufage. Par rapport à leur fituation , il y en a d’obliques, de tranfverfes, de fupérieures , d’in¬ 
férieures , de latérales , 6cc.Eu égard à leur figure , on les appelle maftoïdes , quand 

elles repréfentent un mammelon ; ftyloïdes , lorfqu’elles font en forme de ftylet ; épineufes, 
fi elles reflemblent à une épine ; odontoïdes ou dentiformes , fi elles approchent de la figure 
ou fi elles imitent la dureté d’une dent ; coronoïdes , lorfqu’elles paroiftent reflembler à une 
couronne ; éminences , fi elles s’élèvent fuperficiellement. Relativement à leur ufage , on 
nomme apophyfes nafales, celles qui font partie du nez ; articulaires, celles qui font fituees 
près des articulations : 011 leur donne le nom de trochanters , lorfqu’elles fervent d’attache 
à des mufcles dont l’aêlion opéré la rotation de certaines parties, telles que la cuifte. 

DES CAVITÉS DES OS. 

Je n’entends point parler ici des cavités formées à la fois par le concours des os, 6c des 
parties molles deftinées à loger les vifeères, telles que celles de la tête, de la poitrine ou 

du 








OSTÉ O LO GIE. 


9 


du bas-ventre , ou d’autres réfèrvées à d’autres ufages , telles que le nez , la bouche , & les 

oreilles, 6 cc -- Mon but eft de décrire les Cavités qui fervent aux articulations , avant que 

de faire mention des autres efpèces de cavités. 

Je diftingue les cavités des os en articulaires , & en non articulaires. J’appelle articulaires 
les déprefïions profondes ou fuperficielles qui fe trouvent au milieu ou aux extrémités de 
ces corps folides pouf recevoir les têtes, les tubérofités, les protubérances , ou éminences 
d’autres pièces tjui leur font homogènes , & établir par ce moyen ce qu’on nomme articu¬ 
lation. J’appelle non articulaires des cavités qui fe rencontrent dans l’étendue des os pour 
loger des parties molles quelconques. 

Je diftinguerai les cavités profondes d’avec les fuperficielles , par rapport à l’efpêce 
d’articulation qui en réfultera ; en effet les cavités profondes rendent les articulations plus 
folides ; elles le font beaucoup moins lorfque ces cavités font fuperficielles. Les premières 
font défignées fous le nom de cotyloïdes , & les fécondés par celui de glénoïdes , termes 
grecs adoptés par les anatomiftês. 

Comme les cavités peuvent encore tirer leurs différens noms de leurs ufages & de leurs 
figures , on les appellera foflès , fmus , finuofités , trous , canaux , échancrures , fentes, 
rainures, fciffures, & dentelures ; & l’on joindra quelquefois aces mots ceux de maxillaire, 
de longitudinal, d’orbitaire , d’épineux , de fphénoïdal, &c. 

La foffe défigne la cavité d’un os dont l’entrée eft plus large que le fond : le finiis, celle 
dont le fond eft plus large que l’entrée : la fmuofité eft une cavité oblongue en forme dé 
gouttière, pour donner paffage à des vaiffeaux, à des tendons , &c. : le trou , la courte 
perforation d’un os de part en part : le canal, une cavité dont l’entrée eft diftante de la fortie ; 
il eft à propos de remarquer que les orifices du trou & du canal ont une figure ronde : les^ 
échancrures font des efpèces de taillades qui pénétrent plus ou moins profondémen|t dans la 
fubftance des os, aux bords defquels elles fe rencontrent particulièrement : on donne le nom 
de fentes a de longues 6c étroites ouvertures qui féparent la*fubÉhnce d’un os en différens 
fens avec plus ou moins d’étendue ; celui de rainures , à H’oblongues 6c de très fuperficielles 
déprefïions qui fe diftinguent 6c prennent les noms de cannelure, à raifon de leur forme, 
de leur étendue 6c de leur profondeur. Quant à la fciffure , c’eft proprement la même chofe 
que rainure : ce terme femble n’avoir été adopté que pour varier les expreftions employées 
à décrire la multiplicité des rainures. On entend enfin par dentelures les cavités ou interftices 
qui repréfentent dans certains os les féparations qu’on voit entre les dents d’une fcie. 

D E L A C O U L E U R D E S O S. 

Les os des fquélétes diffèrent en couleur. Ceux qui ont été expofés à Pair font blancs. 
Les os des vieux chevaux font jaunes , ceux des poulains font rouges en certains endroits, 
6c blancs ou a peu près dans d’autres. 








TJ T TJ T) n T n M T 1? 



CONFORMATION INTERNE DES OS. 
DE LA SUBSTANCE DES OS. 


On ne fçauroit parvenir à s’inftruire de la conformation interne des os qù’on n’ait préa¬ 
lablement développé leur fubftance , d’où provient la différence de leurs cavités. 

Les os en général peuvent être confidérés comme un afîèmblage de fibres plus ou moins 
longues , mais fi intimement unies entr’elles , qu’il en réfulte les corps les plus folides de 
ceux qui compofent l’animal. ^ 

Les difierentes fubfiances , qui fe remarquent dans les os , ne proviennent que des diffé*» 
rentes manières dont les fibres ofleufes s’appliquent les unes contre les autres. 

On difiingue dans les os trois fortes de fubfianc^s , une compaéle , une cellulaire ou 
fpongieufe , & une réticulaire. 

La fubfiance compaéle efi la plus ferrée ^ la plus folide & la plus élafiique des trois ; c’eft 
elle qui fe voit à l’extérieur des os dans toute leur étendue. La cellulaire , ainfi que la 
réticulaire , fe trouve au-deflous de la compare. 

La fubfiance compare a été ainfi nommée , à caufe de fon extrême dureté ; la cellulaire, 
parce qu’elle efi remplie de cellules ; la réticulaire , parce qu’elle femble former un réfeau. 

On ne rencontre pas ces trois fubfiances dans tous les os. 11 en efi où l’on ne découvre 
que la compaéle, comme dans certains os du genou , & particulièrement du jarret. Dans 
d’autres on ne trouve que là cellulaire, tel efi le fiernum. Pour la réticulaire elle efi toujours 
afibciée avec la compare & la cellulaire. 

Il n’y a guère d’os longs , où l’on ne difiingue ces trois fubfiances. Les os plats n’en 
renferment que deux , la compare & la cellulaire. 

Les os du crâne en contiennent aufii une qui efi analogue à la cellulaire ; elle efi commu¬ 
nément défignée fous le nom de diploé. 

La fubfiance compafte, qui j comme nous l’avons obfervé , recouvre entièrement les os 
longs J & forme feule leur corps ou leur partie moyenne , s’amincit, & femble fe féparer 
en deux feuillets pour envelopper la fubfiance cellulaire , à niefure qu’elle s’approche des 
deux extrémités. Outre les fibrilles ^ on y difiingue des paquets de fibres de la texture 
defquelles il réfulte de petits filets, dans certains os ; des couches en forme de feuillets ou de 
lames, dans d’autres. Il efi très aifé de reconnoître ce tiflù filamenteux fur la furface des os 
qui ont été pendant long-temps expofés à l’air dans les campagnes ou dans les voiries. 11 y 
a quelques-os longs dans lefquels cette fubfiance fe trouve moins mutilée que dans d’autres j 
nous le ferons remarquer en parlant de ces os. 

La fubfiance cellulaire qu’on apperçoit aux extrémités des os longs & dans l’intérieur 
des os plats, entre les couches plus ou moins épaifiès dés lames formées par des fibres ofTeufes 
intimement appliquées les unes aux autres , n’efi qu’un prolongement de la compare , 
dont les- fibres s’écartent de manière qu’elles compofent de petites cellules où fe dépofe la 
fubfiance médullaire. 

La fubfiance réticulaire efi une portion de la compare & de la cellulaire , elle fe prolonge 
de telle forte qu’il en réfulte des pièces très folides , les unes cylindriques , les autres plates , 
qui comme autant de folives pofées longitudinalement, en travers & obliquement, à quelque 
difiance les unes des autres , fervent à foûtenir la partie la plus épaifle de la moelle, ou la 
moelle en maflè. 





O s T È 0 L 0 G I E, 


11 


DES CAVITÉS INTERNES D E S O S, 

On ^iftingue dans les os trois fortes de cavités * i p celle qui règne dans l’intérieur des 
os longs où eft renfermée la moelle proprement dite ; a.o celles qui fe voient aux eîtrrémités 
des mêmes os longs , & dans l’intérieur des plats, où eft dépofée la moelle qui a le moins 
de confiftance ; 3.° de petites, ou des pores ouverts, qui pénétrent la fubftance des os, ôc 
fe font jour de dehors en dedans. 

De toutes ces cavités , il n’y en a point dont l’ufage paroifle mériter plus d’attention que 
celle où eft logée la moelle en maflè ; cependant l’ufage des deux autres efpèces de cavités 
n’eft pas moins intéreflànt à connoître pour raifonner fur les différens phénomènes ou acci- 
dens dont les os font fufceptibles. 

DE LA CONNEXION D Ê S O S. 

On appelle connexion, l’union de différens ôs par le moyen des cartilages , des liga- 
mens ou des mufcles conjointement ou féparément. 

De ces trois fortes de connexions réfultent autant de différentes articulations. 

La première fe fait avec un mouvement très fenfible , la fécondé fans mouvement, la 
troifième avec ou fans mouvement. 

L’articulation avec mouvement très fenfible a été nommée diarthrolè par les Grecs , la 
fécondé fynarthrofe , & la troifième amphiarthrofe. 

La première de ces articulations n’a jamais lieu fans des cartilages intermédiaires, & lu 
mouvement qui s’y fait, s’exécute en tous fens, en devant, en arrière , fur les côtés & 
orbiculairement , comme on peut le voir dans l’articulation du bras avec l’épaule , de la 
cuifte avec les os du baflin, & même de là tête avec la première vertèbre du col. 

La fécondé permet feulement aux parties mobiles de fe porter en devant & en arriéré, 
c’eft le mouvement d’une charnière. Cette articulation eft nommée ginglyme; on le diftingue 
en ginglyme parfait & en ginglyme imparfait. Le parfait a lieu dans l’articulation du canon 
avec l’os du paturon , & dans celle de l’os du paturon avec l’os coronaire ; l’imparfait eft 
l’articulation du cubitus & du radius avec l’humérus. 

De la troifième efpèce d’articulation , nommée arthrodie par les Grecs, réfulte un mou¬ 
vement en couliffe ; c’eft celui d’un os qui gliffe fur un autre. On peut donner à cette 
dernière articulation le nom de planiforme ; elle fe voit dans celle des os du genou entr’eux, 
ainfi que dans celle du jarret, mais beaucoup mieux dans le frottement de la rotule fur le 
fémur. 

La diarthrofe renferme encore le mouvement de pivot qui eft un mouvement en tous 
fens ; tel eft celui de la première vertèbre fur la fécondé. 

La fynarthrofe, ou articulation fans mouvement, en comprend trois autres ; fçavoir, la 
future , l’harmonie & la gomphofe. 

L articulation immobile par future eft ainfi nomm,ée de fa reftemblance avec une couture 
dilaceree. Elle fe divife en vraie & en fauffe. La vraie eft celle dont les traces font fi 
apparentes , qu elles reprefentent des découpures de dents de fcie engrenées ; telle eft l’arti¬ 
culation ou la jonêlion des pariétaux entr’eux & avec l’occipital. La faulîe eft formée 
par des filions prolonges où s’engrennent des éminences ou lignes offeufes dont le diamètre 
faillant eft propre g les remplir. Des anatomiftes ont donné à cette efpèce d’articulation , 
le nom d’harmonie ; c’eft celle de l’os frontal avec les os du nez, de la partie écailleufe des 
temporaux avec le pariétal, &g . 

La gomphofe eft la troifième efpèce d’articulation fynarthrodiale dans laquelle l’os eft 





H I P P O T O M I E. _ 

tiichâflï, comme l’eft une cheville dans un trou ; c’eft ainfi que les dents font implantées 
clans les alvéoles. 

L’amphiarthrofe eft une troifième efpèce d’articulation qui tient de la diarthrofede la 
fÿnarthrofe ; de la diarthrofe , parce que l’os uni par cette articulation peut fe mouvoir; 
de la fynarthrofe , parce que le mouvement qui en refulte eft prefque imperceptible. Les 
os unis par cette connexion , que j’appellerai diarthro-fynarthrodiale , ne tiennent les uns 
aux autres que par un corps moyen ; la jonaion qui en réfulte prend le nom de fymphyfe, 
terme grec qui lignifie adhérence , reunion. 

Nous avons dit que les os étoient liés enfemble ou par des mufcles , ou par des cartilages, 
ou par des ligamens. La première de ces articulations fe nomme fymphyfe mufculaire ou 
charnue, & autrement fyfiàrcofe; la fécondé, cartilagineufe ou fynchondrofe j & la troifieme, 
ligamenteufe ou fyneurofe. Ces trois mots , qui font grecs, expriment les trois moyens 
dont nous venons de donner l’explication. 

La fyfîarcofe ou articulation charnue n’eft que coadjutrice de la fyneurofe ou articulation 
ligamenteufe j car il n’y a point d’os qui n’aient plus ou moins de ligamens pour les retenir 
en place. 


DE L’USAGE DES OS EN GÉNÉRAL. 

L Es os fervent de foûtien à toutes les autres parties du cheval. Ils forment, étant tous 
raffemblés, & chacun en fa place, une charpente harmonique qui facilite les différens 
exercices auxquels on le deftine j & ils fe prêtent, fuivant les circbnftances, a chacun des 
mouvemens auxquels on l’alFujetit. Les uns font la fonêlion de leviers, d’autres celle de roues, 
de reflbrts 6c de pivots : il y en a qui fervent de point d’appui pour l’exécution du mou¬ 
vement des autres, comme a élever, à abaifler, k porter à droite 6c à gauche , à volonté, 
les parties du corps, 6c le corps en entier d’un endroit à l’autre. Il en eft qui font l’office 
de meule pour broyer 6c moudre les alimens propres a la fubftance de l’animal, tels que les 
dents. D’autres fervent à former des cavités où font renfermés les vifcères pour les mettre 
à l’abri de toute léfion, faciliter la refpiration , 6c en défendre les organes , telles font les 
côtes. D’autres doivent être regardés comme autant de pièces de rapport néceffaires pour 
foutenir la charpente 6cla b^e du fquéléte ; d’autres enfin font la fonftion de poulies, tels 
font les os de la poulie. 



DES 









Mcheüe' dwvFh&cL, 






Cùau Fe^-ford Sculp. 












i>L. n. 



























-Si.:- "';''' ■ ' 



:f ■ 

V-.-rf', •!, _ _. . ' •; 

■& ' ' ' ■; ■ 







[ 


n T h n T n n T U 



ARTICLE PREMIER. 


DES os DE LA TÈTE. 

"jp A tete du cheval eft compofee, comme nous l’avons dit, de deux parties. L’une Te 
* ^ nomme mâchoire fuperieure , & l’autre mâchoire inférieure. / 

PARAGRAPHE PREMIER. 

DE LA MACHOIRE SUPÉRIEURE. 

La. mâchoire fupe'rieure fe divife en crâne & en face. 

D U C R A N É. 


Le crâne eft une boëte ofleufe forme'e de douze pièces unies intimement par fynârthrofe 
ou articulation fans mouvement. Chacune de ces pièces a un nom qui lui eft propre 
particulier. 

De 1 alTemblage de ces os s’élève une voûte folide de figure oblongue doiit la bàfe com¬ 
prend une cavité dans laquelle le cerveau fe trouve renfermé de manière à être préfervé de 
l’atteinte des corps ambians qui pourroient l’offenfer. On peut donner à cette voûte le nom 
de calotte du crâne, pour la diftingiier de fa bafe, en partie déprimée, & en partie faillante. 

Quelques-uns des os du crâne contribuent à former la face. Le crâne & la face unis 
enfemble figurent afièz bien un cône dont la bafe eft en haut, & la pointe en bas. 

Les os, qui compofent le crâne, font les deux frontaux, les deux pariétaux, les deux pièces 
ecailleufes des temporaux & leurs deux parties pierreufes , l’occipital, le fphénoïde , 6 c les 
deux ethmoïdes. 

Les frontaux , les pariétaux, 6c les pièces tant écâilleufes que pierreufes des temporaux, les 
ethmoïdes font des os pairs ; l’occipital & le fphénoïde font impairs. On confidère encore 
quelques-uns de ces os comme communs , 6c d’autres comme propres. Les communs 
font ceux qui contribuent à former le crâne 6c la face ; 6c les propres , ceux qui ne fervent 
qu’à la ftrufture du crâne. 

On diftingue au crâne fix régions : 

I. Le fommet ou la voûte commencée par la réunion des deux frontaux , 6c achevée 
par les deux pariétaux 6c par l’occipital. 


D 









H I F P 0 T 0 M I E, _ 

a." L’antérieure formée uniquement par les deux frontaux. 

La 3.^ & la 4.-® font les latérales qui réfultent de la jonélion des temporaux. 

La 5.® eft la poftérieure faite par l’occipital. 

La 6.® eft la bafe formée par les ethmoïdes , le fphénoïde , les temporaux & l’occipital. 

Par rapport à fes ufages , la bafe du crâne peut encore être partagée en trois portions, 
îelle qu’inférieure, fupérieure & moyenne. 

L’inférieure renferme le cerveau ; la fupérieure, le cervelet ; la moyenne, la moelle allongée. 

Ces régions principales en comprennent encore de particulières, qui pour la plufpart tirent 
leurs noms des os du crâne ; ce font, la frontale formée par les deux os frontaux ; les tem¬ 
porales , formées par les temporaux & l’os fphénoïde ; & enfin l’occipitale, formée par l’os 
du même nom. 

Par rapport à leur étendue , les régions temporales font encore divifées en articulaires 
êc en maftoïdiennes. Les articulaires font formées par les os pierreux ; les maftoïdiennes, par 
îa partie poftérielire de ces mêmes os , & par l’occipital. 

i.o DES FRONTAUX, 

Les frontaux font deux os pairs (a) fitués à la partie antérieure & prefque moyenne de 
h face. Confidérés féparément , ils font d’une forme irrégulière , mais unis enfemble ils 
refTemblent à une tortue. Examinés fous ce point de vue , on y remarquera quatre faces, une 
externe , deux latérales , & une interne. 

La face externe eft aflez polie , on y obferve des cavités. Les éminences font au nombre 
de trois , dont deux fituées aux parties latérales externes appellées apophyfes orbitaires 
concourant à former l’orbite ; Ôcla troifième fituée antérieurement appellée apophyfe nafale. Sur 
chaque apophyfe orbitaire on remarque un trou nommé fourcilier, ce n’eft pour l’ordinaire 
qu’une échancrure dans les jeunes poulains. Un peu plus bas vers le grand angle , on voit 
aflez fouvent de chaque côté, un autre trou bien moins confidérable accompagné d’une échan¬ 
crure. 

On apperçoit dans chaque face latérale deux prolongemens olTeux dont le plus confidé¬ 
rable eft fitué antérieurement, & l’autre poftérieurement ; celui-ci eft féparé par une échan¬ 
crure aflez forte pour fe joindre avec une des petites ailes de l’os fphénoïde. 

Derrière l’apophyfe orbitaire fe remarque une large échancrure concourant à former les 
falières. En avant de cette apophyfe fe voit une large fofTe formant une partie de l’orbite , 
6 c poftérieurement, une échancrure qui fait partie de la foflb temporale. 

La face interne du frontal eft inégale & rabotenfc. On y confidère deux faces de chaque 
côté ; la plus confidérable fert à loger un des lobes inférieurs du cerveau. On apperçoit dans 
cette foflTe une gouttière parfaite, laquelle donne attache le long de fes bords à la duplica- 
ture de la dure-mere qu’on appelle la faulx & qui eft produite par le finus longitudinal de 
cette membrane. On remarque au haut de cette gouttière une petite éminence faillante bifur- 
quée, laquelle va fe joindre avec l’apophyfe crijîa galli de l’os fphénoïde. On diftingue de 
plus aux parties latérales de cet os, & toujours intérieurement deux petites gouttières plus 
ou moins profondes pour l’attache des finus latéraux. L’autre folTe eft plus creufe, & fituée 
inférieurement ; elle retient le nom de finus frontal. Chaque finus eft borné , par fa partie 
latérale interne , d’une lame oflTeufe aflez unie qui empêche la communication avec fon 
congénère. 


{*) M. Bourgelat dans fes Elémens de l'ttrt vétérinaire , édit, de 1769 in- 8 °. pag. 23 lig. dern. dit que le frontal eft divifé en deux ' 
pièces dans le poulain. De-là il réfulte que ce n’efl; qu’un feul os dans le cheval adulte , où nous l’avons prefque toujours trouve 
divifé ; nous admettrons donc deux frontaux, 








OSTÉOLOGIE. 15 

Cet os efl; articulé par future, & en partie par harmonie , & ils le font entr’eux par la 
future longitudinale ; fupérieurement il s^articule avec les pariétaux par la future frontale ; 
inférieurement il fe joint avec les os du nez & les os du grand angle par la future tranf- 
verfale ; il eft uni latéralement avec les temporaux par la future zygomatique ; il l’eft avec 
les petites ailes du fphénoïde par deux futures écailleufes nommées futures fphénoïdales ; 
intérieurement il eft joint avec les os ethmoïdes par les futures ethmoïdales. Le frontal s’unit 
encore avec les lames qui compofent les finus fphenoïdauxw 

C’eft fur la face externe des finus frontaux que l’on doit appliquer la couronne de trépan 
dans la morve : cet endroit déclive favorife l’écoulement des humeurs ÔC des injeélions, 

a O des pariétaux. 

Les pariétaux font fitués au-delTus des frontaux, & forment la partie moyenne du crâne. 

Chaque pariétal confidéré féparément a la figure d’une coquille quarrée. On y remarque 
deux faces ; une externe , convexe , polie ; une interne , concave , inégale. Il y a par con- 
féquent quatre bords ^ & quatre angles : un bord fupérieur, un inférieur, & deux latéraux, 

On remarque au bord inférieur ou frontal une échancrure gréneufe pour fa jonétion avec 
l’os frontal ; deux angles, l’un qui va s’unir avec l’os occipital, & qui eft le plus épais des 
quatre ; l’autre, qui eft le plus mince, en forme d’écaille , fe joint avec l’os temporal : il y a 
pour l’ordinaire dans fon bord fagittal un trou qui donne paflage a des vaiftèaux. 

Dans la face interne de cet os , fe voient deux gouttières ; une qui eft a fon bord 
fagittal, plus ou moins apparente dans certains chevaux, pour recevoir la faulx; une autre 
dans l’angle qui s’unit avec l’occipital , pour loger la tente du cervelet (a). On apperçoit 
enfin plufieurs enfoncemens allez unis entr’eux pour loger les anfraéluofites du cerveau. 

Cet os eft un des plus réguliers du crâne , tant par fa figure , que par fon epailTeur. 

L’os pariétal eft joint avec fon femblable par la future fagittale, avec l’occipital par la future 
lambdoïde , avec l’os frontal par la future du même nom , avec les temporaux par la fu¬ 
ture fquammeufe ou écailleufe. 

Cet os eft le plus mince , & le plus expofé des os du crâne j il eft moins que les autres 
à l’abri des coups extérieurs. C’eft fur ces os feuls qu’il eft facile d’appliquer des couronnes de 
trépan. J’ai vu des cas où il a fallu y en appliquer jufqu’à quatre : il eft vrai que dans ces acci- 
dens on eft obligé de découvrir le mufcle crotaphite ; mais le danger eft de peu de confé- 
queiice , car lofs même que la fonêlion de ce mufcle feroit entièrement anéantie , le mufcle 
malTeter pourroit fuffifamment y fuppléer. Ainfi toutes les fois qu’il y a fraêlure aux parié¬ 
taux ou aux frontaux, l’on ne doit jamais héfiter de trépaner à côte de la fraêlure , pour 
élever enfuite les pièces enfoncées , comme on le dit à l’article du trépan. 

3.0 DES TEMPORAUX, 

Les os temporaux font quatre en nombre (h) ] ils font fitués à .la partie latérale du 
crâne, & formés de deux pièces ; l’une relTemble à une écaille, &C l’autre à une roche ou a 
une pierre irrégulière. On ne trouve jamais cette dernière pièce oftifiée ou reunie avec la 
partie écailleufe, même dans les vieux chevaux, & lorfque cela arrive, c’eft toujours la fuite 
de quelque accident. On peut ajouter que ce font les feuls os de la tête qui ne s’unilfent 
pas avec leurs voifins. 


{ 4 ) On ne trouve point d’apophyfe falciforme , à la partie fupétieure de cet os, comme a cru le remarquer M. Bourgelat, 
fag. 26 lig. 2. 

( b ) C’efl: une erreur que d’admettre feulement deux os temporaux, un de chaque cote, puifque la parue pierreufe eft 
conftamment féparée de l’écailleufe, même dans les plus vieux chevaux. Ainfi , nous ne fommes pas de l’opinion qu’adopte M. 
Bourgelat, fag. a8 , &c. 





i6 


H I P P 0 T 0 M I E, 


[À] DE LA PARTIE ÉCAILLEUSE. 

la partie écailleufe fe divife en deux faces, rime externe , l’autre interne. 

On remarque dans la face externe un prolongement confidérable , en forme d’S romaine^ 
âppellée apophyfe zygomatique , fur laquelle on en conlidère d’un côte une moindre 
nommee apophyfe orbitaire du temporal, & de l’autre un arrondilTement, formant par derrière 
une fmuofité appellée arcade zygomatique oii vient s’attacher en partie le mufcle crotaphite: 
inférieurement à cette apophyfe fe voient deux éminences , l’une plus en arriére défignée 
fous le nom d’apophyfe maftoïde, & l’autre plus allongée & cartilagineufe qui s’articule àvec 
la mâchoire inférieure. On apperçoit derrière cette apophyfe zygomatique , un petit corps 
prefque triangulaire à deux facettes féparées par une crête oii s’attache le mufcle crotaphite. 
On remarque , dans fon bord fupérieur, différentes échancfures qui, étant jointes avec les 
pariétaux , forment des trous pour le pafîàge de différens vaifîeaux. Le bord inférieur eft 
arrondi & tortueux , il fert d’attache à un tendon très fort. Enfin, outre cette pièce trian¬ 
gulaire & l’apophyfe maftoïde, on obferve encore une longue échancrure pour le conduit 
auditif offeux. 

La face interne de ces os eft un peu concâve. On y remarque plufieurs feuillets ou cré- 
nelures pour s’unir avec les pariétaux dans leur partie écailleufe , & enfin plufieurs inégali^ 
tés produites par celles du cerveau. 

Nous obferverons que l’apophyfe zygomatique, dont on vient de parler , eft fouvent 
expofée à être fraêîiurée, foit dans les fecouftes violentes que les chevaux fe donnent dans les 
maladies aiguës , foit par des coups de pied qu’ils reçoivent des autres. Cette fraêlure peüt 
avoir lieu , ou dans le corps de l’apophyfe, ou dans la partie cartilagineufe qui s’articule 
avec la mâchoire inférieure : dans le premier cas, fi la frafture eft complette , & qu’elle fe 
trouve en avant ou fur l’apophyfe orbitaire, il faut en faciliter la fuppuration promptement 
pour détacher ces portions d’os ; mais ‘il arrive quelquefois qile tous ces os fe réuniffent & 
qu’ils forment une exoftofe confidérable qui gêne l’articulation de la mâchoire inférieure vers 
fon apophyfe coronaire ; dans cette circonftance , il ne faut pas héfiter de fcier l’os : alors 
avec une petite fcie , telle qu’elle eft repréfentée dans la planche des inftrumens , on enleve 
depuis l’apophyfe coronoïde jufqu’à l’os de la pommette, & l’apophyfe orbitaire de l’os frontal. 
On fe comporte de même lorfqu’il y a complication , c’eft-à-dire , lorfque la fraêlure fe 
trouve dans l’une & l’autre partie. Il faut enfuite traiter la plaie avec les digeftifs fimples 
dans le commencement , tel que le jaune d’œuf mêlé avec la térébentine , puis employer les 
incarnatifs , & finir avec les defticcatifs que nous indiquerons en leur lieu. Cette opération 
fe pratique avec fuccès ; mais fi au contraire la partie articulaire de l’os temporal vient à être 
fraêlurée , dans ce cas la réunion ou l’ankylofe ne fe fait point avec la mâchoire , comme il- 
arrive aux autres articulations , le mouvement perpétuel de la mâchoire s’y oppofe ; mais il 
furvient pour l’ordinaire un dépôt fanieux qui forme une fiftule que le cheval porte toujours. 
On abandonne comme incurables ces fortes de maux , à moins qu’on ne veuille extirper 
toute l’apophyfe zygomatique , ce qui eft très faifable ; mais comme cette fiftule n’eft point 
dangereufe , je fuis d’avis de la laiftèr fubfifter. 

[B] DE DOS PIERREUX. 

L’os pierreux eft d’une figure alTez irrégulière refièmblant à un rocher, d’où lui eft venu 
fon nom : cependant on peut y confidérer quatre faces lefquelles fe terminent en pointe, 
& repréfentent un cône dont la bafe eft renverfée : ces faces font l’antérieure interne, la 
poftérieure, l’interne, & l’externe , elles font marquées par quatre lignes faillantes. 


La 







0 s T É 0 L O G I E. 


Il 

La face antérieure interne & la poftérieure n’ont rien de remarquable , attendu que la 
première, qui fe joint avec la partie écailleufe du temporal, & la fécondé qui s’unit avec 
les cornes de l’occipital, font adhérentes à l’un & l’autre de ces os par fymphyfe. 

Sur la face interne, on apperçoit une crête faillante concourant à former le bord antérieur 
qui donne attache à la tente du cervelet. On y remarque une fofTe féparée en trois par le 
moyen d’une petite ligne faillante en forme de triangle, au bout duquel fe voit un conduit 
qui va fe rendre dans le corps de la roche. On y voit encore plufieurs inégalités qui font 
produites par les anfraêluofités du cerveau. 

Des trois éminences qui fe découvrent dans la face externe, la plus apparente eft creiifée 
dans fon épaifleur ; c’eft ce que l’on appelle trou auditif: la deuxième eft fituée au-deflbus, 
& fe trouve cachée par la; partie écailleufe du temporal : la troifième eft derrière le bord 
arrondi que l’on vient de décrire. 

La partie écailleufe , qui va s’unir avec les cornes de l’occipital , forme avec le trou 
auditif une échancrure pour recevoir la portion écailleufe du temporal. 

A la bafe de cet os extérieurement, eft le corps de l’os qui eft plus uni & plus poli que 
le refte : plus , deux apophyfes , l’une fituée fupérieiirement , arrondie , & nommée 
àpophyfe cylindrique ; l’autre , qui eft inférieure , s’appelle apophyfe ftyloïde. 

Ces os , mais principalement la partie écailleufe , font unis avec tous les os du crâne , 
excepté l’ethmoïde. 

4 .- DE r O C C I P IT A L. 

L’occipital eft litué à la partie poftérieure du crâne. Il eft compofé de cinq pièces dans 
les embryons ; de trois , dans les jeunes poulains ; ÔC d’un feul , dans les chevaux de 
trois à quatre ans. 

Pour mettre plus d’ordre &d’exaélitude dans la defcription de cet os, nous le diviferons 
en trois parties ; fçavoir, antérieure , fupérieure ou moyenne , &: poftérieure. 

L’antérieure ainfi nommée, parce qu’elle eft en devant du crâne , eft une portion 
ordinairement triangulaire qui s’enclave par engrainure entre les os pariétaux. Sa face 
externe eft polie ; fa face interne eft inégale , 6c forme une éminence qui a trois faces 
un peu caves : une inférieure pour recevoir la partie moyenne du cervelet ; les deux autres 
font latérales, 6c fervent à loger les deux lobes fupérieurs du cerveau : ces trois faces donnent 
attache à la faulx , latéralement à la tente du cervelet. 

La partie fupéfieure eft fituée au fommet de la tête , 6c forme en partie le devant de 
la face 6c le derrière du crâne. Sa figure reffemble à une calotte. La partie , qui regarde 
la face, n’a rien de remarquable. Celle qui forme le derrière du crâne, préfente deux facette$ 
féparées par , une crête en forme d’arçade : elles donnent attache au ligament cervical. Cette 
portion eft très fujette à être cariée dans les maladies de taupe : elle eft encore expofée 
à être fraêlurée par des chûtes en arrière , lorfque le cheval tire fur fa longe , ou qu’il a 
reçu un coup de pied. Je n’ai vu qu’un feul exemple de guérifon après cet accident dans un 
cheval appartenant à monfieur Dupin de Francueil , receveur général des finances. Tout 
l’occipital avoit été cafle , ce qui formoit un trépan naturel ; j’enlevai toutes les pièces 
fraêlurées , 6c ne mis pour tout appareil que des comprefles trempées dans l’eau. 

La face interne préfente trois enfoncemens remarquables produits par les lobes du cervelet ; 
le plus confidérable de ces enfoncemens eft dans le milieu. 

La troifième partie de cet os eft fituée poftérieurement 6c inférieurement au crâne : il 
à la forme d’une tête de bœuf avec fes cornes. On y confidère cinq apophyfes ; deux de 
chaque côté , 6c une dans fa bafe : cette dernière eft la plus confidérable 6c s’appelle. 

E 







i8 


H I P P 0 T O M 1 E. 


apophyfe ciuiéïforme. Les quatre autres font internes 6c externes. Les internes (ont 
arrondies, unies 6c enduites d’un cartilage pour s’articuler avec la première vertèbre du col : 
on nomme ces apophyfes, condyles, à raifon de leur figure. Les externes font allongées ôc 
recourbées ; elles s’appellent les cornes de l’occipital (a). 

On apperçoit dans cet os trois trous ; le plus confidérable eft pour le pa%e de la 
moelle allongée ; il eft connu fous le nom de trou occipital. Les deux autres font fitués 
derrière les condyles , & font appellés trous condyloïdiens. 

Cet os eft articulé avec le fphénoïde par l’apophyfe cunéiforme ; avec les pariétaux, par 
la future lambdoïde ; avec les temporaux, par leurs parties pierreufes. 

5 .“ DE DOS sphénoïde OU BASILAIRE, 

On a donné à cet os le nom de fphénoïde d’un mot grec qui fignifie coin , ou parce 
qu’il a paru en avoir la figure , ou parce qu’il eft enclavé entre les autres os comme un 
coin : quant au nom de bafilaire, il lui vient de ce qu’il eft placé à la bafe du crâne. II 
eft fouvent compofé de deux pièces dans les jeunes poulains. En le confidérant felom fa 
bafe , il a l’air d’une chauve-fouHs dont les ailes font étendues : vu dans un autre fens, 
il a la figure d’une felle à monter à cheval. 

Les deux pièces de cet os prifes enfemblo, préfentent deux faces : l’une interne, concave ; 

l’autre externe , convexe. ^ 

Dans la face interne fe remarquent fix apophyfes , dont deux de chaque côté, & deux 
qui partagent verticalement cet os. Les deux premières font fituées antérieurement , & fe 
nomment les grandes ailes ou apophyfes orbitaires : les deux placées en arrière portent le 
nom de petites ailes ou apophyfes temporales ; des deux autres, la plus remarquable eft fituee 
en avant,, & fepréfente le col & la tête d’une chauve-fouris ; elle fe nomme apophyfe 
crifia gain (^) , laquelle fait conftamment partie de l’os ethmoïde daqs l’homme, & eft 
toujours jointe à l’os fphénoïde dans le poulain ; car dans l’embryon elle fe trouve quelquefois 
féparée. La fécondé apophyfe eft nommée apophyfe cunéiforme de l’os fphénoïde : on y 
remarque fix trous , & fix échancrures. Les deux premiers trous font fitués entre les deux 
grandes ailes, & s’appellent trous optiques, parce qu’ils laifient païTer les cordons ou nerfs 
optiques. Les quatre autres font fitués inférieurement à ceux-ci , entre les petites ailes ; ils 
portent les noms de trous orbitaires, & donnent paftage à des cordons de nerfs ophthalmiques. 

A l’égard des fix échancrures, deux font fituées antérieurement, & féparées par l’apophyfe 
crijla gain y pour loger les os ethmoïdes ; deux: entre les grandes ailes ôcles petites , pour 
recevoir les parties écailleufes des temporaux ; & deux poftérieurement, lefquelles concourent 
à former, avec l’os occipital , les trous déchirés. 

Dans la face externe on confidère trois apophyfes , dont deux font allongées ; on les 
nomme apophyfes ptérygoïdes : la troifième eft l’apophyfe cunéiforme beaucoup plus fenfible 
dans cette face. A la racine des apophyfes ptérygoïdes fe voit un trou y nommé trou 
ptérygoïdien qui ouvre un paftage à des vaifteaux fanguins. Au devant de ces apophyfes 
fe trouve la fortie des trous optiques. Un peu inférieurement font deux grands trous de 
chaque côté, qui quelquefois n’en forment qu’un, parce qu’ils font un. peu féparés par une 
petite lame olTeufe ; ces trous font ovales , &c retiennent cette épithète. En devant de cet 


{ 4 ) M. Bourgelat, fag. z 6 , les nomme apophyfes ftyloïdes; cependant, il nous a paru qu’elles n’avoienc aucune relTemblance 

avec^un %Iet, ^ fg gue parle M. Bourgelat, lorfqu’il dit, 31, que le fphénoïde dans le cheval adulte ett 

uni à l’ethraoide. Cette union intime nous a femblé imaginaire. L’apuphyfe crifta n’appartient point a l’phmoide , mais au 

fphénpïde > ce fçavanc hippotomilte n’a pas le dmt de l’en féparer. Il nen elt pas du cheval comme de l’homme. 







Fl. VU. 
















Fl. VU. 







1 '. 









OSTÉOLOGIE. 19 

os fe remarquent deux grandes cavités féparées par une eloifon ofTeufe nommée folTe 
fphénoïdale. Enfin, l’on apperçoit fur l’apophyfe erifta galli deux gouttières percées d’une 
infinité de petits trous qui communiquent dans le crâne pour donner pafTage aux nerfs 
olfadifs : ces gouttières font féparées par une lame olTeufe , plus ou moins grande , fur 
laquelle vient s’unir la eloifon cartilagineufe du vomer ; eloifon qui s’olfifie prefque en totalité 

par l’âge. , ., 

Cet os eft articulé avec tous les os du crâne , excepté les pariétaux. 

6.^ D E S O S E T H M O I D E S. 

Les os ethmoïdes (a) font deux en nombre fitués intérieurement, à la partie antérieure 
du crâne , mais féparés par la eloifon cartilagineufe du nez : ils pourroient être regardés 
comme les cornets fupérieurs puifqu’ils font partie des cornets qui font adjiérens aux os 
du nezi 

Chaque os etbmoïde a une figure irrégulière : cependant on y confidère deux faces ; une 
convexe, regardant la eloifon du nez; & une concave, regardant les finus frontaux. On y 
remarque d’un côté des duplicatures tournées vers le crâne ; de l’autre côté , d’autres dupli- 
catures moins marquées dont le bord fupérieur forme une demi-gouttière qui, fe continuant 
avec les cornets des os du nez , fert à loger l’expanfion latérale de la eloifon du nez. 

A la face qui regarde les finus frontaux, on découvre deux fofles féparées par un 
mamelon arrondi, & une petite lame olfeufe.. L’une de ces fofles concourt à former les 
finus frontaux ; l’autre à former la cavité du cornet fupérieur du nez. 

Cet os eft joint avec l’os fphénoïde inférieurement, avec l’os frontal fupérieurement, 
avec l’os du grand angle latéralement. 

Dans la morve, ces os fe trouvent remplis de matière purulenté ; ce qui n’arrive cependant 
que dans la morve invétérée, & dans le cas où il n’y a nulle probabilité que le cheval puifle 
guérir , attendu qu’il n’y a point de communication de ce cornet en dedans des foflès 
nafales, & qu’il préfente un cul-de-fac dont l’entrée, & par conféquent la fortie, fe déchargent 
dans le finus maxillaire vers la dernière dent molaire au deflbus du finus frontal. 

D E L A F A C E. 

La face eft compofée de dix-fept os, que l’on divife pareillement en pairs & en impairs. 

Les pairs font les os du nez , les os du grand angle, les os de la pommette, les os 
maxillaires fupérieurs , les os maxillaires inférieurs , les os palatins , les os ptérygoïdiens , 
& les cornets inférieurs du nez. 

L’impair fe nomme vomer. 

1^ D E S O S D U N E Z. 

La fituation des os du nez eft alTez connue. Chaque os, pris féparément, a une figure 
pyramidale dont la bafe règarde les frontaux. On y confidère deux faces, une externe & une 
interne. 

L’externe eft lifle & polie pour l’ordinaire ; on la trouve pourtant un peu enfoncée , 
quoique dans la belle nature cet os foit élevé , & forme des têtes que l’on appelle 
moutonnées, ou bufquées. 


{a ) M. Bourgelat, 35 , n’en fait qu’un feul os : mais la difleûion démontre qu’il y a réellement Jeux os ethinoïdes, 

Gonftamment féparés par la eloifon du nez , que ce célèbre auteur fait tenir à l’es ethmoïde co.KJtne en faifant partie. 







H I P P 0 T 0 M I E. 


io 

La face interne eft en partie concave & inégale. . , 

Cet os , bien que pyramidal , eft plus étroit dans fa partie moyenne. Il préfente 
extérieürement trois bords ; un fupérieur, qui eft fillonne 6c arrondi j un latéral, regardant 
fon congénère, qui eft le plus épais des trois*, & qui eft un peu grenu j un inférieur, 
©ppofé à celui-ci , qui eft fquammeux & échancré. 

Dans la face interne fe voit une prolongation du même os , formant ce que l’on appelle 
le cornet fupérieur du nez (^) , 6c formant une fofte aftez remarquable qui bouche toute 
communication avec l’os ethmoïde, 6c la cavité formée par cette même portion de cornet 
qui s’apperçoic en ouvrant les narines : au deftbus de ce cornet fe voit, dans toute fa 
longueur , une gouttière deftinée à loger le repli de la cloifon cartilagineufe du nez. Tout ce 
que l’on remarque de plus , ce font de longues cannelures qui s’articulent avec Tes filions de 
Vos frontal. * 

^Ces os font joints fupérieurement, avec Pos frontal ; antérieurement, entr’eux ; inférieu¬ 
rement , avec les os maxillaires fupérieurs. 

C’eft fur les os du nez que l’on voit trop fouvent des palfreniers, 6c même des maréchaux 
frapper les chevaux. Cette pratique eft très dangereufe , puifqu’il en réfiilte une fraêlure ou 
une commotion fi confidérable que la membrane pituitaire en eft affeîftée : ce que l’on 
recoiinoît par une grofteur qui furvient quelques jours après fous la ganache; figue qui 
annonce fouvent les premiers fymptomes de la morve. Si quelque temps après , à la fuite 
de, ces coups imprudemment donnés, le cheval vient à jetter, il faut le trépaner fuivant ma 
méthode fur le finus maxillaire , 6c y injeêler* de l’eau tiede. Ce moyen feul eft fuffifant 
pour en obtenir la guérifon. . 

a.'’ DES OS DU GRAND AJSfGLE OU OS ANGULAIRES. 

Ces os font ainfi nommés à caufe de leur pofition , 6c à caufe de leur forme (b'). 

On confidère , dans chacun de ce§ os , trois faces ; une externe , une orbitaire, une 
interne. ■ r 

Sur le bord orbitaire de la face externe, eft une échancrure où vient s’attacher le mufcle 
orbiculaire des paupières. On y remarque aufti un trou fitué au deftùs qui quelquefois 
manque. Un peu plus bas fe trouve une petite inégalité donnant attache au mufcle releveur 
de la lèvre fupérieure. 

On découvre dans la face orbitaire une lame olTeufe angulaire formant en partie l’orbite, 
6c un conduit aftez confdérable qui eft le commencement du canal nafal. 

' Dans k face interne fe voient deux petites foftes féparées par une petite éminence allongée 
6c arrondie ; ce n’eft rien autre chofe que le conduit ou canal lacrymal qüi fe porte dé 
haut en bas en s’aminciftant vers l’os maxillaire : pour lors il devient membraneux 6c va 
fe terminer par une petite ouverture au bord de la narine. C’eft par ce canal que s’écoulent 
les larmes. On peut juger , par l’humeur qui en fort, fi un cheval eft morveux, lorfque 
te mal eft invétéré. En effet, j’ai obfervé que, toutes les fois que le finus maxillaire ou le 
cornet fupérieur du nez étoient pleins , la matière refluoit par le canal nafal, 6c forroit 
par le grand angle ; c’eft ce qui m’a fait tenter d’injeêler par ce conduit ; les liqueurs , qui:, 
fortent ou s’écoulent par le nez , entraînant avec elles* beaucoup d’humeur purulente. 

- Cet os eft joint avec l’os du nez , l’os frontal , l’os de la pommette , T’os maxillaire , 
l’os ethmoïde. • 


,{4.) Partie eflentielle dont il eft étonnant que M, Bourgelat ne fafîe aucune mention , quoiqu’on né l’ai: jamais vu' manqper 

Sans aucun lu jet. ' . . . ; : ^ j 

{b) Ils'lie font point qùarrés', comme lé dit M. Bourgelat, 3.^. ' \ ■ 

3 ‘ 












ÛSTÉOLO G IE. ai 


DE S OS DELA POMMETTE. 

Les os de la pommette occupent la partie inférieure de Porbite. Chaque os approche 
d’une figure oblongue. La partie de cet os , qui s’articule avec l’os du grand angle, eft très 
large, & forme un, bord mince: la partie oppofèe eft très allongée & pointue; elle 
s’articule avec l’os temporal. 

Cet os préfente trois faces ; une externe, concave & unie ; une interne, fillonnée & 
inégale dans fon étendue , & s’unifTant avec le maxillaire fupérieur ; & une orbitaire 

formant une efpéce de croilTant. ^ 

On remarque, à la partie inférieure de cet os, une ligne faillante dans toute fon étendue 

pour donner attache au mufcle maffeter. 

Cet os eft joint avec l’os du grand angle , l’os fphénoïdal, le maxillaire fupérieur , & 
l’os temporal par l’apophyfe zygomatique. 

4.0 DES OS MAXILLAIRES SUPÉRIEURS OU POSTÉRIEURS. 

Les os maxillaires fupérieurs font les plus gros de cette mâchoire : ils font fitués aux 
parties latérales. Leur figure eft aftez irrégulière. 

Chaque os fe divife en deux faces ; une externe, convexe , en partie unie ; 6c l’autre 
interne, concave, inégale. 

On remarque à la face externe deux prolongemens auX deux extrémités , dont l’un fe 
joint avec le maxillaire inférieur, 6c l’autre avec l’os de la pommette qui s’étend depuis la 
partie moyenne de cet os jufqu’au bout, 6c donne attache au mufcle mafteter. 

La partie inférieure de cet os préfente différentes inégalités qui paroiffent plus dans 
certains cheVaux que dans d’autres : elles font formées par la pulfion des racines des dents, 
ce dont on s’apperçoit communément dans les jeunes poulains. 

Au-deffus dans la partie moyenne de cet os , on découvre un conduit confidérable qui 
donne paflage à un gros nerf venant de la cinquième paire. 

On confidère dans cet os deux bords ; l’un fupérieur très, mince, affez fouvent compofé 
de deux lames , 6c l’autre inférieur affez épais , percé pour l’ordinaire de fix trous , 6c 
quelquefois de fept ou huit appellés alvéoles , dont l’ufage eft de loger les dents molaires 
ou mâchelières. Il y a encore une échancrure au-deffous de fon prolongement fupérieur qui, 
étant réuni avec le fphénoïde, forme le commencement du conduit maxillaire dont on a 
parlé ci-deffus. 

On obferve dans la face interne une crête offeufe qui forme la plus grande partie du 
palais, elle fe nomme crête palatine ; une gouttière au bout de laquelle eft une échancrure qui, 
étant jointe avec les os du palais, forme le trou palatin poftérieur : il y a encore derrière 
ceux-ci deux petits trous qui cependant manquent quelquefois : on y remarque aufii une 
foffè affez grande qui, étant unie avec fa congénère , forme une cavité très grande pour 
loger les cornets du nez que l’on divife en fupérieurs 6c en inférieurs. 

Les fupérieurs ont été décrits en parlant des os du nez : on parlera des inferieurs ci-apres. 

Supérieurement dans la même face , on apperçoit un fort enfoncement qui, en s’uniftànc 
avec le cornet inférieur, forme une cavité que l’on appelle finus maxillaires : ces finus 
manquent dans les poulains ; ils n’exiftent que dans les chevaux. Ce que l’on peut obferver 
dans le premier de ces finus, n’eft autre chofe qu’une cavité formée par le concours des 
cornets inférieurs (a). 


i a ) C’eft dans les finus maxillaires , dit M. Bourgelat, 38 que fe filtre & fe de'pofe mejarûe depmmeur muqueufe , jufqtC\ 

(e que le cheval en s’ébrouant l’oblige de fortir par la force cf i’impulfm de l’air. Cette aflertion me paroît bazardée lair , qui entre dans 






HIPPOTOMIE. 


Les os maxillaires font unis aux os du nez, à ceux du grand angle &.de la pommette, 
aux maxillaires inférieurs, par harmonie, & entr’eux par engrenure (a). 

5.» DES OS MAXILLAIRES INFÉRIEURS OU ANTÉRIEURS. 

Les os maxillaires inférieurs (b) font fitués à la partie inférieure de la face & s’unifTenc 
avec les précédens. Lorfque ces os font joints enfemble , ils repréfentent aflèz bien une 

charme armée de fon foc. ^ 

Chaque os peut être divifé en deux portions , l’une fupérieure , l’autre inférieure. 

Celle-ci eft beaucoup plus grofle que la première : 011 y remarque trois alvéoles pour 
loger les dents incifives ; un enfoncement pour la membrane du palais ; une échancrure 
qui, étant unie avec fa pareille, forme un trou qui donne paffage à des vailTeaux; une petite 
lame ofTeufe à trois quarts, qui relTemble à une lame d’épée & qui forme, entr’elle & fon 
corps, une fente nommée palatine par laquelle paflent une prolongation de la cloifon carti- 
lagiileufe du nez &c une artère nommée palatiiie. 

Dans la partie prefque moyenne de cet os fe voit une échancrure qui, étant jointe avec 
le maxillaire fupérieur, forme un alvéole pour loger le crochet. 

La partie fupérieure s’unit avec les maxillaires fupérieurs par engrenure dans certains 
fujets, & par écailles dans d’autres. 

6.0 D E S OS P A L A T I N S. 

Ces os font fitués a la partie poftérieure du palais ,■ & fupérieure des folTes nafales. 
Leur figure approche de celle du chevalet d’un violon. Cet os étant examiné dans la fituation 
qui lui eft propre , on y apperçoit antérieurement , relativement à la bouche , une demie 
arcade aftèz lifte qui , étant jointe avec fa congénère, forme une arcade parfaite ; deux 
éminences à fon extrémité pour l’attache du voile palatin ; plufieurs trous le long de fon 
corps, dont un confidérable appellé trou palatin poftérieur qui ouvre un paftàge à des vaifleaux 
fanguins ; &C de plus une large cavité formant le finus palatin lequel n’exifte que dans les 
chevaux. 

Cet os eft joint avec les os maxillaires, avec le fphénoïde, les cornets du nez, l’ethmoïdt, 
& le vomer (c). 

7.» DES OS PTÉRYGOIDIENS. 

Les os ptérygoïdens (cî) font deux^ petits os en forme d’arc ou d’S mal tourné , fitués 
entre les os palatins & le vomer. Ils font applatis dans route leur étendue. 

On y confidêre deux extrémités ; l’une qui eft pointue & mince , & qui s’étend fur l’os 
fphénoïde ; l’autre eft un peu arrondie, & donne attache à un anneau cartilagineux à travers 


les poumons & qui en fort, ne peut nullement évacuer la matière contenue dans ces finus, puifqu’ils font placés hors de la route que 
fuit la colonne aerienne , & par conféquent à l’abri de fes efforts. Cela eft fi vrai qu’à l’ouverture de plufieurs chevaux les finus fe 
trouvent remplis d’une matière épaiffe, blanchâtre & caftèufe. 

M.^ Bourgelat au même endroit fait une diftinélion des chevaux morveux d’avec ceux qui jettent ,• lorfqu’il s’exprime ainfi : ces - 
finus étant plus ou moins remplis de mucoftté dans les chevaux morveux & dans ceux qui jettent. Cette diftindlion n’eft pas encore exaûe i 
car , ces finus ne font remplis , que dans la morve. 

( a ) Ces os, fuivant M, Bourgelat, font unis par fymphyfe ,36. Nous ofons affurer, d’après nos remarques, qu’il n’y a 
point ici d’union par fymphyfe ; & s’il y en avqit une, ce ne feroit que dans la jonftion du fphénoïde avec l’occipital par l’apophyfe 

cunéiforme ,& feulenient dans les jeunes poulains : mais cette union par fyrophyfe eft gratuite. ' ^ 

_ ( & ) M. Bourgelat ne diftingue point ces os d’avec les maxillaires fupérieurs. Car, quoiqu’ils foiént toujours féparés, des deux 
il n’en fait qu’un feul. ^ 

( e ] iM. Bourgelat , pa^. 38 & 39 confond l’os palatin avec le ptérygoïdien. 

{ d ) Le même hippotomifte, 32 confond cet os avec l’apophyfe ptérygoïde de l’os fphénoïde. 11 eft cependant très 

Certain que cet os eft toujours féparé des autres , Si. qu’il ne s’unit avec l’os fphénoïde que quand les autres os de la tête fe joignent 
cntr’eux. . . . 






O STÉOLOGIE. 


^3 


lequel palTe le tendon du ftylo-ptérygo-vélo-palatin. Dans plufieurs chevaux on découvre 
à cette extrémité une échancrure qui concourt à la formation de l’anneau. 

DES CORNETS INFÉRIEURS DU NEZ. 

Les cornets du nez font au nombre de deux ; car les fupérieurs {a) font partie des os dii 
nez , & n’en doivent pas être féparés. Ceux-ci, c’efl-à-dire les inférieurs font de petites 
lames très minces , tranfparentes, repliées fur elles-mêmes. Ils font fitués dans la fofîè 
maxillaire fupérieure. Ils font arrondis extérieurement, la partie qui regarde la cloifon ne 
lailTànt aucune ouverture de ce côté ; mais ils font ouverts du côté du finus maxillaire 
avec lequel ils ont communication, fans en avoir aucune autre d’ailleurs. La partie inférieure 
de ce cornet fe prolonge , devient membraneufe, & forme par cette partie un cul-de-faG 
dont l’entrée eft du côté du repli des narines. 

9.0 D U V P M E r: 

Le vomer eft le plus long des os de la mâchoire fupérieure. Il eft fitüé întérieurement 
dans les folles nafales, & partage verticalement les os de la face en deux parties égales. Le 
nom qu’il porte fembleroit faire croire qu’il a la figure d’un foc de charrue , exprimé en 
latin par le mot vomer ; cependant il reflemble bien plus exaêlement à une fonde cannelée. 
Sa partie fupérieure eft beaucoup plus large que l’inférieure, eft taillée en croifiant, & 
recouvre une partie du corps de l’os fphénoïde. La partie , qui regarde l’arriêre-bouche , eft 
tranchante dans certains chevaux, & arrondie dans d’autres ; celle qui regarde les palatins 
de l’os maxillaire fupérieur, Ou qui s’unit avec eux , eft un peu cave. 

L’ufage de cet os eft de loger la lame cartilagineufe qui partage les fofies nafales en deux. 

Il fe joint avec la fphénoïde , les os maxillaires fupérieurs , les os palatins , les os 
ptérygoidiens , & l’os ethmoïde. 

PARAGRAPHE IL 

DE LA MACHOIRE INFÉRIEURE OU ANTÉRIEURE. 

La mâchoire inférieure eft compofée de deux pièces dans les jeunes poulains , & d’une 
feule dans les jeunes chevaux. Vue poftérieurement on la divife en trois parties; fcavoir 
une antérieure ou inférieure, & deux poftérieures ou fupérieures. 

On remarque, dans la partie inférieure, une crête & une rainure pour l’attache de plufieurs 
mufcles ; trois trous, dont l’un eft fitué à la partie moyenne & fe nomme mentonnier, & 
deux autres aux parties latérales , par lefquels paftènt une artère , une veine & un nerf ; fix 
cavités plus ou moins profondes , à raifon de l’âge, on les nomme alvéoles ; elles font 
deftinees a recevoir les dents incifives ; on voit deux autres cavités placées un peu en arrière 
pour loger les crochets dans les chevaux & dans les jumens bréhaignes. 

En s écartant , cet os s’élargit, & forme les deux branches que nous avons appellée? lâ 
partie fuperieure. A chaque extrémité fe remarquent deux apophyfes principales , dont l’une 
eft plate & nommee coronoïde ; & l’autre, fituée poftérieurement à celle-ci, eft arrondie 
& s appelle condyle ; cette eminence eft enduite d’un cartilage, 6c eft moins élevée que la 


^ W 39 compte quatre cornets. Les difledioDS multipliées, qu’il a faites depuis vingt ans, auroient cenendanc 

Pthm ny en a que deux : car dire que le premier forme la paroi du fnus zygomatique, c’efl; confondre l’os 

elt neanmoins d un tiers plus grand dans le fens fous lequel il femble l’envifager. ^ P ’ } ^ 






H 


H I P P O T OMI E. 


préc^aence: Ces deuK éminences forment cet ■ 

Is fur la mâchoire fupérieure. On confidère au refte de chaque branche deux faces , une 
externe & une interne ; deux bords , un fuperieur & un in ciieur. ^ ^ ^ 

Tout ce que l’on obferve fur la face externe , ce font de legeres inégalités , ou vient 

s’attacher le mufcle mafleter. j /r ,.o J , j i 

L’interne au contraire eft un peu cave ; on y remarque un trou au-delTous des condyles 

lequel donne palTage à-une artère , â une. veine , & à un "crf = °n y voit auffi pluf.eurs- 
inégalités auxquelles s’attachent le mufcle malTeter interne ou fphenoidal. 

Le bord inférieur eft très large & arrondi, paroilTant fe replier dans fes deux faces pour 
fervir d’attache à la plus grande partie des mufcles dont nous venons de p^ler : le relie 
de ce bord en fe prolongeant dans fa partie inférieure vers les dents incilives, elt très 
arrondi dans les poulains & tranchant dans les vieux chevaux , parce que les dents de ces 
derniers, montant en en-haut, obligent les tables de cet os â fe rapprocher ; par la même 
raifon la partie inférieure des dents dans les poulains, étant large, oblige leur ecartemeut. 

Le bord fupérieur de cet os eft très large,, & percé de fix trous , quelquefois de fepc 
^our loger les dents molaires ou mâchelières. Ces trous fe rempliftènt avec l’âge ce bord 
devient alors tranchant & fait fonftion de dents. ^ ^ 

La. mâchoire eft articulée avec fa partie fupérieure par fa jonélion avec l’os temporal. 

Son mouvement eft celui du genou ; car la mâchoire fe porte en avant, en arrière, en 
bas, fe releve, 6 c fe meut fur les côtés fpécialement, c’eft-là fon principft mouvement; car 
les dents du bord d’une mâchoire ne fçauroient fe rencontrer jufte avec celles de l’autre , 
fans que les mâchoires fe portent fur les côtés ; leur pofition l’une fur l’autre le prouve. 
La mâchoire inférieure eft plus étroite, de façon que le bord externe des dents de cette 
mâchoire porte fur le bord interne des dents de la mâchoire fupérieure. 

DES DENTS. 

Les dents, comme tout le monde fçait, font des os qui s’élèvent en-dedans de la bouche 
fur les-bords de chaque mâchoire. Ce font les os les plus durs" du. corps du cheval : leur 
nombre eft pour l’ordinaire de quarante dans les chevaux , de trente-fix dans les jumens ; 
beaucoup de jumens néanmoins ont des crochets, moins confidérables à la vérité que ceux 
des chevaux. Quelquefois les dents font en plus grand nombre , & quelquefois en moindre 
nombre ; ce dernier cas eft plus rare. 

Il fe trouve , affez fouvent au-devant de la première dent molaire , principalement à la 
mâchoire fupérieure , une petite dent de la grofleur d’une plume d’oie ; elle poufte dans 
les différens temps de la vie de l’animal ; j’en ai virdepuis l’âge de deux ans jufqu’à huit, 
mais rarement pafte ce terme. 

La connoiftance des dents eft d’autant plus importante qu’elle fert à indiquer l’âge des 
chevaux : c’eft pourquoi îioiis allons nous étendre fur ces parties ; nous en ferons la divifion; 
nous expliquerons la manière dont elles fe forment, leur poufte ou accroiftement , leur 
chute. 

y DIVISION DES D E N T S. 

Chaque mâchoire eft garnie de vingt dents dans les chevaux. Elles diffèrent toutes par 
la fituation, par la figure , par le volume , par les ufages. 

Les unes font fituées en-devant de la bouche ; les autres en arrière : ces dernières 
diffèrent des premières non feulement par leur volume qui eft plus confidérable, mais même 

entr’elles 







McÂeüe dvrvTied' 


J. Pie J. 





























M.8. 



































1 


0 s T È 0 L O C ï E. ' 

entr’elles à raifort de l’âge des chevaux. Dans les jeunes , elles ont une figure quarre'e ; 
dans les vieux, elles perdent une de leurs faces , laquelle fe termine eil pointe, & forment 
plus ou moins de racines. 

Les dents de devant diffèrent de celles du fond de la bouche , pàr leur figure pyrami^ 
dale, & entr’elles par leur volume & par leur courbure. 

En général, les dents diffèrent a raifon de l’âge. Les dents de lait diffèrent des dents 
des chevaux : les unes & les autres, dans les premiers temps de leur formation, ne reffemblent 
pas a ce qu’elles font au terme de leur chute ; car les vieux chevaux perdent leurs dents , 
comme les jeunes perdent leurs dents de lait/ 

Elles changent encore de figure & de direélion d’iiri âge à l’autre ; les molaires , par 
exemple , vers les derniers temps de la'vieilleffe, font unies dans toute leur furface , & 
préfentent fouvent plufieurs racines ; les incifives, chez les jeunes chevaux, font recourbées 
en dedans ; chez les vieux , elles fe portent en avant. 

Les dents , pour chaque mâchoire , fe divifent en fix incifives, deux crocliets , & fiié 
molaires. 

Les incifives fe divifent en deux pinces , en deux mitoyennes , & en deux coins : les 
pinces font plus longues que les mitoyennes celles-ci plus longues que les coins ; les 
coins plus courbés que les mitoyennes ; les mitoyennes plus que les pinces. Les incifives 
diffèrent encore par la partie qui eft au dehors ; leS coinS ayant üne figure triangulaire ; les 
mitoyennes , un peu moins ; & les pinces étant à peu près ovales. 

Les dents de lait, foit pinces , foie crochets, ou molaires, font, ainfi que les dents des 
chevaux , creufes à leurs racines &au dehors, lorfqu’elles font nouvellement pouffées : mais 
les molaires font moins creufes que les incifives. Les unes & les autres font pleines, quand 
elles font prêtes à tomber. 

Gn diftingue dans les dents deux parties : 1 .° la partie qui fort au dehors j âppellée le 
corps de la dent ; a.° la partie enchâlfée dans l’alvéole ; c’eft la racine , laquelle eft deux 
fois plus longue que le corps. Il y a une troifième partie qui ne s’obferve que dans les 
jeunes dents de lait ; c’efl: le col de la dent qui eft un rétréciffement au-deffous de fon 
corps, rétréciffement par lequel ce corps eft féparé de fa racine. Le corps de la dent eft 
dur, blanc & recouvert, comme les dents de l’homme, d’une croûte très compaéte que l’on 
nomme émail, ou partie émaillée. Sa racine eft femblable aux autres os. 

DES DENTS EN PARTICULIER. 

Les dents de la pince font fituées en devant de la bouche, & font la partie moyenne des 
incifives logées dans les alvéoles : il y en a deux à chaque mâchoire ; leur figure eft conique* 
Gn y confidère une partie plus large , qui eft au dehors, & une racine qui eft en dedans î 
ces deux parties font creufes dans les jeunes dents de poulain, de même que dans les jeunes 
dents de chevaux ; mais lorfqu’elles ont pouffé , & qu’elles, font parvenues à leur grandeur 
naturelle, elles commencent à fe remplir, & forment enfuite des racines pleines & pointues. 
Chacune de ces dents a deux faces ; une externe qui eft applatie & un peu fillonnée ; &c 
une interne qui eft arrondie. La différence qu’il y a entre les pinces de la mâchoire fupé- 
rieure , & celles de l’inférieure, eft que celles d’en haut font plus courbées que celles 
d’en bas. 

Les dents mitoyennes font moins longues 6c moins courbées ; elles font plus creufes 
dans leurs deux extrémités que les pinces. 

Les coins diffèrent de même, non feulement par la courbure & le vüide qui eft plus 
confidérable que dans les mitoyennes ; mais encore par leur figure qui eft un peu triangulaire. 

G 





H I È P O T O M I E, 


a6 

Ainfi on peut y diftinguer trois faces ; une interne regardant la dent mitoyenne ; une 
regardant le dedans de la bouche, & l’autre le dehors : celle-ci eft applatie de même que 
la mitoyenne ; l’autre eft moins arrondie que fa voifine. 

Les dents incifives de la mâchoire fupérieure font en général plus fortes, & plus courbées 
qu’à l’inférieure. 

Les crochets font au nombre de quatre ; on a ainfi nommé ces dents à caufe de leur 
figure : il y en a deux à chaque mâchoire ; ils fortent entre les incifives & les molaires : 
î’efpace qui les fépare d’avec celles-ci fe nomme les barres. On conlidère au crochet deux 
extrémités ; l’une qui eft au dehors, & l’autre qui eft au dedans. L’extrémité du dehors eft 
pointue dans les jeunes chevaux, & arrondie dans les vieux ; elle a deux faces, une convexe 
ôc unie qui eft en dehors de la bouche , & l’autre qui eft cave. On remarque dans cette 
face deux petites crénelures réparées par une éminence arrondie , laquelle augmente avec 
l’âge , tandis que les crénelures diminuent. Le corps ou la racine de la dent eft arrondie 
creufe dans fon extrémité, dans le temps où l’on apperçoit ces crénelures : elle eft pointue 
& pleine quand le crochet s’arrondit ; ce qui arrive aux chevaux. Le crochet eft la dent 
la plus recourbée de toutes celles des mâchoires : parvenu dans fon état naturel, il forme 
un quart de cercle ôc plus. 

DES DENTS MOLAIRES, 

Les dents molaires , comme nous l’avons dit, font au nombre de vingt-quatre, douze 
à chaque mâchoire ; ainfi qu’on l’a remarqué à l’égard des incifives , les molaires font plus 
fortes , plus volumineufes à la mâchoire fupérieure qu’à l’inférieure. Mais les dents molaires 
de la mâchoire fupérieure diffèrent de celles de l’inférieufe par leur figure , & par leur 
implantation dans les alvéoles. Les molaires fupérieures forment dans leur face externe deux 
gouttières féparées par trois crêtes. On ne voit dans la face interne qu’une éminence allongée 
dans toute fon étendue, à chaque côté de laquelle eft une rainure. Ces faces répondent à 
de pareilles faces de la mâchoire inférieure. Les fix dents de la mâchoire inférieure font 
placées en divergence de leurs corps à leurs racines , de façon que celles-ci fe trouvent 
ecartees. Dans la mâchoire fupérieure , les dents font ferrées à l’exception de la première 
& de la dernière qui font aufti en divergence. 

Toutes les dents de la mâchoire fupérieure font à peu de chofe près femblables entr’elles , 
à l’exception de la première & de la dernière. Les autres forment un quarré long dans les 
jeunes chevaux , de meme que dans l’embryon avancé : elles font coniques dans les vieux 
chevaux. 

La première eft de figure triangulaire ; c’eft la plus large de toutes. On confidère dans 
fa face externe trois gouttières ; & deux éminences dans la face interne. 

La dernière eft recourbée de derrière en avant ; elle diffère encore des autres en ce 
qu elle eft plus large a fa racine qu’à fon autre extrémité. 

Ainfi que les dents incifives, les molaires font creufes au dehors ; elles le font pareil¬ 
lement a leurs racines dans les embryons & dans les jeunes chevaux. 

. Les quatre dents du milieu font a peu près femblables ; les deux autres examinées en 
place font triangulaires , comme a la mâchoire fupérieure. Les faces de toutes ces dents 
diffèrent des fupérieures, en ce que la face externe des inférieures reffemble à la face interne 
des fuperieures par fes divers filions ; & que la face interne de ces mêmes inférieures 
refîemble à la face externe des fupérieures , ou peu s’en fâiit. 

Les dents de la mâchoire inférieure diffèrent encore des fupérieures , en ce que l’émail 
de la dent n’eft point blanc ni le corps fi dur. Quoique nous ayons dit qu’il y eût des 





O s T É 0 L O G I E. 


2-7 


cavités à là racine àes dents, dans certains temps , & non dans d’autres ; il y a néanmoins 
dans tous les temps un petit trou k chaque racine, pour la didribution d^une artère, d’une 
veine , & d’un nerf. 


DE LA STRUCTURE DES DENTS, 

ET DE LEUR DÉVELOPPEMENT, 

SERVANT A LA CONNOISSANCE DE L’AGE, 

Depuis Vemhryon formé jufqiÉà fa naijfance, 

IL^Es dents , ces corps durs & plus ou moins blancs , font moüs dans leurs principes i 
ce n’eft que par fuccefhon de temps qu’ils acquèrent de la folidité , du volume, & une 
ligure particulière. 

Dès que l’animâl commence k prendre ligure dans la matrice [ ce qui arrive vers lé 
dix-feptième ou le dix-huitième jour], on apperçoit entre les deux tables de la mâc-hoir.e 
inférieure , deftinées k former par la fuite les alvéoles , une efpèce de gelée féreufe qui 
paroît n’être renfermée que dans une efpèce de parchemin ce n’eft autre chofe que les 
alvéole's confondues enfemble. 

Au commencement du troifième mois , on diftingue aifément un alvéole , [ c’eft lê 
premier du côté des incifives ; car les dents molaires croilTent fuccelîivement du devant en 
arrière ] remplie d’un mucus d’un gris fale de la grolTeur d’un gros pois. En examinant 
cette fubftance avec le microfcope, on apperçoit, k la partie fupérieure qui regarde l’alvéole^ 
de petits points en forme de chapelet, lefquels ne font autre chofe que le commencement 
des fibres qui doivent former la dent. Le relie ell fimplement muqueux. La partie infé^ 
Heure de ce même mucus ell plus féreufe & a moins de confillance. 

Au > quatrième mois, on découvre la deuxième dent molaire, dans le même état que 
celle que nous venons de décrire; mais on dillingué k celle-ci une petite ligne blanchâtre, 
ayant un peu de confillance, & la largeur d’un demi-quart de ligne , & au-delTous ces 
memes points dont nous avons parlé, La partie inférieure du mucilage ell plus épailîè , 
plus fale 6c plus abondante. Vers la fin de ce mois les dents des pinces, tant de la mâchoire 
fiipérieure que de l’inférieure, commencent k fe former, k peu près dans l’ordre de l’autre, 
mais en s’allongeant. 

Au feptième mois , la troifième dent molaire fe montre dans l’état où étoit la précé¬ 
dente ; mais alors le trait de la première molaire s’eft augmenté , & a deux lignes & demie 
de large. En detruifant le relie du mucus, on apperçoit une fécondé lame au-delTous k 
peu près de la meme largeur que celle-ci ; & le mucus ell un peu plus épais. 

Au huitième mois,^on dillingué aifément k la première dent, deux feuillets compofés de 
plufieurs fibres arrangées les unes k côté des autres , pofées toujours perpendiculairement 
a l’alveole , & repliées en dilférens feus. Dans le même temps le bord fupérieur de ces 
deux feuillets fe reunit en haut, & leurs fibres deviennent li denfes, que l’on ne fçauroic 
les dillinguer. La dent, en cet état , a l’air d’un cornet ou d’un rouleau de papier ; elle 
fe trouve creufe par les deux bouts ; mais en brifant' ces rouleaux , l’on voit dans le 
milieu de la dent d’autres feuillets , qui fe réunilfent de même que les premiers. 







Vers le dixième mois, les deux autres dents acquièrent fucceffivement de l’accroilTement 
dans Pordre de celle-ci. Vers le milieu de ce mois , les dents mitoyennes commencent à fe 
former, & les pinces augmentent dans Pordre des molaires de bas en haut. 

Au commencement du dixième mois , la première dent fe trouve déjà bien avancée & 
prête à fortir de fon alvéole, & plus étroite de ce côté. Le mucus a une couleur de jonquille 
claire, eft beaucoup plus épais , & en petite quantité. C’eft vers la fin de ce mois, que 
la première dent fort de Palvéole : la fortie de la fécondé, fe fait vers le quinzième du 
onzième mois , & la fortie de la troifième, vers le commencemênt du douzième ; enforte 
que Pembryon d’un an , a douze dents molaires de forties , fix à chaque mâchoire. 

A la fin du douzième mois, les coins commencent â fe former; mais aucun d’eux ne 
fort de Palvéole ; l’animal relie avec le même nombre de dents, plus ou moins avancées, 
jufqu’au douzième mois révolu, qui ell le terme ordinaire où la jument met bas, quoiqu’elle 
le falTe fouvent à onze mois , de même qu’à treize palTés. J’ai oui dire à des perfonnes 
dignes de foi, que la portée des jumens avoit été prolongée jufqu’à la fin du quatorzième 
mois. Le poulain prêt à fortir de la matrice, a donc fix molaires dehors, à chaque mâchoire: 
les fix autres molaires ne font encore que mucilagineufes , mais plus ou moins avancées. 
Il a auffi à chaque mâchoire fix dents incifives , plus ou moins avancées, c’eft-à-dire , les 
pinces plus que les mitoyennes & celles-ci plus que les coins, 

DE LA CONNAISSANCE 

DE L’ÂGE DU CHEVAL PAR L’LNSPECTION 

DES DENTS, 


Depuis fa naijfance jufqiià 27 ans. ^ 

Le poulain en naifiant a, comme nous venons de le dire , fix dents de forties à chaqùe 
mâchoire , & même ufées (a) : ce qui fembleroit annoncer , que l’animal a mâché dans la 
matrice, ou qu’au moins fes mâchoires ne font pas reftées dans Pinaêlion ; mais le frottement 
modéré d’un feul mois, feroit-il bien capable de les ufer d’une manière fenfible? 

Vers le dixième ou le douzième jour de fa naiflance , les pinces, qui étoient formées 
fortent aux deux mâchoires. ^Les mitoyennes paroifient une quinzaine de jours après , , & 
ne fe trouvent forties, qu’un mois après les premières. Les coins paroifient vers le quatrième 
mois ; de manière que le poulain fe trouve avoir les fix dents de lait incifives à chaque mâchoire, 
lefquelles fubfiftent jufqu’à deux ans & demi ou trois ans , temps où elles commencent à 
tomber, & d’où l’on part pour la connoifiance du poulain ; néanmoins il eft très aifé de 
tirer une induêlion de l’âge de cet animal, depuis fa naifiànce jufqu’à la chute des pinces, 
qui eft , comme nous l’avons dit, à deux ans & demi ou à trois ans. On la peut tirer 
non feulement des incifives , mais même des dents liiolaires avec facilité. 

Les premières fix femaines après fa naifiance, le poulain a quatre dents incifives à chaque 
mâchoire , & fix molaires : ces incifives font les pinces & les moyennes. Ces dents font 
creufes au dehors & a leurs racines , & refiemblent aux dents des chevaux , lorfque ces 


Bourgelat ne nous dit pas dans fes Elémcns de l’Art vétérinaire, que le cheval naît avec des dents , il paroît 
nnnhin dans lopinion qu’il a avancée dans fes, Elémcns d’hippiatrique , pag. 40j , fcavoir que les dents ne naiffbient au 

poulain, qu apres fa naiffance : ce qui néanmoins eft abfolument contraii-e à l’obfervation. 

dernières 










0 s T È 0 L O G I E. 


29 


dernières font nouvellement poufTées ; c’eft-à-dire , qu’elles font pyramidales & fillonnéès 
en dehors ; leur Creux extérieur eft blanc. Leur bord , foit interne, foit externe , [ ce que 
j’appelle murâille de la dent, ] eft tranchant, & refte en cet état jufqu’au troifième mois, 
qu’il commence à s’ufer , & par conféquent le creux à difparoître. 

Le quatrième mois , les coins paroiftenr. 

A fix mois, elles font de niveau avec les mitoyennes. Si l’on examine à cet âge les dents 
du poulain , on trouvera que les pinces font d’un quart moins creufes que les mitoyennes : 
celles-ci de moitié moins que les coins. 

Les quatre premières dents s’ufent peu à peu , le trou difparoit de plus en plus , dé 
façon qu’à un an, l’on commence à appercevoir un col au-deftous de la dent j elle a moins 
de largeur , & eft à moitié remplie. 

A dix-huit mois , les pinces font pleines , ou peu s’en faut , & moins larges ; le col eft 
plus fenfible. 

A deux ans, elles font toutes rafes, & d’un blanc clair de fait : les mitoyennes font dans 
l’état où les pinces étoient à dix-huit mois. Ces dents fe maintiennent dans cet état jufqu’à 
deux ans & demi ; quelquefois jufqu’à trois ans, bien ,qu’elles montent & s’ufent toujours, 
& deviennent moins larges , c’eft-à-dire , qu’elles ne fervent plus d’indice certain : mais 
en examinant les molaires, on trouvera qu’à un an le poulain en a quatre de lait, & une 
de cheval ; qu’à dix-huit mois , il en a cinq., trois de lait &. deux de cheval ; qu’à deux 
ans les' premières dents molaires de lait de chaque mâchoire tombent, & font place à la 
dent de cheval ; car les chevaux ont fix dents de lait molaires {a) à chaque mâchoire, qui 
font les premières avec lefquelles les poulains naiftent. Quant aux autres , elles ne tombent 
pas. 

A deux ans & demi ou trois ans, les pinces tombent ; à celles-ci fuccèdent les pinces de 
cheval. 

A trois ans & demi, les fécondés molaires tombent : la chute des mitoyennes arrive aufti 
dans ce même temps ; & la fixième dent molaire eft prête à percer. 

A quatre ans, le poulain a fix dents molaires , cinq de chevaux & une de lait qui eft 
la troifième & dernière. 

A quatre ans ou quatre ans & demi, les coins tombent, & en même tems la troifième 
dent molaire de lait. Pour lors le poulain a douze dents molaires à chaque mâchoire , & 
fix incifives. 

A cinq ans, pour l’ordinaire les crochets percent ; & le cheval a en tout quarante dents. 

Les molaires ne fervent plus à la connoiftance de l’âge que vers les derniers temps de la 
yieillefte : il n’y a donc que les incifives & le crochet qui l’indiquent. 

Telles font les parties d’où dépend la connoiftance de l’âge du cheval : on voit que c’eft 
principalement par l’infpeêlion de la mâchoire inférieure. 

, A cinq ans, les pinces font un peu ufées ; & leurs corps, fillonnés en devant : les mitoyennes 
font moins remplies : la muraille de dedans eft tranchante , celle du dehors eft un peu 
ufée : les coins font à peu près de la même hauteur que les mitoyennes ; mais ce n’eft 
que la muraille externe des coins , car l’interne ne fait que paroître : les crochets ne font 
qu’à moitié fortis , & n’ont que trois lignes dehors ; ils font très pointus ; leur fillon 
en dedans paroît, mais fans être entier. 

A cinq ans & demi, les pinces font plus remplies : les murailles des mitoyennes 


{ <« ) I] eft étonnant que la réalité de l’exiftence des dents de lait molaires ait échappé aux recherches d’un ancien écuyer ^ 
cotniniiraire des haras. 


H 







H I P F O T O M I E. 


commencent à s’ufer : la muraille interne des coins eft prefqu’egale à l’externe, mais elle 
lailTe une petite échancrure en dedans : le crochet eft prefque dehors ou bien avancé • ce 
qui dénote qu’il n’eft pas encore forti, ce font des crénelures internes que l’on voit être 
comprifes dans la gencive. 

A fix ans, les pinces font rafées , ou peu s’en faut : les mitoyennes font dans l’état où 
étoient les pinces à cinq ans : les coins font égaux par-tout, & creux : la muraille externe 
eft un peu ufée : les crochets font entièrement poufles ; ils font pointus , pyramidaux 
arrondis au dehors, 6c fillonnés en dedans ; vers les gencives , on apperçoit en dedans que 
les filions font fortis , parce qu’ils ne régnent pas jufqu’au bas. 

A fix ans 6c demi, les pinces font entièrement rafées ; les mitoyennes le font plus qu’elles 
ne i'étoient : la muraille interne des coins eft un peu ufée , 6c ne laiftè qu’une cavité • le 
crochet eft un peu émoulTé d’une ligne ou environ. 

A fept ans, les mitoyennes font rafées : les coins font plus remplis ; & le crochet ufé de 
deux lignes. 

A fept ans 6c demi, les coins font remplis, à peu de chofe près ; 6c le crochet eft ufé 
d’un tiers de l’étendue de fes filions , c’eft-à-dire, du tiers- de la longueur du crochet. 

A huit ans, le cheval a rafé entièrement, 6c le crochet eft arrondi. 

Il eft à propos de remarquer que les dents ne fe rempliffent pas ; qu’elles ont toujours 
la même longueur qu’elles avoient dans leur état de formation, tant molaires qu’incifives 
mais qu’elles font poulTées au dehors dans les poulains , 6c dans les jeunes chevaux par le 
mucilage qui fe trouve aux racines ou par le diploé , 6c par le fuc olTeux qui fe trouve entre 
les deux tables de chaque côté de la mâchoire , 6c par le rapprochement de ces deux tables; 
car à confidérer les mâchoires inférieures des poulains , elles font très arrondies dans leur 
bord inférieur , au lieu que celles des vieux chevaux font tranchantes ; ce qui prouve que 
l’une 6c l’autre de ces parties contribue à la fortie des dents. 

Il y a des chevaux ou jumens que l’on appelle bégus, c’eft-à^dire, qui marquent toujours: 
cela eft faux. Ils marquent à la vérité plus long-temps ; ce qui ne fait pas une grande diffél 
rence. D’ailleurs que ce foit chevaux ou jumens, il y a toujours des indices certains de 
l’âge, foit par la largeur des dents, par leurs filions, par leur figure , ou par leur implan- 
tation. Il eft même rare qu’un homme , qui a bien vu 6c bien examiné les dents , qui les 
a maniées plufieurs fois, n’apperçoive pas l’âge des chevaux. Ainfi tous les amateurs font 
invités de faire une colleftion de .dents de différens âges , & d’en cbnfidérer attentivement 
6c fouvent la figure , la courbure 6c leurs différentes parties. 

Pair<: huit ans , les mêmes deAts incifives fervent d’indice ainfi que les crochets mais 
prmapalement les premières. Pour cet effet il faut fe rappeller ce que nous avons dit que 
les-mcifives ont une figure pyramidale : la face du dehors eft plate & marquée d’un fillon; 
celle du dedans eft arrondie, & devient d’autant plus tranchante qu’elle approche davantage 
de fa racine; fes côtés, arrondis à leur fortie, font fillonnés à leurs racines. Il faut fe 
rappeller encore l’état des crochets qui font fillonnés en dedans, gros & arrondis dans leurs 
corps ; egalement arrondis, mais plus ou moins en pointe, à leurs racines 

filloiif* ^ plus rondes ; les Crochets n’ont prefque point de 

A dix , les crochets n’ont plus de filions. 

De dix à douze , il y a peu de différence. 

A douze, les pinces font moins larges, mais plus épailTes ; les crochets font totalement 
arrondis. 

De douze à quatorze, il y a peu de différence ; elle n’eft fenfible que pour ceux qui 






OSTÉOL O GIE. 


11 

fe font particulièrement attachés à bien diftinguer les changemens qui arrivent aux dents. 

A quinze, les pinces font triangulaires, & plongent en avant ; pour lors les crochets ne 
font d’aucun fecours. 

Dans l’efpace de quinze à vingt, les différences ne font fenfibles, qu’en ce que les dents 
plongent davantage & font plus petites : mais à vingt ans, l’on apperçoit les deux crénelures 
qui font aux côtés des dents , de façon que les dents font plattes & moins ferrées, 

A vingt & un an , quelquefois à vingt-deux , les premières dents molaires tombent y 
ou font tellement ufées , que l’on y diftingue trois racines. 

A vingt-trois , les fécondés tombent. 

A vingt-quatre , c’eft la quatrième. 

A vingt-cinq , ce font les troifiemes. 

A vingt-fix , les cinquièmes molaires ; mais les fixièmes reftent quelquefois jufqu’à trente 
ans. J’ai cependant vu des chevaux avoir , à cet âge , quatre dents molaires de chaque côté: 
j’en ai vu d’autres avoir perdu toutes leurs dents molaires à dix-fept ans. Quant aux incifives, 
elles tombent les dernières , vers l’âge de trente à trente & un an ; pour lors les gencives 
& les alvéoles fe rapprochent, deviennent tranchantes, & font fonftion des dents. 

R £ CA FITULA T ION 

DE L’ÂGE DU CHEVAL, 

Depuis fcL naijfance , jufqu'à la chute de fes dents , laquelle arrive vers la 
vingt - Jixième ou la trentième année. 

L E cheval naît avec fix dents molaires à chaque mâchoire. 

Le dixième ou douzième jour après fa naiffance , il lui pouffe deux pinces à chaque 
mâchoire. 

Quinze jours après les mitoyennes paroiffent. 

Trois mois après celles-ci fartent les coins. 

A dix mois, les incifives font de niveau & creufes à la vérité ; les pinces, moins que les 
mitoyennes ; celles-ci , moins que les coins. 

A un an, on diftingue un col à la dent, fon corps a moins de largeur & eft plus rempli ; 
quatre dents molaires ; trois de poulain & une de cheval. 

A dix-huit mois, les pinces font pleines ; & le poulain a cinq dents molaires, deux de 
cheval & trois de lait. 

A deux ans , les dents de lait font rafées ; les premières dents molaires tombent. 

A deux ans & demi ou trois ans, les pinces tombent. 

A trois ans & demi, les fécondés molaires tombent, ainfi que les mitoyennes. 

A quatre ans, le cheval a fix dents molaires ; cinq de chevaux & une de lait. 

A quatre ans & demi, les coins tombent. 

A cinq ans, les crochets percent. 

A cinq ans & demi, la muraille interne de la dent eft prefque égale à l’externe, 6c le. 
crochet eft prefque dehors. 

A fix ans, les pinces font rafées ou peu s’en faut ; les coins, formés ; 6c la muraille 
externe, un peu ufée. 

A fix ans & demi, les pinces font rafées entièrement ; la muraille interne des coins l’efl: 
un peu auffi , 6c le crochet émouffé. 





HIPPOTOMIE. 


11 

A fept ans, les mitoyennes font rafées, ou peu s’en faut; & le crochet ufé de deux lignes. 

A fept ans & demi, les coins font prefque rafés , & le crochet ufé d’un tiers. 

A huit ans, le cheval a rafé entièrement, & le crochet eft arrondi. 

A neuf ans, les chevaux n’ont prefque pas de crochet, & les pinces font plus rondes. 

A dix ans, les crochets n’ont plus de crénelure , & font plus arrondis. 

A douze ans, les crochets font totalement arrondis , les pinces font moins larges, & 
augmentent en épailîèur. 

A quinze ans, les pinces font triangulaires , & plongent en avant. 

A vingt ans , les deux incihves font plates & écartées. 

A vingt & un an ou à vingt-deux, les deux premières dents molaires tombent, 

A vingt-trois , les fécondés. 

A vingt-quatre , les quatrièmes, 

A vingt-cinq , les troifièmes. 

A vingt-fix , les cinquième. 

' Et la fixièmes quelquefois à vingt-fept ; mais ce terme n’eft pas fixe , il fe recule 
quelquefois jufqu’à tfente. 

A l’égard des autres figiles auxquels plufieurs auteurs ont attribué la connoifiànce de 
l’âge du cheval, ils font abfurdes ; on ne peut abfolument l’avoir que par l’infpeélion de 
la bouche. 

Les dents , dont la fonélion & l’ufage font connus de tout le monde, font expofées à 
des maladies ou à des vices de conformation ; telles que la carie , la multiplication &c. En 
effet, il y a des chevaux qui ont un double rang de dents incifives ; ce qui n’arrive point 
fans gêner les autres , fans leur ôter leur foutien & fans altérer le germe de la dent. 
D autres chevaux ont des dents molaires doubles , lefquelles gênent les parois de la bouche 
& les ulcèrent. Dans d’autres l’émail de la dent eft très mou , de forte que l’on voit des 
mâchoires ou il y a des dents ufées , tandis que les autres ne le font pas. Il fe trouve auffi 
des dents dont l’émail eft tendre ; pour lors les alimens & l’air les carient : cet accident 
occafionne fouvent aux chevaux de grandes douleurs , que l’on prend pour des tranchées. 


D E r O S hyoïde. 

Cet os eft fitué entre les deux extrémités de la mâchoire inférieure. Sa figure n’eft pas 
aifée à décrire. Il eft compofé de cinq parties ; fçavoir, de deux grandes branches , de deux 
petites & de la fourchette. 

Les deux grandes branches font des os longs , plats , minces (^) , qui s’uniffent fupé- 
rieurement à la partie pierreufe des temporaux; cette même partie eft large & donne 
attache a un de fes mufçles.: inferieurement cette branche eft moins large , mais un peu 
plus épaiffe pour fe joindre avec les petites branches {b) : quelquefois il fe trouve à cette 
articulation antérieurement un petit os en forme d’os féfamoïde , & placé comme une 
rotule. Les petites branches font courtes & arrondies. Leurs extrémités font plus groffes. 
La partie inférieure, qui s’unit avec la fourchette, eft cartilagineufe, & forme une articulation 
de genou. La fourchette, ainfi nommée à caufe de fa figure , eft fituée entre les deux côtés 


aulfus^un largeur comme le dît M. Bourgelat dans fes Elêmens, pag. , elles en ont touc 

au plus un & demi dans la partie la plus large , qui eft vers los temporal. r -s it 

[b ) Ces branches , réunies avec les grandes , ne forment point d’angle aigu , mais un angle obtus 

de 







0 T É 0 L 0 G I E. 13 

de la mâchoire inférieure, de manière que le manche regarde les dents incifives. Cette partie 
eft triangulaire. Le bord inférieur ou externe eft en dos d’âne , & donqe attache aux mufcles 
de la langue. Le bord interne eft applati, 6c donne pareillement attache à la bafe de la langue. 
Le refte de la fourchette ou fes fourchons font arrondis , 6c tournés du côté du col. Ils 
fervent inférieurement de foùtien au larynx 6c a toute la colonne trachéale ; fupérieuremenc 
ils donnent attache à une partie des mufcles du pharynx 6c à fes mufcles propres. 

Son ufage , comme l’on voit, eft de fervir de bafe à la langue 6c au larynx (rf)* 

Cet os eft uni au bord fupérieur du cartilage thyroïde par fymphyfe. 

L’os hyoïde eft fouvent expofé à être carié dans l’endroit du manche où fe fait la bifur¬ 
cation de la fourchette , à la fuite d’un dépôt critique , fous la ganache, provenant de 
gourme bénigne, ou maligne ou de morfondure, 6cc.. . ;. Cette carie vient quelquefois de 
ce que l’on aura appliqué des pointes de feu trop avant : mauvaife pratique que l’expérience 
auroit du entièrement profcrire , 6c qui cependant ii’eft éncorè que trop fuivie. Le biftouri 
néanmoins eft le feul moyen qu’il faille employer toutes les fois qu’il eft queftion d’ouvrir, 
ou bien lorfque la fuppuration aura été interceptée , foit par le feu , foit par des 
médicamens contraires. 


{ a ) Si M. Bourgelat veut prendre la peine d’examiner cet os fur le cadavre, il fe gardera d’avancer dans une nouvcUe 
édition , qu’il embralTe le pharynx, comme on le lit, fag. de la première de feS Elément. * 



I 










ARTICLE DEUXIEME. 

D U T R O N C. 


On divife le tronc en trois parties ; fçavoir, l’epine , le thorax , & le baUin. 

PARAGRAPHE PREMIER. 

DE L’ ÉPINE. 

L’epifie eft une colonne olîèufe formée de L’àfTemblâge de quarânte-neuf os dans les vieux 
olievaux , & de cinquante-trois dans les jeunes , y compris les nœuds de la queue. 

Ces os font appelles vertèbres ; elles fe diftingiient en vraies & en faulTes. 

Les vraies font au nombre de trente & une, rarement trente-deux : ce qui arrive par 
accident. 

Les fifulTes font au nombre de dix-huit. 

Les vraies font de trois fortes; fçavoir, fept Cervicales, dix-huit dorfales , &fix lombaires 
ou des lombes. 

Les fauffes font l’os facrum & la queue. 

Non feulement les vertèbres cervicales , dorfaleS & lombaires font différentes les unes 
des autres ; mais encore les cervicales diffèrent entr’elles par leur figure & par leur volume: 
il en eft de même des dorfales & des lombaires comparées avec les autres. 

On coiifidère en général dans les vertèbres trois fortes d’apophyfes ; fçavoir, épineüfes, 
obliques & tranfverfes. 

Les trous font au nombre de trois ; un fitiié fupérieurement au corps de la vertèbre, & 
donnant paffage à la moelle de l’épine : les deux autres font placés aux côtés de celui-ci 
pour le paffage des veines & artères vertébrales. 

Les vertèbres cervicales diffèrent des vertèbres dorfales en ce que ces dernières ont des 
apophyfes épineüfes confidérables , tandis que les premières n’en ont pas ou prefque pas, 
& en ce que le corps des cervicales eft beaucoup plus fort que celui des dorfales. 

ï.- DES VERTÈBRES CERVICALES. 

La première vertèbre, autrement dite atlas, diffère de celles qui la fuivent en ce qu’elle 
n’a point de corps, ni d’apophyfes épineüfes, ni d’apophyfes obliques.^ Sa figure approche 
de celle d’une bague ; elle efl: large en deffus , & étroite en deffous : on y remarque par 
conféquent deux faces ; une fupérieure arrondie qui produit fur fes côtés deux grandes ailes 
dont les bords font pareillement arrondis. Dans la face inférieure fe voient cinq apophyfes 
{a) dont la plus confidérable efl dans le milieu : des quatre autres réfulte une cavité donc 
la partie inférieure efl: cartilagineufe. Cette cavité efl: deftinée à recevoir les condyles de 


{ ) Pfg:^ 57 , M. Bourgelat fait remarquer des apophyfes obliques dans la'première vertèbre. Si ceci étoit avancé par un 

homme'qui fût moins verfé dans, l’anacomie , on diroit qu’en décrivant cette première vertèbre il en avoit toute autre fous les 
yeux. 











F.3^, 


CL-FfSSiXT-d Scui f. 



















Fi.nL, 



FSo.FSi. F.3'^. 


F.38. 


Fckeüe-(üavPLt4L. 













O s T É O L O G î E. 


il 

l’occipital Ces quatre apophyfes forment quatre échancrures en croix. On appercoit encore 
dans cette première vertèbre, cinq trous , dont le plus confidérable eft dans le milieu pour 
le palTage de la moelle épinière cervicale : les quatre autres font placés aux parties latérales 
du grand trou, deux de chaque côté : ils fervent pour le palTage des artères & des veines 
vertébrales. On remarque dans ce grand trou vertébral deux petites inégalités pour l’attâche 
d’un ligament , dont l’ufage eft d’unir la fécondé vertèbre avec celle-ci ; & deux petites 
feçcttes cartilagineufes pour s’articuler avec la fécondé vertèbre. 

La fécondé vertèbre eft nommée axis [eftieu] ; c’eft la plus gjçoÈe de toutes les vertèbres. 
Elle diffère de la première en ce qu’elle a un corps, & une apophyfe épineufe qui eft 
confidérable, & qui reffemble à un dos de carpe. On y remarque huit apophyfes , en y 
comprenant celle dont je viens de parler; quatre font obliques, deux trânfverfes . , une 
^ épineufe , & une placée fupérieuremenf entre les apophyfes obliques nommée apophyfe 
odontoïde ; elle eft taillée en bifeau. On obferve fur fon corps deux cavités féparées par 
une petite éminence pour l’attache du ligament dont on a fait mention. Sur le corps de 
l’apophyfe épineufe fe trouvent deux grands prolongemens avec plufieurs inégalités, où 
s’attachent le ligament cervical & plufieurs mufcles. Les apophyfes obliques font placées 
inferieiirement ; elles ont des facettes cartilagineufes pour recevoir les obliques fupérieures 
de la troifième vertèbre. Les apophyfes trânfverfes font fituées fur le corps même de la 
vertèbre qui porte auffi une éminence allongée en forme de taillant. A la partie fupérieure 
de cette éminence fe voient des inégalités où viennent s’attacher quelques mufcles. Enfin , 
on appercoit à cet os cinq trous , dont le plus confidérable fert au pa%e de là moélle de 
l’épine : les quatre autres font fupérieurs & inférieurs ; , les fupéfieurs, plus grands que les 
inférieurs,, font fitués entre les apophyfes obliques & l’apophyfe épineufe ; les inférieurs 
font placés dans le corps des apophyfes trânfverfes. On confidère k cet os dix échancrures, 
cinq de chaque côté ; deux dans la partie fupérieure , une dans la partie moyenne , deux 
dans l’mferieure. On doit y remarquer encore une cavité profonde pour loger la tête de la 
troifième vertèbre. 

Les autres vertèbres cervicales diffèrent de celle-ci, en ce qu’elles n’ont point d’apophyfe 
odontoïde , qu’elles ont une tête à leur extrémité fupérieure, & une cavité à l’inférieure ;. 
en ce qu’elles deviennent plus groifes- & plus courtes , enforte que la dernière vertèbre 
cervicale-eft de moitié moins longue que la deuxième , mais plus large. Ce que l’on peut 
y confidérer de plus qu’aux deux premières, ce font leurs apophyfes épineufes, peu fenfibles 
à la vérité, mais plus à la dernière qu’à la fixièrae, & plus à celle-ci qu’à la cinquième, &c..... 

a.» DES VERTÈBRES DORSALES. 

^ Les vertebres dorfales diffèrent, comme nous l’avons dit, des cervicales par leurs apophyfes 
epmeufes ; elles diffèrent des lombaires par les apophyfes trânfverfes qui font plus longues 
dans ces dernières. Leur corps eft beaucoup plus petit; cependant elles vont en augmentant, 
te maniéré que la deuxième eft plus groffe que la première, la troifième plus que la deuxième, 

‘ 7 -.diftingue de même à chaque vertèbre fept apophyfes : la plus confidérable 

eft l’apophyfe epineufe qui eft courte , recourbée & pointue à fon extrémité. L’apophyfe 
epineufe de la deuxième eft au contraire d’un tiers plus longue, & fon extrémité eft arrondie. 
L’une l’autre ont trois faces, deux latérales, polies , & une antérieure , large , inégale 
pour 1 attache des ligamens interépineux. Les fix autres apophyfes font quatre obliques qui 
ont très peu de chofe , & deux trânfverfes. Le corps des vertèbres dorfales & lombaires eft 
app ati & perce d’un trou de chaque côté pour la diftribution des vaifTeaux fanguins. Les 
verte res du dos vont en augmentant par leurs apophyfes épineufes jufqu’k la cinquième, 








36 


H I P P O T 0 M IE. 


enfuite elles vont en diminuant (n). Les douze ou treize premières font courbées de devant 

en arrière , & les autres font droites. Elles diffèrent de celles du cou, en ce quelles ont 
deux facettes pour recevoir les côtes. 

La quatrième & k cinquième apophyfes épineufes du dos fe trouvent fouvent expofees à 
être cariées par les froiffemens & les contuf.ons occafionnes par les felles , dans les malad.es 
du garot. Chez les jeunes chevaux , le haut de ces apophyfes , ainfi que toutes celles du dos 
font épiphyfes. Da.is ce cas, il faut amputer l’os , & ne rien laiffer du cartilage, afin que 
l’os puilîe s’exfolier. 

VE R T È B R E S L O M B A IRES. 


3 .^ DES 


Les vertèbres lombaires diffèrent de celles du dos en ce qu’elles ont le corps plus gros; les 
apophyfes épineufes plus larges & plus droites, & leurs apophyfes tranfverfes plus allongées, 
plus minces & plus larges que les épineufes : les apophyfes obliques font plus arrondies & 
un peu plus allongées. En général le canal vertébral eft prefque égal par-tout & a une 
figure triangulaire. 

q.» D E V O S S A C R U M. 

L’os facriim [ ou fautes vertèbres ] eft fitüé à la partie poftérieure de l’epine , & 
fupérieure du baffin. Il relTemble k un triangle ou a une pyramide. On le divife en deux 
faces , une externe inégale , une interne aftez polie , plate. 

‘ Cet os eft compofé de cinq pièces dans les jeunes fujets, & ft’une feule dans les vieux. 
On diftingue à la face externe , cinq apophyfes épineufes bien marquées, deux apophyfes 
obliques antérieurement qui répondent aux apophyfes obliques de la dernière vertèbre des 
lombes, deux bords qui repréfentent les apophyfes tranfverfes , deux grandes produftions 
ofteufes inégales pour s’unir avec les os innominés ; quatre petits trous & un conduit confi- 
dérable qui eft la fuite du canal vertébral. On obferve dans la face interne quatre paires de 
trous qui font plus grands que ceux de la face externe , ils fervent au palTage des nerfs facrés. 

L’os facrum eft joint aux os innominés, & k la dernière vertèbre lombaire, & au premier 
nœud de la queue. 

Ses apophyfes épineufes, ainfi que celles du dos font expofées k être bleftees dans ce que 
l’on appelle vulgairement maladie de rognon. Dans ce cas , il faut extirper le cartilage 
jufqu’k l’os , fl ce font de jeunes chevaux , & traiter la plaie comme celle des apophyfes 
épineufes du dos. 

5.0 DES OS DELA QUEUE. 

Les os de la queue font partie des fauftes vertèbres ; ils font au nombre de dix-fept 
pour l’ordinaire (b) , quelquefois de dix-huit, quelquefois plus ; mais cela varie. Ces premiers 
os reftemblent aftez bien k une vertèbre. On diftingue fur-tout dans le premier des os de 
la queue, l’apophyfe épineufe & les apophyfes tranfverfes ; mais k mefure que les os s’éloi¬ 
gnent de l’origine de la queue, les apophyfes épinéufes fe bifurquent , & les tranfverfes 


( a ) M. Bourgelat , pag. 59 , N.° 56 , die que les trois fuivantes, c’eft à-dire, la la 3.® & la 4.= vtnêhxes àox^ûes , diminuent 
en hauteur : l’inTpedion du Iquéléte nous oblige à ne pas penfer-comme lui , & à dire au contraire que les apophyfes épineufes 
augmentent en hauteur ; Ja 2.= de près de moitié plus que la première ; la 3.« d’un quart en fus de la fécondé : là 4.® un quart en 
fus de la troifième ; la 5'.® & la 6.® relient égales à la quatrième : les fuivantes diminuent, de hauteur & augmentent en largeur. 

Cet endroit du livre de M. Bourgelat ne me paroît ni clair ni précis. 

( é ) M. Bourgelat, Ele'm. de l'art vétér. pag. 6 5 , s’exprime ainfi en parlant du nombre des os de la queue ; il en efi fept a huit. 
C’eft précifément la moitié du nombre que nous avons conftamment vu. On feroit tenté de penfer que cet hippotomille a toujours 
eu le malheur de dilTéquer des chevaux auxquels on avoit coupé la queue pour lui jouer un mauvais tour. 

îv ■ difparoiftbnt, 







0 s T É 0 L O G I E. 


37 


difpâroifFent, lè corps s’arrondit 6c devient cylindrique : c’eft fur le corps de cet os que 
fe continue l’expanfion des nerfs formant la queue du cheval. 

Toutes les vertèbres, ainfi que Pos facrum , 6c les os de la queue ^ font unis par des 
ligamens ferrés dont les fibres forment une fpirale. 

PARAGRAPHË IL 

DU THORAX OU DE LA POITRINE. 

La poitrine eft formée par les dix-huit vertèbres dorfales , par les côtes 6c par le fternünii 
I.o DÈS CÔTES. 

Les côtes font ^es oi reffemblans à des arcs , ou à un quàrt de cercle ; elles font au nombre 
de trente-fix , dix-huit de chaque côté , quelquefois dix-neuf , diftinguées en vraies 6c eii 
fauffes ; le nombre des unes 6c des autres eft également de neuf On entend par vraies , 
celles dont les cartilages vont répondre au fternum • par fauffes , celles dont les cartilages 
vont s’unir aux cartilages des vraies côtes. 

Chaque côte fe divife en corps 6c en extrémités. Le corjps eft la partie moyenne. Les 
extrémités font les deux bouts : l’une va au fternum , 6c l’autre aux vertèbres. 

On diftingue aux vraies côtes deux faces : une externe, en partie convexe 6c en partie 
concave ; l’interne eft plate , au lieu que les fauffes côtes font arrondies en dedans 6c en 
dehors. 

On confidère aux côtes deux bords , ou lèvres ; l’uil antérieur, 6c l’autre poftérieür* 
Celui-ci eft arrondi ; l’antérieur eft plus ou moins tranchant. A l’extrémité de la côte fe 
voient trois facettes cartilagineufes dont deux répondent âu corps des vertèbres dorfàlès, 
6c l’autre aux apophyfes tranfverfes de ces mêmes vertèbres : entre ces deux facettes fe 
trouve une échancrure. On y remarque encore deux apophyfes ; l’une intérieurement polit 
l’attache d’un ligament qui va au corps de la vertèbre , 6c l’autre extérieurement avèô 
plufieurs inégalités auxquelles s’attachent plufieurs mufcles du dos 6c de la refpiration. 
Quant à la troifième facette, elle fe voit tout le long du corps des dernières vraies côtes. 
Extérieurement règne une demi-gouttière, où s’attachent les mufcles intercoftaux. La partie 
inférieure des côtes eft plus large polir l’ordinaire , arrondie dans certains chevaux , plate 
dans d’autres , 6c généralement fpongieufe. 

Les dernières fauffes côtes diminuent à Ulefilre qu^elles approchent de leiîrs Cartilages. 

Chacune des vraies côtes fe meut en fe repliant, pour âinfi dire, fur fa voifine à l’excep^ 
tioii de la première qui a très peu de mouvement (a). 

Les côtes font très expofées à être fraéluréês. Poye^ lâ planche 52^ 

2 .*^ DU STERNUM. 

Le fternum eft fitué a la partie inférieure de lâ poitrine. Sa figure approche de là carène 
d’un vaiffeau. Il eft large inférieurement, 6c étroit fupériéurenieiit, fort long, 6c fe termine 
antérieurement par un cartilage en forme de fabré. 

Il eft compofé dans les poulains de fix pièces offeufés 6c fpongiêufes qui font unies 
enfemble par ce cartilage tranchant qui règne le long de fon bord inférieur. Les deitX 


{ 4 ) Ce mouvement eft peu confidérable , il eft vrai i mais il exifte. M Bourgelat cependant ne lui en reconnoît aucun , & la 
regarde comme immobile. Il doit fçavoir que la première côte eft revêtue à fes deux extrémités d’un cartilage humeâé par la 
lynovie. 






H I P P O T O M I E. 


premières pièces & les plus antérieures font plates ^ les deux d’enfuite approchent d’un quarré 
ou d’un cube ; la cinquième a cinq faces ; la lixième pièce, qui a deux faces , eft la plus 
confidérable. Les quatre premières pièces ont deux bairds alTez tranchants. On remarque à 
la première pièce deux petites facettes pour recevoir lèç caitilages de la première cote j ôc 
trois' dans la dernière pour recevoir les cartilages des quatre dernières vraies côtes. Les 
cartilages des quatre autres côtes , c’eft-a-dire , de la 2. de la de la q.. & de la 5.* vont 
aboutir entre les pièces ofTeufes , féparées par des cartilages qui s’offifient par la fuite. 

Le llernum eft garni à fes deux extrémités de deux cartilages, dont l’un eft large & très 
mince, pofé tranfverfalement & regardant le bas-ventre , il fe nomme cartilage xiphoïde : 
l’autre au contraire fitué antérieurement eft plus épais , & pofé perpendiculairement au 
précédent. 

Ce dernier cartilage eft expofé à être léfé ou par quelque coup de timon, ou à la fuite de 
quelque tumeur appellée vulgairement avant-cœur , ou par des cauftiques. Il arrive fouvent 
que cette partie eft non feulement découverte , mais confidérablement bleftee : alors ce 
cartilage, qui eft de la nature de ceux du pied, des côtes & des articulations, fe carie & ne 
peut s’exfolier. Dans ce cas il furvient une plaie liftuleufe qu’on ne doit pas tenter d’amener 
à fuppuration. D’ailleurs on ne le fçauroit fans rifquer de détruire l’attache des mufcles 

fterno-hyoïdiens , &c.de même que la réunion des principaux vaifleaux qui entrent 

dans la poitrine, 

PARAGRAPHE III. 

DU BASSIN. 

Le baftin eft formé par les os innominés , & par l’os facrum. 

Les os innominés font compofés de ftx pièces dans les poulains, de deux dans les jeunes 
chevaux , & d’un feul dans les vieux. Ces fix pièces font trois de chaque côté * fçavoir, 
l’iléon , l’ifehion & le pubis. 

1.^ D E U O S I L É O N 

L’os iléon, qui eft le plus grand des trois, eft triangulaire, applati, convexe en dedans, 
& un peu concave en dehors. On confidère à cet os trois bords , un antérieur & deux 
latéraux ; trois angles , deux placés au bord antérieur aftez gros & fpongieux, & un 
inférieur à trois faces ; fçavoir , une fupérieure , une inférieure , & une. interne ; trois 
échancrures, une au bord antérieur formée par les deux angles , & deux aux deux bords 
latéraux. On y remarque encore une facette cartilagineufe qui, étant jointe avec l’os ifehion 
& l’os pubis , forme la cavité cotyloïde. Sur fon bord inférieur fe voit un trou pour le 
paftage d’une artère , d’une veine & d’un nerf On apperçoit dans fa face interne plufieurs 
inégalités pour recevoir les éminences de l’os facrum. 

Les chevaux en tombant dans le temps des gélées ou fur le pavé plombé fe fraêliurent cet 
os : accident qui eft plus ou moins fâcheux. Quand la frafture arrive dans l’angle fupérieur 
de l’iléon, à deux ou trois pouces de fon bord, la guérifon s’en fait parfaitement fans le 
fecours du maréchal : cependant il eft bon de baftiner la partie avec des médicamens propres 
au genre de tumeur qu’a occafionné la fraêlure, c’eft-à-dire , avec les émolliens , s’il y a 
inflammation ; ou avec les réfolutifs, fi c’eft un œdème ou même un phlegmon œdémateux. 
Dans ce cas l’animal guérit , & c’eft ce que l’on appelle un cheval épointé. Au contraire, 
lorfque la frafture fe trouve placée dans l’angle inférieur , la guérifon eft rare ; je n’en ai 
pas même d’exemple : l’ouverture de ces chevaux m’a toujours fait reconnoître qu’il y avoic 






OSTÈOLOGIE. 


39 


gangrène dans la partie blelTée. Mais pourquoi réuffit-on fi peu à guérir cette frafture ? 
c’eft, je crois , parc?que Partère iliaque interne pafTant par cet endroit fe trouve tiraillée 
continuellement par les mufcles abdominaux , lefquels tiraillent eux-mêmes cette portion 
qüi par conféquent n’eft plus fixe, & augmente par-là l’inflammation de la partie, ôc enfuite 
la gangrène. 

a.» DE VOS ISCHION ET DE DOS PUBIS. 

Comme ces os fe trouvent réunis de bonne heure , nous les décrivons enfemble. Ils 
reflèmblent à une lunette. Nous les diviferons en deux parties , une fupérieure & une 
inférieure. 

La fupérieure efl: plus large que l’inférieure : elle forme deux branches , l’une externe, 
& l’autre interne. 

La branche externe a trois faces ; une interne, & deux externes, dont l’une efl: fupérieure, 
& l’autre inférieure : celle-ci forme en partie la cavité cotyloïde. On y remarque plufieurs 
inégalités pour l’attache du ligament rond ou fufpenfeur ; des inégalités au bord de cette 
cavité pour l’attache du ligament capfulaire ; une échancrure antérieurement, laquelle donne 
à l’entrée de cette cavité la forme d’une oreille d’homme. Sur cette même branche fe voit 
un trou pour la diftribution des vaifleaux fanguins. 

La branche interne repréfente une équerre ; on y diftingue trois bords ; un antérieur, 
un latéral, & un interne qui étant joint avec la branche externe forme le grand trou 
nommé ovalaire. 

La partie inférieure de cet os efl: plate, & a deux faces, une externe & une interne 
un peu concave. On y remarque trois bords , un poftérieur & deux latéraux ; une échan¬ 
crure extérieurement. L’extrémité de cet os efl: très groflTe , fpo/igieufe , inégale pour 
l’attache de plufieurs mufcles. On peut confidérer à cette extrémité trois faces , une interne, 
une latérale, 6c une inférieure concave. 









H I P P O T O M I E. 


40 

ARTICLE TROISIÈME. 

des extrémités. 

Les extrémités font au nombre de quatre ; deux antérieures & deux poftérieures. 

PARAGRAPHE PREMIER. 

DES EXTRÉMITÉS ANTÉRIEURES. 

Les extrémités antérieures font au nombre de deux j elles font cbacune formées de 
plufieurs parties j fçavoir, de l’épaule, du bras, de l’avânt-bras , du genou , du canon j 
du boulet , du paturon , de la couronne , ôc du pied. 

D E É P A U L JE. 

L’épaule eft compofée d’un feul os nommé omoplate. Cet os eft fitué à la partie latérale 
du thorax , depuis la deuxième côte, jufqu’à la fixième ou feptième. Il relTemble a une 
palette triangulaire. 

On le divife en deux faces : une externe en partie convexe , & en partie concave ; une 
interne , concave : en trois bords, un fupérieur regardant l’épine, un peu épais , fpon- 
gieux , inégal pour l’attache d’un cartilage qui ell très large & mince ; un antérieur mince, 
tranchant dans fa partie fupérieure & moyenne , & arrondi dans fa partie inférieure ; un 
poftérieur , arrondi dans fa partie moyenne & inférieure, un peu tranchant dans fa partie 
fupérieure.' 

La face externe de cet os forme deux folTes féparées par une crête appellée l’épine de 
l’omoplate. Cette épine s’étend depuis le bord fupérieur , augmentant jufqu’à la partie 
moyenne , & diminuant prefque jufqu’à l’extrémité inférieure au bas de laquelle eft un trou 
pour le paftage des vaifteaux fanguins. La fofte antérieure fe nomme fofte fur épineufe ou, 
d’après M. Bourgelat, antépineufe. On donne le nom fous épineufe ou de poftépineufe à 
la fofte poftérieure , laquelle eft de deux tiers plus grande que l’autre. 

L’extrémité inférieure de cet os eft ovalaire. On y remarque une grofte apophyfe appellée 
coracoïde ; une fofte articulaire nommée glénoïde , dont la figure approche d’un ovale j 
plufieurs inégalités aü bord de cet alvéole pour l’attache du ligament capfulaire. 

La face interne de cet os eft concave. On y obferve plufieurs lignes faillantes dont une 
s’étend depuis la partie moyenne du bord fupérieur , jufqu’au tiers du bord antérieur. 

Le milieu de cet os eft cave & très mince ; c’eft ce que l’on nomme fofte fcapulaire, 
On y voit des inégalités pour l’attache d’un mufcle qui porte le même nom. 

La partie inférieure, comme nous l’avons dit, eft large. On y apperçoit une échancrure 
entre la cavité glénoïde & l’apophyfe coracoïde au-deftus de laquelle paroît une petite fofte. 

Cet os n’eft articulé qu’inférieurement avec l’humérus , & forme un mouvement de 
genou. Son extrémité fupérieure eft contenue par fes mufcles releveurs (u) , & elle n’a que 

( <* ) 11 n’eft pas tout-à-fait vrai, comme le die M. Bourgelat , pag. que cette extrémité fupérieure foit fufpendue par un 

ligament particulier très fort. 11 n’y a point de ligament fufpenfeur , qui d’ailleurs feroit inutile pour l’épaule , puifqu’elle porte fur 
la jambe, & que dans quelque efpèce d’accident que ce foit, elle fe trouveroit aftez foûtenue ou fufpendue par les mufcles trapèze, 
rhomboïde , & releveur propre de l’omoplate, & par l’expanfion du ligament cervical qui s’étend jufque fur l’apophyfe tranfverfe 
de l’omoplate. 











p.es. 


MclitUc d& (üæ-Joat^FauceiS. 


n.x. 












n.x. 



s. es. 


F. y 9,. 




F.y3.- 




McJteJle^de' dùchuibFauceé. 

t i ^ 23 




ClaudcTétsîwc^i^ 











OSTÉOLOGIE. 41 

le mouvement de devant en arrière, enforte que la pointe de l’épaule va en avant, & 
que l’autre partie fupérieure va en arrière. 

a." n U B R A S. 

Le bras eft formé d’un feul os long & arrondi (a), fitué le long de la partie inférieure 
du thorax , décrivant une ligne oblique ainfi que le précédent, fe portant de devant en 
arrière. 

On le divife en corps & en extrémités, dont l’une eft fuperieure & l’autre intérieure. 

Onconfidère à la partie fupérieure une éminence un peu arrondie , appellée la tête de 
l’humérus, & un rétréciflement au-deflbus nommé le col pour l’attache du ligament capfu- 
laire ; trois apophyfes antérieures formant deux échancrures en forme de poulie , pour le 
pafTage de quelques tendons; une apophyfe à la partie latérale externe : ces quatre apophyfes 
forment un enfoncement pour loger les glandes mucilagineufes ou fynoviales. 

A la partie moyenne de cet os, s’obfervent trois faces; une interne regardant la poitrine, 
une antérieure & une poftérieure. Un peu au-deftbus de la partie moyenne aux parties 
latérales externes on apperçoit une éminence confidérable pour l’attache de plufieurs mufcles. 
La partie moyenne eft plus petite que les extrémités. 

La face externe & interne font un peu applatis ; la poftérieure eft arrondie. Au-deftus 
de la partie moyenne fe voit un trou pour la diftribution des vaifteaux. 

L’extrémité inférieure eft terminée par quatre éminences, dont deux fervent à l’articu¬ 
lation , & s’appellent condyles ; une poftérieure formant une grande cavité pour loger 
l’olécrane du cubitus ; & une antérieure pour l’attache des mufcles : une gouttière entre 
les deux condyles , & enfin plufieurs inégalités , & deux facettes aux parties latérales pour 
l’attache des ligamens latéraux. 

3 .« DE r AVANT-BRAS, 

L’avant-bras eft formé de deux os (^) ; fçavoir , du radius ou rayon, & du cubitus 
ou os du coude. 

Le radius eft le plus long des os de l’extrémité antérieure. On le divife en corps & 
en extrémités, l’une fupérieure & l’autre inférieure, qui toutes deux font égales en grofteur. 

On remarque à la partie fupérieure deux apophyfes ; l’une externe & placée latéralement, 
& l’autre antérieurement. 

La partie moyenne de cet os qui eft la plus dure & la plus compare a deux faces ; une 
antérieure arrondie, & une poftérieure applatie : deux bords , un interne & un externe. 

Dans la partie inférieure antérieurement, fe voient quatre apophyfes, dont deux confi- 
dérables aux parties latérales , formant toutes quatre trois gouttières, deux éminences & 
deux cavités enduites de cartilages , l’une defquelles eft plus confidérable que l’autre : on 
apperçoit enfin plufieurs inégalités, tant dans la partie fupérieure que dans l’inférieure, pour 
l’attache des ligamens & autres. 

Le cubitus eft fitué à la partie poftérieure du radius. Il reftemble à une maftue divifée 
en deux portions ; une fupérieure, & l’autre inférieure. La fupérieure eft un peu quarree ; 
l’inférieure eft en forme de ftylet. On obferve à la partie fupérieure deux apophyfes ; l’une 


( a ) Cefl: improprement que M. Bourgelat lui donne une figure cylindrique. _ ^ _ 

K b ) M. Bourgelat, pag. 48 , parle du culjitus, qu’il die former feul l’avant-bras. Pour moi , je me croîs bien fonde à dire que 
l’avant-bras eft formé de deux os. En effet, ils font bien diftinds & féparés l’un^ de l’autre, tant que les os du crâne ne font pas 
unis entr’eux : notre célébré hippotomifte voudroit-il qu’après cette réunion, la tête fut regardée comme d’une feule pièce ? S’il 
prend la peine de jetter un coup d’œil fur le fquéléte , il fentira la raifon pour laquelle nous avons nommé radius le plus confidé- 
rable , de cubitus le plus petit. 

L 







HIPPO T OMI E. 


qui eft à l’extrémité s’appelle olécrane ; l’autre eft arrondie & cartilagineufe, pour être reçue 
dans la cavité poftérieure de l’humérus. Entre ces deux éminences eft fituée une cavité 
fervant de gaine pour les mufcles qui forment l’avant-bras ; plus, deux autres éminences 
pour fe joindre avec le radius. 

Cet os en diminuant forme trois faces ; une antérieure , & deux latérales. Il ÿ a un 
efpace entre cet os & le radius , pour le paflàge de plufieurs vailTeaux. Le cubitus defcend 
tout le long du bord externe du radius ; c’eft aux environs de la partie moyenne de ce 
dernier qu’il s’oftifie avec lui, ordinairement dans les jeunes chevaux; enforte qu’ils ne font 
plus qu’un feul os dans les vieux. 

Ce même os eft fouvent expofé à être carié à la fuite de l’ouverture d’une loupe qui eft 
furvenue en cet endroit, où elle a été occafiohnée par l’éponge du fer. V^oye^ Loupe au 
coude. 

4 .“ DU GENOU 

Le genou eft compofé de fept os (a) dilpofés fur deux rangées, trois à chaque, & un 
derrière la première. 

Les os de la première rangée font, en prenant de dehors en dedans , l’irrégulier, le 
triangulaire & le fémilunaire : ceux de la fécondé, font le petit cunéiforme, le trapézoïde, 
& le grand cunéiforme ; le feptième , fttué derrière la première rangée, eft appelle os 
crochu ( 3 ), 

On confidère à l’os irrégulier quatre angles , formant cinq cavités cartilagineufes ; une 
fupérieurement, pour s’unir avec les éminences du radius ; une autre inférieurement, pour 
s’unir avec le premier os de la deuxième rangée ; une dans la partie latérale externe, pour 
s’articuler avec l’os crochu ; & deux aux parties latérales internes , pour fe joindre avec les 
deux os de la première rangée. 

Le triangulaire repréfente cinq faces : une fupérieure, où il y a une éminence & une cavité 
qui fe reçoivent avec la partie inférieure du radius , & autant dans la partie de cet os pour 
s’unir avec la fupérieure des deux premiers os de la deuxième rangée : fa partie antérieure 
eft un peu inégale : fes parties latérales préfentent quatre petites facettes formant deux 
échancrures , & une éminence arrondie poftérieurement pour l’attache des ligamens. 

Le fémilunaire a quatre faces : une fupérieure , une inférieure, & deux latérales. Dans fa 
partie fupérieure &C inférieure , fe remarquent deux facettes pour s’articuler d’une part avec 
les condyles externes du radius, & de l’autre avec le petit cunéiforme. Les parties latérales font 
inégalés , fur-tout 1 interne , ou il y a plufieurs enfoncemens pour, les attaches ligamenteufes. 

Le petit cunéiforme eft le premier os de la fécondé rangée. On y confidère cinq faces ; 
une fupérieure convexe 6 c unie ; une antérieure pareillement convexe ; une inférieure en 
partie plate ; une interne inégalé 6 c raboteufe , & une externe approchant de même : trois 
bords formant trois angles ; ces trois bords ont aufli trois faces ; fçavoir, une antérieure, 
une externe 6 c une interne. 

Le trapézoïde eft le plus confidérable de cette rangée. On y remarque, à raifon de fa 
figure , trois angles ; deux latéraux internes un peu tranchans , 6 c un poftérieur arrondi : 


Bourgelat ayant fans doute trouve par hazard neuf petits os au genpu, a cru pouvoir admettre ce nombre , [pag. 50]. 
kiref ce f ^ '■ " rencontrés de plus ne font pas articu- 

comnôfé de nenf "" voient que dans quelques fujets. ' L’ufage de la diffedion dériontre que Je genou eft 

“y ? .5 Combien devrois-ie donc admettre apres en avoir trouvé vingt à un genou & vinst-trois à l'autre? Cette 

ixiult P icite pourroit bien venir à la fuite de quelque maladie ; ainfi ce nombre n’eft fas admiLr/anV le fluéJde 

l’aLcoLe du dievireïw ’ l uc' ^ ->6 «ochu. Tous L livres qui traitent de 

I anatomie du cheval en font mention & obferveni le plus grand lilence fur les autres. ^ 









O s T È 0 L O G I E. 


43 


cinq faces, «ne fupérieure formant deux facettes pour s’articuler avec les os de la première 
rangée ; une inférieure, plate, lilTe & polie, pour fe joindre avec l’os du canon ; & trois 
autres , dont l’une antérieure inégale , & deux latérales formant deux échancrures. 

Le grand cunéiforme eft femblable à peu de chofe près au petit cunéiforme. On y 
confidère cinq faces, une fupérieure, unç antérieure , toutes deux convexes ; une inférieure, 
une externe & une interne. 

L’os crochu eft le feptième os. Il eft fitué derrière la première rangée & un peu en 
dehors : on y obferve deux faces ; une externe convexe, & une interne concave. On y 
appereoit un bord arrondi donnant attache à un ligament capfulaire commun : il a de plus 
deux facettes cartilagineufes pour s’articuler d’une part avec le radius , de l’autre avec l’os 
irrégulier. 

ç DE DOS D U C A N O N. 

Le canon eft formé de trois os ; l’un qui fert de bafe , & qui conferve le nom d’os du 
canon ; les deux autres font fitués derrière. 

L’os du canon eft placé au-deflbus du genou. Sa f gure eft à peu près cylindrique. 

Nous le diviferons comme les os longs, en trois parties ; fçavoir , la partie fupérieure, 
la partie moyenne & la partie inférieure. On obferve en général a cet os deux faces ; une 
antérieure & une poftérieure. Sa partie fupérieure eft plate , formant une petite ligne 
faillante , comme fi on l’avoit coupée ; cette face eft un peu oblique : on remarque aufti 
dans fa partie fupérieure externe , une facette pour recevoir le premier os de la fécondé 
rangée du genou ; deux bords raboteux, une tubérofité antérieurement. A la partie pofté¬ 
rieure & fupérieure de cet os, fe voient quatre petites facettes, deux de chaque côté, formant 
deux échancrures, & plufieurs inégalités. La partie moyenne de cet os eft la plus étroite ; 
on y diftingue ftmplement deux faces ; une antérieure & une poftérieure. Cette dernière eft 
percée d’un trou pour le paflàge des vaifleaux fanguins & des nerfs. La partie inférieure 
de cet os égale la fupérieure en grofleur. On peut y confidérer cinq faces ; une antérieure, 
une poftérieure , une inférieure, & deux latérales. Sa partie inférieure eft arrondie en forme 
de condyle dont le milieu eft élevé, & forme une crête : fes parties latérales font inégales 
& raboteulès pour l’attache des ligamens , &c. 

Il furvient quelquefois à cet os , dans la partie antérieure de fon corps, foit en dedans, 
fpit en dehors , & prefque toujours dans la partie fupérieure , une éminence contre nature 
qui n’eft autre chofe qu’une exoftofe, appellée vulgairement fur-os. Quand cette exoftofe fe 
trouve avoifiner l’os ftyloïde , & qu’elle eft en long, on la nomme fufée. Rarement cet 
accident fait boiter les chevaux , à moins qu’il ne gêne le mouvement du tendon oxtenfeur, 
lorfque l’exoftofe eft un peu en devant : fi elle eft fur le côté proche de l’os ftyloïde , elle 
le comprime , le poufle en dedans , & gêne par conféquent les tendons fléchiflèurs de l’os 
du paturon & celui du pied ; autrement le cheval ne doit point boiter. 

Les deux autres os font fitués derrière celui-ci ; ils ont la forme d’un ftylet ; ainfî on 
peut les appeller ftyloïdes : ils préfentent trois facettes cartilagineufes , dont une fttuée 
fupérieurement pour s’articuler avec les os de la dernière rangée , & les deux autres pour 
s’articuler avec l’os du canon. Ces deiix os vont en diminuant fe terminer aux deux tiers 
de l’os du canon par un petit point arrondi. 

Ces os s’offifient quelquefois avec l’os du canon ; accident qui ne fe rencontre que dans 
les vieux chevaux, & qui gêne le mouvement des tendons; car en fe contraftant, les tendons 
acquièrent un peu plus de volume, & par conféquent font obligés de jetter en dehors les 







HJPPOTOMIE. 

44 _;____—--__ 

os flyloïdes ; & comme ces os offifiés leur oppofent une forte rdfiftance, ils n’ont plus 
le même jeu qu’auparavant. 

6.0 D U B O U L E T. 

Le boulet eft compofé de deux os triangulaires , qui étant joints enfemble, forment une 
eoulilîè pour le paflage d’un, tendon. » 

On remarque à chaque os en particulier, deux faces ; une extérieure convexe &c inégalé 
pour l’attache de plufieurs parties tendineufes ; & l’autre un peu concave & unie, enduite 
d’un cartilage pour s’articuler avec la partie inférieure & poftérieure de l’os du canon. On 
y remarque trois bords , un fupérieur, un inférieur & un latéral : les deux premiers font 
très épais ôc préfentent une face triangulaire ; le bord latéral eft plus mince j & arrondi j 
formant une finuofité cartilagineufe ; enfin, tout ce qu’il oftre de plus confidérable k obferver 
eft un enfoncement aflez profond dans fon bord fupérieur , pour l’attache de quelques 
parties tendineufes. 

Ces os , comme nous l’avons dit, font articulés avec l’os du canon. 

7.0 DE VOS DU PATURON, 

Le paturon eft formé d’un feul os, nommé os du paturon. Comme les os longs, il peut 
être divifé en corps 6c en extrémités. 

Le corps eft arrondi, applati & moins confidérable que les extrémités. Il a deux faces ; 
une antérieure & une poftérieure. On apperçoit fur cet os des eminences 6f des cavités. 
Les éminences font au nombre de quatre : deux k l’extrémité fupérieure , & deux k l’infé¬ 
rieure J les deux premières font plus confidérables. Ses deux extrémités font enduites d’un 
cartilage pour s’articuler avec l’os du canon fupérieùrement, par deux facettes cartilagineufes ; 
& inférieurement par deux éminences arrondies en forme de condyle , pour s’articuler 
avec l’os coronaire. 

Cet os eft expofé k être frafturé par la pofition faufte que prend le cheval en mettant 
fon pied k terre ; mais l’os, que nous allons décrire, eft bien plus fujet k cet accident. 

8.0 DE LA COURONNE, 

L’os coronaire, ou os de la couronne, approche d’une figure quarrée. On peut y remarquer 
fix faces ; une fupérieure, une inférieure , une antérieure , une poftérieure, 6c deux latérales. 
On obferve k fa partie fupérieure deux facettes cartilagineufes , 6c dans fa partie inférieure 
deux éminences arrondies , pareillement cartilagineufes. 

Cet os eft un peu concave poftérieurement, 6c forme deux bords inégaux. Sa partie 
antérieure eft un peu arrondie 6c inégale. On voit k fes parties latérales plufieurs inégalités, 
6 c deux facettes dans fa partie inférieure, pour donner attache k différentes parties, de 
même que les inégalités que l’on apperçoit dans toutes ces furfaces (a). 

L’os coronaire eft articulé fupérieurement avec l’os du paturon , inférieurement avec l’os 
du pied, poftérieurement 6c inférieurement avec l’os de la noix. 

Cet os, comme nous venons de l’obferver, eft expofé k être fraéluré. On remarque que 
cette fraélure fe fait ordinairement en deux ou en trois portions, mais rarement en un plus 
grand nombre. Je conferve dans mon cabinet plufieurs os coronaires caffés latéralement 
dans leur bord fupérieur, 6c dans lefqiiels la portion fraèlurée eft peu confidérable. 


{ ) _ On conGdère, dit M. Boùrgelat, ji, des empreintes ligamenteufes dans toute letendue de cet os. Je n’en ai trouve 

que derrière & aux parties latérales. 

9- 








0 s t È O L O G I E. 


4 ^ 


9 ° DU PIED. 

pied eft tonlpofé de deux os ; fçavoir, de l’os du pied propremèîlt dit (æ) , & os dé 
la noix. 

[A] DE VOS DU PIED. 

L’os du pied eft fitué dans le fabot. Sa figure reflemble aftez bien au talon du foulier 
des femmes, lorfqu’on le renverfe (b). 

On y confidère trois faces ; une antérieure convexe un peu raboteufe ; une inférieure 
concave pareillement inégale ; & une fupérieure unie 6 c polie-. 

A la face fupérieure fe voient trois apopbyfes ; une à la partie antérieure pour l’attâcke 
du tendon extenfeur du même os, & deux aux parties latérales pour l’attache des cartilages (c). 
Aux parties latérales, en avant de ces deux apophyfes, font deux facettes pour l’attache des 
ligamens latéraux qui unifient cet os avec l’os coronaire. On remarque enfin fur ces mêmes 
apophyfes deux trous , qui quelquefois ne font que des échancrures pour donner pafiage 
à quelque veine. 

Tout ce qu’il y a a examiner dans fa partie antérieure, fe borne à plufieurs trous qui 
livrent pafiage k des vaifieaux fanguins. 

On obferve dans fa partie inférieure & concave une éminence arrondie de chaque cote , 
laquelle ne forme quelquefois qu’une crête faillante pour donner attache au tendon 
fléchifieur de cet os : au bas de chacune de ces éminences’, fe voit un trou par lequel pafient 
une artère , une veine èc un nerf, qui vont fe diftribuer dans la fubftance de l’os du pied : 
on apperçoit enfin, derrière ces mêmes éminences deux fcifiures formées par le pafiage des 
vaifieaux qui vont fe diftribuer dans le pied. 

Cet os , quoique folidement placé dans le fabot, eft néàmùoins expofé k être fraêluré, 
mais plus rarement que les autres. La caufe de cet accident provient du parement du pied, 
& principalement de la foie des talons qui forme les arcs-boutalis de la muraille , & encore 
plus du parement de là fourchette. Il eft bon d’obferver que cette frafture eft toujours 
verticale , qu’elle arrive quelquefois dans la pattie moyenne , mais plus fouvent fur le côte. 

[B] DE U 0 S DE LA NOIX. 

L’os de la noix , aufii appellé os de la navette k caufe de fa refiemblance avec Cet inftru- 
ment, eft un os féfamoïde invariable, que M. Bourgelat avoit omis dans fon hippiatrique, 
& qui joue un des plus grands rôles dans l’œconomie du cheval. Il eft fitué derrière la 
partie poftérieure & inférieure de l’os coronaire , & porte fur le bord poftérieur de l’os 
du pied ( <i). 

On y remarque deux faces ; une antérieure , qui regarde l’os coronaire ; elle eft lifie , 
polie , & féparée par une petite éminence faillante ; l’autre regarde le tendon ; elle eft 


( a ) Nous flous gardons bien de le noinmer, comnie M. Bourgelat , 53 , j’os du petit pied ; fce qui fembleroic annoncer 

dans le cheval un grand & un petit pied. Il eil vrai que les anciens auteurs J’ofic défigné ainfi j mais cette dénomination nous 
a paru infoûtcnable , elle mérite d’être rejettée. 

[b ) Sa figure répond à celle de l’ongle de l’animal , dit M. Bourgelat, fagi 53. Ne vdudroit-il pâs mieux dire que c’eft 
l’ongle qui prend la figure de l’os ? l’expreflion nous paroîtroit plus jufle. Car les parties molles ne fçauroient imprimer aucune 
forme aux parties dures. M. Bourgelat a fans doute vu plus d’un embryon , où l’os du pied le trouvoit tout formé , & la muraille 
molle comme de la bouillie ? , . . , 

( c ) M. Bourgelat avance , pa^. 53 , que ces apophyfes ou éminences forifgafriies d^m cartilage qui s’oflifie dans les vieux 
chevaux. Cette ofiification n’arrive pas conftamment ; c’eft l’effet de quelque accident. I/animal, il eft vrai , peut naître avec un 
point d’offification, qui peu de temps après, s’offifie entièrement ; ce que j’appelle forme naturelle. 

( d ) On a déjà averti qu’il ne faut dire , comme xM. Bourgelat, l’os du petit pied j ce qui indiqueroit qu’il y en auroit un 
grand, 

M ■ 





1 


H I P P O T O M I e: __ 

alTez lifTe, mais moins que la première. On diftingue encore à cet os deux bords ; 

fupérieur arrondi,, & un inférieur, un peu cave , lefquels donnent attache h des ligamens. 

Cet os peut fe frafturer dans les mémarchures : il eft encore expofe a etre pique par le 
parement des pieds. 

PARAGRAPHE II. 

des extrèmités postérieures. 

Les extrémités poftérieures font au nombre de deux. Chaque extrémité eft formée dê la 
cuilTe , du gralTet, de la jambe , du jarret , du canon, du boulet, du paturon, de la 
couronne Ôc du pied. 

1 .^ B Ü F É M U R, 

La ciiilTe eft formée d’un feul os, qui eft le plus gros du corps de l’animal. 

On le divife en corps & en extrémités. 

Son corps eft lifte 6c arrondi antérieurement, inégal 6craboteux poftérieurement, formant 
une crête qui part de fon extrémité fupérieure , '6c qui s’étend jufqu’à l’inférieure , en fe 
bifurquant. On peut y remarquer deux faces applaties , une dans fa partie poftérieure, 
6 c l’autre dans fa partie latérale externe. Il fe trouve pour l’ordinaire dans fa partie pofté¬ 
rieure un trou qui donne pafTage à une artère , à une veine 6c à un nerf. 

Dans la partie fupérieure de cet os, fe voient des éminences 6c des cavités. Les éminences 
au nombre de quatre font confidérables. La principale 6c la plus faillante eft la tête du 
fémur, fituée inférieurement, 6c s’inclinant un peu pour s’articuler avec la cavité cotyloïde. 
Ce qui la fépare du corps de l’os dans les jeunes fujets , eft un rétrécilTement au-defTous de 
la tête , auquel on donne le nom de col. Les trois autres éminences fituées extérieurement 
font appellées trochanters , l’un defquels eft: fupérieur , l’autre moyèn , 6c le troifième 
inférieur. Le fupérieur eft élevé au-deftus de la tête d’une fois la grofteur de la tête ; il eft: 
pointu fupérieurement, arrondi en devant , 6c applati poftérieurement. Le moyen eft plus 
confidérable ; il eft égal à la tête en hauteur, 6c eft arrondi. L’inférieur eft plus allongé 
6 c plus applati. 

A l’égard des cavités on en compte deux remarquables ; la première eft formée dans 
la tête , 6c à fon extrémité pour l’attache du ligament rond ; l’autre eft fituée poftérieu¬ 
rement au bas du grand trochanter ; cette dernière eft plus confidérable que la première. 
Il y a enfin trois échancrures formées par la tête du fémur, par le grand 6c par le moyen 
trochanter. 

On diftingue de même dans la partie inférieure de cet os, des éminences 6c des cavités. 
Les éminences font au nombre de quatre , dont deux, arrondies , liftes , polies, fituées 
poftérieurement, 6c appellées condyles poftérieurs. Les deux autres, qui font pareillement 
polies , fe nomment condyles antérieurs. Il faut obferver que les deux condyles internes 
font plus confidérables 6c plus faillants. On compte plufieurs cavités dont deux méritent 
d’être remarquées ; la première eft fituée poftérieurement au-deftlis des condyles poftérieurs; 
la fécondé eft dans l’entre-deux de ces mêmes éminences ; celle-ci eft moins confidérable 
que la première. Il y a encore fur les côtés des condyles poftérieurs, deux petites dépreftions 
pour l’attache des ligamens latéraux. 





OSTÉOLOGIE. 


a.o DU GRASSET OU ROTULE. 

Le gralTet eft formé d’iiii feul Os , que fa figure a fait nommer os quarré. On y 
remarque deux faces , une antérieure ^ convexe j inégalé j & une pofterieure, en partie 
inégale , & en partie unie. On y diftingue quatre angles , deux fupérieurs , &c deux infé« 
rieurs : l’inférieur interne eft plus obtus , plus arrondi que les trois autres. La face 
poftérieure de cet os préfente trois facettes , dont deux fupérieures , qui font unies ôc 
polies ; & une inférieure inégale , féparée des deux autres par une crête tranfverfale. 

Les plaies fur la rotule occafionnées par un coup de pied font dangereufes. Quelquefois 
elle fe fraêlure par la violence du coup, & quelquefois par la contraélion fubite des mufcles 
au moment du coup, & toujours tranfverfalement. Je ne penfe pas que cet os puifTe fe 
cafier par aucune autre caufe ; du moins, je n’en ai pas d’exemple. De quelque caufe que 
provienne la fraêlure du gralTet, le mal eft fans remede ; parce que d’un côté les mufcles, 
étant toujours en contraêlion , obligent la partie fupérieure de la rotule à monter en haut, 
& que de l’autre, le cheval ne fçauroit fe tenir tranquille , quand bien même il feroic 
poftible d’y établir un bandage. 

D E L A J A M B Ë. 

La jambe eft formée de deux os , dont le plus confidérable fe nomme tibia, & l’autre 

péroné. 

[A] DU T I B I A^ 

Le tibia, qui eft le plus long des extrémités poftérieures , eft d’une figure prifma- 

tique {a) , dans fon corps & dans fa partie fupérieure : l’inférieure eft quarrée ; par 

conféquent on confidérera dans cet os trois faces ôc trois crêtes ; la face externe , la face 
interne , & la face poftérieure : la crête antérieure, la crête interne , & la crête externe. 
On remarque à la partie fupérieure de cet os ( 3 ) cinq éminences : deux k la partie anté¬ 
rieure, dont la plus confidérable eft externe, & donne attache au ligament de la rotule (c) ; 
elles font féparées par une gouttière pour laifter glifter ce même ligament, qui s’y attache 
aufti : deux a la partie poftérieure, où font attachées des portions tendineufes : la cinquième 
eft fituée fur le fommet de cet os ; elle eft taillée en bifeau , & donne attache aux 
ligamens croifés , aufti-bien qu’une petite échancrure fituée k côté : cette apophyfe fe 
trouve cachée entre les condyles du fémur : cette crête fépare deux facettes cartilagineufes, 
dont l’une externe eft un peu arrondie pour s’articuler avec les facettes cartilagineufes du 
ligament croifé {d) ; l’autre eft plus applatie , & s’articule de même avec ce ligament 
extérieurement. 

On y confidère des Inégalités rangées en forme de facettes pour s’articuler avec le péroné: 
enfin deux échancrures, une k la face externe donnant paflage k un tendon ; l’autre pofté- 
rieurement, par lequel paftent les principaux yaiffeaux. 

Le corps de cet os eft lifte & poli fur fes faces interne & externe : il eft raboteux 


( 4 ) On ne peut manquer d’être furpris quand on entend dire à M. Bourgelat, pag. 71 , que le tibia eft cylindrique, puifquon 
confidère dans prefque toute fon étendue trois faces ; ce qui çaraélérife la forme prifmatique que nous lui donnons, & qu’il a bien 
réellement. 

( b ) Cet os forme une efpèce de tête, fuivant M. Bourgelat, pag. 73. II n’ignore cependant pas qu’en anatomie on ne donne 
le nom de tête , qu’à l’extrémité arrondie fupérieurement d’un os au-deifous de laquelle eft un col. 

( c ) Nous ne difons pas un tendon , comme M. Bourgelat, pag. 72. , mais le ligament de la rotule qui eft bien diftinû dans 
tous les animaux; nous craindrions d’être aceufés de prendre le change ? 
i d ) Et non avec les condyles du fémur , fuivant le même auteur. 







H I P P O T 0 M I E. 


48_ 

<lans fa partie p©ftérieure. On y remarque un trou confiderable donnant pafîàge à une 
.artère , à une veine & à un nerf. 

La partie inférieure de cet os eft quarrée : il y a par confequent une face anterieure ^ 
une poftérieure , une interne , & une externe. On y diftingue trois apophyfes ; deux 
latéralement appellées malléoles , & une poftérieurement qui s’articule avec l’os de la poulie, 
& forme deux cavités cartilagineufes, féparées par une crête pour s’articuler avec le même 
os de la poulie {a)., 

[B] î> Ü P È R O ISf È. 

Le péroné eft fttué à la partie latérale externe du tibia , s’étendant depuis la partie 
flipérieure jufqu’à la partie moyenne de cet os. Sa ligure approche d’une pyramide dont la 
bafe eft en haut ; cette extrémité fupérieure eft applatie (^) , & arrondie dans fon bord 
poftérieur pour s’articuler avec la facette du tibia , dont nous venons de parler. L’extrémité 
inférieure fe termine en pointe,, 6c n’a rien de remarquable^ 


4.^ D 1 / JARRET. 

Le jarret eft compofé de fix os pour l’ordinaire , mais quelquefois de fept. Ces lix os 
font l’os du jarret proprement dit, l’os de la poulie, le grand fcàphoïde, le petit fcaphoïde, 
l’os difforme, 6c l’entr’offeux. C’eft ce dernier qui quelquefois eft féparé en deux, 6c forme 
le feptième os de cette partie. 

[A] DE VOS DU JARRET PROPREMENT DIT. 

L’os du jarret eft fttüé derrière l’articulation de ces os. Il eft d’une ftgure allongée. Son 
corps eft peu confidérable. On y obferve trois faces ; une latérale externe, une poftérieure ^ 
6c une interne. Cet os fe prolonge en haut, 6c forme ce que l’on appelle la pointe du 

jarret, laquelle eft très inégale , raboteufe , 6c livre paffage, 6c donne attache à plufieurs 

tendons , poftérieurement entre fon corps 6c fon prolongement. On y voit une échancrure 
par laquelle paffent des tendons & les principaux vaiffeaux. La face interne de cet os eft 
concave : on y remarque quatre facettes cartilagineufes pour s’articuler avec l’os de la poulie. 
Au milieu de ces quatre facettes , fe trouve un enfoncement qui fert à loger les glandes 
fynoviales , lefquelles filtrent la liqueur propre k lubrifier cette articulation. Latéralement 
6c extérieurement, on apperçoit une échancrure angulaire , pour s’articuler avec l’os de la 
poulie. Inférieurement cet os eft cartilagineux, pour s’articuler avec l’os difforme. 

[B] D E r O S D E L A P O U L I E. 

L os de la poulie , ainfi nomme a caufe de fa figure , s’articule poftérieurement avec 

1 os du jarret, inferieurement avec le grand fcaphoïde, 6c fupérieurement avec l’os du tibia. 
Aux parties latérales de cet os extérieurement, eft une petite facette, donnant attache k un 
ligament lateial. Intérieurement, 011 y confidere une apophyfe en forme de mamnielon , 
où vient s’attacher un ligament latéral. La partie inférieure de cet os eft un peu arrondie, 
cartilagineufe , 6c forme dans fon milieu une petite facette pour loger les glandes fyno¬ 
viales. La partie poftérieure de cet os préfente différentes facettes cartilagineufes qui s’arti¬ 
culent avec l’os du jarret. 


7^, N.o 1,3 appelle apophyfes condyloïdes , ne font autre chofe que les malléoles, lefquelles ne 
( ? 1 ^ des condyles qui font toujours arrondis , au lieu que ces parties du tibia ne le font point. 

{ 0 ] L.elt improprement que M. Bourgelat donne a cette partie le nom de tête ^ 

[C] 






O s T É 0 L O G I E. 


49 


[C] D U grand scaphoïde. 

Le grand fcaphoïde , ainfi nommé à caufe de fa figure creufe & en forme de nacelle, 
eft fitué delTus le petit fcaphoïde , & au-deffous de l’os de la poulie. Comme dans les os 
plats, on y diftingue deux faces ; une fupérieure concave qui s’^t.cule avec 1 os de la 
poulie; au milieu fe trouve une cavité propre à contenir les glandes fynovtales : fa face 
inférieure eft arrondie. On y conf.dère deux bords ; un anterieur, arrondi, inégal, donnant 
attache h des ligamens capfiilaires ; un poftérieur, anguleux où s’attachent des tendons & 
différensligamens. Ce font ces ligamens qui en dedans du jarret s’umlfent avec le grand 
fcaphoïde, & qui étant tiraillés à outrance dans un effort, produifent une tumeur que 1 on 
appelle épervin. Voyei Épervin. 

[y)] DU PETIT scaphoïde, 

Le petit fcaphoïde eft fitué au-deffous du précédent , & au-deffus de l’os du canon. Sa 
figure eft différente du premier, non feulement il eft moins creux & moins confiderable , 
mais il reffemble à un rein avec fes principaux vaiffeaux ; il eft arrondi antérieurement, & 
forme poftérieurement une forte apophyfe, laquelle eft cartilagineufe en deffus & en delTous, 
pour s’articuler avec l’os du canon & le grand fcaphoïde. On confidère dans fa face fupe- 
rieure une cavité profonde pour loger les glandes fynoviales ; la partie inferieure eft a peu 
près femblable à la fupérieure. 

[E] DE VOS DIFFORME. 

L’os difforme eft l’os de l’articulation du jarret, le plus irrégulier. Il eft fitue à la partie 
latérale externe de cette articulation; il eft auffi épais que les deux os fcaphoïdes pris enfemble, 
& fe porte un peu de bas en haut. On y remarque extérieurement deux éminences dont la 
plus confidérable eft arrondie en forme de mammelon, qui donne attache à des trouffeaux 
àc fibres ligamenteufes. Cet os ne porte que très peu fur l’os du canon, mais prefque 
entièrement fur l’os ftyloide externe. 

[F] DE L’OS INTERARTICULAIRE DU ENTR’OSSEUX. 


L’os interarticulaire ou entr’offeux eft fitué à la partie poftérieure de cette articulation , 
derrière le petit fcaphoïde & l’os ftyloïde interne , & touchant un peu l’os du canon. 

Cet os eft en partie qiiarré, & en partie applati. Cette première portion forme quatre faces 
cartilagineufes ; une fupérieure , pour s’articuler avec le grand fcaphoïde, une intérieure , 
pour s’articuler avec le petit fcaphoïde ; & deux inférieures , dont une plus confidérable 
s’articule avec l’os ftyloïde externe , & l’autre avec l’os du canon. La fécondé portion ne 
paroît être qu’une longue apophyfe qui fe porte poftérieurem^ent à cette articulation, & 
donne attache à des fibres tendineufes & ligamenteufes. On y âpperçoit inférieurement une 
facette cartilagineufe , laquelle répond à une pareille facette de l’os ftyloide externe : ces 
deux parties intérieurement forment une gouttière , le long de laquelle paffent des fibres 
ligamenteufes. 


L’os de la poulie , ainfi que ces quatre derniers os , joue un grand jeu, quoiqü il ne 
paroiffe pas avoir beaucoup de mouvement. Il eft certain que dans l’état naturel, il n’eft 
guere poffible qu’ils fe meuvent ; mais j’ai conftamment obfervé que toutes les fois que 
ces articulations avoient été endommagées par quelque ankylofe, ou par quelque exoftofe, 

N 








50 


HIPPOTOMIE. 


le jeu de cette partie n’étoit plus, à beaucoup près, le même dans cette partie ; que le mou 
veillent mufculaire étoit bien plus roide : maladie que Pon défigne ordinairement par ces 
mots, roide dans les jarrets. Rien n’eft plus important à un amateur de çhevaux que de bien 
être inftruit de la conftruêliion du jarret : pris en détail, le jarret paraîtra toujours défeâue^jj 
à une perfonne qui ne le connoîtra pas. 

5.“ DE DOS DU CANON. 

Le canon eft compofé , ainfi qu’à la jambe de devant, de trois os ; fçavoir, de l’os du 
canon proprement dit, & des os ftyloïdes. 

[A] DE DOS DU CANON PROPREMENT DIT. 

La fituation de Pos du canon eft au-delTous du jarret ; il eft beaucoup plus cylindrique 
que celui de devant, & en diffère confidérablement {a). Il faut y remarquer fon corps & 
fes extrémités : le corps eft fa partie moyenne qui eft cylindrique ; il eft uni, lifte 6c poli 
antérieurement, & raboteux poftérieurement, à caüfe de fa jonftion avec les os ftyloïdes. 
Proche de Pos ftyloïde interne, fe voit un trou aftèz confidérable , lequel donne paftàge à 
une artère , à une veine 6c à un nerf. 

Quant à fes extrémités , Pune eft fupérieure, 6c l’autre inférieure : la fupérieure eft cave 
6 c forme, par fa partie cartilagineufe , un C dans le centre duquel fe voit une facette très 
fenfible 6c raboteufe , percée d’une infinité de trous qui livrent paftàge à des vaiftèaux de 
tout genre. On y obferve poftérieurement quatre éminences Cartilagineufes pour fe joindre 
avec les os ftyloïdes ; il y en a deux de chaque côté ; elles forment entr’elles une échancrure 
par laquelle pafTent des vaiftèaux de tout genre : la partie inférieure eft arrondie ; on y 
confidere , comme au canon de devant, une crete cartilagineufe qui fépare deux condyles, 
dont l’externe eft moins large que l’interne. Aux parties latérales fe voient des enfoncemens 
confidérables qui donnent attache à des ligamens latéraux. 

[B] DES OS STYLOIDES. 

Ces os qui font au nombre de deux font fitués derrière Pos du canon , un de chaque 
côté ; ils font ainfi nommés à caufe de leur reftèmblance avec un ftylet. L’externe eft plus 
confidérable que l’interne ; la partie la plus forte du premier s’unit latéralement par deux 
facettes avec Pos du canon, 6c par deux autres avec Pos difforme. 

Cet os eft uni, dans prefque toute fon-étendue,’à Pos du canon par fymphyfe : fon 
extrémité ou, pour mieux dire , fa pointe s’en détache , 6c eft arrondie. 

Le ftyloïde interne ne diffère de celuPci que par fon volume, qui eft moins confidérable. 

6p du boulet. 

Le boulet eft compofôde même qu’à la jambe de devant, de deux petits os triangulaires, 
qui ne different prefqu’en fien de ceux de devant. 

7.» DE L’ O S DU PATURON. 

Cet os prêfente les mêmes éminences & les mêmes cavités que celui de la jambe de 
devant. Quoique ces os diffèrent entr’eux d’une manière très fenftble & très marquée, elle 









OSTÈOLOG LE. 


n’eft pas connue de M. Bourgelat , qui dilTéque depuis vingt ou vingt-cinq ans : cette 
différence confifte en ce que l’os du boulet de la jambe de derrière , eft un peu plus long 
que celui de la jambe de devant, & que fon corps eft plus grêle. 

8 .° DELA COURONNE. 

La couronne eft formée d’un feul os, comme dans l’extrémité antérieure : ces deux os fe 
reffemblent affez , mais celui de l’extrémité poftérieure a plus de longueur. 

g.o D U P I E D. 

De même que dans la jambe de devant, le pied de la poftérieure eft compofé de deux 

os , de l’os du pied proprement dit, & de l’os de la noix. 

[A] D E U O S D U P I E D. 

L’os du pied de l’extrémité poftérieure eft mulage, ou allongé, & en forme de U ; 

celui de l’extrémité antérieure eft plus rond , & décrit un demi-cercle mieux marqué. 

[B] DE VOS DE LA NOIX. 

L’os de la noix de la jambe de derrière eft moins gros que celui de la jambe de devant ; 
ils font d’ailleurs conformés de même. 

Fin de l’ojîéologie feche. 








5 ^ 


hippotomie. 



DE L’OSTÉOLOGIE FRAICHE. 


O 


N confidère dans les os frais, la conformation externe,& la ftrufture interne des os. 
La conformation externe des , os comprend les cartilages, les ligamens , le 
périofte , les glandes mucilagineufes. 


SECTION SECONDE. 

DE LA CHONDROLOGIE. 


DES CARTILAGES EN GÉNÉRAL (a) 

L Es cartilages font des corps blancs, elaftiques , moins durs que les os, plus durs que 
toutes les autres parties du corps du cheval , très peu tranfparens ou diaphanes, fîmes 
en différens endroits. 

On diftingue deux fortes de cartilages ; l’une articulaire , & l’autre non articulaire. 

La première fe trouve aux extrémités des os longs , ôc dans toutes les articulations 
diarthrodiales. Ces cartilages font liffes, polis , font corps avec l’os , & ne font compofès 
que dune feule piece. On y diftingue difticilement des trous Ôc des vaifteaux fanguins. Ils 
font humeèle's par la fynovie , ôc fe meuvent fur les cartilages voifins. 

Les autres cartilages font placés fur le corps des os j les uns fervent de paroi pour 
garantir des parties plus délicates , tel que le cartilage du pied : d’autres fervent comme 
d’entonnoir pour conduire les fons ôc le fluide aérien , tels que ceux des oreilles, ôc du 
larynx ; d’autres fervent à féparer différentes parties , telle que la cloifon du nez , &c. . . • • 
Ces cartilages diffèrent de ceux des articulations , en ce qu’ils ne font point par couches, 
que pour l’ordinaire ils ne font pas adhérents aux os, qu’ils y font attachés par des ligamens 
ou plufieurs fibres ligamenteufes, qu’ils font beaucoup moins liffes , qu’ils font percés 


( d ) ■ les anatomiftes feront étendus fur les cartilages.,, ayant regardé cet objet comme effentiel : M. Bourgelataeu fans 
doute de bonnes raifons pour ne pas être de leur avis , puifqu’il n’a donné qu’un très petit détail fur cette partie du fquéléte. 

d’une 


















Mckelle' iwvPie^- 






































PI XL: 


























































































CHONDROL O GIE. 


53 


d’une infinité de petits trous pour donner pafiàge à des vaifieaux fanguins , qu’ils font 
plus ou moins épais dans certains endroits que dans d’autres ; enfin, ils diffèrent par leur 
grandeur , par leur figure & par leurs ufages. 

Il y a encore une troifième efpèce de cartilages qui participe des ligamèns ; tels font ceux 
d’entre l’articulation du fémur avec le tibia , nommés ligamèns croifés • le cartilage liga¬ 
menteux intermédiaire de la mâchoire inférieure, de même que les extrémités de quelques 
tendons , lefquelles font en partie cartilagineufes , ou pour mieux dire , lefquelles font 
recouvertes de lames cartilagineufes : ceux-ci diffèrent des non articulaires, en ce qu’ils 
font humedés d’une fynovie tendineufe, dont nous parlerons en faifant la defcription des 
mufcles en particulier. 

Les cartilages articulaires des vieux chevaux s’ufent ; ce dont on s’apperçoit aifément en 
ouvrant les articulations : dans bon nombre de chevaux en effet, il ne m’a pas été poffible 
d’enlever avec le fcalpel , de l’extrémité des os , la plus mince lame cartilagineufe ; j’ai 
même trouvé que les os étoient ufés , liffes & polis. 

J’ai toujours remarqué que les plaies d’articulation fe guériffoieiit plus facilement dans 
les vieux chevaux que dans les jeunes : l’expérience me l’a plus d’uiiq fois démontré dans 
les clous de rue , fur l’os de la noix, dans l’articulation de cet os avec l’os du pied, dans 
l’articulation des os du genou & du graffet. 

Les cartilages non articulaires au contraire ne s’ufent point, & quelques-uns font expofés 
à s’offifier avec l’âge ; telles font la cloifon du nez vers fa partie fupérieure , les cartilages 
du larynx, ceux des côtes, celui de l’omoplate. Mais les cartilages des oreilles , non plus 
que ceux du pied ne s’ofïifient jamais (a') & rarement celui du flernum. 

I L° 

DES CARTILAGES EN PARTICULIER. 

Les cartilages articulaires étant les mêmes par-tout , il eft inutile de revenir fur leur 
defcription ; ce que nous en avons dit dans l’oftéologie feche, en parlant des furfaces carti¬ 
lagineufes & de leur forme , eft fufïifant pour en avoir une idée nette & précife. 


( a ) Quoique M. Bourgelat dife , -pag. 53 , que le cartilage de l’os du pied s’oflifie avec l’âge, nous ofons alTurer que le faic. 
ne nous a pas paru conforme à l’expérience. La vieillefle n’a aucune part à cette offification, qui, fi elle a lieu, ne furvient jamais 
qu’à la fuite de quelqu’accident. Vojei. la pathologie, au mot Forme, 





hippotomie. 


54 


article premier. 

DES CARTILAGES DE LA TÊTE, 

OU 

SUPER-PHARYNGIENS DE LA MACHOIRE SUPÉRIEURE. 

E n avant de Pos pierreux du temporal, à côté des apophyfes ftyloïdes , partent deux 
petites bandes cartilagineufes , lefquelles en s’élargilfant montent fur le corps de l’os 
fphénoïde , puis fe rapprochent & diminuent de largeur fur les os pterygoïdiens , & forment 
une cloifon qui fépare Parrière-bouche d’avec une cavité fpacieufe, fituée derrière le pharynx: 
la propriété de cette large cavité eft de donner au larynx, Paifance de fe retirer en arrière, 
& à la tête, celle de fe fléchir. L’ufage de ces deux cartilages eft de laifler pafler Pair qui 
entre ou qui fort du larynx pour enfiler les foflès nafales , ou pour conduire les alimens 
dans le pharynx. 

DES CARTILAGES DES OREILLES. 

Trois cartilages compofent l’oreille : le premier fe nomme la cuirafle; le fécond j la conque 
ou cornet ; & le troifième, le bouclier. 

La cuirafle, ainfi appellée à caufe d’une efpèce de reflemblance avec une cuirafle, eft 
fituée fur le trou auditif externe, lequel eft bordé d’un petit cercle cartilagineux. La partie 
convexe de cette cuirafle eft en dehors ; fa partie concave eft en dedans ; fon bord inférieur 
eft arrondi ; le fupérieur eft échancré, & forme par conféquent deux pointes, qui donnent 
attache à deux ligamens , un de chaque côté , lefquels vont répondre à la conque de l’oreille. 

La conque eft le plus grand des trois cartilages de l’oreille. Elle a la figure d’un cornet, 
& celle d’une lofange , lorfqu’elle eft déployée. Sa partie fupérieure eft très mince : l’infé¬ 
rieure eft plus épaifle : elle eft fortifiée de plufieurs filets ligamenteux ; elle eft arrondie & 
fait une efpèce de coude qui fe replie antérieurement, & forme un conduit par lequel Pair 
eft porté fur la membrane du tympan : enfuite ce cartilage fe prolonge en pointe, pafle 
par delTus la cuiralTe , & va fe terminer fur la partie fupérieure des glandes parotides. 

Le bouclier, ainfi nommé à caufe de fa figure, eft fitué à la partie antérieure de l’oreille, 
recouvrant en partie le mufcle crotaphite. On y confidère deux faces ; l’une convexe , & 
l’autre concave ; celle-ci regarde le mufcle crotaphite ; fa partie inférieure eft arrondie & 
mince ; la fupérieure eft pointue & épaifle. Ce cartilage n’eft attaché à la conque .de Poreille 
que par des portions charnues. 

DES CARTILAGES DU NEZ. 

On compte pour le nez cinq cartilages, dont quatre pairs, & un impair. Ce dernier s’étend 
depuis l’apophyfe CEiJîa galli de l’os fphénoïde, jufqu’au bord du trou palatin antérieur. Sa 
figure aproche d’un quarré long. 

On y diftingue deux bords principaux; un inférieur, qui eft tranchant & fitué en partie 
dans la rainure du vomer ; l’autre partie eft plus large, & s’attache fur les engréniires des 
os palatins maxillaires. Une portion de ce cartilage fe bifurque (a) en deux petites languettes 


(a ) Cette obfervation manque dans les Elémens de l’art vétérinaire , publiés en 1769. 8.» 








c H 0 N D R O L O G I E. 55 

vers les crochets, palTe par les fentes palatines, &c fert comme de foûtien au refte de la 
cloifon. 

Le bord fupérieur eft plus épais , il paroît dans toute fa longueur être bifurqué , & 
s’étendre des deux côtés des os du nez , principalement vers la pointe, où il s’élargit 
davantage ; enfuite ce cartilage s’arrondit en venant s’unir avec les cartilages fémi-lunaires. 
Il eft tapifte dans toute fon étendue d’une membrane très forte, nommée périchondre , 
laquelle eft recouverte de la membrane pituitaire. 

L’ufage de ce cartilage eft de féparer les foflès nafales en deux parties égales. Il s’oflifie 
pour l’ordinaire dans les vieux chevaux , à l’exception de fa partie inférieure qui refte dans 
fon état naturel. 

Les cartilages pairs (^z) font au nombre de quatre , dont deux font dans les narines , un 
de chaque côté : c’eft une continuation du cornet inférieur. Les deux autres forment le 
bord extérieur des nafeaux , & font fitués à la partie inférieure de la cloifon, au-deflbus de 
la pointe des os du nez. Joints enfemble , ils ont la figure d’un X ; féparés , ils reftemblent 
à une efte de charron. Ils font convexes, dans la partie où ils fe joignent enfemble ; larges 
& applatis, dans la partie fupérieure ; étroits & arrondis, dans l’inférieure. L’ufage de ces 
cartilages eft de maintenir l’ouverture des narines. 

Les deux autres cartilages pairs font fitués à l’extrémité inférieure des cornets inférieurs 
du nez (b) ; ils ont la figure d’un S, font un peu arrondis , & placés l’un d’un côté , 
l’autre de l’autre, de bas en haut. Ils font aufli revêtus d’un périchondre, lequel eft recouvert 
de la duplicature de la peau vers les narines. Leur ufage eft de modifier l’air, de peur qu’il 
n’entre dans les narines avec trop d’impétuofité. 

DE L’ONGLÉE, ET DU CARTILAGE NOMMÉ TROCHLÉE. 

L’onglée eft une pièce cartilagineiife , triangulaire , fituée dans l’orbite vers le grand angle 
de l’œil. La ligne que l’on voit, en écartant les paupières , eft noirâtre & mince ; fon 
extrémité poftérieure forme un angle afiez épais. Ce cartilage prend la forme de l’œil, 
c’eft-à-dire , que la partie qui y touche eft concave , & que celle qui regarde l’orbite eft 
convexe. Ce cartilage n’eft tenu dans l’orbite que par la duplicature de la conjonélive. 

Son ufage eft de tenir lieu de doigt au cheval pour chafler les ordures qui font dans 
l’œil ; fon mouvement lui vient de la contraélion des mufcles retraêleurs de l’œil, qui en 
retirant le globe dans le fond de l’orbite , obligent ce cartilage à fe porter en avant, 
attendu que le globe prend fa place , à caufe de l’étroitefte de l’orbite dans fa partie 
poftérieure (c). 

Du côté du grand angle dans l’orbite, il y a un cartilage arrondi (z/) , de la forme 
d’une grofle lentille , lequel par fes côtés eft attaché à l’orbite par des bandes ligamenteufes. 
Ce cartilage forme une poulie que l’on appelle trochlée 6c qui laiftè pafter le mufcle grand 
oblique ou trochléateur. 

Nous ne dirons rien des cartilages intermédiaires de l’articulation de la mâchoire , ni du 
fémur avec le tibia ; on en a parlé en faifant la defcription des ligamens. 


(a ) M. Bourgelat n’auroit-il crû la connoillànce de ces cartilages d’aucune utilité P ou, les regarderoit-il comme un prolon¬ 
gement de la cloifon , quoiqu’ils foient toujours féparés, & attachés par un ligament ? 

( b ) C’eft encore une des ces parties dont M. Bourgelat ne parle pas. 

( c j Si le mouvement de l’onglée dépend ( comme le dit M. Bourgelat, Elém. de l’art vêîér. pag. 19 ) de celui du globe, ce 
n eft Purement pas de tous les mouvemens qui lui font imprimés, ou par les mufcles droits , ou par les mufcles obliques; fi cela étoit, 
il faudroit dire que l’onglée paroît toujours fur le globe ; ce qui n’eft pas vrai j il ne l’eft pas davantage d’avancer fpécialement que 
ce recouvrement fe fait, quand le globe eft déterminé du côté du grand angle. Quant à la paupière elle n’y a aucune part, puifque 
le cartilage n’y eft point adhérent, comme l’aflure pourtant M. Bourgelat. 

(. d ) M. Bourgelat fe contente de nommer ce cartilage fans en donner la defcription & fans en marquer la fituation. 









H I P P O T 0 M I E. 


ARTICLE DEUXIÈME. 

DES CARTILAGES DU TRONC, 
DESCARTILAGÉSDULARYNN. 

L e larynx eft la partie fupérieure de la trachée artère ou conduit aérien. Son ouverture 
efl^^^uée au fond de l’arrière^-bouche. Il eft compofé de cinq cartilages, qui font le 
thyroïde ^ le "^ricoïde, les deux aryténoïdes, & l’épiglotte. 

Le cartilage thyroïde eft le plus confidérable de ceux qui forment le larynx : il a la 
figure d’un corfet d’enfant. Son corps , qui eft fitué fupérieurement, eft épais & arrondi, 
convexe en dehors , concave en dedans, & inégal pour l’attache des ligamens qui l’unilTent 
avec l’épiglote. On diftingue à ce cartilage deux faces latérales ; chaque face eft qiiarrée, & 
a par conféquent quatre bords, un fupérieur , un inférieur, un antérieur & un poftérieur. 
Sur l’angle , qui eft formé par le bord fupérieur & poftérieur , on confidère une petite 
facette cartilagineufe articulaire , fur laquelle fe meuvent les branches de la fourchette de l’os 
hyoïde. A l’angle inférieur, produit par fon bord poftérieur , on remarque deux prolon- 
gemens pareillement articulaires , avec une petite facette pour fe mouvoir fur le cartilage 
cricoïdè ; d’ailleurs ce cartilage eft uni fupérieurement avec les branches de la fourchette 
de l’os hyoïde par une membi^ane ligamenteufe ; inférieurement , il l’eft de meme avec le 
cartilage cricoïdè; antérieurement, il l’eft avec fon autre face par une bande ligamenteufe 
bea,ucbup plus épaifte ; poftérieurement, il donne attache au pharynx. 

Le cartilage cricoïdè eft fitué inférieurement k celui-ci. Il a la figure d’une bague dont 
le chaton eft placé poftérieurement, & l’anneau fitué en devant : fa partie antérieure eft 
plus étroite, & paroit comme echancree ; ce qui femble fait ainfi par la nature, pour faciliter 
le mouvement du cartilage thyroïde fur lui, La face poftérieure, ou, pour mieux dire, la 
face externe du chaton eft arrondie en dos-d’âne , & féparée par une crête. On y confidère 
quatre faces cartilagineufes articulaires , dont deux fituées en haut, pour s’articuler avec les 
cartilages aryténoïdes, & deux inferieurement k celle-ci, pour s’articuler avec l’angle inférieur 
du cartilage thyroïde. La partie inferieure de ce chaton forme trois petites pointes carti¬ 
lagineufes féparées les unes des autres par des échancrures. 

Les aryténoïdes font deux petits cartilages d’une figime prifmatique fitués poftérieurement 
au-deftlis de ce dernier , & fe portant un peu en dedans du larynx : c’eft k la réunion de 
ces deux cartilages que l’on donne le nom de glotte (^) ; ainfi , comme prifmatique, on 
y confidérera trois faces; une, qui regarde la face du thyroïde; une, qui regarde fa congé¬ 
nère , & l’autre, les vertèbres du cou : la première face & la dernière font féparées par 
une crête élevée qui forme deux foftès ; la partie fupérieure eft mince & fe recourbe en 
arrière; elle fait avec fa congénère une gouttière que l’on nomme la glotte ; fon extrémité 
inférieure, un peu en delTous, a deux facettes articulaires qui fe meuvent fur le cricoïdè. 

L’épiglotte eft cette portion cartilagineufe qui a la forme d’une hallebarde [ Voye^ fa 
figure ]. Elle eft fituée en dedans du cartilage thyroïde : on y diftingue un corps & deux 




branches. 













c H O N D R O L O G I E. 


57 


branches. Son corps eft la partie la plus confidérable : il a la figure d’une petite languette ; 
fa pointe s’élève en defTus du cartilage thyroïde , & fe recourbe en arriéré : fes branches 
font fituées en bas, & pofées horizontalement j elles font arrondies, & fe portent de devant 
en arrière. ** 

L’épiglotte eft attachée par des trouffeaux de fibres ligamenteufes. Son ufage efl de fermer 
exaéfement le larynx dans le temps que les alimens pafTent dans le pharynx. 

DE LA TRACHÉE-ARTÈRE ET DES BRONCHES DU POUMON. 

-La trachée-artère eft le principal conduit aérien qui s’étend depuis le cartilage cricoïde , 
jufque dans les poumons , où il fe bifurque , & fe divife en un grand nombre de ramifi¬ 
cations , auxquelles on donne le nom de bronches. La trachée-artère eft formée de plufieurs 
anneaux cartilagineux , fermés antérieurement, & unis en arrière par une membrane liga- 
menteufe. Les deux extrémités de ces anneaux font plus larges & plus minces que la partie 
antérieure. Le premier 6c le fécond anneau différent des autres, en ce qu’ils font plus larges 
dans leurs parties latérales que dans leurs parties moyennes. Les extrémités de ces anneaux 
gliffent les unes fur les autres j ce qui augmente ou diminue le diamètre de la trachée artère 
dans les temps d’infpiration ou d’expiration. 

Après avoir fak quelque chemin dans la poitrine, la trachée-artère fe bifurque en deux 
principales branches, lefquelles, a leur tour, fe divifent 6c fe fubdivifent en une infinité de 
rameaux connus fous le nom de bronches. Ces bronches font compofées de trois quarts 
d’anneaux qui, pofés en différens fens, forment des anneaux parfaits ; ils different en cela 
des anneaux de la trachée-artère ; ils en différent encore, en ce qu’ils font pointus à leurs 
extrémités, 6c plus ou moins larges dans, leurs parties moyennes. L’extrémité des vaiffeaux 
aeriens eftcompofée de petites membranes pluftot ligamenteufes que cartilagineufes, lefquelles 
fe changent imperceptiblement en des véficules pulmonaires. 

DES CARTILAGES DES COTES. 

Les côtes , à leurs extrémités , font revêtues de cartilages : l’un, qui.eft articulaire à 
l’égard de toutes les côtes , 6c qui fe joint avec les vertèbres dorfales ; l’autre , auffi articu¬ 
laire , mais feulement à l’égard des neuf premières côtes , s’unit avec le fternum ; les 
cartilages non articulaires ne font que pour le^ neuf côtes dernières ; ils vont fe joindre avec 
le cartilage des vraies côtes. La ftruêlure de ces cartilages eft un peu différente de celle de tous 
les cartilages dont nous venons de parler : ils font compofés de divers lobules qui , dans 
l’intervalle contiennent une efpèce de parenchyme, qui leur donne la foupleffe dont ils font 
doués. Ils différent les uns des autres, en grandeur 6c en forme ; par exemple, le cartilage 
de la première côte eft très court , 6c femblable par fon extrémité aux cartilages articulaires ; 
il eft arrondi en manière de tête, 6c s’articule dans une pareille facette du fternum ; ce qui 
prouve qu’elle eft faite pour fe mouvoir, 6c qu’elle fe meut réellement (a). Le fécond 
cartilage de la fécondé côte eft plus applati 6c plus long. Le troifième eft plus allongé. Les 
fuivans (b) augmentent de même en longueur fucceffivement, jufqu’à la neuvième côte; ils 
perdent enfuite de leur groffeur , 6c fe terminent en pointe aux cartilages des vraies côtes, 
de façon que le cartilage de la dernière côte eft aufti court que celui de la quatrième ou 
cinquième des vraies. Indépendamment des ligamens qui les retiennent, ces cartilages font 
enveloppés de différens plans de fibres qui leur donnent toute la force qu’ils ont, &: qui ne 
font autre chofe que leur périchondre. 


( ^ ) M. Bourgelat ne décrit point ces cartilages. 

( ^ ) Notre auteur ne parle pas plus de ceux-ci que des précédens. 


P 






jg H I P P 0 T O M I E. 

DES CARTILAGES D U S T E R N U M. 

Quoiqu’on ait déjà traité des cartilages du fternutn dans i’ofteolqgie , il eft à propos 
jiéanmoins d’en parler ici. i \ , 

Le cartilage , qui tient les fix piè^ ofleufes réunies enfemble , s’etend depuis la partie 
■antérieure de cet os, jufqu’à la partie pofterieure. Sa forme eft celle qui a déjà ete décrite. 
il eft tranchant inférieurement , faillant antérieurement, & applati fur fes côtés ; il l’eft 
aufti poftérieurement , mais de bas en haut t il eft très mince dans fon bord , & a la 
figure d’une palette. Cette extrémité a retenu le nom d’appendice xiphoïde (a). Ce carti¬ 
lage eft revêtu , dans quelques endroits , d’un périchondre ; dans d’autres , la terminaifon 
des parties charnues en fait fonêlion. C’eft à cet os que vont fe joindre de chaque côté les 
neuf premières côtes. 


( a ) Après avoir diflequé autant que l’a fait M. Bourgelat, conament fe peut-il faire qu’il croie ce cartilage pointu ? pour nous, 
nous l’avons toujours vu très arrondi & très large. 













f 


chondrologie. 


59 


ARTICLE TROISIÈME. 

DES CARTILAGES DES EXTRÉMITÉS. 

DES CARTILAGES DE L‘ÉPAULE. 

L ’Omoplate eft bordée à fa partie fupérieure d’un cartilage {a) très large, mais fort 
mince & arrondi dans fon bord à fou infertion fur l’os ; il eft de la même épaifteur que 
lui ; il eft convexe extérieurement, concave intérieurement, ôc percé à fa partie fupérieure 
de plufieurs petits trous, qui donnent paftage à des vaifteaux fanguins ; extérieurement, il 
eft attaché à. l’os par un ligament très fort , qui part de l’épine de l’omoplate , & qui 
s’épanouit fur prefque tout le cartilage, en forme d’éventail. Il y a encore quelques fibres 
iigamenteufes qui viennent de la fofte poftépineufe ; outre cela, le périofte , fe continuant 
par-defliis l’omoplate , va former le périchondre. La face interne eft maintenue à l’os par 
des fibres Iigamenteufes particulières , qui partent d’un angle de l’os , pour fe rendre à 
l’autre en forme d’arc : la continuation du périofte fait aulïi fonftion de ligament. 

DES CARTILAGES DU PIED. 

Les os du pied, tant de devant que de derrière , font re\>êtus à leurs parties latérales en 
dedans & en dehors , d’un cartilage (b) qui eft très épais à l’endroit de fon attache à l’os 
du pied, 6c très mince à fa partie fupérieure , ou cette portion cartilagineufe a la figure 
d’un éventail. Ce cartilage eft en partie dans le fabot, 6c en partie dehors. Sa conftrudion 
n’eft pas la même par-tout ; derrière les apophyfes latérales de l’os du pied , 6c à la pointe 
-du talon , il eft compofé de différens petits paquets unis par de petites fibres Iigamenteufes 
6c cellulaires , 6c eft percé de plufieurs petits trous ; antérieurement, 6c hors du fabot, il 
eft d’une feule pièce. 

Il eft attaché à l’os extérieurement, par des fibres qui partent aii-deftbus de l’apophyfe 
latérale de l’os du pied ; 6c intérieurement, par d’autres fibres éparfes cà 6c là, qui rempliftenc 
les parties latérales de la concavité de l’os du pied. 


{ a ] Ce cartilage feroir-il inconnu à M. Bourgelat , puifqu’il n’en donne pas la defcription ? _ . 

( b ) On ne trouve point non plus dans l’ouvrage de M. Bourgelat la defcription de ce cartilage, qu’il eft lî eflentiel de 
connoître , à caufe des différens accidens où le pied eft expofé , & dont fouffrent les cartilages de cette partie. 










HIPPOTOM I E, 



S E C T I O N TROISIÈME. 


DE la SY N DESMOLOGIE 

ou 

TRAITÉ DES L I G A M E N S. 

DES LIG AME NS EN GÉNÉRAL (a). 

Es ligamens, en général, font des troulFeaiix de fibres blanchâtres ; ils font moins 
dnrs , plus fléxibles , moins élaftiques , & compofés de plufieurs paquets filamen¬ 
teux très ferrés. Les uns font longs ôc ronds extérieurement, & applatis du côté de 
rarticulation ; ils font la fonélion de cordon : d’autres font plats, & fervent comme d’enve^ 
loppes on de bandelettes. L’ufage de tous les ligamens eft de contenir , foit des parties 
dures , foit des parties molles. C’eft de ces premiers , qu’il eft ici queftion. 

Il y a des ligamens de deux fortes de fubftances. Les uns font jaunâtres & compofés de 
fibres parallèles entr’elles , qui forment comme de petits paquets féparés ; ils font deftinés 
à contenir les os , & même les parties molles ; par la fimple ébullition , ils ne deviennent 
point mucilagineux , comme les tendons & les ligamens des extrémités , &c... . dont nous 
allons parler ; ils reftemblent au contraire à l’amiante , ils ne changent ni de forme ni de 
couleur, & n’ont prefque point de fouplefte j ce qui prouve qu’ils tiennent de la nature 
de l’os. 

Il faut confidérer, dans la liaifon des os, huit efpèceâ de ligamens ; fçavoir, des ligamens 
latéraux , des ligamens capfulaires , des ligamens croifés , des ligamens intermédiaires, des 
ligamens incérofteux, des ligamens tranfverfaires, d’ovalaires & de fufpenfeurs. La plufpart 
de ces ligamens s’attachent à des os folides ; d’autres , s’attachent d’une part à des os 
mobiles, tels que les ligamens de la rotule au tibia , des os féfamoïdes du boulet au 
paturon ; d’autres , font fitués dans des articulations , tels que les ligamens croifés , les 
ovalaires de la mâchoire inférieure , & quelques-uns de l’articulation du genou & du jarret. 

De tous ces ligamens, il en eft de grands & de petits : il en eft de communs & de propres. 
Du nombre des communs , font le ligament vertébral fupérieur , le vertébral inférieur ; le 
ligament commun du fternum , & les ligamens communs des articulations du genou & du 
jarret. 

On compte parmi les propres, le ligament capfulaire de l’omoplate avec l’humerus, du 
fémur avec la cavité cotyloïde du baflin, &c. 

Les ligamens des parties molles font de différentes Tonnes ; il y en a de communs , de 
particuliers , de longs , d’étroits , d’annulaires , de tranfverfaires, &c. ... 

La nature des ligamens eft de deux fortes : les uns font jaunâtres, & les autres blancs ; 
les premiers fe trouvent fur les mufcles du bas-ventre , ôc en, dedans de l’épaule ; ces 
ligamens fervent, comme nous l’avons dit, à contenir les parties molles : parmi les ligamens 
qui fervent aux os , il n’y a que le ligament vertébral fupérieur qui foit de cette nature, 

{ rf ) M. Bourgelac auroit-il regardé comme inutile la defcription des ligamens? car il n’en parle, ni en général, ni en particulef. 















-Pl.XIZi 



F.iS. 


%icce6 
































f 








N 


s Y N D E S M O L O GIE. 


6i 


DES LIGAMENS EN PARTICULIER. 


A R T I C vL E PREMIER. 

DES LIGAMENS DE LA MACHOIRE SUPÉRIEURE. 

QUI S’UNISSENT AFEC L’INFÉRIEURE. 

L a mâchoire inférieure eft unie avec la fupe'rieure, par fes condyles ; elle l’eft avec Pos 
écailleux du temporal derrière & en delTous de l’arcade zygomatique, par deux liga- 
mens , un poftérieur, & un capfulaire ; le poftérieur s’attache derrière l’apophyfe zygoma¬ 
tique , & va fe terminer derrière les condyles de la mâchoire, un peu en dedans : le capfulaire 
s’attache tout autour des bords de la partie cartilagineufe de ces deux os , & à une portion 
en partie cartilagineufe , & en partie ligamenteufe, qui eft d’une forme ovalaire : cette portion 
eft comme flottante dans l’articulation , & paroît fort inutile ; je crois cependant qu’elle 
donne à la mâchoire la facilité de fe retirer en arrière. 

DES LIGAMENS DE DOS HYOÏDE. 

Les grandes branches de l’os hyoïde tiennent à l’os pierreux des temporaux, par un 
ligament latéral difpofé en manière de capfule : la partie, qui regarde fa congénère, eft 
plus forte que celle de dehors. Les petites branches font jointes aux grandes, par fymphyfe ; 
ces mêmes branches font unies à la fourchette de l’os hyoïde , par deux ligamens capfulaires 
qui renferment de la fynovie. 

DES LIGAMENS DE LA TÊTE. 

La tête tient à la première vertèbre du col, par un ligament capfulaire, & un longitu¬ 
dinal. Le capfulaire s’attache d’une part au-deftlis des condyles de l’occipital, & va fe terminer 
enfuite au bord fupérieur de la première vertèbre du col. Le longitudinal s’attache à la partie 
inferieure de l’occipital, en deftous, entre les deux condyles ; & après avoir pafTé par-deftus 
le ligament capfulaire , il va fe terminer à la partie fupérieure de la première vertèbre du 
col, â une petite facette que l’on y remarque. La tête eft encore retenue par un ligament 
cpineux, dont nous parlerons dans un moment. 



Q 












HIP P OTO MIE. 


ARTICLE DEUXIÈME. 

DES LIG AME NS DU TRONC, 

ET i.o DES FERTÈBRES EN GÉNÉRAL, 

L Es vertèbres en général font contenues par des ligamens communs & particuliers. 

Les communs font, le ligament vertébral externe, & le vertébral interne. Le vertébral 
externe s’étend depuis la crête de l’occipital jufqu’à la fin de l epine : ce ligament s’attache 
d’une part au-defibus de la crête de l’occipital , par un fort lien jaunâtre , de la nature 
de ceux dont nous avons parlé ci-defius ; il eft épais, & forme en delTus une petite gouttière 
qui d’abord paroît le divifer en deux , bien qu’il foit fimple & fans divifion ; ce cordon 
fe continue vei:s lé corps de la fécondé vertèbre du col, où il s’unit avec un autre plan 
de fibres très large de la même nature, lequel prend fon origine fur le corps de la fécondé, 
de la troifième , de la quatrième & de la cinquième vertèbre du col ; ce ligament fe 
réunit enfuite en lin feul, devient plus fort & plus large, & va enfuite s unir a la troifieme 
apophyfe des vertèbres du dos, fe continue tout le long de l’épine, en diminuant d’épaiffeur 
de de largeur. On voit , outre cela, à chaque vertèbre cervicale , un plan de fibres qui 
fuit la pofition des vertèbres du col, & conftamment d’une vertèbre à l’autre. L’ufage du 
ligament vertébral externe, eft de maintenir la tete , & les vertebres enfemble. 

Le vertébral interne , à proprement parler , n’appartient qu’aux vertèbres du dos, & à 
celles des lombes : il eft d’une conftruaioii différente du vertébral externe , & tient de la 
nature des ligamens articulaires ; il s’étend depuis le fécond ou le troifième corps des 
vertèbres du dos jufqu’à l’os facrum. A mefure qu’il s’éloigne de fon origine , il devient 
plus fort 5 de manière que fur le corps des vertèbres des lombes, il eft beaucoup plus épais. 

a.«> DES LIGAMENS DES VERTÈBRES EN PARTICULIER, 


La première vertèbre du col eft unie avec la fécondé par quatre ligamens ; fçavoir , par 
un capfulaire ; par deux longitudinaux , dont l’un eft inférieur & l’autre fupérieur ; 6c par 
un tranfverfaire. 

Le capfulaire s’attache , comme tous les ligamens de cette nature , aux bords des arti¬ 
culations. 

Le longitudinal fupériéur s’attache fur le fommet de la première vertèbre du ligament 
latéral , paffe par-déCus le capfuîaire , 6c va fe terminer à la partie fupérieure du corps de 
la fecoitde vertèbre du col. 

Le longitudinal inférieur s’attache fur le corps de la première vertèbre , & va fe terminer 
de même à la fécondé. 

La troifième vertèbre eft liée avec la fécondé, par trois ligamens ; fçavoir , deux capfu- 
laires, qui s’attachent à la circonférence des apophyfes obliques ; 6c un intermédiaire, fitue 
entre chaque corps des vertèbres ; c’eft un plan de fibres circulaires , 6c de quelques autres 
plans différemment rangés. Les ligamens intermédiaires des vertèbres, du dos principalement 
6c des lombes , font expofés à être tiraillés, dans les chevaux de bât, fur-tout dans les 
maillets ou limoniers ; on trouve en effet dans ces fortes de chevaux des ankylofes 6c des 
exoftofes à l’endroit de ces ligamens. Le ligament longitudinal fupérieur, 6c la portion du 
ligament capfulaire, qui eft deffous , font fujets à être affeélés dans la maladie de taupe ; ce 
qui eft fuivi d’un très grand danger. Voye:[ Taupe. 








SYN DES Mol O GIE. 


6j 


Les vertèbres du dos & des lombes font contenues de même par le ligament capfulaire 
de leurs apophyfes obliques, & par le ligament intermédiaire qui üiiît leurs corps enfemble. 

La dernière vertèbre des lombes eft aufli jointe avec l’os facrum. 

Les os de la queue font fimplement joints par le ligament intermédiaire : ces ligamens 
font plus épais dans leür circonférence que dans leur centre. 

DES LIGAMENS DES COTES. 

Les côtes , comme nous l’avons dit , dans l’oftéologie font divifées en neuf vraies , & 
eil neuf faulTes. Les neuf vraies font celles qui, d’une part, fe joignent aux vertèbres ; les 
faulTes font celles qui, s’unilTant d’une part aux vertèbres, vont enfuite aboutir aux cartilages 
des vraies. 

Les premières font jointes aux vertèbres, par trois ligamens, & au fternum, par deux; 
elles s’unilTent aux vertèbres , par deux efpèces de ligamens latéraux , l’un au fommet des 
apopbyfes tranfverfes, en delîiis de l’epine, 6c l’autre au bas de ces mêmes apophyfes , en 
dedans du thorax : outre cela, la tete de la côte 6c la furface cartilagineufe qui fe joint avec 
le fommet de l’apophyfe tranfverfe, font enveloppées d’une membrane capfulaire; le carti¬ 
lage de la cote eft attache au fternum, par un ligament capfulaire, 6c en dedans, par un 
ligament particulier, qui s’attache un peu plus haut que le capfulaire, 6c va fe terminer 
enfuite au fternum , un peu en dedans. 

DES LIGAMENS DU BASSIN 

Le baftin eft uni à l’os facrum dans la face interne des os iléon, par deux larges ligamens 
intermediaires , lefquels font en partie cartilagineux. Les os pubis font joints entr’eux de 
même par fymphyfe ; mais cette fymphyfe n’a plus lieu à l%e de fix ou fept ans. 










64 


H I P P O T O M I E. 


ARTICLE TROISIEME. 

DES LIGAMENS DES EXTRÉMITÉS ANTÉRIEURES, 


DES LIGAMENS QUI UNISSENT L’ÈPAULE A L’HUMÉRUS. 


L 


Épaule n’eft tenue à la poitrine que par fes mufcles propres, & non par un ligament 
fupérieur , comme l’avance M. Bourgelat dans fes ouvrages : ce que cet hippotomifte 
a pris pour ligament, n’eft que la continuation de l’aponévrofe du long delitele. La jambe 
portant a terre, on ne conçoit pas comment elle peut avoir befoin d’etre fufpendue. S’il 
étoit plus vraifemblable de penfer que la poitrine dût l’être , on diroit que c’eft à cet 
ufage que ce ligament feroit deftiné ; mais au moins le thorax a befoin d’être retenu en 
fituation. Pour cet effet, il part de la concavité de l’omoplate, d’entre les paquets mufculeux 
du mufcle rhomboïde, 5 e du large dentelé, des bandes ligàmenteufes , femblables par 
leur nature au ligament cervical, 5e au ligament qui couvre le grand mufcle oblique du 
bas-ventre , lefquelles vont fe terminer à l’infertion des appendices tendineufes du long 
dentelé aux 3 .* 4 .' 5 e 5 '.* des vraies côtes : c’eft de ces ligamens qu’auroit dû parler M. 
Bourgelat , 5e leur attribuer la faculté de maintenir la poitrine , fans en fuppofer un qui 
n’exifte pas, bien qu’il le nomme fufpenfeur de Pépaule. Si donc le ligament de M. Bourgelat 
a quelque propriété , ce ne peut être pour l’épaule , mais pour la poitrine. Quoiqu’il en 
foit, je le regarde comme donnant plus de forme au paquet des mufcles dont je viens de 
parler, en empêchant que leurs différens faifceaux ne s’écartent. Il attribue d’ailleurs au 
large dentelé, la fonêlion de maintenir le thorax ; je le crois affez fort 5c affez large pour 
tenir lieu de mufcles , 5c de ligament en même temps. 

L’épaule eft jointe inférieurement avec l’humérus, par un ligament capfulaire fimplemeiit, 
attaché d’une part au bord extérieur de la cavité glénoïde, 5c de l’autre au-deflbus du col de 
la tête de l’humérus. Ses fibres, bien que difpofées en tous fens, font principalement croifées, 
5 c vont de devant en arrière. Cette capfule eft très mince antérieurement ; poftérieurement, 
fes fibres paroiffent fe réunir 5 c forment deux cordons ou bandes larges, qui partent toutes 
les deux du bord glénoïde au-deffous l’apophyfe coracoïde, 5c vont, en fe divifant l’une à 
droite, 5c l’autre à gauche , fe terminer à la partie fupérieure de l’humérus. Ce ligament eft 
inégal extérieurement, c’eft-à-dire , que fes fibres font lâches; intérieuremenr, il eft uni, 
lifTe 5c poli, 5c humeêlé de la liqueur fynoviale f mais il eft plus mince poftérieurement 
que par-tout ailleurs. 

DES LIGAMENS DU BRAS AVEC UAUANT-BRAS. 

L’humérus eft joint avec le ra4ius 5c le cubitus par trois ligamens ; fçavoir , le ligament 
capfulaire , le latéral externe, 5c le latéral interne. 

Le ligament capfulaire eft le plus étendu des trois : il a fon attache d’une part par 
une bande très forte [ fous laquelle on découvre une très grande quantité de glandes 
fynoviales ] à la partie antérieure de l’humérus , à deux travers de doigt au-deffus de 
l’articulation en s’écartant du corps de l’os ; il s’élargit enfuite de droite 5c de gauche, 
en formant une membrane large qui, après avoir paffé fur l’articulation, va fe terminer au 

bord 








s r N D E s M O L 0 G I E. 


^1 

bord Gartilàgineiix du radius : poftérieurement, il s’attache dans cette cavité de l’humérus, 
formée par l’olécrane à fon bord cartilagineux, & va fe terminer au radius & au cubitus ; 
ce ligament eft plus mince dans cette partie que dans l’antérieure. 

Le ligament latéral externe eft un cordon aftez fort, arrondi extérieurement, âpplati du 
côté des os. Il a fon attache d’une part dans la facette de l’humérus, au-delTus du condyle 
externe, & va de l’autre fe terminer au radius à une éminence aftez forte ; quelques fibres 
du ligament capfulaire l’embralTent de côté d’autre. 

Le ligament latéral interne eft beaucoup plus long que le précédent. Son attache fupé- 
rieure à la face interne du condyle, eft auftfi plus forte. Il fe divife enfuite en deux parties, 
dont la plus courte , après avoir palFé fur la capfule , va fe terminer à la partie fupérieure , 
latérale interne du radius ; l’autre, après avoir palTé de même fur la caphule, va fe terminer 
un peu plus en devant du radius, toujours à fa furface interne, 6c à deux ou trois travers 
de doigt plus bas que fon autre partie. 

DES LIG AME NS DU GENOU 

Les ligamens du genou font communs & propres. 

Les communs font au nombre de fiX ; fçaVoir, un ligament capfulaire, & cinq îatérâliX, 
dont quatre latéraux obliques, & un droit. 

Le ligament capfulaire s’étend depuis la partie inférieure du radius, recouvre les os du 
genou, fe confond avec les ligamens latéraux, & va enfuite fe terminer a là partie fupérieüre, 
de l’os du canon. Ce ligament capfulaire n’eft fenfible qüe dans la partie antérieiire du genou ; 
en cet endroit les fibres les plus confidérables font tranfverfales, c’eft-à-dire, qu’elles partent 
des ligamens latéraux , quoiqu’il y ait des fibres rangées dans un autre fells ; la membrane 
interne de ce ligament eft lilTe, & forme un feuillet féparé, qui fert à contenir la fynovie; 
en outre , ce ligament s’attache aux différens os du genou , & produit comme autant de 
ligamens capfulaires particuliers : la partie poftérieure du ligament capfulaire , eft très peu 
étendue, ou pour mieux dire, c’eft un compofé de différentes bandes ligamenteufes, qui fe | 
croifent & s’entrecoupent : ce qui donne plus de force & de Ikifon aux os du genou ; de 
forte qu’en difféquant, il eft très difficile de diftinguer des ligamens particuliers. 

Les ligamens obliques font au nombre de quatre ; deux internes, & deux externes. 

Le premier des deux internes a fon attache à la partie antérieure & inférieure difradius, 

6c paffe, en fe croifant, par-deffus foli congénère, puis fe confondant avec le latéral droit, 
il va fe terminer à la partie poftérieure & fupérieure de l’os ftyloïde interne. Le fécond 
a fon attache à la partie latérale, un peu poftérieure du radius, paffe par-deffus le premier, 
en fe croifant de même , & va fe terminer à la partie latérale , un peu au devant de l’os 
du canon. Leur fonftion particulière eft d’empêcher les deux os de fe porter en avant 6c 
en arrière. 

Les ligamens obliques externes ne diffèrent des premiers, qu’en ce qu’ils ne font pas divifés 
en X comme les internes ; qu’ils partent de la partie inférieure du radius, 6c vont fe 
terminer, en fe réuniffant, à la partie latérale externe de l’os ftyloïde externe. 

Le ligament latéral droit eft le plus étendu des trois. Il eft fitué en dedans ; il s’étend à 
trois ou quatre travers de ^oigt au-deffus de l’articulation , defcendant un peu poftérieu- 
fement, & va fe terminer de même à trois ou quatre travers de doigt au-deffous de l’os 
ftyloïde. 

Les os du genou font tenus entr’eux au radius, à l’os du canon par huit ligamens, dont 
ftuatr,e font tranfverfaux, & quatre droits latéraux. 


R 




H I P P O t O M I E, 


66 

■ L’os irrégulier eft contenu latéralement par un ligament aflez fort , qui a fon attaché 
a’une part au-defTous de l’attache des ligamens obliques à la partie inférieure du radius , & 
va fe terminer fur la partie moyenne de l’os irrégulier antérieurement. Cet os eft encore 
maintenu par un ligament trànfverfal, qui va fe terminer au bord latéral de l’os triangulaire. 

Le triangulaire eft contenu par un ligament de la même force, & fitué de même , lequel 
va fe terminer au bord latéral de 1 os femilunaiie. 

Celui-ci eft contenu par quelques portions de fibres ligamenteufes, qui. partent du fécond 
ligament oblique latéral interne , pour aller fe terminer fur le corps de l’os fémilunaire. 

Le grand cunéiforme eft joint fupérieurement avec l’os irrégulier, par un ligament latéral, 
<jui va d’un bord de l’os à Pautre ; inférieurement, il i’eft par des portions ligamenteufes 
d’un des obliques latéraux externes ; antérieurement, il eft lié avec le trapézoïde par un 
ligament tranfverfal. 

L’os trapézoïde s’unit de même avec le petit cunéiforme , par un ligament tranfverfal, 
qui va d’un des bords a l’autre bord. 

L’os crochu eft joint extérieurement à l’os irrégulier, par plufieurs bandes ligamenteufes, 
& encore par un fort ligament qui s’étend depuis le bord inférieur de cet os jufqu’à la partie 
fupérieure de l’os ftyloïde externe , oii il va fe terminer. Ainfi que ceux du genou, cet os 
eft contenu poftérieurement, par plufieurs bandes ligamenteufes rangées en tous fens. 

Les os ftyloïdes font retenus dans leur fituation par les ligamens obliques. Outre cela, ils 
ont , dans prefque toute leur étendue, des fibres ligamenteufes tranfverfales qui les unilTent 
avec l’os du canon : mais bientôt ces ligamens s’oftifient, en forte que les os ftyloïdes & 
i’os du canon ne font qu’un même os, ce qui arrive principalement, & plus fouvent aux 
jambes de devant. 

DES LIG A ME NS DU BOULET. 

L’os du canon eft joint avec l’os du paturon par deux ligamens latéraux & un capfulaire. 
Ces ligamens latéraux font attachés, d’une part aux empreintes latérales de l’os du canon 
dans fa partie inférieure , & de l’autre au côté de l’os du paturon oii ils viennent fe 
terminer : ces ligamens font très courts. Le capfulaire n’eft fenfible que dans le devant de 
cette articulation , & s’étend à un demi travers de doigt au-deftus de la partie cartilagi- 
neufe de l’os du canon , & va fe terminer ,à la partie fupérieure de l’os du paturon. 

Les os féfamoïdes font foutenus par deux ligamens. Le premier , qui eft très fort & 
longitudinal, s’attache à la partie inférieure de ces os ; puis après avoir pafte tout le long 
de la partie poftérieure de l’os du paturon , va fe terminer à la partie fupérieure de l’os 
coropaire : ce ligament eft divifé en trois à fa partie fupérieure. Le fécond, ou capfulaire, 
eft très peu étendu, il prend du bord poftérieur de l’os du canon, pour fe rendre aux bords 
des os féfamoïdes. Ces os ont encore quelques portions de fibres fur les côtés, qui vont 
fe joindre aux ligamens latéraux. 

L’os coronaire, eft joint avec le précédent, non feulement par le ligament qu’on vient 
de décrire , mais encore par deux ligamens latéraux , & par un capfulaire. Ce dernier fe 
trouve adhérent d’une part, au tendon extenfeur du pied ; 6c de l’autre , au bord des deux 
os du pied , 6c de l’os du paturon. 

La partie inférieure de cet os eft jointe de même avec l’os du pied par deux ligamens 
latéraux 6c par un capfulaire. 

L’os de la noix a deux ligamens , un aflez fort 6c large , qui s’attache d’une part au 
tendon fléchifleur du pied, & de l’autre va fe terminer à fon bord fupérieur. L’autre ligament 
prend de fon bord inférieur, 6c va fe terminer à celui de l’os du pied, à deux ou trois lignes 






s F N D E s M, O L O G î E, 


au-defToüs du bord cartilagineux ; il eft d’ailleurs retenu dans fes deux extrémités par des 
• portions ligamenteufes. 

Ces trois dernières articulations font très expofées à être tiraillées ; accident d’autant plus 
fréquent qu’on parera plus fouvent le pied , &c qu’il ne pofera pas à plomb à terre. 



DES LIGAMENS DES EXTRÉMITÉS POSTÉRIEURES. 
DES LIGAMENS QUI UNISSENT LE FÉMUR AU BASSIN, &c. 


Les ligamens , qui unilTeiit le fe'miir au baflîn , font au nombre de deux ; fçavoir, un 
fufpenfeur, & un capfulaire : ce premier s’attache d’une part dans la cavité Cotyloïde du 
badin au fond de cette petite dépreffion, faite en croilTant plus près de l’échancrure de 
cette cavité ; il va enfuite s’attacher de l’autre part à la tête du fémur. Ce ligamjent eft lâche 
d’un tiers du diamètre de la cavité cotyloïde, pour favorifer fon mouvement de rotation, 
d’élévation , d’abaiffement , d’adduêlion & d’abduèlion. 

Le capfulaire s’attache à tout le bord de la cavité cotyloïde , à un ligament tranverfal 
qui ferme cette cavité ; puis il va fe terminer au-deffous de la tête du fémur à fon col. 
L’ufage de ce ligament pafoît plus propre a retenir l’humeur fynoviale dans cette articulation, 
qu’à maintenir cet os dans fa place. 

Quant au ligament tranfverfal, dont on vient de faire mention , il s’attache à la partie 
antérieure & interne de la cavité cotyloïde, à la jonèlion de l’os pubis, avec l’os iléum dans 
les jeunes chevaux; il va fe terminer enfuite à la partie poftérieure de cette même cavité. 
Ce ligament fait fonêlion de bord oïTeux pour contenir l’os dans fa place , & pour adoucir 
les mouvemens de cette articulation , lorfque la tête du fémur fe porte en dedans du baftîn. 

J’ai fouvent vu ce ligament fe rompre dans une chute ; l’ouverture des cadavres m’en a 
donné plufieurs exemples ; j’ai remarqué, dans ce cas, que le ligament fufpenfeur étoit aufli 
quelquefois rompu, & que la tête du fémur étoit portée dans le trou ovalaire : dans d’autres 
chevaux, je n’ai trouvé qu’une forte, diftenfion de l’un & de l’autre ligament. Dans le premier 
cas , il fe fait un dépôt fanieux , pour l’ordinaire , aux environs de cette cavité , lequel 
pénétré quelquefois dans le baftin : dans l’autre, on'apperçoit une furabondance de fynovie 
rougeâtre , caufée par le froiftèment & la rupture des vaifteaux fanguins. Le diagnoftic de 
cette maladie eft très difficile à faifir , parce que cette articulation eft recouverte par une 
très grande partie de mufcles épais ; les accidens qui fuivent cet accident , dans le premier 
cas, le rendent incurable ; le mal peut fe guérir dans le fécond cas, où le repos & l’inaèlion 
remédieront au dérangement furvenu dans les liqueurs de cette partie que la compreffion 
a extravafées. Il n’eft point rare de voir, à la fuite d’une chute, le grand trochanter caffé; la 
pratique fournit peu d’exemple de guérifon de cette, frafture, la contraêlion des mufcles 
feffiers y mettent obftacle ; mais quoique les chevaux reftent boiteux , on peut néanmoins 
les faire encore travailler; le dernier que j’ai vu, m’a fervi pour les préparations anatomiques 
de cet ouvrage : il appartenoit à un fiacre depuis plus de deux ans. A l’ouverture, je trouvai 
le trochanter cafte & arrondi en forme de tête , ce qui étoit arrivé par fon frottement 
fut le corps de l’os de la cuiïTe à l’endroit de fa frafture ; je n’obfervai autre chofe qu’un 
cpanchement du fuc oftèux qui faifoit fonèlion de fynovie pour cette nouvelle articulation. 

L articulation du fémur avec le tibia fe fait par plufieurs ligamens ; fçavoir , deux laté- 
raux ^ deux croifés, un poftérieur & un capfulaire. Les ligamens latéraux font, un interne, 







H I P P 0 T O M I E. 


^8 

&^externe : le premier prend fon attache un peu au-defTus de cett^ dépreffion, dont 
nous avons parlé, & la remplit ; enfuite après avoir paffé fur le ligament croifé de ce côté, ü 
va fe terminer à la partie fupérieure de la face interne du tibia, a deux pouces au-deffous 
ût cette articulation , & s’y attache dans toute fon etendue. ^ 

Le ligament externe eft beaucoup plus confidérable que celui-ci : il s attache de même k 
la facette externe du fémur & va fe terminer au-deffous, en partie fur le tibia, & en partie 
fur le péroné , où il lui fert de ligament. Cet os eft d’ailleurs uni au tibia par des ftbres 
très courtes, qui font l’office de ligament intermédiaire. 

Des deux ligamens croifés , l’un, fur lequel fe repofe le condyle externe du fémur, a 
fon attache dans cette échancrure profonde, fituee derrière le fémur, & va en augmentant, 
former une cavité glénoïde, dans laquelle fe meut le condyle. Ce ligament fe porte en devant, 
& vient fe terminer à cette éminence faillante du tibia. L autre au contraire, a fon attache 
à cette même crête dans fa partie poftérieure , enfuite il fe replie en forme d anneau pour 
fe terminer ù la partie antérieure de cette crête. Ces deux ligamens font enduits d’un 
cartilage pour s’articuler avec les condyles du fémur. 

Le ligament poftérieur a fon attache en dedans de l’articulation, entre ces mêmes condyles, 
derrière le ligament croifé externe , puis après avoir donné quelques fibres au ligament 
croifé , il vient fe terminer au bord de l’échancrure du tibia. L’ufage de ce ligament eft 
d’empêcher le fémur de fe porter en arrière. 

Le ligament capfulaire s’attache principalement par une forte expanfion ligamenteufe à 
la partie poftérieure du fémur , au-deffiis du condyle interne , a un pouce au-deftus de 
l’articulation, il fe prolonge enfuite de chaque côté, pour aller fe terminer aU. bord cartila¬ 
gineux de l’un & de l’autre os. 

La rotule eft retenue d’un côté, par la terminaifon des tendons des mufcles qui forment 
la cuiffe antérieurement; & de l’autre , par trois ligamens, dont deux font propres & 
l’autre commun. Les deux premiers s’attachent d’une part au bord inférieur de la rotule, 
l’un extérieurement, qui va fe terminer à cette éminence confidérable, dont on a parlé ; 
l’autre, qui part de la pointe de la rotule, & va fe terminer à la partie moyenne du tibia, 
dans cette dépreffion à côté de cette éminence confidérable. 

Le ligament commun prend fon attache un peu à la pointe latérale interne de la rotule, 
principalement à un ligament tranfverfal dont on parlera plus bas , & va fe terminer à une 
autre éminence du tibia à côté de cette même dépreffion ; la rotule eft encore retenue fur 
les côtés par deux larges bandes ligamenteufes qui fe confondent avec le ligament capfulaire. 

L’ufage des ligamens propres & communs font de réfifter à la violente contraélion des 
mufcles cruraux vaftes , interne & externe , &c. 

Les coups de pied portés fur la rotule font toujours fort dangereux ; il fe forme ordi¬ 
nairement un gonflement qui commence par être inflammatoire , & continue par être 
œdémateux ; il faut avoir recours en ce cas aux remèdes qui s’oppofent à l’un & à l’autre 
accident. 

DES LIGAMENS DU JARRET. 

Le jarret a des ligamens communs & des ligamens propres. 

Les communs font, au nombre de quatre ; fçavoir , deux ligamens latéraux , un capfu¬ 
laire , & un poftérieur. 

Les ligamens latéraux , font l’un externe 6c l’autre interne. L’externe s’étend depuis la 
partie inférieure du tibia , un peu poftérieurement à cet os ; il s’attache en paffant à l’os du 
jarret proprement dit, à l’os, difforme , & va enfuite fe terminer en s’épanouiffant à Vos 

du 







s Y N D E s M O L O G I E, 


69 


du canon & à l’os ftyloïde externe. L’interne eft plus court que le pre'ce'dent & s’attache 
de même à la partie inférieure du tibia, à l’angle oppofé aü premier plus antérieiiremeiit 
& va, en s’e'panouiffant beaucoup davantage , fe terminer à l’os du canon , après avoir 
palTé fur les os fcâphoïdes. 

Le ligament capfulaire eft partagé en deux ; ime portion , placée antérieurement k cette 
articulation, s’étend depuis le bord cartilagineux du tibia , jufqu’k celui de l’os du canon 
& fur les côtés, il fe joint aux ligamens latéraux. L’autre portion s’étend depuis le bord 
poftérieur du tibia, & va fe terminer à la circonférence de l’os du jarret proprement dit & 
s’unit de même aux ligamens latéraux. 

Le tibia eft encore uni extérieurement âü calcanéum , & iiitérieuremerit à l’os de la 
poulie , par deux ligamens qui deviennent croifés, en paftkht par-deftbus les latéraux. 

L’externe eft fitiié à la partie antérieure du tibia, palTe par-deftbus le latéral, & va fe 
terminer à l’os du jarret proprement dit : l’interne eft fitué un peu plus obliquement, il 
eft moins confidérable ; cependant , il s’attache de même que le précédent , & va fé 
terminer à la partie inférieure de l’os de la poulie , fe confondant avec le latéral externe. 
L’ufage de ces deux derniers ligamens eft d’empêcher, que le tibia ne fe porte en avant, 
ou ne defeende dans les efforts. 

Le poftérieur régné tout le long du bord poftérieur du calcanéum , de l’os difforme , 
des fcâphoïdes, s attachant a chacun d’eux, & vient enfuite k la partie fupérieure & pofté- 
rieure de l’os ftyloïde externe ; plufieiirs plans de fibres s’écartent, & vont fe terminer â 
l’interarticulaire pu entr’offeux. 

Les os fcâphoïdes font Contenus, antérieurement, par plufieurs plans de fibres qui s’éten¬ 
dent depuis fes apophyfes , en forme de mammelons , defeendént tout le long des feaphoï^ 
des, en croifant 1 articulation, & vont fe terminer k la ^rtie prefqüe antérieure de l’os 
du canon. 

Les os fcâphoïdes , difformes & entr’offeux , font contenus, poftérieurement, par des 
ftbres ligamenteufes rangées en tous fens ; ce qui donne au jarret la force & là réfiftance 
dont il a béfoin. 

Les péronés font Contenus par l’expanfion des latéraux , & d’uii troüffeau de ftbres 
tendineufes : ils le font encore tout le long de la partie poftérieure de l’os du canon , 
par des fibres très courtes, qui les uniffent k l’os. Il arrive fouveht que ces os font corps 
avec l’os du canon ; ce que l’on voit furvenir dans les vieux chevaux , principalement le 
ftyloïde interne : ces os cependant s’ankylofent moins que ceux de devant. 

Les ligamens du boulet, du paturon, de la couronne & du pied, font de même qu’à 
l’extrémité de devant , k l’exception que ceux qui tiennent les os féfamoïdes , font plus 
longs & moins larges qu’aux jambes de devant ; le refte eft la même chofe. 



S 






HIP P OTOMIE. 


Ï1 

DU PÉRIOSTE. 

Les os , en general, font recouverts, dans prefque toute leur étendue, d’une membrane 
blanchâtre très forte, ôc d’un tiffu très ferré qui s’infère dans leur fubftance. Cette membrane, 
que l’on appelle périofte, paroît lilTe, polie fur fa face qui recouvre les os ; c’eft un tiffu de 
£bres rangées en différens fens, & par conféquent formé de plufieiirs plans de fibres : celui 
q[ui revêt immédiatement l’os , paroît pofé parallèlement aux fibres de l os. Le periofle eft 
compofé de l’expanfion des fibres teiidineufes, nerveufes,& principalement ligamenteufes. 
On y découvre , par les injeaions fines , une très grande quantité de vaiffeaux fanguins. 
Quant à la grande diftribution des nerfs , on s’apperçoit aifement de leur exiflence par la 
grande fenfibilité de cette membrane, dans les coups ou tumeurs qui lui arrivent. 

Le période s’enlève aifément fur le corps des os longs , & très difficilement a leurs 
extrémités. Il manque dans les endroits oîi fe terminent les tendons & les ligamens ; ceux- 
ci s’infèrent & s’incorporent dans l’os. Cette membrane recouvre la furface externe des os ; 
elle accompagne même les vaifîèaux des os, pénétre leurs cavités, &c va tapiffer leur furface 
interne ; elle fert en outre, à la fubftance médullaire des os de membrane commune, qui eft 
très fine intérieurement. On y découvre une très grande quantité de vaifîèaux fanguins, &c. 

Le période n’a point par-tout la même épaiffeur : elle eft plus confidérable en général 
dans les extrémités des os , principalement chez les jeunes poulains , ainfi que dans les 
endroits, où viennent s’infèrer les tendons. 

Les os du crâne font également revêtus d’une membrane qui ne porte plus le nom de 
période ; les anatomiftes ont jugé à propos de l’appeller péricrâne , comme ils ont appelle 
périchondre , celle qui s’étend^ fur les cartilages , & péridefme , celle qui recouvre les 
ligamens. 

Le période eft deftiné à fervir d’enveloppe aux os , & de foûtien aux vaiffeaux qui y 
rampent : il paroît encore que c’eft lui qui augmente infenfiblement le volume des os, & 
qui en fournit les couches ou lames qui les compofent. 










DES MUSCLES EN GÉNÉRAL. 

E S mufcles font des organes fibreux qui, par leur contraftilité, procurent 
aux animaux la faculté de fc mouvoir 6c de changer de lieu. C’eft par eux 
que l’oifeau s’élève dans les airs , que le poifTon fend l’onde , que le plus 
petit infeéfe, que le quadrupède, exécutent leurs mouvemens. Cette qualité 
aftive caraâérife le règne animal. L’arbre fe lailTe abattre par la coignée , 
le métal reçoit indifféremment , entre les mains de l’ouvrier , toutes les modifications 
poffibles ; en un mot, le végétal & le minéral n’oppofent aucune réfiflance à tout ce qui 
peut bleffer leur intégrité : les animaux , au contraire , vont au devant de ce qu’ils croient 
leur être utile, fuient ce qui peut leur être nuifible, & c’eft à leurs mufcles qu’ils le 
doivent. 

DISTINCTION DES MOUVEMENS, 

Les mufcles ne fervent pas feulement à mouvoir le corps en total ; ils font encore deftinés 
à opérer divers mouvemens partiels , defquels réfultent les plus grandes fonéfions. Ils 
donnent au fang l’impulfion, & le mouvement circulaire ; favorifent la coélion des alimens, 
& foulèvent les parois de la poitrine, pour donner entrée à l’air dans les poumons. Ces 
derniers ne font point , ou très peu fournis à la volonté ; de-lk naît la diftinéfion des 
mouvemens, en volontaires, involontaires & mixtes. Il dépend, en effet, d’un animal, 
lorfque fes organes font dans une difpofirion requife , d’aller d’un endroit dans un autre , 
de mouvoir un membre en particulier ; mais il n’eft pas en fon pouvoir d’empêcher le fang 
de circuler , l’eftomac & les inteftins d’élaborer les alimens, & d’en expulfer enfuite tout 
ce qui ne doit point fervir à fa nourriture. Comme il a quelque empire fur la refpiration, 
& qu’il peut l’accélérer, ou la retarder quelques inftans , on appelle mixte ce dernier 
mouvement. 


Jie-Cat’pentia', del, ’ ,Sculp. 

SECTION QUATRIÈME. 

MYOLOGIE OU TRAITÉ DES MUSCLES. 




























72* 


H I P P O T O MIE. 


STRUCTURE DU MUSCLE. 

L’infpeélion fimple du mufcle, nous préfente un grand nombre de troufTeaiix de fibres 
rouges , diverfement arrangées ; ils dégénèrent en des filets durs , blancs & polis , qyj 
fe réunilTent en des paquets ronds 6c étroits , pour former ce qu’on appelle tendon, ou 
qui font arrangés fur une furface plane 6c étendue pour former les aponevrofes : ces filets 
fe trouvent très courts dans certains mufcles, 6c font infenfibles dans d’autres. La blancheur 
éclatante, 6c la dureté du tendon, femblent prouver qu’ils ne font pas une continuation des 
fibres mufculaires ; cependant, cette continuation eft évidente, lorfqu’on examine les fibres 
mufculaires dans les poulains. Les mufcles , qui ne s’attachent pas aux os , n’ont ordinai¬ 
rement pas de tendons ; tels font les fphinèlers 6c les tuniques mufculaires des vifcères, & 
des vaifTeaux. Les mufcles , qui s’attachent au-tour des articulations , ont , en général 
des tendons longs dans leur extrémité lâ plus mobile. Les plus petites fibres font unies 
entr’elles par des filamens; leur union forme des fàifceaux , qui font logés dans déà gaines * 
ces gaines font liées par des cloifons membraneufes, qui admettent un fuc fluide , 6c de 
nature oléagineufe. Ces filamens, ces gaines , ces cloifons forment le tiflu cellulaire, lequel 
fournit d’abord une enveloppe particulière à chaque troufleau de fibres rouges, 6c enfuite 
une enveloppe général à tout le corps. 

VAISSEAUX DES MUSCLES. 

Les mufcles fe nourriflent 6c croiflent comme les autres parties ; ils ont donc befoin de 
vaifleaux : aufli en ont-ils de tous les genres. Une quantité prodigieufe d’artères, de 
nerfs , de veines , 6c de vaifleaux lymphatiques fe perdent dans leur fubftance ; 6c chaque 
efpèce de ces vaifleaux femble s’y trouver en fi grand nombre , qu’un habile anatomifie, 
après en avoir injeèlé avec fuccès les artères 6c les veines, croit d’abord ne devoir admettre 
que des vaifleaux. Il en efl: de même des nerfs, lorfqu’il s’attache à les pourfuivre jufque dans 
leurs dernières divifions. Les vaifleaux lymphatiques, plus fins que les autres, n’y paroilTent 
pas aufli nombreux. Les artères 6c les veines , les nerfs tuméfiés à un certain point, quittent 
leur enveloppe la plus dure, 6c ont beaucoup de molleflè. Tous ces vaifleaux font très rares 
dans les tendons, ce qui leur donne l’éclat , 6c l’infenfibilité qui les caraftérifent. 

L’ambition des découvertes a fait divifer les fibres en plufieurs claflLs ; on a imaginé 
qu’il y en avoit de très petites , de moyennes , 6c de plus fenfibles ; on en a fait de cent 
fois plus déliées que les cheveux : on a encore multiplié davantage cette divifion abfurde 
6c inutile pour le phyficien , comme, pour l’artifte. Sans entrer dans tous ces calculs fafti- 
dieux, il efl: fort aifé de concevoir que les fibrilles , infiniment petites , jointes en plus ou 
moins grand nombre , donnent aux fibres plus ou moins de diamètre. 

Pourquoi la portion rouge des fibres mufculaires fe raccourcit-elle.? quels font les reflbrts 
cachés qui donnent aux mufcles la faculté de fe contrafler , 6c par-là d’exécuter tous les 
mouveniens poflTibles des animaux ? queflions plus curieufes qu’importantes, 6c dont les 
différentes folutions , données jufqu’ici, démontrent plus la hardieffe que la fécondité de 
l’efprit humain. 

L’homme, qui s’élève jufque dans les deux pour obferver les mouvemens de ces globes 
immenfes fufpendus fur fa tête, qui en calcule la marche , 6c en détermine le cours, 
qui maîtrife , à un certain point , les élémens , qui fçait tant de chofes étrangères à foii 
exiflence , ignore comment il peut faire un pas , comment les animaux fe meuvent , 
comment ils vivent. Les caufes , que les fçavans ont voulu afligner à ces effets, font 

autant 






MYOLOGIE. 


73 


autant de fi 61 ions ingenieufes, également éloignées de la vérité , & qui ne font eftimables 
qu’en ce qu’elles lailTeiit échapper quelques rayons de lumière , du milieu même des 
brillantes erreurs qui en font le tilTu. Examinons d’abord les phénomènes de l’aélioii 
mufculaire , pour pafler enfuite aux explications qu’on a données. 

i.o Les fibres mufculaires d’un animal mort, étant coupées, fe retirent vers leurs points 
fixes. 

Dans l’animal vivant, les mufcles ont un reflbrt fuffifant pour maintenir les parties, 
îorfqu’ils font tous dans une organifation , & une intégrité parfaite : de-là réfulte l’équi¬ 
libre de ces parties. Si un ou plufieurs mufcles font coupés ou paralytiques , les mufcles 
oppofés ou antagoniftes, l’emportent vers leur point fixé. 

3.0 Lorfque l’animal veut exécuter quelque mouvement, les mufcles fé ràccourcifient. La 
première force* du mufcle dans l’animal mort, eft une vraie élafticité qui dépend de la 
ftruéture ; la fécondé, dans l’animal vivant, dépend d’une élafticité , augmentée par le 
principe vital, & c’eft ce qu’on appelle le ton ; la troifième, eft la force de contraétion. 

4. ° Cette dernière force eft déterminée par la volonté de l’animal , qui peut contrafter 
6c relâcher un mufcle avec une viteftè étonnante, ou avec une lenteur graduée. 

5. ° Le mufcle devenant plus court dans la contraêirion, devient aufti plus large fans 
augmenter de volume ; & plus dur à proportion, non de la grandeur de fa contraélion j 
mais de l’effort avec lequel il le contrafte : par exemple, lorfque le cheval meut-les 
extrémités, fans avoir aucune réfiftance à vaincre, fes mufcles ne font prefque pas durs; 
mais ils le font d’autant plus, qu’il a des fardeaux plus confidérables à traîner. 

6. ° Le mufcle contrafté préfente des vuides & des inégalités. 

7. ° Si on lie l’aorte d’un cheval, avant fa divifion en iliaque, les extrémités poftérieures 
deviendront engourdies fur l’inftant, & feront paralytiques au bout de très peu de temps. Il 
en eft de même de toute artère. Si l’on coupe, ou fi on lie féparément le nerf, la paralyfie 
arrivera fur le champ. 

8.0 Si dans un animal vivant, on lie le nerf diaphragmatique , le diaphragme eft immo¬ 
bile ; mais fi on preffe ou fi on pique le nerf, on verra renaître le mouvement. 

Dans un animal réellement mort , la même chofe arrive ; & de l’eau tiède, injeélée dans 
une de fes artères, revivifie les mufcles, où elle fe diftribue, comme dans un animal vivant. 

Le corps calleux du cerveau étant bleffé ou comprimé , tous les mouvemens font abolis ; 
l’animal ceffe de vivre ; donc il y a une influence du cerveau eiTentielle fur toutes les 
autres parties. Quoique le cœur féparé batte plufieurs minutes, 6c même plufieurs heures 
dans certaines anguilles ; quoiqu’on voie des canards marcher encore après qu’on leur a 
coupé la tête ; quoiqu’on ait vu un bœuf vivre ayant le cerveau pétrifié, & des enfans nés 
fans cerveau ; ces faits ne détruifent pas, mais confirment pluftot la néceflite de la liaifon, 
entre le cerveau 6c les parties mufculeufes, pour la vie 6c le mouvement, puifqu’ils s’éteignent 
fi promptement , lorfque cette liaifon eft interceptée ou abolie. 

On eft parti de ces obfervations pour établir des hypothèfes qui leur fuflent applicabes. 
On a cherché la caufe du mouvement dans le fang 6c dans le fluide des nerfs ; ce n’etoit 
pas aftez de trouver des fluides , il falloir encore déterminer leur jeu, d’après la ftruêlure des 
plus petites fibrilles. Chacun l’a examinée avec le microfcope de fes connoiflànces : le 
chymifte y a trouvé des cellules, des ballons , propres à recevoir un liquide expanfible ; le 
méchanicien a annoncé des chenettes, des rhombes , des fpirales ; le phyficien y a fuppofe 
des véhiculés innombrables. 

Les efprits , ont dit certains phyfiologiftes, fe mêlant au fang avec une grande rapidité, 
s’infinuent dans les plus petites molécules avec tant de force, les frottemens font fi violens 

T 






74 - 


HIP P OTOMIE, 


<}u’il en réfulte une explofion femblable à celle de la poudre à canon. D’autres ont fn 

que le fuc nerveux avoit des pointes très fubtiles qui, divifant le fang, donnent ^ 

molécules aeriennes, qui y font contenues, la liberté de fe livrer à leur relTort ; il arrive 
ébullition , Pair fe dilate tout à coup, & fait gagner aux mufcles, en largeur & en épailfei 
ce qu’ils perdent en longueur. Cet air n’eft pas auffi groffier que celui que nous refpiron ^ 
il efl: infiniment fubtil, & s’évapore facilement. S’il vient à raréfier le fang avec beau ^ 
d’impétuofité, s’il fe trouve des pointes trop fortes dans le fuc nerveux, les cellules ou fo/ 
renfermées ces parties d’air, fe rompent; de-là vient qu’il fe forme quelquefois des vefïicul 
à la furface des mufcles. C’eft une erreur, fuivant ce fyftême, que d’attribuer la paralyfe ' 
l’arrêt du liquide des nerfs ; il efl: bien plus naturel de croire qu’elle ne furvient qu’à cai^f 
d’une diminution de la vertu pungitive du fuc nerveux. Si cela fe pafToit ainfi, la vie de 
animaux , déjà fi bornée , durerait à peine un inftant ; ces matières inflammables & expan 
fibles produiroient bientoft des incendies, des ravages mortels ; cet air, gratuitement fuppofé 
expoferoit les filières du cerveau, & les tuyaux nerveux, à des éruptions bien dangereufes 
dans des organes auffi délicats : d’ailleurs, eft-il dans le fang quelque chofe qui foit capable 
d’exciter une effervefcence } oii font les alkalis dans le fang } peut-on comparer les efprits 
animaux à des acides ? ces idées fi mal empruntées de la chymie , ne font pas plus 
heureufes que les fuivantes. 

Des écrivains, tout pénétrés de mécbanique, ont envifagé les fibres mufculeufes, comme 
des fpirales, dont les circonvolutions étoient jointes par des filets nerveux qui, venant à 
fe contrafter, raccourcifibient la ligne fpirale : d’autres ont attribué ce raccourciffement à des 
vaiffieaiix fanguins , fitués dans la cavité de la fpirale qui, en fe gonflant, augmentoientle 
diamètre des circonvolutions. Combien cette ftruaure n’eft-elle pas éloignée de l’exaffitude 
anatomique .> les meilleurs microfcopes ne découvrent dans les fibres, qu’une figure cylin¬ 
drique , & quand même on la fuppoferoit telle, la même difficulté fubfifferoit toujours. 

Il faudroit donner la raifon du raccourciffement des nerfs , c’efi: vouloir prouver une 
chofe par ce qui eft en queftion. 

Attachez un pois au fond d’une veffie, adaptez à fon orifice un petit tuyau ; foufllez, 
& le pois s’élèvera : plus les veffies feront en grand nombre , plus l’élévation du pois 
fera prompte & confiderable , telle efl l’image de la contraftion mufculaire, difent quelques 
phyficiens. Ils ont conféquemment fuppofé chaque fibre, compofée d’une infinité de velfi- 
cules, placées à la file des unes des autres ; il y en a qui ont admis ces vefficules dans les 
vaiffeaux fanguins , d’autres dans les nerfs ; ce qui efl: encore oppofé à la vraie conforma¬ 
tion des^ fibres & des vaiffeaux fanguins , dont les dernières ramifications doivent être 
confidérées comme autant de petits tubes uniformes, ou à peu près uniformes. Admettons, 
pour un inffant, des vefficules dans les vaiffeaux fanguins , comment les mouvemens s’opé^ 
reront-ils avec tant de vélocité .> comment pourront-ils fe varier de tant de manières ? un 
fluide auffi groffier que 1-e fang, en efl: incapable. 

Le membre du cheval fe gonfle-t-il, s’affaiffe-t-il auffi promptement que les mufcles 
fe contrarient , & fe relâchent ? les cellules des corps caverneux font remplies par le fang 
qui ne peut y entrer & en fortir avec cette vîteffe. 

Le fyflême des vefficules nerveufes, quoique plus fenfé , efl encore en défaut de ce côté. 
On a beau les multiplier tant qu’on voudra, leur donner une infinité de tuyaux;.on ne 
pourra jamais y trouver la raifon de la célérité, de la contradion , encore moins de relâche¬ 
ment des mufcles. Dans cette hypothèfe on ne peut expliquer la promptitude du relâche- 
ment, qu’en difant, que le fluide nerveux, qui a gonflé les vefficules, s’en échappe avec la 
meme viteffe, avec laquelle il les a remplies; que par conféquent il y a des vaiffeaux de fortie 




myologie. 


Ti 


égaux à ceux de l’affluence. Or , fi cela eft, le fluide nerveux forcira de la vefficule de 
même qu’il y fera entré, il ne s’y en fera aucune colleélion ; il n’y aura donc ni gonfle- 
ment, ni contraftion mufculaire. 

Le défaut principal de tous ces fyftêmes , eft, qu’ils attribuent au cerveau, la puifTance 
impulfive, qui envoie les fluides dans toutes les parties, oii il fe fait des mouvemens. Or 
cette fuppofition , généralement adoptée, eft contraire aux expériences : le cœur d’une 
anguille divifée bat encore long-temps , des animaux marchent encore après qu’on leur a 
coupé la tête : donc le cerveau n’envoie pas à chaque inftant le fluide moteur ; il exifte 
dans les parties, & y féjourne un certain temps, fans avoir befoin d’être réparé ; le cerveau 
n’eft que le réfervoir oii eft contenu le fluide propre au mouvement, & au fentiment ; il 
ne fait pas, pour ce fluide, le même office que le cœur pour le fang. Si cette opinion éroit 
vraie , comment les animaux pourroient-ils foûtenir de fi pénibles travaux, & faire de fi 
longues routes, durant lefquels les mufcles ne ceflent de fe mouvoir? 

En confidérantlaliaifon, l’enchaînement de tous les êtres matériels, il paroît plus fimple 
d’admettre dans les nerfs des animaux , ce fluide , cet efprit univerfel qui lie les molécules 
des pierres, qui forme les rochers , les métaux , qui fait mouvoir la fève dans les végétaux, 
dont les parties les plus glutineufes, fortant de certains arbres, forment des pleurs végétales 
qui font des baumes précieux, pour quiconque en connoît l’ufage. Il faut qu’il foit infini¬ 
ment plus fubtil dans les animaux : or, ceux-ci le reçoivent par les poumons j il fe mêle 
avec le fang, & fe diftribue dans toutes les parties. Les molécules les plus déliées de ce fluide, 
font deftinées au mouvement ; les autres font le principe du fentiment. Ces deux efpèces 
de molécules exercent librement & indépendamment leurs fouftions , puifqu’on voit des 
mufcles infenfibles fe contraêfer, & des mufcles immobiles être fenfibles ; les unes & les 
autres fe trouvent dans les tuyaux nerveux ; mais quelle eft leur manière d’agir dans les 
fibres mufculaires ? nous ne fçaurions le définir ; & loin de perdre envain du temps pour 
arracher à la nature un voile qui fera peut-être toujours impénétrable aux hommes , conten¬ 
tons-nous de l’admirer dans la compofition , dans l’arrangement, & dans la difpofition des 
mufcles. Quel ordre n’a-t-elle pas obfervé pour les proportionner aux effets qu’ils doivent 
produire! elle en a fait de grands, de petits, de moyens, de larges, de longs, & de grêles; 
elle les a difpofés direaement, en travers, obliquement, en devant, en arrière, en haut, en 
bas. L’un a la figure d’un triangle, d’un rhombe, l’autre d’un fealène, d’un quarré; de-là leurs 
differens noms : elle a arrangé les fibres de certains mufcles en forme d’angles contigus , 
fur le fommet defquels marche un tendon ; comme la pofition de ceS fibres a beaucoup de 
reffemblance avec une plume garnie de fes barbes , on nomme, à jufte titre, ces mufcles 
penniformes. Elle a compofé quelques mufcles de deux ou trois autres , dont les extré¬ 
mités tiennent à un tendon mitoyen , en aboutiffant à un tendon qui va former l’attache 
du mufcle; les premiers fe nomment digaftriques, trigaftriques, & les féconds biceps, triceps. 

Les os, qui n’ont que le mouvement de flexion & d’extenfion, ont des mufcles deftinés 
^ ufage, comme les os de 1 avant-bras. Ceux qui peuvent fe mouvoir en tous fens, 
comme l’humérus, ont auffi différens mufcles qui les fléchiffent, les étendent, les rappro¬ 
chent du corps , les en eloignent, leur donnent le mouvement de rotation, & fervent à 
es modérer, a les retenir, & à les diriger dans leur aélion. De-là encore les dénominations 
e flechiffeur, dextenfeur, d’adduêleur, de rotateur, de modérateur. Les mufcles ont aufli 
es dénominations relatives à leurs attaches , comme de fterno-maftoïdien , parce que ce 
mufcle s attache d’une part au fternum, & de l’autre à l’apophyfe maftoïde, &c. 

es mufcles font, comme nous l’avons dit, des piiiflances appliquées aux os, qui en font 
CS evieis. On fçait que plus la puifTance eft éloignée du point d’appui, plus elle a d’avantage 








76 


H I P P O T O M I E, 


fur la réfiftance. Quoique ce principe foit inconnu aux porte-faix, aux différens ouvriers 
ils ne lailTent pas de k mettre en ufage : on ne les voit jamais faifir leurs leviers, leur barre 
par le milieu, ils les tiennent toujours par l’extrémité, pour que leur effort foit plus grand 
fur le fardeau qu’ils ont à mouvoir. La nature a manqué à cette loi méchanique par une 
plus grande fageffe ; fi elle a placé les mufcles plus près du point d’appui, que n’eft le poids 
qu’ils ont à foûtenir ou à furmonter ; fi elle lui a fait décrire des angles fort aigus, elle 
les a en revanche fortifies d’un grand nombre de faifeeaux, elle les a multiplies, autant qu’il 
étoit néceffaire, dans les parties où il étoit befoin d’un grand effort , comme aux extré- 
tés poftérieures. Elle fait des poulies, des apophyfes faillantes , ainfi qu’on l’a vu dans le 
traité des os, pour accroître leur puifîànce. La jufteffe , & l’élégance du corps de l’animal 
ont été auffi confervées ; il auroit été très difforme & monftrueux , fi les mufcles avoient 
été difpofés de manière à produire les plus grands mouvemens avec la moindre force 
poffible, en leur faifant décrire des angles droits & obliques. 

Une graiffe douce & lubréfiante fe trouve dans l’interftice des paquets des fibres mufeu- 
laires, pour empêcher les accidens qu’entraîne le frottement. 

Les corps des mufcles les plus longs, font logés dans des gaines tendineufes & fermes, 
que d’autres mufcles tendent & tirent, ce qui s’oppofe à la grande perte qu’ils feroienc 
de leur force. 

Les tendons longs , qui paffent fur les articulations , font reçus dans des anneaux 
humeêliés par une liqueur particulière : de-là , il efl: aifé de conclure que l’animal ne 
marche , ne fe tient en équilibre , ne meut fes membres , ‘ que par l’aêlion des mufcles 
diverfement unis ou oppofés ; que cette aêlion accélère le mouvement du fang dans les 
artères & les veines, &: fait entrer la graiffe dans le fang ; ce qui occafionne la maigreur dans 
les chevaux qui font trop d’exercice , & l’embonpoint dans ceux qui n’en font pas affez. 
Les mufcles augmentent la force de l’eftomac en y joignant la leur : de-là vient que les 
chevaux , qu’on laifîè oififs & fédentaires , font expofés aux maladies qui dépendent du 
croLipiffement des humeurs, ôc de la crudité des alimens. 



traité 






r 



JPL:^IF. 











































M Y O L O G I E. 


77 





DES MUSCLES EN PARTICULIER. 


ARTICLE PREMIER. 


BES MUSCLES PEAUCIERS 


S Ous le nom de mufcles peauciers, on pourroit comprendre tous ceux auxquels toute 
portion charnue va s’unir intimement à la peau , & qui la fait remuer ; tels font les 
mufcles des paupières , des lèvres , de l’anus , du vagin, &c. : mais il n^eil: ici queftion 
que de ceux qui font répandus fur l’habitude du corps du cheval, ou de la peau propre¬ 
ment dite. 

La peau efl: mue par le moyen de huit mufcles ; quatre de chaque côté ; fçavoir, un 
qui recouvre les côtes & le bas-ventre , & que j’appellerai grand peaucier , c’ell: le plus 
confidérable ; le deuxième, qui s’étend depuis le garrot jufque au canon, qui efl: le moyen 
peaucier , ou peaucier brachial ; le troifième , qui s’étend depuis l’épine de l’omoplate 
jufqu’a la tête , qui efl le peaucier cervical ; le quatrième , qui recouvre entièrement un 
des côtés de la face, que je nommerai peaucier zygomatique (a). 

Le grand peaucier efl: un mufcle très large , affez mince dans certains endroits , & épais 
dans d’autres ; il eft charnu latéralement &c inférieurement, aponevrotique fupérieuremenc 
& poftérieurement. Ses attaches font tantôt fixes , tantôt mobiles ; fon attache antérieure 
eft compofée de deux feuillets ; l’un, qui fe confond avec le fécond mufcle cutané , 6c 
l’autre, qui eft interne, va s’attacher à la partie fupérieure & interne de l’humérus, au- 
deffous de fon col ; enfuite , ces deux feuillets montènt 6c fe réunifient enfemble par des 
fibres charnues qui s’éparpillent , en divergant, fur toute l’étendue des côtes. La partie 
fupérieure devient aponevrotique , monte tout le long du ligament épineux dorfal, & fe 
termine dans la peau en cet endroit ; la partie inférieure forme très peu d’aponevrofe ; la 
partie poftérieure fe réunit en uii petit paquet vers le flanc, a cette duplicature de peau, 
6c va fournir, à la rotule, une enveloppe large , qui entoure la jambe, depuis cette articu¬ 
lation jufque au jarret ; enfuite , cette enveloppe fe réunit en un feûl paquet, & va .fe 
confondre avec le tendon extenfeur de l’os du pied. L’aêfion de ce mufcle eft de tirer la 
peau vers l’épaule, quand les mouches, ou quelque corps étranger s’arrête dans cet endroit ; 
il fert encore à la tirer du côté des flancs, lorfqu’elle eft irritée de ce côté ; ce qui prouve 
que fes attaches font tantôt. fixes , tantôt mobiles dans ces endroits. 

Le fécond mufcle, eft celui qui s’étend fur toute l’épaule 6c le bras , 6c s’attache d’une 
manière fixe au-defibus du ligament cervical, vers le garrot, par une aponevrofe qui devient 
enfuite charnue, 6c dont les fibres perpendiculaires fe réunifient vers l’articulation du bras 
avec l’avant-bras , pour former une large aponevrofe, qui enveloppe cette dernière partie, 


( a ) Tout confidérables que font ces mufcles, M. Bourgelat dit, dans ks Elémens d’Hiffutrique , qu’il na pu les appercevoic 
au micTofcope. Quoiqu’il ait eflayé de les décrire, dans fes Elémens de tari vétérinaire , il n y a pas réuffi ; car il n en^admet qu’un, 
dont il fixe mal la fituation. Il n’occupe point, comme il l’avance , toute l’étendue du thorax & de 1 abdomen ; il nefi: pas encore 
Vrai qu’il recouvre antérieurement le grand peéloral, bien qu’on diftingue un petit nombre de fibres , qui setendent fur ce mufcle: 
^3is , comment pourroit-il recouvrir tout l’abdomen, puifquil manque inferieurement. Je ninfifterai pas plus long-tenrps fur le 
relie de la difcription, qui eft abfolument mauvaife ; celle que je donne y luppléra fuffifaminent. 

^ V 
















78 


H J P P O T O M I E. 




& va fe terminer à la peau, vers le canon. Son ufage, indiqué par la direélion de fes 

de tirer la peau de bas en haut ; 6c quelquefois en bas, lorfqu’elle eft irritée en bas. ’ 
Le troifième mufcle eft celui. qui recouvre l’encolure : il s’étend tout le long du bord 
antérieur du mufcle précédent , en devant de l’omoplate ; enfuite il monte tout le long de 
l’encolure jufqu’à l’occipital, & va fe terminer tout le long du ligament cervical, fe con, 
fondant avec la peau ; quelquefois fes fibres ne font pas bien marquées ; pour lors ce 
n’eft qu’une aponevrofe , qui eft la continuation de ce dernier, mais dont la fonélion eft b 
même; quelquefois ce font des fibres charnues, qu’il ne faut pas confondre (a) avec le 
trapèze antérieur , qui eft ,un mufcle propre à l’épaule dont nous parlerons ailleurs. 

Le quatrième mufcle eft celui qui prend fon origine d’un côté de la crête zygomatique 
de la partie fupérieure des os du nez ; il defcend enfuite le long du mufcle maffeter fe 
replie delTous l’angle de la mâchoire, & va fe terminer dans la peau. Son ufage eft de tirer 
la peau en haut. 


( a ) Ainfi que l’a faic M. Bourgelat, qui le regarde comme Un mufcle cutané {pg. 135 ]. 



À 










myologie. 


ARTICLE DEUXIÈME. 

DES MUSCLE S DU BAS-VENTRE- 

T E bas-ventre eft cette cavité qui eft formée, fupérieurement, par les vertèbres lombaires • 
J-( antérieurement, par le diaphragme & par les dernières côtes ; poftérieurement, par 
les os du baffin ; inférieurement, par les mufcles & par la peau : ainfi, le bas-ventre eft mu 
par le moyen de dix mufcles, cinq de chaque côté, dont deux font fitués dans le bas- 
ventre ; fçavoir, le grand oblique, ou oblique defcendant, le petit oblique , ou oblique 
afcendant ; les trois autres font, le mufcle droit, le tranfverfe & le pfoas des lombes. . 

i.° I> 1/ GRAND OBLIQUE. 

Le grand oblique, eft celui que l’on apperçoit lorfque l’on a enlevé le grand peaiicier ; 
il s’étend depuis la j.' des vraies côtes , jufque à l’os pubis ; il eft charnu latéralement’ 
aponevrotique inférieurement; il a fon attache fixe au défaut des cartilages des 6.', j: & 
8 .' vraies côtes, au refte des autres vraies & aux faulfes côtes, à trois ou quatre travers de 
doigt au-delTous, à la partie poftérieure du long dentelé ; le tout par des portions charnues, 
en allant de devant en arrière, & va fe terminer, d’une part avec fon congénère, par une 
large aponevrofe ; de l’autre , il fe porte toujours dans la même direflion à la crête des os 
des iles, par une aponevrofe ; enfuite, il continue fon chemin pour former un cordon alîèz 
fort, qui va fe terminer à la partie antérieure des os pubis. Ce mufcle eft comme découpé 
dans fa partie fupérieure , & forme cinq digitations , qui communiquent avec le large 
dentelé , & deux avec le long dentelé, dans la partie oppofée, vers les lombes. L’apone- 
vrofe de ce mufcle, vers les os pubis , forme une ouverture pour lailTer palfer les cordons 
fpermatiques ; au-deflbus de cette aponevrofe , il en part une autre qui va recouvrir la 
partie interne de la cuilfe, & qui fe trouve féparée de ce mufcle dans fon origine ; ce qui 
occafionne une grande tenfion dans cette partie. Ce mufcle, ainfi que fon congénLe, eft 
recouvert, dans toute fon étendue, d’un large ligament jaunâtre , de la nature du ligament 
cervical, qui fe trouve féparé de la partie charnue par un tilfu cellulaire; mais qui enfuite 
vient fe confondre avec la partie blanche aponevrotique de ce mufcre , & qui lui donne 
par confequent plus de foûtien & de force {a). 

L ufage de ce mufcle eft, avec fon congénère, d’approcher le baftin vers la poitrine ; & de 
e tourner a droite & a gauche, quand ils agiftènt féparèment ; parce que quand le cheval 
veut fe mordre la hanche gauche , le grand oblique de ce côté agit feul j mais lorfqu’il 
veut fienter, les deux obliques agiftènt enfemble. 


attaclip mSi crete delos des iJes, comme le prétend M. BourgeJat, 161 , mais bien fon 

la contradfir, charnue eft placée antérieurement, & que la partie tendineufe aponevrotique eft en bas. Or, comme 

des os nnKJc r““fcle eft dans fa partie charnue, il ne peut avoir fon attache fixe aux os des iles, encore moins à l’angle antérieur 
quent au larôf> ^ ait une; dailiers, ce mufcle ne forme que quatre ou cinq digitations au plus , qui fe communi- 

par deux di£a ^ ^ ^^P*^ a huit. De plus, il ne communique, avec le long dentelé, que poftérieurement & feulement: 

Stre Ta na Peuc regarder comme la troifième. Je puis donc dire qu’il y a une diftance tr^s marqué 

dieicatinnc-^ ^ admet, il en faut retrancher fept. 11 dit encore , pag. 161 , que les lîx & fept premières 

ïnfprendre avec le long dentelé, qui eft fous le, large dorfal, & qui eft propre à la refpiration. Comment pLt-on fe 

«otnippommiftrntcnT"' P>'^ On voit évidemLnt que 

î»'il mie fi légeremen, dëlï'anc fous le fcalpel 










8 o 


H I P P O T O M I E. 


a.o DU PETIT OBLIQUE, 

Le petit oblique, ou oblique afcendant, eft celui que l’on trouve delTous le précédent, U 
eft ainli nommé , à caufe que les fibres montent. Il a fon attache à la crête des os des 
îles (^z) , un peu intérieurement. Il eft en partie tendineux & en partie charnu à fon origine ^ 
enfuite les fibres charnues montent en rempant le long de la lèvre interne des cartilages 
des fept fauflès côtes, fans s’y attacher, & de quelques-unes des vraies, puis il va s’attacher 
au cartilage xiphoïde. La partie aponévrotique de ce mufcle eft très large dans fa partie 
moyenne, & va fe confondre avec celle du grand oblique, pour former une bande tendis 
neufe, que l’on appelle la ligne blanche : c’eft dans le milieu de cette ligne que fe trouve le 
cordon ombilical. Ce mufcle eft percé, de même que le tranfverfe, poftérieurement, pour 
laifTer pafFer les cordons fpermatiques. Son ufage eft d’attirer la poitrine vers le bas-ventre, 
lorfqu’ils agiftent enfemble ; & de la tourner à droite & à gauche, quand ils agilfenc 
féparément. 

3.° DU MUSCLE DROIT, 

Le mufcle droit, ainfi nommé à caufe de la direélion de fes fibres, depuis le thorax vers 
le baftin, a fon attache fixe dans toute fon étendue par plufieurs petites portions, dont la 
première prend fon origine au-deCous du mufcle tranfverfal du fternum , va en s’élargilTant 
fur les cartilages des cinq dernières vraies côtes , & fur celui du fternum , & en augmen¬ 
tant , vers la partie moyenne du bas-ventre ; enfuite il diminue & va s’inférer à la partie 
antérieure de l’os pubis. Ce mufcle , dans prefque toute fon étendue , eft coupé par diffé¬ 
rentes petites bandes tendineufes, que l’on appelle énervations , lefquelles font au nombre 
de onze ( ^ ) : elles forment comme autant de mufcles. Ces énervations commencent vers la 
feptième côte , &c ne finiflent que vers la région lombaire : ce. font ces énervations qui 
fervent de point fixe, quand toutes les différentes portions de ce mufcle fe contraftent. Il 
en eft de ces mufcles comme des mufcles digaftriques , dont les ventres , en fe contraélant 
enfemble, font obligés de rapprocher leurs tendons vers la ligne de direélion. 

L’ufage du mufcle droit, eft de rapprocher fimultanément, & la poitrine, & le baffin, 
vers la partie moyenne*de l’abdomen. 

4.0. D U M U S C L E T R A N S V E R S E, 

Le mufcle tranfverfe eft le dernier des mufcles du bas-ventre, il eft ainfi nommé à caufe 
de la direftion de fes fibres qui paroiffent couper le bas-ventre tranfverfalement. Il a fon 
attache, par des portions charnues, aux apophyfes tranfverfes des vertèbres des lombes , aux 
bords internes des cartilages des côtes jiifqu’à l’appendice xiphoïde ; enfuite, fes fibres 
deviennent tendineufes , ôc fe portent en droite ligne vers la ligne blanche (c). L’ufage 
de ce mufcle , en agiffant avec fon congénère , eft de rapprocher les fauffes côtes les unes 
des autres , ainfi que quelques-unes des vraies ; & par conféquent de diminuer la capacité 
de l’abdomen ; un mufcle ne fçauroit agir feul fans mettre en mouvement fon congénère. 


(a ) M. Bourgdat, p4^. 162 , étonne l’anatomifte le moins verfé , lorfqu’il dit que ce mufcle & le précédent n’ont aucune 
attache fixe. ^ 

r ^ ; Et non pas neuf, comme le dit M. Bourgelat, pag. 14. Quant aux mufcles .pyramidaux que le même auteur admet ao 
nombre de deux, mais qui quelquefois eft unique j je n’en ai jamais vu , & perfonne , que je fçache, n’en a trouvé dans le cheval; 
ils exiftent dans l’homme chez lequel on le voit quelquefois manquer. 

f f ) Bourgelat fe trompe , lorfqu’il dit, Elém. de l’art vétér. pag. 16^2 , 163 , que les attaches de ce mufcle, les plus fixes, 
lont par uneaponevrofe, comme fi une aponevrofe, réfultant d’une partie charnue , étoit le principe de la contradïon. 


5- 






























































































































m 







'.C' - '.■' , 


jlli!t.ij,f.. 




























































4 












































































M Y O L O G I E, 


ï 


p D U PSOAS D E S L O M B E S. 

Ce mufcle eft fitué dans le bas-ventre , & eft d’une figure pyramidale. Son attache fê 
fiait par ime màfiè charnue , au corps de trois premières vertèbres dorfales, où il dégénère 
en un tendon très fort, & un peu applati pour fie terminer à la partie antérieure de l’os 
ifichion , un peu au-deflùs, & en avant de la cavité cotyloïde. L’ufage de ce mufcle efi: 
d’attirer le bafiîn fur le thorax, ou d’abaifièr le bafiin , lorfqu’un cheval rue. 

L’ufage commun des mufcles du bas-ventre, eft de fervir aux mouvemens de l’expiration,^ 
& d’aider au mouvement périftaltique des inteftins , pour chafler dehors les matières 
ftercorales. 

Ces mufcles ont encore différentes fonélions particulières ; le grand oblique a celle de 
tourner le baffin fur le thorax , ou en agiffant avec fon congénère , de l’approcher de 
cette même partie ; le petit oblique, fert à plier le tronc fur le baffin ; le tranfverfe, à rétrécir 
là cavité de l’abdomen, en comprimant les inteftins ; & le mufcle droit, en ramenant le 
baffin, & le thorax , l’un vers l’autre , en ligne droite. 



X 










HIPPOTOMIE. 


Sz 


ARTICLE TROISIÈME. 

DES MUSCLES DE LA FACE. 

O N comprend, fous le nom de la face, les mufcles du nez , des lèvres, des paupières 
des yeux, & des oreilles. • 

PARAGRAPHE PREMIER. 

DES MUSCLES DU NEZ. 

Le nez , cette cavité , en partie membraneufe & en partie cartilagineufe, eft dilaté par 
le moyen de cinq mufcles, dont deux de chaque côté font propres ; le cinquième commun 
aux-deux narines, eft litué inférieurement aux os du nez. 

T."* Le commun s’attache, d’une part au cartilage femilunaire, par des fbres charnues, & 
va fe terminer -à l’autre coté oppofé. Ce mufcle , en fe contraftant, fert à lever chaque 
narine , ou à la dilater dans la partie fupérieure : les deux autres font, le divergent ou le 
pyramidal, & le court dilatateur. 

a.“ Le pyramidal a fon attache, par un tendon applati, k la crête zygomatique de l’os 
de la pommette , de la même crête de l’os maxillaire ; enfuite ce tendon commence à 
s’élargir; & en s’élargilTant , il devient charnu , va fe perdre dans le bord orbiculaire 
des marines , inférieurement : il fert à dilater la narine. 

3 .° Le court dilatateur eft fitué tout au-tour de l’échancrure nazale, au bord infé¬ 
rieur des os du nez, au bord arrondi du maxillaire antérieur, & fe termine d’une part, dans 
la peau qui forme le canal membraneux , de l’autre , au cartilage qui forme l’extrémité 
^ inférieure des cornets fupérieurs du nez ; ce mufcle fert non feulement à dilater ce même 
canal, mais même à élever ce cartilage, pour procurer une plus libre entrée à l’air {a). 

paragraphe il 

DES MUSCLES DES LEVRES. 

Les lèvres font ces duplicatures de peau , qui forment l’entrée de la bouche ; elles font 
mues par le moyen de dix-neuf mufcles, dont un eft impair , & qui fert d’attache mobile 
aux autres ; on l’appelle maifcle orbiculaire : c’eft un compofé des fibres rangées circiilaire- 
ment, fituées à l’extrémité des lèvres , lequel, en fe contraêlant, fert à rapetifer la bouche. 

Les mufcles, qui font mouvoir l’orbiculaire , font au nombre de dix-huit (3), neuf 
de chaque côté ; fçavoir, trois propres à la lèvre fupérieure, trois pour la lèvre inférieure, 
& trois qui font communs aux deux lèvres. 

1.0 MUSCLES PROPRES DE LA LÈVRE SUPÈRLEURE. 

Ils font au nombre de trois ; fçavoir, un releveur, un abaiftèur & un abdufteur. 


V j II n’y a point de troifième mufcle pair , comme l’a dit M. Bourgelat, Elém. de l’art vétér. pag. 115 le mufcle cutané, 
donc il parle, eft le même que le court dilatateur , qui encoure toute l’échancrure nazale. 

^A J hlémens d’Hippiatrique, tom. 1 ]. pag. zQi , édit, de Lyon 1751. 8.° n’en compte qu’onze; & dans 

ceux de lart veterinaire, pag. no, il n’en admet que dix-fept. 










MYOLOGIE. 


i.o Le releveur ou grand incisif eft un mufcle charnu & applati fupérieurement, 
tendineux inférieurement ; il a fon attache fur l’os du grand angle ; il pafTe enfuite fous 
l’abdufteur , & devient plus rond ; après quoi, il fe porte de derrière en avant, pafTe fur 
les os du nez , & forme un tendon arrondi, lequel, en fe réuniflant avec fon congénère, 
s’applatit & devient très large, & va fe perdre dans le mufcle orbiculaire des lèvres : fon 
ufage efl: de retirer la lèvre en haut. C’eft ce mufcle que bien des gens coupent dans l’idée 
de décharger la vue : cette opération , qui ne devroit pas être décrite , l’eft ici , pour en 
faire voir l’abus; ceux qui la pratiquoient , faifoient une incifion dans la partie fupérieure, 
de chaque côté de la tête, à l’attache de ce mufcle , & une à la partie inférieure , à # 

l’infertion, de fon tendon ; puis ils prenoient une corne de chamois , & tiroient ce bout ; 
par-là, ils obligeoient les deux mufcles à fortir par en bas. Cette opération , quoique 
dangereufe, ne laifToit pas d’être en vogue, il n’y a pas long-tems à Paris, & demandoit 
beaucoup de force & d’adrefTe ; j’ai même vu des gens tirer vanité de leur dextérité à la 
pratiquer. 

L’abaisseur ou petit incisif eft un petit mufcle fitué fous la lèvre : il a fon 
attache au bord alvéolaire des coins & des dents mitoyennes par des fibres charnues , & 
va enfuite fe perdre de même dans le mufcle orbiculaire. Son ufage eft de rabaiffer la lèvre ; 
il faut remarquer que ce mufcle eft très foible , attendu que la lèvre tombant par fon 
propre poids , il ne lui faut pas une grande, force pour l’abaiftèr. 

3.^* L’abducteur {a) eft le plus large des trois, il eft fitué latéralement, & a fon 
origine au-deftiis de la future tranfverfale, par un tendon aponevrotique ; enfuite il devient 
charnu, pafle par deffus la tête du grand incifif , puis il fe divife en deux portions, 
dont l’une pafte par deftus le divergent ou le pyramidal, & l’autre par deflbus ; enfuite 
ces fibres , toujours charnues , vont fe terminer dans le mufcle orbiculaire. L’ufage de 
l’abduêleur eft d’écarter la lèvre fupérieure, en la portant un peu en haut. 

II.» DES MUSCLES PROPRES DE LA LÈVRE INFÉRLEURE. ■" 

On en compte trois , qui font le long releveur, le court abaiftèur , & l’abduêleur. 

i.° Le long receveur a fon origine à la bafe de l’apophyfe coracoïde & fe confond 
avec le mufcle molaire dans la moitié de fon étendue ; lorfqu’il eft parvenu vers les barres, 
il fe fépare & forme un tendon qui va fe terminer dans l’orbiculaire, inférieurement, uii 
peu en dedans. 

T.o Le court abaisseur prend fon origine au bord alvéolaire de la dent du coin, & 
de la mitoyenne, & va fe terminer dans le mufcle orbiculaire. 

3.° L’abducteur prend fon origine du mufcle peaucier , qui recouvre le mufcle 
mafleter , proche l’angle de la mâchoire antérieure ; enfuite il monte en croifant le long 
releveur pour fe terminer au mufcle orbiculaire. L’ufage de l’abduêleur eft de fixer la lèvre 
inférieure en arrière, en l’abaiftant un peu (b). 

III.o DES MUSCLES COMMUNS AUX DEUX LÈVRES. 

Ces mufcles, qui font au nombre de trois, font le zygomatique (c) le buccinateur 6c 
le molaire. 


{ <« ) M. Bourgelat, -pag. 112, l’appelle maxillaire, comme s’il prenoic fon attache à l’os de ce nom; tandis qu’il l’a au-delTus 
des os du nez. 

( M Ce mufcle a échappé à la fagacité de M. Bourgelat ; il n’en parle point, quoiqu’il foit bien marqué & très diftina. 
ciuf*^l ^ improprement que dans les Elémens d’Hippiatrique, & dans ceux de l’arf vétérinaire , pag. 111, M. Bourgelat le nomme 







i.o Le zygomatique a fon attache à la crête zygomatique de l’os de la pommette 

fur l’attache du mufcle malTeter, par un tendon aponévrotique, palTe par delTus le buccina^ 
teur, & va fe terminer, par des libres charnues, au mufcle orbiculaire à la commilfure de 
la bouche. L’ufage de ce mufcle efl:, de tirer la bouche fur le côté. 

xP Le buccinateür s’attache à la partie moyenne de l’os maxillaire , au-deflbus du 
trou du même nom , par une portion tendineufe ; fes fibres s’écartent enfuite, & vont fe 
terminer au bord alvéolaire maxillaire de la mâchoire inférieure : le centre de ce mufcle eft 
coupé par une petite ligne tendineufe. Son ufage paroît être de fervir à la maftication en 
ramenant les alimens dans la bouche. 

3.0 Le molaire eft très long ; il a fon origine à la partie inférieure de l’apophyfe cora¬ 
coïde ; en defcendant tout le long de la mâchoire , il s’y attache demême qu’au bord 
alvéolaire de i’une & de l’autre mâchoire , & fe termine au mufcle orbiculaire Son 
tifage eft de tirer aufti la commifture de la bouche & de faciliter lamaftication. 

paragraphe III. 

DES MUSCLES DES PAUPIÈRES. 

Le mouvement des paupières fe fait par le moyen de quatre mufcles : le principal eft 
^ appellé orbiculaire ; les autres font deux propres à la paupière fupérieure , & un à la 
paupière inférieure : les deux premiers font releveurs de la paupière fupérieure j le troifième 
eft l’abaiftèur de la paupière inférieure 

iP L’orbiculaire eft fitué à toute la circonférence de l’orbite ; il eft charnu , beaucoup 
plus large dans fa partie fupérieure que dans l’inférieure, & va fe terminer, par un tendon 
aflez fort, à l’apophyfe angulaire : ce mufcle eft adhérant à la peau , & en fe contraftant, 
oblige les paupières à fe contraêler. 

Les releveurs de la paupière supérieure , font l’externe & l’interne. 

Le premier eft fitué au - defliis du grand angle de l’œil , il a fon attache à deux 
travers de doigt, environ au-deftus de l’orbite (^), & vient fe terminer au bord orbiculaire 
de la paupière fupérieure : quelques-unes de fes fibres s’entre-croifent , & vont jufqu’au 
cil de la paupière. 

L’interne eft plus long ; il a fon attache dans le fond de l’orbite, à l’os fphénoide, 
proche fon corps , monte tout le long de cette cavité ,* & enfuite forme une large aponé- 
vrofe au bord de la paupière fupérieure. 

3.° L’abaisseur de la paupière inférieure a fon attache au-deftus du mufcle 
mafteter , & va enfuite fe terminer au bord de la paupière inférieure : ce mufcle eft mieux 
marqué dans certains chevaux que dans d’autres. 

PARAGRAPHE IV. 

DES MUSCLES DES YEUX. 

Le globe de l’œil eft porté eii haut, en bas, fur les côtés, tourné & relevé en arrière, 
par le moyen de fept mufcles. 

Les quatre premiers mouvemens s’opèrent par quatre mufcles appellés droits, & hs 
autres mouvemens par trois autres mufcles , défignés fous les noms de grand & petit 
obliques , & de retraéleur. 


[ a } Ce mufcle a été omis par M. Bourgelat, 






M ¥ O L O G I E. 85 

I 0 Les droits , au nombre de quatre , ont leurs attaches dans le fond de l’orbite , 
au-delTous du releveur de la paupière fupérieure , & fe portent enfuite, l’un à la partie 
fuperieure de l’œil, & le relève ; un autre s’attache à l’endroit oppofé , & l’abaifTe ; les 
deux derniers s’attachent fur les côtés, & tirent l’œil félon la direèlion de leurs fibres : celui 
qui tire l’œil du côté du nez fe nomrUe , àddüéleur, & l’autre oppofé , abdufteur. Ces 
quatre mufcles ont leurs attaches par des fibres charnues, & viennent fe terminer par des 
tendons aponévrotiques, au bord dé la cornée tranfparente, tant foit peu en defibus. 

i.o Le grand oblique eft le plus long des mufcles des yeux ; il a fon attache à côté 
des précédens, monte le long de l’orbite fupérieurement vers le grand angle de l’œil j pafiô 
enfuite par la poulie, qui eft formée du cartilage nommé trochlée, dont nous avons parlé en 
faifant la defcription des cârtilages , enfuite il va fe terminer entre le releveur & l’addii- 
éèeür, par un tendon aponévrotique au-deftbiis de la cornée tranfparente, il tourne l’œil 
fur fon axe, du petit angle au grand ; ce mufcle a retenu le nom de trochléateur. 

Le petit oblique eft le plus court ; il a fon attache dans cette dépreftion de l’os 
du grand angle , dont nous avons parlé, & va fe terminer, par un tendon aponévrotique, 
au-deftiis du mufcle droit abaifteur : fon ufage eft de tourner l’œil du grand angle au petit. 

4.° Le retracteur pourroit être regardé comme quatre mufcles, attendu que fes fépa- 
rations font très marquées ; il a fon attache au fond de l’orbite j fur l’os fphénoïde , à 
l’entour du trou optique : ce mufcle , monte enfuite en droite ligne, en enveloppant le nerf 
optique de toutes parts , pour fe terminer prefque à la partie moyenne du globe de l’œil, 
qu’il entoure abfolumeiit. Il n’â point d’autre ufâge que de retirer l’œil dans le fond de 
l’orbite : en fe contrariant, il fait retirer l’œil qui prelTe alors l’onglée , & l’oblige à 
recouvrir la cornée tranfparente. Si l’on examine avec attention le mouvement de l’onglée, 
ôn verra qu’il n’arrive jamais fans la retraèlation du globe de l’œil dans lé fond de l’orbite. 
Ce cartilage, qui n’exifte point dans l’homme, mais qui exifte dans tous les quadrupèdes &C 
dans la plupart des oifeaux, a été placé chez eux par la nature pour balayer les Ordures qui 
tombent dans l’œil. 

PARAGRAPHE V» 

DES MUSCLES DE V O R E I L L E. 

L’oreille eft portée en avant, en arrière , en dedans, en dehors, & eft tournée par le 
moyen de douze mufcles ( ^ ) ; fçavoir, trois releveiirs , un abaifteur , trois adduèleurs, 
& deux abduéleurs , deux rotateurs , & le douzième , qui eft un mufcle commun , agifîanc 
en différens fens à raifon de la dire.èlion & de l’étendue de fes fibres. 

I.o DES MUSCLES R E L E F E U R S, 

L’oreille eft relevée &c portée vers fa congénère par le moyen de trois mufcles ; fçavoir, 
le long , le moyen , le Court. 

i.° Le long a fon attache antérieurement à la partie moyenne de la conque de 
h oreille , proche fon bord antérieur , defceiid tout le long de cette même conque, paftè 
par deftiis l’angle fupérieur du cartilage , qUe nous avons nommé la cuiràfte, & va fe 
confondre avec le mufcle commun. 

2-.° Le moyen a fon attache à la crête de l’occipital, au ligament cervical, de la largeur 
de trois doigts au-deftous de cette crête, & va enfuite fe terminer, par des portions charnues, 

^ la partie prefque moyenne de la conque de l’oreille, un peu en arriéré du precedent. 

( <* J M. Bourgelat , Elém. de l'art vétér, pag. loi , n*en admet que fix , dont il donne meme une defcription fort mauvâife. 
Celle que nous faifons des douze que nous avons reconnus , fuffira pour redifier ces erreurs. 







H I P P O T O M I E. 


5 6 

3.0 Le court a fon attache à la future fagittale. des parie'taux, à la crête de l’occipital 

recouvrant la partie fupérieure du mufcle crotaphite, monte en diminuant de volume ^ 
va fe terminer par une légère aponevrofe au-deiTus du précédent. 

11.^ DU MUSCLE ABAISSEUR. 

Le mufcle abailTeur eft le plus long des mufcles de Poreille ; il a fon attache à la partie 
inférieure de la glande parotide , par une légère aponevrofe j monte tout le long de cette 
glande en la recouvrant , & vient enfuite fe terminer à la partie inférieure de la conque de 
l’oreille. 

IILo DES MUSCLES ADDUCTEURS. 

Les mufcles adduéleurs font au nombre de trois j fçavoir , le fupérieur, le moyen & 
l’inférieur, 

i.o Le supérieur a fon attache à l’angle fupérieur de la cuirafîe, & va fe terminer en 
devant de la conque de l’oreille , proche Pinfertion du moyen releveur, 

2.0 Le moyen prend fon attache aii-delTous de ce précédent, 6? va fe terminer à la 
partie inférieure du bord antérieur de la conque de Poreille. 

3.0 L’inférieur a fon attache à l’angle inférieur de la cuirafTe , & va fe terminer 
au-deffous du précédent , proche Pirdertion du mufcle abaifleur. 

IV. ^ DES MUSCLES ABDUCTEURS. 

Les mufcles abduèleurs font, le long &c le court abduèleur. 

i.o Le long a fon attache au ligament cervical, au-defTous de l’attache Itxe du moyen 
releveur , & va fe terminer à la bafe de la conque de Poreille. 

1. ° Le court a fon attache au-defTus du précédent, mais d’une manière moins étendue, 

6 vient enfuite fe terminer à la partie inférieure de la conque de Poreille, bien au-delTous 
du premier. 

V. « DES MUSCLES ROTATEURS. 

Les rotateurs des yeux font au nombre de deux ; fçavoir , le long & le court. 

i.o Le long a fon attache par des portions charnues dans la partie concave de la 
cuirafTe , croife le court rotateur, 6 c va fe terminer à la partie poftérieure de Poreille. 

Ce mufcle , en fe contraèlant, fert k tourner Poreille de derrière en- avant, 

2. ® Le court rotateur a fon attache d’une parta l’angle fupérieur de la cuirafTe, 
dans fa partie concave, 6 c va enfuite fe terminer k la partie inférieure de Poreille. Son ufage 
efl: de tirer la conque de Poreille de devant en arrière. 

VI. o DU MUSCLE COMMUN. 

Le mufcle commun efl: le plus confidérable de tous ceux que nous venons de décrire ; il 
a fon attache d’une part k l’arcade zygomatique , k la future frontale 6 c fagittale, k la crête 
de l’occipital ; en un mot , il recouvre toute la furface du mufcle crotaphite , & vient 
enfuite fe terminer au bord arrondi de la cuirafTe. L’ufage de ce mufcle eft d’abaifTer Poreille 
vers l’arcade zygomatique , de la relever du côté de la future fagittale, & de la porter en 
avant du côté des falières. 






M Y .0 L O G I E. 


87 


ARTICLE au AT R lÊ MR 

des muscles de la MACHOIRE INFERIEURE. 

L À mâclioire inférieure eft abaiflee , relevée , portée en arrière & fur les côtés par le 
moyen de dix mufcles , cinq de chaque côté ; ces mufcles font le fterno-maxillaire , le 
nialTeter externe , le maffeter interne, le crotaphite & le ftylo-maxillaire. 

I ° Le sterno-maxillaire eft le plus long des cinq ; il a fon attache à la partie antérieure 
& fupérieure du fternum , rampe le long des parties latérales de la trachée artère , en 
augmentant de volume jufqu’à la partie moyenne; enfuite il vient, en diminuant, s’attacher, 
par un tendon applati, à Pangle arrondi de la mâchoire inférieure. Son ufage eft de tirer 
ou d’abàifler la mâchoire inférieure (^), & de contrebalancer l’aftion des releveurs , lorfque 
la mâchoire eft abaiflee ; mouvement qui ne demanderoit l’aftion d’aucun mufcle , puifque 
fon poids feul fuflit ; ce mufcle, ainfi que le ftylo-maxillaire, ne fert qu’à déterminer 
les releveurs à fe relâcher. 

a.® Le masseter Externê eft le plus confi.dérable , le plus fort, le plus volumineux 
de cette partie ; c’eft celui qui forme la joue : il a fon attache, par des tendons très forts, 
tout le long du bord de l’apophyfe zygomatique de l’os de la pommette, tout le long du 
bord faillant du maxillaire inférieur, & même au-deflbus ; enfuite il fe porte en s’épanouiflànt 
un peu fur la face externe de l’os de la mâchoire inférieure, & va s’attacher , par des 
tendons très forts , à tout le bord externe de cette mâchoire ; d’ailleurs , il s’implante à 
ces inégalités que nous avons décrites dans Poftéologie, & qui font répandues fur la furface 
de cet os. Ce mufcle, au-deflhus de l’articulation de la mâchoire avec le temporal, eft compofé 
de deux plans de fibres , l’un externe, & l’autre interne : les fibres de ce premier font de 
devant en arrière ; dans l’interne elles vont de derrière en avant. Son ufage eft de tirer 
la mâchoire un peu en arrière en l devant. ^ 

3.0 Le masseter interne a fon attaché fixe à Pos fphénoïde , à côté de fon corps, 
par des fibres teiidineufes très fortes ; ce mufcle defcend le long de la face interne de la 
mâchoire inférieure , en s’élargiflânt, & après s’être attaché à cette face , il va fe terminer 
au bord interne de cette même^mâchoire. Son ufage eft, comme dans le précédent, de 

relever la mâchoire. ^ . 

4“ Le muscle crotaphite eft celui qui recouvre le pariétâl, & que l’on apperçoit 
lorfque l’on a enlevé le mufcle commun de l’oreille. Il a fon attache à la crête antérieure 
de l’occipital, à la future fquariimeufe des temporaux , au bord foftérieur de l’os frontal ; 
il recouvre le pariétal & la partie écailleufe des temporaux , il defcend enfuite derrière 
l’orbite , le long de cette cavité , que l’on nomme falière , puis il va embraffer l’apophyfe 
coronoïde, foit en dedans, foit en dehors , & vient fe terminer à deux ou trois travers 
de doigt au-delfous. Ce mufcle , fe confond , inférieurement , avec le malfeter interne. 
Son ufage eft auffi de relever la mâchoire inférieure. 

5.“ Le stylo-maxiilaire, ainfi nommé par M. Bourgelat , a fon attache aux cornes 
de l’occipital, palfe par-delTous l’infertion du fterno-maxillaire , & va fe terminer, par 


f * ) M. Bourgelat, Elém. * Urt vkh. p.g. ., 8 , attribue encore à ce mufcle la fonaion de p'chir tm, U ,h. Il fuffit dWr 
de cecce méprife , qui n’échapperoic point à i’anatomifte le plus novice. 













88 


HIPFOTOMIE, 


tin tendon très fort , au bord poftérieur de la mâchoire inférieure. Son ufage eft (Je 
retirer cet os en arrière, & de l’aider à l’abaifTer, 

La mâchoire eft portée à droite & à gauche , non pas par l’aétion des mufcles qui lui 
font particuliers, mais par l’aélion des mufcles mafTetcrs , Ôc principalement par l’aétion du 
llylo-maxillaire qui, agiffant féparément, obligent la mâchoire de fe porter du côté du 
montoir, fi c’efl le mufcle de ce côté qui fe contraôle ; elle fè porte de l’autre côté, lorfque 
c’eft le mufcle oppofé qui entre en contraétion ; de même la mâchoire fera portée du côté 
du montoir, fi le plan interne du maffeter externe de ce côté entre en contraètion ^ 
qu’il fe trouve aidé , en même temps , par la contraction du malTeter interne dehors le 
montoir ; de même encore la mâchoire fera portée du côté hors le montoir , lorfque le 
maffeter de ce côte 6 c le maffeter externe du montoir entreront en contraétion ; ce mou¬ 
vement de froiffement, qui eft effentiel pour la maftication , eft peu apparent dans les 
chevaux ; & quand il eft outré, c’eft un défaut que l’on appelle foire les forces ; ce mou¬ 
vement eft très marqué dans les bœufs , dans les moutons, ôcc. en un mot, dans toutes les 
bêtes ruminantes. Lorfque ce mouvement ceffe dans ces animaux, c’eft fouvent un des pre¬ 
miers fymptomes de maladie. L’ufage des mufcles de la mâchoire inférieure , eft de fervir 
à la maftication. 



i 


article 






[ 


89 


ARTICLE CINaUIÈME. 

des MUSCLES DE DOS HYOÏDE. 

’Os hyoïde eft porte en âvant, en arrière , en bas , fur les côtés , &: fur lui-même 
par le moyen de dix-fept mufcles. 

L- DES MUSCLES QUI LE PORTENT EN AVANT. 

Il eft porté en avant par le moyen de quatre mufcles, qui font les deux mylo-hyoïdiens 
{a) les deux géni-hyoïdiens. 

1° Le mylo-hyoïdien ell un mufcle plat qui a fon attache au bord alvéolaire interne 
des cinq premières dents molaires , par des portions charnues , qui fe portent de haut en 
bas, en • s’inclinant de devant en arrière ; enfuite ces fibres fe réunifient avec le mylo- 
hyoidien de l’autre côté , pour aller fe terminer à la# partie antérieure de la fourchette de 
l’os hyoïde. 

2.0 Le géni-hyoÏdien eft un mufcle long, arrondi, qui efi: fitué au-defipus du précé¬ 
dent ; il a fon attache à l’extrémité de l’auge, proche le menton, entre les deux mâchoires, 
par un tendon ^ enfuite ce mufcle devient charnu, en fe portant toujours de devant en 
arrière, pour fe terminer de même par un tendon au-defibus du précédent. 

IL'’ DES MUSCLES QUI PORTENT VOS HYOÏDE^EN ARRIÈRE. 

L’os hyoïde efl; porté en arrière par le moyen de quatre mufcles ; fçavolr, deux de chaque 
côté , qui font, le long-hyoïdien , le fiylo-hyoïdien. 

i.o Le long hyoïdien a fon attache fupérieurement à l’angle arrondi de la grande 
branche de l’os hyoïde, defcend tout le long de cet os, en s’en écartant, pour fe terminer 
enfuite aux branches de la fourchette du même os.' 

2.0 Le styloïdien a fon attache a la corne de l’occipital , en s’unifiant avec le fiylo- 
maxillaire , & va fe terminer à ce même angle arrondi , dont nous venons de parler. Il 
eft très gros, & très court, & remplit l’intervalle qui fe trouve entre cet angle & la corne 
de l’occipital. 

IIL'’ DES MUSCLES ABAISSEURS DE DOS HYOÏDE. 

L’os hyoïde eft abaifie par le moyen de deux mufcles , qui font, le fterno-hyoïdien , 
& le cofto-hyoïdien. 

i.o Le sterno - hyoïdien a fon attache a la pointe antérieure du fternum par des 
portions charnues ; de-là il monte en rampant tout le long de la trachée artère, pour fe 
terminer enfuite au corps de la fourchette de l’os hyoïde , derrière le mylo-hyoïdien. 

2.° Le costo-hyoïdien a fon attache par une légère aponevx'ofe fur la furface interne 
du petit peêloral , proche les premières côtes ; il monte tout le long du col, vers la 


{a ) Ces deux mufcles font très fépare's, l’un d’up côté, l’autre de l’autre , & nedeyojent pas être confondus enfemble par M* 
Bourgelat, Elem. de l'art vétêr. pag. 122. II eft plus étonnant encore qu’il ait féparéles géni-hyoidiens en deux, puifqu’ils font plus 
près l’un de l’autre, & beaucoup plus réunis. Les mylo-hyoïdiens ne s’attachent pas, comme ledit cet auteur, pag, 122, prés legéni- 
hyoïdien, à une ligneoflTeufequi, dans l’homme, eft une apophyfe connue fous le nom deinyloïde; elle n’exifte pas dans le cheval ,où 
Ion voit au contraire une échancrure. Par-tout M. Bourgelat a voulu couvrir le cheval de la peau de l’homme, & défigner les parties 
de ce quadrupède, fous les mêmes dénominations que les parties humaines ; comparaifoti faufle, inutile, embrouillée pour des 
maréchaux. J’ajoûterai que ce mufcle ne s’attache pas dans toute l’étendue de la mâchoire. ^ 



MYOLOGIE. 


\ 








troifième vertèbre cervicale , en fe confondant avec le grand mufcle commun du col • 
pafTe enfuite par-devant la tracbee artère, en fe réunifTant avec le mufcle precedent 
€11 diminuant de volume , pour fe terminer au même endroit. 

ÏV.^ DES MUSCLES QUI PORTENT SUR LES COTÉS 
DOS hyoïde. 

L’os hyoïde elT: porté fur les côtés , par le moyen de deux mufcles digaftriques , ainfî 
nommés, parce qu’ils ont deux ventres [ ou parties charnues ] un pour chaque côté. 

i.o Le digastrique a fon attache d’une part, par un tendon applati, au bord infé^ 
rieur de la mâchoire inférieure ; enfuite il fe porte de devant en arrière, vient pafTer 
dans une poulie, puis va fe terminer avec la partie inférieure de l’autre partie de ce mufcle 
dont l’attache eft à la corne de l’occipital, où il fe confond avec le ftylo-maxillaire {a). 

Le court-hyoïdien. L’os hyoïde ell; encore porté fur les côtés , par le moyen 
d’un mufcle nommé court-hyoïdien : il a fon attache aux branches de la fourchette de l’os 
hyoïde , & va fe terminer enfuite à toute l’étendue des petites branches, au-deifous de leurs 
articulations , avec les grandes {b). Ce mufcle, en fe c ontra étant, replie les petites 
branches fur la fourchette. 

V." DES MUSCLES QUI FONT MOUVOIR DOS HYOÏDE 
SUR LUI-ME ME. 

On nomme transversal le mufcle par lequel ce mouvement eft exécuté. Il a fon attache 
aii-defîbus de l’articulation des petites branches avec les grandes, palîè par-deftbus les mufcles 
de la langue en général , & va fe terminer au même endroit, de l’autre côté. Son ufage eft 
de replier les petites branches fur elles-mêmes , & d’élèver, par ce moyen, la bafe de la 
langue {c). ' 


{a ) La pofition de ce mufcle , dans le temps du relâchement, eft dé former une angle obtus ; lorfque ce mufcle entre en 
contraftion, il tend vers la ligne de direélion , ce qui ne fçauroit fe faire fans tirer l’os hyoïde fur le côté. L’on voit par-là que M. 
Bourgelat n’a pas eu raifon de le mettre comme abaiifeur de la mâchoire, il n’auroit pas dû lui donner la même fonûion que dans 
l’homme ; je le regarde bien comme propre à l’os hyoïde , mais non à la mâchoire ; d’ailleurs , pour peu que l’on falfe attention à 
la pofition de ce mufcle, l’on verra que le point d’appui du mufcle eft à la mâchoire & à la corne de l’occipital, que la puilTance 
eft dans les deux parties charnues du mufcle, & que la réfiftance ou le fardeau eft à l’os hyoïde. 

( b ) Ce mufcle , ,que M. Bourgelat , JElem. de l’art vétér. pag. , nomme kérato-hyoïdien , ne s’attache pas aux grandes 
branches. 

{ c ] Si ce que dit M. Bourgelat [ Elèm. de tart vétér. pag. 124.. ] étoit vrai, il s’enfuivroit que ce mufcle feroit fonélion de 
ligament. Mais il eft mufcle, & agit comme tel : il n’y a dans le cheval que le large dentelé, auquel on puiflè attribuer la fondion 
de ligament. Aucun anatomifte ne fe trompera jamais lût fon ufage. 










1 



pi.xni. 


Jtallet SaJp- 

























) 







ARTICLE SIXIÈME. 

DES MUSCLES DE LA LANGUE. 


L a langue eft portée en avant, en arrière, fur les côtes, ôc élevée par le moyen de fept 
mufcles J dont trois pairs , ôc un impair. Les pairs font de chaque côté , le génio- 
glolTe , le bafioglolTe , & l’hyoglolTe. 

i.o Le génioglosse a fon attache au-delTus du géni-hyoïdien , il eft charnu fupérieure- 
ment j, tendineux inférieurement ; c’eft le plus large de ceux de la langue. Ce mufcle 
s’attache à toute l’étendue de la langue, & la forme en partie par des portions charnues ; 
il continue enfuite fa route pour aller fe terminer en dedans du corps de la fourchette de 
Pos hyoïde , à la divifion de fes branches. L’ufage de ce mufcle eft de tirer la langue hors 
de la bouche. 

a.° Le basioglosse a fon attache aux parties latérales & moyennes des branches de 
la fourchette, ainfi qu’aux parties latérales de fon corps , recouvre le court hyoïdien , & 
va fe terminer à la bafe de la langue , après avoir pafte fous le mufcle hyogloftè. L’ufage 
de ce mufcle eft de tirer la langue en bas, & de favorifer le mouvement de déglutition. 

3.0 L’hyoglosse , qui eft le plus long des trois mufcles de la langue, a fon attache à la 
partie inférieure ÔC externe de la grande branche de l’os hyoïde , par un tendon applati. Il 
va fe diftribuer dans la langue, à côté de fa bafe, de même qu’à toute.fon étendue , Sc fe 
fépare aifément, extérieurement , jufqu’à l’extrémité de la langue. Son ufage eft, avec fon 
congénère , de tirer la langue en arrière ; & lorfqu’il agit feul, de la tirer fur les côtés. 

4 .° Le muscle impair , autrement dit mufcle mentonnier (a) , eft d’une figure quarrée ; 
il a fon attache à un travers de doigt, aii-defrous du bord alvéolaire des deux premières 
dents molaires , dans la face interne de la mâchoire ; il enveloppe les mufcles de la langue 
& de l’os hyoïde dans cette partie , & va fc terminer aufti, par des portions charnues, au 
même endroit de l’autre côté de la mâchoire inférieure. Son ufage eft d’élever la langue & 
de favorifer l’aélion du génioglofte, qui eft de la porter en avant, ou celle de l’hyoglofte, 
qui eft de la porter fur les côtés. 


frf) On ne trouve point ce mufcle dans les Elém. de Fm vétênnaire. 










H I P P O T O M I E. 


ARTICLE SEPTIEME. 

DU PHARYNX ET DU VOILE DU PALAIS. 

E pharynx eft le conduit qui s’étend depuis les os ptérygoïdiens jufqu’au corps de h 
fourchette de l’os hyoïde , depuis le corps de l’os fphénoïde jufqu’à l’entrée de 
i’œfophage. Ce conduit eft un compofé de plufieurs mufcles, dont on a fait une diftinftion 
pour le voile palatin, ou la cloîfon du palais, improprement nommée, puifqu’elle n’eft point 
diftinéle, ni féparée du pharynx , qui préfente une efpèce de boyau, dont la partie anté 
Heure eft fendue vers fa bafe, afin de donner pafTage aux alimens pour aller dans l’œlbphage 
> Cependant, pour ne point nous écarter des auteurs , nous admettrons des mufcles propres 
à élever cette partie antérieure du pharynx , que l’on appelle voile palatin, ou cloifon du 
palais. 

On a donné le nom de voile du palais a cette membrane aponévrotique, revêtue de la 
peau du palais, en dedans de la bouche , & de la continuation de la membrane pituitaire, à 
côté des foffes nazales, qui s’étend depuis le bord fupérieur des os palatins, jufqu’à la bafe 
de la langue , & qui va fe terminer de l’autre part aux branches de la fourchette de l’os 
hyoïde. 

I.“ DES MUSCLES DU VOILÉ DU PALAIS. 

Le voile palatin eft élevé , abaifte & porté en dedans du pharynx, par le moyen de trois 
mufcles de chaque côté, qui font le ftylopalatin, le périftaphylin, & le vélopalatin. 

i.° Le stylopalatin a fon attache par un tendon à l’apophyfe ftyloïde de l’os pierreux, 
& s’attache par des fibres charnues à côté du corps de l’os fphénoïde; puis il dégénère 
en un tendon applati, qui pafte par une poulie, en partie formé par l’os ptérygoïde, & en 
partie par un petit ligament ; ce tendon s’élargit enfuite, & vient enfin concourir à former 
le vélopalatin {a). Son ufage eft de lever le voile du palais , pour faciliter le palTage 
des alimens , & la refpiration par la bouche. 

'iP Le péristaphylin a fon attache au-defibus du précédent; il concourt à former, par 
une de fes faces , le conduit de la trompe d’Euftachi ; enfuite , après avoir palTé par- 
. deftbus le ptérygopharyngien , il vient fe porter en avant de la cloifon du palais, & fe 
confondre avec le vélopalatin {b). Ce mufcle fert à jetter la cloifon du palais en arrière, 
pour faciliter le mouvement de la refpiration par la bouche, ce qui arrive quand l’épiglotte 
fe porte en avant de ce voile. 

3 ° vÉLOPALA,TiN n’a poiiit d’attache fixe; c’eft un corps charnu , qui s’étend depuis 
le bord inférieur de cette cloifon , & qui fe porte en haut pour aller former cette mem¬ 
brane aponévrotique, qui va fe terminer au bord fupérieur des os palatins , en fe confon¬ 
dant avec les fibres du ftylopalatin dont nous avons parlo. Quoique ce mufcle n’ait pas 
d’attache fixe intérieurement, il a néanmoins quelques portions de fes fibres charnues, 


. mufcle, que M. Bourgelat, Elem. de l’art ve'tér. pag. 131, appelle périftaphylin externe , ne fe termine pas à la 

inférieure du voile, comme il le dit; mais il fe-porte vers les os palatins, & s’unit avec le vélopalatin. Ainfi, notre hippotoimfte 
trompe d’une diftance de trois pouces au moins. 

( 6 ) Et non pas comme on le lit dans les Elem. de l\irt. ve'te'r. pag. 131 , à la partie inférieure -du voile palatin, que l’auteur 
oeligne tantôt fous cette dénomination, & tantôt fous celle de pavillon. 

adhérentes 


y 


















































’ ' ^ 


4 









M Y O L O G I E, 93 

adhérentes à la partie fupérieure du cartilage thyroïde. L’ufage de ce miifcle eft d’abailTer 
le voile palatin, pour faciliter le mouvement de refpiration par les narines. 

ÎI.“ DES MUSCLÉS DU P UARYNX. 

Le mouvement du pharynx s’opère par le moyen de dix - fept mufcles qui font, le 
ptérygopharyngien , le pharyngien , Phyopharyngien poftérieur, Phyopharyngien latéral, 
Phyopharyngien inférieur , le thyropharyngien , le cricopharyngien, Paryténopharyngiea 
Sc Pœfophagien. 

I.o Le PTÉRYGOPHARYîfGiÉN à fon attache tout le long du corps de Pos ptérygoïde , 
par des fibres charnues ; ce mufcle defcend tout du long fur les côtes, & vient fe terminer 
à la partie interne de la fourchette de Pos hyoïde. Sa fonèlion eft de relever le pharynx 
dans fa partie fupérieure. 

2.0, Le pharyngien a fon attaché derrière le- précédent, & vient fe terminer à la 
partie fupérieure & poftérieure du pharynx, Il fert (^z) à relever le pharynx, en le portant 
un peu en haut. 

3.0 L’hyopharyngien PosTÈRiEirR a fon attache à la face interne de la grande branché 
de Pos hyoïde, un peu au-deftbus de fon angle arrondi. Ce mufcle defcend pour fe terminer 
à la partie poftérieure du pharynx, L’ufage de ce mufcle eft de retirer en arrière , & de 
dilater le pharynx. 

4.0 L’hyopharyngien latéral a fon attache à la fourchette de Pos hyoïde, à une de 
fes branches ce mufcle fe porte en haut pour fe terminer poftérieurement au-deftbus dii 
précédent. Sa fonélion eft de relever le pharynx. 

5.° L’hyopharyngien inférieur a fon attache à la partie inférieure des grandes branches 
de Pos hyoïde, dans la face interne; enfuite il va fe terminer au-^deftbus du précédent (^). 
Il fert à dilater le pharynx. ^ 

6.0 Le thyropharyngien a fon attache en devant du cartilage thyroïde, au-deftbus du 
mufcle hyothyroïdieii , & au-deftbs du thyrocricoïdien , pour aller enfuite fe terminer à 
la partie poftérieure du pharynx. ♦ 

7.0 Le cricohyopharingien a fon attache en devant du cartilage ericoïde , & va fe 
terminer au-deftbus du précédent. L’ufage de ces deux mufcles eft de diminuer le pharynx. 

8. ° L’aryténopharyngien a fon attache à la partie inférieure du cartilage aryténoïde, 
& fe portant de haut en bas, il va fe terminer aux mufcles œfophagiens. Ces mufcles ne 
font pas toujours bien fenfibles dans tous les chevaux. 

9. ° Le muscle œsophagien a fon attache à la partie inférieure du pharynx & du 
larynx, & s’étend tout le long de la trachée artère. C’eft un amas de fibres charnues. 


{ n ) Ce mufcle n’efl; ni nommé ni décrit dans les Elém. de l'art vétérinaire^ 
( h ) L’auteur des Elém. de l’art vétén n’en parle pas. 




Aa 








ARTICLE HUITIÈME. 

DU LARYNX ET DE SES MUSCLES. 


L e larynx eft cette ouverture qui eft fituée au-delTous & en devant du pharynx. H 
eft compofé des parties cartilagineufes que nous avons décrites dans l’oftéologie ; c’eft 
le commencement de la trachée artere, dont on a donne la defcription fous le nom de 
cartilages , thyroïde , cricoïde , aryténoïde & d’épiglotte. 

Les mufcles, qui font mouvoir ces dilFérens cartilages , font au nombre de dix-fept ; 
fcâvoir , huit pairs & un impair. Ils font défignés fous les noms de fternothyroïdien, 
hyothyroïdien, thyrocricoïdien, crico-aryténoïdien poftérieur, aryténoïdien, thyro-aryté- 
noïdien fupérieur, thyro-aryténoïdien inférieur, crico-aryténoïdien latéral, & l’hyo-épiglot- 
tique. 

i.o Le sternQTHyroïdien eft un mufcle grêle , qui s’attache à la pointe du fternum, 
monte tout le long de la trachée-artère , qui, après avoir pafte par-deftus le thyro- 
cricQïdien , va fe terminer par un tendon applati, à la partie inférieure & latérale du 
cartilage thyroïde. L’ufage de ce mufcle eft d’abaifler le cartilage en bas. 

2 O L’hyothyroïdien a fon attache au bord inférieur de la branche de la fourchette de 
l’os hyoïde , defeend le long de la face du cartilage thyroïde , & vient fe terminer à 
fon bord inférieur, en devant de fon corps. L’ufage de ce mufcle eft de lever le cartilage 
thyroïde. 

3,° Le thyrocricoïdien a fon attache au bord inférieur du cartilage thyroïde, au- 
deftbus du précédent, & vient fe terminer au bord inférieur & antérieur du cartilage 
cricoïde. Il fert à rapprocher le cartilage cricoïde vers le thyroïde (a). 

4.0 Le cricoaryténoÏdien eft ainft nommé, àraifon de fa polition, derrière le cartilage 
cricoïde. Ce mufcle recouvre entièrement la face poftérieure de ce cartilage ; il a fon attache 
aux bords inférieurs ' de ce même cartilage , s’unit avec fon congénère , & vient fe terminer 
d’une part, par un petit tendon, au cartilage aryténoïde , proche fon articulation avec le 
cricoïde 5 de l’autre, il fe termine, par des portions charnues , un peu plus haut fur le 
corps de ce même cartilage aryténoïde. Sa fonélion eft de relever ou de porter en arrière 
ce dernier cartilage. 

5.° L’aryténoïdien eft un petit mufcle fitiié fur le corps du cartilage aryténoïde qui, 
étant joint avec fon congénère, fert à l’écartement de ces deux pièces cartilagineufes.. 

6.° Le thyroaryténoïdien supérieur a fon attache dans la face interne du cartilage 
thyroïde , vers fa partie fiipéiïeure , & vient fe terminer à la partie latérale du cartilage 
aryténoïde. 

7.'=» Le thyroaryténoïdien inférieur a fon attache intérieurement à cette bande 
ligamenteufe ( 3 ) , qui unit les deux faces du cartilage thyroïde. Ce mufcle eft charnu & 
très large ; il vient fe terminer à la face latérale du cartilage aryténoïde. L’ufage de ce 
mufcle , & du précédent , eft de rétrécir le larynx dans cette partie. 

8.0 Le thyroaryténoïdien latéral a fon attache à la face interne & inférieure du 


{a ) Et non pas comme le dit M. Bourgelat, pag. 127, le thyroïde vers Je cricoïde. II eft aifé de le voir par la 
fes fibres, & par le peu de réfiftance que le cricoïde a fur le thyroïde : c’eft, fans doute, à raifon de l’ufage, que cet hippot 
lui attribue , qu’il l’a nommé crico-thyroïdien. 

{ è ) M. Bourgelat n’a pas parlé de ce mufcle. 








I 


M Y 0 L O G I E. 95 

cartilage thyroïde ; il fe porte enfuite de devant en arrière , pour fe terminer à l’angle 
inférieur du cartilage aryténoïde, proche fon articulation avec le thyroïde. La foiièlion 
de ce mufcle eft de porter le cartilage aryténoïde en dedans du larynx , pour en diminuer 
la capacité. 

9.0 L’hyo-épiglottique a fon attache au dedans du corps de la fourchette de l’os 
hyoïde , il va fe terminer à la partie inférieure de la connexité de l’épiglotte. 11 fert à 
relever ce cartilage (a). 

La plufpart de ces mufcles s’attachent , à l’un & à l’autre de ces cartilages , par des 
portions charnues. 


{a ) Et non pas à dilater la glotte , comme on le lit, fag. 128, des Elém. de l’art vétér. puifqu’elle en eft féparée , & qu’il n’y 
a rien qui communique avec cette partiè. 









56 


H J P P O T O M I E. 


A R TI G L E NEUVIÈME. 

DES MUSCLES DE LA TETE- 

L a tête eft élevée, abaiflee, & portée fur les côtés par le moyen de dix-huit mufcles; 

fçavoir, de cinq pour l’extenlionj trois pour la flexion , & un pour l’adduéfion de 
cÈaque côté* 

V DES E X T E N S E U R S: 

Les extenfeiirs font un commun, & quatre propres. 

i.o Le commun , qui eft nommé splénius , eft le plus large des quatre ; il eft.fitué 
au-deftous du grand releveur de l’omoplate ; il a fon attache par un tendon aponévrotique 
au mufcle long épineux , s’y adhérant intimement, de même qu’aux apophyfes épiiieufes de 
la fécondé & troifième vertèbres du dos (a) ; s’attachant de même• à toute l’étendue du 
ligament cervical : ’il fe porte enfuite de haut en bas , en augmentant de volume, & donne 
attache, dans fon trajet, par des tendons, applatis aux apophyfes tranfverfes delà quatrième, 
& troifième vertèbres du col (b). Puis il continue fa route en diminuant d’épailfeur & de 
largeur, fe réunit avec le fléchifteur de la première vertèbre, & va fe terminer d’une part 
à l’occipital, derrière l’auditif externe , par un tendon applati très fort ; de l’autre, il fe 
termine à la crête poftérieure de l’occipital par une légère aponevrofe. Lorfque ce mufcle 
agit féparément, il porte la tête un peu fur le côté. 

Le grand complexus eft fitué au-defFous du précédent ; il s’attache , par une 
aponevrofe très large, dans laquelle on diftingue cinq tendonls'applatis, qui ont leur attache 
aux apophyfes tranfverfes des cinq premières vertèbres du dos entre l’origine du long dorfal, 
& entre le long épineux (c) ; il s’attache encore aux apophyfes obliques de. la 6.' y' 4.' 3-' 
& 2.® dernières vertèbres cervicales \ fe porte enfuite en haut, en diminuant de volume, 
pour fe terminer par un tendon très fort derrière l’occipital, au-deftbiis du precedent. Il 
eft quelquefois féparé dans fa longueur, depuis l’apophyfe tranfverfe de la première veitèbie 
du dos jufqu’à fa partie moyenne, où il fe réunit pour fe terminer, comme nous venons de 
le dire : quoique divifé , il ne conftitue qu’un feul & meme mufcle. 

3.° Le petit complexus eft très peu confidérable ; il a fon attache fur le corps de la 
deuxième vertèbre du col, au-deffous du mufcle précédent, & va fe terminer, en fe réuniftant 
avec le premier , à la partie poftérieure de l’occipital. 

4.0 Le grand droit , que quelques anatomiftes ont regardé comme faifant partie du 
fplénius , s’attache delTus le corps de la deuxième vertèbre du col , au-deffous du petit 
complexus , paftè par'-deflbus l’oblique , & va fe terminer à l’occipital , au-deffus du 
condyle du même os. 

5.° Le petit droit s’attache d’une part à la partie fupérieure de la première verte rC) 


(a ) Ec non pas à la & 5.' apophyfe des vertèbres du dos , comme le dit M. Bourgelat, Elémens de l art veter. M; jj 
[b ) Ce mufcle ne s’attache pas non plus, comme on le lit ibid. aux apophyfes tranfverfes des cinq premières vertebres cer 
première n’a point d’apophyfes tranfverfe ; & il ne s’attache nullement à l’apophyfe traniverfe de la fécondé. 

( c ) C’eft une fuppolltion intolérable dans un hippotomifte , que de dire , comme le fait M. Bourgely, - opophyfes 

pag. 120 , que ce mufcle s’attache aux apophyfes épineufes de la fécondé , troifième & quatrième vertebres dorlales; Pc aux r 
tfanfvèrfes des vertèbres cervicales, c’en eft encore une , que d’avancer qu’il s’unit au ligament cervical. ^ 









Echelle dure Pied. 


Pl.JUK, 


hosse. 


















pi.xm. 


















M Y O L O G I E. 


97 


& va fe terminer derrière Poccipital au-defTous du petit Gomplexus. Ce miifcle eft très 
court , & de la largeur de deux travers dé doigts. 

L’ufage de ces mufcles eft de relever la tête; la trop grande contraêlion, & la fréquence 
inattendue de ces mufcles occafionne ce mouvement qü’en terme de manège , on appelle 
battre à la main , donner des faccades. 

IL' DES FLÉCHISSEURS DE LA TÊTE. 

La tête eft flécliie par le moyen de trois mufcles , qui font le long, le court, & le 
petit fléchifleur. 

i.° Le long fléchisseur a fon attache aux apophyfes tranfyerfes des cinquième, 
quatrième & troifième vertèbres cervicales, monte le long du corps de ces vertèbres, fans 
s’y attacher , & va enfuite fe terminer à l’apophyfe cunéiforme de l’occipital, par un 
tendon très fort a côté de fon congénère. 

Le court fléchisseur eft fitué au-deftbus du précédent, un peu für le côté, il û 
fon attache fixe au corps de la première vertèbre du col, par des fibres charnues , & va 
fe terminer de même au-deftbus du précédent. 

3.° Le petit fléchisseur a fon attache k la partie latérale dû corps de la première 
vertèbre du col , & va fe terminer à la partie poftérieure des cornes de l’occipital. 

L’ufage de ces trois mufcles eft de fléchir la tête. L’aêlion trop marquée ou la contra-' 
ftion permanente de ces mufcles forme le défaut que l’on appelle encapuchoner. Il confifte 
en ce que le cheval ramène trop fa tête vers le col. 

IIY DES ADDUCTEURS. 

La tête eft portée fur le côté , par un mufcle nommé oblique , à raifon dé là pofitioü 
de fes fibres. Il a fon attache au bord fupérieur de la première vertèbre du col, & va fe 
terminer à la partie poftérieure de l’occipital, au-deftbus du mufcle fplénius. 

La tête peut être portée aufti fur le côté, par la contraêlion feule du fplénius. L’ufage 
du mufcle oblique eft de porter la tête fur le côté , & de lui faire faire un petit mou¬ 
vement de rotation , qui, à la vérité , n’eft pas bien marqué du côté de fon articulation 
avec la première vertèbre, mais qui eft réel, en confidérant l’autre extrémité de la tête. 






H I P P O T O M I E, 


ARTICLE DIXIEME. 

DES MUSCLES DU COU 

L Es vertèbres du col font fléchies & étendues, portées fur les côtés par le moyen de 
vingt-fept mufcles ^ dont douze extenfeurs j fept flechifleurs & huit latéraux. 

V DES EXTENSEURS. 

Les extenfeurs , de chaque côté, font divifés en communs de la tête & du col ; en propres 
k la première vertèbre cervicale ; & en communs au refte des vertèbres cervicales. 

Les mufcles communs de k tête & du col, font le fplénius , le grand complexus, & le 
long commun. 

Ces deux premiers ont été décrits k l’article des mufcles de la tête ; on donnera la 
defcription du dernier k l’article des mufcles du bras , parce qu’il lui appartient plus qu’à 
k tête. Les trois autres font le gros , le long, & le court extenfeurs (a), 
i.° Le splénius , décrit pag. ^6. 
a.° Le grand complexes, décrit ibid. 

3 .° Le long commun , décrit ibid, 

4 .° Le gros extenseur a fon attache fur le corps de k deuxième vertèbre, remplit 
k face entière de k première vertèbre, ôç fe termine k toute k circonférence de fon bord. 

<y° Le long extenseur, a fon attache k l’apophyfe oblique de k première vertèbre 
dorfale , monte tout le long du col, en fourniiïànt , dans fon trajet, plufieurs tendons 
appktis , qui s’attachent aux apophyfes tranfverfes des fixième , cinquième , quatrième & 
troifième vertèbres cervicales. Il fe porte latéralement ; après avoir palTe fur le gros exten- 
feur, il va fe confondre avec le tendon du fplénius, lequel fe porte au-deflbus du col, & 
fe termine a k première vertèbre ; il fert par conféquent k k fléchir. 

6 .° Le court extenseur eft fitué tout le long du corps des cinq dernières vertèbres 
cervicales, ainfi que du ligament du même nom ; il a fon attache k k partie anterieure de 
la fécondé & première apophyfe épineufe des vertèbres dorfales , rampe enfuite le long 
du corps de cinq vertèbres en s’y attachant , & va fe terminer k k partie inférieure du 
corps de k fécondé vertèbre. L’ufage de ces mufcles eft de tirer le col ou de le plier fur 
les vertèbres du dos : mais quand le long extenfeur agit féparément , il porte le col fur 
le côté. 

IL» DES FLÉCHISSEURS. 

Les mufcles fléchifleurs font, comme nous l’avons déjà dit, au nombre de fept ; fçavoir, 
trois pairs & un impair , dont trois font deftinés pour k première ôc fécondé vertèbres, 
& quatre pour les dernières. 

i.° Le long fléchisseur. La première vertèbre eft portée & flechie vers k fecon e? 
I." par cette portion du fplénius dont nous avons parle, i. par un mufcle impair, nomm 


( ^ ) Ces deux derniers mufcles ont été mal décrits & mal nommes par M. Bourgelat ; il ajoute d ailleurs deux mu 
n’y font point, & confond les mufcles du dos avec ceux du col. 










myologie. 


99 


îons fléchiffeur (a) , qui a fon attache à toute la face antérieure des f.xième, cinquième, 

quatrième & troifième vertèbres cervicales ; il paflè enfuite par-defFus la fecon e , ans 
sV attacher pour fe terminer à la partie antérieure de la première vertebre. 

a.» Le court fiéchisseur a fon attache à l’apopbyfe tranfverfe delà troifième vertebre 
cervicale , & a fa terminaifon à la partie fupérieure de la fécondé (b). , „ „ 

Les dernières vertèbres font fléchies par le moyen de deux mufcles , qui font le fcalene 
& le flédiilTeur interne. 

O ° Le scalène , après avoir pris fon attache au bord anterieur de la première cote, 
fe porte enfuite de bas en haut, pour fe terminer aux apopbyfes tranfverfes des fixieme, 

cinquième & quatrième vertèbres cervicales. ^ 

4° Le fléchisseur interne a fon attache dans la poitrine , fur le corps des cinquième 
& fixième vertèbres dorfales , puis augmentant de volume , par une maffe charnue il va 
fe terminer, par un fort tendon, à la partie inférieure de Papophyfe tranfverfe de la fixieme 

vertèbre cervicale (c). 

un DES LATÉRAUX OU TRANSFERS AIRES. 

Les vertèbres font portées fur les côtés par le fecours de quatre petits mufcles appellés 

'"Le^preril^rfon attache au bord antérieur de la première côte au-deffus du fcalènefd;, 
& fa terminaifon k l’apophyfe tranfverfe de la dernière vertèbre, dans fa parue inferieure; 
6c le fécond , depuis cette même apopbyfe tranfverfe , dans fa partie uperieure , )u qu a 
celle de la fixième vertèbre, fucceflivement, jufqn’à fapophyfe tranfverfe de la troifieme. 
L’ufage de ces mufcles eft de porter le col fur le côté. 


( . ) M. Bourgelat, Bim. d, Vm .à/r. f «. .55. confond ce mufcle a«ec le gros fléehilTeur. Cmé dans la poitrine, & qn’!! 












lOO 

HIP P OTO MIE. 





- j ^ 


&< 


laRTICLE ONZIÈME. 

MUSCLES DU DOS ET DES LOMBES 

Y Es vertèbres dorfales 6c lombaires font mifes en mouvement, & fe plient les 
fur les autres par le moyen de trois mufcies de chaque côté , qui font le long d 
le court épineux , & le long épineux ° ’ 

i.° Le long dorsal eft ce mufcle très fort , qui remplit en partie le vuide qu’il 
entre la partie fupe'rieure des côtes & les apophyfes e'pineufes ,& entre les apophyfes tralf! 
verfes des vertèbres lombaires & fes e'pineufes, s’unifient tout le long du ligament épineux 
de ces deux parties , par une large & forte aponevrofe , & qui s’étend depuis le devint 
du thorax jufqu’aux os des iles. C’eft une malTe charnue compofée de deux plans de fibrœ 
dont les ufages font différens ; l’un de ces plans eft externe , & l’autre interne. Le pU 
externe a fon attache, par des tendons très forts, aux deux apophyfes tranfverfes des dem 
dernières vertèbres cervicales, à la partie fupérieure de la première, fécondé & troifième 
côtes, à cette tube'rofité que l’on y apperçoit, & ainfi fucceffivement jufqu’à la feptième- 
enfuite il continue tout le long du dos à s’attacher aux côtes par des portions charnues’ 
jufqu’à la dernière , en formant autant de digitations & en augmentant de volume ; & va 
enfin fe terminer par un tendon aponévrotique à la crête antérieure des os des iles. Le plan 
interne, fe portant de derrière en avant, fe termine aux apophyfes obliques des vertèbres 
à leur jonètion avec les côtes f a J. 

La fonftion de ce mufcle eft double ; le plan externe , en fe contraflant, fait lever le 
tiain de derrière en lairj ce que l’on appelle ruer: le plan interne, au contraire, fait lever 
le devant ; ce que l’on appelle eaérer ; mais le plan externe peut aider l’expiration en abaif- 
faut les côtes les unes fur les autres. 

a.° Le court épineux a fon attache aux apophyfes épineufes de la première, fécondé, 
troifième 6c quatrième vertèbre; en un mot, jufqu’à la feptième apophyfe épineufe deâ 
premières vertèbres dorfales , par des portions tendineufes , lefquelîes fe réuniffent avec 
le corps charnu de ce mufcle , pour fe terminer, en fe confondant avec le long dorfal, 
tout le long du ligament épineux de cette même partie. Ce mufcle , en agiffant avec le long 
dorfal, fert à l’élévation du train de derrière fur le devant, dans la ruade. 

3 .° Le long épineux eft fitué deffous le précédent , tout le long des apophyfes 
épineufes des vertèbres lombaires 6c des lombes : il fe porte de derrière en avant, & prend 
fon attache par de petites appendices tendineufes à toutes les apophyfes tranfverfes des 
vertèbres dorfales 6c lombaires; il monte de derrière en avant, pour fe terminer de même par 
des bandes tendineufes a la partie fuperieure de toutes les apophyfes épineufes lombaires, 
6 c à prefque toutes les vertèbres dorfales, [à l’exception de la'première , deuxième, troi- 
ftème 6 c quatrième , ] ou il fe termine dans fa partie moyenne au bord poftérieur de ces 
memes apophyfes epineufes, ainfi qu’a tout le refte des vertèbres {èj. L’ufage de ce mufcle 
eft de lever le devant fur le derrière. 

{ 4 ) Comme M. Bourgelat , dans fes E/em. de Vm vhér. ne parle point du plan interne, lequel forme autant de digitations 
cnarnues ,^ autant dappendices tendineufes que l'externe; on doit en conclure qu’il ignore les ufages de ce mufcle. 


. - • T* ‘ • 1 ■ HT r. ^ , ----- —-vjw.. .g.iulc jcs uiages ae ce muicie. 

( b) Ces terminaifons ont induit M. Bourgelat en erreur ; elles font caufe qu’il a pris ces mufcies, Elém. de Vm véter. fig- 154» 
pour aes mukles inter-epineux, qui nexiftent point : les apophyfes épineufes des vertèbres, des lombes & de celles du dos, font unies 
-_ -- .. , . , . . ,phyfedudos,& 

article 


Ma fccclS”™’ P" qu'un feu!ÿi t'ifm à'Ta'preDièrc'àp'ophyrè do'jos, «= 









M Y O L O GIE. 


ARTICLE DOUZIEME. 

DE LA RESPIRATION, 

E T 

DES MUSCLES PAR LE MOYEN DESQUELS ELLE SE FAIT. 

O N entend, pâp le mot de refpirâtion , cette double aftion par laquelle l’animal reçoit 
Pair dans là poitrne , & le chalTe au-dehors ; là première retient le nom d’infpira- 
tion ; & la fécondé, celui d’expiration : ce qui s’opère par l’éleVation & l’abaifTement des 
côtes, depuis la première (a) jufqu’à la dernière. Il faut remarquer que la manière, dont les 
côtes font mûes alors, û’eft pas la même dans toutes. Les premières s’élèvent en fe portant 
de derrière en avant, par un petit mouvement de rotation , à leur articulation avec les 
vertèbres , & par élévation de dedans en dehors à leurs autres extrémités. Les dernières 
côtes n’ont prefque pas de mouvement vers les vertèbres , mais elles en ont beaucoup 
par leurs autres extrémités , & s’élèvent de dedans en dehors. Tous ces mouvemens s’exé¬ 
cutent par le moyen de plufieurs mufcles , dont les uns font infpirateurs , les autres expi¬ 
rateurs , & les derniers communs à l’infpiration & à l’expiration (^). 

V DES MUSCLES INSPIRATEURS. 


Les mufcles infpirateurs font, le dentelé antérieur , le releveur des côtes, le mufcle tranf* 
verfah 

i.° Le dentelé antérieur s’étend depuis la partie poftérieure de la cinquième des 
vraies côtes, àu-delTous de l’omoplate ; ce mufcle eft charnu inférieurement , aponévrotique 
fupérieurement ; il a fon attache à la troifième apophyfe des vertèbres du dos , fe confon¬ 
dant avec l’attache du mufcle fplénius, celle du romboïde , & celle du long dorfal ; en cet 
endroit il forme une forte aponevrofe (c) , laquelle fe termine au ligament épineux. Depuis 
cette troifième apophyfe , jufqu’à la troifième dorfale, où il fe réunit avec l’aponevrofe du 
dentelé poftérieur ; il ne fait plus qu’une feule & même bande aponévrotique, jufqu’au bord 
fupérieur des os des iles. Le dentelé antérieur , par fa partie aponévrotique & par fa partie 
charnue , dont les fibres fe portent de devant en arrière , & vont fe terminer au bord anté¬ 
rieur des côtes, forme, pour ainfi dire, une appendice charnue, en manière de digitation, qu’on 
ne fçauroit cependant féparer fans endommager les fibres charnues (d) ; ce qui les fait 
appeller faufles digitations. L’ufage de ce mufcle eft d’élever les côtes, lorfque Pair entre 
dans la poitrine. 


(a ) Nous ne femmes pas du fenciment de M. Bourgelat, qui dit dans fes Elém. de fart vétér. pag. 64, que la première côte 
eft privée de mouvement. A quoi lui ferviroit donc fes deux articulations avec fynovie, fi ce n’efl: pour jouer, d’une part, avec la 
dernière vertèbre cervicale &Ja dorfale, de l’autre, avec le fternum? 

( l> ) M. Bourgelat., s’eft trompé à l’égard du nombre de ces mufcles, ainfi que fur leur fituation & fur leurs ufages. 11 me 
femble cependant qu’il eft facile de s’appercevoir que le mufcle du fternum eft expirateur & non infpirateur ,• de voir qu’il y a 
deux dentelés , dont les plans de fibres font différens , & qui , par conféquent , font deftinés à différens ufages ; que le long 
intercoftal a auffi deux plans de fibres; & que les intercoftaux, ayant également deux plans de fibres, ne doivent pas non plus agir 
de même. 

' ) M. Bourgelat, pag. 4, regarde cette aponevrofe comme un ligament fufpenfeur, quoi quil n’en ait nulle apparence. 

\ d ) M. Bourgelat, s’eft bien mépris, 158, en regardant ces fibres charnues comme de vraies digitations & en leur donnant 








lO^ 


H I P P O T O M I E. 


Le dentelé postérieur , ainfi que le pre'cédent, a fon attache au ligament épineux 
de la douzième vertèbre , par une large aponevrofe, que nous avons dit ci-deffus fe confondre 
avec celle du dentelé antérieur. L’attache du dentelé poftérieur fe fait au ligament épineux 
de tout le refte des vertèbres dorfales , a toute 1 etendue de celui de toutes les vertèbres 
lombaires, où il fe confond avec le mufcle oblique du bas-ventre : cette aponevrofe fe porte 
onfuite de haut en bas fur les côtes ; alors elle devient charnue , & fe termine par des 
appendices charnues, formant fix digitations ; les deux poftérieures communiquent avec le 
grand oblique ; les quatre autres vont fe terminer au bord poftérieur de la douzième 
côte , jufqii’au bord poftérieur de la quinzième. La direélion des fibres de ce mufcle eft de 
derrière en avant ; il eft placé beaucoup plus bas que le dentelé antérieur. Par fa première 
digitation vers la onzième ou douzième côte, le dentelé poftérieur recouvre la dernière 
faiifte digitation du dentelé antérieur. Son ufage eft d’abaifler les côtes dans le mouvement 
d’expiration. 

Les releveurs des côtes font de petits mufcles fitués defiTous le long dorfal, & 
dont les attaches font aux apophyfes tranverfes des vertèbres du dos : ils vont enfuite fe 
terminer au bord poftérieur de chaque côte. Ces mufcles ne fervent pas à la première ni à 
la deuxième côte , vu leur peu de mouvement ; les autres s’étendent depuis l’apophyfe 
traiifverfe de la deuxième vertèbre dorfale, & vont au bord poftérieur de la côte, en biaifant 
à deux ou trois travers de doigt au-deflous, & fucceftivement à toutes les vertèbres, 
jufqii’à la quatorzième ou quinzième côte, où ils deviennent intercoftaux. 

4 .° Le muscle transversal eft de la figure d’un quarré long. Il eft fitué à la partie 
inférieure & externe de la première côte ; puis , après avoir pafte par-deftùs la deuxième 
& la troifième, il vient fe terminer au bord poftérieur de la quatrième. 

iL° DES MUSCLES EXPIRATEURS. 

Les mufcles expirateurs font , le dentelé poftérieur , le diaphragme , & le mufcle dü 
fterniim. 

i.° Le dentelé postérieur, décrit ci-deftùs. 

a.° Le diaphragme eft cette cloifon mufculeufe , en partie charnue, en partie aponé- 
vrotique , qui fépare la poitrine d’avec le ventre poftérieur ou bas-ventre. Ce mufcle eft 
charnu dans fa circonférence, & aponévrotique dans fon centre. Il a fon attache par deux 
portions, en partie tendineufes & en partie charnues , aux côtés du corps des trois premières 
vertèbres lombaires , & eft couché le long de ces mêmes corps : enfuite il monte en 
s’épanouiftant par une large aponevrofe , 6c finit par des portions charnues , qui s’atta¬ 
chent à la face interne des cartilages de toutes les fauftes côtes , & des deux dernieres 
des vraies,’ de même que dans la partie interne du cartilage xiphoïde. Le diaphragme paroit 
convexe en dedans de la poitrine, & par conféquent concave en dedans du bas-ventre. On 
y remarque trois ouvertures : celle qui eft fituée du côté gauche, dans la partie fuperieure, 
proche les côtes, livre un paflage à l’œfophage ; celle , qui eft placée prefque dans la partie 
moyenne, laifte pafler la veine cave; la troifième ouverture, qui eft entre les deux piliers, 
ouvre un chemin à l’artère aorte. La fonêtion de ce mufcle , en fe contraêlant vers fon 
centre, eft de rabailTer les côtes , & de diminuer le volume de la poitrine ; 6c par confe- 
quent de chaffer l’air contenu dans les poumons. 

3 .° Le muscle du sternum eft fitué dans la partie interne de cet os , 6 c s’étend dans 
toute fa longueur : il eft féparé de fon congénère par une bande ligamenteufe, dont nous 
avons parlé en faifant la difeription des ligamens. Ce mufcle ne forme , dans toute fon 
étendue, qu’un feul 6c même corps, depuis fa partie antérieure jufqu’au cartilage xiphoïde, 









M Ÿ O L 0 G I E. 


il fe porte enfuite par des appendices charnues au bord poftérieur des cartilages des fepc 
premières côtes. Sa fonélion eft la même que celle du diaphragme. 

IIi; DES MUSCLES COMMUNS A UINSPIRATION 
ET A UEXPIRATION. 

Les mufcles communs , à Pinfpiration &c à l’expiration , font le long intercoftal, & les 
intercoftaux. 

i.“ Lé LONG INTERCOSTAL eft lè mufcle qu’on apperçoit, après avoir levé les deilteléà 
antérieur & poftérieur : il s’étend depuis la première côte jufqu’à là dernière. C’eft un 
corps charnu dans toute fa longueur , qui fournit deux plans de fibres, dont l’un eft externe 
6c l’autre interne. Le premier plan forme feize à dix-fept petits tendons plats , qui vont 
fe terminer au bord poftérieur des côtes, depuis la dix-feptième jufqu’à la première : mais il 
faut remarquer que les tendons des deux premières fe terminent à la tubérofité des côtes, 
6c que les dernières font plus écartées de ces mêmes tubérofités ; l’ufage de ce plan étant 
d’abaifter les côtes dans l’expiration. Le plan interne eft moins long, plus confidérable 6c 
plus charnu ; il fe porte de devant en arrière, & va fe terminer àufli par des tendons au 
bord antérieur des côtes ; fon ufage étant de lever les côtes dans Pinfpiration. 

Les muscles intercostaux : ce font toutes les portions charnues , qui rempliflent 
l’intervalle des côtes ; âinfi il y a dix-fept intercoftaux de chaque côté , lefquels font com- 
pofés de deux plans de fibres , l’un externe 6c l’autre interne , qui toutes fe croifent en 
forme d’X. Le plan externe , dont les fibres font dirigées de haut en bas , 6c de devant 
en arrière, Vont s’attacher au bord poftérieur des côtes , 6c fe terminer au bord antérieur 
de l’autre : [remarquons que les dernières des Vraies côtes font en partie recouvertes par ce 
même plan ]. Les fibres du plan interne vont de derrière en avant, 6c de bas en haut ; 
ils s’attachent d’une part au bord antérieur d’une côte; 6c de l’autre, au bord poftérieur. 
Ce dernier plan fert à l’expiration, 6c le premier à Pinfpiration. 









ARTICLE TREIZIÈME. 

DES MUSCLES DE LA QUEUE. 

L Es nœuds de la queue [ou faufTes vertèbres], font mûs ou ébranlés par le moyen de 
dix mufcles : quatre élèvent la queue ; quatre l’abailTent, & deux la portent fur les 
côtés , on les nomme latéraux. Elle eft auffi portée fur les côtés par plufieurs paquets 
mufculeux , qui font bien diftinfts de ces mufcles , & qui prennent leurs attaches d’une 
vertèbre à l’autre. 

1“ DES RE LEVEUR S. 

Les mufcles releveurs fe divifent en long & en courts releveurs. 
i.° Les longs releveurs viennent de la continuation des mufcles très longs du dos 
rampent tout le long des parties latérales des apophyfcs épineufes de l’os facrum, s’y atta¬ 
chent par leurs parties charnues , & vont, en s’amincilTant, fe terminer par de petites 
appendices tendineufes aux apophyfes demi-épineufes des premiers nœuds de la queue, & 
aux inégalités fupérieures des dernières. 

a° Les courts releveurs prennent leurs attaches aux parties latérales des trois de 
quatre dernières apophyfes épineufes de l’os facrum, & vont fe terminer de même que 
les précédens. 

IV DES ABAISSEURS DE LA qUEUE. 

Les mufcles abaiffeurs font diftingués de même en longs & courts. 
i.° Les longs prennent leurs attaches aux parties latérales de l’os facrum, rampent le 
long de ce bord, en s’y attachant ; palTent enfuite au-delTous ; ôc lorfqu’ils font parvenus 
aux deuxième & troifième nœuds de la queue , ils commencent à fournir plufieurs tendons 
qui vont fe terminer à la partie inférieure de chaque nœud. 

1° Les courts abaisseurs ont leurs attaches dans la face interne du bafïin, à une large 
aponevrofe, appellée facro-feiatique ; ils rampent tout le long de cette face , & vont fe 
terminer aux parties latérales de l’os facrum. Ces mufcles font plus larges que les premiers. 

III.° L E S L A T É R A U X. 

Les mufcles latéraux font très minces & larges fupérieurement : ils ont leurs attaches 
fixes à la partie inférieure du bord latéral des nœuds de la queue, & en fe prolongeant aux 
apophyfes tranfverfes des premiers iiœuds ; ils vont fe terminer, par de petits tendons, 
aux parties latérales de ces mêmes os. 



article 





MYO LO GIE. 105 


ARTICLE aUATORZlÈMR 

des muscles de la verge. 

L a verge a des mufcles propres^ à fon corps & au canal de l’uréthre. 

Ceux de fon corps font au nombre de deux , un de chaque côté , lefquels ont leur 
attache à l’angle poftérieur des os ifchion, embralTent les deux piliers des corps caverneux, 
& fe portent au-delTus de la verge, pour s’y terminer par un tendon très fort, qui paroît 
lui-même former le eorps de la verge. Leur üfage eft de relever la verge du côté du 
ventre. 

Ce canal de l’urêthre a trois mufcles ^ un impair & deux pairs. 

L’impair {a) eft le plus long, & s’étend fur tout le trajet du canal de l’üréthre : fes 
libres font rangées comme les barbes de plume , dont le centre forme une petite ligne 
blanche. La fbnélion de ce mufcle, qui agit comme digaftrique , eft de relFerer le canàl dé 
l’uréthre. 

Les deux autres mufcle^ font très courts & placés de chaque côté. Ils ont leurs attaches 
aux parties latérales des corps caverneux, au-deftbus des os ifchion ; ils paflent enfuite par- 
deftus un ligament blanc & long, puis fe réuniftent pour fe terminer & embraftèr le canal 
de l’uréthre. Poftérieuremeiit à ces deux-ci, en dedans du baftin, fe remarque un troulfeau 
de fibres circulaires qui fervent au fphinéler de la veftie. 


ARTICLE au I N Z I E M E. 

DES MUSCLES DES TESTICULES 

L Es tefticules font élevés par deux mufcles, un propre à chacun , & qu’on nomme 
crémafter. 

Ce mufcle eft très large , mince & charnu : il a foü attache (^) , par une aponevrofê, 
à celle du pfoas & de l’iliaque dans le baffin. Le crémafter fort enfuite par l’anneau que 
forment les mufcles du bas-ventre , & va fe terminer i la partie inférieure du tefticule , 
après lui avoir fervi d’enveloppe. 

L’ufage de ce mufcle eft de relever les tefticules : leur aftion eft continuée & fuivie, lorfque 
le cheval eft en exercice ; ils agiftent peu, quand il eft en repos : en effet, dans un cheval 
qu’on exerce, on n’apperçoit point les tefticules, qui font pendants lorfqu’il eft dans 
l’écurie. 


{a) On ne voit point pourquoi M. Bourgelat , fag. ië8 , fait deux mufcles de ce feul & unique j feroit-ce parce qu’il eft 

crime, F dit M. Bourgelat, pag. 167, Elém. de tartvétéf. ] eft au bord poftmeur du mufcle oblique interne, & 'a l’apomVrofe 
dufafcia lata. Ce font deux erreurs que ma defcription, faite le fcalpel à la main, reâifie parfaitement. 


Dd 
















H I P P O T O M I E. 


ARTICLE SEIZIÈME. 

DES MU S C L ES DE V A NUS 


L ’Anus , qu’on appelle aufîi fondement , n’eft autre chofe que l’extrémité du reélum. 

cette ouverture de la peau eft reflèrrée & retirée en dedans du baffin , par le moyen de 
trois mufcles ; deux pair & un impair. 

Ce dei'uier eft un cpmpofé de fibres orbiculaires de la largeur de deux à trois travers 
de doigt ; en fe contraftant, elles fervent à reftèrrer la peau. 

Les mufcles pairs font placés de'chaque côté ; ils font très larges ; ils ont leurs attaches 
à la face interne & fupérieure des os ifchion ; ils defcendent enfuite le long de ces os, & 
vont fe perdre dans les fibres orbiculaires ci-deftiis. C’eft dans ces derniers mufcles que l’on 
a vu fi fouvent introduire des roftignpls ou fifllets, efpèce d’anneau de fer ou de plomb, 
dans l’idée de donner & de faciliter la refpiration du cheval ; méthode fi peu raifonnée & 
fi dangereufe qu’elle occafionne fouvent dans cette partie une fiftule que l’on appelle fiftule 
à l’anus. 


ARTICLE D I X > S E P T I È M E. 

D E S M U s C L E S D U V A G I N. 

L e vagin eft cette ouverture que l’on appelle nature dans les jumens ; elle eft formée ^ 
comme l’anus , par un troufteau de fibres circulaires, dont l’ufàge eft de fe contracter 
dans l’iiitroduétioh du membre du cheval. On y renîarque encore un plan de fibres longi¬ 
tudinales de chaque côte, lefquelles, partant des parties latérales de l’anus, vont embralTerle 
clitoris & fervent à élever le vagin {a). C’eft dans les bords de ce vagin que certaines 
perfonnes paflènt quatre petites bandes de laiton en forme de coûture j 6ç que l’on appelle 
boucle , dans l’intention d’empêcher l’approche du mâle, dans le temps que la jument eft 
en chaleur ; cette opération n’eft guère moins dangereufe que celle du rofligiiol. 


(a ) M. Bourgelat, de ce feul & unique mufcle en a fait quatre {pag. 169 ] ) & il les décrit non pas comme appartenants au 
vagin , mais au clitoris j ce qui n’eft pas. 













PI 



laiywuiur . 


I c ^ Âj^^Jcu lp. 


















Fl 


















f 


myologie. 


ARTICLE DIX-HUITIÈME. 

DES EXTRÉMITÉS ANTÉRIEURES. 
PARAGRAPHE PREMIER. 

DES MUSCLES DE U È P A U L E. 

L ’Épaule eft eleve'e , abaifTee , portée en avant & eji arrière par le moyen de fîx 
mufcles , qui font, le triangulaire, le rhomboïde, le lombaire, le releveur de l’omo¬ 
plate , le trapèze, le large dentelé & le petit peéloral 

i.° Le triangulaire (^), ainfi nommé à caufe de fa figure , eft fitué à la partie fupé- 
rieure de l’épaule ; il a fon attache au ligament cervical, vers la troifième apophyfe épineufe 
des vertèbres dorfales , jufqu’à la treizième ou la quatorzième de ces mêmes vertèbres; enfuite 
ces fibres fe portant de derrière en avant, dégénèrent en un tendon applati pour fe terminer 
à l’épine de l’omoplate. La fonftion de ce mufcle eft d’élever l’épaule , & de porter fon 
extrémité fupérieure un peu en arrière. 

2.° Le rhomboïde eft un müfcle totalement charnu, fitué en dedans de l’épaule ; il a 
fon attache aux apophyfes épineufes des troifième , quatrième & cinquième vertèbres 
dorfales, & fe termine de même , par des portions charnues , à toute la face interne du 
cartilage de l’omoplate. Il fert à élever l’épaule 6c à porter fon extrémité fupérieure un 
peu en avant. 

3.° Le releveur de l’omoplate eft un mufcle très long, d’une figure arrondie 6c 
pyramidale. Il a fon attache au ligament cervical, depuis fa partie moyenne 6c un peu 
au-delTous6c s’y adhère fortement par des fibres tendineufes : vers fa bafe , il s’écarte 
de ce même ligament pour fe terminer au bord antérieur 6c fupérieur de l’omoplate , 
en fe confondant avec le rhomboïde. L’ufage de ce mufcle eft d’élever l’épaule 6c de la 
porter un peu en avant par fon bord fupérieur. 

4.° Le trapèze C^) eft fitué au-deffous de l’aponevrofe du mufcle peaucier du col, 6c 
recouvre les mufcles de cette partie. D’une part, il va s’attacher par des portions charnues 
6c aponévrotiques à toute l’étendue du ligament cervical, excepté vers la première vertèbre 
de cette partie ; de l’autre, il a fon attache par deux plans de fibres , à toute l’étendue du 
mufcle commun de la tête , du col 6c du bras ; le premier plan au bord fupérieur de ce 
mufcle commun ; le fécond pafle fous le même mufcle , 6c s’attache aux apophyfes tranf- 
verfes des vertèbres cervicales : ce mufcle devient enfuite charnu en defcendant tout le long 
du col, pour fe terminer , par une forte 6c large aponevrofe , à toute l’étendue de l’épine, 
6c de l’omoplate. Il porte l’épaule en avant 6c l’élève un peu. 

5.° Le LARGE DENTELÉ eft uii mufcle très large 6c très fort fitué en dedans de] l’épaule, 
& recouvrant prefqu’en totalité les vraies côtes, 6c en partie le col : il a la figure d’un 

cù Bourgelat,138, a-t-il pu nommer trapèze , ce mufcle, qui n’eft point quarré, mais triangulaire .? je 

du^c^l* trapèze, mufcle de 1 épaulé ; c’efl: celui-là que M. Bourgelat nomme peaucier, & qu’il regarde comnie extenfeur 

fort ^ ^ répétons, ce trapèze n’efi: point celui que M. Bourgelat nomme cutané , & qu’il dit avoir une adhérence très 

n’eft mufcle commun, & fe joindre avec celui du côté oppofé: il n’a point non plus ion attache au fternum, & fa fonélion 

de m'^^ ' pardonneroit aifément cette méprife à un élève de quelques femaines ; la pardonneroit-on 

Dofp ^ auroit manié , pendant quelques années, le fcalpel anatomique ï elle révoltera donc dans un ouvrage com- 

r par un homme qui s’annonce pour avoir diflequé depuis vingt-ans ? 









o8 


HÎPPOtOMIE, 


éventail, dont la pointe eft en haut. C’eft le mufcle le plus confidérable de cette extrémité: 
il a fon attache à la partie moyenne des neufs vraies côtes, par des appendices charnues, 
iefquelles forment cinq digitations vers les dernières vraies côtes, pour s’entrelacer avec de 
pareilles digitations du grand oblique; mais il fe confond vers le refte des premières côtes 
avec les mufcles intercoftaux , fans former de digitations. Le large dentelé s’attache de même 
par des appendices charnues & tendineufes aux apophyfes tranfverfes des quatre dernières 
vertèbres cervicales , puis fe portant de part & d’autre k la partie fupérieure de la foffe 
fcapulaire, il va fe terminer, en partie, par des portions charnues &aponevrotiques, au bord 
fupérieur de cette cavité , au-delTous du rhomboïde. Sa fonaion eft d’abaifter l’épaule. 

6° Le petit pectoral eft un mufcle long & gros,fitue à la partie anterieure de l’épaule. 
Il a fon attache à la partie antérieure & latérale du fternum, & au bord des cartilages des 
trois premières côtes; il pafte enfuite par-devant l’articulation de l’humerus avec l’omoplate, 
& rampant le long du bord antérieur de cet os , fans s’y attacher, il va fe terminer enfin 
par üii tendon très mince , & applati au bord fupérieur & antérieur de cet os ; fon ufage 
eft d’abaifter l’épaule, en emportant fa partie fupérieure en en-bas. 

PARAGRAPHE IL 

des muscles du bras. 

Le bras eft mû dans la cavité glénoïde de l’omoplate en tous fens, c eft-a-dire, qu il eft 
porté en avant, en arrière , en dedans & en dehors , & qu’il tourne fur fon axe. Cette 
opération fe fait par le moyen de douze mufcles (a) ; fçavoir , trois releveurs, trois 
abaififeurs ou retraôleurs, trois addufteurs trois abduéleurs. 

. L“ DES RELEVEURS. 


Les releveurs font le fur-épineux , le commun & le releveur piopre. 
i.° Le sur-épineux eft un mufcle très fort, fitué à la partie antérieure de l’épaule , & 
rempliftant la fofTe fur-épineufe (3) de l’omoplate ; il defceiid tout le long de cette fofte, 
pour fe terminer enfuite à la partie antérieure & fupérieure de l’humérus (cj. 

Le commun eft un mufcle que nous avons dit être propre à la tête , & au col. Il 
eft de l’étendue des mufcles droits : il a fon attache par quatre appendices charnues & tendi- 
neufes aux apophyfes tranfverfes des deuxième , troifième, quatrième & fixième vertèbres 
cervicales. Ces différentes portions , en fe réuniffant en un feul & même corps , forment 
une bande charnue de la largeur de quatre à cinq travers de doigt , laquelle defcend le 
long de la partie latérale du col , pour fe terminer [ après avoir paffé devant l’articulation 
de l’omoplate ] avec l’humérus à la partie antérieure de cet os, vers fa partie moyenne, par 
un tendon très court d’une part; & de l’autre, paP une aponevrofe très large, qui defcend 
jufqu’à la partie inférieure de cet t)s (d). 


(a) M. Bourgelat 14.0 , n’en reconnoîc que dix. „ i . ^nmeufes. 

b ) L’épaule etanc ficuée obliquement, fes folTes ne devoient point etre appellees par M. Bourgelat , M. 45 , 
ni poft-épineufes; les mufcles, qui y ont leurs attaches, ne font pas mieux nommés. S’il n eut pas tant copie • ^ 

en Lfant celle du cheval , il fe feroit moins trompé , & fes livres ferment moins remplis d applications faulTes , mutiles, nu 


même aux maréchaux pour lefquels il a écrit. r . 1 r 

( c ) M. Bourgelat n’avoit plus, fans doute, fous les yeux ce mulcle, ioriquil 
pas dit, 


, pag. 141 , qu’il a deux tendons. 

{ d ] M. Bourgelat, [ Elém. de l’art vétér.^ } 


ti a donné la difcription ; autrement il n auroit 


pag. 141 ] dit que le mufcle commun peut être comparé par fa Jlruéiure au mufcle deltoïde ée^ 
cela il a raifon. Mais il ne devoit pas ajoûter que fon ufage étoit à’opérer l’aélion^ ch^vûer "”e 

jambe l’une fur l’autre j & qqe quand il agit avec le grand peBoral , tl approche le bras du pottraü. 11 n a cependant d autre tonttion q 

d’élever ce bras & de le porter en avant. ... , , „ ....i^nrîprc nue la 

Cet hippotomifte n’eft pas plus heureux , lorfqu’il fixe fon attache a tout le bord tranchant du fternum. On croiroit volontiers qu 

defcription , qu’il nous donne, eft faite d’imagination. 







M Y O L O G I E. 


109 

Ce murde efl: un des principaux agens des extrémités : fon ufage eft plus ou moins 
marqué ; par exemple , dans le pas , Padion de ce mufcle , qui fert à porter le bras eii 
avant, eft moins marquée, c’eft-à-dire, qu’il fe contràde moins que dans le trot ; & dans 
celui-ci, moins que dans le galop. Dans le moment où il entre en contradion , le col eft 
affermi par les mufcles extenfeurs du col : pour lors le point fixe de ce mufcle fe trouvant 
aux apopliyfes tranfverfes, il oblige la partie inférieure, qui devient mobile, de fe rapprocher 
vers la première. Le contraire arrive dans le/ repos : le point mobile du mufcle fe trouvant 
pour lors à Phumérus , il oblige Pautre extrémité de ce mufcle à fe rapprocher de celle-ci, 
& par conféquent à plier le col vers la poitrine. 

Ce mufcle , dans certains cas , fouffre de fi grandes èxtenfions qu’il furvient fouveht, 
dans fon corps , des tumeurs enkyftées , qui s’élèvent à trois ou quatre travers de doigt 
au-deffus de la jonélion de l’épaule avec Phumérus : il faut prendre garde de ne pas con¬ 
fondre ces efpèces de tumeurs enkyftées avec des tumeurs fquirrheufes j & quelquefois auftî 
enkyftées, qui arrivent derrière ce mufcle , aux glandes des aiffelles ; quoique dans l’un & 
dans Pautre cas ^ on foit obligé , pour en obtenir la guérifon , d’incifer ce mufcle , & très 
fouvent d’en emporter une partie en côte de melon , pour aller détruire le fac du kyfte 
ou enlever le fquirrhe. Yoyé^ loupe au poitrail j dans la pathologie. 

3.° Le rÈleveur propre eft moins eonfidérable que le précédent. Il a fon 
attache , par un tendon très fort ^ à la partie antérieure & inférieure de l’omoplate , à 
Papophyfe coracoïde ; paffe par-devant l’articulation de cet os avec Phumérus , en formant 
un corps charnu très puiffant , & va fe terminer à la partie antérieure & moyenne de 
Phumérus. 

Ces trois mufcles agiffant dans le pas , dans le trot & dans le galop , il n’y a que leur 
vîteffe contraélive qui en faffe la différence, leur fonélion étant de porter le bras en avant; 

IV ms ABAISSEURS^ OU RÉTRACTEURS DU BRAS. 

Les abaiïTeurs ou rétraâeurs font, Pabaiffeur, proprement dit , le large dorfal & le 
grand peftoral. 

1. ° L’abaisseur , proprement dit , à fon attache au bord fupérieur & poftérieur de 
l’omoplate au-deffous du bord arrondi du cartilage * il defcend le long de ce bord, en fe 
confondant avec le mufcle fcapulaire , jufque vers fa partie moyenne ; alors il fe fépare du 
fcapulaire, pour fe terminer, par un tendon applati, à la partie interne & prefque moyenne 
de Phumérus. 

2. ° Le large dorsal , qui eft un mufcle affez mince, à raifon de fa largeur, recouvre 
une partie du large & du long dentelé. Il a fon attache., par une aponevrofe, au ligament 
épineux dorfal, en fe confondant avec le long dentelé : le large dorfal devient enfuite 
charnu , en fe portant de derrière en avant, de haut en bas , pour fe terminer p‘ar un 
tendon applati qui fe confond avec le précédent , & va au même endroit. 

Si l’on confidère la terminaifon de ces deux mufcles, leur ufage paroîtra être de rappro¬ 
cher le bras de la poitrine ; il Pabaiffe néanmoins , ou le porte en arrière lorfqu’elle a été 
portée en avant ; il abaiffe le bras lorfque les releveurs ^ dont nous venons de parler, Pont 
porté en avant, & mettent la jambe d’aplomb. Ces mufcles font les principaux moteurs, 
quand le cheval veut reculer. Dans ce cas les anfagoniftes n’ont pas d’aêlioii ou au, moins 
très peu. 

3-° Le grand pectoral , dont la fonêlion eft à peu près femblable à celle des deux 
derniers, [ car il abaiffe l’épaule en la portant en arrière ] eft un mufcle commun à l’épaule 
& au bras. Il a fon attache aux cartilages des fix ou fept dernières vraies côtes , à leur 

Ee 






H I P P O T O M I E. 

ITO_____________ 

ionâiion vers le fternum, au cartilage xiphoide, à la partie latérale du flernum, il pafTe par» 
aevant les premières vraies côtes , en diminuant de largeur, pour fe terminer par deux 
tendons ; l’un, à l’apophyfe coracoïde , & l’autre , à la partie antérieure &c fupérieure de 
l’humérus. Cette dernière terminaifon eft plus étendue que celle du miifcle précédent ; mais 
fon tendon éft moins conliderable. 

ÏII.“ DES ADDUCTEURS. 

Les adduaeurs font le fcapulaire, l’adduaeur 6c le large peaoral. 

i.° Le scapulaire eft la mafle, en partie charnue, en partie tendineufe , qui rempliç 
la fofte fcapulaire ou la face interne de l’omoplate , 6c fe confond avec l’abaifTeur du bras. 
Ce mufcle eft très large dans fa partie fupérieure , 6c tendineux- ; il eft charnu inférieu¬ 
rement 6c plus étroit ; il va fa terminer par un tendon confidérable à la partie fupérieure 
6c interne de l’huniérus. 

1 ° L’adducteur eft un petit mufcle qui a fon attache à l’apophyfe coracoïde, par un 
tendon , en fe confondant avec celui du releveur 6c du grand peâoral , paffe par-devant 
l’articulation de l’épaule avec l’humérus , 6c vient fe terminer à la partie moyenne interne 
de l’humérus , au-deftiis des tendons du large dorfal 6c de l’abaifteur. 

3.° Le large pectoral eft un mufcle d’une figure à peu près quarrée , & fitué en 
dedans du bras ; il a fon attache à la partie latérale du fternum aux deux tiers de fon 
étendue , 6c enveloppe les mufcles du bras , pour fe terminer enfuite par une large apone- 
vtofe , laquelle d’une part s’attache à la partie antérieure 6c inférieure de l’humérus, 
au-deftbus de l’aponevrofe du commun ; l’autre , cette large aponevrofe fert d’enveloppe 
aux mufcles de l’avant-bras. Ces mufcles fervent à rapprocher le bras en dedans dans les 
voltes de la croupe au mur, ou du dehors en dedans. 

IV.‘’ DES ABDUCTEURS. 

Les abdufteurs font le fous-épineux, le long abdufteur 6c le court abduéleur. 

i.° Le sous-épineux eft ce mufcle qui remplit la fofte fous-épineufe de l’omoplate; il 
eft plus confidérable que le fur-épineux ; il s’étend depuis la partie fupérieure de l’omoplate 
6c depuis fon épine jufqu’à fon bord poftérieur ; il defeend enfuite le long de cette fofte, 
pour fe terminer à la partie fupérieure 6c latérale externe de l’humerus. 

a.° Le long abducteur a fon attache au bord poftérieur 6c fupérieur de l’omoplate; 
puis il defeend tout le long de ce bord , en fe confondant avec le poft-épineux , pour fe 
terminer à trois travers de doigt au-deftiis du précédent, à une éminence qui lui eft propre, 

3,° Le court abducteur a fon attache au bord inférieur 6c poftérieur de l’omoplate, 
6c vient produire un petit tendon applati, qui fe termine entre les deux précédens, toujours 
à la face interne de cet os. La fonélion de ces mufcles eft d’éloigner le bras de la poitrine 
6c de fuivre fucceftivemeiit les adduéleurs dans les mouvemens de voltes. 








MYOLOGIE. 


III 


PARAGRAPHE III. 

DES MUSCLES DE L’AFANT-BRAS. 

L’avant-bras eft fléchi & étendu par le moyen de fept mufcles, dont deux fervent pour 
la flexion, & cinq pour l’extenfion. 

DES FLÉCHISSEURS. 

Les fléchifTeurs font, le long & le court fléchiffeur. 

i.° Le long fléchisseur eft un mufcle très confidérable qui occupe la partie antérieure 
du bras. Il a fon attache à la partie inférieure de l’omoplate , à l’apophyfe coracoïde, par 
un tendon très gros, qui, en defcendant, augmente de volume : fur ce tendon s’imprime 
une gouttière profonde qui reçoit l’éminence moyenne de l’humérus fur laquelle il glifle ; 
il devient enfuite charnu , & forme un ventre confidérable en recouvrant le releveur de 
l’humérus ; puis dégénérant en un tendon , il va fe terminer à la partie latérale, un peu 
antérieure du radius , au-defliis du ligament latéral interne dont nous avons parlé en faifant 
la defcription des ligamens en particulier ; ce mufcle produit encore un tendon confidérable 
qui s’épanouit en une large aponevrofe, laquelle enveloppe les mufcles extenfeurs de l’os 
du canon , & généralement tous les mufcles de l’avant-bras. 

a.° Le court fléchisseur eft un mufcle charnu dans toute fon étendue. Il a fon attache 
à la partie fupérieure & externe de l’humérus , au-deftbus du col de cet os ; il fe porte 
enfuite en avant, pour fe terminer au-deftbus du précédent vers la face externe. 

Ces mufcles fléchiffent l’avant-bras fur le bras , dans toutes les allures. 

IH DES EXTENSEURS. 

Les extenfeurs font, le long, le gros , le moyen, le court & le petit extenfeur. 

i.° Le long extenseur a fon attache au bord poftérieur & fupérieflr de l’omoplate, 
& fe confond avec la partie fupérieure du gros extenfeur, l’efpace de trois ou quatre 
travers de doigt ; le long extenfeur fe fépare enfuite , & defcend tout le long du bord 
poftérieur du gros extenfeur , pour fe terminer a la partie fuperieure, latérale, interne du 
cubitus. Il forme , outre cela , une large aponevrofe qui fert d’enveloppe aux mufcles de 
l’avant-bras. 

Le gros extenseur , le plus confidérable des mufcles de cette extrémité , eft 
d’une figure triangulaire , &c occupe, pour ainfi dire , lui feul l’efpace qu’il y a entre 
l’omoplate & l’humérus. Il s’attache fupérieurement, par une bande tendineufe , au bord 
poftérieur de l’omoplate ; il defcend enfuite , en diminuant de volume , pour fe terminer 
à la partie fupérieure du cubitus ; mais il donne encore naiftànce à une large aponevrofe 
qui enveloppe les mufcles dont l’avant-bras eft forme. 

3. ° Le moyen extenseur a fon attache à la partie poftérieure & fupérieure de l’humé¬ 
rus ; il eft d’une figure quarrée, & vient fe terminer au précédent. 

4. ° Le court extenseur a fon attache à la partie poftérieure & moyenne de l’humerus, 
par des fibres charnues , & va fe terminer, par un large tendon, à la partie fuperieure &: 
interne du cubitus. 

5-° Le petit extenseur, qui eft le moins confidérable, s’attache de même par des fibres 
charnues à la partie poftérieure & inférieure de l’humérus dans cette cavité formée par les 
condyles poftérieurs de cet os, & va fe terminer au bord antérieur du cubitus. 






lia 


H I P P O T O M I E. 


La fonftioii de ce mufcle eft d’étendre le bras & de remettre la jambe dans fon aplo ^ 

îorfqu’elle a été portée en avant; mais en concourant avec les mufcles du bras cIIp 1 ’ 

) eue la portç 

en arriéré. 


PARAGRAPHE IV. 

DES MUSCLES DU GENOU. {a) 

Le genou eft étendu & fléchi par le moyen de trois mufcles ; fçavoir, deux pour I 
flexion & un pour l’extenfiom 

ï." DES FLÉCHISSEURS, 

Les fléchifleurs font, l’externe & l’interne. 

i.° Le fléchisseur externe a fon attache, & par une portion tendineufe, 6c par une 
portion charnue', à la partie poftérieure 6c inférieure de l’humérus ; il defeend [ en augmen 
tant de volume ] tout le long de la face externe du cubitus ; enfuite il va former un tendon 

confidérable & applati, divifé en deux parties, dont l’une s’attache au bord fupérieur'de 

l’os crochu, & l’autre defeendant un peu plus bas, fe termine à la jonftion du cunéiforme 
avec l’os du canon. 

a.° Le fléchisseur interne a fon attache à la partie latérale externe 6c inférieure de 
l’humérus , ôc va fe terminer, par un tendon, à l’os crochu à côté du précédent 

11.- DE H EXTENSEUR. 

L’extenseur a fon attache à la partie prefque moyenne latérale externe du radius, ram¬ 
pant fur le corps de cet os ; enfuite formant un tendon qui croife l’extenfeur du canon, il 
vient fe terminer à la face interne de l’os petit cunéiforme. L’ufage de ce mufcle eft non 
feulement de tendre le genou , mais de produire un mouvement de coulifte de la der¬ 
nière rangée du genou fur la première, 

' PARAGRAPHE V. 

DES MUSCLES DU CANON. 

Le canon a quatre mufcles ; fçavoir , un extenfeur 6c trois fléchiffeurs. 

I.“ DE H EXTENSEUR. 

L’extenseur , qui eft allez confiderable, a fon attache à la partie aritérieure 6c inférieure 
de l’humérus ; pafte par-devant l’articulation de cet os avec le radius ; diminue enfuite de 
grofteur, 6c fournit, vers la partie moyenne de cet os\ un tendon aftez fort, lequel après 
avoir pafte par-deftus l’extenfeur du genou, 6c par un ligament annulaire particulier , vient 
fe terminer à la partie antérieure & fupérieure de l’os du canon. Ce mufcle fatigue beaucoup 
plus que le refte des extenfeurs de cette extrémité, mais moins que les fléchifteurs de l’avant- 
bras. La raifon en eft fimple : c’eft que ces derniers font plus charnus , & que leurs 
tendons, qui fervent de levier , vont fe terminer plus près du fardeau qu’ils doivent lever; 
c’eft-à-dire , que les mufcles, qui forment l’avant-bras, fe trouvent plus près du corps de l’os, 
au lieu que cet extenfeur eft placé à la partie fupérieure de l’os du canon , ce qui augmente 
le fardeau, principalement quand il eft long. Le tendon de l’extenfeur du canon eft fouvent 


à Éos du M* Bourgelat, Elém, de fart vétér. confondre les mufcles propres au genou, avec ceux" qui font propres 

expofe 


I 







MYOLOGIE. 113 

expofé à être coupé à fon infertion, dans les chevaux qui bronchent. Mais cet accident 
n’arrive guère que dans les chemins ferrés ; car toutes les fois qu’un cheval tombera fur un 
pavé lilTe , il s’écorchera légèrement, ce que l’on appelle être couronné, parce qu’il réfulte 
de la cicatrice faite au genou , un changement de couleur dans les poils ', qui. deviennent 
blancs. Ce n’eft que quand le cheval tombe fur une pierre^ qu’il peut fe couper iufqu’à l’os. 

II.^ DES FLÉCHISSEURS. 

Les fléchilTeurs font , le fléchilTeur & les deux canoniers. 

1° Le fléchisseur a fon attache à la partie inférieure & externe de l’humérus ; & ranl- 
pant tout le long du radius, il vient fe terminer, par un tendon , à la partie poftérieurè 
ôc fupérieure de l’os du canon. 

2° Les deux canoniers font fitués , un de chaque côté de l’os du canon. Ils rampent 
derrière les os ftyloïdes , ils s’étendent depuis la dernière rangée des os du genou jufqu’k la 
partie inférieure de l’os du canon. La portion charnue, qui s’attache à la partie poftérieure 
des cunéiformes , eft de l’étendue de deux travers de doigt ; elle produit un tendon qui 
rampe derrière le ftyloïde, & fe porte au-devant de la pointe inférieure de ce même os 
ftyloïde, où il forme une mince aponevrofe qui va fe perdre dans le périofte, & recouvrir 
la partie inférieure de l’os du canon. L’ufage de ces mufcles eft d’augmenter l’aélion des 
premiers (a). 

PARAGRAPHE VL 

DES MUSCLES DU PATURON. 

Comme le paturon forme une articulation de charnière plus parfaite que le genou, il eft 
donc étendu & fléchi. Ces mouvemens s’opèrent par l’aélion de deux mufcles ; fçavoir ^ 
un extenfeur & un fléchilTeur, 

DE U EXTENSEUR. 

L’extenfeur (b) à fon attache à la partie fupérieure & latérale du radius : en defcendànt 
tout le long de la jonâion de cet os avec le cubitus , il fournit fon tendon j lequel paflc à 
côté de l’articulation du genou dans un ligament annulaire ; enfuite il fe porte en devant 
de l’os du canon, pour fe terminer à la partie antérieure & fupérieüre de l’os du paturon. 

IL° DU FLÉCHISSEUR. 

Le fléchifleur eft un mufcle peu charnu ( c ), & dont le tendon eft très fort : il s’attache 
a la partie fupérieure & poftérieure de l’os du canon ; il defcend enfuite le long de cet os, 
ou il fe divife dans fa partie inférieure en deux forts tendons, qui viennent fe terminer à 
la partie fupérieure de l’os du paturon, un peu latéralement ; ces deux portions embraflelic 
les os féfamoïdes. 


( ) Ces deux mufcles, qui pourtant ne manquent jamais, ont été omis par M. Bourgelat. 

( ) Ce mufcle eft décrit, par M. Bourgelat, pag. 148 , comme extenfeur de l’os du canon. En prenant ici le change , d’une 

maniéré fi palpable, on ne reconnoît ni l’hippotomifte, ni le phyficien. 

1 f ) M. Bourgelat n’en fait point mention. 




Ff 











H I P P 0 T O M I E. 


PARAGRAPHE VIL 


des muscles du fanon. 


Le fanon eft cette mafTe de tilTu cellulaire & de vaifTeaux lymphatiques , fituée derrière le 
houlet. Extérieurement oïl y confidère une pointe de corne & de poils que l’on nomme 
fanon. Voyei Tégument. Cette malTe cellulaire eft portée en haut par le moyen de deux 
mufcles {a) : ce font deux petits corps charnus, un de chaque cote, d’une figure pyrami- 
dale ; ils ont leur attache , par des fibres charnues, à la partie latérale interne du tendon 
fléchiffeur de l’os coronaire, & produifent deux petits tendons, qui vont fe perdre dans 
cette mafTe cellulaire. Leur ufage eft de Télever. 

PARAGRAPHE VUE 

DES MUSCLES DE DOS CORONAIRE. 

L’os coronaire eft fléchi par un mufcle qui lui eft propre ; & étendu par un autre qui 
lui eft commun, & à l’os du pied. Nous en parlerons plus bas. 

. IO DU FLÉCHISSEUR. 

Le fléchiffeur a Ton attache à la partie poftérieure & inférieure de l’humérus, un peu 
dans fa face latérale. Il eft charnu dans toute l’étendue du radius , & fe confond avec le 
fléchifTeur du pied ; enfuite il produit un tendon qui s’infinue par-defTous un ligament 
commun du genou , pafTe en dedans de Tos crochu où il s’adhère avec un ligament très 
fort qui augmente fon volume ; ce ligament s’attache à la partie poftérieure des os du 
genou, & en defcendant il fe continue en s’attachant au tendon jufque vers la partie moyenne 
du canon ; il environne tellement ce tendon, qu’ils donnent enfemble, dans cette partie, 
une gaine au tendon fléchiffeur de l’os du pied. Vers la partie moyenne de l’os du canon, 
ce tendon defcend en augmentant, eiiforte qu’il eft plus large vers les os féfamoïdes ; là il 
forme une efpèce d’anneau, qui n’eft autre chofe que deux ligamens trânfverfaires, qui vont 
s’unir ù lui : vers la partie moyenne de l’os du paturon, il eft féparé du tendon fléchifleur 
du pied ; mais près de fon infertion à l’os coronaire , il y a encore de chaque côte une 
bande ligamenteufe femblable à la première, qui s attache a 1 os du paturon, & va fe term 
à fon corps ; ce tendon finit par fe bifurquer en deux fortes portions , lefquelles vont 
s’inférer a la partie fuperieure de l’os coronaire. 

C’eft dans le tiffu cellulaire, qui enveloppe ce tendon, & dans fon corps que furviennent 
ces nodus ou épaiffiffemens que l’on appelle nerferrure : ce n’eft rien autre chofe qu un 
tiraillement & une diftenfion de ces fibres , arrivés à la fuite d’un effort de ce ten on? 
ces accidens font rarement caufés par des coups donnés avec le pied de derrière. 

IV D E UEXTENSEUR COMMUN. Voyei pag. 


^ ) IVl, 

humaine, qui difting 
tire regardés comme les 


voudroic-il dire qu’il 
fléchifleurs ; nous ré 
l’os du pied ; mais h 


des extenfeurs , il fai 
& du fublime ; ce qi 


des excenfeurs , il 


{ a ) M. Bourgc 


L’auteur des Elem 













M Y O L O G I E. 


115 


PARAGRAPHE IX. 

DES MUSCLES DE VOS DU PIED. 

L’os du pied eft porté en avant & en arrière par le moyen de fix mufcles ; fçavoir, 
cinq fléchilîèurs & un extenfeur. 

V DES FLÉCHISSEURS. 

Les fléchifTeurs font, le cubital, le fléchifleur externe , le fléckifïeur moyen , le 
fléchilTeur interne, & le radial. 

i.° Le euBiTAL eft une mafte charnue oblongue , qui a fon attache dans la partie con¬ 
cave du cubitus : il produit un tendon qui rampe tout le long du fléchifleur externe, pour 
fe joindre avec les tendons des mufcles précédens , vers l’os crochu ; de cette réunion 
réfulte un unique tendon très fort qui va fe rendre à l’os du pied, comme on le dira dans 
un moment. 

a.° Le fléchisseur externe a fon attache au même endroit que le mufcle fléchiflTeur 
de l’os coronaire , en partie par des fibres charnues , & en partie par des fibres tendi- 
iieufes ; il fe confond avec lui par les fibres charnues , l’efpace de cinq travers de doigt ; 
puis s’en fépare pour fournir un tendon qui va s’unir avec les précédens. 

3 . ° Le fléchisseur moyen a fon attache par un fort tendon au-deffous du précédent; 
il rampe entre ce dernier & l’interne, 6c fe termine par un tendon qui va s’unir avec les 
autres. 

4 . ° Le fléchisseur interne a fon attache au-deflhus du précédent, par un tendon 
applati qui rampe tout le long du radius , à côté du fléchiffeur interne du canon , 6c va 
fe réunir de même par un tendon aux précédens. 

5 . ° Le radial eft un petit mufcle plat , fitué derrière le radius , 6c qui , s’étendant 
depuis la partie moyenne, 6c un peu plus, de cet os 6c du cubitus, vient fe réunir par un 
tendon applati au même endroit que les précédens. 

Tous ces tendons , comme nous l’avons déjà dit, (è réunifient enfemble , pour n’en 
former qu’un feul , derrière le genou , au-delTous du ligament annulaire commun , lequel 
s’étend du bord arrondi de l’os crochu, puis fe porte en deux bandes, une à droite 6c 
l’autre à gauche, en defcendant pour fe terminer aux deux côtés de l’os du canon, au-deflous 
du genou. Ce tendon, au-deflbus de ce ligament, fe réunit au ligament commun qui unit le 
tendon fléchiflTeur de l’os coronaire au canon. Le gros tendon , formé de la réunion des 
cinq autres , va fe terminer enfuite a la partie inférieure de l’os du pied , en s’épanouiflànt 
& recouvrant totalement l’os de la noix, après avoir paflTé dans l’anneau formé par le tendon 
fléchiffeur de l’os coronaire. 

Ce gros tendon eft expofé à être rompu par les efforts que fait un cheval ; mais plus 
fouvent encore, toutes les fois qu’il n’a point foii pied d’aplomb , c’eft-à-dire, lorfque la 
fourchette , qui doit lui fervir de bafe , eft éloigné de terre ; dans ce cas il fe rompt fans 
effort ; le poids du corps y contribue feul ; fa rupture fe fait toujours dans le fabot à fon 
attache ou à im demi travers de doigt près. Mais lorfqu’il n’y a qu’une extenfion violente 
^ fans rupture, il furvient un gonflement tout du long du tendon, lequel quelquefois refte 
engorgé dans toute l’étendue de fon corps ; il y a quelquefois plufieurs nodus , 6c quel¬ 
quefois un feul ; il eft bon de remarquer qu’entre cette extenfion & la nerferrure , il 
fe trouve une différence très grande , car dans la première il y a un nodus, tandis que 








6 


H I P P O T O MIE. 


dans !a fécondé il n’y en a point. Et que fouvent il y a une raie de poil blanc ; ce qui 

prouve une cicatrice , & par conféquent qu’il y a eu une plaie faite par le pied de derrière 
dans cet‘ endroit. 

IL" DE r E XT EN SE U R. 

Le pied eft porté en avant , alnfî que l’os coronaire, par un feul mufcle qui a fon 
attache , & à la partie inférieure latérale externe de l’humerus , & a la partie fuperieiire 
du radius fur le ligament latéral externe, par une maffe charnue : il defcend le long de la 
face latérale externe du radius ; & vers la partie moyenne de cet os, il forme un tendon 
qui pafTe par un ligament particulier du genou ; ce tendon , au-delîbus de cette articulation, 
fe bifurque en deux parties , dont l’une moins confiderable va fe terminer avec le tendon 
extenfeur de l’os du paturon ; l’autre pafTe tout le long de l’os du canon & de l’articu^ 
lation de cet os avec le paturon. En cet endroit le tendon s’épanouit & recouvre prefque 
entièrement l’os coronaire auquel il s’attache va enfuite fe terminer à l’os du pied à 
cette éminence antérieure. 

Ce tendon acquiert de la largeur par deux ligamens latéraux, qui partent de la partie 
fupérieure de l’os du paturon. 



article 









f 


MYOLOGIE. 


ARTICLE DIX-NEUVIÈME. 

des muscles des extrémités postérieures 

PARAGRAPHE PREMIER. 

DES MUSCLES DU FÉMUR OU DE LA CUISSE, 

L e fémur, articulé avec les os du baffiil, produit un mouvement en tous fens, c’eft-a- 
dire , qu’il peut être porté en avant , en arrière , en dedans , en dehors , & tourné 
fur fon axe. Ces différens mouvemens s’exécutent par le moyen de quatorze mufcles ; 
fçavoir, trois extenfeurs , deux fléchilTeurs, deux adduêleurs , trois abdufteurs & quatre 
rotateurs. 

ï.“ DES EXTENSEURS, 

Les éxtenfeurs font, le gros extenfeur, l’extenfeur moyen , & le petit extenfeür; 
i.° Lé gros extenseur , ainfî nommé à caufe de fon volume , eft fitué au-defTous 
du large adduéleur de la jambe ; il a fon attache à la partie antérieure & inférieure de la 
fymphyfe des os pubis , par des libres charnues ; il defcend, en diminuant de volume, (St 
va fe terminer à la partie poftérieure (St moyenne de là cuilTè , en partie par des fibres 
tendineufes, (St en partie par des fibres charnues. 

L’extenseur moyen prend fon attache en devant 6t au-deffus du précédent, (St va 
fe terminer de même à côté du précédent. Ce mufcle continue fa route le long du fémur 
pour s’y attacher , ainfi qu’aux ligamens latéraux internes du fémur avec le tibia. 

3.0 Le petit extenseur efl: un mufcle grêle , fitué dans le corps de la cuilTe ; il a fon 
attache à la partie latérale externe ôt inférieure de l’os ifchion, ôt va fe terminer à la face 
poftérieure du fémur. 

La fonêlion de ces mufcles eft d’abaiffer la cuifTe, lorfqu’elle a été portée en avant ; (St de 
la porter en arrière dans le reculement. 

II.» DES FLÉCHISSEURS. 

Les mufcles fléchifteurs de la cuifTe font, le grand pfoas & l’iliaque. 
i.° Le grand psoas eft un mufcle très long, d’une figure pyramidale, fitué en dedans 
du baftin , (St recouvert du péritoine (a) ; il a fon attache aux parties latérales du corps 
des deux dernières vertèbres dorfales , des quatre premières lombaires , de même qu’aux 
apophyfes tranfverfes de ces mêmes vertèbres ; il produit enfujte un tendon qui pafîe ert 
defTous des os ifchion à leurs jon(ftions avec les os des iles, au-deftus de l’arcade crurale, 
pour fe terminer à l’éminence interne du fémur. 

L’iliaque prend fon attache au-defTous du précédent ; il remplit la face interne des 
9s des iles ; puis defcendant de même, il forme un tendon qui va fe terminer avec le 
tendon du grand pfoas. 

La fonêlion de ces deux mufcles eft de fléchir la hanche fur le baftin & de la portef 
en avant. 



^ ) Ce mufcle n’eft donc pas hors du péritoine, comme l’avance M. Bourgelat, pa^. 

Gg - 









HIPPOTOMIE. 


111.0 JJ E s ADDUCTEURS. 

Les mufcles addudeurs de la cuilTe font, le petit pfoas & le peaiiiéus. 

I O Le petit psoas eft fitué à côté du grand , un peu plus en dedans du baiïin, & va 
fe terminer au meme endroit , • un peu plus en dedans du fémur , au-delTous du petit tro- 

^^ITle pectinéus a fon attache au bord antérieur, & prefque moyen, de l’os pubis, 
6c fe porte en dedans de la cuilTe, pour fe terminer au petit trochanter. 

L’ufage de ces deux mufcles eft d’approcher les cuiffes l une de 1 autre. 

DES ABDUCTEURS. 

Les mufcles abduaeurs de la cuilTe font, le moyen , le grand & le petit feffier. 

I O Le moyen fessier eft un mufcle plat, qui eft fitùe à la partie inferieure de la felTe, 
recouvrant le grand trochanter; il s’étend depuis l’os facrum jufqu’au bord poftérieur du 
fafcia lata où il fe joint ; il a fon attache , & par une très petite portion charnue & pointue 
à la partie moyenne de l’os facrum, & au-defîbus de celle du fafcia lata, par une 
portion charnue & aponévrotique ; dans le refte de fon bord fupérieur , où il paroît 
échancré, il a une forte aponevrofe , qui femble être la continuation de celle du long 
dentelé; 'ce mufcle defcend enfuite en diminuant de largeur, pour fe terminer, par un 
tendon très fort, au trochanter inférieur Ou petit trochanter. Il recouvre outre cela l’infer- 
tion du grand feffier. 

Le grand fessier eft le mufcle le plus confidérable de la cuiffie ; il remplit la fur- 
face de l’os ilion, & a fon attache, par une pointe charnue, k la partie inférieure des mufcles 
du dos, & par fa maffie totale, à la face latérale de l’os facrum, à la crête des os des iles; 
il defcend enfuite pour fe terminer au contour des deux trochanters , fe joignant d’une 
part au petit feffiier , & de l’autre , fe portant en dedans du fémur k quatre ou cinq 
travers de doigt, au-deftous du grand trochanter. 

3° Le petit fessier a fon attache k la partie inférieure de l’os ilion, s’étendant depuis 
fon bord interne jufqu’au bord externe ; puis il va s’inférer en dedans du grand & du 
moyen trochanter. 

La fonftion de ces mufcles eft de porter la cuiffie en arrière & de l’étendre dans la 
ruade &c. 

v.° DES ROTATEURS. 

Les mufcles rotateurs de la cuiffie font, l’obturateur externe, l’obturateur interne, le 
pyramidal & l’ifchio. 

i.o L’obturateur externe eft fitué au-deffious des os pubis ; il a fon attache a toute 
la circonférence du trou ovalaire , & defcend, en diminuant de largeur, pour fe terminer a 
la partie poftérieure 6 c fupérieure du fémur , un peu extérieurement. 

L’obturateur interne recouvre la face interne du trou ovalaire, & en partie la 
face interne de l’os ifchion, paffie entre le ligament facro-fciatique, par-deffius l’os ifchion, 
& va fe terminer , en fe confondant avec les autres , dans la foffie du grand trochanter. 

3.0 Le pyramidal , ainfi nommé de fa figure , s’attache k l’os ilion , parcourt la 
même route que les mufcles précédens, & va fe terminer au même endroit 

4.° L’ischio s’attache au bord latéral de l’os ifchion , & va fe terminer de même que 
les précédens. 

Ces mufcles tournent la jambe de dehors en dedans, & de dedans en dehors. 







Jj.Boj'se tfculj) 


Mcheüe- cl^vTvPiexl, 

























M.SXI. 







MpPpMIli 









M Y O L O GIE, 


119 


PARAGRAPHE IL 

DES MUSCLES DE LA JAMBE, 

La jambe eft portée en avant , en arrière , en dehors , en dedans , par le moyen de 
douze mufcles ; fçavoir , trois extenfeurs , un fléchilîèur , quatre adduéleurs , & quatre 
abdufteurs. 

1° DES EXTENSEURS. 

Les extenfeurs de la jambe font, le crural, le vafte externe & le vafle interne. 

i.o Le crural eft un mufcle gros & court, qui prend fon attache au bord antérieur 
de l’os ifchion, à fa jonélion avec les os des iles par une portion demi-tendineufe, 6c 
demi - charnue ; il defcend enfuite tout le long de la partie antérieure du fémur, en fe 
confondant avec les vaftes , & va fe terminer, par un tendon très fort, au bord fupérieur 
de la rotule. 

a.° Le vaste externe a fon attache à côté du précédent ; après avoir fourni un 
ventre charnu , qui embraflè le côté du fémur, il va fe terminer à côté du précédent. 

3.° Le vaste interne va s’attacher à la partie interne de l’os ifchion , vers les os 
pubis, à côté du crural, où ces trois mufcles ne font qu’un feul ; il s’en fépare enfuite , & 
après avoir embrafle la partie latérale externe du fémur , il va fe terminer à la partie 
fupérieUre 6c latérale de la rotule. 

Ces trois mufcles forment, vers la rotule, une bande tendineufe très forte qui enve¬ 
loppe cet os , par-deftùs lequel viennent pafTer quelques fibres qui vont enfuite fe con¬ 
fondre avec les ligamens de ce même os au tibia. 

IV DU FLÉCHISSEUR. 

Le fléchisseur a fon attache à la partie latérale externe 6c inférieure du fémur, proche 
fon condyle, 6c va fe terminer à la partie poftérieure du tibia, depuis fa partie fupérieure 
jufqu’à fa partie moyenne. Sa fonftion eft aufli de faire tourner le tibia fur le fémur {a). 

IIL“ DES ADDUCTEURS, 

Les addufteurs de la jambe font, le grêle addufteur, le large addufteur, le gros addu- 
éleur 6c le long addufteur. 

i.° Le grêle adducteur , ainfi nommé à caufe de fon volume , s’attache , par une 
apoiievrofe, en partie au petit pfoas, 6c en partie à l’iliaque ; il defcend en formant une 
bande charnue, 6c va fe terminer, par une aponevrofe, à la partie fupérieure interne du tibia. 

2-.0 Le large adducteur , le plus large des mufcles de la jambe , eft fitué au- 
deflbus du précédent, & plus en dedans de la cuifte. Il a fon attache tout le long de la 
fymphyfe des os pubis, 6c va fe terminer de même, par une large aponevrofe , au-deflbus 
du précédent : là ces aponevrofes fe confondent enfemble pour fe terminer à la partie 
interne 6c un peu antérieure du tibia. 

3.0 Le gros adducteur prend fon attache à la pointe poftéi'ieure de l’os ifchion d’une 
part, 6c de l’autre , à la partie latérale 6c inférieure de l’os facrum ; enfuite il fe porte en 


{ «' ) Ce mufcle eft bien décrit, à raifon de fes attaches, par M. Bourgelat, fag. i8r & \ %z,EUm. de l’art vétér, ; mais il eft 
ïïisl nommé abduüeur , puifqu’il dit lui-même , qu’il ■porte la jambe en dedans dans le temps de la flexion s il auroit donc du l’appeller 
addubteur : en effet, il opère un léger mouvement d’adduétion , ou de rotation , mais fa principale foniftion eft d’être fléchiffeur ; ce 
Sl^e ne dit point M. Bourgelat. 







jjIPPO T OMI E, 

liO ... . ■ 

dedans de la cuilTe , pour fe terminer, par une petite aponevrofe, à côté du ligament latéral 
interne du fémur avec le tibia. On pourroit auffi regarder ce mufcle comme fléchiffeur de 
la cuiffe , mais il l’eft davantage du tibia. ^ ^ , 

4.0 Le long abducteur s’attache au-delTus du précédent, à la partie latérale de l’os 
facrum, palTe par-delTus la pointe de l’os ifchion , où il s’unit par une forte portioiï ; 
enfuite il fe porte de haut en bas, de dehors en dedans de la cuilTe, en diminuant de volume, 
& va fe terminer à la partie latérale, antérieure & prefqiie moyenne du tibia ; ces mufdes 
rapprochent la cuilTe du dehors en dedans. Et en agilTant avec les abdudeurs en meme 
temps, ils fléchilTent la jambe ou la portent en arrière. 

IV.^ DES ABDUCTEURS. 

La jambe eft portée en dehors ou écartée du corps par le moyen de quatre mufdes qui 
font, le fafcia lata , le long abdudeur, le moyen abdudeur, le court abdudeur. 

i.o Le fascia lata eft un mufcle plat , d.’une forme triangulaire , qui a fon attaché 
au bord inférieur de l’angle externe de l’os ilion ; il defcend en s’élargiftànt, & forme 
enfuite une aponevrofe qui recouvre la face externe "de la cuifle , & qui fe porte un peu 
en dedans , & dont la plus grande partie va s’attacher à la partie antérieure du tibia , au- 
deftbus du ligament externe de la rotule à cet os , & fe continue enfin fur le refte du 
tibia. 

a O Le long abducteur , qüi eft confidérable & long , à fon attache aux parties 
latérales de l’os facrum ; il defcend entre la pointe de l’os ifchion & le grand trochanter, 
s’attache à l’os ifchion par une forte portion , defcend en diminuant de volume; & donnant 
dans fon trajet une portion teiidineufe au trochanter inférieur, il va fe terminer aux parties 
latérales de la rotule , & à la partie fupérieure du tibia, par un tendon large & applati. 

3.0 Le moyen abducteur va s’attacher au bord inférieur de l’os ifchion, fè confond 
avec le précédent vers fon attache , il s’en fépare enfuite pour fe terminer au ligament 
interne de la rotule , palTant aufti par-delTus, & allant à la partie antérieure du tibia. 

4.0 Le court abducteur prend fon attache prefqu’à la partie moyenne du long 
abdufteur , par des fibres charnues , defcend enfuite ôc produit une large aponevrofe, 
qui enveloppe les mufdes qui forment la jambe jufqu’à la partie antérieure du tibia. 

PARAGRAPHE IIL 

DES MUSCLES DU JARRET. 

Le jarret eft fléchi & étendu par le moyen de quatre mufcles ; fçavoir, un fléchifteur, 
les jumeaux , & le grêle extenfeur. 

I.° LE FLÉCHISSEUR. 

Le fléchisseur a fon attache au bord externe du tibia, à fa jondion avec le péroné; 
puis defcendant le long de la face du tibia, il pafte dans le tendon du fléchifleur de l’os du 
canon ; enfuite il fe partage en deux portions tendineufes ; l’interne va s’attacher à la 
partie poftérieure des os fcaphoïdes, & l’externe, au bas de l’os de la poulie à l’os irré¬ 
gulier (a). 

IV DES EXTENSEURS. 

Les extenfeurs font , les jumeaux & le grêle extenfeur. 


( <» ) Ce mufcle a totalement été omis par M. Bourgelat. 


I.® 










Fi.JŒir. 



L.Bosse Satlp' 





î'H Ni 










PI. TOUT. 



Sarcfuinier deL 


L.Boo'se Sculp' 









Ï O Les jumeaux font des mufcles très gros qui ont leurs attaches à la partie pofte- 
rieure du fémur ; ces mufcles fe réunilTent vers la partie moyenne & viennent former un 
tendon qui fe termine à la partie fupérieure de Pos du jarret. 

2,0 Le grêle extenseur s’attache au-deflous du ligament latéral externe du fémur 
avec le tibia ; il defcend enfuite le long de ces mufcles jumeaux pour s’y réunir. 

PARAGRAPHE IV- 

DU MUSCLE DU CANON. 

Le canon eft fléchi fimplement par un feul mufcle , qui à fon attache en deux endroits ; 
par une de fes têtes, il s’attache à la partie inférieure des condyles du fémur, en fe joignant 
avec l’extenfeur du pied ; & par l’autre tête, dans cette gouttière externe du tibia. Ces 
deux portions, en fe réuniffant enfuite , forment un feul & même corps, qui produit un 
tendon creufé , en forme de gouttière , pour lailTer pafîer le fléchifleur du jarret ; enfuite 
ce tendon fe réunit en un feul & même corps, & va fe terminer à la partie antérieure 
de l’os du canon. 

PARA G R A P H E V* 

des muscles du paturon. 

Le paturon eft fléchi par le moyen de trois mufcles ; fçavoir, le gros fléchilTeur, & 

les deux grêles fléchifleurs. ^ , 

i.° Le gros fléchisseur a fon attache à la partie poftérieure & inferieure de 1 os 
inter-olTeux & de l’os irrégulier, remplit l’intervalle des deux os ftyloïdes, puis fe fépare en 
deux portions tendineufes , pour fe terminer à la partie fupérieure & poftérieure de l’os 
du paturon. 

a° Les grêles fléchisseurs font des mufcles très petits & très longs, qui prennent 
leur attache , par des portions charnues, à chaque côté du précédent, à la partie fupé¬ 
rieure ; enfuite ils produifent chacun un long tendon de chaque côte, lefquels rampant 
tout le’long des os ftyloïdes & le long du gros fléchilTeur, vont enfin fe terminer à la 
partie fupérieure & latérale de l’os du paturon (a). 

PARAGRAPHE VL 

des muscles du fanon. 

Le fanon eft relevé par le moyen de deux mufcles que j’appellerai fannoniers. Ils ont 
leurs attaches aux parties latérales & un peu internes du tendon fléchilTeur de Tos coro- 
' naire & du paturon, à deux travers de doigt au-delTus du boulet dans cette partie ; enfuite 
ils produifent deux petits tendons qui vont fe perdre dans la fubftance du fanon. 

PARAGRAPHE VII 

DES MUSCLES DE L’OS CO RO N AIRE. 

L’os coronaire eft fléchi par le moyen d’un mufcle qui a fon attache entre les deux 
jumeaux ; après s’être applati fur la pointe du jarret, il devient moins large , & produit 


( ^ ) M. Bourgdat n’ea parle aucuireoient. quoiqu’ils ne manquent jamais ni aux jambes de devant ni à celles de derrière. 

Hh 











hippotomie, 

I Ü _ ■ 

une efpèce de gaine qui donne palîàge au tendon flechiflèur du pied j ôc cette gaine va fe 
terminer à la partie inférieure de l’os coronaire. 

PARAGRAPHE VIIL 

n ES MUSCLÉS DU PIED. 

Le pied eft porté en avant & en arrière par le moyen de cinq mufcles ; fçavoir, trois 
extenfeurs & deux fléchilTeurs. 

L° DES EXTENSEURS. 

Les extenfeurs du pied font , l’extenfeur antérieur , l’extenfeur latéral & l’extenfeur 
inférieur. 

i.o L^exTENSEUR ANTÉRIEUR a fon attache à la partie inférieure des condyles du fémur; 
en fe cohforidant avec le ftéchifleur de l’os du canon, il forme un ventre.charnu , defcend 
le long de la partie antérieure du tibia, palTe par deux ligamens communs du jarret, defcend 
le long de la partie antérieure de l’os du canon , & fe termine à la partie antérieure de 
l’os du pied. 

2.° L’extenseur latéral va s’attacher à toute l’étendue de l’os péroné (a) , palîè 
à côté du jarret extérieurement dans un ligament particulier, & va fe confondre avec 
le tendon du précédent. 

3.0 L’extenseur inférieur prend fon attache à la partie antérieure & un peu externe 
des os fcaphoïdes, par une bande charnue, & va fe terminer au tendon du mufcle exten- 
feur antérieur à un travers de doigt au-delTus de fa! réunion avec le latéral. 

Les tendons de ces trois mufcles, vers l’os du paturon , deviennent très larges, & font 
adhérens à cet os par deux bandes ligamenteufes qui fe réuniflent ; ce tendon paflè enfuite 
par-devant l’os coronnaire , fur lequel il s’attache, & lui fert d’exteiifeur , il vient enfin 
fe terminer a la partie antérieure de l’os du pied à cette apophyfe que nous avons décrite 
dans l’oftéologie. 

IL° DES FLÉCHISSEURS. 

Les fléchilTeurs du pied font , le gros & le grêle fléchiiïèur. 

i.o Le gros fléchisseur a fon attache à la partie poftérieure du tibia oii il eft confondu 
avec l’extenfeur latéral ; il fournit enfuite un tendon, qui pallè dans un ligament qui lui 
eft propre, à côté du jarret intérieurement , & va fe terminer à la partie inférieure de l’os 
du pied, après avoir pafTé dans la gaine du fléchifTeur de l’os coronaire. 

2.° Le grêle fléchisseur , après s’être attaché à la partie fupérieure & externe du 
tibia , un peu poftérieurement à ce dernier, fe porte de dehors en dedans , & forme un 
xendon qui, après avoir palTé dans un ligament propre, fe réunit avéc celui du précédent : 
alors il devient plus large , recouvre antièrement l’os de la noix, & vient fe terminer 
à ces lignes faillantes de la partie concave de l’os du pied. 

--^^---- 

{a ) Et non pas au condyle externe du fémur, comme le dit M. Bourgelat, Elém, 4e Van vétér. fag. 186. 








.xxin. 











































































^l'rMXXUI. 
































































































I 



SECTION C I N Q U I É M E. 

DE LANGEIOLOGIE 

O U 

TRAITÉ DES VAISSEAUX. 


ARTICLE PREMIER. 

DES ARTÈRES EN GÉNÉRAL ET DE LEURS TUNIQUES. 

N entend par vaifTeau, tout canal plus ou moins cylindrique , propre à 
charier une liqueur quelconque. Je me bornerai, dans ce traité, à diftinguer 
les vailTeaux, en fanguins & lymphatiques ; en fecrétoires & en excrétoires ; 
les premiers font les artères & les veines, dont je vais parler ici. 

Les artères font des tuyaux blancs, épais, cylindriques, confervant toujours 
leur même calibre d’une divifion à un autre ; li on prend, par exemple, la carotide, ou la 
crurale, ou la temporale, ou la pédiale ; & fi on les confidère d’une bifurcation à une 
autre, l’on verra que le diamètre eft égal à fes deux extrémités. 

Les veines , au contraire, font comme pyramidales. 

Ces deux efpèces de vailTeaux ont encore des différences efïèntielles que nous allons marquer. 

Les veines font plus fuperficielles, on les apperçoit extérieurement; les artères , au 
contraire, ne font pas fi fenfibles , il y en a peu d’apparentes; en général, elles font fituées 
dans le fore des chairs , & rampent le long des os. 

2- .° Les artères font blanchâtres & plus épaiffes , tandis que les veines font noirâtres 6c 
«îinces. 

3 - Les artères battent & les veines ne battent pas. 

























l^4‘ 


RI P P O T O M I E, 


des valvules , les artères n’en ont pas. 

les artères ne contiennent pas ou prefque pâs de fàng , & pour 


maniéré 
tiers cette 


4.0 Les veines ont 

5.0 Après la mort 

l’ordinaire , les veines en font remplies. _ 

60 Les veines font, pour ainfi dire , pyramidales , comme on la dqa énoncé, & vont 
en augme.ntant de bas en haut, au lieu que les artères ne diminuent de calibre que du point oit 
il fe forme une branche, & que cette même branche conferve fa figure cylindrique, pourvu 
toute fois qu’il ne fe faffe pas d’autre divifion dans fon trajet. D’ailleurs, toutes les fois 
que l’on trouve deux: vaifleaux fanguins à côté l’un de l’autre, il eft aife de diftmguer 
l’artère, de la veine : celle-ci eft d’un calibre beaucoup plus grand, & fa couleur noirâtre. 

Les artères font compofées de quatre tuniques ; fçavoir, d’une ligamenteufe, d’une cellu, 
laire , d’üne mufculeufe 6c de la veloutée ou nerveufe. La ligamenteufe, dont perfonne n’a 
encore parlé , eft peut-être ce que les anàtomiftes ont pris pour une membrane, bien que ce 
foit un véritable ligament, qui dans la fièvre ou dans la raréfaftion du^fang, empêche que 
le fano- violemment pouffé contre les parois des vaiffeaux, ne vienne a déchirer les tuniques; 
ce ligament eft aifé à appercevoir dans les carotides, dans les crurales , 6c dans les brachiales; 
il eft fur-tout fort fenfible dans l’artère aorte , où vers les huit ou neuf premières vertèbres 
du dos elle a deux lignes d’épaiffeur , 6c va infenfiblement en diminuant jufqu’âux arté¬ 
rioles ; quoiqu’il en foit , il eft faux que les plus petites artères en foient revêtues. 
La preuve que c’eft un ligament, c’eft que dans l’artère aorte les autres membranes en 
font féparées ou ne tiennent .à rien. J’ai trouvé , dans certaines maladies , l’aorte propre¬ 
ment dite tellement contraaée , qu’une plume n’auroit pu y entrer. J’ajoute que de la 
dont les principaux vaiffeaux font contenus dans la poitrine , je regarderois voloii- 
première tunique comme ligament fufpenfeur du cœur. 

La fécondé membrane eft pluftot un tiffu cellulaire, qui unit cette première avec la muf¬ 
culeufe. En la déchirant l’on y apperçoit une très grande quantité d’autres petits vaiffeaux 
fanguins , 6c des globules graiffeux. 

La mufculeufe , qui eft la troifième , eft la plus confidérable des trois ; c’eft un tiffu 
de fibres entrelacées en tous fens : mais non pas fimplement circulaires , comme quelques 
auteurs l’ont avancé. Il s’en trouve de telles à la vérité ; mais il y en a beaucoup d’obliques 
6c de longitudinales ; c’eft une obfervation que j’ai faite plufieurs fois. L’ufage de cette 
membrane eft de dilater 6c de refferrer les vaiffeaux : mouvemens connus fous les noms de 
fyftole 6c de diaftole. , 

La membrane veloutée eft celle que l’on apperçoit, en fendant l’artère, dans fa longueur; 
elle eft ainfi appellée , parce qu’au toucher, elle eft douce 6c comme velue, elle eft bffe, 
polie ; en .la confidérant de près , on voit qu’elle eft non feulement ridée , mais encore 
mammelonnée, on diftingue même une efpèce de gelée entre ces mammelons, 6c les ouver¬ 
tures de plufieurs petits vaiffeaux , tant fanguins que d’un autre genre. Il eft aife de s appel- 
cevoir de cette gelée, en étendant une de ces artères fur une planche, ou fur un carton, 
attachée avec des épingles , fans toucher aux parois internes de l’artère. On prend une épongé 
bien propre, remplie d’eau , que l’on verfe de trois ou quatre pouces de haut ; alors on 
voit les colonnes de fang .fe partager en plufieurs filions ; 6c entre chaque fiHon , une 
lymphe épaiffe : c’eft cette gelée qui s’écoule avec plus de lenteur. Pour faire cette expé¬ 
rience , il faut que la planche foit inclinée , 6c que le vaiffeau foit chaud , 6c pris d un 
cheval tué dans la-minute. Après que cette tunique a été bien lavée , 6c les environs bien 
nétoyés ,' prenez de l’eau chaude au cinquième ' dégré , verfez d’un demi pied de haut fur 
les tuniques : ramaffez cette eau , 6c laiffez-la repofer jufqu’au lendemain ; vous trouverez 

alors au fond du vafe un gluten, une gelée qui file entre les doigts. Si même avant, 6c 

après 








Ti.xxv: 












































Haia’t tfmlp ■ 


EchelU c/\ 





































































AN GÉIO IOGIE. 


125 


a rès cette expérience, on pafTe légèrement, le doigt fur cette tunique, il s’y attacherà 
de ttttt gelée, qu’on verra filer. Son ufage eft d’empêcher non feulement l’extravafatioil 
des liqtîcurs dans le tilTu cellulairè.; mais aufli l’impreffion du fang fur fes parois , toutes 
les fols qu’il s’eft infinué de mauvais levain dans ce fluide. 

Les artères fe divifent & fe fubdivifent en une très grande quantité de ramifications ^ 
dont la plufpart s’anaftomofént ou fe réunifiTent : ces ramifications , celles meme des gros 
troncs, font fenfibles dans le méfentère, aux lèvres & aux pieds. 

On diftingue deux principales artères qui font, l’artère pulmonaire & l’artère aorte.^ En 
général, on appelle artère tout vaifleau qui fort du cœur , ou les branches qui partent des 
troncs. A bien dire, cependant , il n’y en a que deux principales qui font, l’artère pul- 
nionaire & l’aorte : cette première porte le fang dans le poumon , & l’autre dans toute 

l’habitude du corps. . ' . , 

L’artère pulmonaire efl: compofée comme l’aorte ; la première diffère de la fécondé, en 
ce qu’elle n’a qu’un demi-pied de longueur ou neuf pouces environ. Quand je détermine 
des dimenfions, ou que j’affigne des proportions, je parle toujours d’un cheval de cinq 

^ Elle en diffère encore, en ce que fon Calibre eft trois fois plus confidérable que celui de 
l’aorte , & fes tuniques font cependant près de deux tiers plus minces. La raifon de ce peu 
d’épaiffeur eft fenfible ; il faut moins de force au cœur pour envoyer le fang au poumon 
qu’aux extrémités : d’ailleurs , le ventricule droit étant plus mince que le gauche , les 
contrariions doivent être moins fortes. 

1° DE L’ARTÈRE AORTE ET DE SA DIVISION 

L’artère aorte prend fon origine de la partie antérieure & moyenne du cœur, entre 
l’artère pulmonaire , la trachée artère , & la veine cave. Elle a environ^ deux pouces & 
demi ou trois pouces de long : fes tuniques font très fortes. Cette artère ne^ produit , 
dans fa partie poftérieure, que deux branches qui, rampant à droite & à gauche des ventri^ 

cules , vont fe diftribuer dans la fubftance du cœur. / 11 » 

L’aorte fe divife enfuite en fleux portions, dont l’une moins confidérable, & moins 
longue, fe porte en avant, & eft nommée aorte ascendante ou antérieure, & l’autre 

AORTE DESCENDANTE OU poftérieure. i 1 « 

L’aorte ascendante eft très courte, elle n’a qu’environ quatre pouces de long, & 
produit deux troncs principaux , dont un du cote du montoii, ou du cote ^ î 

l’autre du côté droit, ou hors le montoir. _ • r v 

La branche gauche de l’aorte, depuis fa bifurcation avec l’aorte afcendante jufqua 
fa fortie de la poitrine, donne trois branches qui font , I’intercgstale, la cervicale 

inférieure & la thorachique. o . 

La branche gauche au-deffus de la bifurcation prend le nom d’AxiLLAiRE , & retieiiC 
ce nom l’efpace de trois pouces de long ; elle fournit dans fon trajet trois autres branches. 

La continuation de l’axillaire jufqu’au coude, s’appelle brachiale, & fournit dans foiî 
trajet quatre troncs. 

La beachiaie fe partage vers le coude en deux branches ; la moindre fe nomme cubi¬ 
tale , & l’autre jufqu’au bas de l’articulation du genou s’appelle radiale. 

La radiale, depuis le genou jufque au paturon, prend le nom de canoniére; enfuite 
die fe partage en deux branches ; celle qui règne tout le long du paturon, s’appelle patu- 
konièee ; & coronaire , celle qui s’avance vers l’os coronaire : cette derniere fe partage 
en deux, dont l’une eft la pédiale externe, & l’autre la pédiale interne. 









12.6 


HIPPOTO MIE. 


IV DIVISION DU PRINCIPAL TRONC, DE DAORtf 
ASCENDANTE EN PARTICULIER, ^ 

La branche qui paroît la plus près de l’aorte afcendante eft I’intercostale ; elle part 
du côté du principal tronc à trois pouces & plus de diftance du corps des Vertèbres ^ 
bientôt fe divife en deux branches ; l’une , qui eft antérieure & qui fournit deux rameaux 
dont l’un pénétre entre la deuxième & la troifième côte , & va fe diftribuer le long des 
mufcles du d’os, en donnant quelques branches au large dentelé ; l’autre rameau paflè entre 
la première vertèbre dorfale & la fécondé , & va fe diftribuer à la moelle de l’épine • 
l’autre branche de l’intercoftale, qui eft poftérieure à la première, paftè par-devant la troi* 
fième & quatrième côte, pénétre entre la cinquième & la fixième , & va pareillement fe 
diftribuer dans les mufcles du dos , ÔC fournit dans fon trajet une branche à chacune 
des côtes. 

La cervicale inférieure part en arrière du principal tronc, & fait un trajet de trois 
ou quatre travers de doigt, fans rien fournir en croifant la dernière vertèbre cervicale 
latéralement, pour pénétrer entre elle & la fixième ; puis montant tout le long des trous 
des conjugaifons, elle va fe rendre dans le crâne. Cette artère, entre chaque trou des conju- 
gaifons, jette des grofies ramifications qui vont fe 'diftribuer dans les mufcles du col • une 
des principales rampe fur la deuxième & la première vertèbre^ 

La thorachique , improprement appellée mammaire , naît en-deflbus du principal 
tronc , defcend tout le long de la face interne de la première côte , enfuite fe porte de 
devant en arrière , en rampant tout le long de la partie interne du fternum, & fournit dans 
fon trajet huit petites branches qui paftent entre les cartilages des neuf premières vraies 
côtes , pour fe diftribuer dans les mufcles peftoraux ; cette artère pafle enfuite par-deflus 
le cartilage xiphoïde & va s’anaftomofer avec l’artère épigaftrique : à fon origine la thora¬ 
chique donne naiftance a une petite branche qui va au thymus, & prend le nom de thymique. 

Le principal tronc fortant de la poitrine reçoit le nom d’AxiiLAiRE ; il fe recourbe fur 
le cote & un peu en déclinant , l’elpace de trois pouces & demi ou quatre pouces , & 
fournit dans fon trajet trois branches, dont deux montent vers l’attache fixe des mufcles 
du col , & l’autre vers les mufcles peéloraux. - 

La continuation de cette artère prend le nom de brachiale à l’articulation de l’épaule 
avec le bras j a peu de diftance elle produit une branche confidérable , nommée scapu¬ 
laire , qui fe divife èn trois branches • deux internes , lefquelles vont fe diftribuer dans 
le mufcle fcapulaire en montant vers le bord poftérieur de l’omoplate j & l’autre, qui pafle 
à cote du col de l’omoplate, en rampant fur l’os , fe diftribue dans les mufcles épineux de 
cette partie , & donne , vers la partie inférieure , une petite branche qui entre dans la 
partie poftérieure & inférieure de l’os. 

L’artère brachiale, après avoir fourni la branche ci-deftiis, defcend tout le long de 
la face interne de 1 humérus jufqu’à fa partie moyenne , puis rampant derrière cet os, elle 
fournit deux autres branches , dont la fupérieure diftribue des rameaux dans les mufcles 
long , moyen & gros extenfeurs de l’avant-bras * l’autre branche donne deux petits i*ameaux 
aux mufcles fléchifTeurs de l’avant-bras ; il y a une autre petite branche qui defcend dans 
les enveloppes de l’avant-bras , & dont une portion va fe perdre dans la peau. 

Laltère brachiale, vers la partie latérale interne de l’articulation de l’humérus avec le 
radins, fe bifurque en deux artères , dont la moins confidérable, nommée cubitale, paffe 
entre le radius & le cubitus, & après avoir donné une petite branche qui pénètre dans le 
ladius entre ces deux os, defcend le long du cubitus, & jette quelques branches aux mufcles 








































Echelle' iwvEiecL. 









ANGÉIOLOGIE. 


l'IJ 


voifins; l’autre, nommée radiale , rampant derrière cet os, produit, vers la partie moyenne 
de cet os, quelques branches qui vont aux miifcles du genou & à tous les autres de 
Pextréniité antérieure. 

L’artère canonière prend fon nom immédiatement au-deflbus du genou, & en change 
à un travers de doigt au-delTus du fanon : cette artère rampant derrière l’os du canon, 
produit, vers le tiers de cet os , une branche qui pénètre dans fa fubftance ; mais vers fa 
partie moyenne, elle jette une longue branche qui rampe proche de l’os ftyloïde externe, 
& qui donne à fon tour des ramifications qui fe portent en devant de l’os du canon, Ôc 
dont quelques-unes vont fe perdre dans la peau. 

Les paturonnières , formées par les divifions de la canonièrç , font au nombre de 
deux , une droite & l’autre gauche ; elles rampent aux parties latérales de l’os du paturon 
un peu en arrière, & s’étendent jufqu’à la partie fupérieure de l’os coronaire, dpnt elles 
prennent le nom. 

Les coronaires fe divifent en deux branches : la première & la moins confidérable , 
en fe bifurquant , va fe diftribuer dans le corps de la fourchette charnue, & dans celui de 
la foie ; elle jette outre cela un petit rameau dans la partie antérieure vers l’os coronaire : 
la deuxième , qui eft la fuite du gros tronc, rampe derrière le cartilage , pafTe à côté de 
l’os coronaire & de l’os de la noix , & va entrer dans l’os du pied inférieurement ; 
cette artère diftribue beaucoup de rameaux qui fortent par tous les trous que l’on rencontre 
au bord inférieur de l’os du pied, & qui vont enfuite fe répandre dans la chair cannelée. 

La branche droite de l’aorte eft du double plus longue que la gauche; elle fournit 
d’abord la thorachique , I’intercostale & la cervicale ; elle donne enfuite trois 
troncs principaux qui font, I’axillaire & les carotides , qui retiennent ces noms jufque 
vers l’angle arrondi de la mâchoire inférieure. 

Ces artères, dans leur trajet, jettent plufieurs rameaux, les uns dans les mufcles du col, 
les autres en devant de la trachée-artère. 

L’artère carotide , étant parvenue vers l’articulation de la deuxième vertèbre cervicale 
avec la première, elle fournit, en avant de la trachée-artère , une grofte branche, laquelle 
fe divife & fe fubdivife en une infinité de ramifications , dont la plus confidérable pénètre 
dans la fubftance de la glande thyroïde ; quelques-unes vont dans les tuniques de cette 
glande ; & les autres fe diftribuent dans le mufcle fterno-hyoïdien. 

L’artère carotide monte enfuite vers l’angle de la mâchoire inférieure , & produit, 
avant fa bifurcation générale , trois grofîes branches , qui font I’artère parotide , la 
cervicale supérieure , & la cérébrale. 

L’artère parotide fournit à fa racine une branche qui court çà & là fur le tifîu de la 
glande , fon corps monte enfuite vers l’oreille pour fe diftribuer dans la glande , où les 
ramifications repréfentent une branche d’arbre. 

L’artère cervicale supérieure naît à côté.de la précédente; après avoir fait un 
trajet d’un pouce & plus vers le defîbus de la première vertèbre cervicale , elle fe partage 
en fix branches , dont trois grofTes & trois petites ; la première des groffes perce les ailes 
de la première vertèbre , & va fe diftribuer dans les mufcles extenfeurs du col & de la tête. 

La fécondé des grofTes naît à côté de la précédente , pafîe par-defTus les cornes de l’os 
occipital, pour pénétrer dans le crâne par les trous condyloïdiens, en s’anaftomofant avec 
qnelques branches de la cervicale inférieure. 

La troifième des grofTes pafTe derrière l’oreille, & pénétre dans le mufcle crotaphite. 

Les trois autres petites branches fe diftribuent dans le mufcle flechifTeur du col & de la 






HJPPO T OMI E. 


13.8 

La cérébrale, qui eft la plus longue des trois, ne commence à fe divifer que lori^^ 

a pénétré dans le crâne par les trous de l’occipital avec le fphenoïde ; pour lors elle fe 
partage en une quantité prodigieufe de ramifications qui vont & à la pie-mere & à la dure- 

iiiere. 

L’artère carotide étant arrivée vers l’angle arrondi de la mâchoire inférieure fe 

divife en deux troncs qui font, la carotide interne supérieure & la carotide 

INTERNE INFÉRIEURE. 

La première fournit cinq branches conliderables j dont deux internes ôc trois externes 

Les internes font, I’artère palatine & la mAchelière. 

La palatine , à bien dire , n’eft que la continuation du gros tronc de la carotide 
interne fupérieure : cette artère fe porte de bas en haut,/en fuppofant la tête levée, palfe 
par le trou rond de l’os fphénoïde , fort enfuite après avoir pafTé au bas de l’orbite pouf 
entrer dans le trou fphéno-maxillaire palatin poftérieur. Elle fort enfuite de ce trou pour 
ramper tout le long du bord alvéolaire jufqu’aux dents incifives'; alors elle entre dans le 
trou palatin antérieur pour fe répandre & fe diftribuer dans la lèvre fupérieure, & dans le 
nez, où elle s’anaftomofe avec les voifines , près de fon origine ; cette artère produit une 
branche qui pafTe par-dejfTus le finus fphénoïdal, & va fe diftribuer en différentes branches 
dans la membrane qui tapiffe les cornets ; de cette même branche partent encore plufieurs 
rameaux qui fe diflribuent au mufcle fphéno-maxillaire. 

La machelière prend fon origine au-deffous de l’articulation de la mâchoire inférieure, 
defeend le long de cet os , jette plufieurs branches qui fe répandent dans le mufcle fphéno- 
maxillaire , & la plus confidérable entre les deux tables de la mâchoire inférieure au-deffous 
des dents molaires , en leur fourniffant à chacune une petite branche ; cette artère fort 
enfuite par le trou mentonnier pour s’anaftomofer avec celle de la face. 

Les artères . externes font, I’auriculaire , la temporale , & la maxillaire posté¬ 
rieure. 

L’auriculaire eft fitiiée derrière les oreilles, elle monte vers l’oreille en fourniffant 
plufieurs artérioles: qui vont cà & là ; elle fe partage enfuite en deux branches principales, 
dont Pune monte le long de la partie latérale de l’oreille externe ; l’autre paffe derrière & 
produit deux rameaux , l’un defqiiels monte le long de la partie poftérieure de l’oreille, & 
l’autre va fe diftribuer dans les mufcles de l’oreille & dans le crotaphite. 

La temporale forme une branche affez forte qui paffe extérieurement deffus l’articula¬ 
tion de la mâchoire inférieure au-deffous de l’arcade zygomatique & de l’os de la pommette, 
& fournit plufieurs ram-eaux qui vont fe répandre dans le maffeter externe. 

La maxillaire postérieure part du bord poftérieur de la mâchoire inférieure, & 
jette trois rameaux , dont le plus confidérable fe répand dans la glande maxillaire; un 
autre fuit le bord de l’angle de la mâchoire inférieure ; & le troifième fe diftribue en 
s’épanouiffant dans le maffeter externe. 

La carotide interne inférieure rampe tout le long de la face interne de la mâchoire 
inférieure ; & après avoir diftribué plufieurs petites branches qui vont aux différentes 
parties du larynx, elle fe partage en deux branches principales qui font, la sublinguale, 
& la maxillaire inférieure. 

La sublinguale, ainfi nommée parce qu’elle eft fituée fous la langue , dans fon corps, 
fournit une quantité prodigieufe de ramifications qui fe diftribuent dans les mufcles qui la 
font mouvoir. 

La maxillaire inférieure , en fe recourbant deffous l’angle arrondi de la mâchoire 
inferieure, jette une branche confidérable appellée hyoïdienne , qui va fournir à une partie 

des 






Pl.JUL-FlL. 



Pckelle. JmnyPved'. 


F.ci. 










-'g 



Fl.AJLyiL. 



F.i. 


Fckell-e- dwvFi^, 

I i rL 3 <? 


Cl.Fevsat'd Sctd^- 

















AN GÉJOLO GIE. 


129 


des mufcles de Pos hyoïde ; enfuite la maxillaire, après s’être recourbée fur la face, produit 
deux troncs : dont l’un nommé artère buccinatrice rampe tout le long de la face 
externe de la mâchoire inférieure, l’efpace de trois ou quatre pouces, puis fe partage en 
deux branches : l’une va à la lèvre inférieure , nommée buccinatrice inférieure , qui 
s’anaftomofe avec celle de l’autre côté, & qui produit une branche qui entre dans le trou 
mentonnier & s’anaftomofe par conféquent avec la mâchelière : l’autre branche , qui pafle 
par-deftus la lèvre fupérieure , fe nomme artère buccinatrice supérieure , laquelle 
après avoir jette ça & là quelques branches , rampe tout le long du bord inférieur de la 
lèvre fupérieure & va s’anaftomofer avec fa voifine. 

La maxillaire inférieure , après avoir fourni cette branche dont nous venons de 
parler, monte vers les os du nez & produit fix branches. 

La plus inférieure defcend le long du bord de l’os maxillaire & va fe perdre en fe 
bifurquant, ÔC dans les lèvres, & dans le bas de la narine. 

La fécondé branche, plus fupérieure, en jette deux ou trois, dont une pénétre dans le 
bas de l’os maxillaire fupérieur , pour fe répandre dans le bas de l’intérieur des narines ; 
les deux autres rampent extérieurement. 

Des quatre autres branches produites par la maxillaire inférieure , trois rampent fur la 
furface des os maxillaires fupérieurs, & quelquefois s’anaftomofent entr’elles , mais la der¬ 
nière fe porte vers la paupière inférieure. 

III.“ DIVISION DE DAO RTE DESCENDANTE 
OU POSTÉRIEURE, 

L’artère aorte descendante , qui commence à être ainfi appellée à la bifurcation de 
l’aorte proprement dite , règne tout le long des douze vertèbres dorfales & des quatre 
lombaires, où elle perd fon nom ; elle fe divife alors en aorte thoracale ou peêlorale, & 
en aorte abdominale. 

L’aorte pectorale eft diftante du corps des vertèbres du dos, vers la quatrième, de 
près d’un demi pied ; mais elle s’en rapproche à mefure qu’elle s’éloigne du cœur. L’aorte, 
dans fon étendue, fournit douze branches de chaque côté , dont la première commence 
vers l’entre-deux de la ftxième & feptième vraies côtes : chaque branche fe divife en 
deux, une interne, nommée épineufe, qui entre dans les trous des conjugaifons, pour aller 
fe diftribuer dans les mufcles du dos ; & une externe , nommée intercoftale, qui rampe le 
long du bord poftérieur de la côte. L’artère aorte, vers le diaphragme, produit une bran¬ 
che de chaque côté, nommée artère diaphragmatique , qui va fe répandre fur ce mufcle. 

IV.° DIVISION DE UAORTE ABDOMINALE. 

L’aorte abdominale s’étend depuis le diaphragme jufque à la quatrième vertèbre lom¬ 
baire ; elle forme deux intervalles où elle ne donne aucune ramification. Pour rendre la 
defcription que nous en allons faire plus claire , nous la diviferons en trois branches ; 
fçavoir , une antérieure , une moyenne & une poftérieure. 

La première divijlon fe fait immédiatement au-deffous du diaphragme ; l’artère aorte 
fournit, dans cet endroit & au-deftbus, un tronc très court, nommé cœliaque, lequel 
fc divife en quatre branches qui font, I’artère splénique , I’artère hépatique , 
I’artèré stomachique , & I’artère pancréatique. 

L’artère splénique , qui eft la plus confidérable des quatre, fe porte à gauche & va 
^ rate j mais, à deux ou trois pouces de diftance, avant que de fe diftribuer dans la rate, 

Kk 







HIPPO T OMI E. 


21 

elle marche de derrière en avant fur le bord late'ral externe de ce vifcère, & à un pouce du 

commencement de ce bord, jette plufieurs ramifications qui fe diftribuent dans fa fubftance- 
elle continue fa route le long de la rate, & dans fon trajet, elle donne de fortes branches 
qui fe difperfent dans fomentum ou épiploon, & qui alors prennent le nom d’ÉPiPLoïQUEs 

L’artère hépatique fe porte à droite , puis fe courbe à gauche pour entrer dans le 
foie ; & à fon entrée elle fe divife en deux branches , dont l’une va au grand lobe & 
l’autre au petit : à quelque diftance de fon origine, l’artère hépatique fournit quelques bran¬ 
ches au duodénum. 

L’artère stomachique fort de l’aorte entre la fplénique & l’hépatique ; bientôt elle 
fc divife en deux branches, dont l’une rampe le long de la petite courbure de l’eftomac 
ce qui la fait nommer coronaire stomachique supérieure , puis continue fa route 
fur le pylore oii elle prend le nom de ptlorique. Cette même artère s’avance le lono’ 
du duodénum & fe nomme duodénale ; l’autre branche fe porte à la grande courbure 
de l’eftomac , & fe nomme stomachique inférieure ; elle s’anaftomofe d’ailleurs avec 
la fplénique , àc produit de même les épiploïques. 

L’artère pancréatique part en arrière de celle-ci , & fe divife en deux branches à 
deux pouces de fa fortie du tronc cœliaque ; l’une fe rend dans le pancréas, 6c l’autre, 
dans le duodénum. 

La fécondé divifon de l’aorte abdominale ne fe trouve pas beaucoup éloignée de la 
première ; elle fe fait au tiers de l’étendue de l’aorte, vers la partie antérieure. L’aorte, en 
cet endroit, forme trois troncs principaux qui font, I’artère mésentérique antérieure 
6c les ÉMULGENTpS. 

L’artère mésentérique antérieure eft la plus confidérable des trois ; elle a environ 
un pouce 6c demi de longueur, 6c eft produite par la partie poftérieure de l’aorte , eü 
égard à la fituation de l’animal ; enfuite elle fournit trois branches , dont la première 6c 
la'5^;çlus antérieure va au cæcum , en jettant trois branches qui rampent une d’un côté 6c 
l’autre de l’autre. 

La fécondé donne trois branches qui font les plus longues de toutes les méfenteriques, 
6c vont fe diftribuer au méfo-colon 6c à l’inteftin même. 

La troifième part à côté de celle-ci, 6c produit deux ou trois branches qui vont aux 
inteftins grêles , après avoir pafte entre les deux feuillets du méfentère. 

Les émulgentes partent des côtés de l’aorte , 6c vont fe diftribuer dans les reins. Le 
tronc de l’artere emulgente a un pouce 6c demi de longueur au plus ; elle fe divife enfuite 
pour l’ordinaire, en deux rameaux principaux qui vont fe diftribuer dans la fubftance de ce 
vifcère. 

La troifième divfion de l’aorte abdominale forme trois branches, qui font, la mésen¬ 
térique postérieure, ôc les spermatiques. 

La mésentérique postérieure fort un peu du côté droit 6c par un feul tronc, qui 
a deux pouces 6c demi environ de longueur, 6c qui fe partage en quatre branches j dont 
trois fe fubdivifent en plufieurs ramifications, pour fe diftribuer aux inteftins grêles , 6c 
la quatrième fe porte en arrière pour aller au méfo-reftum 6c au reélum même ; elle donne 
encore quelques branches qui vont à la veflie. Une grande partie des ramifications des 
méfentériques s’anaftomofent entr’elles. 

Les spermatiques font deux , l’une droite 6c l’autre gauche ; elles partent un peu en 
avant de la méfenterique poftérieure, vont le long du bafiin, 6c pafTent enfuite par l’anneau 
que forment les mufcles abdominaux , 6c vont fe diftribuer aux tefticules. 

Ce font ces artères qui , dans les jumens, vont fe diftribuer aux ovaires. 




n.xxvm. 



JîcJidLey dwv ptecl,pour laîB^Ji. 


Eicliede dxm Fiedpmp la,lPtp.a,. 


F.a. 



















Fl.JDLI/m. 



EckdLdu 


MckcUe^ dxm px^,pour 






















[ 














































B 3ûc}iel.Ædcatv^emni£^ B'casand Sculp- 












































ANGEIOLO GIE, 


IIL 

L’aorte produit encore , dans fa partie poftérieure, fix branches de chaque côté , vers 
les vertèbres lombaires ; elles fe bifurquent, & de ces deux ramifications, l’une va en mon¬ 
tant vers les mufcles du dos , & l’autre aux mufcles de l’abdomen. 

L’artère aorte, étant parvenue vers la quatrième vertèbre lombaire, fe partage en quatre 
groffes branches qui font, les iliaques externes & les iliaques internes : celles-ci 
n’ont que le quart de longueur des premières , & font beaucoup plus fortes , il y en a 
une de chaque côté. 

L’iliaque interne rampe au-defTous du corps de la dernière vertèbre lombaire, en 
s’écartant de celui de l’os facrum , & fe portant fur l’os iléon à fa jonôlion avec l’os 
ifchion. De ce tronc partent trois branches qui font, la honteuse interne, la sacrée 
& la PETITE iliaque. 

La honteuse interne , à un pouce de diftance de l’iliaque , fe divife en deux bran¬ 
ches , dont la moins confidérable paffe à côté du reéfum , & va fe diftribuer à la veffie. 
L’autre fe jette en arrière, en rampant dans la face interne de l’os ifchion , pour aller fe 
diftribuer aux véhiculés féminales , à l’anus, au vagin dans la jument, & aux mufcles de la 
verge dans le cheval. 

La sacrée part un peu en arrière de celle-ci, fe porte en arrière le long du bord de l’os 
facrum, pour fe diftribuer dans les mufcles releveurs de la queue & dans les mufcles feftiers. 

Cette artère fournit une quantité prodigieufe de ramifications : à fon origine , elle jette 
un rameau qui rampe au-deffous de l’os facrum , & va fe terminer à la queue , après 
avoir paffé le long des nœuds. 

La petite iliaque part latéralement & croife l’os iléum , en fuit le contour au-defTous 
de fon angle inférieur, & vient fe diftribuer dans le haut des mufcles feftiers. 

L’iliaque interne , vers la jonéfion de l’os iléum à l’os ifchion , fe partage en deux 
branches , dont l’une rampe en dedans du baftin , & l’autre fort en dehors. 

La première eft nommée obturatrice & la deuxième fessière. 

L’obturatrice fe porte en dedans du baftin, rampant fur la face interne de 1 os ifchion^ 
& fort par le trou ovalaire, & après avoir jetté, de côté & d’autre, une grande quantité 
de ramifications , elle va fe diftribuer dans les mufcles de la cuifte. 

L’artère fessière fort du baftin, en rampant fur l’extrémité de l’os iléum, & vient 
fournir trois fortes ramifications, qui vont fe perdre dans les mufcles feftiers. 

L’iliaque externe fe bifurque au-defTus de l’interne , a peu de chofe près , & perd 
fon nom vers la cavité cotyloïde à la fortie du baftin ; duquel elle fuit, pour ainfi dire, 
le contour ; elle ne jette en dehors , proche la bifurcation avec l’aorte , qu une branche 
remarquable nommée grande iliaque laquelle, après s etre etendue fur .1 os ileum , fe 
divife en deux branches , qui vont aux mufcles tranfverfes ; quelquefois ces branches 
naiftent de l’aorte, au-deftiis de la bifurcation. 

L’artère iliaque , au-defTous de l’anneau , prend le nom de crurale jufqu’k la partie 
poftérieure du jarret. 

Vers l’articulation du fémur avec le baftin , cette artère produit deux branches , dont 
la plus confidérable va fe diftribuer dans les mufcles (ijui forment la cuifTe. ^ 

La fécondé , qui part du même tronc, en fournit deux autres qui font, 1 artère 
honteuse externe & l’ÉPiGASTRiQUE ; celle-ci fe recourbe en devant, puis entre dans 
le mufcle droit, au quel elle donne des branches , & va s’anaftomofer avec la thorachique. 

La honteuse externe defcend en fe bifurquant, & forme deux longues branches, 
<>ont l’une, dans le cheval, rampe fur le corps de la verge, & l’autre va fe diftribuer au 
fcrotum ; mais, dans la jument, ces deux branches vont fe rendre dans le vagin. _ 






HIPP OTOMIE. 


L’artère crurale defcend le long de la partie latérale interne du fémur, verT^ 
partie moyenne. Elle fe porte derrière le relie du fémur * on remarque, dans l’étendue de 
cette artère, einq grolTes branches, qui vont fe dillribuer aux mufcles de la jambe. L’artère 
palîè enfuite entre les condyles du fémur j & étant parvenue au-delîous de 1 articulation, elle 
prend le nom de tibiale antérieure; celle-ci, à la partie fupérieure du tibia, palTe 
entre le péroné & lui , fe porte en avant du tibia, & defcend le long de la face externe 
du tibia jufqu’à l’articulation du jarret oii elle perd fon nom ; mais , en palTant fous le 
péroné , elle jette une branche nommée tibiale potérieure, qui defcend le long de 
la face pollérieure de cet os , jufqu’au jarret où elle fe divife ; à cette articulation cette 
même branche en produit une autre qui entre dans le tibia proche fa .bifurcation ; elle 
donne encore une branche qui pafTe derrière l’articulation du jarret 6c le long de l’os du canon 

La tibiale fe divife en deux branches vers l’articulation du jarret, paffe par-deflbus 
le ligament latéral externe, & va fe divifer en trois autres branches. Cette artère fe nomme 
canonière INTERNE: l’autre branche, qui en la plus confidérable, & qui eft la fuite du 
tronc de la tibiale , fituée en avant, fe nomme artère canonière externe. 

La canonière interne , après avoir pafle delTous le ligament commun du jarret 
produit trois branches ; la première, après avoir fourni une ramification , s’infinue dans 
l’os du canon à fa partie fupérieure ; enfuite cette artère defcend le long de l’os ftyloïde 
interne en fe croifant, l’autre defcend fe dillribuer au fanon. 

La canonière externe defcend entre l’os du canon & le ftyloïde externe, palTe par- 
defibus l’os ftyloïde, & va former les paturonières ; ainfi que les autres artères, celles- 
ci font communes aux extrémités de devant. 

Il y a un bien plus grand nombre de ramifications que celles que j’ai marquées. Je me 
fuis borné à défigner ici celles qu’il eft le plus important de connoître dans la pratique. 
J’ai palTé légèrement fur les anaftomofes, parce qu’elles font extrêmement multipliées, & 
qu’elles m’ont paru être de peu d’utilité dans le traitement des maladies du cheval. 



article 





AN G ÈIOLOGIE. 


133 


ARTICLE DEUXIÈME. 

DES VEINES EN GÉNÉRAL. 


L Es veines font des vàifTeâuX deftinés à rapporter au cœur le fàhg qui a e'te diftribüé 
dans toutes les parties du Corps par les artères. Leurs fituâtioiis font à peu près les 
mêmes que celles des artères, mais leur nombi'e eft plus confidérable ; car non feüleménÉ 
elles accompagnent les artères ; mâis il en eft qui font feliles , ce font pour l’ordi¬ 
naire les externes , oü celles que l’on âpperçoit aü-deffous de lâ peaü , & oii l’on peut 
faigner. Relativement au cours du fang, il n’en eft pas des veines comme de l’ârtère aorté 
qui fe divife , & fe fubdivife en une , infinité de ramifications ; les veines , au contraire j 
commencent par de petits vaifteauX qui fe rendent dans de plus gros ; ceUx-Ci dans d’autreS, 
qui, à leur tour , produifeiit un gros tronc appelle veine cave. 

Il eft inutile de répéter ici ce que nous avons dit plus baüt de la différence qu’il y à 
entre les artères & les veines. Je dirai fimplement que les veines font compofées de trois 
tuniques : la première, la plus extérieure, eft membraneufe, & d’un tiffu de fibres ferrées, 
& rangées en tout fens : la deuxième eft cellulaire, & ne mérite pas le nom de membrane ; 
elle unit fimplement la première avec la troifième, qui eft veloutée. L’infpeftion de cette 
troifième membrane intérieurement eft à peu près de la même nature que celle des artères ^ 
on y diftingue de même une liqueur mucilagineufe qui induit la paroi interne de ces 
vaiffeaux. 

Les veines n^ont point, comme les artères , le mouvement de fyftole & de diaftole, 
mouvement qui fert au cours du fang ; mais les veines font entre-coupées intérieurement, 
d’efpace en efpace , de petites cloifons membraneufes nommées valvules , faites en maniéré 
de panier de pigeon , & pofées en dedans de la veine ; de façon que le fang des extrémités^ 
en remontant, affaifte cette foupape, mais ce fluide, par fon poids, couvre cette valvule, & 
en bouche totalement le paffage. 

Il y a ordinairement trois valvules enfembîe qui occupent chacüne un tiers du vaiffeau, 
ferment totalement le paffage au fang , & l’empêchent de rétrograder. Elles ne fe trou¬ 
vent pour l’ordinaire que dans les veines des extrémités, dans quelques-unes de la tête , 
dans les jugulaires , proche le col, prefque à fa partie moyenne ; les principaux troncs 
n’en ont pas. 

Les veines s’anaftomofent avec les artères, ce qui a fait dire qu’elles étoient une conti¬ 
nuation des dernières ; il eft certain au moins que dans les injeftions les plus fines, l’on 
découvre non feulement des vaifîeaux lymphatiques injeêles , mais meme les veines. 

Il faut diftinguer trois efpèces de veines , qui font les veines pulmonaires , la veine 
cave, & la veine porte. La première apporte le fang qui a été diftribué au poumon ; là 
deuxième rapporte le fang de prefque toute l’habitude du corps j la troifienie reçoit le 
f^ng des méfentériques, de la rate , & va fe rendre au foie. 

D E L A F E I N E C J V Es 

VEINE CAVE , qui reçoit le fang de prefque toute l’habitude du corps , s’étend 
depuis la partie antérieure des côtes jufqu’à la cinquième vertèbre lombaire j quelquefois 









H I F P O T O M I E. 

134. _^ 

■vers la quatrième. De même que l’aorte defcendante ou poftériêure , on divife la veine 
cave en antérieure & poftérieure. En général, la veine cave eft près de deux tiers plus 

grofTe que l’aorte. , , 

La veine cave antérieure eft fituée dans la poitrine, elle eft plus grofTe que l’infé. 
rieure. En fuivant le cours de la circulation du fang, nous, dirons qu’elle reçoit le fang de 
plufieurs petits vaifTeaux, tels que des veines coronaires du cœur, a.o des thymiques, 
des THORACHIQUES, leTquelles font fituées à côte des artères du meme nom , des 
CERVICALES , ^ O des DORSALES, qui rampent à côté des artères, 6.° de la veine azygos^ 
laquelle rampant tout le long des vertèbres du dos du côte hors du montoir, ou du côté 
droit, reçoit le fang de prefque toutes les veines intercoftales : enfuite cette, veine croife les 
vertèbres du dos vers les trois premières, au-delTus de la bifurcation des principaux troncs 
du poumon, & va fe décharger dans la veine cave. Cette veine cave, un peu plus 
antérieurement, reçoit le fang de quatre principaux troncs , dont deux viennent du col, 
nommées jugulaires, & les deux autres nommées axillaires, qui viennent des,jambes 
de devant. Quelquefois celles-ci forment deux troncs. La veine cave reçoit encore le fang 
des veines vertébrales qui pafTent par les trous des conjugaifons des vertèbres du col, 
lefquelles rapportent le fang du cerveau. 

Les veines jugulaires font fituées au-deftbus de la peau ; on les apperçoit à trois ou 
quatre travers de doigt, au-deftbus de l’angle poftérieur de la mâchoire inférieure , au- 
defTous des glandes parotides ; étant parvenues vers la cinquième vertèbre cervicale, elles fe 
rapprochent de leurs' corps, puis s’enfoncent profondément, & reçoivent, dans toute cette 
étendue, plufieurs petites branches venant du col ; ces -veines montées vers les parotides, 
reçoivent le fang de trois branches principales , dont une accompagne l’artère maxillaire, 
la deuxième les glandes parotides, paroît comme les. partager , la troifième eft fituée 
intérieurement, & rapporte le fang de toutes les veines qui accompagnent toutes les artères, 
dont nous avons parlé à leur article. 

Les veines axillaires reçoivent le fang de deux groftes. veines qui font la veine 
BRACHIALE INTERNE & EXTERNE, celle-ci reçoit le fang des veines scapulaires qui accom¬ 
pagnent les artères, & de plufieurs autres veines venant du bras. Cette même veine brachiale 
interne reçoit la veine des ars , qui eft fituée en devant & au bas du poitrail, à côte 
de l’articulation de l’épaule avec le bras, & s’infinue intérieurement dans les mufcles pefto- 
Taux. C’eft cette veine que l’on devroit ouvrir, quoique l’ufage foit de faigner en dedans 
de l’avant-bras {a) ^ partie dangereufe , oii j’ai vu arriver nombre d’accidens ; au lieu 
qu’à celle des ars , il n’y a jamais de danger. 

La veine brachiale reçoit le fang de trois branches, dont la bifurcation fe fait vers 
l’articulation du bras avec l’avant-bras : ce font i.° la radiale cutanée la plus 
confidérable , & qui rampe le long du radius , & où l’on faigne. a.° La musculaire , qui 
eft fituée plus au dedans de l’avant-bras. ,3.° La moyenne, qui rampe entre les deux, & 
qui eft moins confidérable. Ces veines fe réunifient vers le genou dans fa partie/latérale 
externe & poftérieure, & reçoivent d’autres petites veines, qui, en fe réunifiant, reçoi¬ 
vent les veines coronaires & celles-ci les paturonières. 

La veine brachiale interne reçoit le fang d’une veine qui rampe le long de l’artère J 
d’autres viennent verfer le fang dans celle-ci ; ordre qui s’obferve jufqu’aux extrémités ; 


(a ) M. Bourgelat, Elém. de l'art vétér. regarde comme veine des ars, la veine interne du bras qui, cependant, en eft 
d un demi pied, Ceft ainfi, j’en conviens , que Ja plaçoient les anciens, qui ignoroient l’anatomie. Il fe méprend également V 
avance que la veine des ars part de la jugulaire , tandis qu’elle eft fournie par l’axillaire. Si M. Bourgelat veut prendre la peine ^ 
jetter un coup d’œil fur le cadavre, ou fimplement fur les.préparations anatomiques de l’école d’Alford, il reconnoîtra qu’il s’eft troiupe* 








[ 





C.Bcup.ioy, Sculf> 


Hchelle cfiavJ'ied 















































KJyy,.S^, 













































































«1 


, 


1 


JRchelle' d-unyJ^ied'. 








! 

'1 


^ a 3 ë 

j.a .JPauceé. 







l 

V 

■-■H 

-J, 


: 



























































Chm PMsard 


Jîch elle cl-un. Jl^ied. 



















































ANGÉIOLOGIE. 


135 


de façon que l’artère radiale eft accompagnée d’une veine qui fort des trous de l’os du 
pied. 

La veine cave antérieure, derrière le cœur, reçoit principalement la veine dia¬ 
phragmatique, 

La veine cave postérieure eft fituée dans le bas-ventre, & s’étend depuis le-dia¬ 
phragme jufqu’à là dernière ou avant-dernière vertèbres des lombes , elle eft fituee a une 
petite diftance de l’aorte , vers le diaphragme , & placée un peu à droite : la partie , qui 
regarde les lombes, touche à l’aorte , tandis que la veine cave anterieure en eft ecartee de 
plus de quatre travers de doigt ; elle reçoit le fang des veines émulgentes ou veines 
rénales , des spermatiques , de celles des ovaires , des veines lombaires , des 
petites iliaques, 

La veine cave, vers la cinquième vertèbre lombaire, reçoit quatre troncs principaux, 
qui font, les grandes iliaques, & les crurales. 

Les iliaques reçoivent plufieurs petites branches qui accompagnent les artères dont 
nous avons parlé ; en un mot , toutes celles du baffin. ^ 

Les crurales reçoivent le fang non feulement de plufieurs veines aflez groftes répan¬ 
dues dans le corps de la cuifTe, mais de deux veines, dont l’une eft défignée fous le nom 
de CRURALE INTERNE & l’autre fous celui d’EXTERNE, L’interne eft celle qui ïampe le 
long de l’artère du même nom ; l’autre eft celle qui rampe au-dedans de la cuifte , au- 
deftous de la peau , prefqu’à la partie moyenne, qui defcend le long de la jambe , où elle 
retient le nom de tibiale ; elle paftè enfuite à côté de l’articulation du jarret , defcend 
le long du canon , pour fe terminer de même qu’à la jambe de devant. Quant à la 
crurale interne , il eft inutile de la décrire , puifqu’elle accompagne les principaux 
troncs artériels, fi ce n’eft qu’il y a derrière , une & quelquefois deux autres branches 
qui accompagnent la principale veine , nommée tibiale interne. 

Des cANONiiRES , qui font deux en nombre, lefquelles reçoivent le fang des paturo- 
nières , qui font une de chaque côté. Ces veines, qui font très fortes , reçoivent deux 
petites branches poftérieurement ; depuis la partie moyenne de l’os du canon jufqu’à la cou¬ 
ronne elles deviennent fouvent très variqueufes. Et comme ces deux petites branches , dont 
nous Unons de parler , s’étendent jufqu’à la partie poftérieure du boulet , elles font plus 
expofées à cet accident dans le gonflement de cette partie , principalement à la fuite des 
mules traverfmes ou enchevretures dans le paturon. Le retour du fang de ces veines fe 
faifant difficilement, les artères lymphatiques s’engorgent & produifent une tumeur inflam¬ 
matoire ou un œdème. , • « n. 1 1 

Ce dernier genre de maladie fe guérit plus difficilement que le premier, & elt plus long ; 
l’on voit fouvent de fimples enchevretures durer cinq à fix mois avec plus de gonflemnt, & 
occafionner de la roideur au cheval dans ces articulations. Dans les poireaux, ces vaiffeaux fe 
trouvent de même très engorgés ; le fang que fournit la plaie, après l’opération faite , vient 
moins des artérioles , que des petites veines qui fe trouvent engorgees dans les tuniques 
des tendons de cette partie ; la couleur du fang, qui eft noirâtre & épais, le démontré 
affez. Ceft l’engorgement des veines, des extrémités , qui eft prefque tou|ours la caufe 
première de tous les gonfiemens des jambes , depuis le jarret ou le genou jufqu en bas 
Les paturonières reçoivent le. fang, ou fi l’on veut encore, font produites par deux 
branches de chaque côté , dont la plus confidérable vient de la partie inferieure de l’os 
du pied, rampe derrière le cartilage, pour former enfuite la paturonière ; l’autre , guère 
moins confidérable, s’anaftomofe avec fa voifine, & eft fituée dans le cotps de la fourchette ; 
ce font ces veines qui, quand «n cheval a été opéré d’un hc ou crapaud , ou à la fuite 








136 




H I P P O T 0 M I B. 

d’un clou de rue , pour lequel 011 l’aura delTolé , donne du fang, pour peu qu’on lè 
le pied trop haut, & fur-tout en le pliant fur le canon. Le palfrenier , dans ce cas doit 
^voir attention de ne lever qu’en allongeant le canon en avant avec la jambe, êc de 
pas l’éloigner de terre de plus d’un pied c’eft à l’opérateur à fe gêner pour le panfer 
autrement l’on fera toujours faigner la plaie, ce qui la met dans le même état , qug ^ 
l’on venoit de l’operer fur le champ. Cette attention, que peu de maréchaux ne prennent 
pas alTez fouvent, eft pourtant bien elTentielîe , principalement pour les plaies de l’articn 
lation de l’os du pied avec l’os de la noix , à la fuite d’ün clou de rue. 

Je parlerai ailleurs des veines pulmonaires & de la veine porte , en décrivant ces vifcères 
en particulier. 



DE 


‘K 




















































I 













m jLyLXii 



Buheré SeAJp . 




















































DE LA NEUROLOGIE. 

N appelle nerfs , des tuyaux longs, ronds & blancs. Ce font des produélions 
du cerveau & de la moelle de l’épine ; & leur enveloppe n’eft autre chofe 
qu’une extenfion & une continuation de deux membranes du cerveau , la 
dure-mere & la pie-mere. On convient généralement que leur ufage eft de 
diftribuer , à toutes les parties du corps , l’efprit animal nécefTaire pour le 
mouvement & pour le fentiment. 

Bien qu’on n’apperçoive dans les nerfs aucune cavité , il eft cependant probable qu’ils 
doivent être creux. En effet , fi on lie un nerf, la partie dans laquelle il fe diftribue, eft 
privée de fon âêlion : comment ce phénomène auroit-il lieu , fi le nerf ne portoit pas uil 
fluide fubtil qui la met en jeu , & dont le cours venant à être intercepté, en détruit lê 
mouvement & le fentiment ? 

PARAGRAPHE PREMIER. 

DE L’ORIGINE DES NERFS ET DE LEURS DIVISIONS. 

En enlevant la cervelle , on découvre dix cordons de chaque côté, qui forment les dix 
paires de nerfs, lefquels partent de la moelle allongée; ces nerfs fortenc par les différeiis 
trous, & déchirures de la bafe du crâne. 

La PREMIÈRE PAIRE font Ics NERFS OLFACTIFS , ils iiàiffent de la partie antérieure 6c 
inférieure des lobes du cerveau : ils font les plus confidérables des dix paires, & les moins 
étendus. Ces nerfs font compofés, comme tous les âutres, de la fubftance médullaire ; 
ils font d’ailleurs revêtus extérieurement de la fubftance corticale : on s’appérçoit àifémenc 
qu’ils font creux en les féparant de la bafe du cerVeaU : oïl voit même une très grande 
quantité de fluide animal s’écouler : Ces nerfs paffent par les trous de l’os ethmoïde , oiî 
ils fe divifent en une fi grande quantité de ramifications qu’il eft difficile de leS fuivre. Ils 
vont fe répandre dans toute l’étendue de la membrane pituitaire, 6c font la câufe première 
de l’odorat. 





































La SECONDE PAIRE OU NERFS OPTIQUES partent derrière ceux-ci, & viennent des 
éminences ou couches optiques, dont nous avons parlé à la defcription du cerveau : ces 
deux couches fe réunilTent enfemble , & bientôt fe féparent pour former deux cordons 
Blancs , cylindriques , très durs qui fortent de la bafe du crâne par des trous de l’os 
fphéiioïde, nommés optiques. Ces nerfs fe portent de derrière en avant, & entrent dans 
Torbite de la longueur de deux pouces environ ; ils vont fe diftribuer au globe de l’ceü 
pour y produire la retine. 

La troisième paire ou nerfs ophthalmiques font de petits filamens très £ns qui 
nailTent derrière ceux-ci, un peu plus fur le côté ; ils fe réuniffent enfuite avec le cordon 
antérieur de la cinquième paire ; puis fortant du crâne par le trou maxillaire, ils vont fe 
diftribuer aux mufcles des yeux par. trois branches principales , qui fe rendent dans les 
mufcles- droits abaiffeurs & abducteurs, & au petit oblique, 

La QUATRIÈME PAIRE QU NERFS PATHÉTIQUES font très déUés, & naiflent de la partie 
fupérieure & latérale de la moelle allongée , entre le cerveau & le cervelet ; ils viennent 
fe réunir au cordon de la cinquième paire , fortent de même par le trou maxillaire, & 
vont dans Porbite pour fe diftribuer au miifcle grand oblique. 

La cinquième paire eft la plus confidérable après les nerfs olfaCtifs. Ces nerfs partent 
des protubérances annulaires, 6c forment chacun deux cordons, dont un antérieur, & 
Paiitix poftérieur. 

Vanterieur fort par le trou maxillaire, & retient le nom de maxillaire antérieur. 
Ce nerf, à un demi pouce de fa fortie, fe divife en fix branches, la première eft iiomme'e 
ophthalmique , & va dans Porbite oii elle fe partage en quatre rameaux ; la deuxième fe 
nomme nerf sourcilier , qui va le long de la voûte de Porbite , fort par le trou 
fourciller & fe diftribue fur le front, après avoir fourni quelques rameaux fur les mufcles 
des paupières ; la troijième branche eft très peu confidérable, & va à la caroncule, & au 
conduit lacrymal ; la quatrième branche va fe diftribuer dans Porbite au périofte interne; 
la cinquième va à la paupière inférieure ; la Jixième branche qui, à proprement parler, eft 
le corps du nerf, eft très confidérable, & fe partage en trois branches, dont la première & 
la plus confidérable, entre dans le conduit ofteux maxillaire du même os ; là il fournit une 
branche qui va aux dents molaires, fort de fon conduit pour s’étendre fur la face en forme 
d’éventail, mais la plus grande partie des rameaux nerveux fe rend à la lèvre fupérieure 
de aux nafeaux. La deuxième branche va dans le trou maxillaire de la mâchoire inférieure, 
pour fe diftribuer à toutes les dents molaires de la mâchoire inférieure ; après quoi ce 
nerf fort pour aller fe répandre à la lèvre inférieure. La troifième branche eft nommée pala¬ 
tine ou GUSTATIVE , elle eft aftez confidérable ; elle entre dans le trou palatin, après avoir 
donné phifieurs fibrilles , au voile du palais , va fe diftribuer enfuite dans la fubftance 
de la membrane pituitaire. 

Le cordon pojlérieur de la cinquième paire fort entre Papophyfe ftyloïde de l’os pierreux, 
proche fon corps, defeend le long du long fléchifteur commun , & vient former un gan¬ 
glion à trois ou quatre travers de doigt au-deftbus de la fortie ; enfuite il jette des filets 
à droite, à gauche, continue fa route le long de ce mufcle commun, & va fe reunir avec 
la feptième paire. 

La sixième paire part au-deftbus de la protubérance annulaire, paftè par le trou 
maxillaire, accompagne la cinquième paire pour aller fe diftribuer dans l’orbite au mufcle 
adduêleur de l’œil, & au mufcle rétrafteur. 

La septième paire fort par les trous déchirés, entre l’apophyfe ftyloïde de l’os pier¬ 
reux , ôc entre le fphénoïde ; elle fournit quatre branches , dont la première, qui eft P^tiS 




NEURO LOGIE. 


confidérable , va à la mâchoire inférieure ; la deuxième va fe répandre aux mufcles de la 
face ; la troijieme , qui efl: la plus petite , va au mufcle crotaphite ; la quatrième naît derrière 
l’articulation de la mâchoire inférieure , en fe confondant avec une branche de la cinquiè¬ 
me , & va enfuite fe terminer fur toute l’étendue de la face. Cette même paire produit 
encore une petite branche qui va au palais. 

La huitième paire naît de la moelle allongée, fort par les trous déchirés où elle reçoit 
à fa fortie une petite branche, nommée nerf spinal qui provient de la moelle de l’épine. 
Cette huitième paire fournit plufieurs rameaux qui vont aux mufcles de la langue, à ceux 
du pharynx , au larynx & à fes mufcles ; elle defcend enfuitç le long des mufcles fléchif- 
feurs du col , pénétré dans la poitrine , q)refqu’entre la partie arrondie des lobes du 
poumon pour aller gagner l’œfophage. Du côté droit, la huitième paire donne une branche 
qui pafle fur l’artère axillaire en s’y contournant, & monte le long de la trachée-artère 
en lui diftribuant plufieurs filets , de mêitie qu’à l’œfophage ; elle remonte enfuite le long 
de cette même trachée pour entrer dans le pharynx. Le contour de ce nerf lui a fait donner 
le nom de récurrent. Ce nerf récurrent , du côté gauche , va s’infinuer dans le larynx, 
& à fon contour il produit plufieurs filets qui vont fe communiquer avec l’intercoftal & 
forme un réfeau que l’on nomme plexus cardiaque , dont plufieurs branches partent 
pour aller au péricarde & au cœur. La huitième paire pafiè le long des poumons , après 
leur avoir fourni plufieurs petites'branches nommées plexus pulmonaire, dont un 
nombre de filets accompagnent les bronches dans leur diftribution dans les poumons. Les 
deux cordons de la huitième paire, après avoir diftribué des branches aux poumons , fe 
portent vers l’œfophage : celui du côté droit va à la partie fupérieure de ce canal, & le 
gauche à fa partie inférieure ; là ils donnent naiflance à plufieurs petits filets en forme de 
plexus. Ces deux mêmes cordons accompagnent l’œfophage dans fon pafiàge au travers de 
ce large mufcle ; l’un d’eux , qui efi: le gauche , fe répand fur la furface de l’eftomac dans 
fa partie antérieure ; l’autre fe répand dans fa partie poftérieure : ils s’entrelacent enfuite 
& viennent former , proche le pylore , un lacis nommé plexus coronaire stomachi¬ 
que ; ils vont fe perdre enfin dans l’union des nerfs intercoftaux pour concourir avec eux 
à la formation des plexus hépatique , fplénique & rénaux. 

La neuvième paire fort des trous condyloïdiens de l’occipital ; elle fe partage enfuite 
en plufieurs filets , dont un fe porte entre les deux mâchoires , pour fe diftribuer aux 
mufcles de la langue j du larynx , du pharynx , en fe communiquant au nerf de la 
cinquième paire. 

La dixième paire ou nerfs sous-occipitaux naiflènt de même de la partie infé¬ 
rieure de la moelle allongée , pafie par le trou occcipital pour aller fe diftribuer aux 
mufcles de la tête & de l’encolure. 

PARAGRAPHE IL 

NERF INTERCOSTAL ET DE SES DIVISIONS. 

Ce nerf, long intercostal, ou intercostal commun, ou nerf sympathique, 
s’étend depuis la dernière vertèbre cervicale jufqu’à la première apophyfe tranfverfe de la 
première vertèbre des lombes : il eft fitué tout le long des côtes proche le corps des 
vertèbres , il eft formé en partie par la huitième paire , à moins que l’on n’aime mieux 
dire qu’il fournit lui-même une branche à la huitième paire. Quoiqu’il en foit, il eft certain 
qu’il eft formé par deux fortes branches qui partent de la moelle épinière : la première 






140 


H I P P O T O M I E. 


fort entre k fixième & la feptième vertèbres cervicales ; la deuxième, entre la première:^, 
fécondé côtes entre les trous des conjugaifons. Ces. deux branches fe portent en arrière ^ 
viennent former une efpèce de glande découpée, que l’on appelle ganglion intercostal. 
Ce nerf fe porte en arrière, & commence à recevoir, dans fon trajet, plufieuts branches 
de nerfs provenant de la. moelle de l’épine : la première part entre la cinquième ôcla 
iixième côtes , vers la huitième bu neuvième. L intercoftal fe partage en deux portions 
qui fe réunilTent vers la quinzième côte : l’une de ces portions reçoit les branches dorfales. 
Ce nerf pafTe enfuite au-delTus du diaphragme pour venir former les plexus mésente, 
RiQUES ANTÉRIEURS : ce font une quantité prodigieufe de nerfs entrelacés, qui vont fe 
diftribuer au méfentère.ôc aux gros inteftins. jDé ce plexus part un cordon, confidérable, 
qui fe propage en plufieurs, pour donner naiffance au plexus rénal qui va à la fubftance 
du rein, aux reins fuccenturiaux , 6c à leurs enveloppes. 

De ce plexus méfentérique antérieur part un cordon très gros qui , lui-même, reçoit 
quelques filets de la moelle épinière lombaire; il va enfuite former le plexus mésentérique 
POSTÉRIEUR, qui va fe diftribuer aux inteftins grêles : de ce plexus part un cordon alTez 
confidérable, qui va fe répandre à la vefTie , au reèlurn 6c à la matrice dans les jumens. 

PARA G R A P H E I I I. 

DES NERFS DE LA MOELLE DE L’ÈPINE, 

ET 

DELEÜRS DIVÏ S ÎON S. 

La moelle de L’épine eft tout ce qui régné dans le canal vertébral, 6c qui s’étend 
depuis la moelle allongée , ou pour mieux dire , depuis le trou occipital jufqu’à la queue. 
La moelle épinière fournit, dans fon étendue , fept paires cervicales , dix-huit dorfales, 
fix lombaires ; le refte de la moelle-épinière fe propage en plufieurs filets, 6c forment ce 
que l’on appelle la queue de cheval, à caufe de fa reftèmblance à une qùéue. 

Les sept paires cervicales forcent par les trous, des conjugaifons. 

Les quatre premières fe divifent en deux branches , dont l’une va aux mufcles 
de l’encolure ; les autres fe jettent fur la trâchée-ârtère 6c fur les mufcles qui l’environnent. 

Les trois autres , ainfi que la première dôrfale , 6 c une partie de la fécondé , vien¬ 
nent former les nerfs axillaires : nous avons parlé des rameaux produits par la fixième 
branche qui va à l’intercoftal. 

Les nerfs axillaires fe réimifterit près du leur fortie, 6c forment un plexus (a.)-, 
lequel fe divife de la longueur d’un pouce ; ils fe réunifTent enfuite en un paquet qui ue 
tarde pas à fe partager pour former les nerfs brachiaux , qui font au nombre de cinq & 
très forts. v 

Le moins confidérable va aux mufcles fcapulaires, 6c produit des filets qui fe jettent fur 
les mufcles voifms. 

Le fécond va fe répandre fur le thorax, aux mufcles peéloraux, dorfal, cutané, 6cc. 

Les trois autres font, le brachial externe , le brachial interne , 6c le cubital. 

Le brachial externe defcend le long de la partie poftérieure du bras ; il fournit> 


( a } Et non pas un ganglion , comme dit M. Bourgelac , car il n’y en a point aux extrémités î les réunions, quü ^ 
réellement, feront pluftot des plexus. 

dans 








6 

















































































fSSiiii 


Wmlillli 

’§ll!iiljiliii!jli, 






^Êi 






jHHHHülliim 


tililmtlÊ 

lÊmÊii 




liSSi^ 






iiiiiiiiimiiiuiiiii 


JicheUey diavlBied/ 




































.i;. ^.Jlt^'^r,\ . , '> ; ; 

“V' •' «"■ .. -'V ■"'■ . ;if'- 


'Aÿi 


■mê 




•.a':,'îî!4 










”'î''.'??î^''‘- '■- '«ÎÜTSiTFftî."* 




















'SHi'Iilli 






^W/'/ tnt 






t ' 

slilï 


fPiif^i; 

mllÊÊ. 


BMI 




“ffSsi 




|ifi|ii|a 


iiilp^ 




^ W( 


SÊIIIiÊSi 


















































NEUROLOGIE. 


13Ï 


dans foïi trajet, differentes branches qui Vont fe diftribuer aux mufcles voifins & à la peau* 

Le brachial interne eft plus confidérable : il produit plufieurs branches qui vont fe 
diftribuer aux mufcles fléchifTetirs de Pavant-bras , il defcend eiifuite le long de la partie 
interne de Phumérus où, dans fon trajet j il fournit plufieurs filets qui vont fe diftribuer 
aux mufcles de cette partie ; il donne entr’autres un rameau cutanée qui va fe perdre dans 

la peau au-deffous du genou. 

Le cubital defcend le long de la partie externe de Pavant-bras , 6c fournit plufieurs 

rameaux qui vont fe diftribuer aux mufcles du canon, du paturon, &c. de même que 

plufieurs petites branches extérieures. 

Du brachial interne réfulte le radial , lequel fe partage eil deux branches, dont 1 une 
fe porte en dedans, extérieurement, aux différeiis mufcles & à leurs enveloppes ; l autre 
continue fâ route vers la partie poftéricure de Pos du canon , fans paroître fournir de 
branches, & retient le nom de canonier ; étant parvenu au boulet, il fe bifurque en deux 
branches pour aller4chaque côté de Cet os , & retient le nom de paturonnier. Ce nerf 
continue fa route Vers la couronne , & prend le nom de coronaire : celui-ci , avant 
que de former le pédieux, fournit deux branches qui vont dans le paturon , a la peau & 

à la fourchette. . , -i r 

Les nerfs pédieux font ceux qui, après avoir pafte derrière les cartilages , prelque 

vis-à-vis l’articulation de Pos coronaire avec Pos du pied , entre dans cet os par les trous 
qui fe rencontrent dans fa partie inférieure. 

La moelle de l’épine dorsale produit dix-huit cordons de chaque côte qui, près 
de leur fortie des trous de conjugaifons des vertèbres , fe bifurquent en deux branches ; 
l’une va fe diftribuer aux mufcles du dos ; Pautre fe partage de même en deux branches , 
dont la principale va au bord de chaque côté , en rampant le long de l’artère qui l avoi- 
fine; & Pautre, qui eft moins confidérable, va concourir à la formation du nerf inter- 


coftal commun. • i, r 

Cette première branche, que l’on nomme I’intércostaie , fe continue dune part fur 
le fternum, de l’autre fur les mufcles du bas-ventre , fuivant la dire&on & le plan des 
côtes d’entre lefquelles fortent les rameaux qu’elle jette. . 

La MOEIIE DE l’ÉPiNE LOMBAIRE produit de même fix branches qui , chacune , fe 
«pare en deux branches, dont l’une va aux mufcles du dos, & l’autre aux mufcles du 
bas-ventre ; elles jettent encore toutes quelques branches qui concourent a former le plexus 
méfenterique inférieur, en fe communiquant avec le long intercoftal : les deux premières 
branches, en outre, produifent des filets qui fe répandent aux mufcles pfoas iliaque, &c. 
Les quatre autres branches palTent devant les os du baffin , qui, en “"““s 

rent ô la formation du nerf crural. Dans leur trajet, ces nerfs fourmffent plufieurs pa ts 
ent ton ^ diftribuent enfuite dans les 

iilets qui vont au trou ovalaire , oc eu 7 

mufcles voifins. Jpffous l’arcade crurale, où, à bien dire, il prend fon nom; 

Le nerf crural fort de dellous 1 arcaae ’ ’ , t:t 

il fe porte enfuite delTous les glandes des aines , ou il jette 2 

adduflLr, au fafeia lata & autres mufcles voifins , il defcend enfin le long de partie 

interne de la cuiffe , oii il va fe diftribuer en différentes branches. ^ 

La moelle qui occupe l’os sacrum fournit cinq cordons confiderables qui apres 

avoir fourni plufieurs branches aux mufcles feffiers & "" f “deux 

que l’on nomL nerf feiatique , lequel fe partage bientôt en differentes branches dont d x 

vont fe diftribuer aux différens mufcles qui forment la cuiffe; les 
le fémur, paffent le long des condyles de cet os, ou une de ces branches 








132- 


H I P P O T O M I E. 


■ quelques 


plufieürs filets qui vont fe répandre aux raufcles de la jambe, proprement dite, & 1 
eordons cutanées. 

Les deux autres principales branches defcendent le long de la partie poftérieure du tib‘ 
palTent derrière la fmuofité de l’os du jarret (a),, oii ces nerfs fe diftribiient au refte ^ 
l’extrémité comme à la jambe de devant. £ de 

La moelle de l’épine, à fon extrémité de l’os facrum , produit en outre cinq 
cordons eh forme d’éventail, qui rampent fur le corps des nœuds de la queue 6c 
partagent dans les mufcles qui la font mouvoir. ’ fe 


Nous aurions pu nous étendre davantage fur l’hiftoire des nerfs , & les fuivre dans une 
plus grande divifion. Mais nous avons cru devoir nous borner; notre objet étant d’être 
utile aux maréchaux , 6c non pas de faire parade d’une llérile connoifiànce neurologique 
Il nous a paru fufîifant d’indiquer les principaux troncs, 6c leurs principales ramifications 
xomme étant les feuls qui méritent l’attention de ceux qui exercent la vétérinaire : perfonne 
n’ignorant d’ailleurs qu’il n’y a point de partie dans l’animal qui ne foit garnie d’un grand 
nombre de filets nerveux. 


{a ) M. Bourgelat le nomme mal à propos calcanéum. 

Le précis neurologique donné par cet auteur, £lém. de l'art vêtir, depuis la pg. 242 jufqu’à la pag. z 6 i , cft Thiftoire des nerfs 
de 1 homme, & non celle des nerfs du cheval. 












SECTION SIXIÈME. 
DE LA SPLANCHNOLOGIE 

O U 

TRAITÉ DES VISCÈRES. 


ES vifcères font des organes renfermés dans une cavité quelconque fjins y 
être attaché par toutes leurs parties. 

On confidère , dans le cheval, trois cavités auxquelles on donne le nom de 
ventre; fcavoir, la tête ou ventre fupérieur ; la poitrine, ou ventre antérieur 
; & le bas-ventre , ou ventre poftérieur. 


ARTICLE PREMIER. 

DE LA TÊTE OU VENTRE SUPÉRIEUR. 

L a tête , comme nous Pavons dit dans Poftéologie , eft divifee en mâchoire fuperieure 
& en mâchoire inférieure. Cette première fe diftingue en crâne & en face. 

Le crâne eft cette boëte olTeufe qui fert à renfermer la cerv elle. 

La cervelle eft cette malle mollafte que Pon apperçoit dès que Pon a enleve la calotte 
du crâne. Avant que de faire la defcription de ce vifcère , je dirai qu’il eft enveloppe de 
plufieurs membranes, auxquelles on a donné le nom de méninges ; il y en a deux ; fcavoir, 
la dure-mere & la pie-mere. 

L“ LES MÉNINGES. 

[A] LA D U RE-ME RE, 

La dure-mere eft cette première membrane blanchâtre dans certains endroits, bleuâtre 
dans d’autres , que Pon apperçoit en levant la calotte du crâne : c eft la plus forte de 










H I P P O T O M I E. 


134 

toutes les membranes qui renferment le cerveau. Elle eft compofée de deux lames 

l’une externe qui regarde le crâne , & Pautre interne qui regarde le cerveau. Cette 

première eft adhérente au crâne dans certains endroits, aux futures , a la bafe du crâne à 
tous les trous par où Portent les paires de nerf, principalement à la future lambdoïde, qü 
future des pariétaux avec l’occipital ; la duré-mere tient lieu de périofte interne, ce qui ly- 
a fait donner le nom de péricrâne interne. La membrane interne, dans la partie qui regarde 
le cerveau, eft lifte, polie & humeétee de ferofite. En general, ces deux membranes fouj- 
des tiftùs de fibres ligamenteufes, très fortes & rangées en tous- fens. Toutes deux, mais 
principalement l’interne , fe replient fur elles-memes, & forment trois cloifons, dont une 
longitudinale , nommée la faulx , laquelle fepare le cerveau en deux parties égales j elle 
s’attache à l’occipital à cette éminence que nous avons décrite dans Poftéologie, rampe 
enfuite le long de la future fagittale , de la future frontale , pafte fur le fphénoïde pour 

aller s’attacher à l’apophyfe crifta galli, & tout le long du corps du même os ; elle fe 

fépare ou fe bifurque enfuite pour aller fe rejoindre avec les deux dernières. Cette cloifon 
eft confidérable vers les futures ; inférieurement elle ne forme que deux crêtes. L’ufage de 
la faulx eft de foùtenir les ,lobes du cerveau, de peur qu’ils ne tombent l’un fur l’autre. 

Les deux autres cloifons font nommées tentes du cervelet ; elles régnent depuis la partie 
fupérkure de l’occipital, en defcendant le long des os pierreux des .temporaux, vers cette 
ligne faillante, pour aller enfuite, le long du corps du fphénoïde, fe terminer avec la précé¬ 
dente. Par ce moyen le cervelet fe trouve renfermé poftérieurement par l’occipital, latéra¬ 
lement par les os pierreux des temporaux, & antérieurement par la tente ou cloifon. 

La diire-mere renferme , dans fes duplicatures , plufieurs cavités fpacieufes , nommées 
finus ; ce font comme autant de veines qui rapportent le fang du cerveau. Quoique l’on 
ait fort multiplié ces finus, nous ne parlerons ici que de trois , qui font les principaux ; 
d’ailleurs , ils communiquent tous les uns avec les autres : ces finus font, le longitudinal 
& les latéraux. 

Le finus longitudinal eft formé par la duplicature de la faulx ; il s’étend dpuis l’apo¬ 
phyfe crifta galli, jufqu’à la tente du cervelet ; c’eft le plus confidérable; il aboutit au 
dernier par une bifurcation. La figure du finus longitudinal eft triangulaire : quand on 
l’ouvre , on apperçoit des fibres blanchâtres bien diftinftes , & une très grande quantité 
d’orifices qui font les embouchures des veines qui viennent y verfer le fang. 

‘ Les finus latéraux font fitués le long de la circonférence de la tente du cervelet ; ils font 
la fuite du longitudinal ; leur ftruèlure eft à peu près la même. Ils fe prolongent infe- 
rieurement fur la bafe du crâne , & vont enfuite fortir par le trous déchirés de l’os 
fphénoïde , pour verfer le fang dans les jugulaires & les vertébrales. 

Quant aux autres finus, qui font très-peu confidérables , ils viennent fe rendre a ce 
même trou. 

La dure-mere fort du crâne par tous les trous qui ouvrent une iftùe aux nerfs, mais 
principalement par le trou occipital. En général , tous les nerfs font enveloppés d’une 
membrane extérieure très forte, qui n’eft autre chofe que la continuation de la dure-mere. 
Il eft aifé de le remarquer le long de la moelle de l’épine , & dans les orbites ou elle 
s’élargit, & tapifte cette cavité en forme de périofte. La dure-mere eft adhérente à l’orifice 
de tous les autres trous du crâne, par lefquels fortent des vaifteaux fanguins. Les vaifteaux, 
qui s’y diftribuent , viennent des carotides. 

L’ufage de la dure-mere eft de contenir la cervelle & les nerfs , & de leur donner phis 
de force. 

[B] 





M.XXXVR. 




































Festford. SciJp 

































SPLANCHNOLOGIE. 


[B] L A P 1 E - M E R E. 

La pie-mere eft cette membrane , lifTe & polie, que l’on apperçoit lorfqu’on à enlevé k 
dure-mere à laquelle elle tient feulement par de petits vaifleaux fanguiiis , qui vont fe 
diftribuer dans la dure-mere même. La pie-mere eft fort adhérente au cerveau , & s’infmue 
dans fes anfraftuofités ; elle eft compofée de deux lames très fines ; la plus extérieure eft 
lifte & polie , & humeêlée de la même férofité que la dure-mere ; l’interne eft inégale dans 
fes faces ; elles font unies enfemble par un léger tiftu cellulaire. C’eft entré ces membranes, 
plus féparées que la dure-mere , que l’on découvre une très grande quantité de vaifteàux 
faiiguins, tant artériels que veineux. La pie-mere eft plus forte & plus épaifle à la bafe du 
cerveau , & remplie d’une plus grande quantité de vaiftèàux fanguins. Au-deflbus de cette 
membrane on en découvre une autre très fine nommée arachnoïde qui eft adhérente dans 
certains endroits avec la pie-mere. 

L’ufage de la pie-mere eft, je crois , de foûtenir cette multitude de vaifteaux fanguins j 
car fl on la confidère avec attention , on apperçoit qu’elle eft cellulaire. 

DE LA CERVELLE. 

On entend par cervelle, cette mafte rnoëlleufe renfermée dans le crâne par les enveloppes 
dont nous venons de parler. On diftingue cette mafte en trois portions ; fçavoir, le cer^ 
veau, le cervelet, & la moelle allongée. 

[A] LE CERVEAU. 

Le cerveau eft la plus confidérable des trois , il eft d’une figure ovalaire , & arrondie 
fupérieurement , un peu applati inférieurement : il paroît comme partagé en deux parties 
égales par la faulx : ces deux portions, prifes féparément, ont la forme d’un quart d’ovale j 
elles fe divifent chacune en trois lobes ; i.° un inférieur, arrondi en-deftous comme en-deftus, 
& porté fur les anfraauofités de l’os frontal ; a.° un moyen, qui fait la partie moyenne du 
cerveau, & qui regarde les pariétaux ; 3.° un fupérieur moins allonge , plus fepare de fon 
congénère , & moins arrondi. C^eft entré ces deux deriliers lobes que fe loge une partie 
du cervelet. 

En confidérant le cerveau dépourvu de toutes fes membranes, l’on apperçoit différentes 
ondulations repréfentant une très grande quantité de vers , on leur a donne le nom de 
protubérances. 

Le cerveau eft compofé de deux fubftances ; i.° une qui éft plus extérieure & grifatrej 
nommée fubftance corticale ou cendrée ; 2..° Paurre plus interne & eii plus grande quantité, 
connue fous le nom de fubftance médullaire. En général, de tous les vifcères il n’en eft 
pas qui foit aulft mou que la cervelle. Pour examiner ces deux fubftances , il faut couper 
une portion de ce cerveau ; l’on trouve alors la corticale, qui a ete regârdee jufqu ici comme 
glande ; & la médullaire , comme un amas de vailTeaux blancs prépofés à charier le fluide 
qui a été féparé par la corticale. On confidère dans le cerveau des éminences & des cavités. 
En levant les deux parties du cerveau féparées par la faulx, on apperçoit une portion de 
fubftance blanchâtre, appellée corps calleux, lequel occupe la partie moyenne du cerveau. 
Si l’on fend légèrement ce corps fur fes côtés, ou fi on l’enlève tout entier , on confi¬ 
dère dans fa face interne une ligné Taillante en forme de cloifon : c’eft le feptum lucidum , 
qui fépare deux cavités défignées fous les noms de ventricules antérieurs droit & gauche. 
Le corps calleux étant ôté , on découvre une grande cavité, dans laquelle on diftingue cinq 
éminences ; les deux plus confidérables , font placées vers le bord des lobes inferieurs , 





ï^6 




H I P P O T 0 M I E, 


elles font compofees d’une fubftance corticale plus blanche que celle qui eft à l’extérieur 
du cerveau , qui , dans fon milieu, fait la bafe de la fubftance médullaire : les trois autres 
éminences forment un arrondilTement que l’on appelle voûte à trois piliers, Pun defquels 
fe réunit inférieurement avec le feptum lucidum dans cet endroit ; c eft le moins confiée^ 
rabie : les deux autres, fitués fupérieurement, fe portent en arriéré en fe recourbant & en 
s’élargilTant, & forment les cornes de bélier qui, en-deffous produifent les nerfs optiques. 
A côté de ces deux piliers, fe voient deux bouquets de vailTeaux nommes plexus choroïde 
accompagné de plufieurs petits points glanduleux grifâtres , lefquels font regardés comme 
deftinés à filtrer l’humeur féreufe qui humeae ces deux ventricules (a). 

En détachant cette voûte par le pilier inférieur, & la renverfant en arrière, l’on'apper. 
çoit fept éminences. Les deux plus confiderables , qui font la partie moyenne du cerveau^ 
font nommées corps cannelés, à caufe Je leur figure. Les deux autres éminences, qui fe pré- 
fentent au-deftus, portent le nom de nates & font médullaires. Derrière celles-ci font fituées 
deux petites protubérances qui font corps avec elles ; on les appelle teftes ; elles font 
également médullaires, mais de deux tiers moins confidérables. Entre les corps cannelés 
& les nates , fe trouve une petite éminence nommée glande pinéale, laquelle eft arrondie & 
un peu obloiigue : elle ne paroît tenir qu’a un faifceau de vaifteaux du plexus choroïdej 
elle eft très dure & grifâtre ; fi on la fend , on remarque plufieurs petits vailTeaux fanguins 
& des fibres blanchâtres. Au-deftus de cette glande, fe trouve un petit trou nommé anus, 
qui verfe la férofité des ventricules , dont nous avons parlé, dans un troifième ventricule 
qui régné entre les nates : cette liqueur s’épanche enfuite dans un quatrième qui fe trouve 
au-deftbus de la moelle allongée vers la glande pituitaire. Ce quatrième ventricule eft alTez 
confidérable & toujours rempli de beaucoup férofité. 

Sur l’os fphénoïde eft placé un corps fpongieux nommé glande pituitaire de la grolTeur 
d’une aveline ; il eft enveloppé d’une très grande quantité de vaifteaux fanguins. J’ai vu 
dans un cheval, cette glande n’être pas plus grofte qu’un petit pois ; dans un autre, qui 
étoit immobile, la glande pinéale s’eft trouvée aufti grofte qu’une fève & fquirheufe. 


[B] LE cervelet. 

Le cervelet eft cette mafte qui eft fituée au-deftus du cerveau , & loge dans 1 occipital. 
Sa figure eft bien différente de celle du cerveau. Il eft plus large fur fes côtés, reffemblant 
à une pétoncle , arrondi fupérieurement , applati inférieurement : quoiqu’il ne foit point 
divifé comme le cerveau, on y confidère néanmoins trois parties bien diftinftes, que l’on 
nomme lobes ; fçavoir , un droit, un gauche & un moyen. Ce dernier, qui eft le moins 
large, s’étend depuis l’entre-deux des lobes fupérieurs du cerveau , en partant de defius 
le corps de la moëlle allongée , vient, en formant un demi-cercle , fe recourber en arriéré 
& en-deftbus fur le même corps de la moëlle allongée. Les lobes droit & 
égaux & arrondis ; de façon que le cervelet , dans fa totalité , eft plus laige quil ne ^ 
long. Le cervelet extérieurement n’offre rien de remarquable. De même que le cerveau, i 


( 4 ) Pa^. z69 , des Elém. de l'art vétér. N.“ 305, M. Bourgelat s exprime ainfi : „ Les glandes qui font dans le c 
„ des corpufcules d’une forme irrégulière, unies dans les grands ventricules par un prolongement du plexus choroiae, qu 

5, acquièrent dans certaines circonftances, & quelquefois dans celle de la morve, un volume conliderable ; peuc-ecre p 
,, lailTent-ils échapper l’humeur dont ces parties font abreuvées. „ M- 

Cette dernière phrafe n’eft pas trop claire j après l’avoir lue même avec reflexion, on ne diftingue pas trop ce ^ jans 

Bourgelat. Il femble cependant faire entendre que l’humeur, féparée par ces corpufcules , peut fe répandre 1 ^ Jn^je enfile 

les cavités du nez,& dans les finus frontaux. Il auroit bien dû indiquer la route que cette humeur yiciee ur yjjjcation 

. . r- . ,- -n anatomifte n’a découvert jufqu’a prelent de 


pour fe rendre dans l’endroit où eft le fiège de la morve j car aucun aiiaïuiuuuc -. corpulc 

entre les ventricules du cerveau & les cavités du nez &c.Mais quand ce fçavant hippotomifte auroit rencontre ^ipel] 

- ' r volume confidérable dans des chevaux morveux , [ bien qu’ils ne fe foient jamais préfentés en cet eut lous not 


auroit-il droit d’en conclure que ce feroit une fuite de maladie ? 







pi.XKxvni. 
















pi.xKxvm. 



Sargiuma’ dei 













SP LANCHNOLOGIE. 


137 


eft compofé de la fubftance corticale & de la fiibftance médullaire ; cette première eft plus 
confidérable. En général le cervelet eft plus dur & plus ferme que le cerveau. Si l’on 
partage le cervelet par une coupe verticale dans toute l’étendue de fon lobe moyen, jufqu’à 
la moelle allongée , on confidère , dans chaque portion , un arrangement fymmétrique 
de la fubftance corticale avec la médullaire , d’où réfulte la repréfentation d’un arbre 
dépourvu de fes feuilles, ce qui lui a fait donner, par les anatomiftes, le nom d’arbre de 
vie. Il formé par la fubftance médullaire du cervelet qui , en s’entrelaçant avec la 
fubftance corticale , lui imprime cette figure. Au-defTous du cervelet, & de cette portion 
de fubftance médullaire , qui fert de bafe à l’arbre de vie , que l’on appelle pédicule du 
cervelet, fe trouve une demi-gouttière, qui n’eft autre chofe que le troifième ventricule 
décrit plus haut. 

[C] DE LA MOELLE ALLONGÉE. 

La moelle allongée eft la troifième partie de la cervelle qui fe trouve fituée inférieure¬ 
ment au cerveau & au cervelet, couchée le long du corps de l’os fphénoïde, &c le long de 
l’apophyfe cunéiforme de l’occipital. On ne peut la regarder que comme le réfultat de la 
fubftance médullaire du cerveau & du cervelet. Afin de la bien confidérer , il faut déta¬ 
cher la cervelle du crâne & la renverfer. La moelle allongée s’étend depuis les couches des 
nerfs optiques jufqu’à la moelle épinière , jufqu’à cet étranglement produit par l’occipital 
&la première vertèbre. Sa figure eft celle d’un Y grec. C’eft elle qui produit les nerfs qui 
partent du cerveau : outre les nerfs , on y obferve cinq éminences , dont deux divifées 
comme en deux branches, font nommées bras ou cuifTe : au-deffous, à leur reunion, fe voit 
une éminence annulaire tranfverfale , qu’on a appellée pont de Varole. Au-defTous de cette 
troifième font placées deux pétites éminences peu marquées, il eft v;'ai, & connues fous 
le nom d’éminences olivaires. La fin ou le refte de la moelle allongée s’appelle la queue : 
On diftingue , fur certe partie , différentes cannelures & une demi-gouttière qui verfe la 
férofité du quatrième ventricule , en partie le long de la moelle épinière. 

Nous avons cru devoir nous arrêter ici , & ne pas entrer dans un plus long détail fur 
le cerveau ; perfuadés qu’il ne falloir préfenter aux maréchaux & aux amateurs de vétérinaire 
que ce qu’il y a de plus exaft & de plus vrai ; car ce que l’on auroit pu ajoûter de plus 
eût été inutile pour les uns & les autres. 

Quant à l’ufage de la cervelle en général, il eft probable [car on n’a encore rien de bien 
démontré fur cet objet ] que c’eft le fiège du mouvement. L’experience ne le prouve que 
trop tous les jours. En effet, fi dans une opération, ou par quelqu’autre accident, les 
nerfs font coupés, ne voit-on pas arriver dans le moment une ceffation de mouvement; 
on a donc droit d’en conclure l’exiftence d’un fluide animal, qui, par le moyen des nerfs, 
va porter le fentiment aux miifcles , & qui fert a les faire mouvoii. 











hippotomie. 



ARTICLE DEUXIÈME. 

DE LA POITRINE OU VENTRE ANTÉRIEUR. 


L a poitrine préfente une cavité très grande , formée fupérieurement par les vertèbres 
dorfales, inférieurement par le fternum, latéralement par les côtes , antérieurement 
par la fortie & l’entrée des principaux vailTeaux , poftérieurement par le diaphragme. La 
fgure de cette cavité eft conique. La partie la plus large fe trouve vers le diaphragme • 
la plus étroite fe trouve en devant des côtes. Elle eft tapiftee en dedans d’une membrane 
nommée plevre. Dans la partie qui regarde l’intérieur de la poitrine, la plevre eft 
tiftii ferré , lifte & poli ; l’autre partie ou face , je veux dire, celle qui regarde les côtes 
& les mufcles intercoftaux, eft cellulaire. Elle eft humecftée d’une férofité qui facilite le 
jeu des poumons fur cette membrane & fur le diaphragme. Les parties renfermées dans 
la poitrine font, le médiaftin , le péricarde , le cœur , les poumons & fes principaux 
vaiftèaux. La trachée-artère , l’œfophage , plufieurs autres vaifteaux , &c le thymus. 

ï.o LE MÈDl ASTI N. 

En ouvrant la poitrine , foit d’un côté ou d’un autre , on apperçoit une cloifon 
membraneufe , très mince , tranfparente , nommée médiaftin , qui s’étend d’un bout de la 
poitrine antérieurement, vers la partie antérieure du péricarde , où il forme deux feuillets 
féparés l’un de l’autre, & produit un efpace confidérable. Enfuite depuis la partie poftérieure 
de ce péricarde, part une autre partie de médiaftin qui va fe terminer au diaphragme ; fupé¬ 
rieurement cette cloifon tient à l’artère aorte, inférieurement au fternum ; cette membrane 
fupérieurement femble être une continuation de la plevre ; elle paroît fervir comme de 
foûtien à l’œfophage dans fa partie entre le cœur & le diaphragmé ; elle en eft détachée 
vers le fternum ; ce qui me l’a prouvé, c’eft que dans les macérations, la plevre s’eft trouvée 
emportée au bout d’un certain temps, & que le médiaftin, à fon attache vers le fternum, 
paroiftbit tenir comme par des portions ligamenteufes & tendineufes , dont les fibres s’in¬ 
fèrent dans celles de l’os ; d’ailleurs , c’eft que j’ai vu que dans toutes les pleuréfies, le 
médiaftin être très fin, tandis que la plevre étoit gangrénée. Les vaifteaux qui vont fe 
diftribuer dans la plevre viennent des thorachiques. 

a.'» LE PÉRICARDE. 

Le péricarde eft un fac membraneux qui enveloppe le cœur. Il a fon attache aux prin¬ 
cipaux vaifteaux du cœur , tel qu’à l’artère aorte & à la veine cave , proche les oreillettes. 
Il fe porte enfuite en enbas pour fe terminer au fternum, où il va s’adhérer vers la cin¬ 
quième , fixième , feptième des vraies côtes. Le péricarde eft d’un tiftii de fibres ferrees, 
rangées en tous feus. Il eft lifte & poli dans fes deux faces , principalement dans celle qui 
regarde le cœur ; il fuit à peu près ce vifcère pour fa forme, & eft plus large fupeneu- 
rement qu’inférieurement. La portion inférieure eft applatie fur fes côtés , de façon que 
ce fac eft plus long que large. En ouvrant le péricarde, on y trouve plus ou moins d eau 
renfermée , laquelle fert à faciliter le mouvement du cœur contre les parois de ce fac : ^ 
couleur de cette eau eft jaunâtre, d’un rouge pale, & quelquefois foncé ; mais on ne 
remarque cette dernière couleur que dans le cas de maladie inflammatoire : pour lors i 







Fl. JŒXIX. 



' Sxjr^uzrner <L>t. 


^Æ&staL Sculf} . 
















Fl. JŒXIX. 

































fv -' . 

r- . 


#>.- 
















SPLANCHNOLO GIE. 


149 


ji’y â dans le péricarde que peu de férofité , mais elle eft forte épaifle & comme fangui- 
nolante ; ce qui paroît être l’effet ou la fuite des fréquentes contraétioiis du cœur ; le 
défaut de fecrétion de cette liqueur peut occafionner des irritations à ce vifcère qui ^ 
pour lors fe contraftant plus fouvent , doit exciter de la raréfaftion dans le fang , d’où 
s’enfuivra bientôt l’inflammation dans une ou plufieurs parties de l’œconomie animale. Le 
contraire arrive, quand cette fecrétion fe fait abondamment, comme je l’ai remarqué plufieurs 
fois : l’eau , dont le péricarde eft trop plein , relâche les fibres du cœur , lui ôte fon 
aftion, en diminue les vibrations, qui deviennent lentes, foibles & peu fenfibles ; les che¬ 
vaux alors ont, pour l’ordinaire, l’habitude du corps froide ; j’en ai ouvert plufieurs dans 
ce cas, chez lefquels j’ai toujours trouvé beaucoup d’eau dans le péricarde , & dont les 
fibres du cœur étoieilt plus blanchâtres qu’elles ne le font ordinairement. 

Je penfe que cette eau eft produite par les vaiffeaux coronaires du cœur, où pour mieux 
dire , par les vaiffeaux lymphatiques de la fubftance du cœur ; je ne crois point qu’elle 
vienne de ces petits trous que l’on a remarqués dans la fubftance du péricarde. J’ai fait 
affommer des chevaux , & les ai ouverts, tandis que la circulation fe faifoit entièrement : 
j’ai fendu le péricarde dans toute fa longueur , j’en ai épanché l’eau, & un inftant apres, il 
yen avoit prefque autant : j’ai fait plus encore, j’ai enlevé un des côtés du péricarde, & 
j’ai vu l’eau fortir d’entre de petits faiffeaux mufculeux , & cette eau ne ceffer de s’écouler 
qu’avec le mouvement du cœur. L’ufage du péricarde eft non feulement de contenir cette 
férofité , mais d’empêcher que rien d’étranger ne gêne les fonaions du cœmr. 

5.6 L Ê C (E U R. 


Le cœur eft un inufcle creux, d’une figure conique, renfermé, Comme on l’a déjà dit, 
■dans le péricarde , tenant aux principaux vaiffeaux, pofé perpendiculairement, dont la 
pointe recxarde le fternum, & un peu plus incliné du côté gauche ou du montoir. Sa bafe 
eft toujofrs ea.ironnée de beaucoup de graifTe, fa poinre eu eft toujours dépourvue, prmcw 
paiement dans fes faces antérieures & poftérieures. Pour b.en confiderer le cœur, il faut 
l’examiner en place. Quand on a enlevé la graifli on d couvre les differens vailTcay <jui 
le tiennent, & deux efp'eces d’appendices nommées oreillettes ; de façon qua bafe, il 
l’air d’un cône étranglé. Ce vifcère eft compofé de plufteurs plans de fibres charnues, dont 
les couches extérieures vont de droit à gauche, dans la face anterieure; pofterieurement, ib 
fe portent un peu plus tranfverfalement, & paroilfent partir tous de la partie inferieure & 
de l’artère pulmonaire, & de l’artère aorte ; un peu plus intérieurement, les fibres sentre- 
croifent, de façon qu’elles paroilfent former un 8 de chiffre. On voit en effet, les fibres 
partir d^ la partie Lérieiire du cœur, defcendre en fe contournant fur fa pointe , & fe 

T: ^fir arSr quatre cavités , deux grandes deux moyennes : cel.s-c^font 
nommées oreillettes; de les 

ventricule dioit, une oiei ette antérieure avec la poftérieure ; fa 

poche que Ion apperçoit a la reumo d 1 

figure extérieure eft ridee , fa paitie in ^ 

inégal & raboteux , & forme de petites cavi . i r o* Hes veines caves & le 

que celle de l’oreillette gauche. L’oreillette droite reçoit le fang des veines caves, & 

porte dans le ventricule droit. , confidérable des quatre ; fa figure 

Le ventricule droit eft une cavité très gran e p ^ 1 1 1 rr,„pll»c font de deux 

eft triangulaire • on y obferve plufieurs membranes nommées valvules , lefquelles font de 
cfLriianguiaire,on y uufciv ^ bo-^imenteufes , larges , qui s’attachent 

efpèces : les premières font de petites aponeviofe Pp ^ 






HIPPOTOMIE, 

à la partie fupérieure du ventricule, proche l’oreillette, & qui forment comme une ef ' 
de branche découpée autour de l’entrée dans cette cavité ; ces valvules fe terminent enfuit^ 
par de petits cordons blanchâtres arrondis, dont les uns, venant de la partie moyenne de 
cette cavité , Vont fe rendre au côté oppofé en s’entrecroifant, tandis que les autres partan^ 
d’un autre bord , defcendent un peu plus bas & à l’oppofite , vers la pointe du cœur 

Ces valvules ont été nommées valvules tricufpides , triglochines, &c. L’ufage de c 
valvules eft d’empêcher que le fang ne rétrograde dans l’oreillette droite. 

Les fécondés font fituées à la fortie de ce ventricule, vers l’entrée de l’artère pulmonaire 
ce font trois petites membranes, de même que celles que l’on trouve dans les veines des 
extrémités. Il n’y en a que trois à l’orifice de ce gros vaifleau rangées tout autour • de 
façon que le fang voulant rentrer dans le ventricule, ouvre ces foupapes & les remplit 
ce qui l’empêche par conféquent de rétrograder. Ces valvules ont retenu le nom de 
figmoïdeS. 

L’oreillette gauche eft moins confidérable que la droite. Sa figure externe diffère peu 
aufii, l’interne eft la même. Elle reçoit le fang de quatre veinés pulmonaires deftinées à 
rapporter celui qui a été diftribué dans le poumon par l’artère pulmonaire. 

Le ventricule gauche eft plus épais que le droit, & fa cavité moins grande. On y obferve 
de même les valvules tricufpides pofées vers l’oreillette gauche , & les valvules figmoïdes, 
vers l’artère aorte. Le nombre & l’arrangement des unes & des autres , font les mêmes 
que dans l’oreillette droite & dans le ventricule droit. On découvre encore, dans les oreil¬ 
lettes & dans les ventricules principalement, différentes anfraêluofités que l’on prétend 
fervir à brifer le fang & à l’atténuer, afin qu’il paffe plus aifément dans les poumons : ainfi 
le cœur a deux entrées & deux forties ; le fang des veines entre par l’oreillette droite, palTe 
dans le ventricule droit, d’oii il fort pour aller dans les poumons par l’artère pulmonaire; 
il rentre enfuite dans l’oreillette gauche , & de-là pafiTe dans le ventricule gauche, pour 
entrer dans l’artère aorte. On apperçoit, dans les poulains nouveau-nés , une artère à 
trois ou quatre travers de doigt au-deffiis de l’artère pulmonaire, que l’on a nommée trou 
botal ; il permet au fang de paffer dans l’artère aorte ; ce trou ou conduit, peu de temps 
après la nailTance j devient ligament, & oblige le fang d’entrer entièrement dans les 
vaifteaux pulmonaires 

4.0 LE POUMON , LA TRACHÉE-ARTÈRE , &c. 

Le poumon eft un corps mol, fpongieux, le plus confidérable de tous les vifcères, fitué 
dans la poitrine. Sa figure eft conique , ou pour mieux dire, elle a la forme d’un pied 
de bœuf II eft divifé en deux poumons , un droit & un gauche, qui, tous deux, fe 
divifent en lobe antérieur & en lobe poftérieur. L’un & l’autre font attachés dans la poi¬ 
trine par le médiaftin , par les vaiffeaux pulmonaires & par la trachée-artère. Leur cou¬ 
leur eft rougeâtre dans les poulains, d’un rouge pâle dans les chevaux, 6 c il ne change 
que dans le cas de vieillefte ou de maladie ; ils deviennent alors blancs, noirs à: verdâtres. 
Chaque partie du poumon eft fituée dans un des côtés de la poitrine , puifque cette cavité 
eft féparée en deux par le médiaftin. 

Les lobes antérieurs regardent les premières côtes , ils font minces 6 c allongés en forme 
de pointes, & fe trouvent renfermés dans cette partie antérieui*e de la poitrine, entre la 
diftribution des gros vaiffeaux qui partent du cœur , 6 c entre les cinq 6 c fix premières 
côtes. Ce font prefque toujours ces lobes antérieurs qui fe trouvent attaqués dans la 
phthifie (a). ' 

[il ) Et non pas dans la morve , comme le dit M. Bourgelat, Elém. de l’art vétér. fag. ^22. Anatomifte ôc praticien comme il 







PI. XL. 














..a:ïl .n 



iî 

: ï 

i I ' 
l-l . 











E(iiell^ JÀirvFùX 


.Poucas. 




. PI. XL.. 















5 P L A N C H N O L ' O G I E, 


IIL 

Les lobes pofterieurs, qui conftituent la plus grande partie du poumon, font arrondis fupé- 
rieurement dans toute la face qui regarde les vertèbres du dos &: les côtes; ils font applatis 
dans la face qui les regarde entr’eux ; ils font aufli applatis dans la partie poftérieure tournée 
vers le diaphragme ; façon qu’ils forment, à leurs extrémités , une ligne faillante en 
manière de cercle. Outre ces lobes, il fe trouve entre les lobes antérieurs de petites appen¬ 
dices de poumons , qui varient très fouvent quant à leur volume & à leur figure. 

Les poumons font un compofé de vaifiTeaux fanguins & de vaifiTeaux aériens , dont, les 
extrémités forment de petites cellules qui fe remplifient d’air dans le mouvement de refpira- 
tioii. Les poumons font enveloppés d’une membrane lifle & polie afièz forte, qui paroît être 
la continuation de la plevre. Les vaifiTeaux fanguins font i.° des diftributions de l’artère 
pulmonaire, qui commencent par deux branches , lefquelles fe divifent en une grande 
quantité de ramifications ; XP quatre veines pulmonaires, qui rapportent le fang d’une 
très grande quantité de veines. Les vaifTeaux aériens font la continuation de la trachée- 
artère : celle-ci eft un conduit compofé, de plufieurs anneaux cartilagineux, féparés entr’eux 
par des membranes très fortes qui les unifiTent enfemble ; il prend fon origine au bas du 
larynx, defcend le long du col, entre dans la poitrine de la longueur d’un demi pied, & 
va fe terminer au poumon où elle fe bifurque en deux principales branches, qui fe divifent 
elles-mêmes dans chaque côté du poumon. Ces vaifiTeaux retiennent le nom de bronches ; 
les extrémités de ces bronches ne font point compofées d’anneaux ainli que la trachée-artère, 
ni de tiers d’anneau, de même que les bronches; mais de petites membranes comme celles 
des vaifieaux fanguins : ces vaifiTeaux aériens fe terminent par de petites cavités ou cellules 
auxquelles on a donné le nom de vefiTiculès pulmonaires (a). 

La trachée-artère, ainfi que les bronches du poumon, font tapiffées d’une membrane très 
forte ÔC veloutée , fur laquelle on remarque une très-grande quantité de petits points 
regardés comme autant de glandes deftinées à filtrer une liqueur mucilagineufe, qui enduit 
les parois de cette membrane, & empêche la trop grande aftion de l’air fur elle. Quand on 
examine cette-membrane dans la trachée-artère elle paroît comme ridée: elle eft même déta¬ 
chée du derrière de la trachée-artère ; ce qui en facilite la dilatation dans les mouvemens 
de refpiration. Sa couleur eft d’un blanc fale : pour peu qu’il arrive quelqu’expeftoration 
forte & réitérée , elle eft d’un rouge pâle ; dans les inflammations du poumon venues 
à la fuite d’une courfe, ou autre caufe, elle eft rouge comme de l’incarnat ^ cette rougeur 
n’eft produite que par la grande quantité de vaifTeaux fanguins qui y abondent, ou de 
vaifiTeaux lymphatiques remplis de la partie rouge. 

Les poumons n’ont point d’aaion par eux-mêmes ; ils ne font mis en jeu que par le 
mouvement d’infpiration ÔC d’expiration : dans le premier , 1 air entmnt dans es poumons 
les gonfle au point qu’ils remplifTent toute la capacité de la poitrine. Ce mouvement s opéré 
par Timpulfion du diaphragme de devant en arrière, ou, pour mieux dire , dans fon rel⬠
chement , par l’aaion en général des mufcles infpirateurs qui fervent à dilater la poitrine: 
dans le fécond , le diaphragme remonte en fe contraaant, les mufcles expiratems entrent 
également en contraaion, & par conféquent rétréciftent la poitrine & obligent 1 air a fortir 


l’eft , on doit être furpris de l’entendre parler Charenton ,^aa 

ü ^ ^ 0... pui.o- 

U ) Ce fontdans des petites véficules qu’il fe trouve fouvent Je poumon comme le fiége. Ces 

a^es, & que bien des perfonnes ont cru être la caufe de la î"orve dont on 

Hercules plâtreux ne gênent en nen la refpiration, ^ jJ pouffe : acadent qui arrive aux jeunes chevaux comme 

eurs chevaux poüffifs ; ce qui eft par confequent une des caules de p 

QX vÎphv 













H I P P O T O MI E, 


pas 


des poumons qui, d’ailleurs, s’afFailTent par leur propre poids ; ce qui ne contribue 
peu à l’expiration. 

ç.'» V Œ s O P H A G E, 

L’œfophage eft ce canal cylindrique qui eft fitué entre les lobes du poumon, règne I 
long de l’artère aorte, fans y toucher, fe porte à gauche, & enfuite perce le diaphragme ou 
aller à l’eftomac : il commence aü pharynx , dont il eft une continuation, defcend le 1 
6c derrière la trachée-artère , puis étant parvenu vers la cinquième 6c fixième vertèbres 
cervicales , il fe porte à gauche de la trachée-artère pour entrer dans la poitrine, oii a r' 
avoir rampé le long des différentes parties, que nous venons de décrire, il va s’aboucher ' 
l’eftomac. Extérieurement , il eft rougeâtre , 6c blanchâtre intérieurement. Il paroît com 
pofé de deux tuyaux renfermés l’un dans l’autre. La' partie rougeâtre eft , à proprement 
parler, un mufcle creux , dont la plufpart des fibres font longitudinales, les autres font 
circulaires, l’on en voit peu d’obliques ; cette partie tient légèrement à la fécondé par un 
tiffu cellulaire : celle-ci eft une membrane très épaiftè 6c liffe ; les plis confidérables que 
,1’on y remarque font juger de fa largeur, 6c prouvent qu’elle n’eft point élaftique, mais 
qu’elle fe détend fuivant le plus ou moins de volume d’aliment qui y paffent. Elle borne 
elle-même la dilatation du canal charnu dont nous venons dê parler , 6c empêche que la 
trop grande dilatation de fes fibres ne lui faffe perdre entièrement leur reffort. J’ai trouvé 
en effet, dans quelques chevaux la membrane interne déchirée : la charnue ou l’externe 
diftendue de la groffeur d’une bouteille 6c plus, & fes fibres devenues fquirrheufes. Ce 
phénomène , obfervé par quelqu’amateur de rêveries 6c de nouveautés , auroit pu lui faire 
dire que c’étoit un fécond eftomac , 6c fa prétendue découverte, qu’il auroit publiée avec 
emphafe , eût grofti le nombre immenfe de tant d’obfervations imaginaires 6c ridicules. 
La fonêlion de l’cefophage eft d’ouvrir un paflàge aux alimens dans l’eftomac ; 6c pour 
en favorifer la déglutition, ce canal eft humefté non feulement par la falive qui en découle, 
mais encore par un fuc qui lui eft particulier. 


LE THYMUS. 


Le thymus eft un corps fp»ongieux à peu près de la même fubftance que le poumon, & 
de la même couleur ; il eft de la groffeur d’une demi-bouteille ou environ dans les pou¬ 
lains , 6c peu confidérable dans les chevaux. Il eft fitué à l’entrée de la poitrine, au-deffoiis 
de la première divifion des vaiffeaux qui partent du cœur, entre les deux lames du médiaftin. 
Ce corps n’a point de figure déterminée 6c l’on n’y remarque point de lobes : il paroît 
compofé de différens paquets glanduleux. En le fendant avec le fcalpel, ou en le compri¬ 
mant , on en fait fortir beaucoup de férofité un peu épaiffe & blanchâtre. Ce corps eft 
fouvent attaqué dans les poulains , c’eft-à-dire , ulcéré , ce qui leur caufe la mort ; lorf- 
qu’ils en réchappent, 6c en vieilliffant, le refte de la glande fe fond, & la partie gâtée 
ou purulente produit une petite tumeur plâtreufe qui ne fe diftipe jamais, 6c ne nuit aucu¬ 
nement à l’animal. 




ARTICLE 






SP L ANCHNO L 0 GIE.' 


article troisième. 

DU VENTRE POSTÉRIEUR ou RAS-VENTRE, 

L Ë bas-ventré ou veiltre poftérieur eft le plus confiderable dès trois ; il s’étend depuis 
le diaphragme jufqu’au baffin , ou depuis le cartilage zyphoïde jufqu’à la fymphyfe 
des os pubis. Le bas-ventre efl; borné en devant, par le diaphragme; en arrière, par les os 
innominés ; fupérieuremeiit par les vertèbres lombaires j inférieurement & latéralement par 
les murcles abdominaux. On diftingue le bas-ventre en parties contenantes & en parties 
contenues. Les contenantes font celles que je viens de nommer ; les contenues font les 
vifcères qui y font renfermés. 

Pour bien alTigner la place de chaque vifcère , l’on a divifé cette cavité en trois parties 
ou régions , qui chacune fe divife encore en trois* Les trois premières régions font , 
Pépigaftrique , l’ombilicale & l’hypogabrique. 

La région épigaftrique s’étend depuis le cartilage zyphoïde jufqu’à fix ou fept travers de 
doigt au-delTus du cordon ombilical. 

La région ombilicale s’étend depuis la précédente, jufqu’à cinq ou fix travers de doigt 
au-deflbüs de ce même cordon. 

La région hypogaftrique s’étend depuis cette dernière jufqu’à la fymphyfe des os pubis. 
La partie moyenne de la région épigaftrique fe nomme l’épigaftre ; 6c les côtés, hypo^ 
condres ; àinfi il y a un bypocondre droit 6c ün hypocOndre gauche. 

La partie moyenne de la région ombilicale eft appellée , ombilic ; 6c les latérales , 
lombes. 

La partie moyenne de la région hypogaftrique à reçu le nom d’hypogaftre ; 6c les 
latérales , celui de flancs ; il eft inutile de faire entrer dans cette divifion le pubis 6c les 
aines, qui font tous extérieurs, 6c qui ne forment aucune cavité où foient renfermés des 

vifcères. , , 

Dans l’bypocondre droit font contenus le petit lobe du foie (a) , 6c üne portion de 
l’inteftin colon. Dans l’hypocondre gauche fe trouve la petite courbure de l’eftomac 6c 
fon orifice cardiaque , la pointe de là rate , une portion de l’épiploon 6c une portion du 
colon. 

Dans l’épigaftre fe trouve u^e portion de l’eftomâc , l’épylore, une pârtie du duodé¬ 
num , une portion de l’omentum ou épiploon, le pancréas , le grand lobe du foie. 

La veine porte en partie , la veine cave & 1 aorte en partie, 

Dans la région lombaire droite fe trouve une partie du colon & du cœcUm , le rein 
droit, la capfule atrabilaire , le rein fuccintUrial, les artères & les veines émulgentes. 
Dans la région lombaire gauche font fitués le rein , & le rein fuccmturial, la capfule 
atrabilaire, la plus grande partie de la rate, le commencement de l’artère, de même que 
du côté droit. 

Dans la région ombilicale fe trouvent les Inteftlns grêles , le cæcum 6c fon appendice, 
dont la pointe fe trouve entre l’arcade du colon , regardant l’épigaftre , l’artère aorte & 
la veine cave en partie , les méfentériques , le méfentère, une partie de épiploon. 


( a ) Et non le grand lobe, comme le dit M. Bourgelac , Sc qui fai: touiours comparaifon avec 1 h^me. 

Qq 









H I P P O T O M I E. 


Dans la région hypogaftrique font logées la matrice, dans les jumens, la veille ^ j 

reélum en partie. Dans les flancs fe trouvent les ovaires dans les jumens, les tefticules dans 
les jeunes poulains. La partie paftérieure de l’hypogaftrique forme le balTin qui contient 
partie la matrice dans les jumens ; 6c une partie du vagin dans les chevaux, le refl 
6c la veflie. 

I.o DE CHAQUE FtSCÈRE E N P A R TI C U L1 £ R 
ET DU PÉRITOINE. 

Tous les vifcères du bas-ventre font enveloppés, plus ou moins, d’une membrane très 
forte , lilTe 6c polie , qui tapilTe elle-même cette grande cavité : on la nomme péritoine • 
on Papperçoit dès que Pon a enlevé les mufcles abdominaux. La face externe, celle qui 
regarde les vifcères ou les mufcles abdominaux , eft inégale 6c cellulaire. Je ferois fort 
porté à croire que cette membrane eft la réunion générale du tiflu cellulaire. L’interne eft 
liflè , polie 6c percée, dans prefque toute fon étendue, de petits trous, qui lailTent échapper 
une férofité lymphatique, dont Pufage eft d’humeéler la furface des vifcères, de peur qu’ils 
ne viennent à s’ufer ; ce qui occafionneroit beaucoup de douleur ; ces ouvertures font 
aftèz fenfibles dans les hydropifies de bas-ventre. 

Le péritoine , en général, par fes différentes duplicatures , fert de foûtien à prefque tous 
les vifcères du bas-ventre, tels qu’au foie, aux inteftins , aux reins, 6cc. 

2.“ DE V EST O MAC 

L’eftomac , autrement dit ventricule, eft un fac fitué prefqu’entièrement dans Phypocon- 
dre gauche , derrière le diaphragme, prefqu’horizontalement ; fa forme eft quafi fphérique 
quand il eft foufflé ; il eft un peu allongé quand il eft vuide ; ce qui lui donne la ligure 
d’une corne-mufe. On y confidère la partie antérieure 6c la partie poftérieure ; celle-ci 
eft arrondie, 6c s’appelle la grande courbure de Peftomac j l’antérieure eft concave, c’efl la 
petite coiu'bure. 

Les extrémités ou les parties latérales qui regardent les hypocondres, fe nomment fond 
ou cul-de-fac de Peftomac : le plus conlidérable eft à gauche , 6c le petit à droite. On 
remarque à Peftomac deux ouvertures ; fçavoir, l’entrée 6c la fortie ; elles fe trouvent toutes 
deux à la petite courbure de Peftomac. La première de ces ouvertures eft fituée imme'dia- 
tement au-deflbus du diaphragme, un peu plus en avant que l’autre , 6c fe nomme orifice 
cardiaque : l’autre , fituée un peu plus en arrière 6c un peu plus en bas , eft nommee 
pylorCi 

L’eftomac eft Compofé de cinq membranes. 

La première, qui eft extérieure 6c la plus étendue de toutes , eft lifte 6c polie exté¬ 
rieurement, 6c cellulaire intérieurement ; ce n’eft autre chofe que la continuation ou la 
diiplicature du péritoine. 

La fécondé , charnue 6c mufculaire , eft compofée de fept plans de fibres , dont le 
premier entoure Peftomac circulairement ; k fécond eft une bande tranfverfale, qui s’étend 
depuis le pilore , 6c va fe terminer à la grande courbure , fur laquelle il s’épanouit; le 
troifième eft un tiftu de fibres fituées tranfverfalement, 6c qui entourent le petit fond de 
l’eftomac ; le quatrième eft formé de fibres ramaftees par faiftèaux ou par bandes , qui 
partent du bas de l’orifice cardiaque, entre l’orifice 6c Phypocondre gauche, pour fe terminer 
au grand fond de Peftomac ; le cinquième plan, fitué au-deftbus de ceux-ci, part de la 
partie poftérieure de l’orifice cardiaque , pour fe porter de même par bande vers le 





n.xzz. 



De> LvFo,i\s'e del 
























n.xn:. 










SP L A N C H N O L O G I E, 


155 


fond de l’eftomac , dans le fens contraire à Pautre ; le fixième eft fitué fur le grand fond de 
l’eftomac & compofé de fibres circulaires ; le feptième part de la petite courbure, pour fe 
répandre par faifieaux en divergence fur la grande courbure. La plufpart de ces fibres, tant 
d’un côté que de Pautre de Pefiomac , viennent fe réunir à la grande courbure , en 
formant une petite ligne blanche ; les autres pafTent & entourent Peftomac. Ces différens 
plans fervent, en partie, aux différens mouvemens de digeftion , & à la rétrogradation des 
alimens dans Pœfophage. 

La troifième membrane eff un plaii de fibres fitués au-deffous de la précédente, qui eft 
de fibres blanchâtres, rangées en tous fens, appellée membrane nerveufe, à caufe de fa fen- 
fibilité ; mais l’expérience m’a appris que la charnue étoit aufti fenfible; ce qui prouve qu’il 
fe diftribue dans celle-ci beaucoup de nerfs. 

La quatrième membrane eft placée en dedans de Peftomac , vers fon grand fond ; elle 
eft blanchâtre, liffe & polie , quoiqu’elle paroiffe ridée dans Paffaiffement de Peftomac : c’eft 
la continuation de celle de Pœfophage. Elle eft humeftée de la même liqueur. 

La cinquième eft très diftinae de la précédente , bien qu’elle tapiffe de même la partie 
interne de Peftomac. Ce vifcère a beau être tendu, cette membrane eft toujours lâche. Elle 
eft grifâtre, mammelonnée , & entrecoupée de petites bandeS blanchâtres ; elle contient 
plufie.urs petits points olivâtres , appellés glandes gaftriques, qui fourniffent un fuc ou 
liquide du même nom, qui fert de troifième préparation â la digeftion : la membrane velou¬ 
tée eft prefque toujours tapiffée de vers dans les chevaux ; il en eft peu chez lefquels 
il n’y en ait point. Ces vers font petits , rougeâtres, velus, d’une forme ovalaire ; ils pro¬ 
viennent des œufs d’une mouche nommée œftre [ œjîrus ani equoriim , linnœus ] : la larve 
[ou le vers] de cet infeae fe tient attachée à Peftomac par deux grappins qu’elle a à fa 
tête ; il eft difficile d’appercevoir fa bouche ; on di'ftingue fei^lement trois petits trous par 
lefquels elle fuce le fuc des alimens : fes grappins font très durs & d’une matière femblable 
à la corne : ils font recourbés comme des crochets à pendre de la viande de boucherie, 
& pour ainfi dire , adoffés l’un â Pautre. On remarque, encore à ce vers, onze Wineaux 
bordés de poil; fa longueur eft d’environ cinq lignes, fur environ trois de largeur. Cette 
larve demeure conftamment attachée , ôc fans changer de place, à la paroi^ de Peftomac, 
jufqu’au moment où elle va fe changer en chryfalide ; pour lors, elle fe détaché, paffe le 
long du canal inteftinal, tombe avec la fiente, & fe change enfuite. Tous les vers qui fe 
trouvent dans Peftomac ne parviennent pas heureufement jufqu’â l’anus : je me fuis affuré, 
en ouvrant plufieurs chevaux , que nombre de vers avoient été triturés par le mouvement 

vermiculaire des inteftins. ^ ^ 

Quoique ces vers ne foient pas dangereux pour les chevaux , il eft neanmoins a propos 
de leur donner de l’huile ou des amers , tels que la fuie de cheminee avec du lait, de la 
diicoftion d’abfmthe , ou autre. La mouche qui produit ces vers eft noire & velue ; fes 
pattes font jaunâtres, elle naît au mois de juillet, entre dans les ecuries , voltige amour de 
la tête des chevaux ou de l’anus , les tourmentent & les agitent. Comme elle depofe fes 
oeufs fur le foin, dont le cheval fe nourrit, on ne fçauroit empecher quil navale ces 
germes qui êclofent dans fon eftomac. Il y a d’ailleurs au pylore de petites bandes char- 
nues & tendineufes qui fervent à fa dilatation : le pylore fe trouve muni un 

bourlet, qui eft un trOuffeaii de fibres circulaires. Le quatrième, cinquième eptieme p ans 

de fibres de la même membrane charnue, forment, â leur origine, Porifice cardiaque. C eft cette 
difpofition & cet arrangement de fibres qui empêche le cheval de vomir. pr s ^ 
même. Peau ou Pair que l’on introduit dans le ventricule, n’en fçauroit fortir; plus 1 efto¬ 
mac eft plein, plus fes fibres font en tenfion , 6c plus elles ferment etroitement 1 orifice 






H I P P O T O M I E. 


i')6 


cardiaque , dont le relTerrement augmente en proportion des efforts que Panimal^îj' ** 

vomir, & en proportion du fpafme qu’éprouve l’eftomac. M. Bertin , qui a é 
dernier fur l’eftomac du cheval , auroit dû découvrir cette caufe. L’orifice cardia 1 ^ 
point , comme il le dit , deux mufcles particuliers , mais bien trois mufcles qui font^ 
muns au cardiaque & à l’eftomac, La preuve que ces bandes charnues font les n ‘ 
agens de la contraélion de l’orifice cardiaque, eft que, quand l’eftomac eft ouvert ou f 
l’on porte aifément le doigt de cette capacité dans l’œfophage : pourquoi donc le V 
aqueux ou aérien ne paffe- t-il donc pas de même ? Qui peut s’y oppofer, fi ce n’ ^ 

contraélion de ces bandes charnues. J’ai tenté plufîeurs fois de faire fortir& l’eau & l’air ‘ ’ ^ 

jamais pu réuftir quand j’ai rempli l’eftomac; mais il n’eft fouvent arrivé d’en faire pafT^^ 
lorfqu’il y en avoit peu, principalement en preffant vers le petit fond de l’eftomac • 
plus je tendois le ventricule, moins il en fortoit, tant que l’animal eft vivant, l’eftorn 
créveroit pluftot que de laiffer paffer quelques alimens par l’orifice cardiaque. Cet accident 
arrive fouvent. En 1760 j’affiftai, dans deux voiries , à l’ouverture de plufieurs chevaux 
qui étoient morts de tranchées, &C dont l’eftomac étoit déchiré dans leurs grandes courbures* 
Ce qui prouve encore plus que c’étoient ces bandes charnues qui empêchoient le vomiffe^ 
ment, c’eft que les efforts de l’eftomac, qui furvenoient immédiatement après la rupture 
de ces bandes , fans que la veloutée le foit, chaffoient, par l’œfophage, les alimens qui 
tomboient enfuite par lés narines ; ce fymptome , que j’ai annoncé dans mon guide du 
maréchal , eft toujours un figne caraftériftique de la rupture de l’eftomac. 


Les artères viennent du tronc cœliaque, lequel fe portant de droit à gauche, monte k 
defcend le long de la petite courbure, où il fe partage en deux branches, La première fe 
répand fur le petit fond de l’eftomac ; l’autre fe porte en arrière pour aller à la grande 
courbure & à l’épiploon. De cette même divifion, part une branche qui s’étend fur le py¬ 
lore, & fe continue fur le duodénum. Toutes ces pofitions ont fait appeller ces artères 
coronaires, ftomachiques, gaftro-épiploiques & pylorqiues. 

Les veines font en même quantité ; elles accompagnent les troncs artériels, & ont retenu 
le même nom. 

Les nerfs, qui vont fe diftribuer à l’eftomac, viennent de la huitième paire. 

L’ufage de l’eftomac eft de recevoir les alimens, & de les digérer. 


3," DES INTESTINS OU B O Ÿ A U X. 


On appelle de ce nom le conduit qui règne depuis l’eftomac jufqu’à l’anus. On diftiii- 
gue les inteftins en greles ou minces, & en gros ; les premiers font le duodénum, le jéju¬ 
num & l’iléon ; les gros font le cæcum , le colon & le reftum, 

. Tous les inteftins , à l’exception du duodénum , font attachés oü fufpendus par le moyen 
d une membrane defignee fous le nom commun de méfentère ; mais elle prend celui de 
mezereon a la partie qui tient les inteftins grêles ; 011 appelle méfocolon , la partie ou eft 
attache le colon ; & mefo-reélum, celle qui aftujettit l’inteftin reélum. 

Le MESENTERE, eii general, eft compofé de deux feuillets, qui ne font autre chofe 
que la duplicature du péritoine, lequel, après avoir enveloppé les inteftins, reiifenne les 
altérés & veines mefenteriques & laftçes , puis va s’attacher aux vertèbres des lombes. 

Le mefentere eft lifîè & poli extérieurement. La partie , qui unit fes deux feuillets , eft 
cellulaire. 

Les intestins font compofés de quatre membranes ou tuniques. La première eft fonnee 
du péritoine, ou, pour mieux dire, du méfentère. La fécondé eft charnue & compofee 
deux plans de fibres ; les plus extérieures font longitudinales, & les internes font circulaires. 

La 
































’î-,-^ =.v>T4ii,j' < *1^- '"ft^'t '*"ï'rt% fr.r^^^r- ^ - \^. 


1 ^ 



:yA'W:. 


teiilfiiK'îilifc 


/'r 


iîiW’ 


:î|ps 

‘ 4 ^^- 




'WîliliiiliKîlii- 
fiJ 31 

Vf'-' ' "■ ■.'., ■ ' Ail 

'' ' ■ '. liiü;-' 




«ii 






. .. 


liiÜ^ff 






J 4 • 




.ïiiWmiii ■ 


mjmm 

r 

f î ^ 1 < ^■'- 

.. 


'PC'%Sî!P'î!*,;ss... *.,^(^41 = ,,,,,.,. : 


RIfiilMiSii® 


î-iî*ïS^’luj*i£Ç‘-*K’É, ti-^ÿ ïîî#i it 



4’^‘ r ï'- -SSî^'j ' . 


{ 





































m:. 


'*1 
























































































r 

j' 


I 



I. 






s P L A N C H N O L O GIE. 


157 


I,a troifièiiie tunique eft nerveiife , de même que celle de Peflomac. La quatrième eft ve¬ 
loutée ; elle eft d’un blanc fale, & mammelonnée ; c’eft fur elle que gliftent les alimens : on 
y confidère différens petits points , & plufieurs petits trous , qui font l’embouchure des 
vaifteaux laêlées. 

Le duodénuivï commence à l’orifice du pylore, fe porte dans l’hypocondre droit, en 
s’éloignant du foie, fe recourbe enfuite pour croifer les vertèbres des lombes, en croifant 
de même la veine cave & l’artère aorte , où il fe termine. On confidère au duodénum, à 
quatre travers de doigt de, fa longueur , deux ouvertures qui font à un pouce de diftance, 
où aboutilfent le canal cholédoque & le canal pancréatique. L’artère , qui rampe fur 
fon corps , eft produite par une branche de la cœliaque, 6c eft appellée duodénale. Il n’eft 
pas attaché, comme les autres, par le méfentère, fi ce n’eft vers les lombes, à fa jonêlion 
avec le jéjunum. 

Le jéjunum commence où finit le précédent ; il eft vacillant dans la capacité du bas- 
ventre , où il fait différentes circonvolutions , vers la région ombilicale. 

L’iléon , ainfi nommé parce qu’il occupe les foffes iliaques , eft d’une longueur 
confidérable , puifqu’il s’étend depuis la fin du précédent jufqu’au cæcum. Il fe diftribue, 
dans l’intérieur de cet inteftin , une plus grande quantité de vaiffeaux fanguins que dans 
les autres. Il paroît • entrecoupé par des cercles membraneux que l’on a pris pour des 
valvules , bien qu’ils n’empêchent pas les matières de rétrograder. 

Ces trois inteftins, par leurs pofitions , fe trouvent vacillans fur les gros ; ce qui faci¬ 
lite le mouvement périftaltique ; ce qui eft caufe que les alimens n’y féjournent guère & 
ne font que paffer, quoiqu’ils foient parfemés d’un fort grand nombre d’orifices de vaiffeaux 
laftées. 

Les deux derniers inteftins font quelquefois remplis, plus ou moins, de vers blancs & longs, 
qui donnent des tranchées aux chevaux , & leur procurent fouvent la mort, mais qui, 
pour l’ordinaire, les fait tomber dans le marafme. Ces vers, que M. Linnéus appelle afcaris 
vermicularis > font de la longueur de huit à neuf pouces , & même quelquefois de onze 
environ. Ils font cylindriques, & cependant pointus par les deux bouts , dont l’un eft la tête, 
& l’autre la queue. La tête repréfente trois mammelons en forme de trefle , comme le 
réceptacle du tithymale , de forte que la bouche forme trois lèvres : à deux pouces envi¬ 
ron, eft un petit rétréciffement, dans lequel on apperçoit un trou qui fert à la coopulation. 
L’anus de cet animal eft une petite ouverture tranfverfale, qui eft a deux lignes de 1 extré¬ 
mité. En ouvrant ce ver le long de fon ventre, on diftingue deux bandes charnues corn- 
pofées de fibres très courtes, qui vont fe terminer à chaque petit anneau ; car la peau, qui 
recouvre cette efpèce d’afcaride, eft compofée d’anneaux auffi fins que des petits feuillets de 
cornes. Si l’on confidère la partie interne du bas-ventre , on découvre deux efpèces de 
hoyaux ; l’un s’étend depuis la bouclie jufqu’k l’anus , & eft plus large dans certains 
endroits que dans d’autres ; fa couleur eft brunâtre ; les autres, tant petits que gros , font 
blanchâtres ; on auroit tort de les prendre pour des boyaux , ce font des vaiffeaux fper- 
matiques qui viennent aboutir au trou dont nous avons parle ci-deffus. CeS Vers fe trou¬ 
vent auffi dans les gros inteftins. Pour les détruire , on a recours aux remedes employés 
pour tuer ceux de l’eftomac. 

Le C(eçum , le premier des gros inteftins , eft âinfi nomme de ce qu il ne paroît pas 
avoir de fortie. Il eft très confidérable : fa figure eft pyramidale. 11 eft fitué au milieu de 
l’abdomen, depuis l’hypogaftre jufqu’au-devant de l’épigaftre, proche le cartilage xiphoïde. 
Sa pointe forme ce que l’on appelle l’appendice, ou cul-de-fac du cæcum; il eft très 
fpacieux , & eft attaché par le péritoine un peu en arrière du rein droit. On confidère 







HIPPO T OMI E, 


158 


extérieurement fes plis & replis , & trois fortes bandes ligamenteufes, qui paroiiTe 
partager en trois, & qui donnent du foûtien aux poids des alimens ; intérieurement ^ 
dans fa longueur, fe voient des bandes membraneufes qui fervent à Pexpulfion des^ mat‘^ 

que 


rembouchure de l’iléon , deux replis qui forment 


: matières de remonter dans 


res ; on remaque en outre , 

l’on appelle valvule du colon , dont l’ufage eft d’empêcher les 
les inteftins grêles. 

C’eft dans l’appendice de cet inteftin, ou à fa pointe, que fe forment pour l’ordinaire I 
pierres inteftinales. J’en ai dans mon cabinet qui ont huit pouces de diamètre, & qui 
treize livres. Il n’eft peut-être pas difficile de concevoir comment ces fortes de pierres peu 
vent fe former Dans les quadrupèdes, & principalement dans le cheval, l’inteftin cœciim 
eft attaché vers les lombes par le péritoine ; fa pointe, par la pofition du cheval, tombe 
fur les mufcles du bas-ventre , & touche immédiatement au péritoine. De forte que hs 
matières pefantes defcendues au fond de cette appendice, ne pouvant pas remonter, y féjour 
nent & y durciffient. Tant que cette pierre n’eft point chaftee du lieu qu’elle occupe & 
refte immobile, le cheval fouffre peu; mais lorfque par fa pofition ou par quelque mou¬ 
vement du cheval, elle eft déterminée à remonter & à enfiler le canal inteftinal, elle excite 
alors de vives tranchées , fur-tout quand elle fe trouve à la valvule du colon , ou qu’elle 
a parcouru affiez de chemin pour paffer du colon dans le reélum, comme cela arrive alTez 
foLivent. Les douleurs, qu’elle fait reffientir au cheval, reffiemblent à celles qui font caufées 
par un volvulus , ou defcente d’inteftins avec arrêt des alimens. Il eft difficile de s’apper- 
cevoir de cette maladie ; d’ailleurs , le mal eft incurable. 

Les pierres formées dans les inteftins des chevaux , font de deux efpèces. Les unes, 

légères , ne font qu’un amas de bourre , de poil & d’alimens ; on les nomme égagropile; 

[calcidus œgagropila Linn. ]; mais ce calcul ne fe trouve jamais dans l’eftomac ; ce qui 
eft au moins fort rare. Je n’y en ai point vu , non plus que plufieurs écarriffieurs que j’ai 
confultés. Les égagropiles fe forment quelquefois fort promptement, & reftent un temps 
infini, fans acquérir plus de groffieur : elles font unies extérieurement, comme fi elles 
étoient enduites d’un vernis fur lequel rien ne peut s’attacher ; mais, fi par hazard il fe 
trouve dans les inteftins quelques corps durs ou des fubftances non digérées , comme du 

bois, qu’un cheval pourra avoir mangé ; ils enlèveront le poli de ces pierres en plufieurs 

endroits , fur lefquels ne tardera pas à s’amaffier une quantité prodigieufe de même matière 
qui formeront comme deux boules enfemble , ou comme une calotte fur un autre. En 
coupant ces fortes de calculs , il eft difficile de s’appercevoir du centre. Les autres pierres 
des inteftins différent beaucoup des premières, & par leur nature, & par leur poids ; car, a 
volume égal, elles pèfent deux tiers de plus : on les nomme bézoards ; ce font de véritables 
pierres , qui toutes ont , dans leur centre , pour principe un noyau plus ou moins gros ; 
c’eft pour l’ordinaire un grain de fable de la groffieur d’une groffie tête d’épingle. Ces 
bézoads fe forment de deux façons dans le cæcum , ou concentriquement ou excentrique¬ 
ment. La première façon fe fait par couches , 6c la fécondé par de petits grains pofes les 
uns fur les autres en forme de fibres radiées ; c’eft comme une pierre d’aimant chargée 
de limaille de fer. Les bézoards, formés par des couches concentriques, & quelquefois les 
autres , font enduits d’un poli reffiemblant à de l’émail ; ce qui prouve que les uns ni 
les autres, n’aquièrent plus de volume, principalement les dernièrs. Quoique pour l’ordinaire 
les bézoards foient ronds , il s’en trouve néanmoins de plats & arrondis , de quarres, 
mais dont les angles font ufés, il y en a auffi de triangulaires. Telles font les figures les 
plus communes , fous lefquelles s’engendrent ces pierres animales. 

Le colon, qui eft le fécond des gros inteftins, eft le plus ample des trois. Il commence 







s P LANCHNOLGGIE. 


15:9 


à la fin du cæcum plié , & fes deux portions font unies Pune k Pautre par le méfentère, 
nommé en cet endroit méfo-colon, qui efl: très peu confidérable, il forme dans le bas- 
ventre, dans la partie la plus bafie, une arcade ; c’efi: entre cette arcade que vacillent & fe 
meuvent les intefiins greles ; de façon que par la pofition du cheval, le cæcum & le colon 
fervent de bafe aux intefiins grêles. Cet intefiin fe porte tout autour du bas-ventre , en 
palTant vers le diaphragme , & enfuite fe porte vers les os des iles, où il fe replie pour 
décrire le même chemin, & fe terminer vers Phypogafire au reêinm ; cet intefiin efi plus 
étroit dans cette partie que dans fes deux extrémités. 

Le colon efi compofé de même que le cæcum , on y remarque aufii trois bandes 
tendiiieufes ; intérieurement, fes plis font plus marqués, comme dans le refie des intefiins; 
on apperçoit fur la membrane interne plufieurs points glanduleux : il y a même des vaifieaux 
lafiées ; il efi fingulier que leur exifience ait été niée par quelques hippotomifies, puifquùls 
font afiez vifibles. D’ailleurs , ces deux gros intefiins , mais principalement ce dernier, 
font toujours remplis d’alimens très liquides & k demi-digérés , qui n’ont pas encore 
perdu leur couleur : que deviendroit donc le fluide , s’il n’étoit point porté au réfervoir 
de Pecquet .> Dans tous les chevaux bien confiitués, dont la fiente efi jaunâtre , folide , 
maronnée , les gros intefiins font remplis de liquide. Comme il ne fçauroit rétrograder a 
caufe de la valvule, il faut donc néceflairement qu’il foit repompé par des vaiflèaux qui le 
portent dans la mafiè du fang. Il efi encore certain que la partie du méfo-colon , fituée 
proche les vertèbres des lombes , laifle appercevoir nombre de vaifieaux laêlées. 

Les artères , qui vont k ces intefiins , font fournies par la méfeiitérique antérieure : les 
nerfs viennent du plexus méfeiitérique antérieur. 

Le rectum , ou dernier boyau , efi la continuation du colon qui diminue de largeur ; 
il s’étend depuis la cinquième vertèbre des lombes jufqu’k l’anus , où il s’élargit vers le 
fphinfier avec lequel il fe confond. 

Ses tuniques font plus épaifies ; il a principalement une bande tendineufe , qui efi très 
forte ; il fait extérieurement & intérieurement différens plis qui donnent la forme au 
crotin. Cet intefiin étant parvenu dans le bafiin, rampe le long de l’os facrum & des premiers 
nœuds de la queue , & porte fur la vefiie. La partie du méfentère, où il efi attaché , efi 
nommée méfo-reêlum ; cette membranne fe rétrécit k mefure, qu’elle s’approche de l’extré¬ 
mité de ce boyau. 

Les, artères, qui s’y difiribuent, viennent de la méfentérique inférieure, & les nerfs du 
plexus méfentérique pofiérieur. 

Ce dernier boyau efi d’un pied & demi environ de longueur, & a quatre k cinq pouces 
de diamètre. Or, les feringues, dont on fe fert ordinairement, ne contenant pas plus de 
trois chopines, que peuvent faire de tels lavemens, donés dans l’intention de délayer non 
feulement les matières contenues dans le reêlum , mais même dans le colon ; il faut abfo- 
lument, lorfqu’il efi quefiion de donner des lavemens, en adminifirer trois de fuite ou 
avoir une feringue qui contienne quatre pintes ou quatre pintes & demie. Autrement ils 
font fuivis de peu d’efiet ; ils refient dans le reêfum, & pour peu que le cheval fafie 
quelqu’elFort, ou même quelque mouvement, il les rend. 

D E r É P I P L O O N. 

Cépiplo on efi une membrane très mince , appellee coëfie ; cette petite bande 
graifièiife s’attache k la grande courbure de l’efiomac, & fe porte en arrière vers la région 
ombilicale : il efi rare, en ouvrant les chevaux, de l’appercevoir, k moins qu’on ne dérange 
les gros boyaux. L’épiploon a une figure k peu près quarrée ; il efi compofé de deux 





H I P P O T O MIE. 


ï6g 

feuillets , qui contiennent, non feulement les artères & iveines épiploïques , mais même de 
petits vaifTeaux lymphatiques : il eft, comme l’on voit, fixe d’un côté , & vacillant de 
l’autre : il tient à la grande courbure de l’eftomac, au duodénum en partie , au colon 
principalement, à la rate, d’oii il reçoit les branches des vaifTeaux fpléniqiies. Les nerfs lui 
viennent de la huitième paire. 

L’ufage de cette membrane eft d’humeéler, par fa graifte, les inteftins , 6c d’en favorifer 
le mouvement. 

5 .» DU FOIE. 

Le foie eft un vifcère très confidérable, firué derrière le diaphragme, dans l’hypodion- 
dre droit , 6c en partie dans l’épigaftre. Sa figure eft aflez irrégulière ; il eft près d’un 
tiers plus large qu’il n’eft haut, c’eft-à-dire, qu’il s’étend plus, 6c du côté de l’eftomac, & 
du côté de l’hypocondre droit, qu’il ne le fait vers le cartilage xiphoïde 6c vers les vertè¬ 
bres des lombes. Il eft convexe, antérieurement, dans la partie qui regarde le diaphragme, 
légèrement concave, jpoftérieurement : fes bords font minces ; fa couleur eft d’un rouge 
brun. Comme tous les autres vifcères, celui-ci eft enveloppé du péritoine, on le divife en 
trois parties ; celle qui s’étend depuis la veine-cave jufqu’à Tépigaftre eft appellée le lobe 
gauche ou grand lobe; c’eft le plus confidérable (a). La partie, qui s’étend depuis l’autre 
côté de la veine cave jufqu’à l’hypochondre droit , eft appellée lobe droit ou moyen. 
Le troifième eft celui qui eft fitué , inférieurement , entre ces deux lobes ; ce dernier eft 
fouvent plus ou moins découpé , 6c paroît former d’autres petits lobes. Le grand lobe 
eft, pour l’ordinaire , aufti découpé dans fon bord latéral ; le lobe gauche ne Teft jamais, 
ou bien' rarément, fi ce n’eft dans fa partie fupérieure, où il fe trouve quelquefois une 
petite appendice qui ne mérite aucun nom. 

On confidère au foie trois ouvertures, 6c même quatre ; car la veine cave s’y trouvant 
embraftee en fait partie. Les trois autres font i.° la veine porte qui eft la plus confidérable: 
elle eft produite par les veines méfentériques , fpléniques , épiploïques , 6c fe porte de 
derrière en avant , en biaifant vers le foie ; fa longueur eft d’un demi-pied , 6c fon diamè¬ 
tre un quart de celui de la veine cave ; elle entre dans le foie où elle fe divife en deux 
branches principales, dont la plus forte va au lobe gauche, 6c l’autre au lobe droit ; là 
elle fe divife dans Tun 6c dans l’autre lobe , en plufieurs petites vénules. Cette veine eft 
fitiiée à deux pouces environ au-deftbus de la veine cave. a.° L’artère hépatique , qui eft la 
fécondé des trois, eft la moins confidérable de tous les troncs qui entrent dans le foie elle 
a environ un demi pied de diftance de fa bifurcation au tronc cœliaque ; elle entre eiifuite 
dans le foie à côté de la veine porte ; 6c un peu avant fon entrée, elle fe bifurque en deux 
branches principales, dont la plus grofie va au lobe gauche , 6c l’autre au droit. La troi¬ 
fième ouverture eft celle du canal cholédoque ou pore biliaire. Ce canal eft alTez confde- 
rable ; iT a deux pouces & demi , ou trois pouces environ ; il paroît fortir du grand 
lobe , étant fitué obliquement dans la partie moyenne du foie ; il fe porte de gau^e 
à droite , 6c va aboutir au duodénum ; intérieurement , il eft velouté 6c jaunâtre. ^ 
confidère , à fon embouchure , une valvule qui empêche la bile 6c autre liqueur e 
inteftins de rétrograder. , • 1 /T 

L’ufage de ce vifcère eft de recevoir le fang des parties dont nous avons paile ci ^ ’ 

d’en féparer la file, qui pafte enfuite par les vaifteaiix biliaires ; tandis que le refte du fang 



( d ) Comment M. Bourgelat ne s’eft-il pas apperçu de ce fait ? comment a-t-il pu avancer, Elém. de l’art véter. />4- 3^4’ ^ 
le grand lobe eft à droite ? cette remarque eft jufte pour l’homme & non pour le cheval. 










































EckelL ^un-Fiedy. 

I —% -- 


n.jŒiK 




























































s P L A N C H N O L 0 G I E. 


i6i 

va Te rendre à la veine cave. Des vaifTeaux biliaires, la bile enfile le canal cholédoque, pour 
fe jetter dans le duodénum, ou elle fert de favon, & prépare l’élaboration des alimens. 

Les nerfs du foie prennent leur origine du plextis hépatique, lequel vient de la huitième 
paire. 

Ce vifcère eft contenu par trois ligameiis , qui ne font que les différens replis du péri-^ 
toine ; fcavoir, deux ligamens latéraux fufpenfeurs, & un longitudinal rétrafteur: ces deux 
premiers font fitues a la partie fupérieure du diaphragme dans les hypochondres, & defcen- 
dent enfuite pour s’attacher au bord fupérieur de chaque lobe : le longitudinal s’étend 
depuis la veine cave , à fa fortie du foie jufqu’au cartilage xiphoïde ; il empêche que la 
maffe totale du foie'ne fe porte en arrière. 

Le canal cholédoque eft fouvent affeété de vers que l’on appelle douves [fafciola hepaticdi 
iJJVJJ’.] ; ces vers, qui s’engendrent ordinairement dans les ruminans, principalement dans le 
mouton, fe trouvent aftez fouvent dans les chevaux. Monfieur de Chalette, bon naturalifte, 
& très verfé dans l’équitation & dans l’art vétérinaire , connu d’ailleurs par fes ouvrages 
fur les maladies des chevaux & beftiaux , eft le premier [ quoiqu’il y ait plus de quinze 
ans que je l’ai démontré dans mes cours, & que j’en ai donné le mémoire à M. Ferrein, 
pour le préfenter à l’académie des fciences ] qui ait écrit que les douves exiftaftent dans 
les chevaux. Ces douves ont la figure du cœur , ou , pour mieux dire , celle d’un cerf- 
volant , que les écoliers enlèvent ; ils font plats, de la longueur d’un pouce, & larges à 
proportion. On leur remarque à la tête deux ouvertures, fituées au-deftus l’une de l’autre. 
Il s’en voit une troifième à l’autre extrémité , qui eft l’anus. Ces vers fe replient en 
forme de cornets dans le canal cholédoque. Les chevaux avalent les œufs de ces vers, qui 
fe trouvent dans les eaux douces , dans les fofles ; les alimens fecs , dont ils fe nour- 
riftent, n’en font point chargés. Ces vers ne détruifent nullement les folides ; ils ne font 
dangereux que îorfqu’ils font en fi grande quantité, qu’ils bouchent le canal cholédoque , 
& les autres vaifteaux biliaires ; d’où réfulte un engorgement au foie, qui tôt ou tard eft 
mortel. Ces infeêles , qui fembleroient devoir fe porter avec la bile dans le duodénum, 
ne s’y rencontrent cependant jamais. Ne pourroit-on pas foupçonner que ces animaux, nés 
dans une liqueur amère , & accoutumés à s’en nourrir , fentant, à l’embouchure de ce 
canal , une autre faveur , le remontent ; il eft certain au moins que je n’en ai point vu 
dans les inteftins. Les remèdes, contre ces vers, font les martiaux, & fur-tout les boiftbns 
réitérées des eaux non épurées de Pafli, qu’on fait prendre au cheval ; il faut lui en donner 
pendant huit jours, matin & foir. 

6° D U P A N C R É A S. 

Le pancréas eft fitué dans l’épigaftre. Sa figure eft irtégulière , fa couleür eft rofe- 
pâle. 'C’eft un amas de petits points glanduleux , unis ou collés par le moyen, d’un tiftu 
cellulaire, au colon, & au duodénum. Il eft recouvert, comme tous les autres vifcères, du 
péritoine. En fendant le pancréas, on apperçoit plufieurs vaifteaux fanguins, & des vaiftéaux 
blancs : ces derniers font en grand nombre j car chaque point glanduleux a fon tuyau , 
qui va répondre à un principal, nommé conduit pancréatique , long d’un pouce & demi 
environ, lequel fe rend enfuite au duodénum auprès du canal cholédoque (a) : il verfe, 
dans cet inteftin une liqueur blanche , grafte & favonneufe. 

Les artères du pancréas font fournies par le tronc cœliac^ue. Ses veines vont fe rendrê 
a la veine porte. Il reçoit fes nerfs du plexus hépatique & du grand intercoftal. 


( « ) Et non pas dans le canal cholédoque même, comme on.le lit dans les Elém. de Urt vetér. fag. 532 . 










HIPP OTOMIE. 


162 

Ce vircère eft deftinë à préparer la liqueur dont nous Venons de parler , & qui 
conjointement avec la bile , à perfectionner le chyle. 

Le canal pancréatique eft quelquefois rempli de vers, comme le cholédoque, mais dV 
nature différente. Ces infeéles, dont perfonne n a encore parle , 6c que les diftèftionu ^ 
les ouvertures fréquentes des chevaux nous ont fait fouvent appercevoir , font cylindrî.. 
ques, de la longueur de deux pouces environ : la moitié de leur longueur eft rouge ^ 
le refte eft blanc. La tête eft difficile à diftinguer de la queue : on peut croire cependant 
que la tête eft cette extrémité à laquelle on remarque deux efpèces de filamens , à peu 
femblables à ceux que portent les vers de Peftomac. Au refte, ils ne s’attachent point, ôc 
errent çà 6c là dans le canal pancréatique ; on n’en rencontre que très rarement dans le 
canal inteftinal. Les moyens de les détruire , font les mêmes ,que ceux que nous avons 
indiqués contre les vers du foie. . ^ 

Outre toutes ces efpèces , dont nous avons parlé , il s’en trouve une cinquième répan¬ 
due dans la capacité du bas-ventre , 6c errante fur les vifeères : ces derniers vers font 
longs de quatre pouces 6c plus , 6c minces comme des aiguilles ; ils font abfolument 
différens de ceux des inteftins. On n’a aucun figne qui indique que le cheval en foit 
incommodé ; 6c quand on en auroit de certain , comment y porter le remède ? on ne 
pouiToit avoir recours qu’aux injeftions ameres , faites apres la ponêlion. 

j-DELARATE. 

La rate eft un vifeère applati, bleuâtre, fitué dans la région lombaire gauche, en 
partie dans l’hypochondre du même côté ; fa ligure eft pyramidale ; fa pointe eft tournée 
en devant de l’hypochondre gauche. On y confidère trois bords ; un poftérieur, qui regarde 
le flanc gauche ; un latéral externe , qui eft très épais ; 6c un interne, fort mince. Il a 
par conféquent deux faces ; une, qui regarde les lombes, 6c l’autre, les inteftins : la 
première eft un‘peu convexe, celle-ci eft légèrement concave; elle eft recouverte de mênft 
par le péritoine , 6c affujettie par les différentes duplicatures de cette membrane , aux 
lombes, au diaphragme 6c même à l’eftomac par l’épiploon; 6c les vaiffeaux de la rate 
font l’artère , 6c la veine fplénique ; la première tire fon origine du tronc cœliaque, elle 
rampe le long du bord épais de la rate, 6c dans fon trajet , elle jette plufieurs petites 
branches, qui vont fe diftribuer dans fa fubftance. La veine, qui rapporte le fangde la rate, 
va fe décharger dans la veine porte. Il y a aufli des vaiffeaux lymphatiques , mais 011 les 
apperçoit difficilement. Les nerfs viennent du plexus fplenique , lequel eft forme de la 
huitième paire 6c de l’intercoftal. 

La fubftance de la rate eft rougeâtre, fpongieiife 6c même caverneufe : c’eft un amas con us 
de filamens blancs 6c de petites cavités. On n’a encore rien de certain fur 1 ufage de ce 
vifeère dans l’œconomie animale. On peut néanmoins penfer qu’elle eft comme le refervoir 
du fang dans les grandes courfes. Cette opinion paroît plus probable que celle de ceux qui 
la regardent comme fervant à préparer le fang qui doit paffer dans le foie , pour y e 
plus élaboré , 6c faciliter par-là la fécrétiôn de la bile. 

DES REINS ET DES URETÈRES. 

Les reins font au nombre de deux, d’une couleur rouge-brune , d’une figure tantôt 
forme de haricot, tantôt d’un ovale, tantôt en forme de trèfle. Ils font fitues dans les 
lombaires, 6c vers les apophyfes tranfverfes des lombes, où le péritoine les tient colles ^ P 
un de chaque côté. On y confidère deux faces , une inférieure , fur laquelle fe 
péritoine, 6c l’autre , fupérieure , qui porte fur le pfoas des lombes : l’une 6c 1 autre 




SPLANCHNOLOGIE. 


un peu convexes. Le rein j dans la partie qui regarde fon congénère, eft échancré , pour 
donner pafîage aux piincipaux vaifîeaux qui fe diftribuent dans fa fubftance : cette échancrure 
fait que le rein , dans cette partie , forme deux angles arrondis. 

Les vaifTeâux , que l’on y apperçoit, font i.° l’artère émulgente partant du tronc de 
l’aorte ; 2 .° la veine emulgente, htiiée fur celle-ci, & dont le calibre eft beaucoup plus 
gros que l’artère ; elle vient de la veine cave. Les nerfs tirent leur origine du plexus rénal. 
L’uretère , qui commence au fond de cette échancrure , fe porte , en fe recourbant en 
arrière ; rampe tout le long des apophyfes tranfverfes, des vertèbres , des lombes, & va 
aboutir à la veflie. Les reins , indépendamment de l’enveloppe fournie par le péritoine, en 
ont une autre qui eft une membrane très fine & très forte. Le rein eft compofé de deux 
fubftances : une brunâtre , ferrée & ferme , dont les filamens font rangés en rayon ; elle 
a été nommé fubftance corticale ; il n’y a même, dans cette fubftance, aucun point glan¬ 
duleux , au moins je n’ai pu les âppercevoir ; c’eft un amas de petits vaifteaux féreux , 
rangés à côté les uns des autres en divergeant qui, étant parvenus au centre du rein , 
deviennent blancs, parce qu’ils font plus ferrés : c’eft à cette fubftance qu’on a donné le 
nom de médullaire : elle forme, en plufieurs endroits, de petits cercles , dont les parois 
fibreufes , en fe réunifiant comme dans un centre commun , forment des mammelons 
percés de plufieurs petits trous , par lefquels fort l’urine qui a été féparée dans le rein : 
elle eft verfée dans une efpèce de calyce membraneux, appellé bafiinet, lequel eft velouté 
& tapilTé de petites lacunes qui filtrent une liqueur mucilagineufe, pour empêcher l’aftion 
de l’urine fur les parois de ce même baflinet, ôc fur celles des uretères, dans lefquels cette 
liqueur coule (a). 

Les chevaux font fujets à avoir des pierres dans les ’reins ; elles fe logent dans le 
baffmet, & rarement dans les mammelons. Elles font de deux efpèces : la plus ordinaire 
eft un amas de fable , de gravier ou fédimens , qui s’amoncèlent, fans cependant acquérir 
une confiftance bien dure , quelquefois elles font femblables à une pierre blanche. L’autre 
efpèce eft d’une fubftance plus dure, brunâtre, quelquefois rouge, ôc quelquefois cryftallifée. 
Ni l’une ni l’autre ne font effervefcence avec les accides ; elles n’ont point non plus, comme 
les bézoards, de point central. La pierre de la veflie eft ordinairement de la première efpèce; 
dans certains chevaux , j’ai trouve une pierre dans chaque rein ; chez d’autres dans un feul 
rein ; j’en ai ouvert qui avoient une pierre dans un rein, & une dans la vefiTie en même 
temps. Quelquefois il n’y en a qu’une dans un rein, & quelquefois plufieurs. La veflie peut 
aufii en contenir plufieurs ; mais ce cas eft rare ; le plus ordinairement je n’en ai rencontré 
qu’une feule, plus ou moins grolTe ; le diagnoftique eft aife a porter par l’affeêlion des 
reins , le mal eft incurable. 

Les uretères font deux canaux ronds, membraneux, longs, elaftiques, qu on peut regar¬ 
der comme la continuation du, baflinet, ou des entonnoirs qui reçoivent l’urine fortie des 
petits trous des mammelons. Ces deux tuyaux , qui prennent leur origine de la partie 
concave des reins , defcendent obliquement jufque fur la face interne de 1 os facrum , 
pour aller enfuite fe porter à la velfie , qu’ils percent , mais non pas aufli-tot qu ils y font 
parvenus. Les uretères font compofés de trois membranes propres, & enveloppés par le 
tilTu cellulaire du péritoine. 

L’ufage des reins eft de féparer l’urine du fang & de la porter à la veflie par les uretères. 


(<* ) M.Bourgelatatortdedire àlWe de la graifTe. que l’ufage de cette huile eft d^^ 

fubftance des reins^ & le baflinet de l’âcreté des tels unneux. II n’y a jamais de grailTe dans la fubftance du rem, non plus que dans 
le baflinet. 










-■1 


164. 


H I P P O T O M I E. 


9.- DES REINS SUCCENTURI AUX, 

On donne le nom de reins fuccenturiaux, ou capfules atrabilaires, à un corps glandu, 
leux , fitué en devant du rein , d’une figure irrégulière, cependant allongé e pofé tranf, 
verfalement dans le bas-ventre fur les vertèbres des lombes ; fa couleur eft; d’un rouge 
plus clair que le rein , quoiqu’il foit à peu près de la même fubfiance. On n’y confidère 
pas de baffinet, mais on remarque dans fa fubftance , vers fes bords , de petits mammelous 
dont l’ufage eft inconnu. Les artères de ces capfules viennent des emulgentes ; & les nerfs 
du plexus méfentérique antérieur. Les reins fuccenturiaux , qui font petits, dans les chevaux 
font, volumineux dans,les poulains, & fur-tout dans les nouveau-nés J. Les anatomiftes 
n’ont encore pu aftigner aucune fonélion à cet organe. 


loX D E L A VESSIE. 


La> veÏÏie eft un fac membraneux, mufculeux, capable de dilatation , de reflerrement, 
fitué dans le baffin, & rampant fur les os pubis. Sa figure eft ovalaire, & approche affez 
de celle d’une bouteille. On y diftingue un fond & un col. Le fond regarde le bas-ventre; 
le col regarde l’anus. La grandeur de la veffie eft affez ample pour pouvoir contenir près de 
quatre pintes d’eau dans certains chevaux. Elle eft compofée de trois membranes en quel¬ 
ques endroits , & de quatre dans d’autres. La première , qui eft la moins étendue , eft le 
péritoine, qui recouvre fon fond. La fécondé eft charnue & compofée de plufieurs plans de 
fibres rangées en tous fensqdes fibres du plan extérieur font longitudinales, celles des autres 
plans font tranfverfales , de façon que les dernieres font circulaires. La troifiènie membrane 
eft nerveüfe comme celle des ihteftins. La quatrième , ou l’intérieure , eft veloutée & percée 
de petits trous par.lefquels fuinte une liqueur mucilagineufe qui empêche l’aêtion de l’urine 
fur elle..Le col de la veftie , aiiifi nommé à caufe d’un étranglement qu’on y remarque, 
porte , dans la bifurcation des, os pubis , & eft compofé de deux plans de fibres ; longi¬ 
tudinales dans l’un , &. circulaires'dans l’autre; c’eft ce que l’on appelle fphinfter delà 
veffie ; il fe dilate par, le,moyen de fes fibres longitudinales , lorfqu’il y a trop d’urine, 
ou qiie. fon âcreté fait trop d’impreffion fur les parois de la veffie ; il fe referme par la 
contraêbion de fes. fibres circulaires. La veffie , fupérieurement & un peu latéralement, 
eft percée [proche fon col à trois ou quatre travers de doigt de diftance ] de deux trous ou 
vont aboutir les uretères ; c’eft auffii fupérieurement ôc proche fon col que font fituees 
les véficules féminales. 

Les artères de la veffie proviennent de l’artère honteufe interne , laquelle fe répand fur 
fon corps ; elle reçoit fes veines des honteufes internes. Les nerfs partent du plexus mefeii- 
térique. inférieur. 

. La veffie eft deftinée à recevoir l’urine. Il s’y forme des calculs , comme nous lavons 
dit, qui, quelquefois , font gros comme des bouteilles de pmte. 

ii.“ DES PARTIES DE LA GÉNÉRATION. 

Les parties de la génération font fituées, & dans le bas-ventre, & hors le bas-ventre. 
Celles-ci font en plus grand nombre dans le cheval : au contraire , dans la jument, e 
parties de la génération, enfermées dans le bas-ventre , font plus nombreufes. 

{ a ) Nous ne pouvons adopter le fentiment de IVI. Bourgelat énoncé dans les Elém. de l'art vétér. fag. 338, ej ; 

„ Uune & l'autre [ glande] n étant dans k fœtus animal que très petites , é" n ayant toute l’amplitude quelles doivent avoir que ^ygau- 

„ ce qui efi abfolument contraire à ce que l'on a ohfeŸvé dans le fœtus humain & dans l'adiilte. „ 11 en eli , à cet égard, du pou a " jg 
né comme du foetus humain. C’eft un fait fçû de tous les naturaliftcs. Mais les reins fuccenturiaux acquièrent, chez les en 
la folidité avec l’âge & non de l’ampleur. f A1 





PL4à- 



























Fl4à. 


















SP LANCHNO L 0 GIE. 


léj' 


[A] DES PARTIES DE LA GÉNÉRATION DU CHEVAL. 

Ces parties font les tefticules, les épididymes, les vâifleaux déférens, les vefficules fémi- 
nales', les glandes proftàtes , le canal de Purétlire , & la verge ou le membre. 

Les testicules font d’une figure ovale; dans le poulain iiaifTant, ils font renfermés dans 
le bas-ventre ; ils en Portent vers le fixième mois , par l’ouverture des ânneâux du bas- 
ventre. Ils defcendent de la longueur de plus d’un demi-pied , & acquièrent peu à peu le 
volume qui leur eft convenable. La grofifeur des tefticules varie ; ils font plus ou moins 
pendans. J’âi remarqué que les chevaux efpagnols , comparâifon faite avec d’autres che^ 
vaux les avoient plus gros & plus pendans ; ce qu’on regarde comme deux grands défauts 
dans un cheval. Quand les chevaux vont au pas , les tefticules remontent ordinairement 
vers les anneaux, par le moyen du mufcle crémafter,; ils remontent bien davantage, lors¬ 
qu’ils vont au trot, & encore plus en allant àu galop ; car alors leS tefticules doivent être 
collés dans les aines, & ne fe point laifter appercevoir , parce que dans cette allure , les 
îuufcles du bas-ventre, étant en contrâftion, doivent néceftairement aider celle du crémafter: 
âulfi eft-il rare de les appercevoir dans un courreur , à moins qü’il rte foit efpagnol. 

Les tefticules font fitués entre les cuifîes au-deftbus des aines ; leurs deux faces fe tou-- 
chent, pour aiilfi dire ; ils font renfermés chacun dans quatre membranes en forme de fac, 
& recouverts d’une enveloppe commune , qui eft la peau , & qu’on a appellée fcrotum 
ou bourfes. La première des trois memfiranes , nommée dàrtos , s’apperçoit après avoir 
enlevé le fcrotum ; elle eft d’un tiftu aflez ferme, blanchâtre, très légèrement charnue, atta¬ 
chée prefque à la fymphyfe des os pubis , d’oii elle defcend en forme d’aponevrofe pour 
envelopper les tefticules. La fécondé membrane eft nommée vaginale, elle eft un compofée 
de fibres cellulaires qui viennent du péritoine ; elle accompagne nonfeulement les cordons, 
mais même vient former une enveloppe aux tefticules. La troifième membrane eft la plus 
forte & la plus confidérable de toutes ; elle embraffe immédiatement le tefticule ; elle eft 
lifte & polie. C’eft la continuation du péritoine & la réunion de l’aportevrofe du mufcle 
crémafter ; cette troifième membrane a retenu le Uom de périteftes. Quand on la fend , oii 
voit qu’elle tient aux épididymes. La quatrième membrane eft moins tunique que fubftance 
du tefticule elle reçoit le nom d’albuginée ; elle eft blanchâtre , lifte , polie & recouvre 
entièrement la fubftance du tefticule ; elle eft humeaée à fa fuperficie , de même que le 
périteftes d’ane liq.eur lymphatique, qui vient du bas-ventre, fort par les anneaux, coule 
entre les duplicatures du péritoine, & vient faciliter le mouvement du tefticide. Dans cette 
dernière enveloppe, la fubftance interne eft grifâtre , d’un rouge fale ; c eft un conipofe 
de plufieursvailfeaux fanguins, & des fibres provenans de 1 expanfion & de la membrane 
albuginée, & d’une très grande quantité de petits vaifleaux blancs, propres a cbarier la 
femie- ce dont on s’apperçoit aifément dans le fqiiirrhe du tefticule ; maladie qui 1 atta¬ 
que fréquemment, ainfi que le kyfte. Il n’y a point d’autres remedes dans ces deux cas que 
la caftration ; car j’ai obfervé qu’un tefticule, qui avoit ete fendu jufque dans fon centre , 

“ rP.t’rvM^fordfufcoÏ XTL arrière & fur le corps de chaq.m tefti- 

cule- Us font très blancs & ne font autre chofe que le commencement des canaux defeens. 

Lis VMSSH.UX nrréuKns font blancs, très forts ; leurs tuniques font très 
environ un pied de longueur. Ils montent le long du cordon fpermatique , do«‘1* 
partie , palTent par l’anniau du grand oblique, & vont fe porter en fe repliant deffus le col 
de la veffie, fiipérieurement, où il commence ii diminuer de largeur. 

La fonaion de ces vailTeaux eft de cbarier la femence dans les vefficules feminales , 
comme celle du tefticule eft d’en faire la fecrecion. 


Tt 







i 66 


HIPPOTOMIE. 


Les vessicules séminales font deux poches oblongues, delà longueur de trois 
& plus, & d’un pouce de largueur, qui, étant foufflées, forment deux petites veffies faül^^^^^ 
fur les côtés du col de la veffie : fupérieurement, leurs tuniques font plus épaiffes (a) 
veffie ; elles font percées inférieurement du côté de la veffie où viennent aboutir les vailT ^ 
déférens. Elles diminuent enfuite de largeur pour fe porter dans le canal de l’uréthre 
fe divifant { elles forment deux vaiffieaux , nommés éjaculatoires, A bien confidérer les 
vefficules féminales, elles reffiemblent pluftot à une dilatation ou à une appendice des vaif 
féaux déférens qu’à deux réfervoirs. Leur ufage eft de contenir la femence qu’elles verfenc 
dans le temps de l’éjaculation. Les vefficules féminales font moins confidérables dans le 
cheval hongre ; cependant elles font toujours bumeftées d’une liqueur féreufe & blanchâtre 

Les glandes prostates font deux glandes fituées un peu en arrière du col de la veffie- 
elles ont la figure d’un cœur applati dans leurs bords élevés ; dans la partie moyenne elles 
font rougâtres, & de la groffieur d’un gros œuf de pigeon. Leur fubftance interne eft 
fpongieufe ; on y diftingue plufieurs petits vaiffieaux de tout genre : dans la partie pofté- 
Heure J ou vers la pointe, on diftiiigue plufieurs petits tuyaux excréteurs qui aboutiffientau 
canal de l’uréthre : un peu,plus en arrière, on diftingue deux autres points glanduleux, moins 
confidérables que les proftates & de même nature, ayant auffii des canaux excréteurs qui 
vont fe rendre dans l’uréthre proche les premiers , & qui verfent comme les proftates 
une. liqueur qui fert à lubrifier le canal de l’uréthre , avant l’éjaculation. 

Le canal de l’uréthre, qu’on peut regarder comme une continuation de la veffie,s’étend 
depuis le fphiiiHer de la veffiie jufqu’au bout de la verge. Il fe replie poftérieurement en 
deffious des os pubis, & rampe le long de la verge dans fon bord inférieur. Il eft recou¬ 
vert, dans fon étendue, de fibres charnues qui , partant de chacun des corps caverneux, 
fe prolongent jufque fur la partie moyenne de l’uréthre, où elles fe réuniffient. Le dedans 
du canal, n’a rien de particulier ; il eft membraneux & compofé d’un feiil plan de fibres. 

Le membre ou la verge eft un corps fpongieux, qui commence au bord poftérieurdes 
os ifchion par deux bourlets , chacun de deux pouces de long : ces deux parties caver- 
neufes fe réuniffient enfuite pour former un feul & même corps, d’une figure conique, & 
quafi prifmatique dans fon centre, & cylindrique à fon extrémité : ce corps eft terminé par une 
éminence arrondie , que l’on nomme tête : au tour de cette tête, eft un bourlet qui s’élargit 
en cet endroit, & qui devient confidérable dans le temps de l’éreftion. La membrane 
extérieure eft blanchâtre & d’un tiffiu femblable à l’albuginée des tefticules : le milieu de 
fa fubftance eft une prolongation ligamenteufe de cette même membrane , & un amas de 
plufieurs petits vaiffieaux fanguins , qui laiffient entr’eux des efpaces que le fang vient occu¬ 
per. Le canal de l’uréthre eft terminé par la tête du gland, où fe trouve une petite dupli- 
cature de peau en forme de croiffiant, & repréfentant une foffie naviculaire, toujours remplie 
d’une efpèce de cire noire qui décrépite fur le feu. La peau, qui recouvre la verge, forme 
dans l’état d’affaiffiement un vuide nommé fourreau , lequel difparoît dans l’éreêlion parce 
qu’il fert d’enveloppe à la bafe de la verge. Dans quelques chevaux l’intérieur de 
ce fourreau eft rempli de cette cire noire , qui n’eft autre chofe qu’un effet de la tranf- 
piration provenant d’un fel nitreux combiné avec l’huile animale. Les artères, qui vont fe 
diftribuer à la verge, viennent de l’épigaftrique , laquelle rampe tout le long du corps de 
la verge où elle produit plufieurs branches de côté & d’autre ; l’obturatrice fournit une 
petite branche qui fe diftribue le long du canal de l’uréthre. On appelle honteufes les veines 


[ d ) M. Bourgelac dit exprefTémenc, Elém. de l'art véîér. pag. 359 , que les vefÎ!cüle$ féminales font extérieurement couvertes 
leur face jupérieure^far le péritoine. Cette méprife eft confidérable ; car dans l’affaiftement même de la veffie, il faut plus 
pouces que le péritoine n’aille jufque-là; & lorfque la veffie eft pleine, le péritoine fe trouve éloigné de près d’un pied 
féminales. On fçait d’ailleurs que le péritoine ne recouvre que la partie antérieure ou le fond de la veffie, fans pénétrer ni s en onc 
dans le baffin. Tous les anatomiftes en conviennent, âc pour s’en aflurer, il ne s’agit que de taire cet examen, le fcalpel à la main* 






Tl 4,4) 



































2^1 4-4' 
































j' ' 

■f'ÿ 





>î 


» 


«t 





SPLANCHN'Ù L O G I E. 


167 


de cette partie ; les plus confidérables font lituéè's ftar le corps delà verge, & rapportent le 
fang dans les iliac][ues. Les nerfs viennent des lomfcai^res & du plexus ‘méfentérique poftérieur. 

[B] DES PARTIES DE LA GÉNÉRATION DE LA JUMENT. 

Les parties, qui compofent l’organe de la géne'ration dans la jument, font internes '& 
externes ; ces dernières, comme nous l’avons dit, font moins conlidérables ; ce font les 
inammelles, la vulve , les lèvres Ôc le clitoris. 

Quoique les raàmmelles ne foient pas comptées parmi les parties de la génération, nous 
avons cru devoir en parler ici, parce qu’elles font placées proche de ces organes. 

Lès mammelles font dans les jeunes jumens, deux petits points arrondis, terminés par deux 
languettes de peau : elles font fituées à la partie poftérieure du bas-ventre , en avant des 
cuiifes, & fe portent en arrière vers le vagin. Dans les chevaux, elles fe voient au bout 
du fourreau , à fon entrée au bord inférieur ; mais elles ne font bien apparentes chez eux 
que dans l’état d’inflammation, oii elles forment pour lors deux petits mammelons terminés 
en pointe, & de la grolTeur d’une aveline. Les mammelles, au contraire, font très apparen¬ 
tes dans les jumens qui ont pouliné ; les deux languettes ou duplicatures de pean font 
plus pendantes ; dans celles qui font pleines, vers les derniers mois, ou dans celles qui 
iiourriflent leurs poulains, elles font volumineufes ; pour lors ces deux bandes de peau,^qui 
contiennent beaucoup de glandes kaifères, fe gonflent & ne forment que deux éminences 
allongées, auxquelles on donne le nom de mammelles. Leur fituation n’efl; pas la même que 
dans plufieurs quadrupèdes, chez lefquels les mammelles font fur la poitrine : ces animaux 
fe couchent par terre pour donner à têter k leurs petits ; & la jument au contraire , 
l’ânefle, en un mot , les bêtes ruminantes n’alaitent que de bout ; leurs petits font obli¬ 
gés de donner des faccades de tête pour attrapper le mammeloil : fans doute que s’il eût ete 
placé fur la poitrine , les glandes kaifères auroient ete expofees à être contufes entre la 
dent & les côtes, qui font des corps durs ;■ ce qui auroit fait tuméfier les glandes (a). 
On peut remarquer que la femme 6c la guenon font les feules doiit les mammelles foient 
placées fur les côtes. Chez leS quadrupèdes multipares, où elles fe prolongent furie thorax, 
elles pofent fur les cartilages des côtes , oû il y a toujours un mouvement de flexion ; ce 
qui ôte le point d’appui. Si les accidens , occafionnés par la compreflion , n’arrivent pas 
dans la femme 6c dans la guenon, c’eft que l’une 6c l’autre ont foin de placer leurs petits 

vis-k-vis le teton, 6c ne leur kiflènt rien à defirer. . r 1 , . t 

La vulve efl; cette fente ovalaire, fituée au-deflbus du vagin, qui en forme 1 entree. Les 
bords de cette ouverture fe nomment les lèvR.s , qui ne font autre chofe que le répit de la 
peau, dénuée de poils & d’une couleur noirâtre : ce repli cutanee aboutit aux boids de ou¬ 
verture du vagin , dont l’entrée eft d’une couleur rougeâtre. On y confidere diffcrens plis 
ou rides, qui contiennent un grand nombre de points glanduleux , par lefquels fe hltre 
une liqueur propre â lubrifier ces parties. Cette peau ou les lèvres font mues par le moyen 
de trois muMes ; le plus confidérable eft un compofé de fibres, circulaires qui fervent a 
contraaer ces lèvres. Les autres font quelques fibres charnues qui partent des os ifcfoons, 
pourfe terminer avec le précédent, auquel on peut donner le nom de fphinaer, & qui 
élèvent la vulve vers le redum , pour exptilfer la liqueur dont nous venons de parler, ou 

les goûtes d’urine qui peuvent ^ les os ifchions. Il a 

Le clitoris [autrement dit la verge de la jmiieï J ^ -ru 

«n pouce & demi environ de longu eur. C’eft un corps fpongieiix qui a fon attache aux 

7 .) obre„aiio. 

mjen de fa trompe ,pour le conduire enfuite dms U bouche de l’mmd qu elle doit nourrir. M. g , l L 

tous les nacuraliftes. 










r68 


H I P P 0 T O M I E, 


os ifchions, de même que la verge du cheval, comme par implantation ; il n’eft point percé 
à fon extrémité inférieure, mais on y obferve un peu en dedans du vagin, plufieurs petit^^ 
ouvertures recouvertes par un repli de la peau, qui lailTe échapper une humeur ghi 
Les mufcles, qui .font mouvoir le clitoris, font les deux latéraux de la vulve , car il 5 ^^ 
pas de particulier. Au bas de la vulve, fe trouve une petite ouverture appliquée fur h ^ 
■du clitoris laquelle eft l’urérhre ; canal très court dans la jument, 6c dont l’ouvertur^^^ 
défendu par le repli inférieur de la vulve; 

Les parties internes de la génération font les ovaires, la matrice 6c le vagin 

Les ovaires , autrement les tefticules de la jument, font deux corps ovales, moins 

que les tefticules des chevaux , fitués fur les apophyfes tranfverfes des lombes rp. 

^ ^ 1 17 111 ^ ^ -^^coiivens 

du péritoine, 6c tenus chacun , dune part vers les lombes , par un ligament formé de 1 

duplicature du péritoine , 6c de Pautre à la matrice avec laquelle ces corps communicmej^j 
Ils font compofés à peu près de même que les tefticules, 6c revêtus d’une membrane blan 
che femblable à la tunique albuginée. Leur fubftance , qui eft plus molle que celle diî 
tefticule , contient une liqueur blanchâtre renfermée dans de petites veftîcules que Pon 
regarde comme des œufs. On obferve encore dans Povaire beaucoup de vaifteaux fanguins 
6c des branches de nerfs. Les artères proviennent de Paorte, 6c les veines vont verfer le 
fang dans la veine cave. A la partie poftérieure de chaque ovaire, eft un conduit qui va 
fe rendre à la matrice , 6c à Porigine duquel on apperçoit [ comme aux tefticules à leur 
jonftion avec les vaifteaux déférens ] des découpures qui, dans la jument, ont recii le 
nom de corps frangé. Ce conduit eft entouré de plufieurs membranes, dont les plus 
fortes font autant de duplicatures du péritoine : elles s’étendent depuis Povaire jufqu’aux 
cornes de la matrice, 6c font appellées ligamens larges * ils contiennent, dans leur duplb ■ 
cature , plufieurs vaifteaux fanguins, 6c des vaiftbaux lymphatiques. 

La matrice eft un vifcère fitué, 6c dans Phypogaftre 6c dans le bafftn, entre la velTie & 
le reêlum. Sa figure approche d’une tête de bélier avec fes cornes. La tête de cet animal 
eft repréfentée par le corps de cet organe, 6c les cornes par fes branches. Son corps, ou 

la matrice , eft fitué fur les dernières vertèbres des lombes , 6c en partie fur l’os 

facrum. Sa forme eft ovalaire , fes branches font cylindriques 6c s’étendent fur les flancs. 
La matrice eft compofée de trois membranes : la première , vient du péritoine : la fécondé 
eft un amas de fibres de toute efpèce rangées en tous fens : la troifième eft lilfe , polie & 
même veloutée. On confidère encore à ce vifcère trois ouvertures ; deux qui font fituées 
à l’extrémité fupérieure de fes branches , où aboutifTent les trompes , 6c une poftérieure- 
ment qui en eft l’entrée, 6c qui eft à l’extrémité du vagin : les vaifTeaiix artériels, qui vont 

s’y diftribuer , font connus fo^-is le nom de fpermatiques ; ils viennent de la partie anté¬ 

rieure de Paorte , en arrière des émulgentes, 6c font la continuation de ceux des ovaires : 
les artères iliaques fourniffent aufti, au corps de la matrice, des branches nommées' utérines. 
Les veines de ces parties, qui fuivent la marche des artères, portent égÿement le nom de 
fpermatiques. 

Le vagin eft le conduit qui s’étend depuis la vulve jufqu’à l’entrée de. la matrice : il eft 
fitué entre la veftie 6c le reêfum. Ce canal eft très large, 6c long de neuf pouces environ : 
il eft ridé, 6c forme en dedans différens replis : il eft compofé de deux membranes unies 
par un tilTu cellulaire ; la première eft un aftemblage de fibres charnues 6c tendineufes (iiji 
la fécondé eft veloutée ; on y remarque plufieurs inégalités, qui font regardées comme des 
glandes deftinées à filtrer une liqueur onèèueufe , propre à humeéfer le vagin. 


{a ] M. Boiirgelat dit, pag. 382 , Elém. de l'art vétér. que le péritoine recouvre extérieurement f le vagin 11 le trompe- Le per‘ 
tome ne le prolonge pas fi avant dans le baffin. 

SECTION 






ADÉNOLOGIE. 169 



SECTION SEPTIÈME. 
DE LADÉNOLOGIE 


O V 

TRyilTÊ DES GLAND ES. 


I.» DES glandes en G É N É R A Li 

L ËS glandes font des malTes de chair plus ou moins dures , plus ou moins volumi- 
neufes, de différentes couleurs, les unes Amples, les autres compofées. Elles font 
fituées non feulement dans les trois ventres, mais même dans les extrémités. Leur 
ufage eft de féparer du fang quelque humeur particulière du de la perfeaionner ; ce qui en 
a fait diftinguer de deux fortes. Celles de la première efpèce font appellées conglobées : 
elles fervent à perfeaionner la lymphe, telles font les glandes axillaires, les glandes ingui¬ 
nales, les glandes méfentériques, &c. Les autres font défignées fous le nom de conglomé¬ 
rées, & font deftinées à féparer du fang quelque liqueur ; telles font les glandes falivaires, 
pour la fécrétion de la falive ; les reins, pour la filtration de l’urine ; la glande lacrymale, 
pour celle des larmes. Parmi ces humeurs, les unes rentrent en partie dans le fang , tandis 
que le refte eft expulfé au dehors ; d’autres font totalement chalfées hors du corps, fans etre 

reportées dans le fang. , , r 

En général, les glandes font des corps compofés d’un entrelacement de va.ffeaux fangums 
de nerfs & de vailfeaux blancs , dont les uns font excrétoires, & les autres fecretoires; ils,^ 
font pliés en différens féns , forment des pelotons; ils ont une première enve oppe ou 
capfuîe particulière;, puis une fécondé qui vient du tiffu cellulaire , & qui fe voit aifement 
dans la glande thyroïde, dans les reins, & dans chaque petite glandule faivaire. 

particulier. 


ii .° des glandes en 


LA TÊTE. 


[A] DES GLANDES DE 

Nous avons parlé des glandes renfermées dans le crâne ; telles font le cerveau [lequel, 
comme on fcait, a été mis au nombre des glandes, de même que les nerfs qui en patent, 
ont été rega'rdés comme des vailfeaux fecrétoires ] : les glandes du plexus choroïde, a 
glande pinlle, & la glande pituitaire. Celles qui nous reftent à décria appartiennent a la 










HIPPOTOMI 



tjo 


, à la cavité nafale, 6c à la bouche. Prefque toutes font en partie fecrétoires & 
^rtie excrétoires ; elles fe trouvent de chaque côté. 

i.° La glande lacrymale relTemble à un petit pois rougeâtre, fitué au grand 
de l’œil, en dedans de la commifTure de la paupière fupérieurement. 

a.° La caroncule lacrymale eft fituée plus inférieurement, plus arrondie 6c 
forte, elle porte fur l’os du grand angle, a fa jonélion avec l’os frontal ; la fona"^^^”'^ 
cette glande eft de féparer une humeur plus épaiffe que la glande lacrymale, 6c qui 
le fac ^e fe delTécher. Les larmes coulent enfuite vers le grand angle de l’œil • elles^^^^^ 
reprifes par les points lacrymaux , qui font deux petits trous placés , l’im à la 
inferieure, 6c l’autre à la fupérieure , lefquels vont aboutir au conduit lacrymal d 
nous avons parlé, en faifant la defcription de l’os du grand angle: c’eft un conduit^ 
braiieux qui règne le long de ce canal, palTe le long de l’os maxillaire, derrière le 
inférieur où il s’élargit, 6c bientôt après fe rétrécit pour fe terminer, par une ouverture"^ 
à la peau que l’on remarque fur le bord inférieur de la narine : bien des gens ont ^ 
pour un chancre , cette petite ouverture ovale ; aucun auteur, que je fçache, n’en a fait 
mention. Je ne l’ai bien diftinguée, qu’après avoir examiné, à diverfes reprifes, lés narines- 
je l’ai prife long-temps pour une déchirure ou imperfection, ou déformation de peau dans 
cette partie ; ce qu’il eft bon de remarquer, c’eft que cette ouverture eft la fuite du conduit 
lacrymal, qui donne paftàge aux larmes ; j’ai obfervé que toutes les fois qu’un cheval étoit 
en exercice, ou en fortoit, ou quand .il étoit expofé au froid , il en découloit une liqueur 
limpide, qui s’étendoit fur tout le bord inférieur de la narine, 6c qui n’eft autre chofe 
que les larmes fournies en abondance par la glande lacrymale. J’ai donc préfumé que cette 
férofité fe répandoit fur les nafeaux , pour modérer l’imprelïion de Pair fur les narines 
6c pour empêcher l’inflammation de la membrane pituitaire. Ainfi, ce que l’on prend 
fouvent pour mucus de la membrane pituitaire, eft écoulement des larmes. 

Sur les bords des paupières, proche les yeux, l’on confidère de petits points noirâtres 
bordés de jaune , lefquels produifent une liqueur huileufe qui empêche la cohéfion de ces 
parties. 

3. ° La MEMBRANE PITUITAIRE, principalement le long de la cloifon 6c fur lafuperficie 
des cornets , eft tapiffée d’une très grande quantité de petits grains que l’on apperçoit 
plus aifément dans certains fujets que dans d’autres , 6c qui font très fenlibles dans la 
morve, parce que dans cette maladie elles font très affeêfées. Ce font autant de glandes 
conglomérées qui filtrent une liqueur dont l’ufage eft d’humeêfer cette membrane, de peur 
que l’air n’irrite fes houpes nerveufes : le furplus de cette liqueur fort par Iqs narines. 

Prefque toutes les autres glandes de la tête ont leurs tuyaux ou conduits excréteurs 
dans la bouche ; ce font les parotides , les maxillaires , les fublinguales, les labiales, les 
amygdales 6c les palatines. 

4. ° Les parotides font placées, une de chaque côté, 6cfituées entre la mâchoire inférieure 
6c la première vertèbre du col. Ce font les plus confiftérables de celles que nous venons de 
nommer. Elles rempliflent tout l’intervalle qui fe trouve entre la partie poftérieure arrondie 
de la mâchoire inférieure 6c le col; elles s’enfoncent un peu en dedans. Vues dans leur 
fituation naturelle, 6c la tête portée en avant, elles font plates, 6c ont une forme triangu¬ 
laire ; détachées de la mâchoire, elles font un peu quarrées, mais très épaiffes dans leur 
milieu ; leur couleur eft jaunâtre. Lorfqu’on les a dépouillées de tout tiffü cellulaife, elles 
préfentent différens petits paquets glanduleux qui, tous, outre les vaifîèaux fanguins, ont 
des petits tuyaux blancs qui conduifent la falive à d’autres vaifîèaux plus forts , lefquels 
eux-mêmes la rapportent à un canal principal qui s’étend depuis le bas de la glande, en 





A D É N O L 0 G I E. 


dedans des mâchoires , & qui , rampant enfuite le long du bord de cet os , pour 
accompagner Partère maxillaire , monte fur la face, vers le mufcle buccinateur qu’il perce, 
afin de fe rendre en dedans de la bouche vers la troifième dent molaire. 

Les glandes maxillaires font fîtuées en defTous de la mâchoire à laquelle elles 
font adhérentes ; elles font moins confidérables que les autres (a)^ ôc produifent un tuyau 
qui va s’ouvrir intérieurement dans la bouche. 

6.0 Les sublinguales font deux glandes qui ont la figure d’une navette: elles font fituées 
tout le long des parois internes de la mâchoire inférieure, une de chaque côté; elles 
font plates & de la longueur de quatre pouces environ. De chacune fort un tuyau qui va 
aboutir dans la bouche, proche les barbillons, pour y verfer la falive. 

y.o Les glandes labiales ou buccales font des petits points rougeâtres placés fur les 
niiifcles buccinateurs , & fur les lèvres : leurs tuyaux excréteurs vont porter la liqueur 
falivaire en dedans de la bouche. 

8 .° Les glandes palatines font fituées entre la peau & les os maxillaires , & fur le 
tendon du voile palatin ; elles produifent difFérens petits canaux qui vont fe rendre dans 
la bouche. 

q.o On apperçoit dans les oreilles une efpèce de cire noirâtre à peu près de la même nature 
que celle du fourreau. On a prétendu qu’elle étoit filtrée par des glandes ; cela peut être ; 
mais je n’en ai vu aucune, quelques recherches que j’aie faites. Je ferois tenté de croire que 
ce cérumen eft l’effet d’une forte tranfpiration dans la bafe de la conque de l’oreille. 

[B] DES GLANDES DU COU 

L’on comprend , fous le nom de glandes du col , non feulement les glandes qui font 
fituées tout le long des vertèbres cervicales , au-deffous de la peau ; [ glandes fort appa^ 
rentes dans le farcin] mais même les lanrygiennes , les aryténoïdiennes, les épiglottiques, 
les pharyngiennes & les œfophagiennes : ce font tout autant de points grifâtes qui verfeiit 
une liqueur onftueufe propre à faciliter, dans le larynx 6c dans la trachée-artère, le paffage 
de l’air ; 6c dans le pharynx 6c l’œfophage, les alimens. Les unes 6c les autres font tou¬ 
jours fenfibles, plus ou moins volumineufes 6c lymphatiques. 

Les glandes thyroïdiennes font au nombre de deux, une de chaque côté, fituées fur 
les parties latérales du fécond anneau de la trachée-artère : elles font dune figure ovalaire, 
de couleur brune , 6c de la groffeur d’un œuf de pigeon ; convexes, antérieurement ; 6c 
légèrement applaties , poftérieuremeiit. On découvre , dans cette partie , une ouverture 
pour donner paffage à une artère affez confidérable qui va fe diftribuer dans fa fubflance ; 
inférieurement fe remarque une autre ouverture par où fort un vaiffeau lymphatique, lequel 
va fe rendre au principal tuyau qui rampe le long de la trachée-artère. En fendant cette 
glande, on reconnoît que fa fubftance eft corticale, femblable à celle du rem, 6c que 
comme lui, elle eft creufée de différentes petites cavités propres k recevoir la lymphe qui 
en a été féparée : ce qui prouve qu’elle eft lymphatique , bien que M. Bourgelat , 
pag . 2,73 , ait avancé avec confiance que fon ufage ne foit pas connu. 

[C] DES glandes de LA POITRINE. 

Les glandes de la poitrine font le thymus que nous avons d&rit & les giandes 
bronchiques, qui font autant de petits paquets, jaunes 6c noirs, itues a a i uication 


( ) Les glandes maxillaires 

eft plus que hazardée ; nous ne 


ditM Booraelac.Hm. à,rmvki,.m- 27a. [om] un pW de tongaeor. Certe alTertion 

toravonsTaS ùouvé plua de quatre à cinq pouces de longueur. Le far, eft arfe a verrfier. 







HIPPOTOMIE. 


!Z1 

de la trachée-artère 6 c de fes divifions ; elles féparent du fang cette humeur 
bronchique. 

A la bafe du cœur 6 c de fes principaux vailTeaux, il fe trouve une très grande 
tité de vaifTeaux lymphatiques , qui vont verfer leur liqueur dans le canal thorachique 

[D] DES GLANDES DU BAS^VENTRE. 

Les glandes du bas-ventre font le foie, le pancréas, les reins , les reins fuccenturiaux 
les glandes méfentériques, les glandes lombaires, iliaques 6 c facrées ; les grandes & petite’ 
proftaces , 6 c une fuite de glandes répandues dans la plufpart des vifeères dont nous avons 
parlé, telles que celles l’eftomac , des inteftins, de la veffie, 6 cc. 

De toutes ces glandes , il ne refte à décrire que les mésentériques , les lombaires 
les ILIAQUES 6 c les sacrées. ’ 

i.o Les glandes mésentériques font fituées entre les deux tables du méfentère • leur 
ligure eft ovalaire 6 c de là longueur d’un pouce 6 c demi environ , dans la partie qui 
regarde les inteftins grêles ; celles qui regardent les gros inteftins , font irrégulières • la 
plufpart font rondes , leur couleur eft la même que celle du pancréas ; celles qui fe voient 
aux environs des inteftins grêles, font noirâtres ; elles font grifâtres vers les gros inteftins 

Leur compofition eft la même que celle du pancréas ou des glandes falivaires ; c’eft un 
amas de petits corps glanduleux qui, chacun ont leur tuyau propre , nommés vaifîèaux 
laftées, lefquels vont fe réunir en un feul, qu’on appelle réfervoir de Pecquet. En exami¬ 
nant ces glandes, on diroit que le vaifteau laftée du premier genre, qui part de l’inteftin, 
perce la glande en deux , mais en la fendant, il eft aifé de voir qu’il fe divife & fait 
fonêlion d’artère dans cette glande , d’oii il réfulte un vailTeau du fécond genre qui va 
fe rendre au réfervoir de Pecquet. 

Les glandes lombaires, les iliaques 6 c les sacrées font de petits points plus 
ou moins gros , grifâtres , lefquels produifent des vaiffeaiix lymphatiques qui vont fe 
rendre au réfervoir du chyle. 

[E] DES GLANDES DES EXTRÉMITÉS. 

Les glandes des extréniités antérieures font les axillaires, ou des ars , les fcapulaires, & 
plufieurs petites dans l’étendue du bras ; celles des extrémités poftérieures font, les ingui» 
nales 6 c plufieurs dans l’étendue de la cuifle. 

Les GLANDES AXILLAIRES foiit noiiibreufes , 6 c compofent un paquet de la groftèur 
d’un petit œuf ; elles font fituées proche l’articulation de l’humérus avec l’omoplate, en 
dedans, proche les mufcles peêloraux ; elles font grifes, jointes enfemble par le moyen 
du tiftii cellulaire : leurs tuyaux lymphatiques vont fe rendre dans la veine axillaire. 

Les glandes scapulaires font placées dans la face de l’omoplate, 6 c ne different en 
rien des précédentes. 

Les glandes inguinales font de même nature que celles des ars ; elles n’en différent 
que par leur volume, qui eft plus confidérable ; elles occupent le dedans de la cuiffe, & 
fe prolongent, en defeendant, entre le long 6 c le large adduéfeur de la cuiffe où elles pren¬ 
nent le nom de crurales ; dénomination peu néceffaire, puifqu’elles ne font point feparees 
les unes des autres. On diftingue aifément leurs vaiffeaux lymphatiques qui, après avoir 
pénétré dans le bas-ventre , vont porter, dans le réfervoir du chyle , la lymphe qni 
charrient. 




section 




I 

H I P P 0 T 0 M I E. 


^73 



Dans laquelle on traite fuccinÔîement de plujîeurs points 

dhippotomie. 


DE LA DIGESTION. 

O N entend, par digeftion, le changement des alimens en chyle. Cette opération eft 
préparée dans la bouche par la maftication , s’avance dans l’eftomac , fe pérfe- 
élionne & s’achève dans les inteftins grêles. 

L’herbe coupée , incifée avec les dents de devant, eft enfuite portée dans la bouche, par 
le moyen des lèvres ; elle y eft broyée par les dents molaires, 6c en même temps humeftéè 
par la falïve : l’herbe, ou tout autre aliment, ainfi préparée, tant par la maftication que par 
la falive peut être regardée comme le premier travail de là digeftion. Ces alimens font 
portés enfuite dans l’arrière-bouche, où , après avoir pafle par-delTous le voile du palais, ils 
vont tomber dans le pharynx : tandis que par leur poids l’épiglote eft forcée de fermer le 
larynx , le pharynx fe contrafte, & les oblige de tomber dans l’œfophage, [ ce que 1 on 
appelle mouvement de déglutition ] & de defcendre dans l’eftomac. C’eft dans ce vifcère 
que les alimens fubilTent un changement nécelTaire k la nutrition de l’aninaal ; changement 
qui s’opère , tant par les différentes contraftions de l’eftomac que par le fuc gaftrique, 
dont nous avons parlé , par la chaleur de ce vifcère & par l’air : toutes ces caufes reunies 
& agiffant enfemble font autant d’inftrumens propres à divifer & a atténuer les alimens, & 
à les réduire en cet état , que l’on appelle fécondé digeftion. Les alimens plus divifcs & 
atténués fortent de l’eftomac par l’oriftce du pylore, pour parcourir le canal mte ma , 
mais i, peine s’y font-ils avancés d’un demi pied , qu’ils s’imbibent, en paffant le long du 
duodénum ou premier inteftin , de deux liqueurs, je veux dire, de la bile produite par le 
foie, & du fuc pancréatique féparé par le pancréas ; lefquels , en fe mêlant , orment 
un favon, & un dilfolvant qui agit puilfarament fur les alimens, & les chang^t en c y e ; 
[c’eft le troifième dégré de la digeftion]. Ce dernier travail eft encore aide & facilite pai 
le mouvement périftaltique des inteftins-, & par la contraaion des mufcles du bas-ventre. 
C’eft alors que l’on diftingue, & le chyle, & la partie excrementielle, qui doit enfiler les 
gros inteftil, & fortir au dehors: quoiqu’il y ait une partie de ce mente chy e qui adle 

dans les gros inteftiiis où il eft repompé, comme je 1 ai dit, par es eaux a ees. 

AX 











174 


HIPPOTOMIE. 




ouvrant un cheval, trois heures après lui avoir fait manger du fou, & en fendant les ’ 
ftins grêles , on trouvera que les alimens font très liquides, & que la partie la plus H i / 
eft blanche; c^eft le chyle , qui eft repompé , dans les chevaux vivans , par une infin’ ^ 
de petits orifices, d’oii il coule dans des vailTeaux blancs.que Pon appelle laftées ou vailTea^^^ 
du premier genre , fitués dans la duplicature du méfentère ; de-ià le chyle palTe dans 1 
glandes méfentériques, dans lefquelles il reçoit vraifiemblablement une nouvelle préparation 
il en fort pour être porté dans les vaifTeaux laêlées du fécond genre, toujours fitués entr* 
les deux lames du méfentère , de-là va fe rendre dans un réfervoir , nommé réferyoir 
du chyle, ou réfervoir de Pecquet , lequel eft placé fur le corps des premières & fécond 
vertèbres lombaires. Ge réfervoir eft de la grandeur d’une grofte aveline & d’un tilTu très 
mince; il eft également fortifié par le méfentère, ou fi l’on veut, par le péritoine A 
peine le chyle y eft-il entré , qu’il en fort pour pafter le long d’un canal appellé canal 
thorachique , lequel après avoir pafte par-deftiis le diaphragme à côté de fon pilier droit 
rampe a droite le long du corps des quinze vertèbres dorfales, entre la veine azygos & 
l’artère aorte ; parvenu vers la troifième vertèbre dorfale , ce canal fe porte de droite à 
gauche , & va verfer la liqueur dans la veine fouclavière , où elle fe mêle avec le fang 
qui a été rapporté de toute l’habitude du corps. 

DE LA CIRCULATION. 


Le chyle & le fang de toute l’habitude du corps étant arrivé à la veine cave antérieure, 
entre dans l’oreillette droite , d’où il pafte dans le ventricule du même côté, qui fe con¬ 
tracte alors , & envoie le fang , par l’artère pulmonaire , dans les poumons , où il eft 
raréfié par l’air ; ce fang , repris par les veines, eft rapporté dans l’oreillette gauche, d’où il 
pafte dans le ventricule gauche qui, en fe contraêtant, le chafte par l’artère aorte dans toute 
l’habitude du corps. Actuellement, fans avoir égard à la marche des artères, telle que nous 
l’avons décrite , nous dirons que le fang eft poufte dans des parties confidérées comme 
uniquement compofées de vailTeaux très fins, par exemple, la partie inférieure des extrémi¬ 
tés , &; dans des glandes. Or, les extrémités des vaifTeaux fanguins fe bifurquent, & pro- 
duifent un vaiftùau rouge & un vaifteau blanc ; ce dernier, plus petit, eft nommé vaifleau 
lymphatique, &c reçoit la partie blanche du fang qui eft la plus fluide ; le vaifteau rouge, 
nommé veine ou vénule , reçoit la partie rouge de ce liquide , mais encore mêlée d’un 
peu de lymphe. Il ne faut donc pas être étonné, comme le font la plufpart des maréchaux, 
que le fang veineux foit épais, puifqu’il doit être tel, étant privé de fa férofité, ni de ce 
qu’il eft noir ; cette couleur opaque eft due aux molécules fanguines ou globules rouges 
plus ramaftees. Toutes les fois que l’on obfervera le fang des veines, limpide, rougeâtre, 
ce fera un figue certain de maladie. 

C’eft, je penfe , par les petits vaifTeaux qui viennent aboutir à la peau que fe fait b 
tranfpiration dans le cheval [ car je n’ai jamais pu appercevoir de glandes miliaires ]. 
expliquer la nature des cordes de farcin , j’ai fou vent cru devoir admettre des glandes, foit^ 
cutanées , foit dans le corps cellulaire ; mais en les confidérant attentivement dans leurs 
différens temps , c’eft-à-dire , dans le commencement , dans l’état & dans le déclin , j^i 
conftamment vu que ce n’étoit que de vrais phlegmons enkyftés. 

Ces vaifteaux lymphatiques font autant de veines ; ijs font répandus dans toute l’eteiidue 
du corps , fur-tout dans les endroits où il n’y a point de parties rouges ; mais ils 
plus cônfidérables dans les extrémités : on les découvre tout le long des tendons , h 
delà face interne du tibia, rampant à quelque diftance de la veine, & pénétrant intérieu¬ 
rement dans la cuifte, pour fe rendre aux glandes inguinales. En les ouvrant on confidère, 





HIPPOTOMI E.: 


m 

comme dans les veines fanguines , une très grande quantité de valvules , pofées de même, 
c’eft'à-dire , pofées de façon que la lymphe ne rétrograde pas en bas ; ces valvules , 
Cependant , ne fe remarquent que dans les veines des extrémités. Derrière la trachée- 
artère on découvre un gros tronc lymphatique , de chaque côté du col, où il y a peu de 
valvules j j’ai même rencontré des fujets chez lefquels il en étoit dénué. Ces vaiffeaux 
s’apperçoivent aifément & en très grande quantité dans Pœdême, ainfi que dans l’anthrax, 
maladie qu’on a long-temps regardél comme la fuite de la morfure de la mufaraigne ; les 
fcarifications^, qu’on fait à cette tumeur, les rendent très vifibles. Tous les vailTeaux 
lymphatiques des extrémités poftérieures , ainfi que ceux du bas-ventre , fe rendent au 
réfervoir du chyle. C’eft fou vent de la rupture de ces vaifTeaux dans le bas-ventre que 
vient l’hydropifie de cette partie; l’expérience que je vais rapporter, m’en a fourni la preuve. 
Après avoir pofé un tube à une veine lymphatique du plat de la cuifTe , j’ai injeêlé de 
l’eau de teinture ; j’ai vu le fluide remplir tous les vaifTeaux collatéraux , tant dans cette 
partie que dans le bas-ventre ; vers la cinquième vertèbre des lombes je l’ai vu fortir par 
un tronc confidérable qui étoit l'ompu : c’efl conftamment en cet endroit ou de l’autre 
côté , dans le cas d’hydropifie que cette rupture fe fait ; mais dans l’état naturel, mes 
iiijeêlions ont toujours pafTé dans le réfervoir du chyle , fans qu’il foit jamais arrive 
aucune rupture. Malgré le poids que peut avoir cette expérience, je ne dis pas que ce foit 
toujours la caufe de l’hydropifie ; je n’ignore pas que le relâchement des vaifTeaux réforbans, 
qui font en très grand nombre, ne puifTe peut-être la produire, mais je fuis très perfuadé 
que la première caufe eft la plus commune. 

Le fang eft porté , en d’autres parties du corps , dans des glandes propres à recevoir 
chacune la portion qui lui convient, &C qui eft analogue à leurs couloirs ou à leurs vaifTeaux ; 
une portion de ce fluide , par exemple , eft envoyée par le cœur à la tête , où il enfle 
différens vaifTeaux qui fe diftribuent en divers endroits ; une autre portion va au 
cerveau ; là le fluide animal, qui faifoit partie du fang , eft féparé & envoyé dans les 
nerfs pour faire mouvoir les mufcles , &c. Une autre portion va aux glandes lacrymales 
par lefquelles fe fait la fécrétion des larmes ; une autre eft portée aux glandes falivaires, 
qui en féparent la falive, laquelle eft d’abord verfée dans la bouche, & rentre enfuite dans 
la mafTe du fang par la voie de la chylif cation. Les glandes de la poitrine, celles du bas- 

Ventre, &c.féparent toutes également, du fang qui leur a été envoyé , des liqueurs 

particulières ; ainfi le foie fait la fécrétion de la bile ; le pancréas , celle du fuc du même 
nom ; les reins, celle de Turine, &c. Chaque glande ayant f Itré du fang , l’humeur pour 
laquelle elle eft deftinée, ce qui refte pafTe dans de petites vénules qui le rapportent dans 
de plus gros vaifTeaux ; ceux-ci, dans de plus confiderables qui le veifent en n ans ^ 
veines caves, & celles-ci dans le cœur, où il fe trouve mêld avec de nouveau chyle. C eft 
ainfi que s’opère la circulation du fang dans tous les animaux. 

3 .° DES OREILLES. 

Le nombre & la fituation des oreilles font aflez connus. Nous dirons que 1 on divife 
l’oreille en externe & en interne. 

L’oreille externe eft tout ce qui-s’offre à nos yeux, & que nous pouvons toucher; elle 
eft compose de trois cartilages ; fçavoir , la conque , la cuirafle & e boucher , qui font 
mus par le moyen de douze mufcles, & recouverts de la peau. L’oredle externe, confidere 
avec fa peau , préfente un cornet dont l’entrée eft large ; dans fa bafe , qui eft airondie , 
fe voient plufieurs filions, dont l’ufage eft de brifer la colonne d’air qui pourro.t frapper 






176 


HIPPOTOMIE. 


trop rudement la membrane du tympan. Ainfi , il eft aifé de fentir que l’ufage de l’oreille 
externe eft de conduire l’air vers l’oreille interne. 

L’oreille interne eft féparée de l’externe par une membrane nommée membrane du tym. 
pan ; elle eft fituée à l’entrée de l’auditif externe , trou dont nous avons parlé en faifan^ 
la defcription de l’os pierreux. Cette membrane eft fine , tranfparente , tendue & très peu 
humide (a). On a prétendu qu’elle étoit compofee de trois couches ; que l’une venoit 
de l’épiderme, une autre du période interne de la caifte, & que la troifième ou la moyenne 
étoit vafculeufe; je crois être fondé à avancer, d’après des recherches multipliées ôc des 
examens réitérés, qu’elle eft fimple & formée uniquement du période interne. L’ufage de 
cette membrane eft d’empêcher les corps étrangers d’entrer dans l’oreille interne, & de 
modifier l’air extérieur qui vient ébranler la colonne de celui qui eft répandu dans l’oreille 
interne , & qui fe répand dans les différentes parties de cet organe. Ainfi, que la pluf, 
part des corps en général, le tympan perd de fon reffort par la trop grande humidité, 
qui le relâche ; parvenu à un certain point de relâchement , il peut ne pas recouvrer fon 
élafticité : cette perte de reftbrt peut encore être caufée par la trop grande fécherelfe, 
qui , portée a un haut .dégré & continuée long-temps , fera tendre les fibres, lefquelles 
incapables de prêter fe rompront. Dans ce cas , comme dans le premier , il n’y aura plus 
d’entendement, & cet organe fera perdu, à moins que l’on ne puifle y fubftituer une mem¬ 
brane artificielle ; ce qui, je crois , réuftiroit fi elle étoit adaptée hermétiquement. Cet acci¬ 
dent arrive fouvent par la faute de ceux qui , traitant des chevaux malades , fuivent la 
mauvaife pratique de leur verfer des médicamens dans les oreilles. Elle annonce un homme 
totalement dénué de connoiftances anatomiques j cependant elle eft encore fort en ufage. 
Il n’y a pas même encore long-temps que j’ai vu cette dangereufe méthode adoptée par 
deux maréchaux de réputation. Un loueur de carofie avoit un cheval attaque du farcin, 
pour lequel 011 lui mit un médicament dans l’oreille, qu’on lia enfuite J’eus la curiofité 
d’examiner quel avoit été l’effet de ce remède , dont on vantoit en pareil cas l’efficacité ; 
on me fit voir plufieurs chevaux , qu’on prétendoit avoir été guéris par ce moyen ; mais 
en jettant les yeux fur l’oreille du malade , je trouvai à fa bafe un cercle blanc de poil 
produit par l’effet de la ligature. On me montra un autre cheval que l’on traitoit depuis 
quelque-temps, mais qui étoit en mauvais état; je demandai pourquoi fa guerifon netoit 
pas plus avancée ; on me répondit qu’apparamment le remède n’avoit pas encore opéré fon 
effet , & l’on m’ajouta qu’on lui en appliqueroit un fécond. En voici la compofition: de 
l’huile d’hypéricum , de l’afta-fœtida & du mercure. J’ai vu d’autres gens verfer dans 

l’oreille du mercure coulant, & d’autres, des huiles chaudes, &c.U eft aife de co 

prendre & de fentir que tous ces remèdes font capables de léfer l’organe^ de I ouie ans 
qu’on puifîè jamais en rappeller l’ufage. Accident dont j’ai plus d une fois ete 

L’oreille interne confifte en une cavité , nommée veftibule , où font renfermées 1 c 
rentes pièces c^eufes, & qui forment différens contours : fon entrée eft cylindrique & repre 
fente une caifte de tambour : c’eft à l’extrémité de cette caiffe , proche le veftibule, que 
fe trouvent placés trois os qui font toujours féparés ; ils font connus fous les noms 

marteau , d’enclume & d’étrier. j 1 ête: 

Le marteau eft fitué à la partie fupérieure de cette caiffe, un peu en devant de a te^^ 
on y confidère une tête qui eft une de fcs extrémités, un col qui en fait la partie moyenne, 


( 4 ) M. Bourgelat, Elém. de l’art vétér. fag. ^94, die que le tympan eft une membrane feche. Cependant J nous 

l’heure en une efpèbe de contradidion , car pag. 495 , il reconnoît que le feuillet moyen du tympan eft va leu leux ^ ^^p^^^nns 

dirons que cecte membrane ne reffemble point à la peau d’un tambour, qui eft d autant plus fdnore qu elle eft leene. 
quelle eft ondueufe & grafîe , & qu’elle s’enflamme & brûle à la manière des corps huileux. ^ 









HIPPOTO MIE. 


177 


5^; le manche qui forme Pautre extrémité, La tête efl: arrondie inférieurement ; c’efl: la 
portion la plus grolTe ; elle eft légèrement applatie latéralement : le col eft fitué fupé- 
rieurement ; le manche eft la partie la plus longue & fe termine en pointe. 

L’enclume eft fituée un peu au-deftiis du marteau & latéralement. On y remarque un 
corps & deux branches ; ce qui le peut faire comparer à une dent molaire ; fon corps eft 
allongé fupérieurement, & repréfente une facette un peu cave pour fon articulation avec 
le marteau ; fes racines font en pointes & fe joignent à l’os pierreux. 

L’étrier , ainfi nommé à caufe de fa reflemblance , eft arrondi dans fon bord fupérieur, 
Sc plat inférieurement. On apperçoit dans fa partie fupérieure une petite facette par laquelle 
il s’articule avec le corps de l’os pierreux. 

De ces trois os, il y en a deux qui font mobiles ; fçavoir, l’enclume & l’étrier. 

L’enclume eft mue par le moyen de trois mufcles. Le premier a fon attache fixe à la 
partie fupérieure du méat ofteux, & va fe terminer au col de l’os : fon ufage eft d’ébranler 
la membrane du tympan. Le fécond a fon attache extérieurement à la trompe d’Euftachi, 
& va fe terminer au-deflbus du précédent. Son ufage eft de tirer le marteau en arrière, & 
d’augmenter la vibration. Le troifième mufcle a fon attache le long de la paroi du canal 
d’Euftachi, & va fe terminer au-defîus du précédent. Il a à peu près la même fonêlion que 
le précédent. 

L’étrier eft élevé par un petit mufcle qui a fon attache à une petite apophyfe fituée à 
la partie fupérieure de la cuifle. Son ufage eft peu connu. 

En général, ces mufcles , dont deux ne font prefque pas fenfibles, ne deviennent pas 
intéreflans , quant aux maladies de cette partie auxquelles on ne fçauroit porter remède. 

La caifte eft cette grande cavité que l’on apperçoit après avoir enlevé l’apophyfe 
maftoïde: on y confidère d’une part un cercle oftèux, d’où partent plufieurs rayons ofteux 
qui s’étendent en divergeant ; de l’autre, deux ouvertures, dont l’une eft l’entree d’un trou 
tortueux, appellé le limaçon ; & l’autre, l’entrée des canaux demi-circulaires. Sur ce cercle 
ofteux eft une membrane tendue qui répond à tous les rayons ofTeux : par ce feœnd 
arrangement, l’air interne , ayant frappé cette membrane , fe répand dans fes différens 
rayons, & s’infmue enfuite dans toutes ces cavités creufes de la roche. Les vaiftèaux , qui 
fe portent dans Poreille interne, viennent de la vertébrale; & les nerfs, de la feptième paire. 

4.0 D E S Y E U X. 

L’œil eft prefque fphénque ; il repréfente aftèz bien une boule légèrement applatie ; i\ 
eft convexe en avant, & légèrement plat en arrière. La cavité , dans laquelle il eft logé, 
fe nomme orbite ; elle eft en partie oftbufe & en partie membraneufe. , , , . 

Les os, qui concourent à la former, font l os frontal, 1 os du grand ang e , os e a 
pommette, l’os écailleux , le temporal & le fphénoïde. La partie poftérieure eft une mem¬ 
brane très épailTe, compofée principalement du périofte qui entoure le dedans de lor ite. 
L’autre partie eft une continuation de la dure-mere , qui fort du trou optique de os 

fphénoïde. . , n / 

L’œil eftcompofé de tuniques & d’humeurs. Les tuniques font diftmguees en commu¬ 
nes & en propres. Je ne parle pas de la conjonaive, qui eft une expanllon de la peau , 
non plus que de la terminaifon des tendons aponevrotiques des mufc es roits o piques, 
nommée albuginée. Je dirai feulement que les membranes communes aux humeurs font de 
trois fortes; fçavoir, la fclérotique , la choroïde & la retine ; les propres iSnt celles 
qui renferment chaque humeur particulière. 

La fclérotique eft cette première membrane qui enveloppe tout 1 œil : pour la mieux 

Y y 




178 


H I P P O T O M I E. 


faire connoître, on la diyife en deux ligâmens ; Pun antérieur, nommé cornée tranfparente; 
& l’autre poftérieur , nommé cornée opaque., La cornée tranfparente eft ce que l’on 
appelle vulgairement la vitre de l’œil ; elle eft compofée de plufieurs tuniques très minces, 
& qu’on apperçoif aftez facilement dans la putréfaftion ; fi l’on veut qu’elles foient encore 
plus fenfibles , mi laifTera macérer la cornée pendant huit jours dans l’eau , puis on l’en 
tirera , & on la mettra durant vingt-quatre heures dans le vinaigre ; il fera aifé alors d’en 
féparer les différentes couches qu’un gluten uniffoit étroitement. On peut encore s’^ffurer 
de l’exiftence de ces tuniques , dans les accidens qui furviennent à la fuite de quelque coup 
reçu dans cette partie 5 puifqu’on les apperçoit dilacerees : on en compte alors quelque¬ 
fois jufqu’à trois ; c’eft dans ce cas que certains maréchaux difent qu’ils vont faire tomber 
la peau , ou manger les peaux qui font fur l’œil. Quoiqu il en foit, il eft très vrai, 
qu’après la macération de la cornée, j’ai trouvé jufqu’à dix-fept membranes. La plus interne, 
ou celle qui regarde la chambre antérieure, eft beaucoup plus mince, & n’eft point fucep- 
îible d’un fi grand épaiffiffement que les autres , ni d’une fi grande opacité ; ce qui pro¬ 
vient , je crois , d’un mucilage que j’y ai trouvé & qui a empêché l’aêlion des acides. 
Cette cornée tranfparente enveloppe à peu près le tiers du globe ; le refte a reçu le nom 
de cornée opaqüe ; elle eft blanche , nullement tranfparente , & beaucoup plus épaiffe ; 
elle eft percée dans fa partie poftericure , un peu en dedans , c eft-a-diie, du cote de los 
fphénoïde, pour donner paffage au nerf optique ; elle eft compofée de même de plufieurs 
membranes , mais très difficiles à féparer ; & plus épaiffe dans certains endroits que dans 
d’autres : outre cela elle eft percée de différens petits trous , pour donner paffage ’à une 
très grande quantité de vaiffeaux fanguins & de nerfs qui vont fe diftribuer dans la cho¬ 
roïde. 

La choroïde eft la fécondé tunique de l’œil ; elle eft noirâtre , & s’étend prefque depuis 
la partie antérieure de l’œil jufqu’à la partie poftérieure. Comme la fclérotique on la divife 
en deux fegmens ; un antérieur , nommé uvée ou iris ; & un pofterietir , appelle cho¬ 
roïde. L’un & l’autre de ces fegmens font bornés par un petit cercle blanchâtre , connu 
fous le nom de ligament ciliaire , lequel unit la cornée tranfparente à ces deux fegmens. 
L’uvée eft compofée principalement de deux plans de fibres : l’exterieur , forrne par des 
fibres circulaires, fert à contraéler l’ouverture qu’elles laiffent, &c qui eft appellee pupille, 
le plan interne eft compofé de fibres radiées , dont la fonaion eft de dilater la pupille. 
Cette membrane eft encore parfemée de vaiffeaux de tout genre , qui forment différentes 
couleurs, d’après lefquelles on dit que les yeux font gris, noirs, verrons, &c. 

Le fegment poftérieur [ou la choroïde] eft compofé de deux membranes ; on apperçoit 
dans la plus extérieure une très grande quantité de vaiffeaux fanguins & de nerfs : 1 mteine 
eft plus mince & d’une couleur plus noire. Entre ces deux membranes fe tiouve uiii. iqu 
noirâtre dont on ne connoît guère l’ufage. Si l’on fait macerer ces membiaiies, e e 
tardent point à tomber en deliquiiim ; enforte qu’au bout de quelques jours, i 
d’appercevoir un bouquet confidérable de nerfs qui va fe diftribuer dans leur fu an 
qui , auparavant, n’étoit point vifible. Ainfi que la cornee tranfparente , a c oroi 
percée dans fa partie poftérieure , pour le paffage du nerf optique. ^ ^ 

La rétine eft une membrane blanche que l’on trouve au-deffous de la prece en 
s’étend depuis le bord extérieur de l’uvée, vers le ligament ciliaire, jufqu au fon ^ 
Quoique^ la rétine foit plus épaiffe & plus folide que la choroïde, ce n eft qu on 
fte fcalpel avec légèreté qu’on vient à bout de la difféquer fans l’entamer ; cette men 
eft regardée comme une produêlion du nerf optique. 





179 


H I P P O T 0 M I E. 


5.° DES HUMEURS DE U (E IL. 

On diftingue dans l’œil trois fortes d’humeurs ; ; fçavoir , l’humeur aqueufe, l’humeur 
cryftalline ou le cryftallin, & l’humeur vitrée. 

L’humeur aqueufe eft cette eau claire, limpide , qui eft fituée derrière la cornée tranf- 
parente , & qui s’étend jufqu’à l’uvée , & depuis l’uvée jufqu’au cryftallin ; ce qui a donné 
lieu de dire que l’humeur aqueufe étoit contenue dans deux chambres ; l’uvée en effet joue 
au milieu, & femble partager cette eau en deux. En confidérant ces chambres, on voit 
que l’antérieure , ou tout l’efpace qui fe trouve entre la cornée tranfparente & l’iris ,, eft 
plus confidérable que celui qu’on obferve entre ce corps flottant & le cryftallin. Il paroît 
que cette eau eft . produite par de petits vaiffeaux réforbans , contenus dans l’uvée ; elle 
eft deftinée non feulement à lubrifier cette membrane , de peur que dans fes mouvemens 
elle ne fe dilate ; mais encore à maintenir, dans un état de tenfion, la cornée tranfparente, 
& à favorifer le paffage de la lumière. Lorfque cette humeur vient à féjourner dans la 
chambre antérieure, elle devient blanche & opaque; c’eft une maladie de l’œil, qu’il a plu 
à certaines perfoiines de nommer la limaticiue y comme fi la lune avoit quelque influence fur 
les corps : mais fi l’on vouloit bien faire attention que cette maladie arrive plus fouvenc 
dans les temps humides que dans d’autres , on avoueroit que dans cette conftitution , les 
corps en général perdent de leur reffort, & que par conféquent on ne doit point être 
fiirpris que les vaiffeaux abforbans de l’œil, perdent aufti du leur. 

Le cryftallin ou l’humeur cryftalline eft un corps d’une forme lenticulaire, d’une groffeur 
alfez confidérable, fitué derrière l’humeur aqueufe, & occupant prefque la partie moyenne 
du globe de l’œil : il eft convexe des deux côtés , mais beaucoup plus en arrière qu’en 
devant, d’une confiftance mollaffe & gélatineufe extérieurement, dure dans fon centre ; il 
eft compofé de plufieurs couches qui fe diftinguent feulement lorfqu’il eft devenu opaque , 
c’eft-à-dire , lorfqu’il y a une cataraéle bien formée : c’eft dans ce cas que le vulgaire dit 
que le cheval a un dragon dans l’œil. On peut aifément diftinguer les couches du cryftal¬ 
lin en le faifant bouillir , ou en le mettant dans les acides. On a donné le nom de cap- 
fule à la membrane dans laquelle il eft renfermé : cette capfule eft très minçe & très ttanf- 
parente ; néanmoins elle conferve beaucoup de roideur, & reffemble à la pelure ou pelli¬ 
cule extérieure d’un oignon ; en'la ployant, elle réfifte & fait le demi-cercle ; ce qui 
m’autorife à croire qu’elle n’eft pas une continuation de la membrane vitree , comme bien 

des auteurs l’ont avancé. 

L’humeur vitrée eft une liqueur claire , tranfparente, fort peu gelatnieufe , qui occupe 
les trois quarts du globe de l’œil, depuis le ligament ciliaire jufqu’au fond du nerf opti¬ 
que ; car , à proprement parler, l’humeur cryftalline eft entourée dans fa convexité porte- 
rieure de cette liqueur. 

L’humeur vitrée eft contenue dans le globe de I œil par une mem rane commune, 
par plufieurs autres qui lui font propres. La commune fert d’enveloppe extérieure, & fait 
fonftion de bourfe ; fes bords viennent s’adherer à la capfule^ du ci y a 111 ans a ace 
poftérieure , laquelle eft plus mince que l’interieure ; ce qui a fait croiie qu e e 
formée par celle dont nous parlons. La membrane commune de l’humeur vitree eft corn- 
pofée de deux lames qu’il n’eft pas aifé de féparer dans l’état naturel : la plus extérieure 
eft plus forte ; l’interne eft plus mince. L’humeur vitrée eft encore contenue dans p u.leurs 
petites cellules très fines , qui communiquent toutes enfemWe , & que 1 on penfe être 
produites par l’expanfion delà fécondé membrane commune. Ce qui prouve clairement que 
cette eau eft contenue dans différentes cellules, c’eft que fi les membranes communes font 






i8o 


HIPPOTOMIE. 


un peu ouvertes, l’on voit fortir de légères goûtes d’eau ; mais fi l’on donne pliifienrs 
de cifeaux dans la fubftance vitrée , on verra pour lors cette eau fortir de ces cellules 
s’écouler avec abondance. 

6.^ DU NEZ, 

Nous diviferons le nez en parties extérieures & en parties intérieures : les extérieures f 
divifent en cinq; fçavoir^ le chanfrein ou la voûte.du nez, les parties latérales, 6c les nari 
lies. Ces cinq, qui font les contenantes, font formées de parties dures 6c de parties molles- 
les dures font la portion inférieure des frontaux , les os du nez ; mais pluheurs autres os 
concourent à la formation de la cavité nafale, ce font l’os frontal , l’ethmoïde , le fp^ 
noide 6c tous les os de la face , à l’exception des os ptérygoïdiens. Les parties molles du 
nez font les cartilages que nous avons décrits , pag. 54 , fes mufcles 6c fes vailTeaux 
La duplicature de la peau qui eft entre les parties inférieures des os du nez 6c les os maxjL 
kires, forme un cul-de-fac que l’on appelle fauiïe narine. 

Le nez interne eft cette grande cavité formée par le concours des os que nous venons 
de nommer, 6c une cloifon cartilagineufe dans les jeunes chevaux , 6c ofteufe dans les 
vieux, à l’exception de la partie inférieure qui ne s’oftifie jamais. Cette cloifon eft attachée 
d’une part dans la rainure du vomer, 6c de l’autre , aux os du nez. Sa partie fupérieure 
ne tient à rien 6c laiftè une communication de l’une de ces cavités, ou de ces narines, dans 
l’autre. Chaque cavité a différentes cloifons rangées de manière que l’on peut aifément la 
féparer en quatre. La première eft fituée au-deflbus de la première table ofteufe de Pos 
frontal , dans fa partie inférieure , 6c retient le nom de finus frontal : ce fmus, dans fa 
partie latérale externe, a une large ouverture qui va verfer l’humeur pituitaire dans le fmus 
maxillaire 6c zygomatique. Ce dernier finus forme la fécondé cavité ; c’eft la plus confi- 
dérable des trois ; elle eft formée par le concours de l’os de la pommette , 6c d’une partie de 
l’os maxillaire ; elle eft féparée par une cloifon ofteufe très forte qui empêche toute 
communication avec les autres. La dernière cavité eft fituée au-deffous de la troifième dent 
molaire ; elle s’ouvre dans le cornet inférieur du nez, dans lequel elle verfe l’humeur ou la 
fubftance purulente qui s’y amafte dans la morve. 

C’eft à raifon de cette ftrufture que , dans mon guide du maréchal , j’ai propofé le 
trépan en trois différens endroits ; opération indifpenfable , lorfqu’il y a colleftion de pus 
dans ces parties ; on établit, par ce moyen , une communication entre ces cavités & le 
fmus fphénoïdal, 6c l’on donne de l’écoulement à la matière. J’ai dit qu’il falloit appli¬ 
quer le trépan en plufieurs endroits ; une feule couronne fur l’os frontal fufhra , il eft vrai, 
pour que l’injeâion forte par les narines , à moins que le cheval ne l’avale, comme cela 
peut fort bien arriver ; mais il eft néceftaire de les multiplier pour déterger la cavité ou 
finus , fitué au-deftus de la troifième dent molaire. 

La quatrième cavité eft plus fpacieufe ; elle eft bornée d’un côté par la cloifon ; ée 
l’autre , par les os du nez , 6i par une partie des os maxillaires. On y confidère deux 
cornets d’une figure approchant de celle d’une navette, mais plus allongée ; un fuperieur 
6 c un inférieur. Le premier eft plus étendu 6c eft formé par la réunion de l’os ethmoïde, 
6 c de cette duplicature mince qui appartient aux os du nez : ce cornet [ ou cette dupli 
cature] eft féparé en deux foffes , par une cloifon très mince , dont la fupérieure, avec 
celle de l’os ethmoïde , forme une cavité qui n’a qu’une ouverture qui regarde les fmu^ 
maxillaires. L’autre fofîe, qui fait la partie inférieure de ce cornet, contient difFerens lep^ 
ofteux 6c très minces ; elle n’a de même qu’une ouverture fituée en deftbus du cornet, 
dont l’entrée de la dernière duplicature regarde les os maxillaires. 

1j£ 






HIPPOTOMIE. 


i8i 


Le cornet inférieur eft fitiié au-delTous de celui-ci ; il eft appliqué fur les os maxillaires 

fert de paroi au finus maxillaire de la troifième dent molaire ; ce cornet eft très tortueux 
^ fort replié fur lui-même : ainfi que le fupérieur , il eft féparé par une légère cloifon 
olfeufe, dont la partie fupérieure forme une cavité aftez grande qui a une feule ouverture 
laqtieil^ va s’ouvrir dans le ftnus de la troifième dent molaire ; lâ partie inférieure , donc 
la cavité eft moins grande, a fon ouverture entre lui le cornet fupérieur du nez. 

Ces cornets doivent être regardés comme autant de finus & de cul-de-faC. Leur ftrufture 
démontre combien il eft difficile de traiter la morv-e, lorfqu’elle occupe ces differentes cavités. 
Quoique perfonne n’ait encore bien connu ni bien décrit cette ftruêlure , on a vu cepen¬ 
dant nombre de gens s’imaginer avoir un fecret pour la morve, qu’ils ont regardée fans 
doute moins comme un vice, local , que comme un vice des humeurs (a) ; je veux bien 
accorder pour un moment que cette maladie dépende d’un vice répandu dans le fang ; 
mais après avoir employé tous les remèdes capables de le purifier, & en être venu à bout, 
aura-t-on fait évacuer le pus qui remplit ces cul-de-facs, ces finus qui n’ont point d’ilfue? 
Je fçais qu’il eft rare de guérir la morve invétérée, mais on réuffit quelquefois : aux 
fuccès heureux qu’a eus mon pere , je puis ajoûter les miens. Ils doivent infpirer de la 
confiance. Que rifque-t-on de faire des elTais en ce genre, puifque perfonne ne veut garder 
un cheval attaqué de cette maladie , & qu’on ne peut le vendre ? Au furplus je fuppofe 
que la morve invétérée ne foit pas curable ; on conviendra au moins qu’elle l’eft dans fou 
commencement. Pour la bien traiter , il faut coiinoître parfaitement la tête du cheval, fes : 
humeurs, & les glandes qui fe gonflent fous la ganache. J’ai préfenté au gouvernement 
différens mémoires, dans lefquels j’entrois, au fujet de cette maladie, dans des détails capables 
d’éclairer & d’inftruire tous ceux qui nourriflent des chevaux ; de lever beaucoup de diffi¬ 
cultés fur le prognoftic qu’on doit porter dans ces cas ; & d’apprendre la conduite qu’il 
faut tenir, lorfqu’on foupçonne que le mal commence, ou lorfqu’on n’en fcauroit douter. 
Ils n’ont’pas été rendus publics; s’ils l’avoient été, on auroit certainement moins tué 

de chevaux qui deviennent fi rares aujourd’hui. 

Tous ces cornets font tapiffés dans toutes leurs faces, ainfi que les linus , d une mem- 
brane très fine , nommée pituitaire ; elle eft compofée d’un tilTu de vaiffeaux fanguins , 
de nerfs & de vaiffeaux blancs excréteurs qui viennent d’une grande quantité de glandes 
répandues dans fa fubftanee. Cette membrane n’eft pas la même par-tout ; le long de la 
cloifon elle eft très épaiffe ,& remplie d’une très grande quantité de veines qui font autant 
de finus, principalement vers le haut de la cloifon, & vers la partie fuperieure des cornets 
inférieurs du nez ; fur la fuperficie des cornets & principalemem fur celle des fuperieurs, 
elle eft mince & parfemée d’un plus grand nombre d’arteres que de veines, dans inteneur 
des cornets elle eft plus mince & plus dénuée de vaiffeaux fanguins, 
eft pourvue de beaucoup de vaiffeaux blancs. 


mais en revanche elle 


rmir 9 Sn tom. lll. Ottne doît eïi chercheï U foiircc que datis U 
\ a ) ce que dit M. Bourgelat dans {es Elemens ^ ç ^ pourquoi voit-on tous Jes jours les chevaux, 

djfcrafe ou dans la corruption des humeurs^ Mais , fi la morve e i.t,„u,;rnde du corps fur laquelle on ne remarque aucun bouton ? 

qui en font atteints, avoir les vifcères très fains, ainfi que tout ^ Q^dre de M. le Lieutenant de Police 

Pourquoi voit-on des chevaux vivre avec cette maladie vingt I . • depuis onze ans & plus , ils étoient très gras, 

huit chevaux morveux appartenant à la pnncefle d Anhalt : qu q ouvrant je trouvai que les vifcères étoient très iains. Si 

buvoient & mangeoient bien, n’avoient pas un bouton lur Je corps, jg gheval 

jyj _1,.-/lortc Ipc raHavrCS Ie CSUiC uC CCCCC ITlftld î ^ ^ ^ _ovpr rpTfp malarîif* 


nez & les parties contenantes 5 il fut parfaitement guéri, mais . 

meilleure fanté, fans qu’il lui foie furvenu une feule pultule iur Je c p • fl-rudure de la tête, il auroit parlé différemment, & 
Quoiqu’il en foit, je dis, que fi M. Bourgelat eut voulu faire at démontré ; bien que M. Bourgelat elTaie de 

auroit fuivi le fentiment de mon pere , que 1 academie cherché qu’à applaudir au zèle de mon pere. 

perfuader le contraire, en difant [ Elcm. d'hippuupag. 501- ] que 1 academie i rr 

I Li Z 










HIPPOTOMIE. 


La partie de la membrane, qui tapilTe les finus, eft encore plus mince ; on y voit 

quefois de fortes branches d’artères , mais en petit nombre ; le relie de fes vailTeaux^f 
blancs. 

Cette membrane ell humeèlée par une liqueur un peu mucilagineufe que produifent I 

glandes dont elle ell parfemée. Les nerfs , qui s’y dillribuent, font en grand nombre T 

viennent des olfaélifs. Ils font l’organe de l’odorat. La partie inférieure de ces > 

féparées par la cloifon, forme deux ouvertures, nommées folTes nafales, qui vont- 
> 1, -s 1 1 , ^ i repondre 

a 1 arriere-Doucne. 


Chaque cornet, dans fa partie inférieure , ell terminé par une duplicarure de peau trè 
épailTe qui vient aboutir à l’ouverture des narines. Le cornet inférieur de ce même bout 
ell terminé par un cartilage en forme d’S romaine qui vient finir à l’ouverture de la narine- 
c’ell derrière cette duplicature que palTe le conduit membraneux lacrymal, qui va fe rendre 
par une petite ouverture de peau au bord inférieur de cette narine. La découverte de ce 
canal, qui avoir échappé à tous les hippotomilles, ell des plus elTentielles; fon engorgement 
ell fouvent une des caufes de la morve , & un des fes fymptomes. 


DE LA BOUCHE. 

On comprend fous le nom de bouche tout l’efpace qui fe trouve depuis le bord anté¬ 
rieur des lèvres jufqu’à la première vertèbre du col. On le divife en avant-bouche, ou 
bouche proprement dite, & en arrière-bouche. L’avant-bouche ell dillingué en parties conte¬ 
nantes & en parties contenues. Les parties contenantes font olTeufes & charnues. Les 
olTeufes font principalement la mâchoire inférieure ornée de toutes fes dents, la voûte du 
palais, les os maxillaires : les charnues font les mufcles de ces dilférentes parties, & la 
peau qui les enveloppe. Quoiqu’à proprement parler , la langue foit la feule partie renfer¬ 
mée dans la bouche; on met néanmoins de ce nombre les lèvres, les gencives, les barres, 
le palais & les dents. 

Les lèvres font ces duplicatures de peau qui fe préfentent en avant de la bouche; l’une 
ell fupérieure, & l’autre inférieure : leur réunion fe nomme commifilires. Le bord de cha¬ 
que lèvre ell tranchant, chargé extérieurement de poils forts longs dans certains chevaux. 
A ce même bord, intérieurement, fe voit une petite ligne jaunâtre chargée de petits points 
epars ça & là, femblables à ceux du bord des paupières : c’ell en cet endroit que fe fait en 
partie l’adhérence du mufcle orbiculaire des lèvres. La peau , intérieurement, eft mince, 
lifiè & polie ; en s’approchant des dents , elle devient lâche , & le devient encore davantage 
à mefure qu’elle fe porte vers la commifTure des lèvres. 

Les GENCIVES , tant en dedans qu’en dehors , ne font que la duplicature de la peau. 

Les BARRES ne font autre chofe que la peau qui tapifie la mâchoire inférieure entre 
le crochet & la première dent molaire , ou entre la dent du coin dans les jumens & h 
première molaire. Cette peau forme plus ou moins de plis dans la vieillefie. En général, 
on dit qu’un cheval a les barres épaifies , charnues ou tranchantes ; épailTes, lorfque la 
mâchoire efl arrondie en cet endroit ; charnues , ce qui provient ou de fes plis ou d’une 
induration occafionné,e par le mors : cet accident ôte la fenfibilité au cheval, qui n’obeit 
qu’à raifon de cette fenfibilité excitée par la prefiion du mors fur cette partie : on appelle 
barres tranchantes , celles dont les os font faillans ; ce qui fe rencontre plus communé¬ 
ment dans les jumens que dans les chevaux. Les barres tranchantes font fujettes à etre 
offenfées ; à la fuite de cette léfion, il furvient même fouvent carie, laquelle on ne fçauroit 
guérir qu’en ruginant l’os & en le faifant exfolier. 

Le palais eft cette peau fillonnée qui s’étend depuis le voile palatin, &. depuis les os 





HIPPOTO MIE. 


183 


palatins eux-mêmes , jufqu’aux gencives de la mâchoire inférieure. Cette partie , en cet 
endroit, eft moins fillonnée , mais élevée dans les poulains en efpèce de dos-d’âne ; c’efb 
ce que l’on appelle le lampas ou fève j c’eft ce que nombre d’auteurs ont regardé comme 
une (^) maladie & comme le fujet du dégoût, principalement pour le manger , comme h 
l’on trouvoit ici des houppes & des papilles nerveufes : leur opinion eft fondée fur ce que 
le lampas déborde les dents ; mais il ne déborde ainft que dans les jeunes chevaux , ou 
pour mieux dire , dans, les poulains , & jamais dans les vieux chevaux. Sur quoi donc eft 
autorifée l’opération qu’on a confeillé dans ce cas ; l’ignorance feule a pu l’imaginer ; elle 
feule peut encore recommander la pratique de porter le feu fur une partie , qui brûlée de 
la forte, n’ôte certainement pas k l’animal le dégoût qu’on lui fiippofe ; mais lui caufe un 
mal réel , pour le guérir d’une maladie imaginaire. 

La langue eft cette mafte charnue enveloppée de peau dont la figure refîemble aflez bien 
à une forme de cordonnier ; elle tient d’une part , par fes mufcles , k l’os hyoïde , de 
l’autre elle eft vacillante , applatie & arrondie. Sa bafe eft quarrée : fa face antérieure on 
fupérieure eft arrondie en dedans, de devant en arrière : fes faces latérales font plates. 
Inférieurement elle tient k l’os hyoïde par fes mufcles , &c par la peau. La partie anterieure 
de la langue eft attachée par cette peau qui fe prolonge en forme de mammelons délignés 
fous le nom de barbillons ou barbes (b ), lefquels font plus appareils dans certains chevaux 
que dans d’autres. La langue eft recouverte par trois peaux, 

La première eft très mince & parfemée d’une très grande quantité de petites éminences ; 
c’eft la continuation de celle qui revêt intérieurement les mufcles buccinateurs, les genci¬ 
ves, &C. . r • / 1 

La fécondé , nommée membrane réticulaire , eft percee d une infinité de petits trous 

dans lefquels s’infmuent les papilles de la langue. 

La troifième , nommée papillaire, eft parfemée d’une très grande quantité de mammelons 
ou Loupes nerveufes qui paffent à travers la réticulaire. Cette troifième membrane , qm 
donne la forme aux deux autres, s’infmue & fe perd dans le corps de la langue dont elle 
eft émanée : fes mammelons font plus fenfibles dans la partie fupérieure de la langue qu a 


fes faces latérales, mais la partie inférieure en eft dénuée. , , , , 

Le corps de la langue eft un corps de fibres charnues qui font le refultat de tous les 
mufcles par lefquels elle eft raûe , & qui forment un réfeau en tous fens. L’ufage de la 

langue eft de diriger les alimens dans le pharynx. ^ 

L’arrière-bouche eft cette cavité qui contient la partie fuperieure du larynx & du 
pharynx: elle eft féparée de l’avant-bouche, par une cloifon àponevrotique, nommee voile 
du palais, lequel s’étend du bord fupérieur des os palatins jufqu’à la bafe de la langue ou 
il fe confond avec les fibres charnues du pharynx. Cette cloifon eft echancrce dans fa paitie 
inférieure , pour faciliter le mouvement de l’épiglotte de devant en arriéré , dans les di e- 
rens temps de refpiration ; car , quoique par l’arrangement de ces parties 1 epiglotte monte 
pour l’ordinaire derrière le voile palatin , & oblige l’air de paffer des poumons dans le canal 


r • J ^ fantlmptir ■ vnici comme il s’exprime dans fes Elém d’hipp. tom. ///, 
{ O On fera fupris que M. Bourgelac lui-merae foit ^ans de jeunes chevaux [la membrane du palais] fe pro- 

M- 309 > & dans les Elém. de l'art vétér. confmrn. exter. du cheval >a fréquente , on la nomme la fève ou lampas ; 

„ longe contre nature, & de manière à anticiper fur les mnees, c abreuvé par la mucofité filtrée & féparée dans-la mem- 

„ elle^’arrive qu’en conféquence du relâchement du tiffu ^ S les fentes incifives. „ Cette élévation du 

„ brane pituitaire, & qui fe répand lur celle-du palais par les peur aifément s’alTurer de ce que j’avance contre 

palais eft confiante chez tous les jeunes chevaux ; ce _n elt poin . nuoiuu’adopté par tous ceux qui ont écrit fur la vété- 

l’opinion erronée de prefque tous les auteurs d’hippytrique : un enm^^^ ^ davantage, 

rinaire doit être rejetté, dès que l’obfervation le détruit ; 1 explication P > u 4 ^ myrtes , lorfqu’il dit, Elem. de l'art 

( b ) M. Bourgelat adopte encore une erreur qui J"® chevaux boivent difficilement ; cela feroit vrai s’ils 

•veter. pag. .^4, de la conformation externe du cheval , que les Earbtllo q . comment la langue feroit-elle gênée alors, puif- 

lappoient comme les thiens : mais M. Bourgelat convient lui-men Q 
qu’elle a peu d’aélion dans ce moment. 









ï84 


HIPPOTOMIE. 


nafal ; il peut fe faire que l’épiglotte , fe porte en avant, & oblige l’air de fortir par 
bouche ; ce qui aura lieu lorfque le voile du palais viendra à s’élever, tandis que ^ 
ryiix fe contraaera. Ce fait eft prouvé par ce qui arrive dans la phthifie (b) ; les chevaux' 
en toulTant, jettent de la matière par la bouche. Or, fi une humeur auffi groffière deaufli 
épaiffe fort par cette voie , à plus forte raifon , Pair, qui eft le corps le plus fluide 
nous connoilfions, doit-il donc y palTer. Tout le monde fçait qu’on eft quelquefois oblT' 
d’abattre un cheval, lorfqu’on veut le couper , par exemple : mais avant que de le fairf^ 
on lui met le torche-nez, ou la moraille qui lui bouche une narine ; fi la narine ouverte 
de l’animal abattu porte à terre de manière que l’entrée ‘de Pair foit interceptée, on le voit 
•alors ouvrir la bouche pour refpirer. J’ai même remarqué que dans le mouvement de déglu. 
tition, toutes les fois que le cheval n’avoit rien dans la bouche , il refpiroit plus par cette 
partie que par les narines. La refpiration fe fait par la bouche toutes les fois qu’il y a embar¬ 
ras dans les narines, dans les cas de polype ou d’inflammation de la cloifon & des cornets • 
toutes les fois qu’il y a des expeftorations forcées & inattendues, comme lorfque quelque 
chofe fera entrée dans la trachée-artère , ou aura fimplement touché la glotte ou les bords 
internes de l’épiglotte ; toutes les fois enfin qu’il y aura fuppuration aux poumons, &c. 

Le larynx , comme nous Pavons déjà dit, eft cette ouverture cartilagineufe compofée 
des cinq cartilages thyroïde , cricoïde , aryténoïdes & épiglotte , tous revêtus en dedans 
d’une'membrane veloutée, mammelonnée &'très nerveufe, laquelle paroît être la même que 
celle qui tapifle la trachée-artère & fes bronches. 

Le pharynx eft ce fac charnu formé par le voile palatin, & qui s’étend depuis le corps 
de l’os fphénoïde, & defeend latéralement pour fe terminer d’une part aux petites branches 
de l’os hyoïde , & de l’autre, pour concourir à former Pœfophage. Ce mufcle, dans le 
mouvement de déglutition , fe 'contraêle plus ou moins , en élevant le voile palatin, de 
forte qu’on peut regarder le pharynx & le voile palatin comme une flûte traverfière, dont 
l’embouchure eft cette déchirure que l’on voit en avant. 


DE LA PEA U. 

Le cheval eft revêtu généralement de deux membranes appellées tégumens : ce font la 
peau & la membrane adipeufe ou grailTeufe. 

La peau eft un compofé de fibres cellulaires qui en font la bafe, de vafculaires & de 
nerveufes ; il s’en trouve même de tendineufes & de membraneufes, dans certains endroits. 
Ces fibres font étroitement liées & unies enfemble ; ce qui leur donne une confiftance 
ferme & dure. Il eft aifé d’obferver la compofition de la peau dans le cuir corroyé ; & 
beaucoup mieux dans celui qui, après avoir été corroyé , eft refté long-temps en macé¬ 
ration , puis a été expofé aux injures de l’air. C’eft à cette union fi fen-ée de fes fibies, 
que la peau doit fon élafticité. Elle eft plus épaifîe dans certains endroits que dans d autres, 
elle eft très épaifle au toupet, au-deflbus de la crinière , à la queue , au genou , à a 
pointe du jarret , aux environs du fanon , &c. elle l’eft moins au dos, aux fefles, fin es 
côtes , les épaules , & aux avant-bras ; elle l’eft moins encore au plat des cuifiès, aux 
mammelles, & au fourreau : elle devient très fine aux lèvres , intérieurement ; aux yeux, 
aux oreilles , à l’anus ; au vagin dans les jumens. La peau eft percée non feulement dans 
les parties que nous venons de nommer , mais même dans toute fon étendue, de petit^ 
trous oïl vont aboutir les vaifTeaux laêliifêres. Denuée de poils, elle eft grifatre ; elle e 


( a ) On préfenta l’année dernière à l’académie de chirurgie un mémoire dans lequel on n’admettoit 
ai démontré devant elle la réalité d’une manière vidorieufe. 


point cette refpiration- J en 
rouge 








HIPPOTO MIE. 185 

rouge à la bouche, &c. elle jouit d’une grande feiilibilité , à raifon du nombre confide'- 
rable de nerfs qui viennent s’y terminer ; mais elle n’eft point la même par-tout. Les 
endroits, où elle eft plus mince, font les plus feiifibles. La peau eft encore percée de plu- 
fleurs petits trous, pour le pafTage des poils & des crins, & pour celui de la matière de la 
tranfpiration ; elle fert encore pour ainfi dire de doigts à l’animal, en certains endroits, 
avec lefquels il chalTe les mouches qui viennent la piquer. Les . mouvemens de la peau fe 
font particulièrement fur les côtes de devant en arrière ; defliis les épaules , bras & 
avant-bras , de haut ea bas ; & dans des fens différens fur la face , aux lèvres , au nez, 
aux paupières, à l’anus , au vagin, &g. 

La peau , dans toute fon étendue , eft recouverte d’une pellicule que l’on nomme 
épiderme. Cette furpeau [ ou épiderme ] eft blanchâtre pu d’un blanc fale ; très mince dans 
certains endroits , & plus épaifle dans tous ceux où la peau l’eft elle-même. L’épi¬ 
derme n’eft autre chofe qu’une expanfion des vaifteaux de la tranfpiration : il n’eft pas 
bien fenfible dans l’animal vivant ; mais on le diftingue clairement dans les légères brûlu¬ 
res, ou après la macération : on le voit encore tous les jours s’enlever de deflùs la peau, 
lorfqu’on y a appliqué des fubftances grades & huileufes ; méthode mauvaife qui, malheu- 
reufement, eft encore aujourd’hui fuivie par bien des maréchaux , lefquels ignorent fans 
doute que les corps gras en général bouchent les pores de la tranfpiration , que les excré¬ 
tions ne fe faifant pas, la jambe ou la partie malade doit augmenter de volume pluftot que 
diminuer. La furpeau eft infenfible ; elle paroît être une fubftance huileufe , produite par 
les différentes humeurs de la tranfpiration, laquelle tombe à fur & mefure. En la confi- 
dérant de près, onia voit percée d’une très grande quantité de trous par où paftent les poils. 
L’ufage de l’épiderme eft premièrement de préferver le derme ou la peau des impreftions 
défag?éables qu’elle éprouve , lorfque cet épiderme a été enlevé ; & par conféquent de 
modifier le fens du toucher. 

La membrane adipeufe n’eft autre chofe que le ti’fTu cellulaire dont on a parle ailleurs ; 
& qui, par les différens entrelacemens des fibres , plus ou moins courtes , forment des 
cellules dans lefquelles vient s’épancher la graifle. 


9.» DES POIL S. 

Le cheval eft revêtu de poils par tout fon corps, à l’exception du fourreau , des mam- 
melles, du raphé , de l’anus, &c. Ces poils font cylindriques , implantés dans le corps 
delà peau. Si on les confidère à leurs racines on les trouve creux & remplis d’une humeur 
grifâtre ; en les arrachant, on remarque, a 1 extrémité, un petit aiiondiflement^ que on 
appelle bulbe. A raifon de leur fenfibilité , en les arrachant, on a prétendu que c’etoit une 

produftion des nerfs. _ • r ' 

Ces poils font plus ou moins longs, plus ou moins volumineux, plus ou moins ferres: 

ils rétiennent en conféquence différens noms ; ils fe nomment crins, au toupet , a k 
crinière, le long de l’encolnre, à la queue cils , aux yeux ; barbe , an menton , & poil 
proprement dit, par-tout ailleurs , tant au corps qu aux jambes. eux e a y 

pour l’ordinaire les plus épais & les plus longs ; on voit des chevaux chez lefque s i s 
touchent la terre. Ceux de la crinière font quelquefois fi longs qu’ils fe melent au point qu i 
eft très difficile de les démêler ; ce que les bonnes gens attribuent i un efprit qu i s appe - 


f ^ -n . . . J /- M rnmme lefait M. Bourgelat, /) 4 ^. 13, defon 

(/ ) Pourquoi accorder gratuitement des fourcilsyu cheval, coi conftituent la robe du cheval ? cependant, fag. 14, 

extérieur du cheval , où il dit que leur longueur ne différé en rien de ^ ^ien qu’il ait raifon. Que devient après cela 

1 dit que les poils des fourcils font confondus avec la peau , en ce nourroient bleffer la cornée tranfparente ? 

la propriété que l’on attribue à ces fourcils chimériques, d’arreter les corps qui poarroient oieu 

A a a 








i86 


H I P P O T O M I E. 


lent follet. Les fourcils font cinq longs poils, de la nature des crins, fitués au-delTus 
yeux, & au-delTous du grand angle de l’œil, mais ils ne s’étendent pas le long de 
paupière fupérieure ; ce qu’il y a de fmgulier, c’eft que leur nombre ne va guère au-dep 
de fept. 

io.“ DES SABOTS, 

Koyei la defcription du pied du cheval. 

Les châtaignes font des portions de corne fitue'es en dedans de l’avant-bras, & en dedan 
du canon de derrière. Cette efpèce de corne efl: d’une fubftance diffe'rente de celle des fabots 
elle ell: plus compaèle & plus mollalTe. C’eft à cette partie que vont fe terminer plufieurs 
bandes aponévrotiques & cellulaires ; car en enlevant la peau dans cet endroit, on remar 
que un tiftii confidérable de ces parties qui , quand on les tire, entraînent avec elles 
l’enveloppe membraneufe cutanée 6 c cellulaire. 

Ce que nous venons de dire des châtaignes convient à la portion de corne du fanon 

Fin de la première Partie. 















HYGIÈNE. 

N médecin qui vivoit au commencement de ce fiècîe , en écrivant de 
l’hygiène, fe plaignoit de la difette d’ouvrages fur cet objet. Elle vient , 
félon lui , de ce que les médecins les plus célébrés s’occupent plus du foin 
de guérir les maladies , que de conferver la fânte ; & de ce qu ils ont 
mieux aimé enfeigner à leurs difciples ou à leurs leéleurs la thérapeutique, 
laquelle mène à la fortune, que d’inftruire fur l’hygiène qui ne rapporte que peu ou point 
de profit. Les bons livres, fur cette partie de la médecine , font encore rares aujourd’hui. 
Ce n’eft peut-être point pour la raifon que nous venons de rapporter ; mais parce que 
les médecins ont obfervé que leurs confeils ne font jamais fuivis ^ tant qu on jouir de la 
fauté ; on oublie aifément alors ., qu’elle eft fragile ; & la privation des plaifirs ou des 
goûts eft , pour la plufpart des hommes , un efclavage auxquels ils ne veulent point fe 
foumettre. 'Celui qui fe porte bien penfe .à peine qu’il peut devenir malade. Q“’o“ 
foit donc point furpris que l’hygiène , dont le but eft de veiller ftir la fante , & de 1 en¬ 
tretenir parfaite en prefcrivant un régime de vivre convenable , foit la partie e a me e^ 
due la moins étendue ; puifque les hommes ont, pour ainf. dire , force les médecins a 
l’abandonner , pour ne foiiger qu’aux moyens de leur donner du fou agement 

maux. 1 1 J f 

Le médecin vétérinaire a d’autres obftâcles a vaincre , non pas e ^ 
qu’il traite , mais de la part de ceux auxquels ils appartiennent. Il eft donc egalement 
forcé d’être court fur l’hygiène ; mais il ne fçauroit fe difpenfer d’entrer dans quelques 
détails généraux. 

Ainfi on traitera dans cette partie 1.° de la conformation du cheval. 

2-.° De fa nouriture. 

3.° Du foin qu’on doit en avoir. 

4-“ De fes exercices. 


















i88 


HIP P lA TRI Q UE. 


/ 


A R T I C L E P R E M I E R. 

DE LA CONFORMATION DU CHEVAL 


A yant que d’entrer en matière , nous devons commencer par rappeller la divifi 
extérieure du cheval vivant; c’eft celle qui eft. adopte'e dans toutes les écoles de 
lerie ; mais que nous avons cru ne devoir point admettre pour l’hippotomie. 

Le cheval, confidéré extérieurement, fe divife en'.trois parties ; fçavoir, en avant- ‘ 
en corps , & en arrière-main, , ^ ’ 

L’avant-main renferme la tête , le col, le devant du poitràil, le -garot & les jambes de 
devant. 

Le corps comprend le dos , les reins , le delTous du poitrail , les côtes , le ventre les 
flancs j les parties de la génération. ’ 


L’arrière-main comprend la croupe, la queue, le fondement, la nature dans la jument 
les hanches , les fed^s-^, & les jambes de derrière. ^ 

. La tète comprend la nuque , le toupet, les oreilles, la face dans laquelle on trouve le 
front ,. les falières , les fourcils , les paupières , les cils, le grand .angle , le petit an^^le 
les yeux, les onglets, le nez, le chanfrein, les nazeaux,, la bouche, la lèvre fupérieure, la 
lèvre inférieure, la commiffure de læ bouche , le menton, les barbes, les joues, la ganache, 
l’auge & les avives,. 


Le col comprend le col proprement dit, le gober, l’epcolure & la crinière. 

Le devant du .poitrail comprend l’os de la poitrine , la folTette, & les ailTelles. 

Le garot eft formé d’une feule partie. 

Les jambes de devant font compofees de l’épaule; de la pointe de l’épaule; du bras; 
de 1 avant-bras ; des ars ; du coude ; de la châtaigne ; du nerf ; du boulet ; du fanon; du 
paturon; de la couronne; du fabot, compofé de la muraille & de la foie : la muraille fe 
divife en muraille de la pince, muraille des quartiers, 6c muraille des talons ; la foie com¬ 
prend la foie de la pince , la foie des quartiers , la foie des talons & de la fourchette. 

Le corps comprend le dos , les reins, les côtes, le ventre, les flancs, le fourreau, les 
mammelles , la verge , les bourfes dans les chevaux ; & dans les jumens, les mammelles 
qui font au nombre de deux , ainfi que dans les chevaux. 

L’arrière-main comprend la croupe, la queue, le fondement, la nature dans les jumens, 
les hanches , les feffes , la pointe de la fefle. 

La cuiflè comprend le plat du dehors , le plat du dedans , Paine , le graffet, la jambe 
proprement dite , le jaiTet , dans lequel eft compris le pli du jarret , & la pointe du 
jarret ; le canon , le nerf & le refte comme à la jambe devant. 


On doit entendre par conformation extérieure, la forme, la f gure, 
Penfemble des différentes parties qui compofent l’animal. Jufque ici on n’a pu donner 
aucune règle fûre pour ftàtuer fi un cheval eft conftruit parfaitement , tant pour l’appa¬ 
rence que pour la bonté. On eft fouvent trompé, par la plus belle apparence. Combien 
de fois a-t-on préféré un laid cheval à celui dont la forme étoit régulière & brillanm. 
En effet , les meilleurs chevaux de felle , anglois fur-tout , qu’on nomme de race , ont 
une tete décharnée , un col maigre , allongé ; ils font efflanqués , & ont les feffes p^ti 

charnues. 






HYGIENE. 


189 


cliarnues. Peut-on donc Gonclure, avec M. Bourgelat, qu’il faudra établir des proportions 
géoniétrales, & s’en tenir k ces proportions. Pour moi , il me femble que les plus exaéles 
feroient celles qu’on, prendroit d’après les meilleurs cbevaux, ; la^ beauté ne devant être 
regardée ici que comme accelToire. Je conviendrai volontiers qu’un certain, nombre de 
chevaux pourra avoir les mefures fixées par M. Bourgelat, & former un quarré parfait, 
pris du garrot en bas , & de la pointe de l’épaule a la pointe de la fefie ; c’eft-k-dire , 
dans lefquels la ligne k plomb du garrot fur le terrein horizontal fera égale & per¬ 
pendiculaire k celle qui feroit tirée de la pointe de l’épaule k la pointe de la fefie. Mais 
ces proportions ne peuvent avoir lieu k l’égard de toutes fortes de chevaux. J’en appelle 
au témoignage de tout le monde : un cheyal de càrofie doit-il être conftruit; comme un 
cheval de felle , celui-ci comme uii cheval de bât, & ce dernier comme un limonier? Il 
n’eft pas nécefiàire d’infifter fur la différence qui doit fe trouver entre ces chevaux , un 
fyfiême qui vient renverfer les idéès reçues & adoptées d’après l’expérience & l’ufage , 
peut-il fe foûtenir? Le cheval que M. Bourgelat donne pour modèle , & qu’il a fait 
graver dans fes élémens de l’art vétérinaire, n’eft'pas dans fon aplomb; il eft aifé de 
démontrer que placé de la forte , il ne pourroit exécuter les mouvemens propres aux 
différentes allures: il a d’ailleurs donné k la tête une pofition perpendiculaire, que tout 
anatomifte fcait être contre nature , & par conféquent impofiible ; puifqu’il faudroit que 
les condyles'de l’occipital fortifient prefqu’entièrement des cavités de la première vertèbre. 

Je vais marquer en général la différence qu’il doit y avoir entre le cheval de caroffe & 
celui de felle ; c’eft-k-dire, entre celui qui porte & celui qui tire ; ce qui fervira de règle 
pour le limonier & le cheval de bât. Les proportions, que nous donnerons de ces deux 
Lmiers animaux , feront prifes de leurs ufages, & de leurs mouvemens, En détaillant 
enfuite chaque partie, je traiterai des différences qui doivent fe trouver entre les efpeces de 

chevaux dont nous venons de parler. ^ ^ 

Afin de procéder avec ordre, je confidérerai le cheval en aftion fous deux points de 
vue I » dans la totalité & dans la généralité de fes mouvemens; a.» relativement aux mou¬ 
vemens de jambes , l’animal étant vù de profil. Dans le premier point de vue , ,e regarde 
le corps du cheval comme une malTe quarrée , pofée fur quatre colonnes dont le centre 
de gravité fe trouve entre la neuvième & la dixième vertèbre du dos ; centre avec lequel 
doit fe rencontrer celui de l’homme , & que celui-ci ne doit jamais perdre, afin que tous 
fes mouvemens concourent avec ceux du cheval. Dans le fécond point de vue ,e confidere 

(T r rr. nmfil Avcc fcs (Icux coloHncs , comme un reêlangle plus ou moins 
cette meme malle vue de pionl avec les ucua . , ’ „ , 1 11^ 

. A 1 A rhpval de felle ciue dans un cheval decarolle, 

long , qui ne doit pas être le meme dans un cheval ne leiie que 

puifque leurs mouvemens font differens. 

PARAGRAPHE PREMIER. 

DU CHEFAL CONSIDÉRÉ DANS LA TOTALITÉ 

E T 

DANS LA GÉNÉRALITÉ DE SES MOUVEMENS. 

Les allures naturelles de tous les chevaux font le pas, le trot & le galop ; mais tous 
Les alluies _ p.s egalement 

n’executent pas ces mouvemens avec la u c , . o • dpc nnnh- 

de ces allurel Que dans un haras on obferve des poulains & 

nières qui ne foient pas pleines, l’on verra , en les examinant en i 

en a qui trottent poL l’ordinaire , d’autres qui galoppent, & d autres enfin qui 










H I P P I A T R I q U E. 


tgo 

pas : je dis , pour Vordinaire , que telle qui va le pas , galoppe 4uelqiiefois7'|J^^î^ 

galop ne fera pas foûteiiu , parce que de ces allures naturelles , il y en a une qui 

particulière à l’animal. Faites fortir de chez un marchand deux chevaux neufs 
r , 1 11 / >;• UC meme 

taille ; s’ils vont au trot , l’un trottera d un trot plus allonge que l’autre 

revanche celui dont le trot fera moins allonge, galoppera avec plus d’aifance : on • 

même foiivent que pour exécuter ce qu’on lui demande, il prend le temps de ealon ' 

, , ^ T • f r vcc' . ° f 

avoir été au trot. La gaiete occalionne ces diîterens mouvemens , mais quiconque a de la 
pratique & efi: anatomifte , en appercevra d’abord la raifon ; elle eft bien fimple Un 
cheval qui aura l’encolure épaiffe , la tête grolTe , les épaules chargées , ne galoppera 
pas avec la même aifance, que celui, dont l’encolure fera déliée , les épaules allégées ; cette 
maffe, ou l’avant-main, fera plus plus aifée à s’enlever dans ce dernier ; car , comme je l’ai 
fait voir dans la myologie , ce font les mufclés du dos , qui font les principaux moteurs 
dans ce mouvement ; mais le premier trottera avec plus de facilité, vu que dans le trot 
les mufcles extenfeurs & fléchilTeurs des jambes de devant, entrent tous en contraêlion • 
ce qui n’arrive point dans le temps du galop. Mettez un cheval au galop, & un autre au 
trot ; vous verrez que le premier ne plie prefque point fes articulations depuis le genou 
jufqu’enbas,. ce qui demande une contraâion de la plufpart des mufcles qui forment l’avant- 
bras ; & que l’autre au contraire , forme prefque le demi cercle depuis le coude jufqu’à 
la pince ; ce qui prouve la contraêlion de ces mêmes mufcles. En général, on doit conli- 
dérer le corps du cheval comme une mafîè quarrée pofée fur quatre colonnes, dont la 
tête & l’encolure fervent au mouvement de progrelTion. Cette maffe eft foulevée par des 
leviers •dont le point d’appui varie , & qui font placés comme par étages ; il s’en trouve 
fupérieurement qui fervent à foulcver toute la maflè avec fes colonnes ; d’autres fitués au- 
deffous qui foulevent chaque colonne en particulier ; d’autres qui ne foulèvént qu’un tiers, 
une moitié, d’autres qu’une très petite partie de ces mêmes colonnes. Dans le repos les 
quatre jambes fervent d’appui au refte du corps, de façon que chacune porte un quart 
de pefanteur de la maffe’. 

Dans le pas, les jambes fe meuvent tour à tour en quatre temps, & opèrent les mouve¬ 
mens de progrelïion de la maffe ; mais chaque jambe fe décharge tour à tour fur la voifine 
du quart qu’elle foûtenoit avant que d’être levée. Ainfi , dans cette allure [ le pas ], la 
jambe voifine de celle qui eft levée foûtient la moitié du total de la maftè , ce qui ne fe 
fait jamais fans changer la ligne de direftion de la jambe chargée de ce fardeau. 

Dans le trot, les chofes fe paffent fuivant un autre ordre ; deux colonnes fe meuvent 
en même temps , mais dans la diagonale du quarré , c’eft-à-dire , de l’angle de devant a 
l’angle oppdfé de derrière. Ainfi , la jambe de devant du montoir, avec celle de derrière 
du hor5 le montoir ; & la jambe de devant de hors le montoir, avec celle de derrière du 
côté du montoir; qu’anive-t-il dans cette allure ? les deux quarts du poids de la maffe ou 
du corps , de même que les colonnes en mouvement ou en l’air, fe rejettent fur les deux 
autres , fans déranger l’équilibre , ni l’aplomb du cheval , ni la ligne de direftion ; pat^^ 
que les angles de ce quarré foulevé , repréfentent un balancier également charge. 

La différence qui fe trouve entre le trot ôc le pas eft bien marquée ; dans la première 
allure, le fardeau fe trouve partagé entre deux colonnes, qui fervent alternativement de 
point d’appui & toujours diagonalement ; au lieu que dans le pas, la colonne qui reçoit 
le poids de fa voifme, perd la ligne de dîreftion qu’elle avoir, & change fon axe de mou 
vement pour en prendre un autre. 

Dans le galop , deux colonnes fervent aufti de foûtien au refte de la machine , mais dans 
un fens oppofç au trot, ce font alternativement les jambes de devant qui fe meuvent 




H Y G I È N E. 


191 

eiifemble , enfuite celles de derrière : je ne dis pas pour cela que les jambes de devant fe 
lèvent précifément en même temps ; mais comme elles fe trouvent dans certains temps 
toutes les deux en Pair , le point d’appui doit donc être fur les jambes de. derrière ; & 
lorfque les jambes de derrière ne portent plus à terre , le point d’appui eft placé fur celles 
de devant. Pour loirs, les colonnes, qui fervent de point d’appui dans le temps que les autres 
font en Pair, foûtiennent toute la mafTe en général. 

Tous les mouvemens du cheval ne pourroient s’exécuter , s’il n’étoit déterminé 
d’abord à fe porter en avant. Envain les mufcles de la jambe entreroient en aêlion, elle 
tomberoit dans fon aplomb ; les mufcles dii dos auroient beau fe contraêler pour enlever 
le devant dans le galop , il ne s’ébrailleroit point fans ce premier mouvement. Mais dans 
le pas , par exemple , l’animal en jettant la mafle en avant par le concours de tous fes 
mufcles , charge le devant , & change la direêlion des quatre, jambes ; de perpendiculaires 
qu’elles étoient , elles deviennent obliques , & le cheval, pour les remettre dans leur 
aplomb , eft obligé ou de reporter cette maftè en arrière, ou de porter une jambe en avant, 
& fucceftivement les autres : plus il portera cette mafte en avant , plus les mouvemens 
feront grands. L’abaiftement de la tête & de l’encolure contribuent quelquefois à ce mou¬ 
vement , & l’on voit pour l’ordinaire que les chevaux qui portent beau , & dont l’enco¬ 
lure eft relevée, ont cette allure noble, mais peu allongée, & d’une bien moindre étendue 
que les chevaux dont nous venons de parler. Le trot & le galop fuivent la même loi , 
c’eft-à-dire , que la mafte doit fe porter en avant. Le cheval, dans ces allures , commence 
par fléchir les articulations des jambes de devant , il foule enfuite là terre , & dans le 
temps de la réaaion, le devant eft enlevé par les mufcles du dos , aidés fucceffivement par 
les extenfeurs de la tête &C de l’encolure , & par ceux des extrémités. Ces mouvemens 
doivent fe fuivre d’une manière imperceptible. Le train de derrière agit bientôt après , par 
la contraftion du pfoas des lombes, des mufcles abdominaux , & des mufcles des extré¬ 
mités qui le portent vers fon centre de gravité , & l’obligent par-là-à fe jetter lui-même 
en avant. Le mouvement ne s’exécute pas de même dans un cheval qui fe cabre, il ne fe 
fait au contraire qu’en portant la malTe en arrière , & en la chargeant ; âufti le mouvement 
d’élévation eft-il beaucoup plus grand que dans le galop , aufti le cheval doit-il retomber 
dans le même endroit , ou s’il tombe en avant, ce ne fera que par une foulée des jambes 
de derrière fur la terre. Un cheval galoppera avec d’autant^plus de vîteiTe qu’il portera 
davantage fa rnalTe en avant : fes mouvemens feront moins raccourcis, & il y aura moins de 
temps perdu. Les coureurs'n’agiftéiit prefque pas depuis le genou jlifqu’au bas ; toute leur 
acftion s’opère par les mufcles que nous venons de nommer. Dans le temps que les jambes 
de devant tombent à terre, elles fe chargent de tout le poids du train de derrière , ce qui 
donne plus de facilité aux mufcles de ce train de derrière d’agir, & de chaffer en avant les 
jambes de devant ; mais celles-ci fe chargent bien davantage du poids de la malle dans la 
ruade ; car alors le cheval porte tout fon corps en avant , il bailTe meme la tete , & 
l’encolure ; ce qui augmente la péfanteur du devant, forme le point * appui , onne 
plus d-aaion aux mufcles du dos, dont le point fixe change pour le moment ; ma.s les 
mufcles dorfaux n’enlèvent pas feuls le train de derrière , leur effort eft fécondé par a 
contraaion des mufcles feffiers , qui fléchiffent & foulèvent les autres art.cuknons des 

extrémités. . . • 

Les écuyers regardent encore comme naturelles , trois autres allures , qui cependant ne 
le font pas ; puifqu’elles ne fe remarquent ;que dans les chevaux foibles & u es. Ces 

allures font l’amble , l’entre-pas , & l’aubin. . i j a a / 

Dans l’amble, qui eft une allure oü le cheval meut les deux jambes du meme cote, 








H I P P I A T R I q U E. 


191 

fucceffivement le poids de la malTe fe jette fur les deux jambes oppofées , il 
parallèlement le poids de la madè. . 

L’entrepas ne diffère en rien du pas , a l’egard de l équilibré. 

L’aubin ne diffère des autres allures, qu’en ce que le cheval galoppant du devant & trot¬ 
tant du derrière , fes jambes de derrière partagent tour a tour le poids total de la 
& celui de fes trois colonnes. 

Il eft encore d’autres allures que l’es écuyers appellent artificielles ; ce font le pafTage 
le piafer , la galopade , la volte , la paffade , la pirouette , le terre-à-terre , la pefade, \l 
mèlair j la courbette , la croiipade , la balotade, la capriole , le pas & le faut. 

Toutes ces allures ne font nullement effentielles ; le cheval ne les exécute que par h 
crainte, & rarement de lui-même ; au refte elles participent des trois allures naturelles. 

Il eft donc aifé de voir, par ce que nous venons de dire ci-deffus, que tout cheval 
de felle, qui aura le devant étoffé, ne galoppera pas avec une légèreté recherchée; que la tête 
& l’encolure, qui font pour ainfi dire le gouvernail de la machine , ayant trop de pefan. 
teur ne feront pas enlevées avec aifance , & avec la même vîteffe que fi les parties étoient 
déliées. Mais ce fera un avantage pour le cheval de trait, car plus ces parties feront char¬ 
gées , plus aufïi la quantité de mouvement , que l’on fçait être le produit de la maffe par 
la vîtefle , fera confidérable ; ou , ce qui revient au même , plus la force de l’animal, qui 
n’efl: autre que cette quantité de mouvement, fera augmentée. Le cheval avançant la tête 
& baifîànt l’encolure abandonne tout le corps fur les épaulés & fur le poitrail ; la puiffance 
fe trouve fortifiée de ce poids , ce qui n’arriveroit pas dans le cheval qui a la tête & 
l’encolure relevée ; cette conformation rejettant au contraire le poids du corps fur les 
hanches. Une encolure arrondie & une groffe tête font effentielles pour les chevaux de 
trait, le contraire doit donc arriver dans le cheval de felle, à grandeur égale , que l’on 
metteroit au trait; ce cheval dont l’encolure feroit légère, la tête petite, auroit bien le même 
point d’appui, mais la puiffance, qui lui manquera, ne pourra le faire valoir, 6c attirer 
à lui le fardeau. 

N’eft-il donc pas abfurde d’admettre une même & feule proportion pour tous les che¬ 
vaux : non feulement la mécanique démontre la fauffeté de ce fyftême, mais aiilfi l’expe- 
rience ; plus de pratique avec les chevaux auroit fait abandonner cette hypothèfe 

PARAGRAPHE IL 

nu CHEFAL CONSIDÉRÉ DE PROFIL 

En confidérant le cheval , vu de profil , voyons fi le quarré parfait qu’admet 
M. Bourgelat doit avoir lieu par tous les chevaux ; s’il doit être le même pour le cheval 
de caroffe. 

Nous venons de dire que les allures naturelles du cheval étoient le pas, le trot, ouïe 
galop ; de ces trois mouvemens , deux font propres au cheval de felle , deux au clieva 
de caroffe : celui-ci a pour allure familière le pas 6c le trot ; le cheval de felle le pas 
le galop. L’aèlion du trot, celle du galop , dont nous allons examiner la nature, 6c mai 
quer les différences nous démontrera que le quarré parfait ne fçauroit être admis pour 
le cheval de fel ; cette conformation feroit même nuifible dans le trot. 

Dans le cheval qui va le pas, [fon allure la plus ordinaire, quoiqu’on le faffe quelque 
fois troter ] les jambes de devant agifîent , pour ainfi dire , fimultanement J 
mouvemens font plus marqués ; la vîteffe efl: plus grande que dans le cheval de caio 
En obfervant celui-ci on voit qu’il lève les pieds en tranflravat ; c’efl-à-dire, une jui 






HYGIÈNE. 


193 


de devant d’un côté ^ & lüie de derrière de l’autre ; que ces mouvemens ne font pas (i 
étendus , quoique fouvent plus relevés que ceux du cheval de felle. 

D’après ces faits , voyons quels font les mouvemens que peuvent exécuter les jambes 
en dehors & en dedans du quarré parfait, adopté par M. Bourgelat, pour toute mefure» 
Afin de bien concevoir ces mouvemens ^ il faut examiner les articulations de la jambe de 
devant , & celles de la jambe de derrière ; obferver jufqu’à quel point elles peuvent fe 
mouvoir l’une fur l’autre ; examiner les différentes direèlions qu’elles permettent ; déter¬ 
miner l’aélion plus ou moins grande des mufcles fur ces mêmes os. 

La jambe de devant a fix articulations ; la première eft celle de la partie inférieure de 
l’épaule avec l’humérus , qui a un mouvement du genou , ou mouvement en tous feus ; 
la fécondé ^ celle de la partie inférieure de l’bum.érus avec le radius , qui forme une char¬ 
nière imparfaite, & qui ne permet que-le mouvement en avant ; la troifième , celle de là 
partie inférieure du radius avec les os du genou , & de ceux-ci avec le canon qui forme 
auffi une charnière imparfaite, & qui ne fe plie qu’en arrière ; la quatrième, de la partie 
inférieure de l’os du canon avec le paturon qui forme une charnière parfaite, c’eft-à-dire j 
qui fe plie en avant & en arrière également ; la cinquième, de la partie inférieure du 
paturon avec l’os coronaire , qui forme encore une charnière parfaite , mais légèrement 
flexible , tant en avant qu’en arrière ; la fixième, eft l’os coronaire avec l’os du pied, dont 
le mouvement eft égal à cette dernière articulation. L’omoplate eft pofée obliquement fur 
le thorax, fe portant en arrière dans fa partie fupérieure , & en avant dans fa partie 
inférieure. L’humérus, qui fe trouve deffous, eft de même pofé fur le thorax , mais dans 
une direftion oppofée ; le radius, le genou & le canon, font fitués perpendiculairement ; 
les autres os font obliques de derrière en avant. De toutes les articulations qui fe permet¬ 
tent le mouvement en avant, il y en a deux parfaites & trois imparfaites ; parmi celles qui 
permettent le mouvement en arrière , il y en a pareillement deux qui font parfaites & 
trois imparfaites. Pour concevoir comment ces os fe meuvent les uns fur les autres , on 
tirera une perpendiculaire de l’angle fupérieur & antérieur de l’omoplàte fur le terrein : 
cette ligne partagera le corps du radius & celui de l’os du canon : cette perpendiculaire 
fervira de règle En examinant chaque articulation , l’on verra , par leurs furfaces cartila- 
gineufes, jufqu’à quel dégré un os fe meut fur un autre : l’humérus fe portera fur l’omo^ 
plate deux fois plus en arrière qu’il ne fe porte en avant, vu qu’il eft retenu en avant par 
l’apophyfe acromion de l’omoplate. Le radius fe portera en avant de la perpeiadiculàire , a 
diftance égale de l’autre ; enfin le canon fe portera en arrière de même à égalé diftance 

de la ligne perpendiculaire. . , . 

Dans le repos , c’eft-Wire , le cheval en place peut mouvoir chaque articulation 1 une 

après l’autre , fans que les autres y participent. Par exemple il peut porter le brasTur 
l’épaule en entraînant à la vérité le refte de l’extrémité , mais fans que les autres articu¬ 
lations fe meuvent l’une fur l’autre: dans l’exercice , les chofes fe palTent autrement; 

toutes les articulations jouent, mais plus ou moins. ^ 

Dans le pas & dans le trot, les os auront un mouvement égal , à diftance égalé, tant 

en avant qu’en arrière ; c’eft-à-dire , qu’en tirant toujours une ligne de 1 omoplate ve« e 

fol, qui tendra vers le boulet, cette même ligne palTera par le milieu de chaque os, e 

coupera dans fa longueur en deux parties égales ; de façon que le terrein, que le cheval 

L /r n • X V \ Ap l’étendue de fes mouvemens, la jambe ne 

embraffe, eft tou ours très petit , a railon de i ete 

arrière, qu’à raifon du plus ou du moins de malTe qu il porte en 


tombe plus ou moins 
avant. 

Dans le galop , le jeu, 


; nous l’avons déjà dit 


n’eft pas fi confidérable 
C cc 


l’aftiorx 







H Y G I È N E. 


194 




principale eft dans les premières articulations ; le cheval jette la maffe plus en 
conféquent les jambes de devant étant pofées à terre fe trouvent plus au point central ^ 
fe chargent du poids total de la mafle ; dans les jambes de derrière , les mouvemens fe 
font plus en avant qu’en arrière ; car , de fix articulations qui fe trouvent dans cha 
jambe la feule fphéroïde du fémur avec les os des iles eft parfaite eu arrière. La char 
nière du, tibia avec le fémur ne permet pas le mouvement en arrière avec autant d’étendue 
que celle du bras avec l’avant-bras le permet en avant ; l’os du paturon , à la vérité 
fe porte plus en arrière que celui de devant, mais le pli du jarret eft plus étendu • Ig 
mouvement du tibia avec le fémur eft aufîi plus étendu que celui de l’articulation du 
coude ; celui du paturon fur le canon en avant , eft encore plus étendu que celui de 
la jambe de devant t or , dans le galop , lorfque le cheval eft fur le point de lever fes 
jambes de devant dans la féconde jettée , les jambes de derrière chargées du poids total 
de la mafte , étant obligées de fe porter en avant , font dans le cas d’atteindre les jambes 
de devant, à moins que celles-ci ne fe portent en avant avec célérité. Plus la vîtelfe du 
galop fera grande, plus les jambes de devant fe trouveront au centre du quarré & outre- 
pafTeront vers les jambes de derrière; plus celles-ci, pour reprendre le poids de la maffe, 
feront obligées de fe porter en avant , & plus elles rifqueront d’atteindre les jambes de 
devant. D’ailleurs , les jambes de derrière fe porteront d’autant plus en avant que le train 
de derrière eft ramené en avant par le pfoas des lombes, 6c par les mufcles abdominaux. 
Les chevaux de chafle, 6c principalement ceux qui font raccourcis font fort expofés à 
cet accident, qui leur arrive en plat-pays : mais il eft plus fréquent dans les terreins 
gras , 6c dans les pays marécageux, 6c dans les lieux où le cheval, enfonçant du devant, 
n’auroit pas le temps de fe relever. La nerferrure eft très rare dans les chevaux de caroffe; 
à la vérité on les voit bien forger quelquefois, mais le choc de derrière fur le devant ne 
va guère plus haut que le fer. Je parle d’un cheval d’un quarré parfait ; dans cette con¬ 
formation, les jambes, tant de derrière que de devant, fe portent au centre du quarré dans 
le galop; mais dans le trot, il s’en faut de beaucoup que cela foit ainfi : dans cette allure 
l’on apperçoit fucceftivement chaque colonne fe charger du poids de fa voifine, ou même 
deux à la fois en le prenant en tranftravat. Par cet expofé , on voit clairement qu’une 
même règle ne doit point fervir pour tous les chevaux , comme le prétend M. Bourgelat; 


qu 


'il eft 


au contraire 


de toute néceflité qu’un cheval de felle forme un reftangle j 


pour la liberté de fes mouvemens que pour leur douceur. 

En confidérant un cheval de courfe, on voit qu’il pafte d’un dixième, 6c plus, la ligne 
verticale, qui partageroit le quarré parfait en deux parties égales. Or, s’il etoit poflible 
que l’on pût former des chevaux , il feroit à fouhaiter qu’on leur donnât en longueur un 
dixième de plus qu’en hauteur ; c’eft-à-dire , que ces dimenfions étant prifes des points 
indiqués ci-deftùs, un cheval qui auroit cinq pieds de la pointe de la fefte à celle de I épaulé, 
6c la même mefure du garot à terre , doit avoir cinq pieds 6c demi , ou fix pouces e 
plus dans la première dimenfion fur les mêmes cinq pieds de hauteur, afin qu il 
proportionné. 





hygiène. 


195 


PARAGRAPHE IIL 

examen D E s P a R T I E s DU C H E VA L, 

PRISES SÉPARÉMENT. 

I,* De i-A. tête. Après avoir confidéré dans fon enfemble un cheval qu’on veut aquérir, 
il faut examiner fes parties , chacune féparément. On commence par la tête : elle doit 
être femblable à celle de la diagonale d’un reêlangle , dont la bafe feroit trois fois plus 
courte que fa hauteur ; d’un reêlangle qui auroit, par exemple , neuf pouces de hauteur 
fur trois pouces de largeur. 

On ne peut concevoir comment M. Bourgelat a pu avancer qu’il falloit , pour qu’une 
tête fût bien placée, qu’elle tombât perpendiculairement. Cette pofition eft très rare dans 
les chevaux qui portent beau , elle ne fe trouve que dans ceux qui portent bas ; les mufcles , ^ 

extenfeurs de la tête fe relâchant, & le ligament cervical fe trouvant moins tendu, la tête 
doit nécelTairement tomber perpendiculairement ; autrement cela n’arrive point. La meil¬ 
leure raifon que l’on en puille apporter eft que, dans tout fquéléte à qui on élévera le 
col, la tête fe trouvera placée hors de l’articulation des condyles avec la première vertè¬ 
bre. Lorfque la tête du cheval s’écarte en avant de la diagonale , on dit que le cheval 
porte au vent , qu’z7 tend le ne^ ; 6c lorfqu’elle fe retire vers le col, en fortant de cette 
direftion, que le cheval fe ramene, qu’// s encapuchone , qu’z7 s arme ; mais lorfqu’il tient 
fa tête dans la direélion de cette ligne , on dit, ce cheval porte bien fa tête , fe bride 
bien ; 6c non pas , il ejl bien placé, [comme on le lit dans les Elém. de Van vétér.’] : ce 
terme n’a lieu que pour l’ênfemble d’un cheval, lorfque les quatre jambes tombent bien 
d’aplomb ; on dit aufti d’un cheval qui baifle la tête , il porte bas. On obferve encore 
dans la tête d’autres défauts , marqués par ces expreftions , tête grajje , tête décharnée , tête 
longue qui s’appelle aulfi tête de vieille. Enfin , une tête, pour être belle 6c agréable à la 
vue, doit être petite. Il eft encore des diftinétions relatives aux differentes efpeces de che¬ 
vaux , par exemple : la tête d’un cheval de caroffe doit etre plus forte que celle d un 
cheval de felle, attendu que par fon poids elle augmente la maftè qui détermine, pour la 
plus grande partie, les colonnes du cheval à fe mouvoir , 6c produit une plus grande 
quantité de mouvement ou de force ; mais dans le cheval de felle, la grofîeur de la tete, 
bien loin de devenir effentielle, devient pour ainfi dire nuifible, vu qu’elle oppoferoit de la 
réfiftance aux mufcles du dos qui agiffeiit les premiers dans le galop. Pour prouver que 
la tête détermine les colonnes , il fuffit de confiderer que le cheval ne peut ruer fans 
baiffer la tête , 6c qu’il la baiffe d’autant plus bas qu’il veut ruer plus haut ; on ne peut 
mieux comparer la tête jointe aux colonnes qu’a un balancier. 

2 . " De la nuque, c’eft cette partie fituée au fommet de la tête, derrière les oreilles, 
fur la ligne de la crinière que l’on a foin de dégarnir pour faire place à k têtière. La 
nuque doit être un peu élevée 6c arrondie afin de donner plus de grâce à la tête du cheval 
que l’on dit alors avoir la tête bien attachée. 

3 . '* Le toupet eft cette portion de crin qui tombe en avant de la tête fur le fi ont. Lorf- 
qu’on l’a coupé , ainfi que le poil des jambes, on dit que le cheval a le poil fait. Pour 
l’ordinaire l’on ne coupe guère ce toupet que l’on ne coupe aufli la queue , & l’on dit 
d’un cheval ou qu’il eft à tout crin , ou qu’il eft à courte queue. Ces fortes d’opérations 

font aufli communément aux chevaux de caroffe qu’aux chevairx de felle, quoique 1 on 
dût leur laiffer leurs crins à l’un & à l’autre , pour les, garantir des mouches. 






hygiène. 


Ï96 

4. “ Les oreilles doivent être placées perpendiculairement, dans l’état d’inaftion.^ 
juge de leurs proportions ; une oreille trop grande ou trop courte eft également de^r 
gréable; cependant celle qui eft courte, choque moins, que celle qui eft longue. Les grande' 
font fujettes à baloter en tous fens dans la marche du cheval ; alors on les appelles oreilles 
de cochon. Quoiqu’elles fe meuvent toutes deux également , il eft cependant des chevaux 
qui préfentent en même temps, l’une en avant & l’autre en arrière; c’eft pour éviter toute fur 
prife qu’ils agiftent ainfi. Ce mouvement eft ordinaire aux chevaux aveugles. D’autres ont les 
oreilles panchées vers les avives ; quelquefois elles le deviennent davantage à la fuite de 
quelque tumeur dans l’oreille ; ce qui diminue fon volume ; pour lors on appelle ce défaut 
oreillard, ou oreilles panchées. Souvent les oreilles ont été taillées par les maquignons 
on appelle alors le cheval moineau, on dit qu’il a été brétaudé ; & lorfqu’en outre, on lui a 
coupé la queue, on l’appelle courteau. Dans la vue de rapprocher les oreilles l’une de l’autre 
les maquignons font une incifion entre les deux parties, vers le toupet. M. Bourgelat- 
avance qu’ils la font vers la nuque , & qu’ils mettent fouvent le cartilage à découvert- 
comme il n’y a point de cartilage en cet endroit, il fe trompe ; la conque de l’oreille en 
eft même éloignée de quatre à cinq pouces. Mais en ajoutant, que dans ce cas l’opération 
a été mal faite ; il paroît l’approuver , puifqu’il fe contente d’obferver qu’elle l’a été mal. 
Ce célébré hippotomifte n’a pu certainement avoir en vue le cartilage nommé bouclier, 
éloigné de la nuque de plus d’un demi-pied ; d’ailleurs il ne parle que de la nuque. Au 
refte cette opération eft toujours infruftueufe , & bien loin de rapprocher les oreilles, elle 
les écarte l’une de l’autre. Pour réuflir , il faudroit que l’incifion fe fît dans la partie 
inférieure , vers les avives ; & que l’on coupât le principal mufcle abaifteur de l’oreille ; 
l’aêlion de ce mufcle étant détruite , les releveurs antagoniftes produiroient néceftairement 
leurs eftets, qui font de rapprocher les oreilles. Cette méthode eft toujours fûre quand 
l’opération eft bien faite. 

5. ° Le front eft cette partie qui s’étend depuis le toupet jufqu’à un travers de doigt 
au-deftiis des yeux. Il doit être convexe, ce que l’on appelle moutonné ou bufqué. Cette 
conformation eft très agréable , elle ne fe remarque ordinairement que dans les chévaux 
anglois & efpagnols ; & non pas dans les napolitains , ni dans les barbes, comme 
l’avance M. Bourgelat, ni même dans les normans. 

J’ai parcouru les haras établis dans nos provinces; parmi tous les chevaux qu’on y élève, 
j’en ai trouvé peu qui euflent la tête bufquée ; les chevaux étrangers, que j’ai examinés, ne 
m’en ont pas fourni beaucoup d’exemples. On peut s’en afturer, en confultant la colleftion 
des tableaux dont le grand écuyer de France eft dépofitaire : on y voit reprefentes les 
plus beaux chevaux barbes qui ne font point bufqués. J’avouerai cependant que j’ai ren¬ 
contré cette conformation dans des chevaux limofins , bien que pour l’ordinaire ils aient 
des têtes de vieilles. J’ai fait la même obfervation fur les chevaux hongrois & comtois. 
mais comme elle n’eft pas conftante, elle ne fçauroit fervir à établir une règle geneiale. 

6. ° Les salières. On appelle ainfi deux enfoncemens qui fe trouvent au-delTus éjs 

yeux , & qui font toujours regardées comme un défaut de conformation. Dans la e 
nature , cette partie doit être de niveau avec les fourcils. Cette dépreffion eft fenfible ans 
la vieillefle ; elle eft quelquefois naturelle & même héréditaire. Mais c’eft une eireur 
croire qu’un vieux cheval, dont les falières font creufes, engendrera un poulain qm 
cette défeêluofité. ., 

7. ° Les sourcils font des crins limés vers le grand angle , que je nommerai ourc 

fupérieurs. Ces crins font au nombre de quatre à cinq pour l’ordinaire vers cette par > 
on n’en trouve point vers le petit angle. go 






HYGIÈNE. 


197 


g_° Les PAUPIERES font , comme tout le monde fçait j ces deux portions de peau qui 
forment une efpace ovalaire defTous lequel font placés les yeux. On diftingue une paupière 
fupérieure & une inferieure : elles s’entrouvent prefque au bas de l’œil & au niveau de 
la paupière inferieure dont s’écarte la fupérieure. Les paupières, principalement la fupé¬ 
rieure doit etre toujours elevee & repliée fur elle-même , & lailTer à découvert tout le 
globe de l’œil ; ce qui fait dire d’un cheval, qu’il a l’œil fier. Lorfqu’au contraire la pau¬ 
pière eft trop marquée , on dit : ce cheval a l’air mol. Ce défaut s’obferve ordinairement 
dans les vieux chevaux; cependant il en eft de cette partie comme des falières; la défeèluo- 
fité peut venir d’un vice de conformation : les bords de chaque paupière font garnis de ■ 
poils , nommés cils , dont l’ufage eft de garantir en partie des ordures qui pourroient 
tomber dans l’œil. Leur ufage eft encore de brifer les rayons de lumière qui pourroient 
affeèler l’œil trop vivement. 

Le grand angle eft cette réunion des deux paupières vers le nez , le petit angle eft 
oppofé à celui-ci. 

Les yeux ont une figure fphérique, leur fituation eft aftez connue; pour qu’ils foienc 
bien placés , il faut qu’ils foient faillans , & que leurs mouvemens foient fréquens. 

Ils font de différentes couleurs : les gris font les plus communs ; après eux, ce font 
les noirs ; il s’en trouve d’un bleu pâle ; d’autres , * On remarque dans ces deux 

derniers , nommés indiftinftement vérons , un cercle qui n’eft autre chofe que l’iris. Les 
yeux font expofés à différentes maladies , dont on parlera dans la pathologie. 

L’endroit le plus favorable , pour examiner la vue d’un cheval , eft à la porte d’une 
écurie , lorfqu’il eft prêt à fortir, deffous une porte cochère , ou deffous une remife, afin 
qu’il n’y ait point de jour derrière lui. On confidère l’œil en avant, de profil, & on fait 
des figues. Si le cheval eft aveugle on en fera convaincu, & par la pofition de fes oreilles, 
dont l’une eft en avant, & l’autre en arrière , & par la manière dont il lève les jambes. 
Rien n’eft plus aifé que d’appercevoir le défaut d’un œil, quand on en connoît bien la 
ftruaure ; autrement rien n’eft plus difficile. J’ai vu des perfonnes qui paffoient pour 
habiles dans l’art de faire cette infpeaion , fe tromper fouvent, & prendre pour maladie 
du cryftallin , ce qui en étoit une de la cornée ; l’affeaion de la cornée pour celle des 
humeurs, & confondre encore davantage les différentes maladies qui attaquoient la partie 
qu’ils avoient nommée , & qui , félon eux , etoit le fiège du mal. 

10. ° L’onglet eft cette partie fémilunaire fituée vers le grand angle , entre le globe de 
l’œil ce grand angle. Dans la belle nature, l’onglet ne doit point paroître, à moins que 
quelques corps étrangers ne touche la vitre de 1 œil ou la conjonaive , & n oblige le globe a 
fe retirer dans le fond de l’orbite. Pour lors cette membrane agit en avant , & fert de 
doigt à l’animal pour balayer les ordures qui s’y trouvent. Mais c’eft une maladie toutes 

les fois qu’elle paroît quand l’œil eft tranquille. _ a 1 ■ 

11. ° Le nez s’étend depuis la partie inférieure du front jufqu’aux nafeaux. Pour etre bien 
fait, il faut qu’il foit moutonné en fe fuivant avec le front ; la partie moyenne eft nommee 
chanfrein; lorfque le chanfrein eft concave ou.d’une forme creufe & rentrant en dedans, 
fon dit que le cheval a le chanfrein renfoncé ; ce qui eft un grand drfaut, poui le coup 
d’œil. D’ailleurs, la refpiration s’en trouve gênée , & le pafTage de 1 air intercepte. 

I..” Les NASEAUX font deux ouvertures de peau, lefquelles ont environ quatre 
pouces de longueur. Dans l’état naturel, ils doivent être bien ouverts : autrement ceft un 
défaut qu’on Lfigne , en difant que le cheval a les nafeaux peu feiidus ; ce qui fouvent 
le rend fouffleur ou fiffleur. Les narines , dans l’aaion, doivent fe dilater de deux tiers de 
plus qu’elles ne paroirent. Ce feroit cependant un très grand defaut, fi les nafeaux etoient 






HYGIÈNE. 


trop ouverts ; car , l’air ayant un trop libre accès, & pénétrant avec trop d’impétuof,té 
pourroit occafionner différentes maladies, telles que la toux, la morfondure , la morve’ 
&G. Le diamètre des nafeaux , pour qu’ils foient bien conformés , ne doit pas, Jais 

fadion, furpaffer la largeur des lèvres. , ’ ^ 

13. ° La bouche ell; cette grande ouverture qui s’étend depuis un coin jufqu’à l’autre - 
ce que l’on appelle commiffure. Elle eft bien proportionnée, lorfqu’elle forme une efpèce 
de groupe agréable. Les lèvres doivent être féches & bien appliquées fur les dents : le bord 
de chaque lèvre doit rentrer en dedans fans laiffer appercevoir aucune ride : la lèvre fupé, 

• Heure , être placée en avant, & un peu arrondie fur fes côtés ; autrement, on dit mais 
improprement, que l’animal a le bout du nez gros : la lèvre inférieur doit être trouffée 
^ fon bord auffi rentrer en dedans ; on défigne la conformation contraire par ces mots * 
lèvre pendante; prefque tous les vieux chevaux ont ce défaut, qui peut auffi provenir de 
naiffance. 

Le menton fait partie de la lèvre inférieure dans le cheval ; on demande qu’il fe termine 
en pointe. C’efl: fur le menton qu’eft fituée la barbe , qui confifte en quelques crins épars 
çà & la. 

14. ° Les JOUES, qui forment les parties latérales inférieures de la face, ont le plus d’étendue; 
plufieurs les ont confondues avec la ganache. Cependant il eft néceffaire de bien diftinguer ces 
parties. J’appelle la joue cette furface latérale ôc unie, faifant partie de la mâchoire inférieure, 
& fituée à côté de la face ; elle doit être plate ; on dit vulgairement que le cheval a une 
groife ganache , lorfque la partie fupérieure eft furpaffée par l’inférieure ; & qu’il a la 
ganache décharnée , lorfque la fupérieure déborde. La ganache eft l’arrondiffement du bas 
de la jôue, que l’on appelle aufli ganache , comme je l’ai dit plus haut. L’entre-deux des 
joues fe nomme le deftbus de la ganache. Ce deffous doit être creux, évidé & évafé ; 
c’eft une belle forme. Le contraire s’appelle ganache pleine & évafée ; ce qui eft un défaut. 
Les chevaux naiffent pour l’ordinaire avec la ganache évidée ; elle ne devient pleine qu’à 
la fuite de la gourme, principalement de la faulfe ; il leur refte toute la vie un engor¬ 
gement des glandes falivaires , & un épaiftiffement de lymphe qui les fait appeller gana- 
chés. La partie inférieure du deftbus de cette ganache, vers le menton, fe nomme l’auge. 
C’eft à ce petit efpace que fe réuniftent les deux parties des mâchoires, à l’endroit de la 
gourmette. 

Lorfqu’il arrive que les bords de l’auge , qui devroient être arrondis , font faillans, le 
le cheval court rifque d’être blefte par la gourmette. 

15. ° Les avives font fituées à la partie fupérieure & poftérieure de la ganache, dans cet 
intervalle, qui régné entre la tête & le col, au-deftbus de l’oreille, & dont l’étendue a peu 
près d’une forme ovalaire , eft de cinq pouces , quelquefois plus. Cette partie doit etre 
féche & rentrer en dedans, pour faciliter le mouvement de la tête vers le col dans le temps 
que le cheval fe ramène. 

16. ° Le gol. On comprend dans le col, l’encolure, le col proprement dit, &le gofier. 

L’encolure eft cette mafte de chair qui foutient ces longs crins, connus fous le nom ée 

crinière. L’encolure doit être charnue , arrondie fupérieurement ; lorfqu’elle eft droite on 
l’appelle faulTe encolure ; lorfqu’elle eft creufée ou échancrée , elle fe nomme coup de 
hache. Dans un cheval de felle, l’encolure ne doit point être longue, mais bien relevee- 
dans le cheval de caroftb elle doit être plus allongée, afin de former le centre de gravite, 
dans les mouvemens eix avant. 

Le col , proprement dit, eft la partie moyenne du col qui donne la bafe à l’encolure, 
laquelle eft formée des vertèbres cervicales. 






HYGIENE. 


199 


Le gofier en eft la partie antérieure : il règne depuis le defTous de la ganache jufqu’à 
Peiitre-deux des pointes des épaules. Le gofier doit être faillant & un peu convexe dans 
fa partie moyenne ; quand il Peft trop, on l’appelle col pendant : c’eft pour l’ordinaire le . 
défaut des vieux chevaux , quoiqu’ils puifTent naître ainfi. 

Le poitrail. On diftingue , dans le poitrail, le devant & le defTous. Le poitrail 
antérieur doit être bien ouvert , & ne doit paroître faire qu’un feul & même corps avec 
l’épaule : on confidérera, dans fa partie la plus élevée , un enfoncement appellé la fofTette. 

H faut aufïi que le defTous du poitrail foit ouvert & plat. 

Le garot ne doit point être tranchant, bien que M. Bourgelat le veuille tel. Il ne doit 
point non plus être arrondi, mais être de niveau avec l’encolure , & un peu plus élevé 
fur les côtés ; fans quoi il feroit expofé à être bleffé par l’arçon de la felle ; mais cette * 
conformation eft plus néceftaire dans le cheval de felle que dans celui de carofTe. En effet, 
dans le premier, le garot , plein fur fes parties latérales , procure cet avantage , qu’il 
augmente Taêlion des mufcles extenfeurs de la tête , & rend les leviers plus puifTans ; car 
ce font eux qui, dans le galop, agiffent les premiers après les mufcles du dos ; les mufcles 
fléchiffeurs du bras & principalement le mufcle commun , fe contraêlent les derniers. 

i8.° L’épaule eft cette partie qui s’étend depuis la partie fupérieure du garot jufqu’à la 
partie moyenne du devant du poitrail. Elle doit paroître détachée dans fa partie antérieure 
d’avec l’encolure ; elle doit l’être aufti , mais moins à la vérité du côté des côtes. Il ne faut 
pas non plus que l’épaule foit trop ferrée ; dans ce cas, on l’appelle épaule collée : & fi les 
deux le font également , on dit que le cheval eft chevillé. Lorfque l’épaule pêche par trop 
d’embonpoint & a trop de rotondité , on dit que le cheval a les épaules trop grafTes ; ce 
qui gêne beaucoup fon mouvement fur la poitrine. Je ne puis concevoir comment. M. 
Bourgelat peut dire qu’une épaule charnue engage le cheval à broncher ; les mufcles exten¬ 
feurs du canon & ceux de l’épaule étant fort éloignés les uns des autres , & n’ayant 
pas la même fonêlion. 

19" Le bras s’étend depuis l’épaule jufqu’au coude doit fliivre en proportion 
l’épaule : cela eft fi vrai que l’on a toujours confondu cette partie avec l’épaule, & que 
des deux l’on en a fait un tout ; & comme il eft couché le long de la partie inferieure du 
poitrail, il doit néceffairement tomber en ligne droite h l’épaule. ^ ^ 

ao.° L’avant-bras s’étend depuis la partie inférieure de la poitrine, )ufqu a la première 
jointure ; il doit être charnu & d’une longueur proportionnée; il ne peut même etre trop 
charnu , car quand il ne l’eft pas , [ ce qu’on nomme alors bras menu ] il forme toujours 
un cheval mol, dans fon devant, fujet à broncher & k plier les genoux en un mot, 
un cheval arqué. Quoiqu’on voie de fort jeunes poulains arques , ceft le plus fouvent un 

défaut des chevaux ufés , & fur-tout des vieux. 1 « 

Le coude eft cette partie pointue fituée derrière & au-defllis de 1 avant-bras, & qui en 

fait partie; il fera bien conformé, s’il fe détache de la poitrine & neft S 

ft ■ I ■ J partie feroit diminué. Les chevaux a coudes lerres & 

comtruit autrement, le jeu de cette paitie leiuiu 

courts font nommés pannards. , . 

Les ars font les parties internes & fupérieures de l’avant-bras , ou fe f-- m v^e 
que l’on appelle veL des ars. A un pied au-delTous ou environ , eft placée une portion 

de corne appellée châtaigne, laquelle eft dune figure ova aire. . ^ j. i • t 

ai.’ Le oLou doit e^tre fec , de façon que l’on diftingue, pour ainfi dire, les os qui le 

compofent. Quand il eft gras , fes grour& qufr’étend jufftu’S* la première 

jointure. Il doit être d’un v^olume proportionné aux nerfs qui font derrieie, peu lar^e , 








pour donner l’appui 6c l’aifance aux nerfs qui font derrière ; quand il a les qualités cou 
traires , l’on dit que le canon eft menu. 

Les nerfs , que les anatonaiftes connoifTent fous le nom de tendons , doivent être dét 
elles les uns des autres , tant pour la beauté que pour le mouvement. De-là ces expref 
fions dans la maréchallerie, ce cheval a le nerf bien détaché , il a le nerf collé à l’os 

Cette jointure inférieure fituée au-delTous du canon , eft le boulet, qui fe prolonge en 
arrière. Il peut pêcher par le trop ou le trop peu de grofteur. 

Le fanon eft la touffe de poil fituée derrière le boulet. 

Le paturon eft l’os qui forme cette efpace creux , compris entre le boulet 6c les talons 
C’eft un grand défaut, quand cet os eft long : les chevaux, chez lefquels on le remarque 
fe nomment longs jointés ; alors la partie fupérieure de cet os fe porte en arrière ; on les 
appelle houletés, lorfquelle fe jette en avant : 6c quand cet os eft pofé perpendiculairement 
on dit, le cheval eft droit fur fort boulet, fi cette fituation de l’os ne regarde qu’une jambe- 
6c fur fes boulets , fi elle regarde les deux. 

La couronne eft cette terminaifon de poil qui fe panche vers le fabot. 

Les fabots doivent être petits, 6c la ligne d’inclinaifon, ou la pente de la muraille, doit 
jêtre la diagonale du ,quarré de la perpendiculaire , que l’on tireroit de la couronne au 
bord du fabot fur le terrein , ou ce qui eft le même, l’hypotenufe d’un triangle reftangle 
ifocèle, dont un côté feroit cette perpendiculaire. La foie doit être creufe, 6c la four¬ 
chette petite , les talons doivent être droits ; en un mot, le pied, confidéré, étant levé 

du côté de la foie , doit former les deux tiers d’un ovale. 

DU CORPS. 

On comprend, fous le nom de corps , cette maffe qui s’étend depuis la jambe de devant 
jufqu’à celle de derrière. 

1. ° Le dos s’étend depuis le garot jufqu’à cet endroit plat qu’on appelle les reins : il finit 

à cette petite goûtière qui s’étend jufque fur la croupe. Le dos doit être arrondi 6c décrire 
une ligne horifontale : mais , s’il baifîè , on dit que le cheval eft enfellé ; fi au contraire 

il s’élève , on dit qu’il a un dos de carpe , ou dos de mulet. Les reins font la fuite du 

dos , ils s’étendent jufqu’au point où celui-ci paroît baiffer en arrière , 'ce qui eft le com¬ 
mencement de la croupe : ils doivent être plats 6c larges. Ce n’eft jamais un défaut dans 
un cheval que d’avoir trop de reins. C’eft par erreur que les maquignons fe fervent de 
ces expreffions ; ce chevd a les reins bas ; puifque c’eft du dos qu’ils veulent parler ; 
quoiqu’il foit vrai qu’alors les reins fuivent un peu cette pente. Toutes les fois quun 
cheval paroît bas des reins , il eft , ce qu’on appelle court monté de derrière, c’eft-à-dire , 
que les jambes de derrière font trop courtes , 6c obligent le rein , ainfi que le refte, à 
pancher. 

2. ° Les côtes font ces parties dures qui font fituées fur les côtés , 6c qui concourent a 

former la cavité de la poitrine , 6c les deux tiers de l’étendue du corps. Les côtes doivent 
être bien cerclées , c’eft-à-dire , bien arrondies. Lorfqu’elles paroiffent comme droites, on 
donne le nom de côtes plates à ce défaut , qui eft très grand , puifqu’il gêne le mouve¬ 
ment de la refpiration , 6c que la plufpart des chevaux , chez lefquels on le remarque.) 
finifTent par être pulmoniques ; ils n’ont ordinairement point de ventre. ^ 

3. ° On comprend, fous le nom de ventre, toute cette maffe molle fituée en arriéré 
la poitrine. Dans un cheval bien conftruit, 6c qui a de l’embonpoint, il fuit toujours la ^orr^ 
des côtes ; mais , il n’eft guère pofïible de diftinguer la poitrine d’avec le ventre , à moins 




HYGIÈNE. 


2-01 


que de tâter les dernières côtes. Si le ventre n’eft pas arrondi par tout, & fur la même 
ligjje que la poitrine , ou s’il fort de cette ligne , on l’appelle ventre de vache : lorfqu’il 
rentre en dedans, on dit que le cheval eft court de boyaux : fi ce font les parties latérales, 
ou les flancs qui rentrent ainfi en dedans, l’animal eft ejflanqué ; quand les flancs ont peu 
d’étendue, & qu’on y diftingue une efpèce de corde, il eft: fortrait. Ces défauts proviennent 
ou d’une poitrine mal faite , ou de l’applatiftement des côtes , ou de quelque maladie. 

Ç Paflons aux parties de la génération. La première qui fe préfente eft Peiive-» 
loppe de la verge ou le fourreau, au bord duquel fe trouvent les mammelles, peu fenfi- 
bles à la vérité dans l’état naturel, mais qui le deviennent beaucoup quand cette partie 
eft malade. Le fourreau doit être large ; lorfqu’il eft trop petit, l’humeur fébacée s’y 
amaffe, ^ produit des maladies : d’ailleurs , la verge ne fortant pas aifément, oblige le 
cheval de pifter dans fon fourreau. Les bourfes doivent être bien trouffées , c’eft-à-dire, 
peu pendantes. J’ai toujours vu que les chevaux efpagnols de manège, même en exercice^ 
étoient fujets à les avoir pendantes ; quoiqu’elles remontent & fe tiennent pour ainft 
dire collées aux aînés dans tous les chevaux qui trottent ou qui marchent. Quelle peut 
être la raifon pour laquelle les chevaux efpagnols ont ainfi les tefticules pendans ? ne 
pourroit-on pas répondre qu’elle vient de ce que leurs tefticules étant fort gros , en 
comparaifon de la taille de l’animal, ils tiraillent par leur poids les cordons, les fatiguent 
& les forcent de s’alonger. 

Les mammelles font au nombre de deux : dans les chevaux, elles font fituées fur le 
bord du fourrêau; dans les jumens, leur pofition eft affez connue. Elles doivent être petites, 
& à bien dire il ne doit y avoir d’apparent que le mammelon , d’oii part une petite ligne 
de peau faillante , qui s’étend en arrière le long du raphé , ligne qui va répondre à la 
nature dans la jument, & au fondement dans le cheval. Lorfque les mammelles excédent 
la grofteur d’une noix , & que leur peau eft un peu arrondie & dure, c’eft une preuve 
que la jument a pouliné : je ne parle pas ici des mammelles dans l’état oii la jument alaite 
fon poulain , cela eft affez connu. 

de r a R R I È RE-M J I n. 


I ” La cuôupe eft cette ligne faillante, en forme de goûtière qui s’étend depuis les reins 

jufqu’aii commencement de la queue : cette partie peut avoir deux ou trois pouces dp 

large Pour être bien faite , elle doit former un cinquième de cercle , autrement on dit 

que le cheval U la croupe avalée. La goûtière, dont on a parlé, fe ^marque feulement dans 

les chevaux gras & bien conftruits ; dans les chevaux maigres, elle eft faillante. 

La queue doit fuivre la croupe, & par conféquent être placée haute, ce qui donne 

aux chevaux de l’aifance & de la facilité pour la lever & pour la porter en arriéré On diftingue 

dans la queue i.» le tronçon , qui eft la partie la plus élevee, ou 1 etendue de la queue , 

ri 11 1 • r r'c. n ° Ir fouet ce font les crins : quand ces derniers font 

fur laquelle les crins font pofes . a. le rouet, c i 

caffés, ou fe trouvent en petite quantité, la queue s’appelle alors queue de rat. Les chevaux 
qui c^ut la queue placée haut , font très propres à la porter en trompe ; lorfqu on leur 

fait la feftion par-deflbus. Foyeç l’opération de la queue al angloiie. ^ 

3“ Les hanches font ces pointes que l’on apperçoit au haut des jambes de derrière , & 
qui font h peu près au niveau de la jonaion des reins avec la croupe ; c eft une élévation 
arrondie qui doit être peu fenfible dans les chevaux gras & bienfaits. Elles fon que que- 
fois plus hautes que la croupe , quelquefois beaucoup plus bafles : ce qui vient de a po uioi 
1 . . ^ . . . V , rr., CCS OS fuivciit la conrormation de la 

des OS du baflin plus ou moins inclines : allez louveii l . r, i n. 

, n 1 T ri (T /îtrilpp les hanches feront hautes j alors le cheval elt 

croupe, c eft-a-dire , que fi la croupe elt avalee, les n 






aox 


HYGIÈNE. 





y 


cornu : mais , fi la croupe efi: droite , 6 c bien faite, les hanches feront bien faites - 
peut arriver que les deux hanches foient baffes, ou une fimplement ; dans ce dernier 


aufli. Il 

dit que le cheval ejl épointé : ce défaut efi: tantôt naturel, & tantôt la fuite d’un acciden^^ 
par exemple, de la fraélure de la pointe de la hanche. Un cheval, qui fe place mal ^ 
epointé , quoiqu’il ne le foit pas en effet : celui qui efi: boiteux de derrière, paroît é 
ment épointé ; ce qui provient de ce que la jambe, ne portant pas aplomb , entraîne l' 
baflin ; & celui-ci faifant tourner l’os facrùm fur les vertèbres des lombes , il lui don 
la pente qu’il a ; car le baffm, de la manière dont il efi: lié avec l’os facrum, efi: immuabr 

4. ° Les fesses font ces maffes de chair que l’on voit depuis la hanche jufqu’à la crou 

& depuis celle-ci jufqu’à cette pointe qui avoifine la queue. Elles doivent être grafTes & 
convexes , tant pour la grâce que pour le mouvement. 

5. ° La cuisse s’étend depuis le bas de la pointe de la hanche jufqu’à la première jointure 
Elle doit être charnue & arrondie poftérieurement, fe joignant avec le bas de la feffe dont 
elle fuit la forme en dehors, & un peu en avant ; il faut encore qu’elle foit un tant foit 
peu plate 1 pour faciliter fon mouvement vers le bas-ventre. Le dedans, ou comme on 
l’appelle vulgairement , le plat de la cuiffe , doit être charnu , mais peu chargé de graifTe • 
c’efi: dans la partie moyenne du plat de la cuiffe que fe trouve une veine oii l’on a coutume 
de faigner. 

6. ° L’aîne efi: le pli de la cuiffe vers le bafîîn, elle doit être bien évidée , autrement il 

y a tout lieu de croire qu’il y a eu quelque tumeur. 

7. ° Le grasset efi: cette partie arrondie qui forme la jointure de la cuiffe , avec la 

jambe proprement dite : il efi: proche le flanc. Un graffet gros efi: toujours avantageux. 

8. ° La jambe proprement dite , prife du graffet à la partie pofiérieure , doit avoir la 
même largeur que l’avant-brâs mefuré depuis le coude jufqu’aüx ars. Elle doit être en 
forme de cône, & aller infenfiblement jufqu’à deux ou trois travers de doigt au-deffus du 
jarret ; la jambe doit être fituée obliquement ; lorfqu’elle efi: droite, on dit que le cheval 
efi droit fur fon jarret. 


9.° Le JARRET efi: cette jointure fituée au bas de la jambe. Pour être bien conftruit, il doit 
paroître difforme à un connoifîeur , c’eft-à-dire , que poftérieurement la pointe du jarret 
doit être détachée du bas de la jambe , à y laiffer une féparation, & qu’en devant il y ait 
un pli fur lequel on puiffe diftinguer une efpèce de corde , qui efi: un tendon extenfeur 
de l’os du pied ; en dedans il faut qu’il préfente deux grofîèurs , une à la pointe moyenne 
de la jointure, & une autre dans la partie inférieure avec -étranglement au bas ; l’entre-deux 
de ces grofîèurs doit former une cavité. Ces fortes de groffeurs en impofent à bien des 
gens , qui les voyant détachées l’une de l’autre , les prennent pour des éparvins. J’ai vu 
plus d’un prétendu connoiffeur s’y tromper. En dehors du jarret fe remarque une groffeur 
allongée , & un étranglement moins marqué qu’en dedans. Toutes les fois que l’on verra 
un jarret arrondi dans lequel on ne diftinguera aucune forme, ce fera toujours un vice 
de conformation , ou une fuite d’accidens. On dit qu’un cheval efi: jarreté , lorfque les 
pointes des jarrets fe touchent ; mais, en examinant la partie avec attention, on s’affurera qug 
ce défaut ne dépend pas du jarret, mais de l’os de la cuiffe , dont la tête fe dérange de fa 
cavité : ce qui le prouve , c’eft que l’animal porte le pied en dehors , placé en maître a 
danfer. Comment a-t-on pu dire que ceci provînt du jarret, puifque les os de cette partie? 
n’ont point de mouvement de rotation fur l’os du canon } les chevaux , dans lefqueb 011 
voit ce défaut, font pour l’ordinaire mois dans leur train de dennère ^ & manquent de foic^ 
dans les j-eins. 




HYGIÈNE. 


ao^ 


1° Le canon de derrière doit être plus long que celui de devant, plus arrondi; les 
nerfs doivent être aufli plus détache's. 

ii.° On veut que le paturon foit un peu plus long & plus étroit , la couronne de 
même. 

i%° Le sabot doit être moins arrondi, ce que l’on appelle mulage^ 

DES P O I L S, 

Les poils varient en couleurs. On voit des chevaux qui les ont d’une feule couleur ; 
d’autres, de deux , de trois, de quatre & quelquefois de cinq. Quelle qu’elle foit, on dit 
communément, ce cheval eft de tel poil ou de telle robe. On a diftingué les poils en fimples 
& en compofés ; mais cette diftinélion n’eft pas claire : en effet ^ on a appelle fimples les 
poils uniformes ; & fous cette clafTe l’on a rangé les poils gris , bais qui font compofés ^ 
ÔCc. ou pour mieux dire , l’on n’en a pas marqué une véritable différence. C’eft pourquoi 
je diviferai les poils en poils, réguliers & en non réguliers ; il n’y a que le noir qui foit 
régulier ; tous les autres font irréguliers, vu qu’il y a toujours dans ces derniers une ou 
plufieurs couleurs. Le poil noir eft le plus commun. Dans le noir , on diftingué le noir de 
geai & le mal teint : l’un & l’autre font réguliers ou peuvent l’être ; je dis , peuvent 
Vêtre , parce qu’il y a des chevaiix qui ont des pelotes en tête , qui font des marques 
blanches , ou qui ont des pieds blancs, mais ils font réguliers pour là plufpart. Oh appelle 
mal teint, le noir qui n’eft pas foncé. Parmi les chevaux noirs, il y eh à qü’on appelle 
miroités ou pommelés , chez lefquels on apperçoit des nuances liffes & polies, plus 
claires en certains endroits que dans d’autres ; elles forment un bel effet , & font plus 
agréables à la vue fur les chevaux noirs que fur les bais. 

Parmi les poils irréguliers , je diftinguerâi les poils en communs & en non communs. 

Les communs font , i.° le bai, dont la couleur eft rougeâtre. La marque à laquelle on 
reconnoît un cheval bai, eft lorfqu’il â les crins k. le bas des jambes noires : de-la ont 
été (iiftingués, le bai clair, le bai châtain, le bai brun ou le bai fonce, le bai a miroir 

ou miroité, ainfi nommé â caiife êtes nuances en rond , qui forment comme autant 

taches où le poil fenible être plus lifte. , 

a - L’alzan eft un poil qui ne diffère guère du bai ; il a, comme lui diftrentes nuances ; 
ou eu trouve qui ont les crins & la queue blancs; & d’autres chez lefquels ils font 
noirs. Il y a alzan clair, alzan foncé ou brûlé, & alzan poil de vache, mais celui-ci eft 

peu différent de l’alzan clair. „ , , i i i 

3.0 Le poil gris eft mélangé de noir, de noir mal teint & de blanc - la couleur domi¬ 
nante eftle mal teint. On ne rencontre point, ou fort rarement de chevaux totalenien 
blancs ; bien que M. de Garfault affure qu’en Efpagne , quelquefois les chevaux nai 
plus ou moins gris , & deviennent hlancs avec l’âge. Les parties, qui deviennent es pie- 
mières Manches, font celles qui font expofées â une forte tranfpiration ou teUes q e 

le col, les épaules , le corps, les feffes , enfuite la tête & enfin les 
en bas enforte qui toutes les fois qu’on verra un cheval dont le bas des ^ 

fera blanc , & le refte du corps très blanc , on peut en augurer quil eft &- - - 
faut cependant remarquer qu’un cheval gris peut naître avec le bas des quatre janbe 

blanc , mais ce cas eft rare. je poils 

On diftingué les gris,. en gris laie oc en gris lu j 

Le gris fouris eft un gris mêlé. 









HYGIÈNE, 


ao4 


Les poils non communs forment une clafTe aflez nombreufe ; ce ne font que diff' 
mélanges des précédens. Tels font le rouhan mêlé de blanc & de bai ; le rouhan 
more, gris fale avec la tête & les extrémités noires ; le tigre , le pie, le porcelaine 
Tout cheval qui n’eft que d’un feul poil, quel qu’il foit, fans aucun mélange de poil bla ^ 
efl: nommé zain. Le poil blanc fur le front eft appellé pelotte ou étoile ; s’il fe c 
entre les yeux jufqu’aux nazeaux, en manière de bande , c’ell: le chanfrein blanc ; s’il 
les pieds blancs, on dit que ce font des balfanes. Si le bord de la balfane eft dentelé 
une fcie , c’eft une balfane dentelée ; fi on y voit des taches noires, elle eft herminée 
tachetée. Le cheval travat a les deux pieds du même côté de devant & de derrière blanc 
Le tranftravat a de même les deux pieds blancs , mais oppofés & en diagonale • celu' 
du montoir de devant, par exemple , & celui du hors montoir de derrière. 



article 







hygiène. 


aoj 


article deuxième. 

r DE LA NOURRITURE DU CHEVAL. 

L Es alimens propres au cheval font le foin , la paille de froment & l’avoine. 

Le foin eft un amas des plantes qui naiflent dans les prairies. Ces plantes, après 
avoir été coupées encore vertes , font féchées au foleil, ramafTées mifes à couvert & à 
l’abri de l’humidité. Le foin ne doit point être trop féché , il fe briferoit, fe mettroit 
en pouffière , d’ailleurs feroit privé d’un grand nombre de parties nutritives ; il ne doit 
point néanmoins être trop frais ou trop verd ; lorfqu’il feroit mis en tas, il s’échaufFeroit, 
fubiroit une fermentation qui le moifiroit & le rendroit pernicieux , & entièrement inca¬ 
pable d’être mangé. Le foin qui n’a point effuyé de pluie pendant le temps de la fenai- 
fon, c’eft-a-dire , pendant ce temps que l’herbe eft étendue ftir le pré pour fécher , eft 
meilleur que celui qui auroit été mouillé ; la pluie en le lavant , le blanchit & lui enlève 
fon odeur aromatique. C’eft pour éviter cet inconvénient que, lorfqu’on eft menacé de 
quelque orage , on amafte l’herbe à demi-féchée en meules. Ces meules font des monceaux 
plus ou moins confidérables dont la bafe eft large & le fommet eft en pointe, à peu près 
delà forme d’un pain de fucre. L’eau coule fur la fuperficie en pente comme fur un toit, 
elle ne blanchit que cette fuperficie , & ne pénétre point dans l’intérieur delà meule. 

L’herbe demi-fanée peut fe conferver ainfi quelques jours fans fe gâter; on a même obfervé 
qu’en étendant de nouveau cette herbe, au retour du beau temps, elle fe fechoit pluftot, & que 
la fénaifon parfaite s’opéroit plus vite que fi elle n’eût pas ete en meule. Il faut cependant 
que la meule foit conftruite avant la pluie : fi l’herbe etoit entaftee , & renfermee étant 
mouillée, elle fe corromproit en peu de temps. Lorfque l’herbe vient dêtie coupee ou 
fauchée , qu’elle eft verte & toute fraîche , fi la pluie furvient, il n’eft pas néceftaire de la 
mettre en meule ; il feroit même dangereux de le faire ; elle pourroit fe moifir ; l’humidite 
alors l’entretient dans fon état naturel, ne la détériore point, à moins qu’elle ne fubfifte 
long-temps. Dans les prairies confidérables , & qui fourniftent une grande quantité de 
foins qui doivent être vendus & tranfportés , on les conferve fouvent d’une annee à 
l’autre, en les amaffant fur place, c’eft-à-dire, fur la prairie même, en femblables meules. 
Il eft un art particulier de conftruire ces meules , quelquefois énormes , avec regu ante , 
d’une manière folide & propre à leur deftination. Ce feroit nous écarter trop de notre 

objet, que d’entrer dans les détails qui les concernent. . r vi 

. Le foin doit être verd, d’une odeur agréable, aromatique & forte , fur-tout lorfqu d 
' eft nouveau ; fin, c’eft-à-dire, compofé de plantes qui n’aient point de grolTes tiges dures 
ou ligneufes, ni de feuilles amples , larges & épailTes ; ces gros foins ne Propres 

, qu’au bétail. Il doit être fec fans être calTant, fans aucune moiteur , fi ce neft lorfqu il 
jette fon feu. Le foin nouveau , pendant les premiers jours, s’échauffe dans le tas, con- 
trafte par cette légère fermentation une molleffe , une efpèce de moiteur ou de fueur qui 
• fe diflipe fans l’endommager. Une qualité , qui n’eft pas moins effentielle au foin , e a 

r . . A X, ' LrMiP ni ooudreux , m mele de matières etran- 

nettete ; il ne doit point etre charge de boue > i P î i r • u j 

s l. r r . 11 • ^,1 nnir oros & ligneux , mol , frais ou humide, de 

gérés. Ainfi tout foin blanc , jaune ou noir, gro g j 

mauvaife odeur ou boueux , doit être rejette comme de mauvai e e pece. 

On diftingue deux fortes de prairies, les naturelles & les artificielks.^ ^ 









hygiène. 


ao6 


Les prairies naturelles font celles fur lefquelles croilfent naturellement & fans culture 
différentes plantes propres au fol ou au terrein. Les prairies artificielles ’ font des terreins 
que Pon cultive, & fur lefquels on feme la plante particulière que l’on croit la plus appro, 
priée à la nature de ces terreins & la plus avantageufe pour Pufage auquel on la deftine' 
qui eft d’être confommée en verd ou en fec, c’eft-à-dire , en foin. ^ 

Les prairies naturelles font hautes ou baffes , celles-ci humides ou marécageufes. La 
préférence eft toujours due au foin des prairies hautes ; étant plus féches, les plantes qui 
y croiffent font moins abreuvées ; les fucs en font moins aqueux, plus élaborés ; le foin 
que Pon en tire plus fin & plus aromatique. D’ailleurs, les herbes de ces prairies, moins 
fujettes à être inondées par le débordement des ruiffeaux ou des rivières, font auffi moins 
expofées à être gâtées & falies par le limon que dépofent ces eaux troubles. Les prairies 
balTes , toujours humides , fouvent marécageufes , ne produifent que des plantes mal¬ 
faines & dangereufes, telles que le rofeau , le fcirpus , des joncs, des renoncules, &c. 
toutes donnent un foin de mauvaife qualité , de vilaine couleur , fujet à être bourbeux, 
d’une odeur defagréable ; Pherbe qui le compofe étant prefque toujours pourrie au pied. 
Les plantes les plus rechM-chées , celles qui donnent le meilleur foin , font toutes les 
efpèces de gramen , à l’exception de ceux qui viennent particulièrement dans les marais ; 
entre les premiers, on préfère tous les chiendents, le fromental, &c. Tous les trèfles, les 
lotus, les mélilots, font d’excellente qualité ; les fcabieufes, les ofeilles, les patiences, les 
chardons, l’arrête-bœuf, la crête de coq , le colchique, le populago, les renoncules, &c. 
font à rejetter , ou pour le moins inutiles. Le foin de regain ou d’une fécondé pouffe eft 
beaucoup moins eftimé que celui de la première. Il eft plus court, moins nourriffant que 
le premier. La fécondé herbe n’a pas un temps fuffifant pour parvenir à fa perfeftion & 
pour mûrir ; la récolte de ce régain, qui ne peut fe faire que dans une faifon avancée & 
inconftante , eft plus difficile, tant pour fécher Pherbe parfaitement que pour la garantir 
de la pluie. 

On n’emploie encore que quatre ou cinq efpèces de plantes pour former les prairies artifi¬ 
cielles ; la luzerne , le trèfle, le fainfoin, le fromental, le rey-grafs , chacune appropriée à la 
naturè du terrein que Pon deftine à former la prairie. La luzerne eft fans contredit celle 
dont le produit eft le plus avanrageux. Elle fubfifte pendant dix ans , fouvent plus long¬ 
temps ; on la coupe quatre fois l’année , au moins trois fois ; le foin qu’elle produit eft fi 
nourriffant & tellement fubftantiel qu’il eft prudent de le mêler avec la paille pour empêcher 
que l’animal , qui s’en nourrit , ne s’engraiffe trop & trop fubitement. Cette plante a les 
mêmes propriétés en verd & fraîche. L’inconvénient de ce foin eft d’être dur , les tiges 
de la luzerne étant groffes & un peu ligneufes; par la même raifon, il eft difficile à fecher 
& conferve long-tems une légère humidité, laquelle le fait moifir lorfque ce foin eft en 
un tas confidérable & fort ferré. Pour éviter cet acident, on doit le placer dans des greniers 
qui ne foient point fur terre , ou dans des endroits bien aërés, on y mêle des couches de 
paille qui, empêchant le foin de s’affaiffer, permettent à Pair de pénétrer dans Pinterieurdu 
tas & d’y circuler, ce qui emporte le refte de fraîcheur qui pourroit être reftée. On coupe 
la luzerne lorfqu’elle entre en fleur ; elle eft dans fa plus grande foixe à la troifième 
année. Cette plante aime les terres graffes & légères un peu fraîches & profondes. Le 
fainfoin approche beaucoup de la luzerne, & n’eft pas moins bon, il eft même plus délicat, 
mais il produit moins , il ne fe coupe qu’une fois l’année , rarement deux. Quoi qu i 
dure auffi long-tems que la luzerne, il ne fe plait que dans les terreins fecs, la fraîcheur 
àc l’humidité lui font abfolument contraires , & le détruifent. Ces plantes doivent etre 
entretenues nettes; lorfque les chiendents, les gramens les gagnent, elles dépériffentj & ^ 





H Y G I È N E. 


2.07 


prairie fe ruine , fur-tout celle de luzerne qui a encore pour mortel ennemi la cufeute. 
Cette plante parafite s’attachant & grimpant fur la luzerne , la couche & ia fuffoque. Le 
trèfle à fleurs rouges ou tremeine eft: beaucoup plus délicat , plus appétiflant que la luzerne 
& le fainfoin , il fe coupe de même trois & quatre fois l’année , il fe plaît dans les terres 
fraîches & légèrement humides , mais il ne dure que trois ans, & le foin qu’on en tire, 
quoique très bon, malgré cet inconvénient, noircit, pour peu qu’il foit mouillé pendant qu’il 
féche , & même fans être mouillé , s’il efl; quelque temps à fe deflecher. C’efl: un des 
meilleurs fourrages donné en verd & frais. On obferve de ne jamais employer ces fourages 
en verd & frais, lorfqu’ils font chargés de pluie ou de rofée. H ne faut les couper que 
lorfque toute humidité efl diflipée ; fans cette attention , ils fondent dans l’eftomac , ne 
nourriflent point , ou très peu , & occafionnent fouvent la diarrhée. 

Le fromental eft du genre des graminées , gramen avenaceum elatius jubâ longâ fplen- 
dente ; il croît à la hauteur de trois ou quatre pieds, fe plaît en toute terre, mais élevée 
pluftot que baffe, donne une grande quantité de foin, bon, mais peu délicat, plus fourni 
de tiges que de feuilles. Le rey-grafs , gramen loliaceum angujliore folio & fpicâ , fournit 
le moins bon des foins artificiels. Sa culture eft aujourd’hui prefque abandonnée. Sa plus 
grande qualité eft de vènir dans les terreins les • plus ingrats ; dans une bonne terre on 
peut le couper deux ou trois fois , mais il emploieroit un terrein qui rendroit beaucoup 
plus en plantes d’autre efpèce. 

Il eft encore quelques autres plantes employées à la nourriture des chevaux, foit en verd 
ou en fec , telles font l’orge , les veffes , les lentilles, &c. mais comme ces plantes fe 
fement & fe récoltent chaque année , qu’elles font annuelles , elles ne doivent point etre 
comprifes dans le nombre de celles qui compofent les prairies. 

La paille que l’on emploie le plus communément eft celle de froment ; c’eft un des 
alimens le plus fain que l’on connoiffe, & même un des plus nourrifans, quoiqu’il paroifle 
fec. L’expérience démontre que les chevaux nourris avec de la paille font beaucoup plus 
gras , ont le poil plus lifle , & font moins fujets aux maladies cutanées , que ceux qui 
n’ont mangé que du foin. La quantité de paille qu’on donne par jour à un cheval eft de neuf 
à dix livres, il eft rare , cependant , qu’il mange entièrement la bote qu’on met devant 
lui. La plufpart de ceux qui font réglés ne mangent que les fomnités ou les épis , & 
tirent le refte fous leurs pieds ; ce qui leur fert de litière. C eft un ufage affez reçu en 
France ; ufage que nous tenons des Allemands , de hacher la paille. Cette méthode très 
bonne , évite beaucoup de peiné au cheval, qui alors eft moins de temps à manger; elle 
aide la maftication, qui en eft plus parfaite, & la trituration plus achevée. 

Les machines avec lefquelles on hache la paille font de différentes efpèces , plus ou 
moins compliquées. La plus ufitée eft un coffre quarré dans lequel tournent deux cilin- 
dres armés de trente-fix à quarante lames tranchantes , entre lefquelles s’élèvent de petits 
grapins qui attirent la paille fur les lames. Par le moyen de cet inftrument un feul homme 
peut hacher quarante livres de paille en un quart d heure. 

L’avoine eft l’aliment le plus nourriffant de tous ; plus elle fera pefante & par confe- 
quent farineufe , plus elle nourrira. Sa couleur eft affez indifférente ; quoique bien des 
gens exigent qu’elle foit noire. Pour moi, je crois qu a volume égal, la p us pefante e 
préférable , pourvu toute fois qu’elle n’ait pas germé , & qu’il ne s’y rencontre aucune 
altération. On en donne par jour à un cheval les trois quarts d’un boiffeau ou un boiffeau 
entier. On partage cette quantité en trois portions, dont une fe donne e matin, a econ e 
i midi, & la troifième le foir. Voici l’ordre dans lequel on doit diftribuer les alimens au 
cheval. On commence par jetter dans le râtelier la quantité de foin que nous avons 






hygiène. 


ao 8 

marqué ; quelque temps après on le fait boire ; puis on lui mefure l’avoine , ^ 
moment après on met une botte de paille devant lui. Quelques-uns profitent du temps 
où les chevaux mangent le foin pour les panfer ; cette méthode eft mauvaife , à moins 
que l’on ne foit preffé de s’en fervir ou que l’on ne foit en voyage , ou que l’on ne puife 
profiter que de cet inftant. Le panfement qui fe fait pendant que le cheval mange, le 
trouble, le rend plus avide ; il ne fe donne pas le temps de triturer les alimens qui, par 
conféquent, doivent fatiguer l’eftomac & empêcher une parfaite chylification. On fiait 
que les chevaux àvides & grands mangeurs rendent leurs alimens non digérés , que fiur 
fiente contient les grains entiers , que le fourrage même n’a fubi aucune élaboration. A 
midi l’on doit commencer par les faire boire , puis leur donner l’avoine & une botte de 
paille. Dans certaines maifons on ne leur donne que l’avoine , & cette pratique eft la 
meilleure. Le foir on leur donne le foin , par-deflùs lequel on jette une botte de paille 
pour palTer la nuit , un moment après on les fait boire. 

Outre ces alimens ordinaires l’on emploie la luferne , le fainfoin , le grand trefle, les 
lentilles , les pois, la velTe, l’orge , le feigle , le fon. Mais toutes ces herbes & ces grains, 
qui quelquefois peuvent fervir de nourriture au cheval, deviennent des médicamens dans 
différentes circonftances. Ainfi ils ne doivent être alimens que dans les cas de néceflité, 
& lorfqu’on manque des autres. 

a.o DE L A B O I S S O N. 


L’eau eft la boiflbn ordinaire de tous les animaux , & par conféquent celle du cheval 
Mais toutes les eaux ne font pas également bonnes. L’eau battue eft préférable à l’eau 
dormante ; celle des grandes rivières , aux eaux de fource ; celle d’etang, aux eaux de 
mare; & celle-ci à l’eau de puits; mais la meilleure eft la plus limpide. C’eft une 
erreur de croire que les chevaux préfèrent l’eau trouble à l’eau claire , & que c’eft pour 
la troubler qu’ils la battent afin de la boire enfuite avec plus de plaifir. En général, toute 
eau croupiffante eft dangereufe ; celle qui eft trop vive , c’eft-à-dire, très fraîche , ou très 
froide , ne l’eft pas moins. C’eft la raifon pour laquelle , lorfqu’on eft obligé de fe fervir 
d’eau de puits, on a foin de la donner l’hiver dans le moment même qu’elle eft tiree; 
mais l’été, il la faut laifter repofer dans l’écurie, une couple d’heures au moins avant que 
de la faire boire ; car étant froide , elle eft capable non feulement d’affoiblir les forces 
digeftives de l’eftomac , mais même d’exciter des tranchées. On ne doit pas non plus 
laiffer boire un cheval qui eft en fueur , ou qui vient de quitter le travail ; il eft bon 
d’attendre que la circulation augmentée par l’exercice foit revenue dans fon état d’égalite, 
& que la tranfpiration foit diminuée : fans cette précaution , il pourroit furvenir es 
pleurefies, qui font fouvent mortelles. 

On donne quelquefois au cheval des eaux combinées avec d’autres fubftances ; te es 
font l’eau blanche ou l’eau de fon, c’eft-à-dire, dans laquelle a été délayée la partie fanneu e 
qui fe trouve dans le fon : cette eau , qui excite à boire , eft plus fouvent employée ans 
les maladies qu’en fanté, à moins que l’on ne veuille rafraîchir un cheval; 
toujours un dérangement dans l’œconomie animale. L’eau d’orge, les decoêlions, les in u lo 
de plantes adouciffantes , rafraîchiflantes, ne s’emploient que dans ces derniers cas. 



article 







HYGIENE. 


ao9 


article troisième. 

DU SOIN QUE UON DOIT AVOIR DES CHEVAlfX, 

C E qûe nous âvons k dire fur cet objet regarde le local des écuries, leur conftruftion j 
leur propreté , 6c le panfement des chevaux. 

Toute écurie doit être conftrüite dans un endroit fec 6c élevé : celle qui eft fur un 
terrein bas, eft humide, 6c peu éclairée pour l’ordinaire, 6c les chevaux y font fujets aux 
maladies des yeux 6c aux œdèmes. 

Je n’entrerai point dans le détail de là conffcruétioh d’une belle écurie ; tout le mondé 
n’eft pas en état d’en bâtir de telles. Je me contenterai de dire que les écuries pavées (a) 
font plus avantageufes que celles qui font falpêtrées, lors fur-tout qu’on n’eft pas en état 
de faire la dépenfe des madriers qui , à tous égards , font préférables. 

L’on doit avoir attention de'renouveller l’air d’une écurie à toutes les heures du repas j 
6c de donner un coup de balai à ces mêmes heures ; car les miafmes des differens chevaux 
raftemblés dans une écurie, 6c la putridité des excrémens qui féjournent, ou entre les 
pavés, ou dans les planches qui s’en imbibent, ou dans le falpêtre, font capables d’occa- 
fionner non feulement différentes maladies cutanées , mais même des maladies de poitrine j 
ce qui arrive fréquemment. 

En général, on doit étriller avec foin le cheval; ce qui l’entretient dans une trâiifpira^ 

tion abondante. , , ^ 

On l’^ti-illera toujours dehors, autant qu’il eft poffible, & jamais dans 1 ecurie. Cette 
opération, qui paroît des plus Amples, demande pourtant quelque attention On com¬ 
mence ou d’un côté on d’un autre, cela eft égal, mais toujours par le tram de derrière i 
fl l’on commence du montoir , l’on doit fe fervir de la main gauche , s approcher de a 
feffe , & tenir la queue pour donner du foûtien , enfuite promener fon étrillé tout le 
long du corps- du cheval & de fon arriére-main , toujours ii contre-poil : apres quoi Ion 
fe rapproche du garot & de la même main ; on étrille de bas en haut 1 encolure , auffi- 
bien que les jambes de devant, puis l’on fe retourne vers le bas-ventre, en fe fer vaut de 
la main droite. Pour la poitrine , on décrit iin demi-cercle depuis es œtès jufqu au-delTous 
du poitrail; quant à la tête & aux jambes, depuis le genou jufqii en bas & depuis le 
jarret jufqu’en bas, on ne doit jamais fe fervir d’étrille , mais bien d’une broffe rude , que 
l’on a foin de nétoyer fur Pétrille même. Cette opération faite , on brofli le cheval & on 
lui pafl-e l’épouffette alternativement, lorfqu’il a beaucoup de cralTe & on fin.t par palTer 
l’époulTette fur tout fon corps, dans un fens b unir les poils & a les rendre lilTes. Que - 
quL-uns leur lavent les jambes , d’autres les mènent à l’abreuvoir ou a la riviere. Pour 
moi, je préféré de les laver avec le balai, ou la broffe, parce que Ion netoie mieux 


J J donher é^âlcnicilt une petite, pour facilicer J ecouleiuenc 

{a ) Soit que l’oh admette des madriers , j ^ traité du choix des chevaux, fag. 192. ] ainfi on ne conçoit 

des urines, M. Bourgelat lui-même en convient, [ de L a , redouter que les> chevaux deviennent rampms, « dont 

pas comment il avance ibid. qa outre la propreté qui refaite fas p ates-pr , fi je ne me trompe ; puifqu’il parle d abord 

on ne doit pas fe flatter lorfquils font fédentaires far un terrein pave, c. 

d’une pente , & enfuite de plates-formes. . , _ rampins ; ils ne deviennent tels que par la ferrure , par 

Mais les écuries, pavées par elles-mêmes, ne font pas dev ^ l’autre, éloignent la fourchette , & obligent Je 

l’application des fortes éponges & des crampons, Sc par le pare „ efi pjus ordinaire aux chevaux de trait qu’aux 

tendon à fe roidir davantage , 6c à porter fes articulations en avan . 

chevaux de felle. G g g 
















aïo 


HYGIÈNE. 


les pores de la tranfpiration ; car Peau de la rivière ou de l’abreuvoir n’opère pas le mêm 
effet , elle coule feulement fur les poils. Cette ope'ration faite , l’on doit rentrer le cheval 
dans l’écurie : les uns veulent qu’on le couvre , les autres ne le croient pas nécelfaire 
Je ferai volontiers de l’avis des derniers , attendu que le cheval le mieux panfé s’étrille 
encore mieux de lui-même , par un mouvement général de fes mufcles peauciers, qug 
ne feroit un palfrenier; ce qu’il ne peut exécuter aifément, étant chargé d’une couverture 
J’ai vu plufieurs fois des chevaux bien étrillés faire voler en Pair plus de craffe dix fois 
que l’étrille, ce qui s’opère non feulement par le concours des mufcles peauciers mais 
encore par l’ébranlement de toute la machine. Quant à Pair de l’écurie , je le répété il 
doit être toujours frais, & une écurie bien fituée, bien percée, bien tenue, ne doit donner 
aucune odeur. 












hygiène. 


article aUATRIÊME. 

DES EXERCICES DU CHEVAL. 

N Ou S avons VU, dans l’article de la conformation exte'rieure du cheval, qu’il étoit fait 
pour tirer ou pour porter ; que fes mouvemens étoieiit bien différens , & confé^ 
quemment que fa conftruftion ne devoir pas être la même. Le cheval de trait ne tire 
qu’autant qu’il a de pefanteur ; cela eft démontré : mais , pour fe la donner, il eft obligé 
de fe jetter en avant , ce qui augmente la force des leviers. A uffi voit-on qu’un cheval 
attelé à une charette ne tire qu’à raifon de la charge qu’on lui met fur le dos. Efl-elle 
chargée fur le derrière , fes efforts deviennent impuiffans. J’ai, moi-même, confeillé à des 
charetiers de monter fur les chevaux pour fortir d’embarras, & cela à réufîi fur lé 
champ. Un homme, qui tire une charette , en haiffe fouvent le brancard pour augmenter 
fa charge en devant, ce qui diminue celle de derrière. 

Le cheval de trait cherche donc, autant qu’il lui eft poffible , à jetter tout fon corps 
en avant , & oppofe tour à tour fes quatre jambes qui lui fervent d’arc-houtant , & par 
le moyen des jettées , il gagne fucceflîvement du terrein. Tout fardeau qu’un cheval tire 
doit être à l’alignement de fon corps, c’eft-à-dire , jamais au-deffo us , il doit tirer à peu 
près horizontalement ; car autrement il agiroit de deux manières , & en élevant & en 
tirant , ce qui arrive prefque toujours dans les caroffes ; le cheval foulève & tire, par la 
raifon que le fardeau & la puiffance ne font point dans la même ligne. Plus un cheval attelé 
à un caroffe ordinaire, fera haut , plus il fatiguera, & moins il aura de force. Il n’en fera 
pas de même de deux petits chevaux : fi la pefanteur leur ’ manque , ils feront récom- 
penfés par l’alignement qu’il y a entre le centre de leur force & celui du fardeau, & leur 
force augmentera toutes les fois qu’ils fe trouveront plus bas que le fardeau qu ils ont a 
tirer. 

Les voitures françoifes pèchent par leur conftruêlion ; puifque les roues de devant font 
plus baffes que celles de derrière : & que les chevaux en font prodigieufement fatigues. La 
force des chevaux qui tirent ces voitures , agit fuivant une diagonale & par confequent 
peut être décompofée , en force horizontale , la feule qui ferve à la progreffion , & en 
force verticale ou perpendiculaire, entièrement perdue pour cette meme piogieftîon , or, 
plus les roues de devant font baffes , plus la diftance de la diagonale à la ligne horizon¬ 
tale eft grande, par conféquent plus il y a de force, repréfentée par cette diftance, de 
perdue & d’inutile à la progreffion. Les harnois , d’ailleurs , font mal conftruits ; & l’on 
a tort de placer la bricole deffus l’articulation des épaules avec les bras. Cefte pofition 
gêne le mouvement de ces parties , & le cheval eft hors de force. Toute bricole doit être 
placée au bas de l’encolure, fur le haut du poitrail , & les traits doivent partager le 
corps du cheval en deux parties , enfuite répondre au centre du fardeau. Il en eft de 
même du reculement qu’on place trop bas ; il doit fe trouver fur la même ligne que le 
poitrail, autrement le cheval n’a pas de force. D’ailleurs, comment peut-il agir fur un 
timon incliné de haut en bas ? quelle réfiftance l’animal n’a-t-il pas à vaincre ? fi le timon 
au contraire e'toit droit, le cheval n’auroit pas le tiers de la force à employer On voit, 
par tout ceci, combien il eft effentiel que les voitures foient bien conftruites, & les chevaux , 
bien placés , fi l’on veut en tirer tous le fecours qu’on en attend fans les ruiner. 













a 12. 


HYGIÈNE. 


Le cheval de bas ne porte qu’autant qu’il eft e'gaiement chargé & qu’il va lentement. Il 
n’en eft pas de même du cheval de felle. 

La,légèreté du cavalier, fa pofition, l’aftion de fes bras & de fes jambes , la forme de 
la felle,, la forme du mors , contribuent beaucoup à fes mouvemens. 

La pofition de l’homme & fon aélion fur le cheval ont donné , & donnent encore 
matière à conteftation. 

Les plus fameux écuyers de ce fiècle ne font point d’àccord fur ces objets ; & leur art 
fe réduit aujourd’hui en France à bien peu de chofe ; & le peu d’utilité qu’on en tire eft 
çaufe fans doute qu’on a diminué le nombre de ces lieux d’exercice , qui feroient plus 
fréquentés fi l’on y montroit ce qui eft abfolument néceflaire au cavalier. C’eft dans les 
manèges feiils des régimens qu’on devroit s’en inftruire particulièrement. Quel avantage ne 
feroit-ce pas de faire faire des courfes , d’apprendre à tirer le piftolet en tout fens, de 
courir la bague, ramafter des têtes ? cet exercice répété donneroit de l’adrefle, de la force, 
de la fouplefle, & rendroit le cavalier habile à ce qu’il y a de plus difficile. Il y a encore 
deux chofes efTentielles auxquelles on h’a pas encore fait affez d’attention : je veux parler 
de la felle & du mors. Les Anglois font les feuls qui s’eii foient le, plus occupés, quoi¬ 
qu’il s’en faille beaucoup encore, que l’un & l’autre aient atteint le point de perfeftion : 
mais ce feroit m’écarter de mon objet que de donner ici mes idées fur cette matière. 

Fin de la fécondé Partie. 



COURS 










COURS D’HIPPIATRIQUE. 



HIPPOPATHOLOGIE 

O U 

DESCRIPTION DES MALADIES DU CHEVAL. 

E Cheval eft fujet à un grand nombre de maladies, dont les unes lui font 
communes avec Phomme , & d’autres lui font particulières. L’utilité qu’on 
retire de cet animal domeftique a rendu iiécefTaire l’étude des unes & des 
autres. Si les anciens ont écrit fur cet objet, [ce dont on ^0^0101 

--- ,, qui nous en refte eft bien peu capable d’ecla.rer & dinftru.re. 

Quoique depuis deux cens ans, un grand nombre d’amateurs de chevaux, nous atent 
donné des traités d’hippiatrique ; ce n’eft guère que dans ce l.ecle qu oy en eft fetieufe-, 
ment occupé. La cure des maladies de ces animaux a ete abandonee a des gens gro ler^ 
& peu inftruits, qui n’ont pu étendre l’art. Il n’a fait des progrès que depu.s qu on a fent. 
l’avantage d’étudter l’anatomie du cheval, & d’en bien connottre ^1 “ ^e^ 

fciences cultivées avec foin , nous en promettent de plus grands par la fuite. Apres avoir 
décrit le plus exaaement & le plus clairement, que nous avons pu les parties 
& extérieures de l’animal, nous allons palTer à l’hiftoire de fes maladies, qui J™ 
ou externes : nous parlerons d’abord de celles-ci, qui font P-t-eu-e les P'“ 

& les plus nombreuL , comme les plus aifées è reconnoître , a faifir & a traiter. Ceft la 
méthode que l’on fuit dans plufieurs écoles de médecine : nous ^ 



























H I P P O P A T H O L O G I E. 


ài4 

conformer. Mais avant que d’entrer dans aucun détail, il nous a paru indifpenfabîTT 

commencer par quelques généralités ; elles regardent l’inflammation , le phlegmon ôcc ^ 
qui, comme on fçait, accompagnent un très grand nombre de maladies , foit internes 
foit externes. ’ 


GÉNÉRALITÉS. 

ΰ D E L" INFLAMMATION. 

L’inflammation efl: un engorgement des vaifTeaux fanguins , avec douleur, chaleur 
tenfioii & quelquefois fièvre. ’ 

On diflingue trois dégrès dans l’inflammation ; le premier, qu’on appelle phlogofe 
efl: lorfqu’il y a une fimple ftagnation du fang dans les vaifleaux capillaires. ’ 

Le deuxième , qu’on appelle phlegmon , efl: lorfque le fang, à force de diftendre les 
vaifleaux , dilate les orifices des vaifleaux lymphatiques , & pénétre dans leur cavité 
; “Le troifième, qu’on appelle inflammation par extravafation, efl lorfque le fang, à force 
de diflendre les vaifleaux , les rompt & s’extravafe 

Causes. Il faut fe rappeller ici ce que j’ai dit.ci-defrus, en parlant de la circulation. 

Le fang efl porté dans toutes les parties du corps par les artères ■ après plufieUrs divh 
fions, les artères fe terminent par des ramifications extrêmement fines, relTemblant à des 
cheveux , lefquelles , par cette raifon , ont été appellées extrémités capillaires. Chaque 
extrémité capillaire fe divife en deux branches ; l’une , qui efl la continuation de l’artère 
fanguine , & qui va former le commencement d’une veine fanguine ; l’autre efl le com¬ 
mencement d’une artère lymphatique. Ces extrémités capillaires font le fiège de l’inflam¬ 
mation ; ÔC l’arrêt du fang dans ces petits vaifleaux en efl la caufe. 

L’arrêt du fang, dans ces dernières divifions , vient de la difficulté qu’il trouve à y 
pafler ; & cette difficulté que le fang trouve à pénétrer les extrémités capillaires, vient ou 
du vice du fang, ou de celui des vaifleaux , ou du vice du fang & des vaifleaux tout à 
la fois. 

I. Le vice du fang a pour caufe, ou fon épaiflîflement, ou fon acrimonie, ou fa trop 
grande quantité , ou fa raréfaêlion. 

Lorfque le fang efl trop épais, il s’infinue avec peine dans les extrémités capillaires 5 il 
coule lentement , y fait de fortes impreflions qui excitent des crifpations & des refferre- 
mens dans les dernières divifions des artères , en diminuant leur calibre, & obligent le 
fang de s’arrêter & de s’accumuler j de-là l’inflammation. 

S’il y a pléthore , le fang fe porte dans les extrémités capillaires en plus grande quan- 
tite, qu il ne peut etre repris par les veines, il s’y arrête, s’y accumule, diflend les 
vaifleaux , & produit l’inflammation. 

Lorfque le fang efl raréfié, il occupe plus d’efpace , diflend les vaifleaux , s’accumule 
dans les extrémités capillaires , & produit les mêmes effets que la pléthore & l’épaifliffe- 
ment. Telles font les trois caufes de l’arrêt ou flagnation du fang; ces trois caufes en ont 
chacune de fubalternes. 

L’epaifliffement du fang vient du trop grand repos , ou du trop violent exercice du 
cheval : lorfque le cheval efl dans l’inaélion, le fang efl moins divifé, & s’épaiflit : fi l’animal 
fait de trop violens exercices , il fe fait une grande déperdition de la fubftance féreufe du 
fang , il ne refle que les parties les plus groflières ; de-là l’épaiflîfTement, qui peut encore 
avoir, pour caufe les mauvaifes digeflions, la mauvaife nourriture : le chyle alors étant mal 
élaboré , vifqueux & épais , communique au fang ce caraétère. 







généralités. 


ai5 


I^a phlethore ou 1 excès de fang louable vient de la grande quantité d’alimens bien 
digérés, & du trop grand repos. Alors la réparation, qui fe fait pat les alimens , excède 
de beaucoup la perte que l’exercice occafionne. 

Ÿ La ràrefaftion du fang eft l’effet des exercices violens & du grand mouvement du 
fang, de lâ fièvre , &c. 

A ces caufes generales de l’inflammation, il faut ajouter les càufes locales , c’eft-à-dire,. 
des dirpofitions préalables k l’inflammation : tels font les tubercules du poumon , qui com¬ 
priment les vaiffeaux fanguins , rétréciffent leur calibre , & difpofent k l’inflammation ; 
les ulcérés du poumon , le tiflii foible & délicat de ce vifcère , qui n’ayant pas allez de 
relfort pour favorifer la circulation, permet par-lk l’engorgernent des vailfeaux. 

L’irritation des parties laquelle fait refferrer les extrémités capillaires & caufe l’arrêt du fan^. 

Le froid extérieur qui épailfit le fang , &; refferre les veines , la grande ardeur du 
foleil qui raréfie le fang; 

Le vice des vailfeaux vient de leur comprelîion, de leur obftruélion, de leur déchirure 
& de leur meurtrilfure. 

Lorfque les vailfeaux fouffrent quelque comprelîion de la pârt des glandes engorgées , 
la circulation n’eft pas libre , le fang s’amalfe ^ & excite l’inflammation dans les parties 
voifines. 

Si les vailTêaux font relferrés par quelque caufe irritante , comme il arrive dans les 
piqueures , dans les brûlures , & par l’application des cauftiques, la circulation eft: 
arrêtée. 

Sont-ils bouchés par quelque liqueur épâilfie dans leur cavité, comme il arrive dans les 
tumeurs , la circulation eft interrompue. 

Sont-ils déchirés , ils ne font plus propres k la circulation ■ l’extrémité des vailfeaux 
rompus fe relferre & ferme le palfage au fang ; de-lk l’inllamiliation dans le bord des 
plaies. 

Sont-ils cotitus & meurtris par quelque coup , ils perdent leur reflort, font incapables 
d’ofcillations, & ne peuvent plus favorifer la circulation. Cette caufe eft très ordinaire , car 
il arrive fouvent que les chevaux font attaqués de maladies inflammatoires, k la fuite des 
coups qu’ils reçoivent des palfreniers ou des garçons maréchaux, qui frappent inconfidéré- 
ment fur toutes les parties, au moindre mouvement que fait 1 animal. 

Symptômes. L’inflammation produit latenfion, le gonflement, la douleur, la rougeur, 
la chaleur de la partie , & la fièvre', lorfqu’elle eft conftderable. 

De l’inflammation naît l’épaiffilTement de l’humeur qui fe fépare dans les parties voifines 
de l’inflammation; ainf. dans la pleuréfîe , l’inflammation du poumon produit l’epaiffilTe- 

ment de l’humeur des bronches. ^ 

La chaleur & l’ofcilktion des parties enflammées diffipeiit les parties aqueufes ; alors les 
plus groffières s’épaiffiffent, & forment des tubercules fur la furface du poumon ; on erî 
trouve prefque toujours fur celui des chevaux moits de pulmonie. ^ 

L’inflammation eft prefque toujours accompagnée de la fièvre , qui confifte , comme je 
le dirai ci-après, dans une conftriftion des extrémités capillaiies. , n j n 

Diagnostic. On reconnoît l’inflammation des parties internes , [ car ceft de cel es-a 
qu’il s’agit k préfent ] par la douleur qui fe manifefte affez par les mouvemens & lagn 
tation du cheval, par les grands mouvemens du cœur , fouvent par la fievre , la toux & 
la difficulté de refpirer , fi l’inflammation attaque le poumon. ^ ^ „ 

Prognostic. L’inflammation eft plus ou moins dangereufe , fuivant les parties quelle 

attaque , & l’étendue qu’elle occupe. 








HIPPOPATHOL 0 G I E. 


ai6 

L’inflammation des parties, internes eft plus dangereufe que celle des parties externes. 

La plus redoutable eft celle qui occupe les parties eftentielles à la vie, comme le pou, 
mon , & celle qui attaque une étendue confidérable. 

L’inflammation fe 'termine de quatre manières ; ou par réfolution, ou par fuppuratioii 
ou par obftru(ftion, ou par gangrène. 

Elle fe termine par réfolution, quand la matière de l’inflammation reprend les routes de 
la circulation ; c’eft la voie la plus falutaire. Lorfqu’elle a lieu , la douleur , la tenfion 
la chaleur, la flèvre , & les autres accidens diminuent ; elle fe fait ordinairement dans 
l’efpace de fept jours. 

Mais fl les accidens fubfiftent au-delà de huit jours , on doit attendre la fuppuration 
qui eft annoncée par l’augmentation des accidens : c’eft la voie la plus falutaire après la 
réfolution. 

Elle fe termine par obftruftion , lorfque la férofité du fang ayant été difTipée par la 
chaleur de la partie enflammée , la portion la plus épaiffe du fang fe coagule , bouche 
les vaifleaux , & forme des tubercules. 

La gangrène eft la mortification de la partie ; c’eft la terminaifon la plus fâcheufe. On 
doit la craindre , quand au bout de huit ou neuf jours les fymptômes fubfiftent ou 
augmentent fans aucun figue de fuppuration ; on connoit que la gangrène eft furveniie, 
lorfque la peau fe relâche , fe flétrit & fe noircit. 

CuRATiOîif. 1° L’amas du fang dans les vaiflhaux fanguins exige qu’on en diminue la 
quantité par la faignée & par la diète. 

a.° La raréfaftion demande qu’on appaife la chaleur & le mouvement du fang par les 
tempérans & les rafraichiftans. 

3. ° La tenfion des parties fera diminuée par l’ufage des relâchans. 

4. *^ L’arrêt du fang fe dilfipera en rétabliflant la circulation par les difcuflifs & les atté- 
nuans. Il faut d’abord avoir recours à la faignée , & la réitérer fuivant la violence du 
mal & la force du cheval. Les faignées font utiles dans les commencemens ; elles le font 
aufli pendant l’état ; mais elles font fouvent nuifibles dans le déclin de la maladie , parce 
que la tenfion que les fibres ont foufferte , & les faignées précédentes leur ont fait perdre 
leur reflbrt. 

5. ° Il faut mettre le cheval à la diète blanche, ne lui donner prefque point de foin, 
le tenir au fon & à l’eau blanche ; lui faire avaler des décodions de plantes adouciftantes, 
relâchantes & rafraîchiflantes , comme les racines de mauve, guimauve , chicorée fauvage, 
les feuilles de bouillon-blanc , de brancurfine , de pariétaire, de laitue, de mercuriale, 
d’ofeille , &c. 

On ne doit pas oublier les laveniens où entrent les mêmes herbes ; qui en nettoyant es 
gros boyaux, font un bain intérieur, & fervent admirablement à diminuer l’inflammation. 

Sur le déclin, on peut donner l’infufion des fleurs de mélilot, de camomille & de fureaii, 
qui font adoucilTantes & un peu réfolutives en même temps. ^ 

Si l’inflammation attaque les parties internes , le premier foin doit être de detendre ^ 
de relâcher la partie enflammée , afin de rendre la fouplelTe aux vailTeaux , & ^^or ^ 
par-là la réfolution. On réuflira en fomentant la partie avec les décodions emolliente ^ 
relâchantes , dont je viens de parler , ou bien en appliquant les cataplafmes avec le a^^î 
& la mie de pain , qu’il faut avoir attention de changer fouvent, parce que la c a 
de la partie enflammée defféche l’emplâtre , & fait aigrir le lait qui perd alors fu ve 
adouciflante, 6c devient irritant: jp 




généralités. 


21 / 


XI faut toujours éviter ies emplâtres , les huiles & les grailTes, parce qu’ils bouclienC 
les pores de la peau, arrêtent la tranfpiration j augmentent la chaleur, favorifent la fuppu- 
ration , & s’oppofent â la réfolution. 

X)ès que la réfolution commence à fe faire, ce qu’on connoît par la diminution des 
accidens, il faut la favorifer par quelque léger réfolutif, comme l’emplâtre des quatre 
farines réfolutives , bouillies dans du vin , ou avec la pulpe de racine de guimauve, arrofée 
d’un peu d’eau vulnéraire, ou fomenter la partie avec un peu d’eau-de-vie camphrée , ou 
avec l’eau-de-vie & le favon. 

Si malgré tous ces remèdes, les accidens fubfiftent, & qu’on ne puifTe pas procurer la 
réfolution, il faut tâcher d’exciter la fuppuration, lorfque l’inflammation efl: externe, par 
les emplâtres , les onguens , 6c les remèdes convenables. 

Si l’inflammation fe termine par gangrène ou par obftruélion , il faudra fuivre le traite¬ 
ment que j’indiquerai en parlant des maladies externes. 

On diftingue l’inflammation en phlegmoneufe ou en éréfipélateufe , en Ample 6c 

en compofée. ici 

La phlegmoneufe eft une diftenfion des vaifleaux avec chaleur, douleur , 6c quelque¬ 
fois Aèvre. ^ , 1 11 

L’éréfipélateufe efl: une élévation fuperflcielle de la peau, avec douleur. 

L’inflammation efl: Ample lorfqu’elle efl: feule. 

Elle eft compofée, lorfqu’elle eft accompagnée de quelque autre maladie. 


DU PHLEGMON. 


Le phlegmon eft une tumeur avec chaleur , tenfion , douleur 6c durete. ^ 

Il attaque le plus fouvent les parties charnues , parce qu’elles font parfemees d un plus 
grand nombre de vaiffeaiix fanguins ; il eft fouvent accompagné de fièvres, lors fur- 

tout que l’inflammation eft confidérable & fort etendue. I 

On diftingue dans le phlegmon le commencement, l’augmentation, 1 état & ^ ^ec v 
Dans le commencement, le fang ne fait que fejourner dans fes propres vailTeaux , a 
la tumeur & la douleur font légères : ce premier degre fe nomme phlogofe : dans le 
fécond le fang pénétre dans les vailTeaux lymphatiques, & les accidens augmentent 
dans l’état, la Lfion , la chaleur & la douleur font confiderables : dans le déclin, 

^t:::i"L:rufe du pUegmon eft l’amas du fang dans -émi^^f 

• ^ nue le faiig trouve a palier des extrémités 

vailTeaux fanguins ; cet amas vient de la <1“ 

des artères dans le commencement dés veines. 

.. d. I. P» d» 'f» p'“" 

1 . De la part du aiig , q ^ ^ lorfqu’il y a pléthore, 

quantité quil ne peut etre repris par , ^ confidérable , & que les vailTeaux 

.»-à-dta, wr,.. 1.1—«. '•* j„d« <1—1.1..« .Ji™ 

‘ir'/l!”!;.!: "?"i k Si,, ,.'ii ■>“ P 


font trop pleins ; 2. lorlque le wug , rlVfnace que 

/r/ 1 ^ U chaleur , qu’il occupe autant clelpace que 

raréAé par le mouvement oc la cnaieur j q r 

pléthore réelle. fontes les fois qu’il eft vicié , 

Le fang circule encore difficilement dans fes vailTeaux, toutes les l q 

ou âcre , ou chargé d’impurete'. . ^,ii ^;fq„eux, il fe 

Le fang épais ayant moins de mob , ^ vaiflTeaux dans 

colle, pour ainfi dire , aux parois des vai eaux , ^ d’impuretés, 

lefquels il coule, les fait relTerrer , & en diminue le calibre , s i ^ ^ . 






HIPPOPATH O L 0 G I E. 


aiS 


il opère le même effet. Dans tous ces cas , le pafîàge du fang dans les extrémités ^ 
iaires étant peu libre & retardé, il s’y amaffe & produit le phlegmon. 

Je dis dans les extrémités capillaires , parce que les vaiffeaux dans leurs dernières divif 
étant extrêmement fins & déliés, les globules fanguins doivent y rencontrer plus d’obft 
Le fang s’épaiffit par les exercices violens , les fueurs , le froid , &c. c’eft pour c 
raifoiî que les chevaux font forts fujets à l’inflammation du poumon, c’eft-à-dire 
pleuréfie & à la courbature , après les grandes fatigues & les grands froids. * ^ 

Nous l’avons déjà dit, le fang acquiert de la vifcofité par les mauvaifes digeftions &c 
ïl devient âcre par la fièvre , par la chaleur , par la décompofition des parties falines 
qui entrent dans fa compofition, &c. Il fe charge d’impuretés dans la fuppreffion de quT 
que évacuation , comme de la tranfpiration ; lorfqu’on fait rentrer dans la maffe du f ' 
une humeur viciée qui fe portoit à la peau ; lorfqu’on a répercuté fans préparation ^ 
des remèdes forts , le virus du farcin , de la gale', des dartres , &c. ^ 

II.° La difficulté, que le fang trouve à s’infinuer des extrémités capillaires dans les 
veines , vient de la part des vaiffeaux dans lefquels il circule, lorfqu’ils font comprimés 
obftrués, refferrés &: relâchés. La compreffion fait rapprocher les parois des vaiffeaux ^ 
& met un obftacle à la circulation ; l’obftruaion ferme le paffage au fang ; la conftriaion 
diminue le calibre des vaiffeaux , & ne permet le paffage qu’à une partie du liquide ; le 
relâchement en favorife le féjour ; de-là fa congeftion dans les extrémités capillaires 
de-là le phlegmon. 

La compreffion eft occafionnée par des ligatures ou des tumeurs voifines. 

L’obftruaion doit fa naiffance à l’épaiffiffement des liqueurs qui bouchent les vaiffeaux. 
La conftrièlion vient, ou de l’âcreté du fang qui picotte & fait refferrer les vaiffeaux, 
ou des cauftiques, ou de la douleur. Les fibres entrent dans une contraaion tonique, qui 
crifpe & refferre ces vaifïèaux. 


Le relâchement eft produit par des coups & des contufions qui diminuent le reffort 
des vaiffeaux ; d’où s’enfuit le féjour du fang , & bientôt le phlegmon. Plufieurs de ces 
caufes en reconnoiffent d’autres fubalternes , qu’il feroit trop long de rapporter. 

Symptômes. Les principaux fymptômes font, le gonflement de la partie , la tenfion , la 
douleur & la chaleur. 

Il y a gonflement, parce que les vaiffeaux font pleins ; tenfion, parce que le diamètre 
des vaiffeaux eft porté au de-là de leur état naturel. La douleur eft une fuite de la tenfion. 
La .chaleur eft excitée par le battement plus fort & plus fréquent des artères, & par 
l’ofcillation confidérable des fibres. 

Accidens particuliers. i.° Dans l’inflammation commençante, il fe fait une fécrétion 
plus abondante de l’humeur qui fe filtre dans la partie enflammée , foit que le fang s’y 
portant alors en plus grande quantité, fourniflè plus de matières aux fécrétions, foit que 
les fibres de la partie inflammée & des organes fécrétoires aient des ofcillations plus fortes 
& plus fréquentes : c’eft par cette raifon que dans la morve commençante on remarque 
un écoulement plus abondant de fimple mucofité par le nez. 

i.° Dans une violente inflammation , la fécrétion qui fe fait dans la partie afteftee, 
diminue & ceffe fouvent totalement, foit parce que les fibres fe trouvent diftendues, au 
point qu’elles ont perdu beaucoup de leur reffort , foit parce que la tenfion qu’elles 
foufffent, ferme l’orifice des tuyaux excrétoires, & ne permet pas la fortie de l’humeur 
qui a été filtrée. C’eft par cette raifon que dans la morve avancée, l’écoulement diminue, 
& ceftè quelquefois totalement. 

3.° L’humeur, qui fe fépare dans la partie enflammée, s’épaiffit, parce que la chaleur en 




GÉNÉRALITÉS. 


2,19 


diffipe la portion la plus fluide; ce qui explique pourquoi il fefte fouvent des obftruélions, 
lors même que l’inflammation a cefle. La connoiflànce de ces accideiis donne la folution de 
bien des phénomènes furprenans. 

Diagnostic. On connoît aifément le phlegmon par la tumeur , la dureté , la chaleur 
& la douleur que le cheval reflent lorfqu’on le touche. 

Le phlegmon entraîne avec lui plus ou moins de danger , fuivant l’importance des 
organes qu’il alFeéle. Celui des parties tendineufes efl: plus dangereux que celui des parties 
charnues ; mais celui des articulations l’eft bien davantage. 

Le danger efl: moindre ou plus grand, à raifon de l’étendue du mal, de la douleur 
qu’il caufe , du nombre & de la violence des accidens, & de la manière dont il fe termine. 

Il peut fe terminer [ comme on l’a déjà dit ] par réfolution , ou par fuppuration , ou 
par induration, ou par gangrène. 

Par réfolution , lorfque le fang reprend les routes de la circulation ; c’efl: la voie la 
plus falutaire. 

Par fuppuration, quand le fang arrêté fe convertit en pus ; après la réfolution , cette 
voie efl: la plus favorable. 

Par induration , lorfqu’il refte une tumeur après l’inflammation ; cette terminaifon en¬ 
traîne fouvent après elle de mauvaifes fuites. 

Par gangrène, quand les fibres ont perdu leur relTort, & font tombées en mortification; 
c’efl: la voie la plus fâcheufe. 


Curation. Les indications qui fe préfentent à remplir dans le phlegmon font, i. de 
remédier à l’engorgement des vailTeaux. Ce qu’on obtiendra par les faignées faites dans 
le commencement & dans l’augmentation du mal ; elles deviennent inutiles dans l’état, &C 
nuifibles dans le déclin. 

2° De diminuer la tenfion, pour empêcher la rupture des fibres. Les delayans & les 
humeaans feront employés avec avantage. Pour cela il faut faire des fomentations avec la 
décoaion des plantes émollientes , comme la mauve , la guimauve , la branc-urfme , e 
bouillon-blanc, la pariétaire, &c. ou avec le lait tiède. On peut auffi appliquer fur la 
partie enflammée le cataplafme de mie de pain avec le lait, ayant foin de le renouveller 
de quatre en quatre heures, parce que la chaleur fait aigrir le lait,& le rend irritant. 

3. ° De calmer la douleur ; les remèdes précédons, en diminuant la tenfion , appaiferont 

la douleur & la chaleur. , t 

Il faut éviter, dans les commencemens , les huileux & les difcufllfs. Les premiers 
bouchent les pores de la tranfpiration, arrêtent l’humeur de la tranfpiration, & augmentent 
l’inflammation Les féconds durcilfent les fibres , accroilfent la tenfion, & par confequent 

4. ” Lorfque la réfolution commence à fe faire, [ce qu’on connoit, lorfque la douleur, 
la tenfion ôc la chaleur diminuent ] il efl: bon de la favorifer par e egers re o ut , 
que la décoftion de camomille, de mélilot, & de fleurs de fureau dans laquel e on aur 
dilTous quelques grains de camphre ; on peut auffi mettre en ufage les cataplafmes des 

farines réfolutives avec le fafran. , I— 

Nota. Quand l’inflammation efl l’effet du relâchement des fibres , comme apres les 
coups & les contufions violentes, les réfolutifs appliques fur le champ, rendent 
aux fibres , obvient à l’engorgement, & arrêtent les progrès e in ammatio . 
lutifs les plus ufités dans « cas, font le vin rouge feul, ou mele avec les fa-es refolu- 
tives, le fon bouilli avec le vinaigre, les fomentations faites avec leau-de-vie & 
favon , ou avec l’eau-de-vie camphrée. 







0-20 


HIPPOPATHOLOGIE. 


On vient ordinairement à bout de remédier a la congeftion du fang , par l’ufagg ^ 
ces topiques bien adminiftrés ; alors l’inflammation fe termine heureufenient par réfol 
tion , qu’on doit toujours favorifer , lorfque le mal a fon fiège fur les tendons & fm- 
articulations. 

Mais fl , malgré tous ces moyens , les accidens augmentent, & que l’inflammation 
fubfifte après le huitième ou le neuvième jour , il faut attendre la fuppuration dont ' 
vais parler 

3.“ DE LA SUPPURATION. 

Lorfque l’inflammation ne fe termine pas par la réfolution, c’eft-à-dire , lorfque le fan 
amaffé dans les extrémités capillaires , ne reprend pas fa fluidité , & ne rentre pas dans le 
torrent de la circulation, la nature prend une autre voie pour s’en débarraffer comme d’un 
corps inutile & même nuifible. 

L’ofcillation des fibres augmente , le battement des artères devient plus grand & plug 
fréquent ; par ces deux caufes, le fang fe trouve battu, atténué & brifé , il change de 
nature & fe convertit en pus ; telle eft la fuppuration, qu’on peut donc définir le chan^ 
gement du fang en pus. 

Causes. On voit déjà, par ce que je viens de dire , que les caufes de la fuppuration 
font l’ofcillation des fibres des parties voifines augmentée, le battement des artères & 
le mouvement inteftin des parties dont le fang eft compofé. 

Pour que la fuppuration fe faffe, il faut i.° que les folides confervent leur vie, car la 
fuppuration ne fçauroit jamais s’établir dans une partie morte ; 2.° que le battement des 
artères augmente; 3.° que les parties du fang fubiffent une efpèce de fermentation néceffaire 
pour le changement de toutes les liqueurs. 

L’ofcillation des fibres & les pulfations redoublées des artères, atténuent, brifent le 
fang , & en mêlent intimement les parties ; le mouvement de ces parties produit la chaleur, 
la chaleur diftîpe la férofité. 

Le broyement du fang en défunit les parties ; les parties rouges défunies perdent leur 
couleur , ,& deviennent tranfparentes ; mais la couleur de la partie gélatineufe du fang 
domine ; de-là la couleur blanche, la confiftance & la formation du pus. 

Symptômes. Les fypmtômes font différens', fuivant les différens états de la fuppu¬ 
ration. 

Dans le commencement la tenfion, la douleur & la chaleur fubfiftent, & s’augmentent 
même. Il y a fouvent fièvre , friflbn , tremblement , accablement & trifteffe : ce qui 
n’arrive cependant que lorfque l’inflammation eft confidérable , ou qu’elle eft caufe'e par 
une humeur âcre , ou par quelque levain de mauvaife nature , comme dans la maladie 
nommée mufaraigne. 

Ces accidens continuent pendant deux, trois ou quatre jours ; après lefquels fa tumeur 
s’élève en pointe , où la douleur femble fe fixer ; c’eft alors que le pus fe forme intérieu¬ 
rement. 

La fuppuration étant établie, la tenfion, la douleur, la chaleur & la dureté diminuent 
_ confidérablement ; on fent une efpèce de mollefte & de fluéfuation, en portant le doigc 
fur la tumeur. 

Le pus formé , cherche à fortir ; la peau amincie lui ouvre une iftùe , lorfqu’il neft 
pas profondément fitué : mais fi fon foyer eft profond , & qu’il ne puiffe fe faire un 
paffage ; fi d’ailleurs il féjourne trop long-temps, il fe change en une fanie tenue, livide, 
âcre , qui détruit & ronge les parties voifines : ce qui donne naiftànce à des ulcères 

putrides, 






GÉNÉRALITÉS. 


22 î 


putrides , à des fiftules ; ou s’il fe mêle dans le faiig, il corrompt toute la mafîe des 
humeurs. 

piAGNOSTic. Les fignes qui annoncent que la fuppurâtion va fe faire font, la tenfion^ 
la douleur & la chaleur ^ fubfiftantes après le feptième ou le huitième jour de l’inflammation* 

Qn connoît que la fuppurâtion commence , lorfque la tumeur s’élève en pointe* 

Le pus eft formé, ou la fuppurâtion établie , quand tous les accidens ceflènt , que là 
tumeur eft molle , 6c qu’on fent , en y portant le doigt , de la fouplefle 6c de la 
fluftuation. 

Prognostic. L’abfcès eft plus ou moins dangereux, fuivant la nature du pus, fuivant 
l’endroit où il eft, 6c fuivant fa profondeur. 

Si le pus eft de bonne qualité , il ne creufe pas, 6c l’abfcès n’a point de fuites 


fâcheufes. 

Si le pus eft âcre 6c cauftique , il creufe 6c fait du ravage , 6c l’abfcès eft de mauvais 

caraêtère. , 

L’abfcès fimple, c’eft-à-dire , celui qui n’a qu’une poche, eft moins à craindre que celui 

qui a plufieurs poches ou clapiers. 

L’abfcès des parties charnues eft moins dangereux que celui des parties tendineufes 6c 
des articulations. 

Le fuperficiel , moins que celui qui eft profond. 

L’abfcès de mauvaife qualité , fitué proche les os , caufe fouveiit la cârle ; il produit 
fréquemment des fufées quand il eft voifin des tendons , ou fous des aponevrofes. 

Le pus fe forme dans trois ou quatre jours ; mais lorfque dans cet efpace de temps, la 
fuppurâtion ne paroît pas s’établir , on doit craindre la gangrène. 


Curation. Dès que la fuppurâtion commence 6c qu’on la croit falutaire, il faut la 
favorifer par les fuppuratifs, ou les maturatifss comme l’onguent fait avec de la graiflè , 
de la poix de Bourgogne , & la farine de feigle ou d’orge, dans la decoa.on de mauve ; 
avec le bafdicon, l’huile de lis, les graiffes , la poix de Bourgogne, le vieux levain, &c 
Mais, auffi-tôt ciue le pus eft formé, on ouvrira l’abfcés avec le biftouri, ou avec a 
pierre à cautère ; la première méthode eft préférable. Il faut toujours faire 1 ouverture a la 
partie la plus déclive, afin de donner écoulement au pus, à moins que quelque çaufe 

n en empêche. _ «prirp ouverture à l’abfcès , dans l’endroit 

On commence par faire, avec le biftouri, une petite ouverture a i c , 

’ 1 ’M' r. nntnfe • OU introduit enfuite le doigt dans la plaie pour en 

ou la tumeur s eleve en pointe , on mciuuu i. 

Tfa'ftLÏLple , c’eft-Uire , s’il n’y a qu’une poche r^ff 

une partie charnue , on peut prolonger l’incifion avec le biftouri 

& écoulement au pus , car les plaies ne guérilfent jamais mieux que lorfqu on les a mifes 

‘“Tr'S' ' c’eft è dire s’il y a plufieurs clapiers ou poches, il eft nécelTaire 

Silabfceseft compofe I les finus, & afin de déterger 

de les ouvrir tous afin d empecher le pus a 

chaque clapier. c’eft-à-dire , proche d’un os, ou 

Quand le foyer de l’abfcès fe trouve dans P ^ confi- 

fur un tendon, ou fur une aponevrofe, o p fonde cannelée, afin de 

dérable, ou proche d’une articulation, il fa y j v Kfrpç 

conduire le biftouri, de peur d’oftenfer les parties voi me ^ c’eft-à** 

Lorfqu’enintroduifant la fonde dans l’abfcès, on s’apperçoit que le^pus^a fufe. 








H I PPOPATHOLOGIE. 


dire , qu’il a creufé , & qu’il s’eft étendu fort loin , on peut fe difpenfer d’ouvrir l’abf ' 
fuivant toute fa longueur , mais fe contenter de pratiquer une ouverture à l’autre 
mite, ce qii on appelle contre-ouverture. 

Remarques. Il y a des cas où il faut attendre que la fuppuration foit parfaite 
que d’ouvrir l’abfcès , & d’autres où il faut la prévenir. ’ 

On attendra que la fuppuration foit parfaite , toutes les fois que l’abfcès eft fimple 6c 
fans danger , qu’il a fon liège dans les parties charnues & dans les glandes , & fur 
quand il y a des duretés; parce que le pus, qui eft l’ouvrage de la nature, ronge ôc détr ' 
tout ce qui a été léfé par l’inflanimation , & fond les duretés des glandes. 



Lorfque l’abfcès eft proche d’une cavité , & qu’il y a à craindre que le pus venant 
a creufer, ne pénétre dans cette cavité, comme l’abfcès fur les côtes. 

3°. Lorfqu’il eft voifin d’une articulation. 

4.° Lorfqu’il eft proche de l’os , & qu’on craint qu’il ne le carie , ou qu’il ne gâte 
un tendon , ou quelque membrane. 

Lorfqu’il fe trouve fur quelque vailTeau confidérable , que l’âereté de l’humeur pour- 
roit ’ rongur. 

4.^ X) £ U U L C È R E. 

On comprend , fous le nom d’ulcères , toutes les plaies, tant récentes qu’anciennes. 

L’ulcère eft une folution de continuité, avec fuppuration. 

Les différences de l’ulcère fe réduifent aux fuivantes. 

L’ulcère des parties molles , & l’ulcère des parties dures. 

Le bénin & le malin. 

Le jfimple & le compofé. 

Le calleux , le finueux & le putride. 

L’ulcère des parties molles attaque les mufcles, les tendons , les ligamens, les apone- 
vrofes , les glandes , &c. 

L’ulcère des parties dures a fon liège fur les cartilages & fur les os. 

L’ulcère bénin eft celui qui fournit un pus de bonne qualité, c’eft-à-dire, blanc, épais, 
égal, fans odeur , &c. & qui n’a rien qui s’oppofe à fa guérifon. 

Le malin , au contraire , donne un pus de mauvaife qualité , c’eft-à-dire , fanieux, 
féreux , jaune , verd , âcre & corrolif, & d’une odeur fétide : tel eft celui qui eft entre¬ 
tenu par un virus farcineux, galleux , dartreux, &c. & celui qui attaque les tendons, les 
ligamens ou les articulations ; celui enfin qui eft rebelle, & dont la guérifon eft difficile. 

Le fimple éft celui qui n’a qu’un foyer. 

Le compofé en a plufieurs. 

Le calleux eft celui dont les bords font durs. 

Le finueux , celui qui s’étend dans les parties voifines , par des efpèces de canaux qui 
vont aboutir à des cavités. 

L’ulcère putride eft celui dont les chairs font baveufes, & qui rend un pus de mauvaife 
nature , féreux & fanguinolent. . 

Causes. Les caufes de l’ulcère font, i.° l’abfcès ouvert de lui-même, ou par l’inftru- 
ment. 





généralités. 


213 


2^ ° Les blelTures de quelque caufe qu’elles viennent. 

La brûlure ou l’érofion par les cauftiques, ou par quelque humeur âcre. 

Diagnostic. L’ulcère eft bénin , lorfque le pus eft louable, blanc , & les chairs belles, 
grenues & de couleur rouge. 

Le malin s’annonce par la fanie qui en découle, par le pus féreux qu’il fournit , par les 
chaires baveufes, molaffes , & de couleur pâle. 

On reconnoît qu’il attaque un tendon ou un ligament, & qu’il peut être dans l’articu¬ 
lation , par le moyen de la fonde. C’eil par elle qu’on s’affurera fi l’ulcère eft fiftuleux 
ou finueux , parce que fort fouvent on croit que l’ulcère il’eft rien , dans le temps qu’il 
y a le plus de danger, fur-tout lorfque le pus n’ayant qu’une petite iftiie, creufe en dedans, 
carie l’os & fait de grands ravages. On eft averti qu’il y a un foyer caché ou plus pro¬ 
fond , par un petit point noir & élevé dont les bords font baveux ; on doit en foup-» 
conner un , toutes les fois que la fuppuration eft trop abondante , ou que la plaie eft 
ancienne & peu étendue : un bon praticien ne fe trompe point là-deftiis. On reconnoît que 
l’os eft carié, lorfqu’en portant la fonde defliis, on fent des inégalités & des afpérités. 

pROGNOSTic. Le danger de l’ulcère augmente ou diminue, a raifon de fon caraétère & 
de l’importance de la partie qu’il occupe. 

Le bénin n’a pour l’ordinaire aucune fuite fâcheufe ; il guérit facilement & fouvent de 
lui-même. 

Le malin ne cède guère qu’aux remèdes fagement adminiftrés ; il n’eft jamais fans danger. 

Lorfqu’il attaque le tendon , le mal eft toujours grave , mais if n’eft pas incurable , 
pourvu qu’on le traite , comme je le dirai plus bas. 

S’il a fon fiège fur les ligamens , la guérifon en eft très difficile , même par les remèdes 
les mieux adminiftrés ; s’il pénétre dans l’articulation, le danger eft encore plus grand , 
parce que la fynovie s’écoule , s’extravafe ou s’épaiffit ; ce qui fait toujours une maladie 
grave , pour ne pas dire incurable. ^ 

Lorfqu’il eft entretenu par un virus farcineux , galleux, dartreux , &c. il réfifte jufqu’à 

ce qu’on ait guéri la caufe. 

Quand il attaque les cartilages , il eft pour l’ordinaire incurable, à moins qu’on ne 
puiffe les extirper fans danger. 

Enfin , fi l’ulcère a fon fiège fur les os, ils font bientôt rongés par la carie. 


[A] 


CURAT ION DE VULCÈRE SIMPLE. 


L’ulcère préfente trois indications è remplir ; la première eft d’entretenir la fuppuration 
modérée; la fécondé eft de déterger ; la troifième eft de cftatrifer. 11 faut que k fuppu¬ 
ration fonde & confume ce qu’il y a de mauvais ; que la deterfion enleve ce que la fuppu¬ 

ration a confumé ; enfin, que la cicatrifation ferme la plaie & termme la guenfon 

Les remèdes qui répondent à ces indications, font les digeft.fs qut favonfent la fuppu¬ 
ration; les déterfifs qui nétoient la plaie , & par-k aident la nature a former la ctcatnce. 

IV 1 1 r,irinnnî-ion doit êtrc un peu abondante, ann de coniumer 

Dans les commencemens, la luppuiarion qoil clic 7 

ri 1 Af r J J Ipcvaiffieaux, & de diminuer l’inflammation; mais, 

ce qu’il y a de gâté , afin de dégorger les vaiiicaux , / 

•1 r , 11 r • /r nnVile câuferoit plus de perte qu’il ne fe feroïc 

il ne faut pas qu’elle foit exceffive , paice qu eue eau p r 1 / .1 1 • . 

de réparation ; on l’entretient modérée, avec le digeftif ordina.re, fan avec la terebenthme 

& le jaune-d’œuf battus enfemble, ou avec le bafilicort Ample, ou de la terebenthme feule, 

OU du miel mêlé avec la farine d’orge ou de feigle. o vi 

Remarquez i.« que lorfque l’ulcère eft humide , qu’il fourmt beaucoup de pus, & qu tl 
y a difpofition à la pourriture & It la gangrène, il faut profenre les fuppurattfs relachans. 





HIPPOPATHOLOGIE. 


ai4 

employer alors les baumes & les toniques , tels que le baume de copahu. 

2 .° Lorfque l’ulcère attaque le tendon, on mettra en ufage les balfamiques & les fpiri 
tueux , tels que la térébenthine & fon eflence. 

Quand la fuppuration a enlevé ce qu’il y avoit de mauvais , l’ulcère fe trouve ordinal 
rement fordide, il eft couvert des débris de la fuppuration , & de chairs de mauvàife 
qualité , qui empêchent la cicatrifation ; c’eft-là que commence le temps de la déterfion 

C’eft alors que pour ne point fupprimer la fuppuration qui entretient la fouplelfe des 
fibres, & la fraicheur de la plaie , on emploiera les déterfifs les plus doux ; tels font la 
décoêlion d’orge avec le miel , la décoétion de bugle, de fanicle , des plantes vulnéraires 
des feuilles d’abfinthe , d’ariftoloche, le vin miellé , le mondicatif d’ache. 

Dans le cas où les chairs feroient baveufes & où l’ulcère rendroit un pus de mauvaife 
qualité , il faudroit avoir recours aux déterfifs les plus forts , tels que la teinture de 
myrrhe & d’aloës , l’alun brûlé, le précipité rouge , l’onguent vert , la pierre infernale 
ou la pierre à cautère , qu’on palTe par-defiùs les mauvaifes chairs. 

Après avoir détergé l’ulcère, il s’agiroit d’incarner , ou d’appliquer des remèdes incar- 
natifs ; mais l’incarnation, s’il y en a, eft l’ouvrage de la nature ; quant aux remèdes incar- 
natifs , il y a déjà long-temps qu’on n’en reconnoît plus. 

Il ne s’agit donc que de féconder les efforts de la nature, en procurant une fuppura¬ 
tion légère, en la modérant lorfqu’elle fera trop abondante , en détergeant l’ulcère. 

Ces remèdes font les fuppuratifs doux, les aftringens & les déterfifs. 

Il eft difficile de trouver un remède fimple, qui rempliffe ces différentes vues ; ainfi 
il faut choifir ceux qui ont deux de ces qualités , & y en joindre un qui pofféde la vertu 
qui leur manque ; par exemple, la myrrhe eft déterfive, un peu aftringente & tonique ; elle 
convient très bien dans le cas où la fuppuration eft trop abondante, & lorfque l’ulcère eft 
fordide; mais fi l’on veut entretenir la fuppuration, il faut y joindre un fuppuratif léger, 
tel que le digeftif ordinaire ou le bafilicon. JEnfin , dans le traitement des maladies, tant 
externes qu’internes , il faut varier le traitement fuivant les circonftances. 

Les baumes naturels, tels que celui de copahu, de Canada, la térébenthine , &c. qu’on 
a long-temps regardés comme incarnatifs , font un peu fuppuratifs , toniques , légèrement 
aftringens , & de bons déterfifs ; ils peuvent être employés dans tous les états de l’ulcère. 

On peut aufii mêler enfemble les fuppuratifs , les aftringens & les déterfifs, pour en 
former un onguent dont on fe fervira jufqu’à ce que les chairs foient belles, c’eft-à-dire, 
grenues, de couleur rouge , & de niveau avec les parties voifines. 

Lorfque l’ulcère eft parvenu à ce point, il s’agit moins de travailler à le cicatrifer, que 
de prendre garde de troubler l’opération de la nature. 

On peut cependant continuer l’ufage des déterfifs, des aftringens & des delïiccatifs, & 
même appliquer , mais avec prudence & avec circonfpeêlion , la charpie féche , les 
étoupes féches , ou trempées dans l’eau vulnéraire ou dans l’eau d’alun brûlé, ou l’eau de 
chaux ; les poudres defticcatives , comme de l’alun brûlé, de la litharge , de la cérufe, &c. 
peuvent aufïi avoir leur utilité ; mais dans bien des cas , qu’un praticien éclaire recon- 
noîtra fans peine , la guérifon s’achève fans tous ces fecours impofans. 

Nous recommanderons , en finifiant, i.° de ne point laifier les plaies expofées à l’air, 
dont le contaêl; defféche les vaiflèaux , durcit les fibres, &; fupprime la fuppuration. 

2.° De ne pas faire faigner la plaie, de peur d’y attirer une nouvelle inflammation, & 
de retarder la cicatrice. 

Telle eft la manière de panfer les ulcères en général. Mais il y en a qui demandent un® 
méthode curative particulière. r-ni 






GÉNÉRALITÉS. 




[B] CURATION DES ULCÈRES CALLEUX. 


L’ulcère calleux efl: celui dont les bords font durs : ils deviennent tels par le féjour 
de la lynipbe qui s’y épaiffit & s’y durcit. Cet accident arrive, i.° lorfqu’on lailTe l’ulcère 
expofé à l’air & au froid ; a.° lorfqu’on panfe la plaie avec des bourdonnets durs & trop 
ferrés; 3° lorfqu’on emploie des remèdes aftringens & defliccatifs mal-à-prOpos, ou qu’on 
en continue trop long-temps l’ufage. 

Le pus âcre eft aufli une caufe de l’épailfifTement de la lymphe dans les bords dé 
l’ulcère, 

Loùr en détruire les callofités, i.° on emploiera les émolliens & les humeèlans, qui 
rendront aux fibres leur foupleffe & à la lymphe fa fluidité ; celle-ci devenue plus mobile 
reprendra foii cours naturel. Il ne fera pas inutile de mêler du digeftif avec le mucilage 
de mauve & de guimauve , &c. 

a.° On rappellera ou on augmentera la fuppüration , en appliquant fur les bords de là 
plaie les plus forts fuppuratifs, .tels que le bafilicon, le diachylon 6c les graiffes. Ces deux 
moyens réuffifTent fouvent , lorfque les callofités font un peu anciennes ; mais il faut 
toujours y avoir recours, lorfqu’elles fe trouvent près des tendons , du périofte & des 
gros vaifTeâux , parce qu’il feroit dangereux de les emporter. 

Si ces deux moyens font infuffifans, on doit enlever les callofités avec le biftouri , où 
les détruire par le cautère. Il efl; plus fur de fe fervir du biftouri ou des cifeaux. Quand on 
emploie le cautère , c’eft toujours l’aauel ou le fer chaud , qu’on applique par pointe fur 
les bords calleux ; il fe forme un efcarre , dont on procure la chute avec quelques fuppu¬ 
ratifs , tels que le beurre frais , les graiffes , le bafilicon , &c. 

Après que les callofités ont été emportées avec le biftoiiri, ou détruites par le cautère ^ 
il refte un ulcère fimple , qu’on traite, comme on vient de le dire. 


[C] CURATION DE UULCÈRE SINUEUX. 

L’ulcère finueüx eft celui qui s’étend dans les parties voifines, par des efpèces de canaux 
qui vont aboutir à un ou plufieurs facs ou clapiers ; ils font formés par un pus âcre & 
de mauvaife qualité ; ou même par celui qui, fans être âcre , féjourne trop long-temps , 
lors par exemple que l’ouverture de l’âbfcès n’a pas ete faite affez-tot. ^ 

On foupçonne que l’ulcère eft finueux, lors qu’en comprimant les parties voifines il fort 
beaucoup de pus ; on achevé de s’en convaincre en introduifant la fonde dans les finus. 

Lorfque l’ulcère s’eft creufé des finus ou des cavités , il faut les ouvrir tous , pour les 
mettre k découvert, & donner la liberté de les détcrger. L’ouverture fe fait dans toute là 
longueur du canal’; on y introduit une fonde cannelée , qui dirige le biftouri ou les 
c,féaux, On panfe enfuite le finus comme un ulcère fimple ; ayant foin cependant de con- 
fumer par la fuppuration & par les déterfifs un peu aaifs , les mauvaifes chairs qui fe 

font formées avant que le finus fut ouvert. ^. r j 70. 

Cette méthode doit être fuivie toutes les fois qu’on le peut faire fans danger c eft- 
k-dire, lorfque le finus eft fupperficiel, &qu’il n’eft voifin daucune partie , donpla lefion 
auroit des /uites fâcheufes ; mais s’il fe trouve placé dans k voifinage ou au-delTous dun 
tendon , d’un artère , d’une veine , ou d’un nerf confidérable , qu on ne pourrit s empe- 

1 J , .1.. on fe contente alors d’en dilater 1 entree avec 

cher de couper en entr ouvrant le imus, on ic , ,.1 ^ j 1 / 

1 v-n • 1 • ^ • cette ouverture donne la liberté de detergef 

le biltoun , ou avec la pierre a cautere , cette 

l’ulcère , & la guérifon devient aifée. ^ | 






HIPPOPATHOLOGIE. 


aa6 

Si le finiis eft fuperficiel & fort étendu, on fait Amplement une contr’ouverture pom- 
:feciliter'l’écoulement du pus. Pour cet effet, on introduit la fonde dans le fmus, fuivant 
fa longueur , & l’on pratique avec le biftouri une ouverture dans l’endroit ou répond 
l’extrémité de la fonde. 

[D] CURATION DE DULCÈRE FISTULEUX. 

L’ulcère fiftuleux eft celui dont l’entrée eft fort étroite & le fond très large j & dont 
les bords font calleux. On dit alors qu’il y a du fond. 

Cet ulcère peut en impofer ; on fe raffure fouvent d’après les apparences , tandis 
qu’il menace du plus grand danger. Le pus caché au fond du fac , & n’ayant pas une ilTue 
libre, ronge les parties voifmes, carie l’os, & produit fouvent un mal incurable. 

Les figues qui annoncent la fiftule, font la dureté des bords de la plaie, un point livide 
qui forme l’entrée d’un fac ; la fonde fait juger de fa profondeur. 

La fiftule reconnue , on l’ouvre avec le biftouri , on emporte les callofités, on pànfe 
enfuite la plaie comme un ulcère fimple, après s’être affuré que le périofte 6c l’os ne font 
point endommagés. 

S’il attaque feulement le périofte, il faut y appliquer un plumaceau imbibé de térébenthine 
ou de baume de Fioraventi, & panfer le refte de la plaie comme un ulcère ordinaire. 

Lorfque l’os eft à découvert, fans cependant être endommagé , on le garantira du 
contaêl; de l’air & de la corruption , par le moyen d’un plumaceau imbibé d’effence de 
térébenthine détrempée dans l’efprit-de-vin. 

L’os eft-il carié , le traitement fe fera avec les remèdes dont je parlerai ci-àprès. 

[E] CURATION DE L’ULCÈRE PUTRIDE. 

L’ulcère putride eft celui dont les chairs font baveüfes , qui rend un pus de maüvaife 
nature, 6c qui ne fe cicatrife pas. 

S’il eft entretenu par quelque virus , comme celui du farcin , de la galle, 6cc. il faut 
commencer par guérir la maladie qui en eft la caufe , 6c travailler en même temps k arrêter 
le progrès de la pourriture. Il convient d’employer d’abord les déterfifs un peu a£lifs,tels 
que la décoélion des feuilles d’ariftoloche, de centaurée, de noyer, d’ache, &c. le digelhf 
animé, c’eft-à-dire , mêlé avec la myrrhe 6c l’aloës, afin d’empêcher la pourriture & la 
gangrène. On peut aufti couvrir l’ulcère de comprelfes imbibées d’eau-de-vie camphrée, 
6c d’une légère diffolution de fel marin ou de vitriol blanc. 

Après que l’ulcère a été fuififamment détergé par ces moyens, 6c que les chairs font 
devenues belles 6c grenues , l’ouvrage de la cicatrice fe commence, 6c s’acheve infenfi- 
blement. 

Si, malgré ces remèdes prudemment appliqués, les chairs fe pourrifieiit 6c tombent en 
gangrène, on aura recours alors à ceux que j’indiquerai tout-k-l’heure. 

DE LA GANGRÈNE. 

La gangrène eft la mortification des folides, avec perte de fentiment 6c de mouvement. 
Gn y diftingue deux dégrès. 

Dans le premier , la chaleur, le "mouvement 6c le fentiment font extrêmement dimi-- 
nués ; mais ils ne font pas entièrement détruits j la mortification n’eft qu’imparfaite. Cet 
état s’appelle , gangrène. ^ 

Dans le fécond , la partie eft privée de mouvement, de fentiment, 6c de chaleur, 





GÉNÉRALITÉS. 


i/vf 

£bres il’ont plus de relTort, elles tombent en lambeaux , rendent une mauvaife odeur ; k 
mortification eft totale. C’eft ce qu’on nomme, fphacèle. 

Causes. Les caufes immédiates de la gangrène font, le défaut de r'efibrt des parties , 
^ la cefiàtion des ofeillations des fibres & dé l’âftion des fluides fur les folides. Privées dé 
leur refiort & de leurs vibrations , les fibres né jouiflent plus de k vie ^ elles n’agiflent 
plus fur les fluides , elles n’en fâvôrifent plus k circulation ; de-k le féjour des liqueurs 
dans leui's propres vâifleaux : le fang arrêté fermente , fe putréfie , devient feptique , 
ronge j & diflbut le tifTu des folides ; de-k k gangrène. 

Les fibres perdent leur refiort & leur vibration , lorfqü’elleS oiit été diftendues au de-* 
là de leur état naturel, ou lorfqu’elles font trop relâchées. 

Cette diftenfion |outrée arrive i.“ dans les grandes inflammations , lorfqu’elleS ne fé 
terminent, ni par réfolution , ni par fuppuration ; % ° par les ligatures & les compref-^ 
fions fortes; 3.° par les éearres & les efforts violens, & par les luxations; 4.° par les coups 
& les contufions confidérables. 

Dans l’inflammation confidérable, le fang ne circulant pas , s’amafiè , engorge les 
vaifieaux, & les diftend , de façon qu’ils ne peuvent plus réagir fur le fang ; ils perdent 
leur ton ; àc tombent dans l’inertie ; c’efi: ainfi qu’une corde de violon , tendue âu de-k dé 
fon état, perd fon refiort. 

Dans les ligatures & les fortes cômpréfiioiis , le fang efl: arrêté , fa circulation eft 
jfufpendué 5 lés fibres des vaifieaux trop allongées tombent dans l’atonie 

Par les écarts , îés efforts violens & les luxations, les fibres fouffrent une diftraêlioit 
confidérable qui les privé de leur refiort. 

Les coups & les fortes cohtufions produifeiit le même effet. 

Les fibres tombent dans le relâchement, i.“ lorfqu’elles font abreuvées d’une férofité qui 
en ramolit le tifiu , comme dans l’hydropifie & l’œdême ; 2." par l’épuifement, par lé 
défaut de fuc nourrifiier, ou par k difiipation des efprits animaux , comme on le remarqué 
après les longues maladies, les grandes fatigues, & dans k vieillefie. 

Causes de la gangrène parfaite ôü sphacèle. Le fphacèle eft produit, i.^ parles 
caufes de k gangrène portée au dernier dégre ; 1° par k difiblution & k rupture des 
fibres des vaifieaux, pour avoir été exceflivémient diftendues par laboid & le fejour du 
fang; 3.^^ par l’acrêté du piis qui ronge le tifiu des folides; 4* ferofite acre & faliné 

qui abreuve & relâche les fibres; 5.° par l’aêtion des caüftiques , & du feu applique mal- 
à-propos , ou fans ménagement ; 6.° par les fraêtures , les coups violens, & le délabre¬ 
ment des parties. 

Symptômes. Dans la gangrène , le fentinient & le mouvement font eonfidèràblement 
diminués : ils n’exifient plus dans le fphacèle^ 

Dans k gangrène le poil tombe , k peau devient noire , molle & lâche ; k cuticule 
s’enlève , il fe forme fur k peâu des cloches pleines de ferofite ; dahs le fphacèle, il coule 
de la plaie une fanie noirâtre , & il s’en exhale uile odeur fétide & défagréable. ^ ^ 

Diagnostic. Après ce que nous venons de dire , il eft très aife de reconnoitre é 

fphacèle. Il feroit fuperflu de s’étendre davantage. 

Prognostic. On ne doit point défefpérer de guérir la gangrène commençante : les 
parties peuvent encore reprendre leur reffort, & fe retablii dans leur état naturel ; mais 
dans la gangrène avancée, & dans le fphacèle, il n’y a point d’antre remède que l’extir- 
pation , afin de garantir les parties vôifines de k contagion. ^ 

La gangrène des parties internes eft plus dangereufe que celle des parues externes, e e 
des tendons efl: plus dangereufe que celle qui attaque feulement les parties c arnues. 









H I P P O P A T H O L O GIE, 


aa8 

Curation de la gangrène. Lorfque la gangrène ne fait que commencer, c’eftw 
à-dire , lorfque le mouvement & le fentiment font feulement alfoiblis fans être détruits 
il faut mettre tout en ufage pour rétablir les parties dans leur état, & pour arrêter les 
progrès du mal. 

II.faut d’abord faigner , fi la gangrène eft la fuite de l’inflammation ; puis on emploiera 
les plus doux anti-fepiiques , ou remèdes contre la pourriture, tels que la décoélion des 
feuilles d’abfmtbe , de centaurée, d’ariftoloche, avec laquelle on fomente la partie malade* 
l’infufion des plantes aromatiques, telles que le romarin , le thym , la lavande, &c. 

Lorfque la gangrène fait des progrès, il faut avoir recours a des anti-feptiques plus forts, 
tels que la teinture de myrrhe & d’aloës, les baumes naturels de copahu , du Canada, la 
térébenthine , fon effence , l’eau-de-vie camphrée , la dilTolution de fel marin, &c. 

Pendant l’ufage des remèdes extérieurs, on ne doit pas négliger les remèdes intérieurs. 

S’il y a fièvre , il eft néceflaire alors de faigner une ou deux fois. Comme la fièvre 
produit toujours dans les premières voies un mauvais levain qui pafTe dans le fang, 6c 
fàvorife la gangrène , il eft à propos de ipurger , fur-tout avec quelque purgatif anti- 
feptique , comme l’aloës. 

S’il y a foiblefte , friftbn , & un pouls petit , il faut ranimer la circulation par quelque 
potion cordiale, compofée, par exemple , d’une once de theriaque delayee dans une chopine 
de vin, ou une infufion de cannelle, de noix mufcade, ou de clous de gerofle dans du vin. 

Dans la gangrène caufée par le relâchement des fibres abreuvées de férofités, on infiftera 
davantage fur les remèdes toniques pris intérieurement, c eft-a-dire, fur 1 ufage des cor¬ 
diaux , afin de ranimer le mouvement du fang. L’ufage des diaphoretiques eft encore bien 
indiqué ; en procurant la fueur , ils enlèveront au fang fa férofité fur-abondante. Les 
diurétiques & les purgatifs feront encore fort utiles pour évacuer une partie de la férofité 
qui abreuve & relâche le tiftu des parties. 

Malgré tous ces remèdes , fi la gangrène gagne & s’étend , fcarifiez jufqu’au vif, ou 
prefque jufqu’au vif, afin de donner écoulement à la matière qui engorge les vaiffeaux, & 
qui caufe la gangrène ; appliquez enfuite fur les endroits fcarifies des plumaceaux charges 
de poudre de pierre à cautère ou d’alun brûlé , ou imbibés de difTolution de vitriol de 
Chypre, obfervant de mettre dans le refte de la plaie, & même aux environs des comprefles 
trempées dans l’infufion de quelqu’une des plantes aromatiques dont j ai paile ci-defTus, ah 
d’arrêter le progrès de la gangrène. Par ce moyen il fe forme au-deffous de la gangrené 
une efearre qui excite dans la partie vive une légère inflammation. Cette inflammation e 
termine ordinairement par une fuppuration qui détaché la partie gatee de la partie > 
6c il refte un ulcère fimple qu’on panfera fuivant les règles que j ai preferites. 

Curation du sphacèle. Lorfque la gangrène eft parfaite, 
y a difTolution des parties ou pourriture , ce qu’on connoît par la perte tota ^ 
ment 6c du fentiment, par la fanic de mauvaife odeur, qui découle de Tulcere , 
parti, qui refte à prendre , eft d’extirper tout ce qui eft gâte , afin de de en re e p 
voifmes de la contagion , 6c de leur conferver la vie. Pour cet effet on enleve a 
biftoLiri ou les cifeaux toute la partie fphacèlee , 6c on y applique les reme es 
contre la gangrène avancée, afin d’exciter une efearre , qui tombera dès que la lupp 
tion fera établie. Après quoi on n’aura plus qu’un ulcère fimple à panfer. ^ 

On peut encore mettre en ufage un autre moyen, c’eft de couper dans la ^ 

laifTer une portion de celle qui eft fphacèlée, 6c d’appliquer defTus le cautère aêluel, 
le feu ; ou le potentiel, comme la pierre 'à cautère , la pierre infernale , 6cc. 





219 


GÉNÉRALITÉS. 

puifTammeiit fur la partie vive , & forment une efcarre qui , étant tombée par la fuppu- 
ration, laiffe un ulcère fimple. 

Si la gangrène attaque le tendon , il faut qu’il fe fafle une efpèce d’exfoliation , c’eft-k- 
dire , que la partie gâtée fe détache de la partie vive ; ce n’eft plus alors qu’un ulcère 
fimple. 

J’obferverai que durant tout le traitement j on doit employer les anti-feptiques , afin 
d’empêcher le progrès de la pourriture. 

Lorfque la gangrène gagne l’os ou le cartilage , ^le prend le nom de carie. 


6 .- DU SQUIRRHE. 

Le fquirrhe efl: une tumeur plus ou moins groffe, dure , infenfible , fans chaleur , qui 
peut furvenir k toutes les parties du corps du cheval, principalement aux. glanduleufes, ou 
k celles qui avoifinent les vifcères ; en effet, les ouvertures des chevaux nous en montrent 
dans le péritoine , dans la plèvre & dans les poumons, &c. 

Le fquirrhe eft pour l’ordinaire la fuite dti phlegmon , c’eft-k-dire , qu’un phlegmon 
dégénère quelquefois en fquirrhe. Il peut provenir auffi de l’œdême. 

Causes. Le fquirrhe doit fon origine au défaut ou au moins k la lenteur dans la circu¬ 
lation, principalement de la partie lymphatique du fa^ig, & non pas de fa partie rouge ; 
car, en fendant cette efpèce de tumeur , on obferve que l’intérieur, au lieu d’être rouge, 
eft blanc. 

• Les parties les plus expofées k devenir fquirrheufes font celles qui fe trouvent entre la 
pointe de l’épaule & le thorax , les glandes de deffous la ganache, les mammelles^, le 
fourreau , &c. & toutes les glandes fituées fous la peau. Les mauvais fourrages , le défaut 
de tranfpiration, le peu d’ufage que l’on fait du cheval , &c. peuvent occafionner les 
fquirrhes. Ce qui prouve qu’il eft produit par un épaiffiffement de la lymphe , ou des 
humeurs excrémentitielles. 

Diagnostic. L’indolence, la réfiftance , l’abfence de la chaleur, font les lignes auxquels 
on reconfioît le fquirrhe. 

Il n’eft jamais dangereux , k moins qu’il ne foit interne. On peut le guérir par l’extir- 
pation; il eft rare qu’il s’abfcède & qu’il vienne à fuppuration , à moins qu’il ne tienne 

du kyfte. 


Curation. On traite le fquirrhe avec des remèdes internes & externes. Les premiers 
font les préparations apèritives de mars ; les boiflbns fréquentes d’eaux ferrug.neufes 
font feules capables de guérir ; on peut auffi employer les fondans, tels que le fel de duobus, 

le fel de tartre , le fel ammoniac , &c, ^ 

Les remèdes externes font les topiques réfolutifs , que l’on applique fur la tumeur, tels 
font les emplâtres de diabotanum, de Vigo avec mercure, de ciguë, &c. Mais ces remedes 
font fouvent infruaueux, â moins que le fquirrhe ne foit recent. S’il eft ancien , & quil 
faille en venir à l’extirpation, il faut bien reconnoître l’endroit qui! occupe , non pas 
quant à la difficulté de l’opération , mais à caufe d.e fes ftiites ; par exemple , les g andes 
qu’on obferve fous la ganache, dans la morve , font de vrais fquirrhes, mais ils ne deman- 
dent pas k être extirpés : comme la circulation fe fait lentement dans ces g an es , on y 
intercepteroit, en les extirpant, ce qui rendroit l’écoulement plus abondant par les narines. 
Les fquirrhes des mammelles , des ars, du poitrail, du col , de l’habitude du corps peu¬ 
vent être extirpés fans danger , & fans fuites fâcheufes. La manière d opérer eft d inc.fer 
le la rumeur. & dans toute fa lo 

Mmm 


d’abord la peau dans le miiieu’de la tumeur, & dans toute fa longueur , de la détacher 







HIPPOPATHOLOGIE. 


'a3o 

eiifuice , & de l’enlever enfin tout-à-fait. Cette plaie e'tant fimple, on la traite comme 

telle , & la guérifon en eft prompte. 

Ces tumeurs fquirrheufes deviennent quelquefois enkyftées, c’eft-à-dlre, qu’elles ren 
ferment un amas de pus ou de fubftance oléagineufe, jaunâtre , gluante , envelop 
dans un fac , dont les membranes extérieures font toujours fquirrbeufes. Dans ce cas on 
peut fe difpenfer d’emporter totalement la tumeur; il fuffira d’en enlever une portion 
de la manière dont on coupe une côte de melon. Cette opération achevée , on baffine le 
dedans du fac avec les feptiques & les corrofifs , tels que la diflblution de vitriol, 

Peu de temps après la fuppuration fait tomber ce fac , ôc il fe forme une plaie fimple 
comme après l’extirpation d’une glande ; elle demande feulement un traitement plus long 
pour être guérie , parce que la portion , qui refte du fquirrhe, ne peut fe fondre que 
peu à peu & lentement. 

7.» DE L’ Ê R É S I P È L E. 

L’éréfipèle eft une inflammation de la pe^ , accompagnée de chaleur, quelquefois de 

douleur , fouvent de démangeaifon. 

Causes. Les caufes de l’éréfipèle font ou générales ou particulières. Celles-ci font l’âcreté 
& l’impureté de la maftè du fang , ou une matière faline, mêlée avec les humeurs. 

Les particulières font tout ce qui peut fixer l’acrimonie dans la peau , comme la fup- 

preftion de l’humeur de la fueur & de la tranfpir^on, produite ou par les remèdes huileux 
qui bouchent les pores , ou par la crafte qui, en, s’amaftànt, opère le même effet, ou 
par la compreftion ou l’obftriièfion des tuyaux excrétoires. Dans tous ces cas l’humeur de 
la tranfpiration arrêtée féjourne dans les glandes de la peau, s’y altère, devient âcre, 
corrode les tuyaux des glandes , y caufe des gerçures, des crevaffes & des veflies pleines 
d’une férofité âcre , quL fait crifper les extrémités des vailTeaux fanguins de la peau , & 
y excite l’inflammation. 

Curation. L’éréfipèle fe traite à peu près de même que l’inflammation. Il faut com¬ 
mencer par faigner , afin de défemplir les vaifleaux , de calmer l’inflammatio» , & de 
préparer le cheval aux remèdes intérieurs. 

On évitera avec foin d’appliquer fur le mal des graiflbs ou des emplâtres, qui, en bou¬ 
chant les pores de la peau , empêchent la. tranfpiration & augmentent l’inflammation. 

Les répercuflifs violens doivent être également profcrits ; ils feroient rentrer l’humeur 
de l’éréfipèle qui pourroit fe fixer fur quelque vifcère, & caufer une maladie mortelle, 
comme un dépôt dans les poumons , dans le foie , & fouvent même la morve. 

Dans les commencemens, il fuffira d’employer les humeftans & les relâchans , tels que 
la fomentation avec l’eau tiède , ou la décotftion des plantes émollientes , comme de 
camomille & des fleurs de fureau. Lorfque l’inflammation eft un peu diminuée , on peut 
aider la réfolution, en ajoutant un peu d’eau-de-vie dans ces décodions. Il eft à propos 
de purger,, afin d’entraîner une partie des impuretés qui font dans la niaffe du fang. H 
eft auffi très utile de donner intérieurement quelque fudorifique , ou quelque coidial, 
comme la poudre de fenouil , de coriandre , mêlée avec la corne de cerf, les poudres de 
cumin , d’anis & de galéga , à la dofe de quatre onces ; ces poudres fe mêlent dans du fon 
ou de l’avoine ; fi le cheval refufe de les prendre, on les lui fait avaler dans du vin. 

Ces remèdes ouvrent les pores de la tranfpiration, pouflènt vers la peau , & purifient 
le fang des impuretés dont il eft chargé. 

Si l’éréfipèle produit la galle, les dartres , le farcin , on fuivra alors le traitement 
propre à chacune de ces maladies , dont je parlerai ailleurs. 




GÉNÉRALITÉS. 


a3t 


8 .° DE DŒDÉME EN GÉNÉRAL. 

L’œdême eft une tumeur formée par un épanchement de férofité dans le tilTu cellulaire* 
Il reconnoît pour caufes, Parrêt de la lymphe, ou la lenteur de la circulation, ou la fur- 
abondance de férofité dans le fang , ou Pobftruftion des pores abforhans. 

C’eft ui\e loi d’hydraulique, que plus un liquide eft en mouvement , plus les parties 
qui le compofent fe mêlent & fe confondent. Dès qu’il eft en repos , les parties qui ont de 
l’affinité entr’elles fe raftemblent, & fe féparent de celles avec qui elles n’en ont point : c’eft 
ainfi que l’urine dépofe un marc au fond du vafe , & le vin , une lie au fond du tonneau. 
Lorfque le fang eft arrêté dans fes vaifteaux, les parties , dont il eft compofé , fe féparent 
les unes des autres ; celles qui ont de l’affinité fe réuniftent & abandonnent celles avec qui 
elles n’en ont point ; les plus groffières vont au fond des vaifteaux , & les plus tenues 
furnagent. Alors la partie féreufe, dégagée de la partie rouge , tranftude à travers les tunh 
ques , s’extravafe, & va fe dépofer dans les cellules du tiftfu cellulaire. 

Dans la circulation rallentie, il arrive à peu près la même chofe. C’eft pàr cette raifort 
que dans l’inflammation , ou après de fortes ligatures , ou des contufions confidérables , 
on trouve le tifth cellulaire rempli d’une eau rouftè ; c’eft par cette raifon qu’il fe forme 
un épanchement d’eau dans la poitrine , après la courbature & la péripneumonie ; dans le 
bas-ventre, après l’inflammation d^s inteftins. C’eft encore par cette raifon que, dans les 
grandes foiflleflès, & après de longues maladies, le mouvement du. cœur & du fang eft 
rallenti ; qu’après .les fréquentes faignée^^, le fang étant en petite quantité , & n’ayant que 
•très peu de mouvement , le tifth cellulaire fe trouve engorgé de férofité. 

Lorfqüe la partie féreufe du fang prédomine, on ne doit point être fiirpris qu’elle 
s’épanche dans le tifth cellulaire. On explique par-là comment après la fièvre le fang étant 

difthus , il furvient une bouffiftiire prefque générale* ' 

Il fe fait, dans toutes les parties du corps , par les extrémités capillaires des arteres , 
ou par les pores exhalans , un fuintement de férofité , en forme de tokc , qui fert a 
humefter toutes les parties , '& à les maintenir dans une foupleftè neceffiaire à la vie : 
cette ftronté eft repompée dans l’état de fanté par les pores abforbans , à mefure quelle 
eft filtrée ; lorfque ces pores font obftrués , elle n’eft pas repompee , elle fejourne & e 
dépofe dans le tifth cellulaire. 

Symptômes. L’tedême s’annonce par l’enflure , par la mollelTe de la partie enflée , par 

l’indolence ,& par la diminution ou la perte de reflbrt. ^ „ n T fit. 

t.» La congeftion de l’eau , dans le riffu cellulaire, doit caufer enfltme, a.» Les fibres 
étant abreuvé:* d’une grande quantité de férofité , doivent être mol es , & perie en partte 
ou en totalité leur relTort ; c’eft ce qui fait que l’impreffion du doigt refte lorfqu on a 
comprimé la tumeur. Les fibres étant relâchées par l’humidit , & les nerfs comme noy 
& engourdis, il ne doit pas y avoir de douleur, puifqu’elle eft principalement la fuite 

de la tenfion & de la fécherelTe des parties* n. f i p 

Diaonostic. On connoit l’œdême â l’œil & au taa , par l’enflure qui^ eft égalé & 
fans douleur, par l’impreffion du doigt que la tumeur conferve , apres qu on 

‘’ÏooKosTic. En général, l’œdême eft difficile â guérir, ^ancien fe guérit plus diffici¬ 
lement que le nouveau. Celui qui vient d’inflammation & de ligature, e i p 
même ,lrfque la caufe ne fubflfte plus ; mais le plus rebelle eft celui qui eft produit par 
l’épaiftiftement du fang & des humeurs. 











HIPPO PATHOLOGIE. 


Curation. Les vues qu’on doit fe propofer dans la cure de l’œdême font 
diminuer la fe'rofite fur-abondante du fang : 2.° de lever les obftacles qui retardent 
arrêtent le cours des liqueurs : 3.° de ranimer la circulation. ^ 

On remplit la première indication , en expulfant par les urines une partie du f 
de la férofité du^fang , par le moyen des diure'tiques , ou en provoquant la fueur par 
fudorifiques , ou en évacuant avec des purgatifs. On peut employer ces remèdes l’un 
l’autre ; donner, par exemple , un purgatif compofé d’un once &c demie d’aloës mêlé 
avec une livre de miel délayé dans la décoélion de racine de chardon rolland ; deux ’ 
après ,'prefcrire un fudorifique, . compofé de deux noix mufcades, & d’un peu de cannelle 
écrafées dans un mortier, & mêlées dans une pinte de vin. 

Lorfqu’on croit que l’œdême vient d’inflammation, on le diflipera en combattant fa caufe 
Si l’œdême vient de quelque lignature ou compreflîon , rien de fi facile que d’ 
remédier. 

On remplit la troifième indication avec le fecours des toniques & des difcuflifs , qui 
raffermiflent les fibres, leur rendent leur reflbrt, & raniment la circulation. Les principaux 
toniques font, les fomentations faites avec la décoêlion des plantes arromatiques, telles 
que le romarin , la fauge , le thym , l’eau de chaux , l’eau de forge , l’eau-de-vie cam¬ 
phrée. Le mouvement & l’exercice modéré font très utiles dans ce cas : le frottement de 
la partie avec un torchon de paille , peut avoir de bons effets ; ces deux moyens Amples 
réveillent le jeu des fibres & de la circulation. Mais le remède le plus efficace eft le fm 
qu’on met par raies. 


DES MALADIES DES OS EN GENERAL 

Les principaux accidens. auxquels font expofés les os, font la contufion, la piqueure, 
la carie , la fraélure , l’ankylofe , l’exoftofe & la luxation. 

La contusion de l’os s’annonce pâr le gonflement du périofte , par fa fenfibilité, & 
fur-tout par la couleur de l’os qui efl: plus ou moins rouge. Les fuites n’en font pas ordi¬ 
nairement dangereufes ; cependant il furvient quelquefois des exoftofes ou gonflement de 
l’os. Quand le périofte a été enlevé , on doit prefque toujours s’attendre à la fuppuration 
qui fait exfolier l’os , c’eft-à-dire , qui en détache quelque partie. Si la contufion a ete 
violente , l’os devient noir & fouvent fe carie. 

Les remèdes, que l’on doit appliquer dans les contufions, font les émolliens dans le com¬ 
mencement de la curation ; on la continue avec les réfolutifs ; quelquefois même il faut 
avoir recours au feu. Si l’os étoit à découvert, on panferoit la plaie avec les baumes 
naturels , tel que celui de Fioraventi , la térébenthine , &c. 

La piqueure de l’os eft peu de chofe ; le plus grand mal vient de la feiifibilite du 
périofte ; ce qui occafionne un gonflement dans les parties voifines , rarement l’os pique 
manque de s’exfolier, mais dès que l’efquille ou. la portion d’os exfolié tombe, la plaie 
guérit promptement. 


CARIE. 

La carie eft la gangrène de l’os. Comme l’os jouit d’une efpèce de vie , ainfi que 1 ^^ 
autres parties du cDrps , il doit avoir les inftrumens qui l’entretiennent , c’eft-à-dire des 
fibres , des vaiftèaux & des fucs nourriciers : il doit être par conféquent fujet aux memes 
maladies , c’eft-à-dire , à l’ulcère & à la gangrène. 

L’ulcère de l’os eft une folution de continuité avec fuppuration. 






GÉNÉRALITÉS, 


La carie eft l’état où fc trouve l’os, quand la fubftance eft rongée & divifée ; c’eft , 
fl Ton veut, la dilTolution de la fubftance. On diftingue la carie en raboteufe , en ver- 
ftiGulue ou vermiculaire. Dans la carie raboteufe on fent des afpérités & des inégalités fur 
la furface de l’os. Dans la carie vermoulue , l’os eft réduit en une efpèce de fromage ou 
de poudre , femblables au bois rongé par les vers. 

Causes. Cette diflblution de l’os eft produite , ou par l’impreftion de l’àir, ou par 
l’âcreté du pus qui découle d’un ulcère voifiii, ou par des contufions fortes. 

L’air defteclie les fibres , leur ôte leur fouplefte ^ & coagule les fucs de l’os. 

Le fuc nourricier arrêté , s’épaiftit, s’altère, devient cauftique, & ronge le tiftù de l’os ? 
de-là la carie. 

Les grandes contufions occâfionnent un déchirement & une' divifion dans les fibres de 
Tos : de-là naiflent la diftblution des parties , & la carie. 

Diagnostic. On rpconnoît la gangrène de l’os par l’écoulement d’une matière noirâ-^ 
tre par la mauvàife odeur qui s’en exhale , par la difficulté qu’a l’ulcère à fe cicatrifer, 
& par la pourriture des chairs qui environnent l’os. 

Les figues de la carie raboteufe font, les afpérités 6c les inégalités qu’on fent fur la 
furface de l’os en y portant la fonde. 

Dans la carie vermoulue, l’os eft comme réduit en chaux. 

Cette fécondé efpèce de gangrène eft profonde ; la première eft fuperficielle. 

Prognostic. Comme la carie de l’os reffiemble à la gangrène des parties molles, le pro« 
criioftic 6c la curation en font les mêmes. 

^ Ainfi que la gangrène , la carie gagne 6c s’étend ; mais fi les progrès de celle-ci font 
plus lents, elle ne laiffie pas de ronger peu k peu , 6c infenfiblement le tiffiu de l’os, dont 
elle produit enfin la deftruftion totale, fi elle eft abandonnée à elle-même. 

De ce que nous avons dit plus haut, on comprend aifément que la carie Vermoulue eft 
plus dangereufe que la carie commençante 6c que la raboteufe. , , , 

On a quelquefois vu la carie fe guérir fans fecours d’aucun remede ; alors il s’établit 
naturellement au-deffious du mal une fuppuration qui fépare la partie gâtée de la partie faine. 


Curation. Les indications que nous avons k fuivre pour le traitement de la carie, fe 
réduifent à.en empêcher les progrès, & h faire fêparer la partie cariée de la partie faine 
On remplira la première indication,, fi , durant tout le temps de la curation on emploie . 
les confervatifs des os, c’eft-d-dire, les antifeptiques, afin de corriger la mauvaife qualité des 
fucs, & d’arrêter les progrès de la pourriture. Les plus ufitees font les plumaceaux trem. 
pês dans l’effence de térébenthine ou dans l’eau-de-vie camphrée ou les baumes naturels 
ou les huiles effentielles des plantes aromatiques de romann d œdlet de lavande, &c On 
peut même ne fe fervir que de plumaceaux charges de tetebenthine feule, ou a laquelle on 
La ajofité de la poudre d’aloês & de myrrhe. Souvent ces antifept.ques feuls procurent 

l’exfoliation , & guériffent radicalement le mal. 1 f „ l „ 

Mais, lorsqu’ils font infuffifans, il faut avoir recours a des remedes plus forts & plus 
aaifs, afin de faire féparer la partie gâtée de la partie faîne ; ceft la fécondé indication 
qu’on a à remplit : elle le fêta par les efcarotiques, tels que la pierre a cautere la p. rre 
Lernale & le fer rouge. Ils ptoduifent une efcarre qui n’eft pas contagieufe ; ils excitent 
au-deffoiis de la carie, une légère inflammation qui fe termine par fuppuration : cette fup. 

n ^ 1 Unnplla nature fépare la partie gatee de la partie 

puration eft une e%èce de couteau qui fe cicatrife bientôt, en obfervant le^ 

faine. Il ne refte plus alors qu un ulcéré limp e q 

règles fuivantes. N n n 








hippopathologie. 


2-34 

Un autre moyen de détruire la carie , eft de ratifTer Pos avec une rugine , jufqu’à ce 
qu’on ait enlevé toute la partie gâtée ; ce qui fe connoît, lorfqu’on voit fortir quelques 
gouttes de fang. L’exfoliation faite , il refte un ulcère fimple qui doit fe traiter à peu près 

comme celui des parties molles ; c’eft-à-dire, avec les fuppuratifs, &c.mais il faut avoir 

l’attention de ne pas employer les émolliens , ni ceux qui excitent une fuppuration trop 
abondante. Les mieux indiqués dans ce cas font les baumes naturels, tels que celui du 
Pérou, de la Mecque, la térébenthine, fon elTence, le baume de Fioraventi, &c. le digeftif 
ordinaire animé avec la myrrhe 6c l’aloës ; mais je préfère la térébenthine dont je me fuis 
toujours fervi avec fuccès. 

Lorfque la carie attaque le cartilage , il ne fe fait point d’exfoliation ; ainfi point de 
guérifon à attendre : il faut de nécefhté l’emporter entièrement, & la partie même qui 
n’eft pas afFeèlée ; autrement, on feroit contraint de revenir à l’extirpation de ce qu’on 
auroit laiffé , parce que le cartilage , une fois atteint par la carie , eft bientôt totalement 
rongé. 

C’eft par cette raifon que l’os de la noix, attaqué par un clou de rue f eft incurable, 
parce qu’étant, enduit d’un cartilage dans toute fa furface , il n’y a point d’extirpation à 
faire, car l’os n’a plus de cartilage ; mais fi le cheval eft vieux, il guérit alors fort aifément, 
Perfonne, que je fçache, n’avoit rapporté ce fait important pour la pratique : fait, que 
j’ai fouvent vérifié fur des cadavres , tant d’hommes que de chevaux , où j’ai vu que 
cette obfervation regardoit tous les os. 

Lorfque la carie a pénétré la fubftance fpongieufe de l’os , il eft bien plus difficile de 
guérir le mal. Dans ce cas , après avoir mis l’os bien à découvert, on appliquera premiè¬ 
rement fur les bords de la plaie les antifeptiques indiqués plus haut ; ils pourront arrêter 
les progrès de la carie qui s’étend aufti vite que dans la fubftance compafte : on aura recours 
enfuite aux remèdes capables de procurer l’exfoliation. 

DE LA FRACTURE, 

La frafture eft une folution de continuité faire à l’os , par quelque coup , ou par quel- 
qu’efîort. 

On compte cinq fortes de fraftures : l’incomplette , où l’os n’eft que fêlé; la complette, 
où l’os eft totalement cafte, & les morceaux féparés ; la fimple , quand la fraélure eft feu¬ 
lement complétée ou incomplette , fans léfion des parties voifines ; la compofée, lorfqu’il 
y a déchirement de quelques vaifteaux , mufcles ; ôcc. la compliquée, fi, avec les accidens 
que je viens de marquer, il y a luxation, plaie , hémorrhagie , &c. 

Il y a des fraftures obliques , tranfverfales, d’une , de deux, de trois pièces, quelquefois 
d’un plus grand nombre ; ce que j’appelle moulu. 

Les caufes des fraftures font, les coups «Sc les efforts ; mais fouvent un vice répandu 
dans la mafte du fang qui a rongé la fubftance compare de l’os ; tel que le vice du farcin 
ou autre. 

On reconnoît la fraèlure fur le champ, au taèî:, au cliquetis, à la douleur. Peu de temps 
après l’accident, il fiirvient une inflammation plus ou moins grande, laquelle donne quel 
quefois lieu à un dépôt qui favorife la décifon de la frafture & de fa nature. Il arrive au i 
quelquefois que la frafture ayant été complette , une des pointes d’os a pique la princi 
pale artère , que le fang s’extravafe dans les parties voifines , & produit enfuite ^ 

gangrène. ^ i T 

En général, les fraftures des extrémités font difficiles a guérir, non pas par la railon 
que donnent certaines perfonnes mal inftruites, que les chevaux n’ont pas de moelle , 





généralités. 


^35 


mre l’animal ne peut refter dans cet état de repos & de tranquillité necefTaire pour 
parce q^^*^ „ , 

[a réunion des parties oüeufes feparees. 

Les fraélures , arrivées aux extrémités, depuis le genou jüfqu’en bâs , & depuis le jarret 
• f u’en bas , le guérilTent plus difficilement que celles de l’épaule , du bras , de l’avant- 
L ^ de la cuiffie 5 &c. attendu que ces os font contenus par des appareils naturels, qui font 
1 s mufcles. J’ai guéri fouvent des fraéiures de l’avant-brâs ; je puis citer pour preuve un 
heval appartenant à Monfieur le comte de Saillant ; un autre appartenant à Madame 
Brillion Afforti , qui avoit l’os du paturon caffé , & un troifième a Monfieur Dupin dé 
Francueil, qui avoit l’avant-bras caffié , &c. Quant aux fraélures des os qui ne fervent 
irde baffi au corps , la cure en eft aifée ; tels font les os de la tête , pourvu toutes fois 
^ ’il nV ait point de commotion au cerveau ; les fraéiures des côtes, celles des apophyfes 
^AieufL du dos, celles de l’épine, celles de l’omoplate, &c. font également curables. 
"^Ces dernières parties , ainfi affeaées , demandent à être traitées comme des plaies fimples. 
c;.nlement il eft queftion de débrider toutes les fois qu’il y a des portions d’os à fortir ; 
lorfqu’il n’y en a point, il ne s’agira que de baffiner l’endroit avec les réfolutifs ; l’eau-de^ 

os des extrémités demanderoit toujours que l’on joignit des attelles aux 
appareils, afin de contenir les os en fituation ; mais il n’eft pas aifé de les affujettir, parce 
IL les jambes forment un cône , lequel s’oppofe à la folidite du bandage. Le canon & e 
ruron font prefque les feules parties où l’on puiffe appliquer un appared qm relie fixe 
La manière de traiter les fraaures d’os environnés de beaucoup de mtucles, lorfqu .l y 
a d^U" eft de faire d’abord une ouverture, & de pafc dans les bords de la peau, deux 
ou trois petits cordons cirés, avec lefquels on contient les plumaceaux. 

'X/: 1“ ™ .’'ù 

même pièce de deux qui étoient féparées ^upa™. 

Quoique l’ankylofe puiffe provemr “ J;'^ 2 ; J, l’articulation, par 

d’un effort ; mais elle eft quelquefois f, ,, grande quantité, ou fa 

la trop grande fluidité delà fynovie, par on p^nJ^ylofe font les vertèbres lombai- 

difette. Les os du corps du cheval les J tnferv dans mon cabinet un 

res, les vertèbres du dos , P™-'P^'“-"V'1 te T oum^ vertèbres du dos & des 
morceau curieux ; c’eft une portion de fquelete ou toutes 

lombes ne forment qu’une feule confirmée eft'incurable. Dans la 

L’ankylofe commençante eft très ^ ^ ,els que le fel ammo- 

première il eft à propos d employ .înnes * &:c fi ces moyens ne réuffif* 

niac , le fel marin , les décoftions des plantes aromatiques , &c. h y 

fent point, il faut en venir à l’appbcation du leu. 

V exostose. 


I3-" 

l’ankylofe ne 


D E 


\„née d’exoftofe; mais celle-ci eft fouvent 
Il eft rare que l’ankylofe ne foit pas accomp ^ parties du corps 

feule. On appelle exoftofe un gon ement uni éparvins , des courbes, 

du cheval y font également expofees ; le fmos i P f 

font des exoftofes. j j les efforts dans les parties 

Les caufes les plus ordinaires de l’exoftofe font, les p , 










HIPPOPATHOLOGIE. 


136 


îigamenteufes , à la terminaifon des tendons ; elle provient quelquefois d' 


un vice 


interne. 


Souvent elle doit fa naiflànce à la contulion du périofte, au relâchement de fes ft) 
défaut de reffort de fes vailTeaux, à un œdème dans cette partie, à la trop grande ^ 

de la lymphe ou à fon épaiffilTement, à une piquûre faite à l’os. 

La dureté & la fenfibilité font des fignes auxquels on reconnoît aifément l’exoll f 
moins qu’elle ne fafîè que commencer ; elle eft alors imparfaite ; le gonflement de 1’ ^ 

bien fenfible que quand elle eft: formée. ^ 

On emploie contre cette maladie les mêmes remèdes que contre l’anhylofc • 0 
même fe fervir du diabotanum , de l’emplâtre de Vigo avec mercure, des friélions 
rielles : on peut aufli appliquer de l’onguent mercuriel fur la tumeur, & Py aflhjetdrar' 
des bandes de padoue ; ou bien une baie de plomb applatie , à laquelle on aura uni d 
mercure. Tous ces remèdes fe trouvent fouvent infuflifans ; & il faut en venir au feu • ^ 

ce moyen ne réuflît pas toujours, & l’on eft alors obligé d’enlever cette tumeur avede 
cifeau & le maillet. On traite enfuite la plaie comme une plaie fimple, & elle fe 
d’autant plus facilement, que les efquilles tombent promptement. 

DE LA LUXATION. 


guérit 


On donne le nom de luxation au déplacement d’un os qui fort de fa cavité ou au 
dérangement de ceux qui font naturellement unis enfemble. Cette maladie regarde plus 
les ligamens que les os mêmes. Il y a des luxations incomplettes & complettes. Celles-ci 
ont rarement lieu qu’il n’y ait une rupture de ligamens, & fouvent de tendons. On divife 
encore les luxations en Amples , , en compofées & en compliquées ; ces différences font 
peu utiles & fe rapportent aux deux premières efpèces. 

La luxation eft incomplette, lorfqu’il y a une forte extenfion de ligament, ou qu’un os 
fe porte en dehors de fa cavité , ou s’écarte du centre de l’os dont il eft voifin : elle eft 
coinplette, lorfque la furface d’un os eft totalement féparée de celle d’un autre os fur lequel 
il fe porte en avant, en arrière ou fur les côtés. 

Prefque toutes les luxations viennent d’efforts , de coups , ou de chûtes , lefquels pro- 
duifent un relâchement plus ou moins confiderable dans les ligamens. Quand elles font 
complettes , il faut tacher de les réduire, c’eft-à-dire, de rejoindre les os les uns des autres, 
& de les mettre en leurs places : puis employer les remèdes indiqués pour la frafture. Si 
la luxation eft incomplette , elle fe traitera fimplenient par les embrocations aromatiques 
& vulnéraire^, telles que la décoétion de fange, de romarin, de thym, &c. dans laquelle 
l’on ajoutera une pinte de lie-de-vin , fur deux pintes de la liqueur. Le repos contribuera 
auffi beaucoup à la guérifon de cette dernière efpèce de luxation , qui arrive fréquemment 
aux articulations , depuis le boulet jufqu’en bas. Pour y remédier , il faut bien fe garder 
de faire tirer a l’epine, comme l’ont confeillé plufieurs auteurs, & comme je le vois encore 
pratiquer ; car, par ce moyen la luxation, qui étoit incomplette, peut devenir complexe. 



HIPPOPATHOLOGIE, 















































l 






















































2-37 



HIPPOPATHOLOGIE. 


ARTICLE PREMIER. 

DES MALADIES EXTERNES. 

S Ans vouloir faire de fyftême claffique, fuivànt lequel les maladies doivent être rangées j 
nous avons adopté une divifion afTez commode , puifque nous procédons du {impie 
au compofé. Ainfi on traitera, dans cet article, des tumeurs produites par la partie rouge 
du fang, de celles qui le font par la partie blanche, des tumeurs oiTeufes & des fraéluresy 
des ulcères , des opérations , &c. 


PARAGRAPHE PREMIER. 

DES TUMEURS PRODUITES PAR LA PARTIE ROUGE DU SANG. 
1 ° D E L A TAUPE. 

La taupe eft prefque toujours une tumeur inflammatoire, fituée fur le fommet de la tete, 

entre les deux oreilles, i? j • 

Cette tumeur , ainfi que le phlegmon , eft dure dans le commencement, & devient en 
fuppuration dans la fuite. Le dépôt contient quelquefois une efpèce de pus blanc , comme 
de la bouillie , quelquefois une eau rouflê. Quoique ces deçits pre que toujours 

critiques, néanmoins celui dans lequel il y a de l’eau roulTe eft plus difficile a guérir : _car 
dans le premier , il eft rare que le ligament cervical foit à découvert , on peut meme 
dire qu’il eft encore revêtu d’un tiflii cellulaire ; au lieu que dans le fécond ,, non 
feulement le ligament eft k découvert, mais fouvent encore il fe trouve déchiré : ce qui 
prouve que la tumeur vient pluftot d’un coup que d’une humeur, La taupe vient que que- 
Ls du foir au lendemain ; d’autres fois, elle eft huit jours à fe former. Lorfqu elle fe 
mauifefte du foir au matin, il y a lieu de croire qu’efte contient de 
eft encore annoncé par la molleffe de la tumeur. Quand elle fe forme lentement, elle 

" Dêfqrons’apperçoit d’une grolTeur, il faut voir de quelle nature elle peut être féreufe, 
ou puriLnte : f. elle eft féreufe, il faut l’ouvrir fur le champ , & traiter a P ^ 
un digeftif Si la tumeur ne tient d’aucun caraftêre, il faut preliminairemem mettre 


















2-38 


HIPPOPATHOLOGIE. 


fon & à l’eau blanche , le fâigner , & fomenter enfuite la tumeur avec <le l’eau, dans 
laquelle on aura fait fondre du fel jufqu’à fon point de faturation. 

Lorfque la grolîeur ne diminue pas au bout de cinq ou fix jours , il y a lieu de croir 
qu’elle renferme du pus ou de l’eau rouflè ; ce qu’on reconnoît facilement au taft : car 
frappant d’un côté , on fent de l’autre la fluôluation qui frappe le doigt qu’on appuie f 
la tumeur. 

Il faut ouvrir la taupe fuivant fa longueur, pour donner écoulement a la matière qui 
cft contenue, & traiter la plaie comme une plaie ordinaire ; le cheval guérit ordinairemeiu 
dans l’efpace de quinze jours : mais fi au bout de ce temps, la plaie fuppure encore il 
a tout lieu de croire que le ligament cervical eft endommagé. Dans ce cas, on pratiquera 
une nouvelle ouverture qu’on prolongera jurqu’au fond de la plaie j afin d’enlever toute la 
partie du ligament qui eft gâtée. Si l’os occipital eft carié , ce dont on s’alTure par la 
fonde , on en procurera l’exfoliation, comme je l’ai dit dans l’article de la carie. 

Durant tout le traitement, la plaie fera panfée avec l